Harriet avait toujours cru qu'il était impossible de rencontrer quelqu'un d'aussi détestable que Dudley, mais c'était avant de faire la connaissance de Drago Malefoy. Les Gryffondor pensaient n'avoir que le cours de potions avec les Serpentard mais une note sur le tableau d'affichage les informa que le cours de vol était également communs entre les deux maisons.
-On ne pouvait pas rêver mieux, marmonna Harriet. Je n'attendais que ça, me ridiculiser devant Malefoy en essayant de manier un balai. J'ai toujours été mauvaise en sport.
-Qui te dis que tu vas te ridiculiser ? Je sais que Malefoy se vante toujours d'être un grand joueur de Quidditch, mais ça ne coûte rien de le dire. Il faudra voir sur le terrain.
Il est vrai qu'il racontait sans cesse des histoires dont il était le héros et qui se terminaient par une poursuite haletante à l'issue de laquelle il échappait de justesse à un hélicoptère moldu. Il n'était d'ailleurs pas le seul à se vanter. A l'en croire, Seamus Finnigan avait passé le plus clair de son enfance à faire des acrobaties aériennes. Tous les élèves issus de familles de sorciers parlaient sans cesse de Quidditch. Neville, en revanche, n'était jamais monté sur un balai. Sa grand mère s'y était toujours opposée. C'était uns sage décision, pensa Harriet, vu le nombre d'accidents que Neville avait déjà eu dans sa vie en restant les pieds sur terre. Quand à Hermione, elle redoutait cette leçon autant que Neville, puisque c'était quelque chose qu'on ne pouvait pas apprendre dans les livres, et pourtant, elle avait essayé !
Le premier cours devait avoir lieu le jeudi. Au petit déjeuner, Harriet ne reçut aucune lettre, elle n'en avait pas reçu depuis le petit mot d'Hagrid.
Un hibou apporta à Neville un paquet qui lui envoyait sa grand mère. Il l'ouvrit fébrilement et montra à tout le monde une boule de verre de la taille d'une grosse bille qui semblait remplie de fumée.
-C'est un rapeltout, expliqua t-il. Ça sert à se souvenir de ce qu'on a oublié de faire. Il suffit de la tenir dans sa main et si on a oublié quelque chose, la fumée devient rouge.
Neville fronça les sourcils, dans sa mai , la boule était devenue écarlate. Pendant qu'il essayait de se rappeler ce qu'il avait oublié, Malefoy passa près de la table et lui pris son rapeltout des mains. Harriet et Ron se levèrent d'un bond. Ils n'auraient pas été mécontents d'avoir un prétexte pour se battre, mais le professeur Mcgonagall accourut aussitôt.
-Que se passe t-il ? demanda t-elle.
-C'est Malefoy qui m'a pris mon rapeltout, gémit Neville.
Malefoy fit une grimace et laissa tomber la boule sur la table.
-C'était simplement pour y jeter un coup d'oeil, dit il avec de s'éloigner avec ses deux compagnons.
A trois heure et demi, cet après midi là, les Gryffondor sortirent dans le parc pour leur leçon de vol. Le ciel était clair et dégagé. Les Serpentard étaient déjà là, ainsi qu'une vingtaine de balais alignés sur le sol. Harriet avait entendu Fred et George se plaindre de la qualité des balais de Poudlard. Mme Bibine, le professeur de vol, arriva. Elle avait des cheveux courts et gris et des yeux jaunes jaunes comme ceux d'un faucon.
-Alors, qu'est ce que vous attendez ? aboya t-elle. Mettez vous chacun devant un balai. Allez, dépêchez vous !
Harriet jeta un coup d'oeil à son balai, il était en piteux état.
-Tendez la main droite au dessus du balai et dites debout, ordonna Madame Bibine.
-Debout, crièrent les élèves à l'unisson.
