Mayunaise le 5 mai 2017
Bonsoir bonsoir ! J'ignore pourquoi mais cet épilogue est bien plus conséquent que je ne l'avais imaginé. J'espère qu'il vous laissera une impression de satiété :) On se retrouve en bas !
Précédemment : Pleine lune de juin, dernière échéance. Robards pète un câble et les Aurors attaquent le Manoir ! Draco accepte sa mort prochaine ! Mais le Monstre est tout doux cette nuit-là ! Baston entre Robards et le loup-garou ! Arrivée messianique de Harry ! Blessure mortelle de Draco ! Retournement de situation grâce à l'Ombre ! Mort de l'Ombre et du Monstre ! Destruction de la Malédiction ! Big Ben et Lumière sont des portraits de Draco ! La fleur était Narcissa ! Bellatrix était la cause de la Malédiction ! Happy end !
En réponse à Muntittra : C'est vrai qu'à part ceux de Lockhart, les portraits dans HP montrent des morts, mais bon, la plupart ont sûrement été peint du vivant de leur modèle, je pense ? :o Heureuse que le twist Bellatrix t'ait surprise, j'avais hésité au tout début avec Voldemort, mais je suis contente du résultat final :) Et je pouvais pas vraiment faire autrement qu'un happy end si je voulais respecter le conte. Faut aussi dire qu'en ce moment, j'ai des envies de fluff... Par contre, ton message vient de chambouler l'épilogue, il faut que je mentionne l'ombre à un moment donné maintenant ! :) Merci merci pour toutes tes reviews en tout cas !
LE MONSTRE DE L'AURORE
Épilogue : Deux tourtereaux partageant la même écharpe
– Tu crois qu'il faudrait les réveiller ?
– Les réveiller ? Mais voyons, Lumière, où vas-tu chercher des idées aussi saugrenues ? Il n'est que trois heures de l'après-midi, et quel jour sommes-nous au juste ? Le 21 juin. Cette date ne te parle pas ? Ne t'inquiète pas, c'est tout à fait normal, sa seule particularité est d'être placée entre le 20 et le 22... oh, attends, ça me revient, ne serait-ce pas le jour de notre anniversaire ? Évidemment qu'il faut les réveiller, imbécile !
– Je me suis toujours demandé, Big Ben, Draco était-il d'humeur massacrante le jour où l'on t'a peint ou l'artiste a-t-il pris des libertés avec son modèle ? J'espère seulement que tu n'es pas toi seul responsable de ton sale caractère.
– Excuse-moi de ne pas représenter l'âge tendre de Draco, excuse-moi de ne pas être né à l'époque où tout allait bien pour lui ! Vous, les portraits d'enfants, réalisés à la fin de la première année d'école, ne pourrez jamais comprendre la mélancolie propre à notre nature à nous, les portraits d'adolescents, réalisés durant l'année des seize ans de leur modèle.
– Serais-tu en train de sous-entendre que tu étais condamné à être un idiot fini ? Parce que ce serait–
– Regarde ta composition ! Les thèmes traditionnels d'un premier portrait sont l'éveil et la lumière, et le chandelier que tu tiens à la main symbolise tout cela, la sortie de l'enfance, l'espoir, l'épanouissement... Ton essence ne pouvait être que positive. La mienne, en revanche...
– Big Ben, il y a quelques années, quand Draco m'a annoncé ta naissance prochaine, il m'a aussi expliqué qu'il poserait devant une horloge. Et selon lui, cet objet avait tout simplement pour rôle d'évoquer l'arrivée prochaine de sa majorité. Le temps qui passe, en somme. Rien de négatif per se.
– Le temps qui passe, Lumière, voilà une notion que les êtres de ton âge ne peuvent pas comprendre ! Le temps se déploie sous tes pieds comme un tapis infini, il est l'avenir palpitant que tu as hâte d'embrasser enfin, mais pour moi... le temps, c'est le « jamais-plus », ce sont les souvenirs bienheureux dans mon dos et la mort qui m'attend au tournant.
– Changement de programme, mon cher Big Ben. Nous allons les laisser dormir encore un peu, tu as quelqu'un à rencontrer. J'aurais dû faire ça depuis longtemps.
– Quoi donc ? Qui donc ?
– Epicurus, oui, lui saura te raisonner... Un portrait qui craint la mort ! Tu ne cesses de m'étonner, ce n'est pourtant pas comme si je ne te connaissais pas.
– Par Circé, tu ne m'obligeras pas à causer avec une vulgaire statue ! Un buste ! Un morceau de plâtre !
Mais Lumière arracha Big Ben à sa toile et l'entraîna de force dans les tableaux du couloir, dont les habitants, jusque-là très occupés à feindre la somnolence, se mirent à protester les uns à la suite des autres, traitant les intrus de noms d'oiseau remarquablement inventifs.
xXx
Quand le silence retomba dans la chambre, Draco et Harry ouvrirent les yeux, tournèrent la tête l'un vers l'autre et lâchèrent un soupir de concert. Ils n'étaient même pas encore levés mais ils étaient déjà épuisés. Il fallait dire que les deux portraits de Draco Malfoy étaient plus bruyants qu'une fanfare.
– Tu sais, Draco... Même s'ils ont tendance à perturber nos cycles de sommeil, je suis content qu'il existe des tableaux à ton effigie, marmonna le brun en s'étirant mollement, avant de s'enfouir de nouveau sous les draps avec satisfaction.
Le blond se pelotonna aussitôt contre lui.
