Harriet se réveilla de bonne heure le lendemain matin. Dans un demi sommeil, elle se demanda si elle n'avait pas rêvé et que le géant Hagrid existait bien et qu'elle n'allait pas se retrouver dans son placard lorsqu'elle ouvrirait les yeux. Elle entendit alors frapper des coups.
-C'était bien ce que je pensais, marmonna t-elle. Tout cela n'avait été qu'un rêve. Elle ouvrit les yeux. Non, ce n'était pas son placard. Elle était au Chaudron Baveur ! Harriet se leva en hâte, elle éprouvait un bonheur tel qu'elle ne l'avait jamais ressenti !
-Harriet, tu es réveillée ? demanda Hagrid à travers la porte
-Oui, j'arrive ! Elle ouvrit la porte, Bonjour Hagrid !
-Bonjour Harriet ! Tu viens prendre ton petit déjeuner avec moi en bas !
-Avec plaisir !
Elle le suivit, le bar était rempli ce matin. Lorsqu'elle descendit, tous les regards se posèrent sur elle. Puis, on entendit les chaises racler le plancher et, un instant plus tard, Harriet se trouva entourée de gens qui tenaient à tout prix à lui serrer la main. Pas un seul client du bar n'était resté assis.
-Miss Potter, c'est extraordinaire de vous voir enfin !
-Je suis très fière de faire votre connaissance, Miss Potter.
Un jeune homme au teint pâle s'avança, visiblement nerveux.
-Professeur Quirell ! s'exclama Hagrid, Harriet, je te présente le professeur Quirell, il sera ton professeur de défense contre les forces du mal.
-P...P...Potter...balbutia le professeur en saisissant la main d'Harriet, v...vous ne p...pouvez pas s...savoir à quel p...p...point je suis honoré d..de f...faire votre co...conaissance.
Les autres clients ne voulaient pas lâcher Harriet. Hagrid fut obligé de les menacer pour pouvoir permettre à Harriet de prendre un petit déjeuner au calme.
-Il faut y aller, dit Hagrid, nous avons beaucoup de choses à acheter.
Il l'entraina hors du bar, dans une petite cour entourée de murs où il n'y avait que des poubelles alignées méticuleusement.
-Je t'avais prévenue que tu étais célèbre.
Harriet avait encore du mal à y croire. Tous ces gens l'idolatrait pour une chose qu'elle ne se souvenait même pas avoir faite.
Hagrid compta les briques sur le mur au dessus des poubelles, puis il tapota trois fois sur à un endroit précis avec son parapluie. La brique se mit l
alors à trembloter et un trou apparut en son milieu. Le trou s'élargit de plus en plus et se transforma en passage suffisamment grand pour les laisser passer. Au delà, une rue pavée serpentait devant eux à perte de vue.
-Bienvenue au Chemin de Traverse, dit Hagrid.
Harriet était stupéfaite. Ils franchirent l'arcade et il ne resta derrière eux qu'un mur de pierre. Harriet n'en croyait pas ses yeux, elle essayait de tout voir à la fois: les magasins, les étals, les gens qui faisaient leurs courses. Quelques garçons du même âge qu'Harriet avaient le nez collé à une vitrine où était exposés des balais volants.
-Regarde, c'est le nimbus 2000, il est encore plus rapide !
On vendait de tout dans les boutiques, des balais, des robes de sorciers, des chaudrons, des potions, des baguettes, des plumes d'oies, du parchemin.
-Mais Hagrid, comment vais je acheter tout ça ? Je n'ai pas d'argent !
-Tu ne crois tout de même pas que tes parents ne t'ont rien laissé ! Nous allons à Gringotts, la banque des sorciers, elle est tenue par des gobelins, il n'y a pas plus sûr endroit que Gringotts, à part Poudlard peut être. Ah, nous y voilà.
Ils se trouvaient devant un bâtiment blanc comme la neige, qui dominait les boutiques alentours. Debout à côté du portail se tenait un...
-Eh oui, c'est un gobelin.
