Mes publications vont s'espacer un peu, je travaille beaucoup et je suis en pleine traduction d'une fanfiction. Si cela vous intéresse d'aller la lire, il s'agit d'une fic au sujet de Pride and prejudice and zombie. Merci de me lire, et merci à Mandira pour tes messages. :)
Chapitre 4 – Une Situation Impossible
Mayline se sentait prise au piège. Lynch ne cessait de la toucher, de l'embrasser et de lui murmurer à l'oreille des choses qu'elle aurait préféré ne jamais entendre. Des quelques hommes que son oncle lui avait présentés dans le but de la marier, celui-ci s'avérait être le plus intimidant, entreprenant, et à la fois… intéressant. Depuis qu'il avait mentionné sa mère, des centaines de questions se bousculaient dans sa tête. Naomi Saddler était née dans une famille riche à la réputation bien établie. Contrairement à son frère et son père, elle avait été une personne douce, gentille et simple. L'argent ne l'avait jamais attiré davantage que la quête de son bonheur. C'est pourquoi lorsqu'elle avait rencontré John Rosebury , un simple livreur, et qu'elle en était follement tombée amoureuse, elle n'avait pas hésité une seconde à quitter la maison familiale pour s'installer avec lui dans un minuscule appartement du quartier de Whitechapel. Couvert de honte, son père n'avait jamais cherché à la retrouver. À peine une année passée, Mayline était venue au monde, et une dizaine d'année plus tard, Sebastian. Elle avait souvent interrogé son père au sujet de la mort de sa mère, survenue seulement quelques jours après la naissance de Sebastian, mais il avait toujours su détourner le sujet pour éviter d'en parler. Pour cause, Mayline blâmait l'accouchement et les complications auxquelles elle avait due succomber. Sur cette pensée douloureuse, elle revint à la réalité quand un raclement de gorge se fit entendre sur sa gauche. Lynch ne la lâcha pas pour autant et elle se sentit complètement mortifiée qu'il continu ainsi à la peloter devant un domestique. Quand ce dernier parla, il s'arrêta enfin.
''Quoi ?! Qu'est-ce qu'il y a ?! Ne voyez-vous pas que je suis occupé !'' Cracha t-il tandis que ses joues devinrent rouges de colère. Mayline en profita pour prendre une gorgée de son thé, soulagée de pouvoir laver sa bouche des baisers non désirés qu'elle avait reçu par dizaine.
''Monsieur, nous venons de recevoir des… mauvaises nouvelles. De… de l'usine, monsieur.''
Le domestique semblait terrifié, sa lèvre inférieure tressautait imperceptiblement, et il ne cessait de frotter son pouce et son index ensemble alors que sa main droite se trouvait derrière son dos. Lynch se leva et son employé recula d'un pas de façon tout à fait spontanée.
''Et bien parlez. Quelles sont ces mauvaises nouvelles ?'' Lui dit-il en s'approchant tranquillement d'un pas lent.
''L'usine a été prise monsieur. Par… par les Rooks.''
''Vous avez dit les Rooks ?'' Siffla Lynch entre ses dents serrées. Ses yeux s'étaient écarquillés et la colère était évidente sur son visage.
''Oui, monsieur. Les Rooks. Et leur chef y était.''
''Cette petite crapule va me le payer.''
Ne portant plus aucune attention à Mayline, Victor Lynch se mit à beugler des ordres à son domestique. Il lui ordonna de la ramener à l'intérieur, de la renvoyer chez elle en compagnie des limiers de Saddler, et de faire venir son oncle dans le jardin pour lui parler. Le servant se tourna vers elle après avoir fait la révérence à Lynch et lui montra le chemin avec son bras. Mayline n'hésita pas une seconde et se rendit dans la maison presqu'en courant. Une fois à l'intérieur, le domestique la mena au salon où se trouvait Henry, Foster et son oncle. Ce dernier se leva après avoir reçu les instructions de Lynch et passa devant elle en s'arrêtant un instant.
''J'espère que tu n'as rien à voir avec tout ceci.''
