CHAPITRE IV – Plongeon dans les abysses.

Drago ouvrit les yeux. Il n'y avait personne debout dans la tente. Et pourtant il était sûr et certain d'avoir sentit une présence passer près de lui.

Il regarda autour de lui, Weasley ronflait encore beaucoup trop fort, tout semblait si calme.

Drago se leva, quelque chose clochait. Il le sentait, et pourtant il n'arrivait pas à deviner ce qui lui causait du soucis.

Il tourna en rond dans la grande tente, quelque chose n'allait pas, il savait que quelque chose ne tournait pas rond, il le savait. Mais quoi ?

Il regarda son lit, celui de weasley, celui de Potter.

Vide.

Le lit de Potter était vide !

D'un bond il sauta du sien pour enfiler sa veste, qu'allait faire Potter dehors à une heure si tardive ?

Il prit sa baguette que Weasley avait posé à côté de son matelas, puis sortit de la tente à la recherche de l'élu qui s'était enfonçé dans la nuit noire.

Il passa à côté de Granger qui s'était endormie sur un tronc, il secoua la tête, quelle incompètences ces sang de bourbe, n'importe qui aurait pu leur rendre visite avec cette garde de pacotille.

Il remarqua sur le sentier des traces de pas qu'il interpreta comme étant celle du sorcier manquant, il entreprit donc de les suivre, sans savoir où cela allait le mener.

Il erra pendant une dizaine de minutes, se demandant ce qu'il ferait si Potter s'était fait attrapé.

La fin de tout espoir. Il ne pouvait pas laisser faire ça, même avec toute la rancoeur qu'il ressentait envers le Gryffondor.

Alors il s'enfonça encore et encore, plus il marchait, et plus il se perdait au milieu de la noirçeur de la forêt. Il ne savait pas ou il était, mais cet endroit ne lui inspirait rien de bon.

Il n'entendait rien, la forêt était silencieuse, seuls ses pas se faisaient entendre lorsqu'il s'enfonçaient dans la boue ou qu'ils frottaient contre les feuilles qui tombaient sur le sentier.

Dans quel pétrin s'était fourré Potter ! Quelle idée de partir, quelle idée alors qu'il était le sorcier le plus recherché d'Angleterre ! Savait il que Voldemort avait des rafleurs qui trainaient dans chaques coins d'ici ?

Il s'enerva et poussa un long grognement de frustration quand tout à coup il entendit un plongeon à quelques pas de lui. Il poussa les branches unes à unes avant de s'embarquer dans une petite clairière, au loin, il aperçut un lac complètement gelé qui semblait tout à fait normaL.

Et pourtant, il savait que quelque chose était louche. Il remarqua une faible lumière au fond du lac, et il s'approcha un peu, doucement, très doucement.

La glace s'était brisée au milieu du lac, et Drago semblait y voir à l'intèrieur une silhouette se débattant au milieu de l'eau sombre. Se pourrrait-il que Potter soit tombé à l'intérieur ?

Comment un sorcier aussi doué aurait pu tomber dans un lac gelé ? Il ne pouvait pas y croire.

Rapidement il enleva sa veste et sa chemise pour se retrouver en pantalon face au lac, il marcha lentement sur la glace avant de plonger d'un coup dans l'eau glaciale.

Le froid lui faisait l'effet de millier de couteaux s'enfonçant lentement à travers sa peau, il avait du mal à bouger les membres, comme si il était paralysé.

Il se laissa fermer les yeux avant de les rouvrir comme pris d'une idée soudaine. Il devait rattraper Potter. Il ne pouvait pas se laisser aller à la douleur, il s'efforça de bouger les bras dans de grands mouvements pour aller plus vite, il fit un mouvement sec avec sa baguette, c'est ainsi qu'un faisceau de lumière en sortit pour l'aider à s'éclairer dans les eaux troubles qui l'entourent.

Il aperçue le corps inerte d'Harry Potter au fond du lac, entre deux rochers.

Il fonça droit sur le sorcier et lui attrapa le bras pour le mettre autour de ses propres épaules, non loin de lui, il trouva le médaillon et une épée argentée qu'il attrapa.

Puis rapidement, il remonta à la surface avant de porter Potter jusqu'à la terre ferme.

