Bon, alors, considérant que j'assure la traduction avec deux ans de retard, les délais entre les chapitres ne vous intéressent pas vraiment, donc je vous passe les excuses de l'auteur pour les retards.

Par contre, je ne peux pas m'empêcher de traduire ça, parce que ça m'a bien fait rire :

Note de l'auteur : J'ai eu du mal à écrire ce chapitre parce que je m'étais éloignée du monde de la loi, mais maintenant que j'y suis de retour, l'inspiration devrait revenir. En attendant, je me suis renseignée. Imaginez-moi, posant des 'questions hypothétiques' à mes anciens camarades de classe/amis : « Alors... Si tu avais un client comme ça ? » Mes amis finissaient toujours pas me demander « Tu as des problèmes ? »


« Bon retour à la maison baby », dit Takeda, le dos appuyé contre la porte, fumant tranquillement un cigare, absolument satisfait de la tournure des événements. Il se tourna lentement pour l'effet dramatique, et reprit : « Tu m'as tellement manqué. » Il éloigna son cigare et écarta les bras pour accueillir sa femme avec une embrassade.

Megumi se retint à grand peine de rouler des yeux tandis qu'elle se glissait entre les bras de son mari et le laissait caresser ses cheveux. « C'est vrai. La maison. » dit-elle avait un sarcasme mal-déguisé.

« Tss, Tss. Ma chère, j'étais tellement inquiet pour toi ! J'ai même envoyé Shinomori te chercher. » Il respira l'odeur de ses cheveux, sentit sa femme se raidir et sourit victorieusement.

« J'allais très bien. Aucune raison de t'inquiéter. » Le ton de Megumi était plat et dénué de toute émotion. Elle avait du mal à se retenir de reculer loin du toucher de son mari. Elle ne pouvait pas croire qu'elle ait pu un jour le trouver charmant. Elle ferma les yeux et pensa 'encore un peu et ça sera bientôt fini.'

Takeda se dégagea, les bras sur les épaules de sa femme. « Le plus important c'est que tu sois revenue à la maison maintenant. Et que nous pouvons reprendre le travail. »

Les yeux de Megumi se rouvrirent. C'était sa chance. « Je ne suis pas revenue pour t'aider. » Elle sortit un petit pistolet, un Derringer, qu'elle avait soigneusement caché dans la poche de son manteau, et lâcha. « Je suis venue pour mettre fin à tout ça. »

Les yeux de Takeda se révulsèrent tandis qu'il criait à l'aide, d'une voix forte et aiguë.

Megumi leva son bras, préparant son geste, mais Hannya, qui avait regardé tout l'échange depuis la porte, l'attrapa par la taille et leva son bras afin que le tir touche le plafond. « Je suis désolé, mademoiselle, » dit-il, « mais je ne peux pas vous laisser faire ça. »

Megumi gémit tandis qu'Hannya la forçait à lâcher son arme et sa seule défense. Les yeux de Takeda se remplirent de haine, et il gifla violemment Megumi, aussi fort qu'il le pouvait, crachant sur elle toutes les injures auxquelles il pouvait penser.


Kenshin se tourna vers Sano, surpris de voir de la rage sur son visage. « Qu'est-ce que tu veux dire, elle n'est pas là ? »

Sano desserra son poing et entreprit de lire la note. « J'ai décidé qu'il était temps que je rentre à la maison. Ne vous inquiétez pas pour moi. Megumi Takani. »

Une fois qu'il eu finit sa lecture, il froissa de nouveau le papier. « Des conneries. Voilà ce que c'est ! »

Kenshin regarda le papier dans les mains de Sano. « La maison ? Elle n'a pas de maison. Ou elle ne serait pas venue ici. »

Sano renifla. « Elle n'a même plus de famille. »

Kenshin hocha la tête et se dirigea vers la porte. Sano cria : « Hé ! Où est-ce que tu penses aller ? »

« Je vais rendre une petite visite à miss Megumi, » répondit Kenshin par-dessus son épaule.

Sano se dépêcha de rattraper son logeur et meilleur ami. « Et bien, ne m'oublie pas. »

Tandis que les deux hommes se rendaient à la maison Takeda, Kaoru, qui venait juste de rentrer, les regarda, se demandant à quel jeu ils jouaient.

« Hé Hannya, j'ai vu que tu l'avais ramenée. » Shikijo était un homme grand, large, avec des cicatrices courant sur tout son corps. Le t-shirt de son uniforme était tendu sur ses muscles.

Hannya s'assit avec ses camarades, et, sans crainte de montrer son déplaisir, prit l'orange que Shikijo venait d'éplucher, avant de dire : « Je me sens mal pour cette femme. »

Beshimi, le plus petit et le plus mince du groupe sourit à Hannya. « Tu ne deviendrais pas sentimental ? Ses charmes ont fini par t'atteindre ? »

Hyottoko laissa échapper un grand éclat de rire, en tenant son gros ventre. « Malgré son visage, Hannya est le plus gentil d'entre nous. »

Hannya regarda Beshimi et Hyottoko en jetant des tranches d'orange dans leur tête. « C'est une femme charmante enfermée dans une situation infernale. Il n'y a rien de mal à avoir de la compassion. »

« Peut-être pas », répliqua Beshimi. « Elle a pensé qu'il la sauverait, et, sans le savoir, elle est tombée sur un requin. »

« Et, vous trois. » dit Shikijo, qui étudiait les caméras de surveillances montrant les alentours de la maison. « Nous avons des invités. »

Les trois hommes se levèrent et se regroupèrent autour de Shikijo. Hyottoko alla jusqu'à poser son coude sur l'épaule de Shikijo. Ce dernier essaya de s'en débarrasser en se secouant.

