Chapitre 9 :
- Gamin ? Hé tu m'entends ?
Une voix inconnue me réveille. J'ouvre difficilement un œil, sans vraiment comprendre où je suis. J'ai mal. Mal au dos et mal à la tête. J'essaie de me redresser, mais je suis incapable de bouger. J'ai des crampes partout. Le moindre mouvement m'arrache une plainte.
- Ne bouge pas. Tu as passé la nuit sur un banc, commence par te réveiller déjà.
J'ai la pâteuse, c'est dégueulasse. Difficile de lui répondre sans salive...
- Où je suis ... ? je parviens difficilement à articuler.
- Complètement paumé ça c'est sûr... Comment tu t'appelles ?
- G-Grey...
- Je m'appelle Antoine. Je t'ai vu t'allonger sur ce banc hier soir, je ne pensais pas que tu passerais la nuit ici, tu devais être sacrément torché !
- Rien bu...
- Problème de coeur alors... Viens, je t'emmène boire un café. Maintenant que t'es réveillé, tu devrais pouvoir te lever plus facilement. Appuie toi à moi.
Il me prend un bras et le passe autour de ses épaules. J'ai toujours mal, mais la perspective d'un café me donne un peu d'énergie. J'ai tellement froid... Je force un maximum et arrive à me redresser. Je suis désormais assis, seulement j'ai les jambes complètement ankylosées, inertes.
- Aller mon garçon, un peu de courage ! Tu y es presque.
Je me mets debout, mais manque de m'étaler au sol. L'homme me rattrape de justesse. Je tiens quelques secondes debout immobile, puis lève une jambe pour la poser quelques centimètres plus loin. Je tiens bon, grâce à l'aide d'Antoine. Lentement, on arrive jusqu'au café le plus proche. Ma tête est toujours lourde, mais je n'ai presque plus besoin de m'appuyer sur Antoine quand nous rentrons. Il nous conduit à une table au fond de l'enceinte et appelle la serveuse.
- Eloïse ! 2 cafés courts s'il te plaît !
Une blonde à la queue de cheval haute et aux hanches très développés lui fait un clin d'oeil derrière le comptoir comme guise de réponse. Maintenant que je l'ai en face de moi, je peux mieux détailler Antoine. Il a les cheveux bruns, courts, pas de barbe. Il a de beaux yeux verts, rassurants, avec des faussettes aux coins quand il sourit chaleureusement . Il semble calme et sérieux comme garçon. Enfin, comme homme plutôt, il doit au moins avoir la trentaine. Une fois les cafés servis, l'homme en face de moi commence à parler :
- Bon, raconte-moi pourquoi tu as passé la nuit sur un banc.
- Pourquoi je parlerai de ma vie à un inconnu ?
- Parce qu'un inconnu ne te connait pas. Il ne connait ni ta vie, ni quoi que ce soit d'autre. Comment pourrait-il te juger ? Tu peux tout me dire, on a aucun lien, je n'ai aucune obligation à ton égard. Maintenant, raconte.
C'est logique. Seulement tout raconter, comme ça, au premier venu... Mais après tout, qu'est-ce que j'ai à perdre ?
- Je suis amoureux.
Il prend un air compatissant, mais ne dit rien, attendant que je continue.
- D'un mec. Natsu. Moi, un homophobe, amoureux d'un autre homme. C'est de sa faute à lui. Il m'avait lancé un pari, qu'il arriverait à me mettre dans son lit. Il m'a dragué, m'a poussé à bout, et j'ai finis par tomber amoureux de lui. On a passé un week-end magique ensemble. On a joué, on a ri, on s'est battu, et surtout on a baisé encore et encore. Il m'a dit qu'il m'aimait, et je l'ai cru. Pour la première fois depuis des années, j'étais heureux, comblé. On a pris la décision de s'assumer, ensemble. Seulement... une fille à qui j'ai brisé le coeur deux ans auparavent m'a rappelé que toute cette histoire n'était qu'un pari, que je m'étais fait complètement berné, et ce de la manière la plus cruelle qui soit. Tout ça, c'était pour elle, pour sa vengeance. J'étais amoureux, et pour lui... ce n'était qu'un jeu...
En racontant mon histoire je sens les larmes me monter aux yeux.
- Il avait l'air... si triste...
- Peut-être qu'il t'aime réellement... Pourquoi a-t-il aidé cette fille à te faire souffrir ?
