Hidashi (Hiro+Tadashi)
Chapitre 5
PDV Hiro
Le lendemain, je suis réveillé par le réveil de Tadashi. Mais cette fois ci, c'est moi qui l'éteint et qui le réveille à force de bisous. Il rigole et me serre dans ses bras comme un gros nounours. Il finit par se lever, toujours avec moi dans ses bras. Comme nous sommes en été, il dort torse nu et je ne peux m'empêcher d'admirer la vue, ce qu'il remarque mais il ne dit rien.
Tante Cassie dort encore, c'est lundi et le café est fermé. C'est donc lui qui fait mon petit déjeuner, encore endormi et, pour mon plus grand plaisir, toujours torse nu. Je le regarde faire sans bouger le petit doigt, comme envoûté par la vue qui s'offre à moi.
-Réveille toi et manges, c'est prêt.
Devant moi, un bol de shirasu (salade de petits poissons), un bol de tsukemono (légumes marinés), deux tasses de thé et deux bols de riz. Nous nous partageons les deux premiers et buvons/mangeons les deux derniers, un chacun. Tante Cass fait toujours des petits déjeuner occidentaux, du genre toasts et œufs au plat. Je préfère quand c'est Tadashi qui le fait, c'est Maman qui lui a apprit comment faire un petit déjeuner traditionnel. Mes parents sont morts quand j'avais trois ans, par conséquent je ne les ai pas réellement connus. Tadashi, lui par contre, avait six ans (presque sept) et donc a été très affecté par leur mort.
-Arrêtes de rêver et manges petit génie, on va être en retard sinon.
J'obéis mais ne me dépêche pas de manger pour autant, je savoure. Et il doit le comprendre car il ne dit plus rien.
Une fois fini, il me laisse faire la vaisselle (puisqu'il a tout préparé). Puis je le rejoins, me lave les dents, m'habille et nous y allons.
Avant de sortir de la maison (par la porte de derrière puisque le café est fermé), je l'arrête.
-Tadashi ?
-Qu'est ce qu'il y a ?
-Je sais que comme tu l'as dis on est pas un couple, mais on peut s'embrasser quand même ?
-Viens là.
Il se penche légèrement, je me mets sur la pointe des pieds et c'est le feu d'artifice. Dans ma tête, dans mon ventre et dans mon cœur. Une légèreté envahit tout mon corps et vient se loger dans ma poitrine. Il se retire au bout d'un moment qui reste bien court par rapport à ce dont j'ai envie. Voyant que j'en redemande, il me fait plein de bisous très courts, le dernier sur le nez.
-Allez on y va on est déjà en retard à cause de toi, me reproche-t-il avec un clin d'œil.
Je le suis avec un grand sourire. Sur le chemin, malgré notre conversation incessante, chacun est un peu dans la lune et pense à ce qu'il vient de se passer.
Un homme me bouscule et je tombe à terre. Tadashi se précipite pour me lever et interpelle l'inconnu :
-Vous ne pouviez pas faire attention ?!
C'est alors que je reconnais l'un des hommes de main de la Boss. Je ne sais pas encore s'il m'a reconnu, puisque lorsque je fais des combats je suis totalement différent.
Mon frère se place devant moi, prêt à se battre pour me protéger de l'homme, alors que celui-ci fait une tête de plus que lui et trois fois sa largeur (que du muscle évidemment).
Il se rapproche dangereusement de nous, je n'aime pas ça. Ma main se place automatiquement sur ma poche, où se trouve mon robot de combat, prêt à me battre moi aussi, mais à ma manière. Mais il remarque mon mouvement, et relève son regard vers mon visage pour me détailler.
Et soudain, il me reconnait. Je prends le bras de Tadashi et le force à courir. Evidemment, je cours beaucoup plus vite que lui avec son sac de cours. L'inconnu nous court après en téléphonant, il demande des renforts sans doute.
-On ne peut pas aller au labo ! Je lance.
Tadashi hoche la tête et tourne dans une petite ruelle dans le but de le semer. On dirait une course poursuite dans un film, c'est à la fois effrayant et excitant.
Heureusement pour nous, les ruelles ne sont pas des sans issues, et nous parvenons à le semer, au bout d'une vingtaine de minutes de course. Par précaution, nous faisons encore un grand détour en surveillant nos arrières pour aller au labo.
C'est ainsi que nous arrivons, épuisés, en sueur et avec plus d'une heure de retard, au labo. Nous qui d'habitude arrivons toujours en avance… On rejoint notre groupe en ignorant les autres étudiants curieux, saluons les autres, et nous nous occupons de notre projet.
Le midi, nous nous mettons en bout de table pour parler.
-C'était qui ce mec ? M'interroge-t-il.
-Un des hommes de main de la Boss.
-Et tu penses qu'il t'a reconnu ?
-Sans aucun doute.
