Voila le chapitre 4 ! Dans la continuité du troisième. Normalement, il y aura encore deux chapitres centrés sur Megumi, avant de retrouver des one-shots. Bonne lecture !


Plusieurs jours plus tard, Cabinet d'avocat de Tokio Takagi (bon d'accord, c'est sa table de cuisine)

Tokio regarda le dossier Takani : il lui avait fallu une bonne dose de paroles mielleuses pour mettre ses mains dessus. Elle tapota son stylo sur la table.

C'était un dossier solide. Possession et intention de revente. Tout du moins, ça y ressemblait. Quand Sano avait appelé Tokio, elle s'était attendu à un de ses amis louches. A la place, son client potentiel s'était révélé être une femme, belle, raffinée et très bien habillée. Megumi Takani, malgré tout son dédain ne ressemblait ni s'agissait comme la trafiquante de drogues qu'on l'accusait d'être. Et c'était tout le problème.

Aucun dealer ne transporterait autant de marchandise en cherchant un client, à moins d'être vraiment désespéré. Et bien qu'il y ait quelque chose de désespéré dans les actions de Megumi, Tokio doutait sérieusement qu'elle soit une professionnelle.

Megumi avait été imprudente et malchanceuse : le client à qui elle avait tenté de vendre sa drogue était un flic sous couverture. Et, bien sûr, Megumi avait gardé les lèvres scellées sur l'endroit où elle avait obtenu tellement d'opium, et pourquoi quelqu'un de si bien habillée n'avait rien d'autre sur elle.

En soupirant, Tokio se laissa aller contre le dossier de sa chaise avant de se rasseoir correctement : ça lui rappelait trop un certain procureur.

« Takagi. » Tokio leva les yeux et vit Saito entrer dans la pièce et s'asseoir en face d'elle.

« Sagara, tu as trouvé quelque chose ? » Tokio vit l'air abattu sur son visage, accompagné d'une pointe de désespoir. Ce n'était pas une affaire facile.


De retour à la pension Himura

Megumi regarda autour d'elle, réalisant que la maison était, pour une fois, vide. Sans son habituelle tourbillon d'énergie, la maison semblait vide et renfermée. La solitude n'était pas nouvelle pour Megumi, mais être seule l'était. En grandissant, elle avait toujours été avec ses frères aînés. Puis, à la maison – si elle pouvait appeler le manoir de son mari sa maison, il y avait toujours des gens qui allaient et venaient.

En soupirant, Megimu continua a préparer le poisson pour le repas du soir. Ils seraient bientôt de retour.

Kenshin était parti faire les courses hebdomadaires, Yahiko était toujours à l'école, Kaoru donnait un cours de kentjutsu, et Sano 'travaillait', quoi que cela puisse vouloir dire avec lui.

Alors qu'elle pensait à la tête de coq, la paupière de Megumi commença a tressauter. Tic nerveux. Sans sa malchance, elle n'aurait jamais appelé le vieil ami de ses frères. Mais elle était désespérée. Elle se rappelait encore comment il était arrivé d'un pas nonchalant devant la cellule de détention...

« Qu'est-ce que tu attends ? Je pensais que tu venais pour payer ma caution. »

« Et bien », éructa Sano, « Je ne peux pas. Alors j'ai appelé Takagi, elle s'en occupera. »

Megumi lui jeta un regard glacial. Elle aurait du le savoir.

« Hé ! » Sano se hérissa devant la mauvaise humeur de Megumi. « Tu m'as appelée. Pourquoi ne pas payer toi-même ta caution ? »

« Je n'ai pas d'argent. » renifla-t-elle en guise de réponse.

« Tes habits m'ont l'air assez cher. »

« Malheureusement, ils n'acceptent pas les cautions en couture. » répondit Megumi froidement. « Si j'avais de l'argent, tu penses vraiment que je t'aurais appelé ? »

Un bruit à la porte la sortit de ses pensées. On frappait. « Juste une minute ! »

Megumi ouvrit la porte, révélant un homme au chapeau incliné dissimulant son visage. « Bonjour. Puis-je vous aider ? »

« Comme c'est gentil. » Soulevant son chapeau, l'homme révéla un visage marqué de cicatrices qui firent s'arrondirent les yeux de Megumi. Mais, avant qu'elle ne puisse fermer la porte, il avait placé son pied dans le battant. « Quel accueil pour un vieil ami ! M. Takeda n'est pas content. Maintenant écoute-moi, si tu ne veux pas que tes nouveaux amis soient blessés.


Commissariat

Les policiers de cette station était depuis longtemps habitués à toute sorte d'étranges personnages entrant dans le bâtiment. Aussi, quand l'inspecteur Okita entra dans le hall, chantonnant le générique d'un film célèbre de yakuzas, avec deux sacs poubelle sur l'épaule, personne ne réagit.

