Ce chapitre suit directement le précédent. Selon l'auteur, il sert d'introduction aux chapitres suivant, et pose le décors. Bonne lecture !


La plaque sur la porte disait 'Inspecteur Souji Okita'. Il n'y avait pas de secrétaire en vue, seulement un bureau vide. Aoshi Shinomori frappa à la porte. Rien. Il frappa de nouveau, et, cette fois-ci, entendit un murmure et ouvrit la porte. Il avait à peine franchi le seuil qu'une voix le stoppa.

« Ah ! Fermez cette porte ! »

Ce n'était pas souvent, voire jamais, qu'Aoshi se faisait donner des ordres, mais il fit ce qu'on lui demandait. Une fois à l'intérieur, il regarda autour de lui. Il n'y avait personne en vue. Puis il vit une touffe de cheveux bruns en bataille, puis le corps de l'homme qui venait de lui crier dessus ramper en dessous de son bureau. Ce n'était sûrement pas le fameux inspecteur Souji Okita ? L'homme semblait bien trop... Il n'y avait pas vraiment de mot pour décrire l'homme qui rampait sans dignité, inspectant minutieusement le sol.

Okita leva la tête et regarda vers son visiteur. « Asseyez-vous. » Il désigna une paire de chaise d'un geste de la main. « Faites juste attention où vous marchez, elle s'est encore échappée, et elle peut mordre. »

« Je vous demande pardon ? Elle ? » Aoshi s'arrêta, le pied en l'air, et regarda par terre. Il ne voyait rien qui sortait de l'ordinaire.

« Rien dont vous devez vous inquiéter, mais si vous sentez quelque chose vous mordre, ce serait une bonne idée de faire inspecter votre morsure par un médecin. » Okita fit une pause et ajouta. « Immédiatement. » Il grimaça, se releva et épousseta ses vêtements.

Aoshi décida d'ignorer ce qui venait de ce dire. De plus, qu'est-ce qu'on pouvait répondre à ça ? A la place, il se déplaça vers les chaises qu'Okita avait indiqué, et ôta les dossiers de l'une d'elle. Un aquarium vide était posé sur la chaise voisine. Sans doute l'endroit d'où 'elle' s'était échappée.

Il fallut deux bonnes minutes à Aoshi Shinomori pour faire le tour du bureau du regard. Il grimaça. C'était un bordel sans nom. Il y avait des livres et des dossiers un peu partout, a moitié tombant des étagères, empilés sur le sol... En fait, il ne semblait pas y avoir assez d'espace pour tous ces livres. Sur une pile particulièrement instable, un bocal à poissons où trois petits poissons rouges, inconscients de leur emplacement précaire, tournaient en rond. Le bureau était placé devant une grande fenêtre, des bouteilles d'eau vide et un copieux amoncellement de papiers de bonbons jonchant la surface. Dans un coin de la pièce, appuyés innocemment contre le mur, il y avait un pistolet en plastique et un katana.

« Je m'excuse, il semble que j'ai interrompu... » Aoshi se tu. Il ne savait pas vraiment ce qu'il avait interrompu. Apparemment la recherche d''elle' : peut-être un serpent domestique, ou une autre bestiole à la blessure mortelle.

« Ne vous inquiétez pas, je l'attraperait. » Okita se dirigea vers son bureau, mais un craquement monta de sous son pied lorsqu'il fit un pas de plus. Aoshi regarda les yeux de l'homme s'agrandirent tandis qu'il relevait précautionneusement son pied.

« Ouf... c'est juste une chips. Ça aurait été horrible si je l'avais écrasée. » Il secoua la tête. « Peut importe, comment puis-je vous aider ? »

Pour la seconde fois de la journée, Aoshi pensa qu'il valait mieux ignorer ce qui venait de se passer.