« Cet homme. » Hannya pointa Kenshin du doigt. « Il y a quelque chose avec lui. »

« Le concierge de cette pension ? » demanda Beshimi.

« Il n'a pas l'air de grand chose », se moqua Shikijo.

« Au moins, il a l'air plus intelligent que la tête de poulet à côté de lui. » Même sur les écrans, ils purent voir Sano éternuer violemment.

Beshimi rit et se tourna vers Hyottoko. « Tu peux parler. »

« Assez. » Hannya se redressa et croisa les bras. Il était l'heure de gagner leur salaire. « Beshimi, appelle M. Aoshi, voit s'il est revenu. Hyottoko, va informer le patron. » La dernière partie avait été dite sur un ton moqueur.

Shikijo se leva. « Bien. Et toi et moi allons accueillir nos invités. »

Hannya hocha la tête, prenant un moment pour regarder à nouveau vers les écrans. Qui est cet homme ? se demanda-t-il.


« Sano. Tu ne remarques rien de bizarre ? » demanda Kenshin à son ami.

Sano regarda autour de lui, remarquant pour la première fois les caméra fixées sur le toit du manoir. Il comprit ce que son ami voulait dire. « Tu parles du manque de gardes ? »

Kenshin hocha la tête et frappa contre la porte massive. « Je me serait attendu à des gardes tout le tour de la propriété. »

La porte s'ouvrit, révélant Shikijo. « C'est parce que M. Takeda est un homme très prudent. »

« Ou grippe-sous », marmonna Sano.

Shikijo sourit. « Oh non, M. Takeda n'est pas effrayé de montrer son argent ou d'utiliser ses pouvoirs. Avec ça, il s'est acheté le groupe de gardes le plus fort » Shikijo leva un bras et contracta ses muscles, déchirant la manche de son t-shirt.

« Peut importe. » Sano commença à se curer les dents avec un cure-dents, pas du tout impressionné. Il avait vu sa part d'hommes musclés trop confiant, qu'est-ce que c'était qu'un de plus ?

Kenshin agrippa le katana qu'il avait amené avec lui, son instinct lui ayant dit de venir armé. Son instinct lui avait aussi dit qu'ils ne partiraient pas sans combattre. « Nous ne sommes pas venus pour causer des problèmes. Nous voulons simplement parler à miss Megumi. Où est-elle ? »

Ce ne fut pas Shikijo qui répondit. Ce fut Hannya, qui apparu à côté de son camarade. 'Vous emmenez un cadeau peu conventionnel avec vous », levant les mains pour montrer qu'il n'avait pas d'armes.

Kenshin raffermit sa prise sur son sabre, sentant la force du nouvel arrivant. Il savait d'expérience que 'pas d'armes' ne voulais pas dire 'pas dangereux'. Takeda semblait s'être entouré de gens intéressants. « Quelque chose me dit que vous n'êtes pas désarmé. »

Sano frappa sa paume gauche avec son poing droit, attirant l'attention de Shikijo. « Assez de causette. Où est Meg ? »

« N'êtes-vous pas adorable. » L'homme le plus baraqué marcha vers Sano, se penchant vers lui. « Je ne m'inquiéterez pas pour elle si j'étais vous. Elle est là où elle doit être, à la maison. »

« C'est des conneries et vous le savez. » grogna Sano en se rapprochant jusqu'à se retrouver nez à nez avec Shikijo. « Je vais devoir te frapper jusqu'à ce que tu me le dises ? »

« Ce n'est pas drôle d'écraser des fourmis. »

« Amusant. Je n'aime pas particulièrement frapper les gros morceaux de viande. »

Hannya et Kenshin détournèrent leur attention de leurs amis et se regardèrent, chacun évaluant l'autre. Ce fut Hannya qui brisa le silence. « Que diriez-vous de résoudre cela d'une manière civilisée ? »

« J'aimerais beaucoup. Seulement... » en dépit de ses mots, Kenshin ne lâcha pas son sabre. « Qu'est-ce que vous avez à y gagner ? »

Hannya regarda Kenshin dans les yeux, qui commencer à briller d'une manière inquiétante. Il ne se souciait pas vraiment de leur mission actuelle, mais il ne ferait rien pour la ruiner non plus. Il avait juste besoin d'un peu plus de temps. « Peut-être que je suis inquiet à propos de cette femme », dit-il.

Kenshin étudia l'autre homme. Il devait y avoir un piège. « …. Bien. » Mais objecter ne ferait que les retarder.

« Alors rappelle ton chien enragé. »

Ça, Sano l'entendit et il lança un regard mauvais à l'autre homme. « Hé ! Je ne suis pas un chien ! Je suis un- » il s'arrêta juste avant de dire 'poulet'. Il maudit silencieusement Saito.

Les yeux de Kenshin ne quittèrent pas Hannya quand il lâcha : « Sano. »

Shikijo se redressa et croisa les bras. « Je préférerais régler ça avec un bon coup de poing, mais si Hannya dit qu'il faut la faire en gentleman, j'obéirai. »

« Bon garçon », railla Sano.