-Il ne nous a pas vu aller au laboratoire, on ne craint rien si on fait attention.
-On ne doit plus passer par cette rue le matin.
Il hoche la tête, il semble totalement paniqué. Je caresse sa jambe avec la mienne sous la table pour le rassurer. Il soupire.
-Ca va aller, d'accord ? Ca ne sert à rien de s'inquiéter.
-S'inquiéter pour quoi ? Demande Honey, toute joyeuse.
-Tadashi a une indigestion et veut aller voir le médecin pour ça, je sors en levant les yeux au ciel.
-Mais non Tadashi c'est pas la peine, tu sais c'est juste…
Et voilà, Hiro à la rescousse. Pendant que mon frère essaye de se sauver des griffes d'Honey, Gogo me fait comprendre d'un coup d'œil que j'ai intérêt à lui expliquer. Je hoche discrètement la tête.
-Au fait Honey, ton rendez-vous c'est bien ce soir ? Raconte-moi tout ! Je demande pour sortir Tad' de l'enfer dans lequel je l'ai plongé.
En vérité, je ne décroche pas de l'histoire de la blonde car c'est réellement intéressant. Il l'a bousculée alors qu'elle amenait du matériel au labo, et en parfait gentleman, il a tenu à tout rembourser. Ils se sont donc revus pour ça, et Honey, bien qu'elle soit horripilée par cet homme, lui a donné une chance. Ils ont fait connaissance le temps de la commande, et il a fini par l'inviter au restaurant avant de se quitter.
-C'est une très belle histoire, il a l'air d'être un mec bien, je lui souris.
Elle répond à mon sourire, toute pressée d'être à ce soir.
-Cette journée passe tellement lentement ! Je n'en peux plus d'attendre !
-Je comprends totalement.
Nous continuons de parler sur d'autres sujets, elle se calme au fil de la conversation, ce qui la rend nettement plus agréable. Je l'apprécie beaucoup, en fin de compte.
Je jette un coup d'œil au reste du groupe : Gogo et Tadashi rigolent de je ne sais quoi, et Fred et Wasabi, toujours ensemble, regardent une vidéo. Je souris.
-Tu as l'air de te plaire énormément parmi nous, commente Honey.
-T'imagines pas à quel point.
Et c'est vrai, elle n'imagine pas à quel point ma vie a changé grâce à eux. Nous continuons à parler, jusqu'à ce que l'heure de reprendre le travail sonne. Fred m'interpelle :
-Hey Hiro, si Tadashi n'a pas besoin d'aide tu viens m'aider à décharger le matos des camions ? On va faire travailler tes muscles !
Mon frère me pousse dans le dos pour me dire que je peux. Je vais donc, et avec plaisir, aider Fred. On blague sur des choses très étrange (le cerveau du châtain est remplie d'idée plus délirantes les unes que les autres), on boit une bière entre deux camions (première fois que je goûte, j'adore) et on travaille beaucoup. Je ne vois pas le temps passer. Il est déjà cinq heures quand Fred me prévient :
-Je vais demander de l'aide aux autres, je te laisse seul pour dix minutes ça ne te dérange pas ?
- Pas du tout, vas-y !
Et c'est la vérité, je crois que j'ai besoin d'être un peu seul pour réfléchir. Mais mon vœu ne se réalise pas, à peine Fred parti, une voix grave m'aborde :
-Bonjour Hashima, ou plutôt Hiro.
Je me retourne à la vitesse de l'éclair en entendant mon nom de match et je ne suis pas surpris de tomber sur Akinori. Je fronce les sourcils.
-Qu'est ce que tu veux au juste ? J'ai rien à faire avec toi en dehors des combats.
-Je le sais. En fait, je suis venu te dire que je ne te dénoncerai pas. Mais j'attends de toi que tu fasses de même. J'ai arrêté les combats pour venir ici et beaucoup de gens veulent ma tête là-bas.
-Moi aussi, je sais ce que c'est. Mais où est ce que tu habites maintenant ? Tu étais logé dans les locaux de la Boss avant non ?
-Oui, je me débrouille on va dire…
-Comment ça ? Tu peux me le dire, je ne te jugerai pas. Peut être que je pourrai même t'aider.
-Je dors au laboratoire.
-Hein ?
-Dans le grenier…
-Tu as besoin de quelque chose ? Un matelas, une couverture, de la nourriture, n'importe quoi.
Soulagé de trouver de l'aide sans être jugé, le faux roux se détend très clairement.
-Je me débrouille pour l'instant, mais d'ici quelques mois j'aurai besoin d'argent.
-Ma tante tient un café, je crois qu'elle aurait besoin de quelqu'un au service maintenant que je ne suis plus là pour l'aider. Ca t'intéresse ?
-Oui, avec plaisir !
-Je lui en parlerai ce soir, je te dis ça demain.