Il posa leur baguette sur le côté avant de poser ses mains sur le torse de Potter et de tenter de le réanimer.

Après quelques minutes ce dernier se réveilla en crachant l'eau qui lui encombrait les poumons, Drago se sentait soulagé.

Il poussa un long soupir avant de plonger son visage dans la paume de ses mains, il venait de sauver l'élu, sans lui, le gryffondor serait mort au fond de l'eau, noyé et frigorifié.

Frigorifiés, ils l'étaient d'ailleurs tout les deux. Leur corps tremblait alors qu'ils fixaient tout les deux le lac en face d'eux.

« Comment tu as su ? » Potter venait de parler pour la première fois depuis de nombreuses minutes. Drago lui avait donné sa chemise pensant sans doute qu'il en avait plus besoin que lui. Il regarda le sorcier dans les yeux avant de lui expliquer.

« - Je t'ai vu partir. Alors je t'ai suivis. J'ai cru que des rafleurs t'avaient attrapé Potter.

Drago se gratta la nuque, il avait espéré que Potter le remercierait, mais rien.

Il savait pourquoi il avait detesté le balafré pendant sept années de suite.

Puis il attrapa sa baguette alors qu'il entendait d'étranges bruits au delà des arbres autour des deux sorciers.

« - Baisse ta baguette Malefoy ! Je savais qu'on pouvait pas te faire confiance. »

C'était Hermione. Elle avait vu Malefoy partir alors qu'elle montait la garde, pensant qu'il allait les dénonçer à une armée de rafleurs n'attendant que d'attraper le trio, elle l'avait suivit à travers la forêt. Elle pointait à présent sa baguette sur le Mangemort, prête à lui jeter n'importe quel sort si il tentait quoique ce soit contre elle ou son ami.

Ce qui la surprenait, c'était que le blond se tenait torse nu devant elle. Son pantalon était trempé et il semblait trembler de froid. Que faisait il dans cette tenue ?

« Qu'est-ce que tu mijotes Malefoy ? »

« - Hermione laisse le. C'est de ma faute. » Harry venait de parler. Drago souffla de soulagement, comme si il aurait été assez bête pour s'en prendre à Potter.

Hermione incredule, haussa les sourcils pour demander des explications.

« - Regardes ce que j'ai trouvé au fond du lac ! Je voulais la chercher, mais le médaillon m'en a empêché...J'allais mourir si Malefoy ne m'avait pas suivit. Il m'a sauvé la vie Hermione, laisse le tranquille. Rentrons nous coucher. »

Hermione regarda l'épée dans les mains de Drago, c'était l'épée de Gryffondor ! Celle qu'Harry avait utilisé pour vaincre le basilique, celle qui était sensée être à Poudlard, à la vue du nouveau directeur.

Que faisait elle ici ? Comment avait elle trouvé Harry ?

Elle baissa sa baguette, non sans lançer un regard à Malefoy, puis ils rentrèrent à la tente, dans un silence presque religieux, bercé par les bruits de la forêt.

Arrivé dans leur tente, Harry preta à Drago des vêtements secs que ce dernier enfila, bien que trop petit pour un gabarit comme le sien, Drago se sentait nettement mieux au chaud dans ces vêtements que torse nu dans la neige.

Ils s'assèyerent tout les trois et Granger leur servit une tasse de thé chaude, Weasley s'était reveillé evidemment, leur demandant la raison de leur état.

Alors Drago avait parlé.

« - D'ailleurs Potter, comment as tu su pour l'épée ?

C'est vrai Harry, comment as tu su pour l'épée ?

Vous allez trouver ça ridicule mais...j'ai vu...Le patronus de ma mère. J'ai vu une biche et je l'ai suivit...Et au fond du lac, je l'ai vu, j'ai vu l'épée, je ne sais pas ce qu'elle fait là, je ne sais pas pourquoi on m'a mené à elle mais quelqu'un voulait que je la trouve.

Harry, depuis 7 ans y'a des tas de trucs qui se passent, je propose qu'on aille se coucher, et on demelera tout ça demain ? Si on doit se mettre en route, autant être reposé. »

Tout le monde acquiesa. Hermione repartis monter la garde, et quand il vit que tout les autres étaient dans leur lit, Drago la suivit.

