La fuite du boa brésilien avait valut à Harriet la plus longue punition de sa vie. Lorsqu'elle fut enfin autorisée à sortir, les vacances d'été avaient déjà commencé depuis longtemps. Elle était contente que l'école ait pris fin mais elle n'arrivait pas à échapper à la bande de Dudley dont le jeu préféré était la chasse au Harriet. C'est pour cela qu'elle passait la plupart de son temps dehors, à se promener. Un jour, lorqu'elle revint d'une de ces ballades, elle découvrit Tante Pétunia au dessus d'une bassine grisâtre mal odorante dans laquelle flottait des vêtements.

-Qu'est ce que c'est ? Lui demanda t'elle

-Ton nouvel uniforme.

-Je ne savais pas qu'il fallait le faire tremper dans l'eau.

-Ne fais pas l'idiote, ce sont des vêtements qui m'appartenaient quand j'étais plus jeune. Je les teins et ton uniforme ne sera pas différent de celui des autres.

Harriet en doutait fortement mais ne dis rien. Le seul réconfort qu'elle pouvait avoir était de savoir qu'elle n'irait pas dans le même collège que Dudley. Celui ci irait dans une école privée tandis qu'elle se contenterait de l'école public du quartier.

Le lendemain matin, Oncle Vernon demanda à Harriet d'aller chercher le courrier. Il y avait une facture, une lettre de Marge, la soeur de Vernon partie en vacances et enfin, une lettre...pour elle !

Mlle H.Potter

Dans le placard sous l'escalier

4 Privet Drive

Little Whining

Surrey

L'enveloppe, lourde et épaisse, était faite de parchemin jaune et l'adresse était écrite à l'encre rouge rubis. En retournant la lettre, Harriet vit un sceau de scire frappé d'un écusson représentant un serpent, un lion, un aigle et un blaireau entourant la lettre P.

Elle retourna à la cuisine et donna à son oncle les deux lettres puis entreprit d'ouvrir la sienne.

-Papa, regarde ! Harriet a reçu une lettre ! Dit Dudley en lui arrachant des mains !

-Rends la moi ! C'est la mienne !

-Qui donc t'écrirais ? Répondit Vernon la voix pleine de mépris.

Il prit la lettre et y jeta un coup d'oeil. Il devint blême, son visage se decomposa.

-Pétunia ! Pétunia ! Vite !

Pétunia prit la lettre et fut sur le point de s'évanouir.

-Oh mon dieu ! Qu'allons nous faire Vernon ?

-Vous deux dehors ! Dis Vernon en prenant Harriet et Dudley par le col de leur chemise et en les jetant dans le couloir. Ils restèrent à la porte pour écouter la conversation.

-Comment on t-ils su où il dort ? Tu penses qu'ils surveillent la maison ? Demanda Pétunia affolée

-Ils nous surveillent, ils nous espionnent, grommela Vernon

-Mais que faire...Il faut leur répondre, leur dire que nous n'acceptons pas...

-Je ne veux pas de ça dans la maison Pétunia ! Souviens toi, quand nous l'avons pris avec nous, nous nous sommes jurés de refuser toutes ces idioties ! C'est beaucoup trop dangereux.

Les jours suivants, la maison des Dursley se vit recevoir de plus en plus de lettres, quatres, douze, vingt quatre... L'expéditeur employait des méthodes de plus en plus réfléchies, il avait dissimulé les lettres dans une douzaine d'oeufs que le facteur avait dû leur jeter par la fenêtre. L'oncle Vernon avait condamné la boîte aux lettres ainsi que toutes les portes de la maison, plus personne ne pouvait rentrer ou sortir. Harriet voulait savoir ce que contenait ces lettres, quelqu'un prenait la peine de lui écrire pour la première fois de sa vie, et elle n'avait pas le droit de savoir qui.

Le dimanche matin, l'oncle Vernon avait l'air fatigué et malade. Il s'assit à la table du petit déjeuner, heureux.

-Il n'y a pas de courrier le dimanche ! C'est un beau jour n'est ce pas ?

Soudain, un bruit les interpella, un sifflement. Un paquet venait d'exploser dans la cheminée en projetant une quarantaine de lettres volants comme des boulets de canon dans le foyer.

