Bonjour ! Enfin voilà le chapitre deux, j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire par manque d'inspiration et de temps ^^"
Tout d'abord je tiens à remercier ceux qui ont laissé des commentaires, vous êtes adorables :) et aussi ceux qui prennent le temps de me lire et de me suivre.
Ensuite, je voulais parler de cette histoire, qui sera divisée en deux parties ; cette première partie, Le Chant de la Mer, qui conte donc l'histoire d'Eva ; la deuxième partie, à laquelle je n'ai toujours pas trouvé de titre, sera postée juste après celle-ci, sachant que Le Chant de la Mer ne sera pas longue, une dizaine de chapitre environ je pense. La deuxième partie contera les histoires de la fille d'Eva, et sera plus longue, avec une plus grosse intrigue ; ce sera en quelque sorte la partie important de l'histoire, on pourrait donc considérer la première partie comme un... prologue ? Comme vous le voulez.
Enfin bref, je vous souhaite à tous une bonne lecture.


Chapitre Deux

C'est lorsque elle eut seize ans, qu'Eva disparu au beau milieu de la nuit, un sept avril. Sans laisser aucune autre trace que les portes des placards ouverts et une lettre. Angora la jeta négligement sur sa table de chevet après l'avoir lue, un sourire presque triste aux lèvres. Elle ne voulait pas la détruire. Elle espérait juste l'oublier, et que ce papier disparaisse à tout jamais, comme s'il allait se fondre dans le meuble d'acajou. Mais elle ne voulait pas la détruire, la déchirer, la brûler. C'était la dernière chose qui la rattacherait à sa fille. Elle se fichait éperdumment qu'elle ne soit plus là. Tant mieux. C'était un fardeau en moins, un danger en moins pour sa famille. Mais une chose à l'intérieur d'elle-même lui disait de conserver cette lettre.
Avait-elle déjà aimé Eva ? Quand a-t-elle commencé à la rejeter au juste ? Elle ne se souvient plus. Cela fait une éternité qu'elle ne l'a pas embrassée comme une mère le ferait.

Lilly fut interrogée tout de même par le père d'Eva, Howard, mais comme elle était bien plus intelligente et qu'elle savait mentir, elle fut bien vite disculpée. Alors elle sourit, quand elle fut seule, en repensant à la façon dont Eva lui avait ordonné de l'aider à préparer son évasion.

« Tu dois m'aider ! »

Elle avait dit ça en souriant avec espièglerie et excitation, tout en fourrant des affaires dans un sac à dos. Puis elle se mit nue face à sa servante, et se changea en vitesse, enfilant des habits pratiques, un pantalon et un pull ample et épais, ainsi qu'une paire de bottes.

« Où as-tu eu ces habits ? Demanda Lilly, un peu perdue.

- C'est Thomas qui... »

Son regard se fit vide.

« Je les ai volés à Thomas. »

Plus aucun mot ne fut échangé. Il faisait toujours froid, pour un mois d'avril, c'est pourquoi Eva s'habillait chaudement et emportait très peu d'habits d'été. Un autre pantalon, deux ou trois robes. Ethan lui avait dit de prendre le strict minimum. Les boucles auburn tombaient en douceur sur les épaules frêles de l'adolescente.

« Alors, on va devoir se dire adieu, lança Lilly avec un ton morne.

- Pourquoi adieu ? Nous pourrons nous revoir.

- Il y a très peu de chance. Qu'en sais-tu, peut-être que tu seras poursuivie pour t'être enfuie ainsi, toi, une riche héritière.

- Crois-tu que ma mère en ai quelque chose à faire de moi ? Ils projettaient de se débarasser de moi, car ils estiment que mon pouvoir devient dangereux. »

Lilly écarquilla les yeux, choquée. Il était très difficile de choquer la servante.

« Eh oui, continua Eva avec un sourire carnassier, tu ne sais pas toujours tout. Tu n'as pas des oreilles partout. Je préfère mourir noyer sur les mers que mourir assassinée par une personne quelconque commandée par mes parents ou je ne sais quoi. Je ne laisserais personne m'avoir et m'enlever ma liberté. »

Les deux amies se regardèrent fixement. L'aube allait se lever, et une lueur orangée pointait déjà derrière les grandes baies vitrées de la chambre. Eva pris son sac et ouvrit les portes du balcon. Elle déroula un long tissu et l'accrocha, dans le but de descendre dans le jardin fleurit, et ensuite escalader le mur. Ethan l'attendait derrière.