Shikijo aboya un rire. « Garçon ? Tais-toi, gamin. »

Hannya avait vraiment envie de soupirer et de rouler des yeux. « Que dites-vous d'un jeu de société ? »

Kenshin cligna des yeux et les épaules de Sano s'affaissèrent. En chœur, ils s'exclamèrent : « Un jeu de société ? »

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent, tous les quatre, assis autour d'une table sur laquelle était posé un jeu d'enfant, qui avait visiblement beaucoup servit.

« Le jeu de l'oie ? » rit Kenshin.

Sano s'avachit dans son fauteuil. « C'est un jeu de gamins. »

Hannya ne paraissait pas ennuyé le moins du monde tandis qu'il installait le jeu. « C'en est un. Il appartient à quelqu'un de spécial. »

Shikijo hocha la tête. « Donc, ne l'abîmez pas. »

Kenshin et Sano échangèrent un regard.


15 minutes plus tard

Sano grogna et s'écarta de le table, renversant le jeu. « C'est stupide ! »

« Seulement parce que tu perdais. »

« Ta gueule ! » cria Sano à Shikijo. A ce moment là, personne ne pu dire qui avait donné le premier coup, mais la pagaille était lancée. Peut-être qu'avec un tel groupe de personne, il n'y avait aucune chance de trouver un arrangement civilisé.


Pendant ce temps

Tokio entra dans le bar et scanna la foule, à la recherche d'un visage familier. Elle n'eut pas a chercher très longtemps, parce qu'il agitait les mains avec enthousiasme. Avec un sourire chaud, et en secouant la tête, elle se dirigea vers lui, s'asseyant au bar, sur la chaise voisine.

« Salut, rancard sexy », dit Okita, la gratifiant de son habituel sourire radieux, assorti d'un clin d'œil.

Tokio rit, ce qui ne fit qu'accentuer le sourire d'Okita. « Salut vieille branche. »

Okita sembla authentiquement offensé, une main sur le cœur. « Vieux ? Moi ? Je suis une jeune âme. »

Tokio plaça son coude sur le bar, le menton dans la paume de sa main, ses yeux brillant de rire. « OK, peut-être que tu n'es pas vieux, mais tu n'est définitivement pas une jeune âme. »

« Hmm... Peut-être pas. » agréa-t-il. « On ne peut pas rester dans les environs de Saito aussi longtemps et rester jeune. » Il but une gorgée de son verre, et la regarda en coin. « Rappelle-toi de ça si jamais tu décides de vivre avec lui. »

Tokio, il ne fut pas surpris de le voir, rata totalement le fond de son propos. En roulant des yeux, elle répliqua : « Est-ce qu'il a jamais été jeune ? J'imagine qu'il est né en fumant une cigarette et en regardant méchamment les autres. »

Okita gloussa, pas tellement à cause de ce qu'elle disait, mais à cause de Tokio elle-même. Son ami avait trouvé le métier taillé pour lui, c'était certain. Tokio n'avait absolument aucune idée de lui, de ce qu'il était. Ce n'était pas étonnant que leur 'relation' bougeait aussi lentement. « Je sais de source sûre qu'il a été un gamin à moment donné, j'y étais. »

Tokio rit. « Oh, je suis sûre que vous n'étiez rien d'autre que des ennuis. »

« On étaient adorable. » Okita hocha la tête pour ponctuer ses dires. « Tu nous aurais adoré. »

« Hmm. » fut la seule réponse de Tokio avant qu'elle ne boive une gorgée de son verre. Elle était heureuse de voir son ami de si bonne humeur, et elle lui était reconnaissante de ne pas lui faire penser au travail. Même si ses heures de travail étaient finies, elle ne pouvait pas s'empêcher d'avoir le sentiment que quelque chose se passait. « Et bien, parle-en moi. De votre enfance. »

Okita regarda le plafond et se frotta le nez. « On était des gamins typiques... » Puis il se tourna vers Tokio avec un sourire démoniaque. « Tu es sûre que tu ne voudrais pas plutôt entendre parler de Saito adolescent ? J'ai quelques bonnes histoires. » Il se rapprocha encore. « Par exemple, je peux te parler de ses ex ! »

Tokio cligna des yeux, avant de les lever au ciel et de pincer le nez d'Okita. « Pourquoi je voudrais entendre parler de ses ex ? La dernière chose dont je me soucie, c'est le passé romantique de cet homme. »

Puis, se tournant pour faire de nouveau face au bar, elle demanda : « …. il y en avais beaucoup. Peu importe, raconte-moi comment vous étiez gamins. »

Okita se frotta le nez. « Tu n'avais pas besoin de faire ça ! » Ses yeux n'avaient cependant pas manqué la légère rougeur sur les joue de la jeune femme tandis qu'elle regardait ailleurs. Il avait aussi remarqué les cercles noirs sous ses yeux, et la prit en pitié. Il fit la moue. « C'était de bonnes histoires aussi. »

« Souji... »

Okita rit. « OK, OK, on rendait nos mères complètement folles. Hajime ramenait toujours des animaux à la maison. »

Tokio lui lança un regard désabusé. « Des animaux ? » Elle était sûre que cet homme détestait les animaux.