Le gobelin avait environ une tête de moins qu'Harriet, il avait le teint sombre, un visage intelligent, une barbe en pointe, des pieds et des doigts longs et fins. Losqu'ils pénétrèrent à l'intérieur du bâtiment, le gobelin s'inclina sur leur passage. Ils entrèrent dans un vaste hall tout en marbre. Derrière un long comptoir, une centaine de gobelins étaient assis sur de hauts tabourets.
-Bonjour, dit Hagrid à un gobelin, nous sommes venus prendre un peu d'argent dans le coffre de Miss Potter.
-Vous avez la clé monsieur ?
Hagrid commença à vider ses poches.
-La voilà, dit il en montrant une minuscule clé d'or. J'ai aussi une lettre du professeur Dumbledore. C'est au sujet de Vous-Savez-Quoi dans le coffre numéro 713.
-Très bien, je vais vous faire accompagner dans la salle des coffres. Gripsec !
Un autre gobelin apparut et les conduisit aussitôt vers l'une de ses portes du hall.
-Qu'est ce qu'il y a dans le coffre 713 ? demanda Harriet.
-Ça je ne peux pas te le dire. C'est une affaire qui concerne Poudlard.
Gripsec leur tenait la porte. Il les avait amené dans un passage étroit éclairé par des torches. Une voie ferrée courait en son milieu. Le gobelin siffla. Aussitot, un wagon s'approcha d'eux. Ils y grimperent. Ils parcourerent un labyrinthe de couloirs et de galeries, ils s'enfoncerent de plus en plus loin dans les profondeurs de la banque. Enfin, le wagonnet s'arrêta devant une petite porte. Gripsec ouvrit la porte. Harriet découvrit avec stupéfaction des monceaux d'or, d'argent et de bronze.
-Tout ça t'appartient, dit Hagrid
Elle avait du mal à y croire ! Les Dursley lui avait toujours reproché de leur coûter trop cher ! Alors que pendant tout ce temps une petite fortune l'attendait dans les sous sols de Londres !
Harriet prit une poignée d'argent et sortit du coffre. Gripsec les emmenait désormais au coffre 713. La chambre forte 713 ne possédait pas de serrure.
-Reculez un peu, dit Gripsec
Il caressa la porte du bout des doigts et elle disparue soudain comme si elle s'était volatilisée.
Une chambre forte aussi bien protégée devait contenir un trésor merveilleux se dit Harriet. Elle fut déçue de constater qu'elle était vide, il n'y avait au milieu du coffre qu'un petit paquet bien ficelé. Hagrid prit le paquet et le fourra dans une des nombreuses poches de son manteau.
Après une nouvelle course endiablée dans les sous terrains de Gringotts, Harriet fut de nouveau dehors, les poches pleines d'argent à dépenser. Elle avait hâte ! Même Dudley n'avait jamais eu autant d'argent à sa disposition.
-On va commencer par s'occuper de ton uniforme, l'infoma Hagrid
Elle essaya les robes obligatoires de l'école, ils avaient dû les ajuster, car elles étaient toutes trop grandes ou trop larges. Puis, elle alla acheter du parchemin et une plume d'oie, ainsi que de l'encre, elle fut ravie d'apprendre qu'elle changeait de couleur.
Ils entrèrent dans une librairie qui s'appelait Fleury et Bott pour acheter les manuels scolaires. Puis, Harriet acheta un chaudron en étain, bien qu'elle ait voulu celui en or, un télescope pliable et une balance pour peser les ingrédients entrant dans la composition des potions. Ensuite, ils allèrent faire un tour dans la boutique de l'apothicaire qui fascina Harriet malgré la mauvaise odeur qui y régnait. Sur des étagères trônait des bocaux contenant des choses diverses et variées. Hagrid demanda les ingrédients de base nécessaires à la fabrication des potions. Harriet repensa alors au professeur Rogue, il avait bien dit qu'il enseignait les potions n'est ce pas ? Il avait semblé la détester, elle ne donnait pas cher des notes qu'elle aurait dans cette matière, bien qu'elle soit impatiente de la commencer. Faire des potions avait l'air excitant et amusant !
Ils continuèrent leurs achats et il ne resta bientôt plus que la baguette à acheter.
-Il faut que je t'offre un cadeau d'anniversaire, Harriet ! Tu ne croyais tout de même pas que j'allais oublier !