« J'ai un premier et dernier ordre pour toi. Accomplis-le comme tu devrais le faire en tant qu'esclave d'une riche héritière. »

Lilly était prête à subir cet ultimatum. Elle n'avait pas le choix. Après dix ans d'amitié, celle-ci se plongeait dans les abysses de l'oubli. Il ne devait rester aucune trace de cette relation. Les yeux d'Eva brillaient, mais sa voix ne trembla pas.

« Couvres mon départ. Je ne suis plus ton amie, je ne veux plus jamais entendre parler de toi. Je ne t'ai jamais parlé autrement que pour te donner des ordres. »

Elle lui caressa la joue et eut un sourire tendre.

« Sois libre et vis ta vie à fond. »

Puis elle s'en fut, descendit la corde de tissus colorés et atterrit sur l'herbe tendre, entre les fleurs. Le mur ne fut pas compliqué à escalader. Lilly, sur le balcon, tenait un morceau du drap entre ses fines mains. Elle remarqua qu'Eva n'eut aucun regard en arrière. Une seule larme coula sur sa joue tandis qu'elle restait immobile dans la chambre. C'étaient des années d'amitié qui venaient de tomber et s'oublier avec cette unique larme, absorbée par le tapis qui couvrait le sol au pied du lit à baldaquins. Quand, plus tard dans la journée on l'appela pour l'interroger, elle avait repris un air neutre, voutée sur son panier à linge. Elle n'était qu'une esclave. Pas une amie. Il fallait oublier cette amitié.

Angora fit passer Eva pour morte de maladie, et on lui consacra une tombe dans la cimetière, à côté du tombeau familial. Pas de fleurs ni de cérémonie. Tout dans la discrétion. Et une tombe oubliée, avec un nom et une date, alors que les autres stèles regorgeaient d'épitaphes émouvants à faire pleurer.
Loin de là, Eva suivait Ethan dans la forêt avec difficulté. Elle se plaint d'avoir mal aux pieds, ce qui exaspéra vite le jeune homme. Il l'emmena bien vite au port. Le soleil se levait sur la mer et ses rayons dorés frappaient de pleins fouet les adolescents. Eva attrapa la main de son petit-ami, entrelaçant ses doigts aux siens ce dernier serra fort la main de la jeune fille en retour, comme un soutien. Eva n'eut aucun regard en arrière, trop éblouie par l'éclat du soleil et la couleur de la liberté cette magnifique étendue bleue qui s'étendait à perte de vue lui mit les larmes aux yeux, le vent les emportant une à une. Enfin, elle se sentait à sa place.

O~o~O

Le temps passa à la vitesse de l'éclair.

A vingt ans, Eva se retrouva enceinte jusqu'au cou, ses cheveux plus frisés que jamais, son visage plus rayonnant. Et son humeur plus changeante que jamais, aussi. Elle passait du rire aux larmes en un instant, son visage s'étant arrondit avec la grossesse. Ethan lui ramenait souvent des framboises, son pêché mignon, et elle les dévorait avec amour le jeune futur père aimait l'odeur de framboise de sa femme. Son visage et son nez ronds, ses grands yeux chocolat et son regard aguicheur. Enceinte de sept mois, elle était intenable cependant, sa santé restait fragile, et elle paraissait enceinte de cinq mois seulement tant son corps était menu.

« Ethan ?

- Oui, mon ange ?

- Tu pourras ramener des framboises de ton expédition ? S'il te plaît. »

Elle lui fit son plus beau sourire et il craqua, ne pouvant résister à cette femme qu'il aimait tant. Sa grossesse l'avait considérablement changée, et elle faisait désormais son âge alors qu'il y a deux ans, on aurait pu la croire âgée de quinze ans. Ethan, lui, se laissait pousser la barbe. Il avait encore grandi et s'était endurci alors qu'il était autrefois un jeune adolescent un peu maigrelet. Ses yeux, qui paraissaient noirs aux premiers abords, étaient en fait refletés d'un beau bleu turquoise.
Il s'en alla au petit matin, le lendemain, tandis qu'Eva dormait encore paisiblement, émettant des petits ronflements de temps à autres. Il s'était engagé dans la marine après s'être marié avec Eva, il y a deux ans encore jeunes, ils avaient dû faire face à de nombreuses difficultés financières. Pendant longtemps, Ethan avait regretté de s'être lancé si vite dans une vie pareille jamais il ne pourrait offrir les plus belles choses à Eva, quand bien même il le voudrait.