Okita hocha la tête. « Des lucanes, les chats, des chiens, des poissons, un rat. » Puis, en riant, il ajouta : « On avait une armée de scarabées, et on lançait des défis aux autres enfants du quartier. » Il sourit largement. « Nos scarabées étaient les meilleurs. C'est comme ça qu'Hajime a gagné un rat domestique. Sa mère détestait ça, alors elle a crié dès qu'elle l'a vu. »

Tokio ne put s'empêcher de sourire tandis qu'Okita riait, se demandant dans quel bon souvenir il s'était perdu. « C'est dur à imaginer. » Et ça l'était. C'était dur d'imaginer ce grand homme intimidant comme un petit enfant.

« Ne te méprends pas, ça a toujours été un bâtard », dit Okita affectueusement. « Mais je ne pouvait pas demander un meilleur ami. »

Tokio hocha la tête, prenant une gorgée de sa boisson. « Meilleurs ennemis, alors. »

Okita gloussa. « Je suppose, oui. »


Megumi s'éloigna d'Aoshi quand il plaça un pain de glace contre sa joue. « Ne bougez pas », dit-il sur son habituel ton plat.

Megumi le regarda à travers le brouillard de douleur devant ses yeux et grimaça, se détournant de lui. « Ne prétendez pas que vous en avez quelque chose à faire. »

Aoshi resta silencieux un moment. Il était rentré seulement pour voir Takeda au-dessus d'une Megumi en sang. « Je ne bats pas les femmes. Jamais. »

« Non », craqua-t-elle. « Vous regardez juste. » La fierté de Megumi ne lui laissa pas accepter l'aide d'un homme si proche de son tourmenteur de mari, elle arracha donc la glace de ses mains.

Aoshi ne la blâmait pas. Il ne le pouvait pas. Megumi savait exactement ce que son mari avait fait et ce qu'était le travail d'Aoshi. Elle ne savait tout simplement pas toute l'histoire, mais ça n'excusait rien. Aoshi se leva. « Vous n'êtes personne pour juger. Gardez cette glace sur votre visage, je vais revenir avec de la nourriture. »

Megumi regarda Aoshi récupérer sa veste et la jeter par-dessus son épaule. Bâtard pensa-t-elle en s'écroulant sur le sol. Elle regarda par la fenêtre, notant que le ciel s'assombrissait.


Dans le même temps, dans son bureau, Saito était occupé à travailler, bien au-delà de ses heures réglementaires.

Saito lança un regard mauvais à la pile de dossiers devant lui, ses sourcils froncés, concentré. Les pièces du puzzle se rassemblait, mais il n'y avait toujours rien qui pouvait incriminer Takeda. Le bâtard avait couvert son cul magnifiquement bien, en montrant sans aucun doute des billets sous certains nez influents. C'était probablement l'argent et le charme qui avait poussé une femme comme Takani a épouser Takeda. Il ne pouvait n'y avoir aucune autre raison, et ce n'était pas une coïncidence que la clinique Takani soit passé si près de la banqueroute, avant de de reprendre du poil de la bête après le mariage de leur fille. Il ne pouvait pas s'empêcher de se demander silencieusement ce que Tokio savait de sa cliente. Ou ce que Takani elle-même savait... Non pas qu'il ait envie d'éclairer la lanterne de l'une ou de l'autre. C'était le travail.

Chô s'assit, les bras derrière la tête, jambes croisées, son pied frappant au rythme d'un air inconnu, regardant l'intimidant procureur parcourir les dossiers qu'il venait d'amener. Pff, s'il veux devenir inspecteur, il n'a qu'à le faire. Il n'oserait jamais formuler à voix haute cette dernière pensée. Pour la énième fois, Chô se demanda où était Okita et, avec une touche de ressentiment, il pensa à comment Saito et Okita se servait de lui comme de leur valet personnel. Les bâtards me font suer sang et eau, simplement parce qu'il n'ont pas de vie. Ça ne veut pas dire que moi, je n'en ai pas.

« Quoi ? » grogna Saito sans même regarder l'homme aux ridicules cheveux blonds.

Il ne peux pas lire mes pensées, n'est-ce pas ? se demanda Chô.

Saito posa le dossier qu'il avait dans les mains et leva les yeux vers Chô, haussant silencieusement un sourcil moqueur. « Si tu as quelque chose à dire, dis-le. »

« Euh... »

« Laisse tomber. Mieux vaut garder sa bouche fermée que de montrer qu'on est un imbécile. »

« Hé! » Chô se redressa, indigné. « Je suis l'esclave de service pour vous et cet imbécile heureux, et c'est comme ça que vous me traitez ? Je suis à deux doigts de partir ! »

Saito se laissa aller contre le dossier de sa chaise et sourit d'un air suffisant. « Pas content ? » Il alluma une cigarette, et prit son temps avant de continuer : « Si tu étais futé, tu partirais, mais tu aime trop ton statut social élevé, ne le nie pas. »

Chô leva un doigt, prêt à protester, mais le laissa plutôt retomber, et se rassit en marmonnant. Il ne pouvait pas le nier. Chô était respecté dans le commissariat, et il aimait les affaires sur lequel il travaillait. Si ça ne suffisait pas, il avait des talents de vantard qui impressionnaient toujours ces dames. A la fin, tout ce qu'il dit fut un « Pff » étouffé.

Sur ces mots, le bureau retomba dans le silence.

« Alors, boss, qu'est-ce que vous en pensez ? » demanda Chô, en parlant des dossiers auxquels Saito était revenu.