-Merci beaucoup Hiro. Tu ne me dénonces pas et en plus tu m'aides. Bien que j'aime beaucoup Hashima aussi, c'est un bon camarade de jeu. Tu te rappelles le combat qu'on a fait en avril ? Egalité parfaite, les deux robots totalement explosés.
-C'était magnifique ! J'aime bien cheveux de sang, mais je préfère Akinori. Tu es mieux sans tes chaînes, tes lentilles rouges et tous ces trucs sombres. Tu n'as rien de méchant, un vrai nounours.
Il me tape gentiment l'épaule.
-Je saurai te rendre la pareille, affirme-t-il.
-Tu n'as pas à le faire, je rétorque.
-Mais je le veux, tu le mérites.
On se sourit franchement. Je n'aurais jamais pensé trouver un ami en cheveux de sang, c'est sûr.
-T'es grand en fait.
-Et ouais, 1m70, ça va le nain ?
-Le nain t'emmerde du haut de ses 1m60, je rigole.
-Tes amis arrivent, bye Hashima, dit-il en m'ébouriffant les cheveux.
-Bye cheveux de sang.
Il me lance un dernier sourire, auquel je réponds, en partant. Quand ils arrivent, j'évite les questions (surtout celles du châtain) par un :
- Désolé Fred, j'ai pas bossé du coup.
Je suis sauvé par Gogo qui change immédiatement de sujet. Evidemment, elle va vouloir tout savoir par la suite, je m'en doute. Je cherche une excuse valable puis je me dis que de toute façon elle sait quand je mens. Quand l'heure du dîner vient, je demande à Tadashi si on peut manger à la maison pour une fois (dans le but de trouver un emploi à Akinori).
Une heure plus tard donc (le temps de dire au revoir, de tout ranger et de faire un énorme détour pour rentrer à la maison), nous sommes à table, racontant des petites anecdotes à Tante Cass qui est ravie de nous revoir. Je me lance.
-Au fait, maintenant que je ne suis pas là pour t'aider, tu aurais besoin d'aide au café ?
-Oui, j'ai passé une annonce dans le journal mais je n'ai pas assez d'argent pour engager quelqu'un.
-J'ai peut être une idée pour toi. Un ami cherche du travail, il ne demandera pas beaucoup d'argent, juste de quoi manger. Ca te va ?
-Avec plaisir ! Il accepterait de venir au café jeudi (dans trois jours) dans l'après midi ?
-Je lui demanderai demain.
Tadashi, qui écoute sans comprendre, fronce les sourcils. La conversation part vers d'autres sujets rapidement, mais je n'y participe plus : je pense à Akinori, qui doit être recroquevillé dans sa couverture, prêt à affronter le froid de la nuit. Je vais l'aider, il le mérite après tout.
Après avoir fait la vaisselle, nous allons nous coucher.
-Qu'est ce que Akinori te voulait tout à l'heure ?
-Rien, juste me dire qu'il ne me dénoncera pas. Il est très sympa en fait, je suis content de l'avoir retrouvé.
-Il ne me donne pas confiance.
-C'est pas toi qui dit toujours qu'il ne faut pas juger les gens avant de les connaître ?
-Oui mais là je ne l'aime pas. Je ne veux pas que tu le vois.
-Tu vois qui je veux et tu ne peux pas m'en empêcher ! Akinori est adorable et tu n'as aucune raison de ne pas l'aimer !
-J'ai de très bonnes raisons ! Il pourrait te faire retomber dans les combats de robots, il pourrait t'entraîner à être comme lui, couvert de percings et de tatouages !
Il hausse de plus en plus la voix. Je n'avais encore jamais vu mon frère énervé. Il me fait peur.
- Il pourrait te séduire, conclut-il dans un souffle.
Je me fige. Bien que le début de sa tirade me révolte totalement, la fin m'adoucit.
-C'est de ça dont tu as peur ? Je lui demande en m'approchant.
-Vous avez quasiment le même âge, vous pourriez vous tenir la main dans la rue sans que personne ne vous dise quoi que ce soit, vous pourriez faire des sorties en amoureux, vous pourriez vous embrasser, tu pourrais le présenter à Tante Cass comme ton petit ami, vous pourriez adopter plus tard… Evidemment que j'ai peur Hiro, je ne pourrais jamais t'offrir tout ça.
Je me jette autour de son cou. Je sens ses larmes tomber dans mon cou. Il me serre contre lui comme s'il refusait que je parte. Il se laisse tomber sur son lit, toujours avec moi autour de son cou.
-Je ne lui parlerai pas plus que nécessaire, c'est promis.
- Non, parle-lui au contraire. Tu as totalement raison, je ne peux pas t'empêcher de voir qui tu veux.
-Tu ne m'en empêches pas, c'est mon choix.
Il me serre un peu plus fort contre lui.
-Je t'aime Hiro.