– Tu dois aimer souffrir alors, répondit-il en roulant des yeux dans ses orbites, un sourire libidineux déformant sa bouche et découvrant ses dents engluées de salive.
– Tu es... incroyable. Péjorativement incroyable, dit Harry en le repoussant, feignant le dégoût. Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
– Je les entends déjà revenir par ici, grimaça Draco, résigné. J'aurais dû les laisser dans la galerie des portraits, qu'est-ce qui m'a pris d'accepter de les déplacer dans ma chambre ?
– Ils t'avaient fait les yeux doux et tu ne peux rien te refuser ?
– Oh, tu exagères, n'oublie pas qu'ils m'avaient aussi supplié de les emporter avec moi au 12, Square Grimmauld et que j'avais catégoriquement refusé, se vanta Draco, le menton levé, l'air suffisant.
– Il n'aurait plus manqué que ça ! Imagine s'ils avaient rencontré Phineas !
– Grâce à mon implacable solidité, nous avons échappé à la catastrophe, répondit gravement l'autre sorcier. Mais tu ne m'as pas répondu, pourquoi serais-tu content de leur existence si ce n'est pas parce que tu aimes souf–
– Tss, tu dis n'importe quoi, le coupa Harry. Si tu veux tout savoir... En fait, à chaque fois que je les vois, je me rappelle que tu étais un sale gosse insupportable du temps de Poudlard.
– Oh, Harry, nul besoin de me flatter, mon anniversaire est un jour comme un autre, roucoula l'ancien Serpentard, en battant des paupières.
– Je ne voulais pas... bafouilla son petit ami, énervé de ne pas trouver ses mots. Tu n'es plus le même qu'avant ! Et je suis sûr que, sans Lumière et Big Ben, ça ne me sauterait pas autant ni aussi souvent aux yeux. Enfin, voilà, quand tu es dans un sale jour, je pense à eux et je me dis que tu étais bien pire que ça à l'époque et que tu dois faire plus d'efforts que les autres gens pour être sympa, donc je prends mon mal en patience et... Arf, à la base, c'était censé être un compliment...
Il se tut, penaud et embarrassé. Un silence pesant suivit.
– La société t'attribue énormément de qualités, Potter. Cependant, je mets au défi quiconque de dire de toi que tu as du tact, rétorqua Draco d'un ton incisif, presque cassant.
Ses yeux gris étaient néanmoins posés sur Harry avec affection, trahissant ses véritables sentiments. Le Survivant sentit son cœur fondre et sa gorge se serrer. Le temps avait passé, mais la tendresse qu'il lisait parfois dans le regard de son petit ami le touchait encore à tous les coups.
Pour quelqu'un qui maniait si bien les mots, Draco était plutôt timide et il ne lui avait jamais textuellement confessé son amour. Harry ne le lui reprochait pas. Lui-même ne disait pas souvent « je t'aime ». Ça ne lui arrivait que très rarement, en fait.
– Je t'aime, Draco, murmura l'ancien Gryffondor en serrant son compagnon dans ses bras, autant pour le mettre mal-à-l'aise que parce que c'était vrai.
– Tu m'étouffes, espèce de neuneu sentimental, bougonna Draco. D'ailleurs, il faut qu'on se lève si on veut éviter de se faire enguirlander par Lumière et Big Ben – pour ta gouverne, ils sont au détour du couloir.
Mais il resta collé contre Harry, un sourire heureux flottant sur ses lèvres, une sensation de bien-être se propageant en étoile dans tout son corps.
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Cela faisait un an que le Manoir Malfoy avait été pris d'assaut par les Aurors et beaucoup de choses s'étaient passés depuis.
Après trois jours à rouler-bouler dans le lit de Draco en ne se préoccupant de rien, Harry avait finalement dû faire son retour officiel dans le monde. Il avait donné une seule conférence de presse, durant laquelle il avait déclaré pêle-mêle qu'il n'avait en aucun cas été l'objet de mauvais traitement au Manoir, que Draco Malfoy était innocent, que Gawain Robards méritait de voir un psymage, que le Ministère avait intérêt à se rabibocher avec Lewis Caldwell et, accessoirement, qu'il quittait les Aurors pour une durée indéterminée.
Malheureusement, c'était à prévoir, des journalistes étaient agglutinés devant sa porte le lendemain matin, avec questions indiscrètes au fond de la gorge et plumes à papote dégainées. Harry avait rendu les clefs de son appartement le jour-même, sans regret. Il avait déménagé au 12, square Grimmauld, où Kreattur l'avait accueilli avec une tarte à la mélasse et les yeux embués.
Quand les témoignages de Narcissa, Draco, Lewis, Harry et Robards avaient été recoupés, le Manoir fouillé pour la énième fois, les souvenirs des uns et des autres scrupuleusement revisités, en bref, quand dans le courant de l'été l'affaire avait enfin été close, Draco avait rejoint le Survivant dans la maison familiale des Black.
– J'aime ma mère. Je l'aime plus que toi, sois-en sûr, Harry, mais j'ai trop longtemps été enfermé au Manoir... et depuis que la Malédiction est brisée, Lumière et Big Ben ne me laissent pas une seconde de répit. De toute manière, je ne sais pas pourquoi je m'embête, cette maison aurait dû me revenir de par le sang de ma mère, personne ne peut rien me dire si je m'installe ici. Et puis... avoue, tu dépérissais en mon absence comme un niffleur en cage. En fait, voilà pourquoi je suis là, par bonté, avait-il crâneusement prétendu, sa petite valise à la main et son chapeau sur la tête.