Saito fronça les sourcils et poussa les dossiers de côté. « J'ai besoin de plus d'informations. Ramène moi quelque chose de plus consistant. »

« HE ! JE NE SUIS PAS LE GARCON DE COURSE ! JE SUIS UN MEMBRE RESPECTE DE- »

« Et ramène-moi à manger tant que tu y est. »

« EST-CE QUE VOUS M'ECOUTEZ ? »

« Des sobas feront l'affaire. »

Saito ne l'écoutait absolument pas. A la place, il se demandait ce que la maline avocate de la défense lui apporterait et les tactiques qu'elle utiliserait. Il écrasa le mégot de sa cigarette dans le cendrier. Il n'y avait rien d'autre à faire qu'attendre.


Sano secoua sa main. « Ce gars était plus que de la chair et de l'os. »

Kenshin balançait son sabre à lame inversée en marchant, fier d'avoir eu la prévoyance de l'emmener avec lui en premier lieu. « Ah. Ils étaient extraordinaires. »

« Ah ! » laissa échapper Sano. « Mais on a été meilleurs ! » Il frappa sa paume avec son poing, et se plia immédiatement en deux de douleur.

Kenshin secoua la tête devant son ami et camarade. « Les hommes comme ceux-là étaient monnaie courante, avant. »

« Avant ? » s'enquit une troisième voix, faisant s'arrêter les deux hommes, et regarder dans le couloir.

Kenshin fut immédiatement sur la défensive. « Et vous êtes ? »

Aoshi Shinomori s'inclina. « L'avocat de M. Takeda. » C'est à ce moment-là que Sano se rendit compte que le grand homme au visage impassible n'était pas seul : il y en avait deux autres avec lui, l'un grand et large, et l'autre bien plus petit. Hyottoko et Beshimi.

« Je me fiche de savoir qui vous êtes, en fait. Dites-moi simplement où est Meg ? » Sano se gratta le nez et lança un regard ennuyé au trio.

Kenshin lui lança un regard du coin de l'œil. Sano était bien trop jeune pour être prudent.

« Bien sûr, » dit Aoshi en croisant les bras. « Elle est ici. A la maison. »

Sano laissa tomber ses mains et le regarda. « Ce n'était pas drôle. Vous savez ce que je veux dire. »

« Shinomori... » dit Kenshin à voix haute, essayant de rediriger la conversation, avant que Sano ne commence à distribuer des coups de poings et qu'ils ne puissent plus obtenir de réponses. « Ce nom me semble familier... »

« Chef... Un homme avec les cheveux roux et une cicatrice cruciforme... » murmura Beshimi.

« Qui auraient cru que nos chemins se rencontreraient. » marmonna Hyottoko.

« Megumi s'est décidément fait de bien étranges amis. », fut tout ce qu'Aoshi répondit.

Les yeux de Kenshin s'agrandirent. « Shinomori ! Vous étiez dans les services secrets pendant... » La voix du jeune homme s'éteignit lentement.

« Pendant ? » Sano se tourna vers son ami et concierge, curieux. Il savait que Kenshin avait fait l'armée avant de devenir concierge, mais les lèvres de cet homme étaient scellées de manière très frustrante à propos de tout ça.

Kenshin l'ignora. Ça lui prendrait trop de temps de tout expliquer, et il préférait trouver Megumi rapidement. Son regard se durcit et il regarda le trio sans aucune indulgence. « Vous étiez un homme honorable, mais vous vous êtes rabaissé à aider les hommes comme Takeda et forcé miss Megumi à vivre une vie malheureuse. Quoi d'autre avez-vous permis ? »

Aoshi ne fut pas intimidé par le soudain changement chez l'homme roux. « Savez-vous à quel point c'est difficile de trouver un travail respectable avec un seul et unique talent ? Même avec autant de dextérité, les hommes doivent manger. »

« Donc vous vous associez à une ordure comme Takeda pour l'argent ? » Kenshin avait du mal à le croire.

« Surveille ton langage ! » Hyottoko avança d'un pas.

Aoshi leva une main. « Vous ne comprendriez pas. »

« M. Aoshi nous a donné la chance d'utiliser nos talents, et nous le suivrons partout. » Beshimi s'avança à son tour.

« Il y a plus important que d'améliorer ses talents. » Kenshin les fixa. Il avait vraiment du mal à le croire.

A ce moment-là, des applaudissements se firent entendre. Takeda, qui avait visiblement suivit tout le débat à une certaine distance de sécurité, fit son apparition. « Vous voyez le pouvoir de l'argent ? L'argent change des hommes honorables en laquais ! »

« Je me fous de tout ça ! » s'exclama Sano. Il était plus qu'un peu confus, mais, avec l'apparition de Takeda, il avait finalement compris une chose. Ce bâtard savait ou était Megumi, et il le lui ferait dire par la force s'il le devait. « Où est Megumi ? »

« Sortez de ma propriété. » les invita nonchalamment Takeda. Puis, il se tourna vers Aoshi, Beshimi et Hyottoko : « Aoshi, demande à ces deux (il désigna les deux gardes) d'enlever les ordures. C'est ce pourquoi je vous paie. »

Kenshin du retenir Sano par la force, alors qu'il criait : « C'est qui, les ordures ?! »

Beshimi hocha la tête. « Vous pouvez soit partir calmement, soit... » sa voix baissa d'un ton. « on vous forcera à le faire. »

Hyottoko redressa les épaules. « Je ne sais pas comment vous êtes passés devant Hannya et Shikijo, mais vous ne passerez pas devant nous. »

« Amène-toi, gros tas ! »

Kenshin soupira et fixa son regard dans celui d'Aoshi et fut surpris d'y découvrir de l'hésitation et une bataille interne.