- Ils sont amis depuis l'enfance, il lui faisait confiance aveuglément. Apparemment il avait essayé d'arrêter, mais elle l'en empêchait.
- Cette fille a l'air d'être une vraie garce.
- On l'est tous dans cette histoire. On est tous des connards égoïstes, incapables d'être vraiment heureux. On se nourrit du malheur des autres. J'ai été un connard avec elle, il a été un connard avec moi, elle a été une connasse avec nous. C'est peut-être ce qu'on mérite, au fond, d'être seul et malheureux...
- Personne ne mérite d'être seul. On n'est pas "méchant" sans raison. Souvent, c'est la seule manière qu'on a trouvé pour cacher sa tristesse.
- Je le sais déjà, c'est Natsu qui me l'a fait comprendre. Je pensais enfin être heureux avec lui...
- Pourquoi ce ne serait plus possible ?
Je le regarde, ahuri, comme s'il m'avait dit qu'il avait un troisième bras dans le dos.
- Enfin... C'est évident...
- Pourquoi ?
- Parce que... Parce que c'est pas net, tout ça c'était faux...
- Qu'est-ce qui vous empêche de rendre ça réel ? Recommencez à zéro !
- Il ne m'aime pas...
- Qu'est-ce que t'en sais ? Si j'ai bien compris, il est aussi amoureux de toi, et je pense que tu le sais aussi, tu te voiles la face.
- Il m'a brisé le coeur...
- Il voulait aider une amie à qui tu avais fait du mal. 1 partout, serrez-vous la main, et partez sur de meilleures bases.
- Je... Enfin... Notre histoire est fausse, c'était un jeu...
- Déjà dit, tu tournes en boucle. Trouve autre chose.
- Je... Je...
Je n'ai plus d'argument, plus rien pour le contredire. Mais pourtant, je le sais qu'on ne peut pas être ensemble à nouveau, notre histoire est basée sur un mensonge...
- Bon écoute Grey. Tu dis que tu ne peux pas être avec lui, mais tu te vois vivre sans lui ?
Un point pour lui.
- Non...
- Tu n'as plus rien à perdre alors ! Le mal a déjà été fait, passez à autre chose. Ce qu'il vous faut, c'est une longue discussion et une bonne baise.
"Une bonne baise." C'est vrai que le sexe avec lui va me manquer, à côté toutes les autres filles sont fades. Et sa bite... Je rougis fortement à cette pensée. Ceci fait sourire Antoine qui se doute de ce qui me traverse actuellement l'esprit.
- C-Ce... Ce n'est pas si simple...
- Je veux bien te l'accorder, c'est difficile de pardonner à quelqu'un qui nous a fait du mal. Tu n'es pas forcé de le faire tout de suite, tu peux prendre ton temps. Commencez par prendre de l'espace chacun de votre côté, de vous vous voir en tant qu'amis, et la magie opérera d'elle-même !
- Quand c'est vous qui...
- Tu. Je te paie un café et te sers de psy bénévolement, on est plus à ça près, alors tutoie-moi. Mais vas-y continue je t'en pris.
- Euh OK... Donc, quand c'est v-toi qui le dis, ça a l'air si facile... Comment tu peux avoir la réponse à tout ?
- L'expérience. J'ai environ le double de ton âge ! C'est vrai, t'as quel âge ?
- 17 ans...
- Moi 32.
- T'es célibataire ?
- Désolé, je ne touche pas aux petits jeunes... dit-il avec un sourire amusé.
- N-Non... C'est p-pas ce que je voulais dire... je bégaie, gêné.
- Je sais, je te taquine c'est tout ! Oui, je n'ai personne en ce moment, mais j'ai déjà été amoureux.
- C'était comment ?
- Magique.
Ses yeux se mettent à briller nostalgiquement avant de continuer.