« - Malefoy ?

je ne veux pas dormir. J'ai pris l'habitude d'avoir des petites nuits. Tu t'es déjà endormie tout à l'heure, je prefere etre là si ça se reproduit.

Malefoy je monte la garde par pur principe, les sortilèges de protection que j'ai jeté ici sont infaillibles, tu peux aller te coucher.

Ta fierté te perdra Granger tu sais ? Tu préfères attendre qu'il arrive quelque chose pour que tu te rendes comptes que nul sortilège n'est infaillible ? Regarde, même le seul sortilege connu comme ne pouvant louper son but n''a pas eu l'éffet escompté sur ton cher petit ami.

Harry est tout sauf mon petit ami.

Détend toi Granger. C'est une blague.

L'humour n'a jamais été ton fort Malefoy, pardonnes moi de ne pas rigoler à toutes tes boutades.

Finement observé Granger. Sauf qu'on ne se connait pas toi et moi, je pourrais être l'homme le plus drôle du monde que tu ne le saurais même pas.

Je te connais suffisamment pour savoir que nous n'avons sans doute pas le même humour raciste et élitiste. »

Drago rigola, un humour raciste et élitiste. Ses seuls amis à Poudlard étaient de parfaits idiots, ils n'auraient pas compris une seule de ses blagues si elles étaient réduites à ce genre d'humour.

« - Tu as raison, d'ailleurs Gregory et Vincent ne les comprenaient jamais, c'est sans doute pour ça qu'ils riaient tout le temps. De vrais crétins ces deux là. »

Il aurait aimé savoir où étaient ses deux amis, malgré tout, après tant d'années à leurs côtés, il avait noué des liens forts avec eux. Ils étaient stupides, ils n'avaient rien en commun avec Drago, mais ils étaient les seuls à ne jamais l'avoir jugé, ou ne jamais avoir rien attendu de lui. Et aujourd'hui il ne savait même pas si ils étaient encore à Poudlard, encore moins si ils étaient en vie.

« - Ca ne te manque pas, Poudlard ? » Drago se retourna vers la sorcière, il ne s'attendait pas à cette question.

« - Parfois si. En fait, c'est surtout ce que representait l'école qui me manque. On était insouciants, on était en sécurité. Maintenant, ici, j'ai l'impression de jouer ma vie à chaque pas que je fais et je ne sais même pas ou je vais.

Comme quoi...

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Tu as passé ces sept dernières années à critiquer Poudlard.

Oui, je sais. J'étais un sacré con parfois.

Parfois ?

Ecoutes Granger, vous n'avez pas été tendre avec moi non plus. J'ai été rejeté par « l'élu » le premier jour de notre arrivée à Poudlard. Moi, Drago Malefoy. J'avais rien demandé.

Tu as ris de Ron Malefoy.

Ca ne valait pas ça, c'est lui qui a lançé cette guerre. Pas moi.

Mais tu as pris du plaisir à nous faire du mal, pas nous.

Et ce coup de poing ?

Celui là était mérité. Et oui il m'a fait du bien. Mais tu m'as insulté de sang de bourbe pendant trois ans avant que j'ose enfin te rendre la monnaie de ta pièce.

Ha Granger. Et regardes nous aujourd'hui !

Ca ne change rien Malefoy. Je te l'ai déjà dit, ça ne change rien. Tu n'es pas mon ami, je ne suis pas la tienne.

Oh loin de moi cette idée. Mais j'ai quand même sauvé la vie de ton meilleur ami i peine une heure.

Oui. Merci, mais je ne suis toujours pas convaincue par ta nouvelle vie.

Tant pis Granger, je ne cherche pas à te convaincre, je sais qui je suis, peu importe ce que tu en penses. J'ai absorbé tellement de chose que j'en suis plus fort désormais, tes remarques ne changeront rien aux choix que j'ai fait, je peux pas revenir en arrière mais je sais comment aller de l'avant.

Attends...répète ça !

Quoi ? Je sais que je suis ?