Harriet rougis.
-Vous n'êtes pas obligé Hagrid.
-Je le sais bien mais je veux t'offrir un animal. Que pense tu d'un hibou ? Ils sont très utiles pour le courrier.
Vingt minutes plus tard, Harriet ressorti de l'animalerie avec une grande cage contenant une chouette blanche majestueuse. Harriet begayait de reconnaissance. On aurait dit le professeur Quirell.
-Ce n'est rien dit Hagrid d'un ton bourru, j'imagine que tu n'as pas eu beaucoup de cadeaux chez les Dursley. Bon, maintenant il ne nous reste plus qu'à aller chez Ollivanders, la meilleure boutique de baguettes magiques.
La dernière boutique où ils rentrèrent était étroite et délabrée. Une clochette retentit à leur entrée, Hagrid s'assit sur la chaise réservée aux visiteurs. Harriet observa la boutique, la poussière et le silence du lieu semblaient receler une magie secrète.
-Bonjour, dit une voix suave et douce.
Harriet sursauta. Un vieil homme se tenait devant eux.
-Bonjour, répondit Harriet, mal à l'aise.
-Ah oui, bien sûr. Je pensais bien que j'allais vous voir bientôt. Harriet Potter. Je me souviens de vos parents lorsqu'ils ont acheté leur première baguette. Et c'est à votre tour maintenant. Bien, voyons un peu...
Il sortit de sa poche un mètre ruban et les observations commencèrent. Ollivanders lui fit essayer bon nombre de baguettes, aucunes ne convenaient et Harriet ne comprenais pas pourquoi. Une baguette était une baguette non ?
-Voyons celle ci. Une combinaison originale: bois de houx et plume de phénix, 27,5 centimètres. Facile à manier, très souple.
Harriet prit la baguette et sentit une chaleur se rependre dans tout son corps. Des étincelles rouges apparurent à l'extrémité de la baguette, tamisant les murs.
-Étrange...très étrange. Je me souviens de chaque baguette que j'ai vendue Miss Potter. Or, le phénix sur lequel a été prélevée la plume qui se trouve dans votre baguette à également fourni une autre plume à une autre baguette. Il est très étrange que ce soit précisément cette baguette qui vous ait convenu car sa soeur n'est autre que celle qui vous a fait cette cicatrice.
Harriet avala sa salive avec difficulté.
-Souvenez vous, c'est la baguette qui choisit son sorcier, pas le contraire. Je crois que vous avez un bel avenir Miss Potter. Après tout, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a fait de grandes choses, des choses terribles, certes, mais quelle envergure !
Harriet frissona. Elle n'était pas sûre d'éprouver une grande sympathie pour Mr Ollivanders. Elle paya et quitta la boutique.
Harriet et Hagrid reprirent le chemin de Traverse dans l'autre sens, et traversèrent à nouveau le Chaudron Baveur. Harriet ne dit pas un mot sur le chemin du retour et ne fit même pas attention au regard des passants qui observaient les sacs et paquets de formes et aspects originaux ainsi que la chouette blanche qui somnolait sur ses genoux.
-Ça va Harriet ? Tu ne dis rien.
Harriet ne savait pas trop comment l'expliquer. Elle avait eu le plus bel anniversaire de sa vie et pourtant...
-Tout le monde pense que je suis quelqu'un d'exceptionnel. Mais moi, je sais bien que je ne connais rien à la magie. Je suis célèbre mais je ne me rappelle pas pourquoi.
-Ne t'inquiètes pas Harriet. A Poudlard, tout le monde commence au même niveau. Tu t'en sortiras très bien. Reste toi même, c'est tout. Je sais que c'est difficile. Tu as été choisie et c'est toujours difficile. Mais tu seras très contente à Poudlard.
Hagrid accompagna Harriet jusqu'au train qui devait la ramener chez les Dursley, puis il lui donna une enveloppe.
-Ton billet pour Poudlard, dit il, 1er septembre, gare de King's Cross, tout est écrit sur le billet. Si jamais tu as un problème avec les Dursley, envoie moi un message avec ta chouette, elle saura où me trouver. À bientôt, Harriet.