Alors qu'il semblait avoir fait son choix, Aoshi se tourna vers Takeda. « Je vous conseille de ne pas faire ça. Autorisez-les à repartir avec Megumi. »

Beshimi se tourna vers lui. « M. Aoshi ! On ne peut pas les laisser - »

« Non. Allez chercher Hannya et Shikijo. »

Ce fut au tour d'Hyottoko de se tourner : « Quoi ? On ne peut pas - »

Cette fois-ci, Aoshi fut ferme et résolu, il n'y aurait pas de contestations de ses ordres. « Allez-y. »

Takeda les regarda d'un air désabusé, mais il ne fallut pas longtemps pour que la rage prenne le dessus. « Je te paie toi et ces monstres une somme de monnaie substantielle pour FAIRE CE QUE JE DIS ! »

« Je vous ai dit que ça n'était pas dans votre intérêt. Tout ce qu'il veulent, c'est la femme. Vous ne feriez que compliquer les choses en les chassant. »

Takeda vit rouge. « Je ne les laissera pas prendre ce qui est A MOI ! »

« Elle n'est pas à vous ! » riposta Kenshin.

Takeda donna un coup de pied dans le mur, en colère devant le fait qu'on lui désobéisse, et à l'idée de perdre ce qui était à lui. Il courut vers une porte, la poussa et révéla une mitrailleuse Gatling. « Je n'ai pas besoin de vous ! J'ai juste besoin de mon argent ! Vous allez voir ! »

« Et merde... » marmonna Saito, et Kenshin ne pouvait qu'être d'accord.

Après quelques salves de mitraillette, Hannya, Shikijo, Beshimi et Hyottoko arrivèrent en courant pour aider leur chef vénéré.

Pour la seconde fois ce soir-là, le chaos se déchaîna, et il leur fallu user de tous leurs talents pour éviter les coups de feu.


Okita regarda son téléphone, et, soudainement, la joie disparu de son visage. « Je suis désolée Tokio. Il faut que j'y aille. »

Tokio regarda son ami avec l'inquiétude d'une sœur. « Boulot ? »

Okita réfléchit à ce qu'il pouvait lui dire. A la fin, il ne vit aucun problème à lui dire la vérité, même si elle était, techniquement, l'ennemie. « On a rapporté des coups de feu au domicile des Takeda. »

Les yeux de Tokio s'arrondirent. Elle savait maintenant que Takeda était le nom de femme mariée de Megumi, mais elle n'avait aucun moyen de savoir si sa cliente et ses amis étaient dans le manoir.

Pas plus qu'Okita, il savait simplement que le nom des Takeda était dans leurs dossiers à tout les deux. Il lui dit au-revoir, composant un numéro sur son téléphone en partant.

Tokio resta assise, se posant des questions et espérant que, quoi qu'il puisse se passer, ça n'avait rien à voir avec Megumi ou Sano. Cet homme se retrouvait toujours au milieu des problèmes.


Les coups de feu rapprochés s'arrêtèrent brusquement dans un bruit sourd, faisant se redresser Megumi. Elle regarda la porte avec inquiétude et appréhension. Elle tendit l'oreille et entendit des pas rapides se rapprocher. Takeda. Elle laissa son menton retomber sur sa poitrine, trop fatiguée pour s'en soucier. Seule la souffrance l'attendait une fois qu'il serait entré. Son mari était fou, et tout ce qu'il lui restait, c'était des regrets et de la culpabilité. Elle aurait été chanceuse qu'il la tue, tout simplement, mais ce n'était pas quelque chose qu'il ferait.

Avant que Megumi ne puisse se préparer à ce qui allait arriver, la porte fut brutalement enfoncée. Les yeux de la jeune femme s'arrondirent de stupeur : ce n'était pas du tout son mari, mais Sano. Il se tenait dans l'encadrement de la porte avec Kenshin, lui aussi éberlué, juste derrière lui.

« Oyo. Sano... »

Sano grogna. « Ça prenait trop de temps. »

Kenshin soupira et secoua la tête, puis se tourna vers Megumi dans un sourire d'excuses. « Désolé de vous avoir fait attendre, miss Megumi. »

Cette dernière ne pouvait pas croire qu'ils étaient là. Kenshin et Sano étaient là, pour elle. Mais elle avait honte. « Non. Je suis désolée de vous avoir impliqué là-dedans. »

Sano avança vers elle brusquement, et la souleva pour la mettre sur ses pieds. « Tais-toi. »

Les yeux de Megumi se tournèrent vers l'homme qui tenait son bras. « Tu ne sais pas ce que j'ai fait ! Je suis une criminelle ! »

Sano, l'air importuné, la regarda, puis craqua : « On est venu pour toi. Kenshin a risqué sa vie pour toi. Je ne veux pas t'entendre. »

« Miss Megumi », intervint la voix douce de Kenshin. « Ce que Sano essaie de dire, c'est que l'espoir n'est jamais perdu. Vous avez beaucoup à offrir, et suis sûr qu'il y a plus que ça dans votre passé. »

« Ne t'inquiètes pas tant. » Sano drapa son manteau autour des épaules de Megumi. « Tu n'es pas toute seule. »

Kenshin sourit. « Oui. Miss Kaoru et Yahiko vous attendent à la maison. »

Le regard de Megumi passa de Kenshin à Saito. Elle ne pouvait pas empêcher ses larmes de couler. Avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, ils se tournèrent tous trois vers la fenêtre, d'où ils entendaient les cris des sirènes de police.

