Chapitre 2- Intrusion nocturne
Caché derrière un muret de brique, Jacob Frye avait retiré sa casquette pour relever sa capuche. Il observait la scène de la position où il se trouvait. Après avoir aperçu une diligence qui venait dans leur direction quelques minutes auparavant, il avait jugé bon de se retirer, question de ne pas se retrouver dans le pétrin inutilement. Il était encore beaucoup trop dans la journée pour s'attirer des ennuis. Il observa Mayline qui se tenait toujours debout en bordure de la route qui longeait la Tamise. Elle regardait autour d'elle frénétiquement après avoir remarqué sa disparition. Cette jeune fille ne devait pas voir plus de 16 ans, ses traits s'avéraient être juvéniles, mais ses yeux trahissaient les rigueurs du sort auxquels elle semblait avoir été confronté au cours de sa courte vie. Il se baissa davantage quand il vit un petit homme trapu, avec une paire de besicles sur le nez et portant la moustache, sortir de la diligence flanqué de deux colosses vêtus de rouge. Des Blighters, pensa t-il. L'homme s'avança vers la jeune fille, l'air furieux. Il tendit l'oreille pour entendre la conversation.
''Espèce de petite idiote! Qu'est-ce qui t'a pris bon sang?'' S'écria l'homme moustachu en direction de Mayline. Jacob s'attendit à ce qu'elle baisse la tête devant le courroux de cet homme visiblement hors de lui, mais elle garda le menton relevé avec beaucoup de courage, et d'impertinence, songea t-il. Et poussant encore plus loin les limites de cette impertinence, la jeune fille demeura muette, avec sur son visage un air de défi exacerbé. Le petit homme serra les poings et ses jointures devinrent blanches tellement il les serrait avec force. Il se retenait de la frapper, c'était évident. Jacob retint son souffle, prêt à bondir s'il osait faire un tel geste. Mais l'homme en colère n'en fit rien et parla à travers ses dents serrées.
''Tu vas monter immédiatement dans cette diligence et une fois à la maison, je prendrai bien soin de te rappeler qui tu es, et tout ce que tu me dois. Peut-être je pourrais me passer des misérables revenus que me rapporte ton imbécile de frère, mais les promesses qui m'ont été faites en échange de ta belle et ingénue petite personne, certainement pas.''
Cette fois, elle baissa la tête, s'avouant vaincu. Sans hésiter une seconde de plus, l'homme aux lunettes fit un signe de la tête à peine perceptible, et les deux colosses s'avancèrent avant d'empoigner la jeune fille sous les bras. Ils la forcèrent à avancer, la traînant en la soulevant presque de terre. Elle se laissa guider et monta dans la diligence, suivi des trois autres hommes. Jacob plissa les yeux, se sentant contrarié d'être témoin d'une telle scène. Il observa la diligence, et quand celle-ci se mit en route et passa près de sa position, il ne manqua pas de remarquer les armoiries qui avaient été peintes sur les côtés. Deux serpents dorés, face à face, leur queue melée l'une à l'autre, avec deux épées croisées en arrière-plan. Tout en bas était écrit en lettre dorées; Saddler : Gunpowder and Ammunition. Cet homme cruel était donc un marchand d'armes, et semblait avoir une bien haute estime de lui-même, avec sa diligence pompeuse et ses hommes de mains plus costauds que les brutes qui infestaient les rues de Whitechapel. Mais qu'avait-il à voir avec les Blighters? Jacob se devait de le découvrir. Une fois la voiture engagée sur l'artère principale, il actionna sa tyrolienne, grimpa sur les toits, et entreprit de les suivre.
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Sur la banquette capitonnée de cuir rouge vin de la voiture, Mayline était coincée entre Henry et Foster, les deux limiers qui suivaient son oncle partout où il allait. Ce dernier, assit en face d'elle, la dévisageait avec un air de dégoût évident sur son visage. Il serrait encore les poings, comme chaque fois qu'il perdait les pédales. Elle savait qu'elle allait passer un mauvais quart d'heure une fois arrivé à la maison. La diligence s'arrêta bien trop tôt à son goût et à peine avait-elle freinée que son oncle Thomas se leva, ouvrit la porte à la volée avant de l'agripper par le bras pour la pousser dehors. Surprise par ce geste aussi soudain qu'agressif, elle trébucha dans le petit escalier et atterrit sur le trottoir à quatre pattes.