« Je suis l'avocat de la famille Takeda, Aoshi Shinomori. Je suis ici à propos de ma cliente, Megumi Takeda. Il me semble qu'elle a été arrêtée hier soir. »

« Megumi Takeda ? » Okita secoua la tête et se gratta le nez, pensif. « Non, je ne me rappelle pas d'une Takeda, mais nous avons eu une Megumi Takani. »

Takani ? Les yeux d'Aoshi s'agrandirent légèrement.

« C'est son nom de jeune fille. Son mari est vraiment inquiet à son propos. Puis-je lui parler ? »

« Bien sûr ! » Okita sourit et plaça sereinement ses mains sur son bureau.

Aoshi attendit quelques secondes que l'inspecteur fasse quelque chose. Mais l'inspecteur Okita continua de le fixer.

« … Et bien ? »

« Oh ! Vous voulez la voir maintenant. Et bien, je ne peux pas faire ça. Vous voyez, quelqu'un a payé sa caution la nuit dernière. Elle n'est plus là. »

« Je vois. Je suppose que vous ne pouvez pas me dire qui a payé sa caution ? »

« Non. » Le sourire d'Okita sembla s'élargir encore.

« …. Ça n'a pas d'importance. Merci pour votre temps. S'il vous voyez Takani, ou peu importe le nom qu'elle se donne en ce moment, s'il-vous-plaît, dites-lui de rentrer chez elle. Son mari est inquiet. » Sur ces mots, Aoshi se leva, épousseta les jambes de son pantalon, s'inclina et sortit en regardant où il mettait les pieds.

Une fois qu'Okita fut certain qu'Aoshi n'allait pas revenir, son sourire disparu. Il se rassit sur sa chaise, intrigué par le départ brutal de son invité. Il avait noté le léger changement dans son attitude lorsqu'il lui avait dit que Mégumi Takani avait utilisé son nom de jeune fille.

« …. Quelque chose me dit que Mme Takeda ne veux pas rentrer à la maison. » Un mouvement dans le coin de son regard attira son attention. « Ah, te voilà, petite fripouille ! On essaye de s'échapper maintenant ? »

Dehors, une fois sûr qu'il ne serait pas écouté, Aoshi sorti son téléphone portable de sa poche et composa un numéro familier.

« Hannya. Elle n'est pas ici. J'ai besoin que tu l'as trouve. »


Un autre endroit, le même matin

« C'est délicieux ! »

Autour de la table était assis un curieux quatuor. Une beauté frappante aux longs cheveux noirs, un homme avec une chevelure rousse et une cicatrice cruciforme sur la joue, un garçon d'environ dix ans à la tignasse ébouriffée et une autre femme aux cheveux noirs, avec des yeux innocents et une queue-de-cheval. Ce groupe étrange était en forme ce matin-là.

« Yea ! Je m'en fiche de savoir comment t'es arrivée là, mais je suis content que tu sois ici. La mochetée là-bas essaie toujours de nous empoisonner ! »

« Empoisonner ? Je fais simplement en sorte que la nourriture soit bien cuite ! Tu n'as jamais entendu parler de la salmonelle ? »

« Yep, et toi t'as jamais entendu parler d'un thermostat ? Heureusement que Kenshin cuisine nos repas, sinon on aurait un lit réservé à l'hôpital ! »

« Ho Ho ! Ken, c'est évident qu'il te faut une vraie femme ici. » La belle jeune femme, Megumi Takani, lança un sourire séduisant à Kenshin.

« Oyo ? » Kenshin Himura continua à manger nerveusement.

« Tu peux rester aussi longtemps que tu le veux. » continua Yahiko. « Tant que tu continue de cuisiner. »

« Yahiko ! Ne prends pas ce genre de décision. Nous n'avons pas besoin d'une femme ici, nous avons- »

« Nous avons Kenshin. Il cuisine et fait le ménage. » Sanosuke Sagara apparu soudainement à côté de Yahiko, lui volant son bol au passage.

« Pourquoi est-ce qu'on attaque ma virilité maintenant ? » demanda Kenshin.