Il lui avait parlé sur un ton menaçant et l'avait fusillé du regard, mais depuis qu'elle l'avait vu devant Lynch, la queue entre les jambes, elle l'avait trouvait tout d'un coup davantage ridicule qu'épeurant.
''Je l'espère aussi.'' Répliqua t-elle en soutenant son regard. Il grogna brièvement et continua sa route vers les jardins. Elle se sentit tout de même soulagée quand il disparut de sa vue et elle se tourna vers les limiers, qui lui firent signe de se rendre dehors pour monter dans la diligence. Une fois installée sur la banquette de cuir, la voiture se mit en route et elle soupira, contente de rentrer chez elle pour une fois. Toutefois, seulement quelques minutes après leur départ, la diligence freina brusquement et des bruits de bataille en provenance de l'extérieur se firent entendre.
''Mais qu'est-ce que c'est que ça ?'' Grogna Foster en se tournant vers Henry. Ce dernier haussa les épaules l'air penaud, en ne bougeant pas de son siège.
''Et bien va voir idiot. Je reste ici avec la fille.''
Henry sortit immédiatement de la voiture et referma la porte derrière lui. D'autres bruits de lutte furent étouffés après quelques secondes, puis le silence s'installa lourdement. Foster regarda Mayline de façon suspicieuse et elle lui fit un signe de dénégation avec la tête pour lui faire savoir qu'elle n'avait rien à voir avec tout cela. Il bougea les lèvres sans parler et elle put comprendre qu'il lui ordonnait de rester à l'intérieur. Elle hocha la tête, indiquant qu'elle avait compris. Avant que Foster n'atteigne la poignée, la porte s'ouvrit à la volée et une silhouette capuchonnée l'agrippa rapidement et fermement par le collet avant de l'attirer dehors et de refermer la porte aussitôt. Mayline se mit à réfléchir à cent milles à l'heure. Devait-elle rester où elle était, ou prendre la fuite ? En pensant à tous les gardes de son oncle qui étaient probablement morts autour de la diligence, elle se demanda ce qu'elle faisait encore là, à perdre son temps à penser. Elle se leva rapidement et ouvrit la porte opposée à celle par laquelle Foster venait de disparaître. La clarté du jour qui contrastait avec la cabine sombre l'aveugla pendant un instant. Elle regarda autour d'elle et vit le cadavre d'Henry qui se vidait de son sang tout près des roues avant de la voiture. Prise de stupeur, elle porta ses mains à sa bouche et regarda frénétiquement de droite à gauche. Sans réfléchir cette fois, elle aperçut une ruelle de l'autre côté de la rue et se mit à courir à toute jambes dans cette direction. Derrière elle, elle entendit quelqu'un l'appeler. Elle se retourna brièvement. La silhouette capuchonnée s'était mise à sa poursuite et se rapprochait dangereusement vite. La peur la poigna au ventre et elle accéléra sa course, mais elle ne put rivaliser avec l'inconnu et elle fut bientôt plaquée au sol. Le souffle lui manqua quand elle atterrit violement au sol, le poids du corps de son poursuivant l'écrasant par terre pour l'immobiliser. Mayline se tortilla pour tenter de se libérer de son emprise mais on lui retint les mains au sol quand elle entendit qu'on lui parla l'oreille.
''Calmez-vous mademoiselle Mayline.''
Mayline se figea immédiatement, ayant reconnue cette voix chaude et moqueuse dès qu'elle l'avait assimilée. Il lâcha ses poignets et elle put se retourner vers lui avant qu'il lui tende la main pour l'aider à se relever.
''Mr. Frye. Encore vous !''
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Une fois la Lynch Ornement Fabric prise par les Rooks, Jacob avait donné ses instructions aux hommes et aux femmes de sa bande. Ça n'était pas la première fois qu'ils forçaient les portes d'une usine pour s'en emparer, au grand soulagement de tous les enfants qui avaient été forcé d'y travailler. Bien que ceux-ci étaient libérés de cette contrainte, ils se retrouvaient à la rue, la plupart étant des orphelins. Les Rooks les prenaient donc en charge et Jacob avait confié la gestion de l'usine à son plus fidèle lieutenant du quartier de Strand, Georges Knightley, lui demandant de jeter un œil particulièrement attentif sur le jeune Sebastian. Puis il avait quitté les lieux pour se rendre vers la demeure de Victor Lynch.
