Chapitre 3
PDV Hiro
Je suis réveillé en sursaut par le réveil de Tadashi, que celui-ci éteint très vite, me prouvant qu'il était déjà réveillé. Je fais semblant, encore une fois, de dormir et de ne pas avoir entendu le réveil.
Comme la dernière fois, il me caresse tendrement les cheveux, puis la joue.
Comme la dernière fois, il me caresse tendrement le torse.
Comme la dernière fois, il me caresse tendrement le ventre.
Mais, contrairement à la dernière fois, il ne s'arrête pas là.
Sa main descend légèrement plus bas alors que ma respiration s'accélère. Il pose simplement sa main dessus et il peut constater mon érection grandissante. De son côté, je sens qu'il n'est pas mieux : sa respiration est irrégulière.
J'attends qu'il bouge mais voyant qu'il ne le fait pas, je prends les choses en main. Je fais mine de bouger en dormant et me retrouve étalé sur lui, nos bassins se touchant. Et je peux remarquer son érection, à lui aussi.
C'est ce moment là que je choisis pour me « réveiller ». Je cligne des yeux à plusieurs reprises avant de les poser sur mon grand frère. Je semble soudain me rendre compte de mon érection (mais évidemment pas de la sienne) et je m'écris, paniqué :
-Oh mon dieu je suis désolé ! C'est encore un de ces rêves !
Je me lève, tout aussi paniqué.
-Désolé !
Et je pars de la chambre en courant. Je m'enferme dans la salle de bain et je ne peux retenir l'immense sourire qui prend place sur mon visage. J'ai réussi. Maintenant, je suis sûr qu'il fait ça consciemment et pas juste pour s'amuser. Non, je lui plais. Et pas qu'un peu ! Je perds mon sourire en entendant Tadashi toquer à la porte.
-Hiro ?
-Quoi ? Je demande d'une voix à la fois timide et énervée que je maitrise à la perfection.
-Hum… Il semble hésiter. Je voulais juste te dire que c'est totalement normal, c'est les hormones…
Mais c'est qu'en plus il me met tout sur le dos ! Argh il m'énerve. Très bien, j'en remets une couche.
-C'est pas ça qui me dérange… Je soupire en ouvrant la porte.
Je fais comme si je n'osais pas soutenir son regard et lui fais signe de me suivre jusqu'à notre chambre. Je ferme la porte pour pas que l'on nous entende. Il s'assoit sur son lit et je m'assois sur le mien, juste en face.
-Qu'est ce qu'il y a Hiro ?
Je vois bien qu'il a peur d'être découvert. Et il l'est. Je réfléchis à mon jeu d'acteur quelques secondes, puis je me lance.
-Ce qu'il y a, c'est que dans mon rêve…
J'essuie la larme qui coule sur ma joue, ce finit de l'attendrir et de l'inquiéter.
-Dans mon rêve, je reprends d'une voix tremblante, tu…
Il semble vraiment paniqué.
-Bon sang viens en aux faits !
-C'était toi dans mon rêve, j'achève dans un faux sanglot.
Il ne répond rien, il comprend petit à petit ce que cela implique. Je continue, bien décidé à le faire craquer cette fois :
-Tu me caressais et…
-STOP ! Tu sais quoi ? Je ne veux pas savoir.
Il est rouge vif et totalement perdu. Je me remets à pleurer.
-Je suis désolé… Je sanglote.
-Ca veut dire que… Tu… Je… Enfin tu…
-Très clair merci, j'arrive à plaisanter malgré mes larmes.
Au fond de moi, je retiens un énorme fou rire face à l'air hébété de mon frère.
-Heu oui pardon. Ca veut dire que tu es… Attiré par moi ?
Cette fois ci, je ne mens pas et je ne fais pas semblant. Je le regarde dans les yeux et j'hoche timidement la tête.
Il cache sa tête dans ses mains.
-Oh merde.
Je m'excuse encore et me remets à pleurer pour le faire culpabiliser.