''Debout petite sotte.'' Cracha t-il en passant à côté d'elle sans l'aider. Elle n'eut pas le temps de tenter de se remettre debout que les deux gardes de son oncle la prirent sous les bras et la traînèrent dans la maison. Ils la menèrent dans le bureau de Mr. Saddler, la firent assoir brusquement sur une chaise, face à son oncle, et quittèrent la pièce sans un mot. Elle garda le silence pendant qu'elle l'observa s'agiter devant elle. Il fit le tour de son bureau, ouvrit son tiroir à courrier et en sortit un coupe-papier. Un magnifique coupe-papier, avec un manche en ivoire miroitant. Mais la beauté de cet outil était bien sombre, pensa t-elle. Peut-être son oncle ne l'avait-il pas frappé tout à l'heure lorsqu'il l'avait rattrapé près de la Tamise, mais elle en connaissait parfaitement la raison. Il aurait été bien stupide de lui abîmer le visage aux vues de tous avant de l'offrir en mariage à un riche inconnu. Elle le regarda allumer une bougie, s'assoir sur sa chaise, et porter la lame du coupe-papier au-dessus de la flamme qui s'éleva à son contact.
''Que vais-je bien pouvoir faire de toi, Mayline?'' Sa question était plus une affirmation.
''Au rythme que tes bévues enfantines s'accumulent, bientôt, je ne pourrai plus te présenter à aucun homme fortuné. Il serait temps que tu t'enlèves cette idée de la tête. Jamais tu ne sortiras ton frère de cette usine, que ce soit en tentant d'alerter la police, de rassembler des gredins ou en volant une de mes cargaisons pour la revendre. Sa place est là-bas, la tienne est ici, point final.'' Mayline continua de fixer la lame du coupe-papier, qui devenait dangereusement rouge. Puis, elle ferma les yeux quand il se leva pour se diriger derrière elle. Rapidement, il tira sur le collet de sa robe pour lui dénuder une épaule. Quand la lame brûlante se colla sur la peau par-dessus son omoplate, elle se mordit la lèvre au sang pour s'empêcher d'hurler de douleur. Les quelques secondes qui passèrent lui parurent comme des heures. Quand il retira le coupe-papier de son épaule, elle ne put réprimer un cri aigu. Sa peau était restée collée sur la lame. Des larmes coulèrent sur ses joues, et elle se mit à trembler: la douleur était lancinante. Elle sursauta et grimaça quand son oncle replaça violemment sa robe sur son épaule, comme si rien n'était arrivé.
''J'espère que le message est clair. Monte à ta chambre maintenant. Tu n'en ressortiras plus jusqu'à ce que je te présente à ton futur mari.'' Lâcha t-il avec hargne. Sans hésiter une seconde de plus, Mayline se leva et quitta la pièce précipitamment. Elle gravit les marches d'escaliers à toute vitesse et entra dans sa chambre en refermant la porte vivement derrière elle. Elle essuya ses joues où continuait de couler les larmes, malgré son bon vouloir. Elle alla devant son miroir et se plaça de dos, de sorte qu'elle puisse examiner sa nouvelle plaie. Jusqu'à maintenant, il avait utilisé un bâton, une lame coupante ou une cravache, mais jamais il n'avait poussé ces supplices à un fer chaud. Elle inspira entre ses dents quand elle constata que le sang avait déjà imbibé sa robe, et que le tissu était désormais collé sur sa chair exposée. Elle grogna légèrement quand elle entreprit de retirer sa robe, puis elle sursauta quand elle entendit des coups à sa porte. Une voix féminine s'éleva de l'autre côté, et Mayline soupira de soulagement.
''Mademoiselle Mayline, c'est moi. Ouvrez la porte.''
Il s'agissait de Margot, l'une des domestiques de la maison, qui en peu de temps, était devenue une bonne amie. Depuis le tout début, c'était elle qui était venue la rejoindre dans sa chambre après les violences de son oncle, pour nettoyer ses plaies, et la réconforter comme elle le pouvait. Elle alla lui ouvrir et lui sourit faiblement en l'apercevant. Les grands yeux bleus de Margot la regardèrent avec leur empathie habituelle. Elle se garda de dire quoi que ce soit et la conduit vers un petit banc couvert de velour rouge qui se trouvait près de la fenêtre. Mayline s'assit et regarda dehors sans vraiment rien voir, pendant que son amie alla chercher la carafe d'eau et des linges propres. Elle soupira longuement et elle se réfugia dans ses pensées, tentant de réprimer la terrible douleur qui allait venir.
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Jacob s'arrêta juste avant une intersection et se planta sur le coin de la rue. Il enfonça ses mains dans ses poches et leva la tête vers une grande maison en brique qui faisait pignon sur rue. La soirée était bien entamée et les lampadaires avaient été soigneusement allumés, projetant sur le sol des ombres régulières. Il distingua de la lumière filtrant à travers les rideaux de la fenêtre qui se trouvait à gauche, au deuxième étage.
Après avoir suivi la diligence de Saddler ce matin, il avait été témoin de leur arrivé devant la maison et de comment Mayline avait été brusquement poussé hors de la voiture et traînée sans délicatesse à l'intérieur. Une quinzaine de minutes étaient passées avant qu'il ne l'ait vu apparaître dans cette pièce du deuxième étage. Il avait voulu aller la rejoindre, mais une autre femme était entrée peu de temps après, alors il s'était abstenu.