Le balai de Harriet lui sauta aussitôt dans la main, mais ce fut une des rares à le faire. Celui d'Hermione ne bougea pas. Celui de Ron fit un tour sur lui même.
Madame Bibine leur montra ensuite comment enfourcher le manche sans glisser. Elle passa devant chacun pour corriger leur position. Harriet et Ron furent enchantés lorsqu'elle dit à Malefoy qu'il tenait très mal son balai.
-Et maintenant, à mon coup de sifflet, vous donnez un coup de pied par terre pour vous lancer. Frappez fort. Vous tiendrez vos balais bien droits, vous vous élèverez d'un ou deux mètres puis reviendrez immédiatement au sol en vous pêchant légèrement en avant. Attention au coup de sifflet: Trois, deux...
Mais Neville était si nerveux et il avait si peur de ne pas réussir à décoller qu'il se lança avant le coup de sifflet.
-Redescends, mon garçon, ordonna t-elle.
Mais Neville s'élevait dans les airs. Il était déjà à trois mètres. Il monta jusqu'à six. Harriet vit son visage se décomposer tandis qu'il regardait le sol s'éloigner. Il eut un haut le coeur, glissa de son balai et
BAM! Il y eut un bruit sourd puis un craquement et Neville se retrouva face contre terre. Madame Bibine était penchée sur Neville, aussi pâle que lui.
-Poignet cassé, murmura t-elle. Allez, viens mon garçon, lève toi. Ce n'est pas grave.
Elle sont tourna alors vers les autres élèves.
-Personne ne bouge pendant que j'emmène ce garçon à l'infirmerie. Et vous laissez les balais par terre, sinon, je vous garantis que vous ne resterez pas longtemps à Poudlard.
Neville, le visage ruisselant de larmes, la main crispée sur son poignet, clopine à côté de Madame Bibine qui le tenait par l'épaule. Dès qu'ils furent suffisamment éloignés, Malefoy éclata de rire.
-Regardez, s'écria Malefoy.
Il se précipita à l'endroit où Neville était tombé et ramassa quelque chose.
-C'est le truc idiot que sa grand mère lui a envoyé, dit il en montrant le rapeltout qui étincelait dans sa main.
-Donne moi ça, Malefoy, lança Harriet d'une voix très calme.
Tout le monde cessa de parler pour observer le déroulement de l'échange. Malefoy eut un sourire mauvais.
-Je vais le laisser quelque part pour que ce pauvre Neville puisse le retrouver. Sur le toit par exemple.
-Donne moi ça, s'écria Harriet.
Mais Malefoy avait déjà enfourché son balai et décola aussitôt. Il n'avait pas menti en disant qu'il savait voler.
-Si tu y tiens tellement, viens le chercher, Potter.
Harriet empoigna son balai.
-Non ! Cria Hermione. Madame Bibine nous a dit de ne pas bouger. Tu vas nous attirer des ennuis.
Mais Harriet ne fit pas attention à elle. Elle enfourcha le balai et s'éleva à toute vitesse. L'air lui sifflait aux oreilles et sa robe de sorcière traînait derrière elle. Elle ressentit une joie intense en découvrant soudain qu'elle savait voler sur un balai sans avoir appris. C'était quelque chose qui lui paraissait simple et facile et qui lui donnait une sensation merveilleuse. Lorsqu'elle tira sur le manche pour monter plus haut, elle entendit les hurlements des filles et les acclamations des garçons. Harriet prit alors un virage serré pour faire face à Malefoy qui paraissait stupéfait.
-Donne moi ça, s'écria Harriet, ou je te fais tomber de ton balai.
-Vraiment ? répliqua Malefoy essayant d'avoir l'air méprisant mais semblait plutôt inquiet.
D'instinct, Harriet savait exactement ce qu'il fallait faire. Elle se pencha en avant, serra les mains et son balai fonça sur Malfoy comme une fusée. Il parvint à éviter Harriet de justesse mais elle repartait déjà à la charge en lui fonçant dessus. Des élèves applaudirent.