-Ecoute, ça se trouve c'est juste parce que tu es content de me retrouver, ton cerveau l'interprète bizarrement à cause des hormones et voilà le résultat.
-Arrête de toujours parler d'hormones, j'ai des sentiments pour toi et ça n'a rien à voir avec les hormones.
Un énorme blanc s'installe, je n'ose pas le regarder. Je suis moi-même choqué par ce que je viens de dire. J'ai des sentiments pour lui ? Merde, je n'y avais même pas pensé mais… Oui, c'est le cas. C'est sorti tout seul, je ne me l'étais même pas encore avoué à moi-même.
Au bout de cinq bonnes minutes (et cinq minutes c'est très long dans un moment aussi gênant), il déclare, d'une voix très douce :
-Faut qu'on se prépare pour aller au labo.
Je relève les yeux et ce que je vois me réchauffe le cœur : ses yeux sont remplis de tendresse. Je lui rends son sourire.
Comme il l'a dit, nous nous préparons pour aller au labo, sans un seul mot. Avant de descendre prendre notre petit-déjeuner, il m'arrête et dépose un léger baiser sur ma joue puis se précipite dans les escaliers, comme pour fuir mon regard.
Au petit déjeuner, Tante Cassie est ravie d'apprendre que je vais à l'université avec Tad'. Nous sommes tous les deux très calme. On échange des regards très courts et on sourit tous les deux. Peut être que ce n'est pas si mal parti que ça ? Peut être que je suis entrain de briser sa carapace ?
Juste avant de quitter la maison par la porte de derrière, il dépose un baiser très léger sur mes lèvres.
Nous ne parlons pas de toute la matinée. Entre nous du moins, car bien sûr nous parlons aux autres membres du groupe. On ne recommence à communiquer entre nous qu'au diner, lorsque Honey Lemon nous questionne :
-Vous êtes tellement proches ! Vous vous comprenez sans même parler c'est trop mignon awwwwwwn. Vous êtes comme ça depuis toujours ? Je veux des anecdotes !
Je jette un regard intimidé à Tadashi, la blonde me fait un peu peur avec son enthousiasme débordant. Il répond pour nous deux :
- On est très proches depuis qu'on est tous petits. On jouait tout le temps ensemble et on trainait notre tante à toutes les expos de nouvelles technologies.
-Ouais, avant, je ronchonne avec un air accusateur.
Il fait une tête triste pour m'attendrir, je réponds par une grimace. Puis nous nous détournons d'un commun accord. Nous n'aurions peut être pas dû faire ça si j'en crois les réactions : Honey a des étoiles dans les yeux en nous regardant, Gogo nous regarde à tour de rôle avec un sourire en coin. Et les deux autres ben… Ils parlent de filles alors je suppose qu'ils n'ont rien vu et rien entendu.
L'après-midi, je travaille avec Gogo car Tadashi fait la programmation et qu'il n'y a besoin que d'une seule personne pour ça.
Elle travaille sur un vélo avec des roues électromagnétiques, pas de friction donc pas de perte de vitesse. Son but est d'atteindre les 200km/h sur un terrain plat. J'apprends en même temps que c'est une passionnée de vitesse. Elle fait du kart, des courses de moto et autres. Je l'admire vraiment, je la pensais renfermée et froide mais en réalité j'ai découvert une fille pleine d'humour et de répartie. Au moindre petit blanc qui s'installe, elle trouve un nouveau sujet et la conversation reprend de plus belle. Lors d'un silence un peu plus long que les autres, elle pose une question, comme on lâcherait une bombe :
-Au fait, Tadashi et toi ?
Je tique pendant une seconde, puis je fais ce que je fais le mieux : faire semblant.
-Quoi Tad' et moi ? Je rigole.
-Y'a quoi entre vous ? Elle questionne, s'arrêtant de travailler.
Un regard autour de moi m'apprend que le labo est vide hormis mon frère, mais celui-ci est trop loin et a un casque de musique sur les oreilles.