Harry avait gentiment fait semblant de le croire. Il n'allait pas se plaindre. C'était extraordinaire, mais même la langue acérée de Draco lui avait manqué.
Peu après l'emménagement de Draco, les deux sorciers s'étaient lancé dans un grand chantier. Ils avaient incinéré les têtes d'Elfes de Maison réduites, au grand désarroi de Kreattur, fait don des meubles austères, encombrants et inutiles qui pullulaient dans la vieille maison, et changé tout le papier-peint, ainsi que la disposition des miroirs et des luminaires.
Le dernier jour des travaux, alors qu'ils contemplaient leur ouvrage, ils s'étaient accordé une minute de nostalgie.
– Draco, tu te souviens quand je t'ai proposé un coup de main pour remettre l'aile Ouest en état ? avait demandé Harry, hilare, en s'essuyant le front du revers de la main. Tes yeux étaient ronds comme des soucoupes, j'ai cru qu'ils allaient rouler à mes pieds !
– Tu n'en menais pas large non plus, dans mon souvenir... avait répliqué le blond avec panache. Ah, il est décidément facile de se moquer, Potter, bien moins de reconnaître ses propres faiblesses.
– L'hôpital, la charité ? Tu as tellement de culot que ça frôle le génie. En parlant de culot...
Harry avait pincé les fesses du blond qui, au lieu de glapir d'outrage comme d'accoutumé, avait dit, les yeux perçants :
– Harry, très cher, je te promets que mon délicieux postérieur sera tien dès que tu auras pris une douche. Si actuellement je devais seulement me fier à mon nez, je te confondrais avec une bouse de dragon.
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A la fin de l'été 2001, le 12, Square Grimmauld était méconnaissable, en tout cas, c'est ce que toutes les personnes conviées à leur pendaison de crémaillère leur avaient assuré. Harry soupçonnait que leur enthousiasme disproportionné devant la blancheur des murs et la transparence des fenêtres était une façon comme une autre de faire face à ce qui leur paraissait sûrement une absurdité : Harry Potter et Draco Malfoy en couple.
Techniquement, Harry avaient averti tous ses proches de leur relation amoureuse des semaines plus tôt, mais cela n'avait pas empêché Seamus de laisser échapper un petit cri étranglé quand Draco lui avait ouvert la porte ni de faire tomber son verre quand il avait surpris un baiser furtif entre Harry et lui.
Seule Luna n'avait pas paru étonnée de voir les deux anciens rivaux soudainement si intimes. Elle leur avait même offert une très longue bande de tricot aux couleurs de Serpentard et de Gryffondor, arguant qu'il n'y avait rien de plus mignon au monde que deux tourtereaux partageant la même écharpe.
Les autres avaient pris un peu plus de temps qu'elle à s'habituer à la présence de Draco mais, au bout de quelques déjeuners, apéros et verres au bar, plus personne ne diagnostiquait en secret les breuvages et les victuailles que le blond leur présentait.
Petite anecdote : lors d'une soirée particulièrement arrosée de décembre, Neville, qui s'était rincé le gosier au Whisky Pur Feu, s'était soudain mis à pleurer à chaudes larmes sur l'épaule de Draco, le remerciant de tout son cœur de leur avoir rendus Harry. Draco s'était dégagé, furieux.
– Je ne l'ai pas kidnappé, je croyais pourtant que c'était cl–
– Non, je... Désolé, Mmmalfoy, je voulais pas... avait reniflé Neville, en s'essuyant les yeux avec un air d'excuse. Enfin, faut que tu comprennes, avant sa disparition, Harry ne faisait que travailler, il n'avait jamais le temps, tu vois ? Non, en fait, c'est faux, il trouvait toujours le temps de nous boire, non, voir, de participer aux é-vé-ne-ments of-fi-ciels, mais il était tafigué, tu vois ? Il répétait souvent qu'il voyait pas assez souvent Teddy, tu sais qui c'est, Teddy ? Mais maintenant... il va bien. Bien ! Tu te rends compte, bien ! C'est ce que je voulais dire. Merci de nous l'avoir rendu aussi bien, aussi Harry.
– Londubat... Sans vouloir pointer l'évidence, Harry n'a plus de travail. Par conséquent, il est naturel qu'il ait plus de temps pour lui et pour les autres, avait mollement répondu Draco en lui tendant un mouchoir.
Neville s'était mouché puis avait grommelé avec un sourire las :
– T'es idiot, Malfoi, Malfoy, Malf–Mal famé. Mais t'es cool.
Il avait tapoté le bras du blond, avant de lui faire un câlin rapide.
– Vous savez que je suis là ? Si je vous dérange, je peux aller à côté, était intervenu Harry, ne sachant que penser de la scène qui se déroulait sous ses yeux. En plus, Draco, même si j'ai temporairement quitté mon poste, je ne fais pas rien de mes journées et tu le sais !
– Qui a prétendu le contraire ? s'était enquis le blond, un sourcil haussé, en s'éloignant aussi discrètement qu'il le pouvait de Neville, qui semblait méditer un nouveau monologue.
– Oh, j'ai complètement oublié de vous en parler, mais mon père et moi avons découvert une nouvelle espèce de Tranchesac Ongubulaire...
Luna était une véritable amie, avait songé Harry, en se laissant aller à la rêverie. Ce qu'il avait dit était pourtant vrai. Bien qu'il ne travaillait plus, il était très loin d'être inactif.