Ce soir, Jacob avait la ferme intention de la revoir. Il devait lui parler… et savoir comment elle allait. Les mains toujours dans les poches, il regarda autour de lui et quand il fut assuré que les passants ne puissent le voir, il s'élança, traversa la rue, et se mit à grimper sur le mur, vers la fameuse fenêtre du deuxième étage. Arrivé à son niveau, il fut satisfait de voir qu'elle était entre-ouverte. La brise légère faisait se soulever les rideaux vaporeux qui avaient été tirés et il entreprit de pousser doucement sur le cadre de la fenêtre pour en élargir le passage. Un petit son de crissement vint lui grafigner les oreilles et il arrêta brusquement son geste. Il tendit l'oreille, puis soupira de soulagement quand il n'entendit aucun bruit à l'intérieur qui aurait pu trahir un mouvement. Il continua de soulever la fenêtre et l'enjamba finalement pour s'introduire dans la chambre. Il écarta les rideaux du revers de la main, et inspira vivement de surprise quand il évita de justesse un coup qu'on avait tenté de lui asséner à la tête. Jacob se recula et esquissa un large sourire quand il découvrit l'identité son agresseur. La jeune et jolie Mayline.
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Mayline était restée dans sa chambre toute la journée. Après avoir nettoyée sa plaie, Margot s'était retirée et avait promis de lui ramener un livre en après-midi quand il serait l'heure du thé. La soirée avançait. Elle referma son livre en soupirant et en jetant un coup d'oeil au plateau de son souper, qu'elle n'avait pas daigné toucher. Elle baissa la tête vers son ventre quand elle entendit des gargouillements bruyants s'en échapper. Elle était affamée, et malgré tout, il était inutile de se laisser mourir de faim. Elle se leva et se dirigea vers le plateau. Elle prit un petit toast qu'elle se mit à beurrer distraitement. Les souvenirs de Jacob Frye lui revinrent à l'esprit pour la première fois depuis le moment où il était disparu après leur course folle. Elle se mit également à penser que; si il n'était pas atterrit miraculeusement à côté d'elle dans la cariole alors que son plan allait échouer, en plus de se faire prendre, son oncle aurait pu récupérer sa marchandise. Ses lèvres se muèrent en un petit sourire, et elle croqua dans son toast au beurre. Elle mâcha en laisser ses pensées vagabondées, quand elle entendit un bruit aigu en provenance de la fenêtre. Mayline se figea et son sang se glaça. Une vague d'adrénaline déferla dans tout son corps et les bouts de ses doigts devinrent terriblement froids. Elle plissa les yeux et distingua une ombre derrière les rideaux qui se soulevaient légèrement au rythme de la brise tiède du soir. D'un pas silencieux, elle se faufila près de la fenêtre et quand elle vit un homme sortir de derrière les rideaux, elle n'hésita pas une seconde et tenta de le frapper derrière la tête. Il fut plus rapide qu'elle et l'évita agilement. Quand il se retourna, elle le reconnut immédiatement. Son sourire était unique, toujours aussi malicieux et indéchiffrable.
''Mr. Frye!'' Lâcha t-elle avec stupeur. Il se redressa et l'observa de la tête aux pieds. Elle prit quelques secondes avant de réaliser qu'elle se trouvait en chemise de nuit, et elle s'empressa de renouer correctement son peignoir pour se camoufler. Il était hors de question qu'elle le laisse voir ses blessures.
''Bonsoir Mademoiselle Mayline.'' Il s'inclina légèrement en guise de salutations. ''Vous êtes-vous remise de notre petite escapade de ce matin?''
Elle se raidit et sa nonchalance l'hérita un peu. Il s'était introduit dans sa chambre sans y être invité, et il semblait trouver cela aussi normal que si elle l'avait croisé brièvement sur un trottoir bondé en plein jour.
''Parfaitement monsieur, je vous remercie.'' Dit-elle en levant le menton. ''Mais puis-je vous demandez ce que vous faites ici?''
''Je voulais savoir comment vous alliez. Et j'ai des questions. À propos des Blighters. Et de ce Mr. Saddler qui est venu vous chercher.''
Il n'était donc pas complètement disparu après leurs présentations près de la Tamise. Mayline se sentit devenir encore plus nerveuse. Il était clair qu'elle ne possédait pas toutes les réponses aux questions qu'il allait lui poser. Jacob fit un pas en avant, mais elle ne bougea pas.
''Pourquoi les Blighters vous poursuivaient-ils? Mr. Saddler les emplois?''