-Un lien de sang et de l'amitié, je réponds comme si c'était totalement évident en levant un sourcil.
Elle s'approche de moi en faisant une bulle, qu'elle éclate quelques secondes plus tard lorsque je suis acculé contre une table.
-Me prends pas pour une conne petit, je suis la reine à ce jeu.
Elle ne me dépasse que de quelques centimètres et pourtant je me sens d'un coup minuscule face à elle.
-J'te prends pas pour une conne…
Elle se penche de plus en plus vers moi, et j'ai de plus en plus peur.
-Qu'est ce qu'il y a entre Tadashi et toi très clairement ?
-Rien.
-Ne me mens pas petit.
-C'est la vérité je mens pas.
Et je dois avoir l'air déçu car elle me croit. Elle m'ébouriffe les cheveux en souriant (sans pour autant se redresser) : je retrouve la Gogo que je connais.
-Je vais essayer de t'aider, d'accord ?
Je hoche la tête avec un sourire.
-Hey vous foutez quoi tous les deux là ?
Nous nous tournons tous les deux vers l'origine de la voix. Tadashi est retourné sur sa chaise, son casque tombe sur son cou et il a l'air vraiment énervé. Gogo s'écarte de moi avec un air gêné. Comprenant son jeu, je l'imite.
Alors que Gogo allait inventer une excuse non crédible pour rendre Tadashi jaloux sans doute, mon frère se lève, frappe le bureau au passe et quitte la pièce en jurant. J'échange un regard assez paniqué avec la brune.
-T'attends quoi ? Cours lui après ! M'ordonne-t-elle.
Je lui obéis sans hésiter. J'ai une idée d'où il est allé mais je vérifie toutes les salles pour être sûr. Je le retrouve finalement à côté de Baymax, son robot, assis contre le mur. Il ne relève pas la tête quand j'entre, il doit avoir reconnu mes pas. Je verrouille la porte et vais m'asseoir en face de lui en tailleur. Il ne m'accorde pas un regard.
-Tadashi, je…
-Tais toi.
J'obéis, choqué. Mon frère ne m'a jamais parlé comme ça.
-Je n'ai pas envie de savoir, je n'ai pas envie d'entendre tes excuses. Je ne sais pas de quoi je m'attendais de la part d'un adolescent de quinze ans.
-Mais c'est pas ce que tu crois !
-Tais toi je t'ai dis.
-Mais laisse moi m'expliquer putain !
Choqué par mon vocabulaire, il ne répond rien. Je prends ça pour un accord.
-Elle était entrain de me menacer, pas de me draguer. Je lui mentais et elle voulait la vérité.
Etonnement, il ne me demande pas sur quoi je mentais, ce qui retient son attention c'est la première partie de la phrase.
-Elle te menaçait ?!
Pour la première fois, il remonte son visage vers moi. Je hausse les épaules.
-C'est sans importance.
-Pas pour moi.
On entrelace timidement nos mains et un long silence prend place. Mais pas un silence gênant. Le genre de silence que personne ne veut briser. Pourtant, il finit par le faire :
-Je sais qu'on n'est pas un couple mais… C'est exclusif pas vrai ?
Une image de Tadashi avec une fille me vient en tête.
-Evidemment ! Je ne veux pas que tu embrasses quelqu'un d'autre, dis-je avec une tête boudeuse.
-Ca n'arrivera pas aussi longtemps que tu seras avec moi, me promet-il en me serrant légèrement la main.
Comme pour gâcher ce magnifique moment, quelqu'un frappe à la porte.
-Les gars ! Y'a un nouvel étudiant qui entre dans le centre ! Il va bosser au labo on doit tous l'accueillir ! Nous informe Wasabi.
-On arrive on finit juste d'installer la puce ! Je mens.
On échange un regard, long, très long. Et finalement c'est moi qui franchit le pas jusqu'à ses lèvres, lui volant un baiser avant de partir rencontrer ce nouvel étudiant, le laissant derrière moi bouche bée.