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Depuis qu'il avait décidé de se présenter aux ASPIC en candidat libre, dans l'objectif d'intégrer un cabinet de potions et de révolutionner la formule de la Tue-Loup, Draco passait le plus clair de son temps dans son bureau, à étudier d'arrache-pied. Il ne se rendait probablement pas compte que, pendant que lui recopiait d'incompréhensibles formules d'Arithmancie, Harry n'était pas non plus en train de végéter dans un canapé du salon.
Car le Survivant en avait accomplies des choses depuis sa démission du Bureau des Aurors !
Il avait définitivement lavé le nom et l'image de Sirius Black, à grand renfort de chronologies et de souvenirs en fiole. Avec l'aide de Hermione, il avait écrit un article détaillé sur les Reliques de la Mort, trop d'informations erronées circulant à leur propos. Il s'était rendu à Godric's Hollow pour fleurir la tombe de ses parents, et avait même repris contact avec Dudley, qu'il voyait désormais de temps à autres.
Il était aussi devenu un donateur régulier de diverses associations luttant pour l'égalité des êtres magiques, toutes espèces confondues, et il allait souvent manifester avec elles. Il n'en revenait pas d'avoir mis des années à prendre conscience que sa célébrité n'était pas uniquement un fardeau. Elle était aussi une chance, pas pour lui, mais pour les opprimés. On l'écoutait, on le respectait, on le prenait pour modèle ? Il pouvait donc utiliser son nom pour faire passer des messages légitimes.
Et c'était ce qu'il s'efforçait de faire. Bien qu'il ne luttât plus contre les forces du mal drapé dans sa robe rouge, la baguette à la main, il restait engagé. Il était en réalité sûrement plus engagé qu'avant. En tout cas, pour la première fois de sa vie peut-être, il était fier d'être Harry Potter.
Était-ce grâce à ces regains de volonté et de confiance en lui qu'il était devenu un Animagus en un tour de main ?
C'était à la fin de l'automne. Derrière les fenêtres, la pluie tombait sans faiblir, le vent mugissait dans les arbres et les rues étaient désertes. Draco était enfermé dans son bureau à l'étage, le nez plongé dans ses grimoires, comme à son habitude. Quant à Harry, il s'ennuyait ferme. Cela faisait une heure qu'il regardait une araignée construire patiemment sa toile sur une poutre et ses nerfs menaçaient de craquer d'un instant à l'autre.
Il s'était soudain rappelé que, plus jeune, il trompait victorieusement l'ennui en se lançant de petits défis : essayer de jeter tel sortilège sans baguette ou sans formule, retrouver ses lunettes consciencieusement cachées par un camarade de dortoir, manger une chips avec ses pieds et cetera.
Ce jour-là, d'humeur audacieuse, il s'était dit « Mon petit Harry, pourquoi ne partirais-tu pas à la rencontre de ton animal astral ? ». Excité à l'idée de retenter sa chance, il avait fermé les yeux, fait le vide dans son esprit, et... tabarnak, c'était venu.
Alors qu'il n'avait jamais rien vu lors de son entraînement au Manoir, même pas un bout de queue ou de patte de rien du tout, cette fois-là, l'image de son animal s'était imposée à son esprit comme une évidence.
Une semaine plus tard, il était un Animagus non-déclaré.
La seule façon selon lui d'expliquer ce miracle était de faire appel à la mort de son Ombre... car Harry ne pouvait le nier, la disparition de cette dernière avait modifié sa nature profonde. Il avait du mal à mettre des mots dessus, mais il sentait qu'il était maintenant un organisme plus brut, plus élémentaire, plus harmonieux, aussi.
En bref, il était désormais homogène comme une pierre ou un atome. Ainsi, contrairement à un être humain dont la complexité était synonyme de multiplicité, une entité aussi simple que lui n'avait pas trente-six milles options de transformation.
Et si ce n'était pas parce qu'il avait perdu sa part de ténèbres, pour quelle raison prendrait-il l'apparence d'un animal aussi pur et positif ?
Mais la raison de son succès n'avait pas grande importance, finalement. Ce qui comptait était qu'il volait désormais joyeusement aux côtés de son loup-garou à chaque pleine lune et ce, depuis décembre.
C'était là un autre problème de réglé. Draco avait en effet vite découvert que, Tue-Loup ou pas Tue-Loup, la créature en lui détestait passer ses pleines lunes toute seule. A partir du moment où il s'était aperçu que l'environnement familier du Wiltshire apaisait le loup, il avait décidé de rentrer au Manoir pour chacune de ses transformations, ce qui ne changeait cependant rien à sa solitude.
Sans compagnon de jeu, le loup était malheureux. Sa mère prétendait que ses longs sanglots étouffés auraient pu fendre l'âme du Mage Noir le plus cruel et qu'elle-même n'arrivait pas à fermer l'œil de la nuit.
Aussi avait-elle été ravie quand elle avait appris que son fils parcourrait dorénavant les bois une fois par mois en compagnie d'une chouette des neiges.
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Toutefois, la magnanimité de Narcissa Malfoy n'égalait pas son respect des conventions sociales. De ce fait, bien que les vingt-deux ans de son fils tombaient le lendemain de la pleine lune, la sorcière avait organisé un grand bal, dans la plus pure tradition des vieilles familles de sorciers.
– Dois-je te rappeler pourquoi nous n'avons pas pu fêter ton anniversaire l'année dernière ni les quatre années précédentes ? Cette fois-ci, tu n'y couperas pas, avait-elle dit d'un ton impérieux, après que Draco avait eu l'impertinence de questionner la nécessité de son projet.
Le blond avait ouvert la bouche, prêt à protester, mais Harry avait posé la main sur son bras avec un regard appuyé.