-Alors, Malfoy ? Crabbe et Goyle ne sont plus là pour te sauver la mise ?
Il sembla que Malfoy avait eu la même pensée.
-Attrape si tu peux, Potter, cria t-il.
Et il lança la boule de verre le plus haut possible. Elle se pencha aussitôt en avant, abaissa le manche à balai et poursuivit la boule en fonçant vers le sol. Des cris se mêlaient au sifflement du vent dans ses oreilles, tandis qu'elle fendait l'air à une vitesse vertigineuse. Soudain, elle tendit et réussit à attraper la boule à une cinquantaine de centimètres du sol, juste à temps pour pouvoir redresser le manche de son balai et atterrir en douceur sur la pelouse.
-HARRIET POTTER !
Le professeur Mcgonagall courait vers elle. Harriet se releva, les jambes tremblantes.
-Jamais depuis que je suis à Poudlard...
Elle était dans un tel état de choc qu'elle n'arrivait plus à parler et ses lunettes lançaient des éclairs furieux.
-Comment avez vous pu oser...? Vous auriez pu vous rompre le cou...
-Ce n'est pas sa faute professeur, intervint Ron. C'est Malefoy qui...
-Taisez vous, Weasley. Venez avec moi, Potter.
Harriet savait qu'elle allait être renvoyée. Elle aurait voulu dire quelque chose pour se défendre mais sa voix refusait de lui obéir. Le professeur Mcgonagall avançait à grands pas et il lui fallait courir derrière elle pour la suivre. Elle n'avait pas tenu deux semaines. Dans dix minutes elle devrait faire ses valises et rentrer chez les Dursley. Qu'est ce qu'ils diraient ?
Le professeur l'emmenait sans les cachots. Allait-on la punir à coups de fouet ? elle frissona rien qu'à l'idée. Puis, elle s'arrêta devant la salle de classe du professeur Rogue. Elle avait peur pour sa vie, tout ce qui concernait Rogue était mauvais présage.
Elle ouvrit la porte.
-Severus, excuse moi de te déranger mais pourrais je t'emprunter Dubois quelques instants ?
Du bois ? Allait on lui donner des coups de bâtons ?
Il regarda le professeur Mcgonagall quelques secondes puis son regard se posa sur Harriet, il leva un sourcil.
-Faites vite, Dubois à une potion à finir, lança t-il sèchement.
Dubois était en fait un élève de cinquième année, un garçon solide qui avait l'air très étonné d'être ainsi arraché de son cours de potions.
-Venez avec moi tous les deux, dit le professeur Mcgonagall.
Ils la suivirent le long du couloir. Dubois lançait à Harriet des regards surpris.
-Entrez là, ordonna le professeur.
Elle les fit entrer dans une classe vide.
-Potter, je vous présente Olivier Dubois. Dubois, je vous ai trouvé un attrapeur.
L'expression de Dubois passa de la surprise au ravissement.
-Vous parlez sérieusement, professeur ?
-Très sérieusement. Cette jeune fille a un don. Je n'ai jamais rien vu de semblable. C'était la première fois que vous montiez sur un balai, Potter ?
Harriet approuva d'un signe de tête. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait, mais apparemment, ils n'allaient pas l'exclure.
-Elle a attrapé cette boule de verre après une descente en piqué de quinze mètres. Et elle s'en est tirée sans la moindre égratignure. Même Charlie Weasley n'en aurait pas été capable.
Dubois avait à présent la tête de quelqu'un dont le rêve venait de se réaliser.
-Tu as déjà assisté à un match de Quidditch, Potter ? demanda t-il d'une voix enthousiaste.
-Dubois est le capitaine de l'équipe de Gryffondor, précisa Mcgonagall.
-Elle a le physique parfait pour un attrapeur. Légère, rapide...Il va falloir lui trouver un bon balai.