- Elle s'appelait Amélie. On s'est rencontrés j'avais 24 ans, elle 22. On s'est percutés dans la rue à Paris, j'avais un rendez-vous pour un entretien et elle se dirigeait vers sa fac de lettre, les bras chargées de livres et de classeurs. J'étais très en retard, mais quand je l'ai vu complètement déboussolée à essayer de rattraper ses feuilles volantes, je n'ai pas pu m'empêcher de reporter l'entretien pour l'aider. Elle avait de longs cheveux blonds qui volaient derrière elle, un béret vert foncé sur le dessus. Comme elle avait raté le début de sa première heure, je l'ai emmené boire un verre dans un café un peu comme celui-ci. Ses grands yeux bleus semblaient s'émerveiller de tout. Un sourire éclatant rayonnait toujours son visage, et en sortait un rire cristallin que je ne me lassais pas d'entendre. Nous nous sommes revus plusieurs fois, et en seulement quelques semaines j'étais amoureux d'elle comme un fou. Mes amis la trouvaient folle, moi j'aimais ce côté décallé. On allait dans des musées, au cinéma, au restaurant. J'adorais voir ses yeux s'illuminer dès que je lui faisais découvrir un nouvel endroit. Elle était mon trésor, ma princesse. On a finit par emménager dans un petit appartement au centre de Paris. Nous ne nous sommes jamais marier, elle était contre, mais j'espérais pouvoir la faire changer d'avis. On essayait d'avoir un bébé. Ça faisait déjà 3 ans que nous étions ensemble, mais le bébé ne voulait pas venir... J'avais 28 ans quand elle est tombée enceinte. C'était le plus beau jour de ma vie. Nous l'avons dit à tous nos amis, ils se sont tout de suite réjouit pour nous. Seulement, au bout de 8 mois de grossesse, elle a eu un accident... Elle en est sortie indemne, mais pas notre bébé. Elle a dû accoucher d'un enfant mort-né. Je ne l'ai plus vu sourire depuis, la lumière dans ses yeux s'était éteinte. J'essayais par tous les moyens d'entendre son doux rire à nouveau, mais rien à faire. Elle ne me regardait plus, comme si intérieurement elle était morte. Elle observait le monde vu d'extérieur. Un jour, après le travail, alors que je m'attendais à la voir devant la télé, je n'ai trouvé aucun trace d'elle, simplement un mot, sur la table, qui me disait qu'elle était partie, qu'elle avait besoin de voir le monde, pour retrouver goût à la vie, qu'elle était désolée. Étrangement, je n'étais pas triste. Enfin si, quand même un peu, je l'aimais, seulement... c'est comme si je savais qu'au fond, elle était déjà partie. L'Amélie dont j'étais désespérément amoureux n'existait plus. J'étais soulagée qu'elle se batte pour retrouver goût à la vie. Amélie est la seule femme que je n'ai jamais vraiment aimé, mon coeur s'est comme fermé quand elle m'a quitté. Ne pouvant plus vivre dans notre appartement qui me rappelait bien trop de souvenirs, j'ai déménagé la même semaine ici, à Rennes.
J'étais sous le choc. Comment avait-il pu s'en sortir ? Toute son histoire se reflétait dans ma tête. Amélie, les amis, l'appartement, le bébé, l'accident... Son récit défilait devant mes yeux grands ouverts. J'imaginais ce qu'il avait pu ressentir, et je le voyais tout de suite différemment. Je le voyais toujours comme quelqu'un de chaleureux et de sympathique, mais maintenant en plus comme un homme courageux, fort. Je le respectais d'autant plus.
- Je... Je ne sais pas quoi te dire...
- Alors ne dit rien. Ça m'a fait du bien d'en parler à un inconnu, je te remercie de m'avoir écouter.
Je lui offris comme toute réponse un sourire compatissant. Il coupa alors le silence :
- Mais tu sais Grey, je crois en l'amour encore aujourd'hui. On a eu des moments difficiles mais aucun ne vaut tous les merveilleux moments qu'on a passé tous les deux. Crois-moi, si j'avais le pouvoir de changer quelque chose, je ne changerais rien. L'amour a donné un sens à ma vie, et je plains tous ceux qui ne le connaitreront pas. Si je peux te donner un conseil, un seul, au risque d'oublier tout ce que je t'ai dis avant ; "n'abandonne pas". C'est ce que tu auras de plus précieux dans ta vie, bats-toi pour.
"N'abandonne pas. Bats-toi." Si ça vaut le coup...
- Bon ! Finis les jérémiades ! Il est temps que tu rentres chez toi, que tu prennes une bonne douche, que tu dormes dans un vrai lit, et qu'une fois que tu auras retrouvé tes forces, que tu ailles parler à ce Natsu !
- Ouais... Je vais bien devoir y passer un jour ou l'autre...
- Exactement ! Aller, courage mon garçon !
Il me conduisit à l'extérieur du café après avoir payer, puis m'offrit de l'argent pour le bus, ainsi que son téléphone, si je voulais "me plaindre à un inconnu autour d'une boisson chaude", m'a-t-il dit avec un regard et un sourire complices. Il m'a accompagné jusqu'au bus, avec un dernier signe de la main quand celui-ci a démarré.