– Mon chéri, ne va pas croire que ce bal sera un de ces événements formels dont tu ne connaîtras pas la moitié des invités, avait ajouté Narcissa d'une voix plus douce. Sois rassuré, je me charge de tous les préparatifs et, le 21, Monsieur Potter et toi serez libres de faire ce que bon vous semble jusqu'à six heures. Je sais bien que dans quelle situation inconfortable tu seras au matin de ce jour-là, mais comme nous ne pouvons changer les mouvements des astres, nous devons nous en accommoder.
Draco avait hoché la tête. Il venait de comprendre que ce bal n'était pas seulement pour lui, mais aussi pour elle. Et qui était-il pour refuser quoique ce soit à sa mère ?
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– Oh, par Merlin, rhabillez-vous ! s'exclama dramatiquement Big Ben. Il est trois heures et trente-sept minutes, les convives arrivent à six heures tapantes, est-ce vraiment le moment de forniquer ?
– Avec Draco, c'est toujours le moment de forniquer, répondit Harry en tirant les draps sur son petit ami et lui pour couvrir leurs fesses nues.
Puis, sans faire plus de cas de la présence des deux portraits, il se remit à lécher le pourtour de l'anus de Draco, qui haleta volontairement un peu plus fort, se délectant des exclamations horrifiées de Lumière et Big Ben.
– Voyez-vous, l'excitation à notre réveil était insoutenable... Nous étions tous les deux en rut hier soir, mais nos deux formes animales ne sont malencontreusement pas faites pour copuler ensemble... Ce n'est pas faute d'avoir essayé... expliqua le blond entre deux gémissements.
S'ils avaient eu un cœur, Lumière et Big Ben auraient certainement fait une crise cardiaque mais ils n'en avaient pas et, malgré leurs furieuses messes basses, ils restèrent dans leurs cadres, attendant que les deux sorciers finissent leur petite affaire.
– Je suis tout endolori. Meurtri. Comment vais-je faire pour rester assis ce soir alors que mon noble orifice anal est dans un si piteux état ? se plaignit Draco, après que Harry se soit retiré de lui.
– Je déteste être celui qui doit te l'annoncer, mais je commence à connaître ta mère et crois-moi... si tu ne danses pas à ton propre bal, tu en entendras parler pendant longtemps, le taquina faiblement Harry, qui savourait sa plénitude post-orgasmique, étalé en croix sur le lit.
Il se lèverait dans cinq minutes. En fait, ils pourraient très bien comater encore une heure ou deux, tout compte fait. Pourquoi se presser ? Leurs robes de soirée étaient pendues dans l'armoire, ils n'avaient rien d'autre à faire que de les enfiler et descendre à six heures...
– Ne t'inquiète pas, bébé, répondit pâteusement Draco en s'asseyant au bord du lit, si tel est ton désir, nous danserons jusqu'au bout de la nuit. Mais avant de faire tourner la tête à toute l'assistance, il me semble qu'un récurage complet de ta personne ne serait pas de trop. Tes aisselles exhalent un parfum des plus violents. Pour être honnête, les miennes aussi.
Après avoir reniflé leurs dessous de bras, les deux sorciers se levèrent à contre-cœur.
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– Harry, Harrrrrry ! cria une petite chose se précipitant vers eux à la vitesse d'un boulet de canon.
Draco fit un pas de côté, laissant la chose entrer en collision avec son petit ami.
– Salut, Teddy, sourit le Survivant en ébouriffant les cheveux turquoise de son filleul qui s'était agrippé à sa jambe comme un koala à sa branche.
Abasourdi mais fasciné, l'ancien Serpentard écouta Harry Potter, Héros National, discuter gaiement avec un être humain âgé de quatre ans. Il n'avait jamais compris pourquoi son cher et tendre était si attaché à Teddy Lupin – après tout, c'était bien connu, les enfants n'avaient pas d'âme.
Fort de ce savoir, Draco avait toujours poliment refusé de rencontrer son petit-cousin et cela, même si Harry lui promettait mille et une compensations très alléchantes en échange. Fricoter avec des germes hautement contagieux, babiller comme un lutin de Cornouailles, s'extasier quand le morveux mettait un pied devant l'autre ? Très peu pour lui, et tant pis pour les viennoiseries maison, les massages sensuels et le voyage sur Saturne.
Mais Draco aurait dû s'y attendre, ses préjugés étaient comme d'habitude très différents de la réalité. Du haut de ses quatre ans, Teddy Lupin avait déjà bien plus de jugeote que nombre de grandes personnes.
– C'est lui Draco ? demanda le gamin avec excitation, en pointant l'ancien Serpentard du doigt.
– Oui, c'est lui, confirma son parrain, en lui faisant les gros yeux parce que pointer les gens du doigt, c'était le comble de l'impolitesse.
Teddy baissa le bras, observa Draco des pieds à la tête puis de la tête aux pieds.
– Draco, tu sais, Harry dit que tu es un gentil garçon, mais tu as pas l'air.
– Teddy ! le gronda une voix derrière eux.
Draco tourna la tête et vit sa mère en compagnie d'une autre sorcière qui ressemblait trait pour trait à...
– Bonjour, Draco, dit Andromeda Tonks en s'avançant résolument vers lui. Enchantée de faire ta connaissance après tout ce temps. On doit te le faire souvent remarquer, mais tu ressembles beaucoup à ta mère.