Ils s'étaient déjà violemment disputés à ce sujet, Eva tentant de lui expliquer tant bien que mal qu'elle ne voulait pas de richesses seule la vie comptait pour elle, et même vivre dans une cabane dans la forêt, non loin du village, lui suffisait. La nature était pour elle un échappatoire, la mer un réconfort elle aimait l'odeur iodée de la mer sur la plage, le sable entre ses doigts de pieds et l'eau fraîche, et la caresse du vent sur sa peau.
L'activité physique manquait à Eva travaillant à la taverne du village, elle avait dû arrêter suite à sa grossesse, bien qu'elle avait forcé pour travailler jusqu'à son deuxième ou troisième mois.
Ce dix-neuf décembre, Eva se leva seule dans la maison. Ethan était parti depuis déjà un mois, et avait la permission de rentrer pour le Nouvel An les deux dernières années avaient été riches en rebondissements, notamment avec l'exécution du Roi des Pirates, Gold Roger. Le gouvernement ayant appris l'existence d'une potientielle descendance du pirate, il fit des recherches à travers le monde de s'assurer que cette « engeance démoniaque » n'existe pas réellement Eva avait reçu la visite de Marines qu'elle avait directement envoyer paître, leur rappelant avec acidité qu'elle était la femme d'un de leur collègue.

Noël arriva bien vite, et avec lui son lot de bonheur et de cadeaux, malgré l'absence d'Ethan la mère de ce dernier, Rose, s'était déplacée exprès de son île pour ne pas laisser seule, elle et le futur bébé. La femme, âgée d'une quarantaine d'années, était très active. Elle avait élevé Ethan seule, le père de ce dernier inconnu au bataillon elle était forgeronne, brune aux yeux noirs, grande et élancée. C'était la deuxième fois qu'elles se rencontraient, Rose habitant loin et étant une femme très occupée.

« J'espère que cela sera une fille ! » S'exclama Rose le soir de Noël alors qu'elles buvaient un chocolat autour du sapin.

Un sourire éclaira le beau visage d'Eva, qui posa une main sur son ventre.

« Plus que trois mois et tu seras là, bout de chou. »

Cependant, cette vie rayonnante ne dura pas. Lorsque Rose partit après Noël, à cause de son travail, Eva se retrouva de nouveau seule. Ethan devait rentrer le lendemain. Puis vinrent le vingt-sept et le vingt-huit décembre, sans aucune nouvelles. Puis le vingt-neuf. Eva commençait à angoisser, à se sentir seule. Elle songea à appeler Rose par escargophone pour lui demander si elle avait des nouvelles. Mais elle s'en abstint. Le trente, au soir, la nouvelle tomba. Un ami du village, Stan, était venu lui rendre visite, et il la trouva prostrée sur le sol, près de sa boîte aux lettres, tenant une lettre entre ses petites mains. Ethan était porté disparu, présumé mort. Elle poussa un gémissement de douleur pure, comme si son cœur se déchirait en mille morceaux pourtant, aucune larme ne coulait sur ses joues. Stan resta avec elle pour la réconforter, et revint le lendemain pour voir comment elle allait. Le soir, elle eut des contractions, de plus en plus violentes, la pliant sur son lit sous la douleur.

« Je t'en prie Stan, aide-moi ! Ça fait un mal de chien !

- C-ce n'est pas normal... il y a quelque chose qui cloche bon sang ! S'exclama le jeune homme en prenant les choses en main, je crois que le bébé arrive.

- Pardon ? Mais il devait arriver dans troi- Aaaaarrrrgh !