OoooO
- Ça va Grey ? T'en chies pas trop ?
- Si tu crois que c'est comme ça que tu vas m'aider connard...
Je l'entends ricanner par dessus mon épaule. Quel connard...
- Il arrive dans combien de temps ? me demande Antoine.
Je regarde ma montre et lui réponds :
- D'ici 5 minutes.
Ma jambe droite se secoue nerveusement sous la table.
- On a pris la mauvaise décision. J'aurais dû aller directement à son appartement, il va me foutre un vent, lui dis-je.
- Oh Grey, quel pessimisme... Je suis sûr qu'il va arriver d'une minute à l'autre.
- Comment tu pourrais le savoir ? Tu ne le connais même pas.
- Mon instinct Grey, mon instinct.
- Mais oui bien-sûr...
J'ai rencontré Antoine avant-hier. À peine je suis rentré chez moi que je me suis endormi dans mon lit. Je n'ai pris ma douche que trois heures plus tard. Je suis sorti de la salle de bain, ma sœur se rongeait les ongles sur le canapé. Quand elle m'a vu arriver, elle m'a pris dans ses bras tellement fort que je pense qu'elle m'a cassé une côte. Elle m'a dit qu'elle était inquiète pour moi, que Erza l'avait prévenu, qu'elle irait casser la gueule de Natsu, et que après elle ne me lâcherait plus. Je lui ai caressé le dos en lui expliquant que ça allait. D'une pichenette dans la tête elle m'a fait comprendre qu'elle savait que je mentais. J'ai ricanné et lui ai dit, qu'aussi surprenant que cela puisse être, ça allait. Je lui ai raconté pour Antoine, elle m'a juste répondu "un type bien". C'est vrai, Antoine est quelqu'un de bien. Ce n'est pas n'importe qui qui irait payer un café à un inconnu qui a passé la nuit sur un banc.
J'ai donc pris la décision de lui envoyer un message pour le remercier le jour même. On a discuté quelques temps, puis il m'a demandé ce que j'allais faire pour Natsu. Excellente question. Face à mon absence de réponse, il m'a envoyé "Et pourquoi ne pas juste lui parler ? Les gens parlent bien autour d'un café !". Un café. Juste un café. C'était ça sa solution miracle ? J'ai accepté, à condition qu'il ne me laisse pas seul. J'en ai parlé à ma soeur ensuite. Bien évidemment, elle était contre. Elle a même fini par appeler Antoine pour lui dire d'arrêter de me bourrer le crâne de conneries. Ils ont parlé au moins une demi-heure. Je n'ai pas compris ce qu'il lui a dit, mais ça avait l'air convaincant, puisqu'elle a fini par accepter de me laisser sortir. Mieux, elle m'a aidé à écrire le SMS que l'on a envoyé le soir même à Natsu. Ça donnait "Salut, je crois qu'il faut qu'on parle... Café demain 11h à La Brioche Dorée ? Celui dans le centre". Je stressais tellement que c'est Ultear qui a dû appuyer sur "envoyer". Sa réponse n'a pas tardé, à peine dix minutes plus tard : "Je suis tellement content que tu veuilles encore me voir... Ok pour demain, tout ce que tu veux. Je t'aime". Bien malgré moi, cet SMS m'a causé des papillons dans le ventre.
C'est comme ça que je me suis retrouvé à la Brioche Dorée, la boule au ventre, avec Antoine à une table dos à moi, pour qu'il puisse me parler sans être grillé. Je flippe tellement. Je regarde par la fenêtre. Je vois la foule de Rennes traverser la rue. Seul, entre amis, en couple, en famille, avec un chien, avec des sacs, au téléphone,... Je les regarde un part un, séparément ou vu d'ensemble. Tous pareil et tous différent. Mais aucune chevelure rose. Il ne viendra pas. Je regarde encore ma montre. Plus que 2 minutes. Putain de merde.
- Mais calme toi enfin ! Tu vas faire de l'hyper-ventilation si tu continues comme ça ! me prévient-il.
Facile à dire... C'est alors que j'entends, doucement, timidement, mais bien réel :
- Bonjour...
Je me tourne vers la voix derrière moi. Qu'il est beau... J'en oublierai presque de respirer tant il est parfait. Même ses cernes, ses cheveux décoiffés, n'y changent rien. Je lui réponds d'un même murmure :
- Bonjour...