-C'en est assez, rugissa l'oncle Vernon, on s'en va ! Dans la voiture, immédiatement !

Harriet tenta d'attraper une lettre en plein vol mais Vernon la saisissa par la taille et la jeta dans le hall d'entrée. Pétunia et Dudley prirent leurs jambes à leur cou et s'enfuirent dehors tout en protégeant leur visage avec leurs bras. Ils montèrent dans la voiture, avec un chef de famille rouge qui répétait sans cesse,

-On va les semer, on va les semer.

Ils roulerent toute la journée sans s'arrêter, Dudley pleurant car il avait raté toute ses émissions de télé et qu'il était affamé. Harriet aussi avait faim mais elle était habituée à être privée de repas, les Dursley lui avaient déjà retiré toute nourriture pendant un week-end entier. Cependant personne ne le fit remarquer à l'homme massif qui conduisait ayant peur de sa réaction.

A la fin de la journée, l'oncle Vernon s'arrêta enfin dans un petit village au bord de mer. Il les enferma dans la voiture et partit.

-Papa est devenu fou ? demanda Dudley à sa mère, effaré, c'est lundi aujourd'hui, le jour de mon émission préférée, pleurnicha t-il

Lundi ! Harriet se souvint que le lendemain était son anniversaire ! Elle aurait onze ans ! Elle savait qu'elle n'aurait aucun cadeau, mais on n'avait pas onze ans tous les jours ! Elle s'en réjouissais d'avance !

L'oncle Vernon revint avec un paquet sous la main, souriant.

-J'ai trouvé l'endroit idéal, dit il. Venez, sortez !

Il faisait très froid dehors. L'oncle Vernon montra du doigt un gros rocher au milieu de la mer où on pouvait apercevoir une cabane en ruine.

-On prévoit une tempête cette nuit, le monsieur a été assez gentil pour nous prêter son bateau. Un vieil homme édenté s'approcha d'eux. Son sourire faisait froid dans le dos. Il désigna une barque en bois, minable, qui se balançait sur l'eau noir.

-J'ai déjà pris des provisions, dit l'oncle Vernon.

Sur la barque, un vent glacé fouettait le visage de ses occupants et la mer agitée les eclaboussait. Le voyage sembla durer des heures. Enfin, lorsqu'ils mirent pied sur le rocher humide, l'oncle Vernon les amenèrent à la porte. La cabane sentait l'algue pourri et il y avait des fuites au plafond. Il n'y avait aucune bûche pour faire un feu dans la cheminée humide. Les provisions de l'oncle étaient maigres, quatres paquets de chips et quatres bananes. L'oncle Vernon était de bonne humeur, étant certain que personne n'irait braver la tempête pour lui amener des lettres. Lorsque la nuit tomba, la tempête se leva. Le vent soufflait contre les carreaux des vitres crasseux et les vagues se cassaient sur les murs de la cabane. Tante Pétunia avait trouvé quelques couvertures moisies dans un placard. Elle fit un lit à Dudley sur le canapé rongé aux mites et Harriet dû dormir à même le sol avec la couverture la plus fine, la plus déchirée. Harriet ne pouvait pas dormir, gênée par la tempête et les ronflements de son cousin. Elle décida donc de rester éveillée jusqu'à minuit pour pouvoir fêter son anniversaire. Harriet pouvait observer la montre de son cousin attachée à son poignet dodu. Dans dix minutes exactement, Harriet aura onze ans. Elle garda les yeux fixés sur le cadran en se demandant si les Dursley se souviendraient se son anniversaire. Elle se demandait aussi où se trouvait l'auteur des lettres en cet instant. Plus que cinq minutes. Harriet entendit quelque chose grincer au dehors. Plus que quatre minutes. Peut être qu'à leur retour il y aura tellement de lettres dans la maison de Privet Drive qu'elle arriverait à en attraper une ? Trois minutes. Deux minutes. Et ce craquement, qu'est ce que c'était ? Plus qu'une minute et elle aurait onze ans. Trente secondes...vingt...dix...neuf. Et s'il réveillait Dudley rien que pour l'énerver ? Trois...deux...un

BOUM! BOUM !

Harriet se redressa brusquement, le regard rivé sur la porte. Dehors, quelqu'un frappait.