- Le travail a déjà commencé Eva... Allonges-toi ici, je vais chercher ma mère, je pourrais pas gérer ça tout seul. »

Le jeune homme, âgé d'environ dix-neuf ans, faisait preuve d'un sang froid impressionnant il voulait suivre les pas de sa mère et être médecin, cependant, il ne pouvait pas accoucher tout seul une femme, et encore moins pour un bébé prématuré de deux mois.
Stan revint avec sa mère, qui prit directement les choses d'une main de fer.

« Stan, va faire bouillir de l'eau et va me chercher des serviettes, et stérilise les instruments ! »

Peu après minuit, Eva commençait à pousser avec la force du désespoir. Dehors, il y avait une tempête de neige. Elle avait peur, terriblement peur. Elle venait de perdre son mari. Et son enfant se présentait trop tôt, beaucoup trop tôt... La douleur lui déchira les entrailles avec lui forces, lui faisant voir des étoiles multicolores sous ses paupières closes. Mais elle ne savait pas si c'était la tristesse qui lui faisait tant mal, où l'enfant à lui tout seul, car son cœur lui aussi était déchiré. C'est seulement maintenant qu'elle pleura toutes les larmes de son corps, pleurant la perte de son mari, sa douleur, son désespoir, le visage rougit par l'effort, poussant un cri de souffrance pur quand enfin, la délivrance arriva.

C'était une petite chose minuscule, qui n'émit pas le moindre bruit durant les premières minutes de son existence. Le nourrisson devait faire la taille de son avant-bras la mère de Stan le stimulait afin qu'il puisse enfin libérer son premier cri. La petite chose poussa un hurlement, faisant sursauter Eva qui se remettait à peine de l'accouchement.

« Cette petite a une sacré paire de poumons, lança la femme médecin avec une sourire mi-triste, mi-soulagé, il va falloir beaucoup la surveiller, elle est faible, termina-t-elle en lavant le bébé après avoir coupé le cordon ombilical. »

Elle enveloppa la petite fille dans des tissus pour la mettre en chaud et la posa sur la poitrine de la jeune mère, qui avait encore les yeux rougis et bouffis par les larmes. Elle eut un sourire radieux alors que quelques larmes se remettaient à tracer des sillons humides sur ses joues pâles.

« Tu était bien impatiente, hein...

- Et comment s'appelle ce bout de chou ? Demande Stan en s'asseyant à côté d'Eva pour caresser ses cheveux dans un geste tendre.

- Emmanuelle... Mais on la surnomera Emma, c'est plus court. »

Stan rit, alors que sa mère s'approcha pour indiquer à Eva que le bébé devait être sous surveillance prématurée de deux mois, la petite fille était cependant en pleine santé malgré sa toute petite taille, ce qui avait grandement étonné la femme médecin en général, un nourrisson naissant si tôt avait des problèmes respiratoires ou des séquelles, mais ici rien. Emmanuelle pétait la forme, comme le disait si bien Stan. Mais la doctoresse exigeait une surveillance tout de même, au cas où.

« Je reviendrai demain, Stan et mon mari s'occuperont de la clinique... Si quelque chose ne va pas cette nuit, appelle à ce numéro, je garde mon escargophone près de moi. »

Eva était très proche de cette femme, qui lui avait enseigné beaucoup de chose pour s'occuper d'un bébé la jeune femme était prête à assumer cette responsabilité, malgré l'arrivée, très tôt, de sa petite fille. Prête à élever sa fille sans un père. Sans son amour. Un pincement au cœur l'obligea à respirer douloureusement, alors qu'elle se retenait de pleurer.

Emmanuelle Thorn naquit le premier janvier mille cinq-cent deux. Eva ne se doutait pas que de l'autre côté de la mer, à South Blue, une autre jeune femme vivait la même souffrance, qu'elle la tristesse de la perte de l'homme qu'elle aimait. Mais une naissance qui comblait ce grand vide.
Portgas D Rouge mourut le premier janvier mille cinq-cent deux, dans la matinée, en donnant naissance à son fils.


Voili voilou, je sais pas trop comment se passe un accouchement donc j'ai essayé de respecter au maximum. Sur ce je vous laisse, et j'espère que la lecture vous a été agréable ! N'hésitez pas à laisser un petit commentaire si vous en avez le temps, et à dire si des choses ne vont pas par exemple (j'accepte toutes les critiques tant qu'elles sont constructives par ailleurs)
Bisouuus