Un léger sourire se dessine sur son visage, même s'il semble sur le point de fondre en larmes. Merde. S'il pleure, je pleure aussi. On aurait l'air con, tous les deux, à pleurer sans raison. Je lui fais signe de s'asseoir d'un mouvement de tête. On se croirait à un entretien, comme un jugement dernier. On ne dit rien pendant quelques secondes, on se regarde seulement dans les yeux. La serveuse vient, on commande tous les deux une boisson chaude. Elle part, revient avec notre commande. Toujours rien entre lui et moi. Simplement un regard. Je finis par briser le silence :
- Je pensais que tu ne viendrais pas...
- Alors que tu me laisses une chance de te voir ? Je ne raterai ça pour rien au monde.
Nos mots sont légers, tellement doux que je pense qu'Antoine a dû mal à nous entendre. Je reprends :
- Qu'est-ce qu'il s'est passé quand je suis parti ?
- Les gens se sont tournés vers nous une fois que tu as passé la porte. Je me suis levé pour te courir après, mais Erza m'a plaqué au sol. Wendy aussi s'est levée, elle s'est approchée de moi, les yeux plein de larmes. Elle m'a insulté en me donnant des petits coups de pieds. On avait l'air con, tous les trois, à pleurer.
- Et Lisanna ?
- Une fois notre "crise" passée, elle est venue me voir. Je l'ai envoyé chier. Ensuite je n'en sais rien. Mais une chose est sûre, je ne veux plus jamais la voir.
- Erza et Wendy n'ont pas essayé de me retrouver ?
- Si, mais tu étais déjà parti depuis 30 minutes.
- Et toi ?
Il ne répond pas tout de suite. Il regarde ses mains, gêné.
- Je suis rentré chez moi. Je suis resté dans mon lit, à chialer, en me répétant à quel point j'ai été con. J'ai vomi deux-trois fois, mais rien avalé. Je voulais tellement être avec toi, te prendre dans mes bras, tout oublier, mais en même temps, je voulais m'enfuir, ne plus jamais voir ton visage si triste. J'avais tellement honte. J'ai toujours honte d'ailleurs. Je suis un connard...
- Oui.
Il redresse la tête, les yeux humides. Je continue :
- T'es un enfoiré. Mais moi aussi. J'ai bien réfléchis, et j'en suis venu à la conclusion que peut-être, toi et moi, c'était pas une bonne chose...
- Non ! Non pas ça ! me coupe-t-il. Toi et moi c'est pas une mauvaise chose, dit pas ça !
- Laisse-moi finir. Toi et moi, si c'est mauvais, c'est parce que c'est bourré de mensonges. Mais même si tu m'as fait mal... je t'aime encore... En dehors de cette histoire de pari, tu es la plus belle chose qui me soit arrivée, et je n'ai aucune envie d'abandonner... Alors, j'ai une proposition à te faire. Mais avant, j'ai besoin de savoir ce que toi tu veux.
- Toi. Seulement toi. Je t'aime tellement...
- J'aimerais qu'on prenne du temps, chacun de notre côté. Qu'on soit sûr que ce qu'on veut c'est être ensemble...
- Mais je suis sûr !
- Non. C'était un pari ! C'était faux ! Peut-être qu'au fond, on ne se connait même pas...
- Je ne suis pas d'accord. Les cinq jours passés ensemble, je ne jouais pas. Une seule chose comptait, être avec toi. Tu jouais toi ?
- ... Non...
- On a encore des choses à apprendre de l'autre, ça je suis d'accord. Alors, j'ai une meilleure proposition, ça vaut ce que ça vaut, mais c'est un début...
- Je t'écoute.
- Un rendez-vous. Deux inconnus dans un restaurant. Une recontre. Pas de mensonge, pas de secret. On recommence tout. Le reste n'existe pas. Je suis amoureux de toi ? Pourtant je ne te connais pas. On a passé 5 jours merveilleux ensemble ? Je ne t'avais jamais vu. Lisanna ? Un pari ? Ça ne me dit rien. La seule chose qui compte, l'inconnu en face de moi qui, paraît-il, est justement dans la même classe que moi, et a le mérite d'être incroyablement sexy.
- Ça va être difficile d'oublier...
- Pas aussi difficile que de s'éloigner. Je suis dingue de toi. Je ne peux plus vivre sans toi. Maintenant que j'ai goûté au bonheur, il est hors de question que je le laisse tomber.