Non! Tu as absorbé tellement de chose que tu en aies devenu plus fort ! Mais c'et ça Malefoy ! Tu es presque un génie ! »

Elle se leva d'un bond, Drago ne comprenait rien à ce qu'il se passait. Il la suivit dans la tente, elle avait un livre dans les mains, c'était l'histoire de Poudlard.

« - Elle n'absorbe que ce qui la renforce !

De quoi tu parles Granger ?

L'épée ! L'épée ! Harry à tué le basilique dans la chambre des secrets, en deuxième année, il a détruit un horcruxe avec un de ses crochets !

Potter à détruit un Horcruxe ? Mais comment ça ?

Le journal qui appartenait à Jedusor, enfin, Voldemort...Celui qui à fait de Ginny celle qui à ouvert la chambre, c'était un Horcruxe, et Harry l'a détruit avec l'un des crochets du basilique. »

Drago avat un profond respect pour Potter. Il pouvait penser tout ce qu'il voulait, le Gryffondor était puissant, il ne pouvait le nier. Tuer un basilique et se confronter au plus grand mage noir de tout les temps à douze ans, c'était un exploit héroique.

« - Et donc ?

Et donc, le venin du basilique à tué l'Horcruxe. Le fait est que l'épée à transperçé le basilique en pleine tête, elle n'absorbe que ce qui la renforce, elle a absorbé le venin ! L'épée peut détruire l'Horcruxe !

Donc, celui qui nous l'a envoyé est au courant de notre quête, et veut que nous détruisions l'horcruxe ! Granger tu es douée ! »

Ils prirent l'épée et attrapèrent le médaillon avant d'aller à l'exterieur de la tente.

« - Poses le ici Malefoy. »

Drago déposa le médaillon sur un tronc d'arbre allongé dans la neige, puis Granger donna l'épée au Serpentard.

« - Tu veux que ça soit moi qui le fasse ?

Je veux être sûre que tu ne nous mentes pas Malefoy.

Tu es sûre que je ne risque rien ?

Je n'en sais rien, mais je suis là. Il y a peu de chance qu'il t'arrive quelque chose à toi et pas à moi. Allez Malefoy, tu peux y arriver. »

Drago se sentait fière et pris d'un courage soudain. Il tenait entre ses mains l'épée de Godric Gryffondor et s'appretait à tuer une partie de Lord Voldemort, il n'avait jamais été aussi fière de lui.

Granger murmura une phrase dans un langage qu'il ne connaissait pas et Drago regarda le médaillon s'ouvrir en un bruit sourd, puis il baissa les bras.

Deux silhouettes venaient d'apparaître devant lui, sa mère, et son père, les sourcils fronçés, les yeux remplis de deception.

« Drago, qu'avons nous râté avec toi ? Regardes toi, comment as tu pu nous trahir à ce point ? Comment peut tu te detourner de nous. Nous avons toujours su, toujours su que tu n'étais qu'un bon à rien, que tu n'arriverais jamais à répondre à nos attentes. Tu n'es qu'une immense déception pour toute la famille, tu fais honte à ton sang. Tu fais pleurer ta mère chaque soir, elle est si déçue Drago, elle est déçue, elle a brûlé chaque photo de toi, chaque objets t'appartenant, elle t'a totalement effaçé de nos vies Drago, c'est comme si tu n'avais jamais existé ici, et c'est mieux ainsi... »

Des larmes coulaient le long des joues de Drago, il était comme hypnotisé par les paroles de son père, il avait mal. Il ne pouvait pas écouter plus de ses mots, ils ne pouvaient plus...

Il pris l'épée et l'enferma dans ses poings, puis il s'avança vers le médaillon avant de faire taire la voix de son tiran de père en assainant un coup d'épée sur l'horcruxe. Granger et lui furent repoussés en arrière dans une onde de choxc émanant du collier, puis plus rien, le silence complet.

Drago venait de détruire l'horcruxe. Il venait de faire faiblir Voldemort, il venait de se libérer d'un fardeau qui pesait sur lui depuis des années.

« -Granger ?! Ça va ?

Malefoy, on a réussis ! »

Malefoy soupira avant de sourire. Ils venaient tout les deux de résoudre un problème colossale, le lendemain, ils se remettraient en route pour courir à la perte de Lord Voldemort, plus motivés que jamais.