« Merde. Takagi me tuera si on se fait choper. »

« Ils doivent avoir entendu les coups de feu. » dit Kenshin. Il se tourna vers Megumi, prit note de son corps meurtri, et demanda : « Miss Megumi, est-ce que vous pouvez marcher ? »

Elle hocha la tête. « Je vais bien, seulement un peu endolorie. »

Sano attrapa son poignet. « Allons-y alors. »

Ils se frayèrent un chemin aussi discrètement que possible à travers le manoir. Malheureusement, il y avait trop de policiers partout.

« Chef ! Nous avons trouvé une mitrailleuse Gatling ! » s'écria un des policiers.

« Ça doit être ça, le bruit dont les gens se sont plaints. Ne laissez personne s'échapper. Je veux tout le monde sous les verrous ! » ordonna le commissaire Uramura. Il ne pouvait pas croire leur chance. Ils attendaient depuis des mois de trouver une excuse pour pouvoir entrer, et plusieurs appels rapportant des coups de feu leur avait donné l'opportunité parfaite.

« Je peux vous payer ! J'ai de l'argent ! Laissez-moi partir ! » couinait Takeda, malgré sa mâchoire tordue.

Urumura secoua la tête. C'est ce faisant qu'il vu une femme qu'il ne connaissait pas, flanquée de deux hommes qui, eux, lui étaient familiers.

« M. HIMURA ! » cria-t-il de surprise. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire là ?

Takeda regarda le trio et se débattit, essayant de se libérer des policiers qui l'encadraient. « C'est elle ! Elle fabrique de l'opium ! C'est ma complice ! » Il n'allait pas plonger tout seul. Non. Il l'entraînerait avec lui.

Uramura se tourna vers Megumi : « Est-ce vrai ? »

Megumi ouvrit la bouche, mais avant qu'elle ne puisse parler, Kenshin l'attira derrière lui, et lança un sourire désarmant au commissaire. « Non, absolument pas. »

« ELLE EST MA COMPLICE, JE VOUS LE DIT ! » continua de crier Takeda, mais il se tassa rapidement sous le regard froid de Kenshin.

« Silence. », cracha Kenshin, d'habitude si charmant. Tournant son regard vers le commissaire, il lui fit son meilleur sourire. « Qu'est-ce que vous en dites, commissaire ? »

Le commissaire sourit, prêt à laisser Kenshin, Sano et Megumi partir. Il respectait énormément le jugement de Kenshin. Il les aurait laissé partir, seulement...

« Que vous êtes tous en état d'arrestation. »

Tous se tournèrent vers les nouveaux arrivant. Sano jura, le sourire idiot de Kenshin se fana sur son visage, et Megumi les fixa d'un air absent.

Okita sourit. « Quelle belle nuit pour une arrestation, vous ne trouvez pas ? » Il paraissait complètement détendu et totalement insolite dans les ruines du manoir.

« Tch. Idiot. » Saito écrasa sa cigarette sur le sol de marbre.

Uramura respira profondément. La présence de Saito compliquait les choses. Les deux hommes se regardèrent, Saito le défiant calmement. « Nous n'avons aucune raison de les arrêter. »

Saito sourit en coin et haussa un sourcils. « Vraiment ? »

Okita regarda autour de lui. « Tout ceci me semble être des circonstances suspicieuses, et je crois bien que Mme Takani – ou préférez-vous Takeda ? - est sortie de cellule sous caution. Sans mentionner le sabre de Kenshin... » Il fit traîner ses derniers mots de manière suggestive.

Le sourire de Saito se fit dangereux, ses yeux fixés dans ceux de Kenshin. « On ne peut pas se permettre une quelconque erreur sur cette affaire. »

Uramura redressa les épaules et se mordit l'intérieur de la lèvre. Saito avait raison. Ils avaient attendu trop longtemps pour perquisitionner chez Takeda, ils ne pouvaient pas se permettre le moindre manquement à la procédure. Il finit par soupirer, laissant échapper un peu de la tension que la présence de Saito avait apporté, et ordonna : « Arrêtez-les. »

Ils ne le savaient pas, mais la même pensée traversa l'esprit de Kenshin, Sano et Megumi. Merde.

Sano agrippa le bras de Megumi et la fit passer devant lui en murmurant « Ne dites rien jusqu'à ce que Takagi arrive. » Il la libéra quand les officiers les rejoignirent, les menottèrent et les escortèrent à l'extérieur.

Ce n'est qu'une fois hors du manoir qu'elle vit Aoshi et ses amis. Les quatre agents de sécurité étaient blessés, pas trop gravement, et étaient conduis dans des ambulances. Les yeux d'Aoshi ne quittaient pas ses camarades, alors que les ambulanciers et les policiers se tenaient près d'eux.