Il me prend la main, l'embrasse doucement, et ajoute :
- Je vais t'aimer, Grey Fullbuster. Je vais t'aimer si fort, que le reste du monde n'y pourra rien. Je sais que le pardon sera difficile à obtenir, mais ça prendra le temps qu'il faudra. Qu'en dis-tu ? Moi je suis sûr.
Oublier pour mieux reprendre ? Est-ce qu'il sait à quel point c'est difficile d'oublier alors que je ne lui ai toujours pas pardonné ? Juste deux mots de ma part, et c'est une nouvelle histoire qui débutera entre nous. Se quitter pour mieux se retrouver. Tout recommencer. Respire. Prends une décision. Tu en as envie ? Fonce.
- ... J'accepte...
FIN
OoooooO
Wouaaaa mais c'est la fin ! Déjà ? Moi même je suis surprise...
Salut mes amours !
Et oui, c'est fini. Désolée, ça laisse tellement de question, du genre : "Lisanna va-t-elle encore agir ?", "Vont-ils réussir à s'aimer, sans mensonges, à être ensemble et heureux ?", "Que va devenir Antoine ?",... Difficile à concevoir, mais j'aime laisser la liberté au lecteur d'imaginer la fin. On peut dire que c'est une fin heureuse, mais un retournement de situation n'est pas impossible. Ne rêvez pas, aucune suite n'est prévue. À vous, si vous le souhaitez, de l'imaginer. Mais le pire, c'est que Grey n'a toujours pas pardonné Natsu ! Imaginez s'il n'y arrive jamais ! En plus j'avais prévu 10 chapitres, mais je n'aime pas écrire inutillement. J'ai trouvé qu'espacer, rajouter des passages étaient sans intérêt. Surtout que je veux laisser une fin libre et ouverte.
Hihihi je suis cruelle... 3:)
En tout cas, un gros PARDON, pour cette nouvelle attente. Un retard de deux semaines... Le truc, c'est que j'ai beaucoup de travail. Comme c'est la fin d'année, j'ai plein de travaux et de projets à rendre. Je chiale beaucoup, j'ai envie d'abandonner un tas de fois, mais, courage, comme dit si bien ma mère ! Dur dur l'art-appliqués. En tout cas, écrire est toujours un plaisir !
Ensuite, un énorme MERCI. J'ai plus de 3000 lus pour cette fanfiction. C'est tout simplement énorme. Je n'ai que des retours positifs, et pour une première fois, c'est parfait. Je vous aime énormément, vous ne savez même pas à quel point.
Et maintenant, place aux reviews !
Ryugami-kun : Jusqu'au bout t'as géré, merci ! Désolée pour ton petit coeur, surtout qu'on ne saura jamais si Grey pourra lui pardonner... Hihi :) Bisous !
Calinneulbus : Sale psychopathe schysophrène, t'es vraiment folle ! En tout cas ta review m'a fait beaucoup rire. On se revoit bientôt pour un nouveau film complètement jaune pissou !
Loulyss : Effectivement, c'est rapide... Même si j'aime faire des descriptions, ça n'empêche que le texte inutile m'épuisde rapidement. J'aime quand on est au coeur du sujet, désolée je me doute que ce n'est pas le cas pour tout le monde. Cruel ? Oui, mais prétencieux ? Je ne sais pas, mais de toute façon il n'est pas du genre à beaucoup se poser de questions. La seule chose qui comptait pour lui, c'était Natsu. À vrai dire, j'ai vraiment essayé de donner à chacun sa part de responsabilité, et que même si Lisanna c'est un "méchant personnage", je ne veux pas qu'elle ne le soit pour rien. Bon, et bien, à une prochaine !
Ninomaru : Héhé, un peu d'actions, de piquants, c'est ça qu'on aime !
Kiki09531 : Oww merci c'est trop gentil ! Tous des connards :') ! Mon petit nez te remercie, et espère que cette fin te conviendra ;).
FairyFanTail : L'amour vache comme on dit ! En tout cas ça me fait plaisir, tu as bien compris l'idée ; chacun sa part de responsabilité, chacun ses erreurs. Quant au pardon... On ne saura jamais ! Hihihi...
Rukiia : Tout d'abord, merci pour le pseudo, ça aide. Ensuite, dire que je me trouvais violente, toi tu parles de mort ! Hard ! :') Et pour finir, espérons que la fin te convienne, même s'il n'y a aucune forme de violence physique. ;)
Aller ! À une prochaine histoire vous tous !
Assumez-vous, vous avez plus à y gagner qu'à y perdre.
Merci à Miloran, pour la correction, et pour tout le reste.