– Enchanté, balbutia le blond, la main tendue. En fait, on me dit plutôt que je tiens de mon pèr–
Sa tante le serra brièvement dans ses bras, comme pour l'empêcher de dire plus de bêtises.
– Tu ressembles autant à ton père que moi à Bellatrix, c'est-à-dire énormément et pas du tout en même temps. Pour tout te dire, la première fois que Harry m'a vue, il a dégainé sa baguette ! Mais maintenant il ne nous trouve plus aucune similtude, n'est-ce pas, Harry ?
– Draco, j'ai fait un dessin pour ton anniversaire ! Et j'ai écrit ton prénom ! Ya un D comme dans mon prénom, mais dans mon prénom ya deux D, ça s'écrit T-E-D-D-Y ! Attends, mon dessin est dans le sac de Mamie, Mamie, Mamie, tu donnes mon dessin à Draco, s'il-te-plaîîît ?
Les adultes se tournèrent vers le petit bonhomme avec un sourire bienveillant, Draco y compris.
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Sa mère n'avait pas fait les choses à moitié. Bien que Draco avait une confiance absolue en son jugement, il avait tout de même redouté ce bal, l'imaginant comme quelque chose à mi-chemin entre un gala de charité et une cérémonie funéraire. Cependant, durant toute la soirée, il louvoya avec aisance entre les différents hôtes, qui étaient soit des amis de Harry – donc de lui aussi, dans une certaine mesure –, soit des personnes que Draco n'avait pas revues depuis des années.
Il était heureux et étonné de l'être, l'émotion étant à certains moments si forte qu'il ne pouvait prononcer un mot. Il avait par exemple perdu tous ses moyens quand Blaise, Pansy, Théo et Gregory étaient apparus dans la salle de bal, collés les uns contre les autres, le regard fier et fragile. Et sa vieille bande de l'école ne l'avait pas aidé à se calmer, le saluant par un chapelet d'excuses dont il n'avait su que faire.
Une heure après leur arrivée, Draco les rejoignit dans le coin où ils étaient nichés et découvrit qu'ils en étaient toujours au même point.
– Draco, sache que j'ai suivi l'affaire Potter dans les journaux depuis le tout début, je n'ai raté aucun article, minauda Pansy, en regardant ses chaussures. Mais comme je ne savais pas si je serais bien accueillie, j'ai préféré vous laisser tranquilles.
– Moi, je t'ai envoyé un hibou, une fois. En y repensant, je crois qu'il n'est jamais arrivé, dit Blaise en regardant par la fenêtre, comme si un volatile allait soudain apparaître, une lettre vieille de deux ans attachée à la patte.
– J'ai été très occupé après la guerre, se justifia évasivement Théo, un cocktail à la main. Désolé, Draco. Rappelle-moi de remercier de vive voix ta mère pour son invitation, ça me fait vraiment plaisir d'avoir eu la chance de–
– Hey, Draco, c'est vrai que tu sors avec Potter ? demanda Gregory, sans cacher sa curiosité.
La question lui démangeait visiblement les lèvres depuis un bon moment. A l'inverse des autres, Gregory ne s'était pas jeté à ses pieds, quémandant pathétiquement son pardon et, pour cela, Draco lui en était reconnaissant. De toutes ses fréquentations de Poudlard, Crabbe et Goyle étaient sans conteste celles qui s'embarrassaient le moins des usages. A l'époque, leur manque de manières lui faisait honte, aujourd'hui, il trouvait la franchise de Gregory rafraîchissante.
– Oui, répondit Draco avec une douceur inaccoutumée. Est-ce que ça pose un problème à quelqu'un ?
– Pas du tout ! s'exclama Gregory, en levant les mains devant lui. En tout cas, pas à moi. Je suis content pour toi, Draco. Potter, c'est un chic type, quand même. Il a sauvé nos culs pendant la bataille de Poudlard, tu te souviens ?
S'il s'en souvenait ? Draco éclata de rire, sous les regards confus de ses anciens camarades de classe.
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Au cours de la soirée, il but plusieurs verres de champagne, fut serré contre moult poitrines féminines et masculines, reçut une quantité de cadeaux à faire pâlir le cousin moldu de Harry, dansa rigidement le rock avec Hermione et fantaisistement le slow avec Luna, joua au moins trois fois à cache-cache avec Teddy et embrassa à plusieurs reprises son petit ami devant toute l'assemblée.
Il se sentait incroyablement bien. Il était dans son élément. Ce soir-là, on ne fêtait pas seulement son anniversaire ou sa réussite aux examens, mais aussi la fin de la Malédiction, la fin de la guerre, le retour à la normale, ou bien l'entrée dans une nouvelle ère, quatre ans après le 2 mai 1998.
Sa mère avait renoué avec sa sœur, Draco avec ses amis d'enfance : rien que cela valait la peine de s'être tiré du lit. A bien y penser, il s'était sûrement passé plus de choses importantes en l'espace de quelques heures que pendant toute l'année précédente – quoique le jour où il avait appelé Hermione et Ron par leurs prénoms pour la première fois mériterait d'être férié.
Draco avait enfin rencontré Teddy, il avait d'ailleurs été invité à déjeuner chez Andromeda le dimanche suivant. Il avait offert son aide à Gregory, qui s'était inscrit pour la prochaine session des ASPIC. Et il n'avait même pas grimacé en voyant que Ron s'était servi trois parts de gâteau. Enfin, quoi, il avait souri quand le meilleur ami de Harry était sorti de la cheminée !
Pourtant, vers minuit, pendant que la fête battait son plein, la fatigue lui tomba dessus sans prévenir. Il y avait soudain trop de bruit, trop de gens, trop de lumière et, en plus, Harry, ce sale lâcheur, avait brusquement disparu.