Une fois là-bas, il s'était posté sur un toit pour profiter de la vue sur les splendides jardins, et ainsi espionner les conversations qui s'y déroulaient. Il n'avait malheureusement pas entendu grand-chose car la rotonde de pierre l'avait empêché de voir ce qui s'y passait. Ce n'est que lorsqu'un domestique était venu interrompre la réunion, qu'il avait pu apercevoir Mayline quitter les lieux avec hâte. Il ne s'était même pas donné la peine de tenter d'entendre la conversation entre Lynch et Saddler quand ce dernier était venu le rejoindre dehors. Il n'allait tout de même pas rater la chance de rattraper Mayline, qui se trouvait désormais dans une diligence accompagnée d'une poignée de garde avec plus de muscles que de cervelle.
Toujours sur les toits, il se mit à courir dans la même direction que la voiture. Quand il fut assuré que la voie était libre, il sauta des toits et vint atterrir directement devant la diligence. Le cocher tira de toutes ses forces sur les rênes, prit de cour devant la soudaine apparition de Jacob sur son chemin. Les chevaux freinèrent avec peine et une fois la voiture arrêtée, le cocher l'injuria sans retenue avec de descendre de son banc pour le confronter. Jacob ricana devant sa colère démesurée et le laissa venir à lui. L'homme ne cessait de l'engueuler, et il conserva son calme sans broncher. Puis quand il eut terminé sa mascarade, Jacob parla.
''Tu as terminé maintenant ?''
Le cocher le regarda d'un air dubitatif, sans savoir ce qui l'attendait. Sans prévenir, Jacob actionna ses deux lames secrètes et lui trancha la gorge sans autre cérémonie.
''Voilà qui est mieux.'' Marmonna t-il pour lui-même.
Avant qu'il n'ait pu rejoindre la porte de la diligence, un grand colosse en sortit et referma brusquement derrière lui. Jacob étira un grand sourire, satisfait que les confrontations viennent à lui sans effort. Il reconnut l'homme devant lui comme étant un des gardes de Saddler, un de ceux qui avait ramené Mayline chez elle par la force quelques jours plus tôt. Il s'avança vers lui et le colosse se mit en position de combat. Jacob ricana une fois de plus devant ses gestes maladroits et il évita habilement un coup de poing qu'il tenta de lui envoyer au visage. En guise de réponse, il lui donna un coup de pied directement dans l'abdomen et le garde alla s'affaler contre la roue avant de la voiture, le souffle complètement coupé. Jacob s'approcha et lui planta sa lame secrète dans un œil. Des borborygmes dégoûtants se firent entendre avant que l'homme ne pousse son dernier souffle. Si Jacob avait bien compté, il ne devait rester qu'un seul garde dans la voiture en compagnie de Mayline, et il souhaitait en finir rapidement. Il se dirigea donc vers la porte et l'ouvrit à la volée. Il empoigna le garde par le collet et le tira brusquement à l'extérieur. Tandis qu'il le plaquait au sol pour lui trancher la gorge, il entendit l'autre porte de la voiture s'ouvrir. Il acheva sa sale besogne et releva la tête pour apercevoir Mayline de l'autre côté, visiblement ébranlée devant la découvertes des cadavres du cocher et du premier colosse. Il jura quand il la vit se mettre à courir et tenta de l'appeler.
''Mayline !''
Voyant qu'elle ne s'arrêtait pas, il se lança à sa poursuite et la rattrapa bien vite. Elle se retourna une fois pour regarder derrière elle mais elle ne sembla pas le reconnaître. Engagée dans une petite ruelle, Jacob arriva à sa hauteur et la plaqua au sol. Bien sûr, elle se débattit, et elle s'arrêta seulement une fois qu'elle eut reconnu sa voix. Quand elle se retourna pour le regarder, il la lâcha et l'aida à se relever.
''Mr. Frye. Encore vous ?'' Lâcha t-elle entre deux respirations agitées.
Jacob retira sa capuche et leva les bras pour confirmer cette évidence.