-Je vais aller voir Dumbledore pour lui demander si on peut faire une entorse au règlement et fournir un balai à une élève de première année. Dieu sait que nous avons besoin d'une meilleure équipe que celle de l'année dernière. Nous avons été littéralement écrasés par les Serpentard. Pendant des semaines, je n'ai pas osé regardé Severus Rogue en face...Je veux que vous suiviez un entraînement intensif, Potter. Vous avez intérêt à vous donner du mal, sinon, je pourrais revenir sur ma décision de ne pas vous punir pour ce que vous venez de faire.
Puis elle eut soudain un sourire.
-Votre père aurait été fière de vous, ajouta t-elle. Lui aussi était un excellent joueur de Quidditch.
-Tu plaisantes ou quoi ?
C'était l'heure du dîner et Harriet racontait à Ron ce qui s'était passé plus tôt dans la journée avec le professeur Mcgonagall.
-Attrapeur ? s'exclama Ron. Mais les première année ne jouent jamais...Tu vas être le plus jeune depuis...
-Un siècle, acheva Harriet. C'est Dubois qui me l'a dit. Je commence l'entraînement dès demain. Mais ne le dis à personne. Dubois veut garder ça secret.
Lorsque Harriet, Ron, Neville et Hermione cherchèrent à retourner dans leur dortoir, l'escalier se mit à en faire des siennes. Ils se retrouvèrent dans l'aile interdite du deuxième étage. Soudain, Neville poussa un cri.
-Miss Teigne, cria Ron.
Ils se mirent à courir à la porte la plus proche avant que Rusard n'arrive. Elle était fermée à clé.
-Elle ne s'ouvre pas, pleurnicha Ron.
-Pousse toi, imbécile, dit Hermione en le poussant. Alohomora.
La porte s'ouvrit.
-On est sauvés, dit Harriet.
Mais elle parlait trop vite. Neville pointait du doigt un chien monstrueux qui remplissait tout l'espace entre le sol et le plafond. L'animal avait trois têtes, trois paires d'yeux étincelant, trois museaux qui les flairaient en frémissant avec avidité et trois gueules bavantes hérissées d'énormes crocs jaunâtres d'où pendaient des filets de bave épais comme des cordes.
Le chien se tenait immobile, ses six yeux fixés sur eux. S'il ne les avait pas encore pas dévoré, c'était parce qu'ils l'avaient pris par surprise, mais il commençait à s'agiter. Harriet chercha à tâtons là poignée de la porte. Entre Rusard et la mort, elle choisissait Rusard. Ils sorterent à reculons, claquerent la porte derrière eux et se mirent à courir le long du couloir. Ils s'arrêtèrent dévorée courir uniquement lorsqu'ils eurent atteint le portrait de la grosse dame. Le tableau pivota. Ils s'engouffrerent dans la salle commune et se laissèrent tomber dans des fauteuils, tremblant de tous leurs membres. Ils restèrent un moment silencieux.
-Mais qu'est ce qu'il leur prend de garder un truc pareil dans une école ? dit enfin Ron.
Hermione avait à la fois retrouvé son souffle et son mauvais caractère.
-Ça vous arrive de vous servir de vos yeux ? Vous n'avez pas vu sur quoi il était ?
-Il était par terre, non ? repondit Harriet. Je n'ai pas regardé ses pattes, j'avais suffisamment à voir avec ses têtes.
-Non, il n'était pas par terre, il était sur une trappe. On l'a mis là pour garder quelque chose, c'est évident. Et maintenant, si ça ne vous dérange pas, je vais me coucher.
Harriet remonta à son tour dans le dortoir en pensant à ce qu'avait dit Hermione. Le chien était là pour garder quelque chose. Qu'avait dit Hagrid déjà ? Que Gringotts était le meilleur endroit pour cacher un objet à part Poudlard peut être. Apparemment, Harriet avait découvert où se trouvait désormais le petit paquet enveloppé de papier kraft que Hagrid était allé chercher dans la chambre forte 713.