Draco trouva refuge sur le balcon. Après la cacophonie suante et alcoolisée de l'intérieur, la fraîcheur et le silence bavard de la nuit étaient plus que bienvenus.
Le sorcier était en train d'inspirer l'air propre du Wiltshire à plein poumons, comme si sa vie en dépendait, quand un pop retentit derrière lui.
– Maître Draco, couina une voix, que Draco identifia immédiatement comme étant celle de Cookey.
Il était rare que ce dernier se déplace sans ses deux frères, Zinky et Calby. Les trois Elfes étaient d'ordinaire inséparables – lorsqu'ils avaient l'apparence de cuillères à ragoût, ils dormaient emboîtés les uns dans les autres.
Légèrement alarmé, Draco se tourna vers l'Elfe qui, les oreilles baissées et les regard fuyant, se mordait les lèvres et se tordait les doigts. Quelque chose n'allait pas.
– Qu'y a-t-il ?
– C'est... Maître Harry... Oh, Maître Draco, Cookey est désolé, Cookey va aller se pun–
Draco attrapa l'Elfe par le bras, pour l'empêcher de se fracasser le crâne contre un pot de fleurs, et se mit à sa hauteur.
– Cookey, qu'est-il arrivé ?
L'Elfe sortit un objet de la poche de son torchon et le lui tendit en tremblotant, les yeux remplis de larmes.
– Les lunettes de Harry ? Je ne comp...
Cookey lui fit un imperceptible signe de la tête, fixant la paire de lunettes rondes avec insistance, comme si elle allait se mettre à danser la gigue d'une minute à l'autre. Et Draco comprit. Il prit les lunettes de Harry dans ses mains aussi précautionneusement que s'il s'était agi d'un oisillon tombé du nid.
– Harry ? murmura-t-il, incertain, espérant s'être trompé.
Ce n'était pas possible, la Malédiction ne devrait pas... Comment... Mais l'expression torturée de l'Elfe ne laissait pas de place au doute.
– Maître Draco, Maître Harry ne répondra pas, bredouilla Cookey, la voix chevrotante.
Il se tirait les oreilles et ses jambes l'emmenaient mécaniquement vers les balustres.
– Personne ne se défenestrera ce soir, tu m'entends, Cookey ? Quand est-ce que... Quand l'as-tu vu pour la dernière fois ? Je veux dire, comment sais-tu que... ?
– Cookey a vu Maître Harry il y a dix minutes, puis Maître Harry a dit de prévenir Maître Draco, puis...
L'Elfe fit un geste éloquent vers les lunettes, incapable de terminer sa phrase.
– La fête est terminée, annonça Draco. Va trouver ma mère, arrangez-vous pour que tout le monde quitte le Manoir sans créer un mouvement de panique. Personne ne doit savoir. Pour ma part, je vais... je vais aller réfléchir à une solution.
Cookey lui lança un coup d'œil apeuré et s'évanouit dans les airs.
xXx
Cinq minutes plus tard, il n'y avait plus personne. Draco ne savait pas comment sa mère et les Elfes s'étaient débrouillés et, pour le moment, il s'en contrefoutait comme de son premier chapeau.
Assis en tailleur sur son lit, il étudiait la paire de lunettes rondes, unique vestige de Harry Potter, sous tous les angles, désespérant de trouver une piste ou un début de réponse. Par malheur, l'objet reposait dans ses mains comme n'importe quel objet inanimé, soit de manière immobile et muette. Morte, en somme.
Au moment où il allait envisager de se jeter par la fenêtre, il eut l'impression de sentir l'aura et l'odeur de l'ancien Auror. Le cœur plein d'espoir, ses projets de défenestration momentanément oubliés, il se concentra sur ces traces astrale et olfactive et... par les cornes de Belzébuth, ça ne pouvait pas être une illusion !
Au fil des secondes, la présence de Harry grandissait dans la pièce, si grisante que sa tête lui tournait, si vibrante que c'était vraiment comme si le brun était juste derrière lui.
– Coucou, fit une voix à son oreille.
Draco sursauta.
– Toi ! Espèce de–C'est une–Qu'est-ce qu'il t'a pris de–Tu vas voir ce–
– Désolé, dit Harry, en récupérant ses lunettes sur le matelas. Tu semblais en avoir ras-le-bol de la foule et du bruit et... ça m'avait l'air d'être une bonne idée tout à l'heure. Quand j'y repense, c'était idiot. Mais tu n'étais pas non plus censé y croire ! Ça ne tenait pas debout !
Draco ouvrit et ferma la bouche, estomaqué. Ça allait être de sa faute maintenant ?
– Mes Elfes ne sont pas censés me trahir ! s'exclama-t-il avec véhémence.
Il n'en revenait toujours pas. Il s'était fait tant de souci pour rien.
– Draco, Cookey serait incapable de te mentir ouvertement. S'il a bien suivi mes instructions, tu t'es construit ton histoire dramatique tout seul.
Draco se repassa mentalement sa conversation avec l'Elfe et dut reconnaître que Cookey n'avait jamais explicitement mentionné la Malédiction ou la transformation de Harry Potter en paire de lunettes. Par contre, la nervosité de son sujet prenait désormais un tout nouveau sens.
– Cela ne change rien au fait que tu aies impliqué un de mes sujets dans ton complot futile, murmura le blond. Tu as saboté mon anniversaire et corrompu Cookey !