L'attention de Megumi fut détournée d'Aoshi et de ses amis quand Saito vint se tenir à côté du trio menotté.

« J'aurais tendance à croire que tu apprécies le moment. » lâcha Kenshin en regardant Saito allumer une cigarette.

« Apprécier de te voir menotté ? Incapable de convaincre les policiers de ne pas t'arrêter ? » Le sourire de Saito était lupin. « Pas du tout. »

Kenshin regarda l'autre homme, mais Saito ne lui prêtait plus attention. Plus tôt, Kenshin lui avait bloqué la vue de Megumi, mais maintenant, il avait une bonne perspective sur les bleus et les coupures de la jeune femme. Il se renfrogna.

Le groupe cligna des yeux comme un seul homme quand Saito interpella un secouriste et lui dit de s'occuper de Megumi. « Je vais bien », insista-t-elle.

« Hmm. Alors il n'y a aucun problème a le laisser regarder, non ? » fut la réponse de Saito.

Megumi ne put s'empêcher de lui lancer un regard noir, et redressa les épaules. Mais, avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, l'ambulancier commença à poser des questions, et l'accapara peu à peu, l'amenant vers une des voitures afin de la soigner.

Saito regarda la scène devant lui. « Quel est le problème ? Une vie tranquille n'est pas à ton goût, c'est pour ça que tu t'entoures de gens si... intéressants ? »

« Tokio sait qu'elle peut compter sur moi pour donner un coup de main », répondit brièvement Kenshin. Il savait que c'était assez pour se glisser sous la peau de l'autre.

Saito lui lança un regard mauvais, tapotant les cendres de sa cigarette dans sa direction. Ainsi, Kenshin allait utiliser la jeune femme contre lui. « Hmm. Ça, ou elle sait que tu ne refuseras jamais une affaire pathétique. » Sur ces mots, Saito regarda vers Sano.

Celui-ci, qui avait jusque ici était occupé par tout ce qui se passait autour de lui, n'avait pas vraiment fait attention à Kenshin et Saito, mais se tournait maintenant vers eux.

« Qu'est-ce que j'ai manqué ? »

« Rien, Sano. »

« Retourne picorer ton grain. »

« … Hé ! »

Avant que les choses ne se gâtent et que Sano ne dise quelque chose pouvant être utilisé contre lui, Okita apparu.

« Himura, dit 'cheese' ! » Kenshin et Sano se tournèrent simultanément vers lui, tandis qu'il se glissait entre les deux, un bras autour du cou de Kenshin, l'autre tenant son téléphone en face de lui.

« Okita ! » aboya Saito. « Laisse les idiots faire quelque chose d'aussi peu professionnel. Qu'est-ce que tu fais ? »

« Ça s'appelle un selfie. » répliqua Okita d'un ton moqueur. « Regarde », il se déplaça à côté de Saito, et leva son téléphone une fois de plus. « Je te montre. »

Saito lui lança un regard noir et gronda : « Okita, range ça et retourner bosser. »

« Hé ! Tu ruines la photo ! »


Plusieurs heures plus tard cette nuit-là

Tokio regarda son téléphone, les yeux lourds, espérant que ce n'était pas Sano. Dis appels manqués, deux messages sur son répondeur et deux sms. Elle soupira. « S'il-vous-plaît, faites que ce ne soit pas Sano. » Mais, avant qu'elle ne puisse vérifier ses messages, un appel entrant fit vibrer l'appareil. « Al- »

« Tokio, ils ont été arrêtés! »

Tokio soupira. La chance n'était pas de son côté. « Kaoru, quand tu dis 'ils', tu parle de Sano et- »

« Et Kenshin et Megumi. »

Toko roula sur le dos et soupira. « Ne t'en fait pas pour eux. Je vais les vois aussi vite que possible. » Puis, sachan à quel point la jeune femme devait être inquiète, elle ajouta : « Je t'appelerai s'il y a des changements, essaie de dormit un peu. »

Il fallut qu'elle attende plusieurs minutes avant de pouvoir vérifier ses messages. Elle avait un message manqué de Megumi, un autre de Sano, huit de Kaoru, et deux photos envoyées par Okita.

Tokio ne put s'empêcher de rire, en dépit du travail qui l'attendait, à la vue d'une des photos. Okita souriait à l'objectif et Saito avait un air dangereux. Même sur la photo, il était évident que Saito pestait après son ami.


Encore un est l'arc de Megumi sera terminé ! Merci d'avoir lu !

Notes de l'auteur : la scène avec Uramura est directement inspirée des manga, et c'est d'elle que découle toute l'histoire de ces derniers chapitres.

Personne ne meure, par contre. Pourquoi ? Parce que je ne veux pas que l'histoire d'Aoshi se rajoute à cet univers.

Et oui, Okita était le rencard sexy de Tokio. Il prend toute les chances possibles et imaginables pour taquiner Saito, même s'il doit tricher avec la vérité.

Les reviews sont toujours appréciées !

Note de la traductrice :

Legalronin (l'auteur de ces histoires), et FallenAngelItachi ont coécrit une fanfic Tokio/Saito, The Werewolves of Mibu, que je vais sans doute traduire sous peu. En attendant, si vous lisez un peu l'anglais, allez voir, c'est vraiment sympa ! Merci de votre suivi et à bientôt !

P-S : il y aura peut-être aussi des nouveautés pour Jolies rencontres, peut-être pas si jolies que ça !