''Vous n'aviez pas besoin de venir jusqu'ici pour en arriver à cette évidence.'' Dit-elle en soutenant son regard. Il demeura muet et pouffa légèrement de rire. Il s'avança encore vers elle et s'arrêta à seulement quelques centimètres de sa position. Il ne la touchait pas, mais elle pouvait tout de même sentir la chaleur qui irradiait de son corps imposant. Elle posa ses yeux sur sa mâchoire, puis sur son cou qui tenait sur ses larges épaules. Ses lèvres étaient belles et elle les imagina douces et chaudes contre les siennes.
''Qui est ce Mr. Saddler?'' Demanda t-il d'une voix basse. Mayline revint brusquement à la réalité et son estomac se noua. Elle déglutit difficilement et aucun mot ne put s'échapper de bouche.
''Vous vivez dans sa demeure. Il semble posséder une emprise sur vous. Et apparemment, il se croit très important.'' Continua t-il en lui faisant un manifeste.
''S'agit-il de votre père? Ou de votre mari peut-être?'' Mayline crut apercevoir une pointe d'inquiétude dans ses yeux quand il lui avait posé cette dernière question.
''Mr. Saddler est mon oncle.'' S'empressa t-elle de répondre. Le soupir de soulagement qu'il lâcha fut alors évident. Mais elle n'en pouvait plus. Si elle se faisait prendre dans sa chambre en compagnie d'un jeune homme, qui sait ce que son oncle serait capable de lui faire pour la punir à nouveau. Brusquement, elle posa ses mains sur son torse et le poussa pour le faire reculer.
''Allez-vous en maintenant. Je n'ai rien à voir avec les activités douteuses de mon oncle. Partez.'' Lui dit-elle de façon précipitée mais en prenant soin de chuchoter. Son rejet eu l'effet contraire car, à sa grande surprise, il lui prit les mains et la plaqua contre le mur derrière eux. Elle grimaça imperceptiblement quand sa plaie heurta la surface dure en arrière d'elle. Jacob la retint par les poignets et approcha son visage du sien. Elle put sentir son souffle contre sa joue. Il était plus grand qu'elle et faisait presque deux fois sa largeur.
''Mais je n'ai aucune envie de partir.'' Lui murmura t-il à l'oreille. Un frisson fit redresser les cheveux à la base de sa nuque. Même si elle devait le repousser à nouveau, elle n'en fut pas capable. Elle distingua la douce caresse de ses lèvres qui passèrent sous son oreille et sur la ligne de sa mâchoire. Elle ferma les yeux, submergée par un flot de sensations nouvelles. Quand elle les rouvrit, elle rencontra le regard de Jacob. Ses pupilles avaient presque totalement noircit son iris brun, trahissant son désir ardent.
''Et vous semblez n'avoir aucune envie que je parte, mademoiselle Mayline.''
Il déplaça doucement ses mains de ses poignets, vers la paume de ses propres mains, puis enlaça ses doigts aux siens avant de se pencher pour l'embrasser. Avant que leurs lèvres ne se rencontrent, des coups contre la porte les firent sursauter en silence. Tous deux tournèrent la tête dans la direction d'où provenait le bruit.
''Allez-vous en maintenant!'' Chuchota Mayline, apeurée. Jacob ne l'avait toujours pas libéré. Il se retourna rapidement vers elle.
''Pas avant de vous avoir volé un baiser.'' Répliqua t-il en lui souriant impertinemment.
''Cessez votre cabotinage, ce n'est pas le moment.'' Siffla t-elle entre ses dents, visiblement contrariée.
D'autres coups se firent entendre et Mayline écarquilla les yeux pour le supplier de partir. Sans avertir, Jacob se pencha et posa ses lèvres brièvement sur les siennes. Ce fut rapide. Chaud, doux, plein de tendresse. Mais rapide. Pourquoi la douleur de la lame brûlante contre sa peau lui avait parue si interminable, et ce moment de pur bonheur, une fraction de seconde? Elle sentit les doigts de Jacob glisser des siens, puis il s'adressa à elle avant de partir.
''Nous nous reverrons mademoiselle.''
Puis il se faufila agilement à travers la fenêtre et disparu dans la noirceur de la nuit. Mayline se força à reprendre une respiration normale et alla ouvrir la porte. À son grand soulagement, Margot referma la porte derrière elle. Elle l'observa d'un air suspicieux.
''Tout va bien mademoiselle Mayline? Vous êtes toute rouge et essoufflée.''
''Oui tout va bien Margot.'' Répondit Mayline distraitement.
''Bien, si vous le dites.''
Un petit sourire aux lèvres, Margot se dirigea vers le fond de la pièce pour ramener le plateau-repas en cuisine. Avant de refermer la porte, elle jeta un coup d'œil à son amie, qui se tenait devant la fenêtre l'air songeur, les yeux perdus dans l'obscurité de la nuit.