– Qu'importe la situation, tu donnes toujours dans la sobriété, c'est une vertu peu commune, sourit Harry avec malice.
Il l'embrassa doucement, sans se départir de son sourire.
– Tu me rends dingue, Potter, conclut Draco.
Il avait forcément perdu l'esprit, car il lui avait déjà tout pardonné.
xXx
– Bon, après cette plaisanterie de mauvais goût, tu dois bien avoir un cadeau pour moi ?
Harry opina du chef, surprenant Draco. Au début de leur relation, ils avaient convenu d'un commun accord qu'ils s'abstiendrait de s'offrir des biens matériaux.
– Je croyais que nous étions un couple minimaliste, lança narquoisement le blond.
– Tu oublies que nous avions défini une exception...
– Et toi, tu oublies que je possède déjà tout ce dont j'ai besoin, donc que tu ne peux pas avoir recours à l'exception.
– Ne parle pas sans savoir, Malfoy, c'est l'erreur que font tous les ignorants, le gronda Harry, en imitant très mal l'accent snobinard de son petit ami.
Il sortit sa baguette de sa poche et la glissa dans les mains de Draco. Sauf que ce n'était pas sa baguette, mais celle de Draco.
– Bien joué, Potter. Ton coffre fort est plein à craquer et tu m'offres ma propre baguette ? C'est touchant. Je crois que je vais pleurer.
– Arrête un peu ton numéro et lance un sort. Es-tu un sorcier ou un charlatan ?
Intrigué, Draco traça un mouvement circulaire avec sa baguette. Un cercle d'étincelles brilla quelques secondes dans les airs avant de disparaître.
– Un sort, j'ai dit, lui rappela Harry, en observant attentivement sa réaction.
– Accio lunettes !
– Merde, Draco, t'as failli m'arracher le nez !
– Elle m'obéit parfaitement, souffla Draco, sans prêter attention à son petit ami. Wingardium Leviosa ! Wingardium Leviosa ! Wingardium Leviosa !
Toutes les choses qu'il avait pointées de sa baguette décollèrent du sol sans broncher.
– Ha ! s'époustoufla-t-il, en souriant de façon démente. Rictusempra !
Draco attendit plusieurs minutes avant de lever le Sortilège de Chatouillis, tirant un plaisir mauvais à voir le brun se trémousser dans le lit, impuissant.
– Je savais que c'était trop beau, que tu ne me pardonnerais pas aussi facilement, dit Harry, le souffle court, d'un ton de reproches.
– Et bien voilà, tu es entièrement pardonné, répondit l'autre sorcier, en posant sa baguette flambant neuve sur la table de chevet. Tu me raconteras demain sur quelle ficelle tu as tiré pour dé-brider ma baguette mais–
– Suis-je réellement pardonné à 100% ? s'inquiéta faussement Harry. Ne puis-je pas faire quelque chose d'autre pour toi ? Afin de m'assurer que tu ne nourrisses aucun ressentiment à mon encontre...
– On a de la suite dans les idées, à ce que je vois ! le charria Draco, en faisant mine de réfléchir intensément. Hum... Il y a bien quelque chose que j'aimerais faire, moi.
– Tout ce que tu veux, Maître Draco, ronronna Harry, provocateur, en ondulant sur les draps.
– A trop jouer avec le feu, tu finiras par te mordre la queue, dit le blond en se léchant les lèvres.
Il jeta un coup d'œil grossier à l'entre-jambe de son petit ami.
– Quelle finesse ! Quel sens de l'humour... Tel est donc le véritable visage de Draco Malfoy ? Je suis déçu, mais je ne vais pas faire la fine bouche.
Levant les yeux au ciel, Draco enfonça son petit ami dans les oreillers et se jeta sur lui avec l'assurance de celui qui sait qu'on ne lui résistera pas. Et tout en riant et en l'embrassant, Harry baissa son pantalon, permettant au blond d'accéder librement à ses parties intimes. Draco ne se fit pas prier.
Un instant plus tard, une bite dans la bouche et le cœur débordant d'amour pour le propriétaire de la bite sus-nommée, l'ancien Serpentard se dit que oui, tel était son véritable visage. Et si ce visage convenait à Harry Potter, il lui convenait à lui aussi.
Après s'être fait cette réflexion, Draco arrêta de penser, s'abandonnant à la seule personne en qui il avait autant confiance qu'en sa propre mère.
FIN
Voilà voilà, cette aventure est terminée ! J'attends vos retours avec impatience, que vous ayez suivi la fanfic depuis le début, que vous soyez arrivé en cours de route ou bien que vous l'ayez entamée une fois complète.
Le futur : est terriblement flou.
- Je n'ai pour l'instant pas de nouveau projet en tête, mais je risque d'écrire un truc cet été (à partir de juillet je pense), pour perpétrer mon rituel. On verra bien :)
- Si j'ai la motiv, je vais éditer entre temps Les Enchaînés, qui a grand besoin d'un petit coup de peinture !
Mais c'est vous qui avez la parole, désormais ! Dîtes-moi ce que vous avez aimé dans cette histoire, ce que vous avez pensé des personnages et de cet épilogue fourre-tout, dîtes-moi si vous auriez préféré une fin malheureuse et quelle forme d'Animagus vous prêtez à Harry (sachant que mon headcanon personnel c'est clairement SOMBRAL !). Dîtes-moi si la balance angst-fluff fonctionnait bien pour vous, bref, ouvrez-moi votre cœur maintenant que je vous ai ouvert le mien au travers de cette ff :D
Mille mercis à tous-tes !