« Oh, je suis sûre que tu es tout à fait viril, Ken. » Megumi saisit l'opportunité de se glisser près de Kenshin et plaça sa tête sur son épaule, regardant Kaoru à travers ses cils, tandis que la jeune femme rougissait.

« Il y a toujours tellement d'agitation ici. Au fait, Takagi à dit qu'elle passerait ici. Probablement pour discuter de ton affaire. » Sanosuke s'allongea sur le côté, prenant appui sur son coude, afin de garder le bol de Yahiko à portée de main.

« Vaurien ! Rends-moi ça ! Je suis en pleine croissance ! »

« Yep. Et bien , moi aussi. »

Les trois autres ignorèrent la bagarre entre le jeune homme et le garçon, ou plutôt, la bagarre entre les deux gamins.

« Affaire ? Qu'est-ce que tu as fait ? » Kaoru s'était tournée vers Megumi à la mention de 'Takagi'.

« Miss Kaoru, ne devez-vous pas aller au dojo ce matin ? » Kenshin essayait d'attirer son attention sur autre chose que la nouvelle venue. C'était un de ces matins où il se sentait plus comme un arbitre de boxe que comme le concierge d'une pension de famille qu'il était. S'il avait sut que tenir une pension demandait autant de manœuvres stratégiques, il serait peut-être resté dans l'armée. « Je vais chercher ton repas et celui de Yahiko. »

A ce moment là, ils entendirent la sonnerie de la porte d'entrée.

Avant que Kenshin ne puisse se lever, Megumi était sur ses pieds.

« Je vais chercher les repas, Ken. Ça ne doit pas être facile de gérer cette bande de garnements et cette fille inutile. »

« Inutile ? Je te ferais dire que je suis professeur de kentjutsu ! »

Kenshin secoua la tête et se dirigea vers la porte, loin du raffut. Megumi n'était pas à la pension depuis un jour entier qu'elle commençait déjà à rentrer dans le moule.

« Miss Takagi ! Je ne vous attendez pas si tôt. » Kenshin ouvrit la porte pour la laisser entrer.

« Oh ? Sagara ne vous a pas dit ? Je lui ai dit hier soir, avant que lui et Takani ne rentre que je serais ici dans la matinée ? » Tokio avait l'air légèrement confuse.

« Il a dit que vous essayerez de passer, mais il n'a pas dit quand. » expliqua Kenshin. Sur ces mots, lui et Tokio laissèrent échapper un soupir mutuel. C'était tout à fait le genre de Sano d'oublier un détail important.

Kenshin ferma la porte derriière Tokio et la guida dans la maison. Alors qu'ils marchaient dans le couloir, Kaoru et Yahiko passèrent devant eux en courant, se dépêchant visiblement.

Kaoru attira le regard de Tokio, mais en voyant le sourire de cette dernière, elle se fit une note mentale afin d'extirper à Sano et à Kenshin ce qui se passait.

« Comment est-ce que Kaoru à prit le fait qu'une autre femme s'installe ici ? »

Kenshin se tourna pour voir une lueur espiègle dans les yeux de Tokio.

« Hmm ? » Il ne voyait pas ce que Tokio sous-entendait. « Elles se supportent... la plupart du temps. »

« Les hommes sont tellement bouchés » Tokio rit. Mais alors qu'elle riait, une pensée lui traversa l'esprit : les hommes n'étaient pas les seuls à être bouchés quand il s'agissait du sexe opposé.


Une p'tite review ?

Saito reviendra dans le prochain chapitre, et Okita fera peut-être une autre apparition.

Note de la traductrice :

Rien à voir avec la traduction, mais je dois quand même avouer que je suis fan de ce Okita-là. Franchement, la scène avec Aoshi ? J'ai rit quand je l'ai lu, je rigolais quand je l'ai traduit, et je rit encore en la relisant. Ça doit être bien écrit ^^

Pour avoir demandé à l'auteur, visiblement 'elle' reviendra plus tard, quoi qu'elle puisse être, la miss venimeuse d'Okita !