Okita sourit lentement, changeant d'air quand il remarqua une certaine silhouette grande et dégingandée. « In touch with the ground, I'm on the hunt, I'm after you, scent and a sou - »

Avant qu'Okita ne puisse continuer, un coup de poing atterri sur sa tête. « Hé ! Tu ne m'as même pas

laissé arriver à la meilleure partie ! » gégnit Okita, frottant ses yeux fermés.

Saito haussa à peine un sourcil. « Je faisait une faveur à tout le monde, personne n'a besoin d'entendre ça. » Saito ignora la moue d'Okita qui marmonnait à propos des procureurs grincheux.

« En parlant d'un manque d'aptitude, je vois qu'Hijitaka t'as finalement donné un boulot approprié : concierge. »

« Ah ! Je donne honte à Sherlock Holmes ! » Okita leva le menton d'un air supérieur, souriant légèrement, le coup de poing de Saito résonnant encore dans son crâne. Foutu bonhomme.

« De plus, je ne suis pas celui qui est constamment battu à plates coutures pas une certaine avocate de la défense. »

« Idiot. Je l'ai vu te jouer un joli tour à la barre des témoins. »

Tandis que les deux hommes continuaient à se disputer, ils passèrent devant la sortie menant à la benne à ordures, puis s'arrêtèrent devant une porte. Le bureau derrière cette dernière était grand, immaculé, et décoré dans un style japonais traditionnel.

Saito enleva ses chaussures avant de poser les pieds sur les tatamis. « Enlève tes chaussures. »

« Ok. Nous ne voulons pas être malpolis. » sans chaussures et ayant fermé la porte du bureau derrière lui, Okita posa ses sacs poubelle et entreprit de les vider des papiers qu'ils contenaient.

« En parlant de femme fougueuse, une certaine Megumi Takani a été arrêtée l'autre jour », fit remarquer Okita, entre deux lancer de papiers froissés dans les airs.

Saito le regardait faire avec un certain amusement, tandis que le bureau commençait à se remplir de papiers froissés. « Et ? »

« ET, ça t'intéressera peut-être de savoir qu'elle est en fait Megumi Takeda. Je n'avais pas réalisé qui elle était avant que Shinomori ne vienne la chercher. » Okita rit d'avoir eu la femme d'un probable trafiquant juste sous leurs nez.

« Tu penses qu'elle s'est enfuie. De quoi était-elle accusée ? » Saito, cigarette coincée entre ses lèvres, ne semblait pas surpris outre mesure par la nouvelle, commença plutôt à chercher dans ses poches.

« Possession et possession avec intention de revente. » Okita était maintenant passé au second sac.

Saito se dirigea vers son bureau pendant qu'il parlait, sortant un briquet d'une de ses poches. Sa cigarette était maintenant allumée. « Des rapports d'agressions ou d'abus ? »

« Rien du tout. Elle n'avait pas de casier. » Okita pouvait voir la cervelle de son ami se mettre en marche, analysant, planifiant et traitant les informations. Il était toujours épaté de voir la vitesse à laquelle le cerveau de Saito fonctionnait. C'était une des raisons pour laquelle Saito était un opposant à craindre devant la Cour. Ça aidait aussi qu'il ait l'air plutôt terrifiant quand il le voulait.

Saito sourit en coin, ses yeux brillants devant le défi, tapotant sa cigarette pour que la cendre tombe sur le sol. « On doit juste attendre de voir ce que Tokio va nous apporter. »

« En parlant de Tokio, j'ai honte pour toi. Qu'est-ce que tu lui as dit ? J'ai entendu dire qu'elle s'était enfuie l'autre nuit. Tu l'as probablement ennuyée en parlant de l'endroit où on trouve les meilleurs soba. C'est sans doute pour le mieux, en même temps. Elle mérite mieux qu'un procureur rigide et grincheux. » Okita secoua la tête et soupira, jetant son dernier bout de papier dans les airs.

« Okita. » grogna Saito d'une voix menaçante.

« Pauvre Tokio ! Heureusement, elle a eu un rencard sexy aujourd'hui. » Okita aurait vraiment du le voir venir. Après tout, c'était dangereux de provoquer un loup.

Pourtant, Okita se retrouva couché sur le sol, le regard tourné vers le plafond, avec une douleur dans les fesses et de la cendre de cigarette sur le front. Est-ce que ce loup grincheux avait essuyé ses pieds ?

Okita allait se relever quand il entendit Saito de l'autre côté de la porte.

« Hijitaka, tu veux peut-être enlever les ordures de ton bureau. »

« Merde ! » Okita regarda autour de lui, dans l'espoir de trouver une échappatoire, mais la porte s'ouvrit.

« Qu- SOUJI ! »


Pension Himura

« Miss Megumi ! Je suis de retour ! Je vais commencer la lessive. Vous avez quelque chose à rajouter ? » Kenshin arrêta de déballer ses provisions quand Saito entra dans la pièce, un bout de papier dans la main. « Elle n'est pas là. »

A suivre.