''Bien sûr mademoiselle, encore moi. De quel autre gentleman pourrait-il s'agir ?'' Lui dit-il avec amusement. La revoir lui procurait le plus grand bonheur, et un second souffle d'énergie s'empara de lui. Il n'avait jamais été l'homme mature qu'il aurait dû être alors que les années passaient et qu'il vieillissait, mais il se sentait aussi irrationnel qu'un petit garçon quand il s'agissait de cette fille. Il ne remarqua même pas l'air renfrogné sur le visage de Mayline.
''Un gentleman ?!'' S'exclama t-elle sur ton condescendant. ''Vous ? Un gentleman ? Vous vous êtes introduit dans ma chambre en pleine nuit, vous m'avez embrassé de force, et aujourd'hui seulement, vous avez assassiné trois hommes et m'avez encore une fois fourré dans une situation impossible !''
Sur ce dernier point, Jacob souhaitait se défendre.
''Ah, je vous corrige ma chère. Vous seule savez mieux que quiconque vous fourrer dans des situations impossibles. Vous avez tenté de voler une carriole chargée d'armes, vous êtes sous la tutelle d'un marchand qui fait affaires avec les Blighters, et il semblerait que votre oncle souhaite vous marier à un chef Templier.''
Mayline ouvrit la bouche pour répliquer, mais aucun son n'en sortit. Elle la referma et croisa les bras sur sa poitrine en le fixant d'un air suspicieux. Des questions allaient venir, pensa Jacob.
''Comment savez-vous au sujet du mariage ?'' Demanda t-elle sur un ton neutre.
Avant que Jacob ne puisse répondre, des bruits de pas précipités et des cris de guerre se firent entendre.
''Ils sont là ! Tous aux armes !''
Jacob se retourna et ses yeux s'arrondirent à la vue de la bande de costars rouges qui se ruaient vers eux. Rapidement, il porta ses doigts à sa bouche et siffla bruyamment. Bientôt, plusieurs Rooks les rejoignirent et se mirent à combattre. Il prit Mayline par la main et la mena devant un palan de bois, sur lequel était accrochée une palette chargée de tonneau. Il fit demi-tour vers Mayline et elle le fixa d'un air étonné quand il la saisit par la taille.
''Accrochez-vous.'' Lui ordonna t-il. Elle leva les yeux vers lui sans comprendre et ne bougea pas.
''À moi. Accrochez-vous à moi.'' Répéta t-il. Voyant qu'elle ne bougeait toujours pas et qu'elle l'observait d'un air béat, il lui prit les bras et les passa autour de son cou. Avec son autre bras munit d'une lame, il coupa la corde du palan et l'agrippa aussitôt. Le contre poids les fit s'élever dans les airs et cette fois, Mayline serra ses bras fermement autour de son cou non sans laisser échapper un cri aigu de surprise. Arrivés sur le toit, ils posèrent les pieds à terre et Jacob lâcha sa taille pour tenter de s'éloigner d'elle et voir si elle allait bien. Mais celle-ci resserra davantage son étreinte autour de son cou et il constata qu'elle avait enfoui son visage dans le creux de son épaule. Il esquissa un petit sourire de satisfaction et lui murmura à l'oreille.
''Tout va bien ?'' Elle ne répondit pas mais releva doucement la tête. Quand elle s'aperçut qu'ils se trouvaient à une hauteur effarante, elle paniqua et se colla encore plus contre lui.
''Faites-moi descendre.'' Articula t-elle difficilement.
''Non, il faut continuer. Les Blighters sont parfaitement capables de nous rejoindre jusqu'ici.'' Répliqua t-il avec sérieux.
''Con…continuer ?'' Dit-elle en avalant de façon discrète.
''Oui, allez, venez.''
Jacob la tira par la taille mais il semblait que ses jambes ne voulaient pas obtempérer, elle refusait d'avancer. Il insista et tenta de la faire marcher, puis quand il se retourna vers elle pour lui parler, il soupira d'exaspération en constatant qu'elle avait perdu conscience.
''Et elle ose me reprocher de la mettre dans des situations impossibles…''
