Après une bonne nuit de sommeil, Harriet et Ron trouvaient que cette rencontre avec le chien à trois têtes était une belle expérience. Harriet avait révélé à Ron l'existence du paquet transféré de Gringotts à Poudlard et ils s'étaient longuement demandé ce qui pouvait bien justifier une protection aussi dissuasive.
-Ou bien c'est quelque chose avec beaucoup de valeur ou bien c'est un truc très dangereux, dit Ron.
-Ou les deux, ajouta Harriet.
Ils n'avaient cependant aucun indices supplémentaires.
En revanche, ni Neville, ni Hermione ne semblaient éprouver le moindre intérêt pour ce qui se trouvait sous la trappe. Tout ce qui comptait pour Neville, c'était de ne plus jamais voir ce chien de sa vie. Hermione, quand à elle, refusait de leur parler.
Au moment où les hiboux envahirent la Grande Salle, comme chaque matin, l'attention des élèves fut aussitôt attirée par une demi douzaine de hiboux grands ducs qui portaient un long paquet. Harriet fut aussi intriguée que les autres et elle fut stupéfaite lorsque les hiboux laissèrent tomber le paquet devant elle. Un autre hibou passa juste après pour déposer une lettre sur la paquet. Elle commença par lire la lettre:
N'OUVREZ PAS LE PAQUET PENDANT QUE VOUS SEREZ À TABLE.
Il contient votre nouveau Nimbus 2000, mais je ne veux pas que tout le monde sache que vous avez votre propre balai. Sinon, les autres en voudront un aussi. Olivier Dubois vous attend ce soir à sept heures sur le terrain de Quidditch pour votre première séance d'entraînement.
Professeur Mcgonagall.
Harriet montra la lettre à Ron, en essayant de cacher sa joie. Ils se hâterent de quitter la salle pour le deballer. Mais Crabbe et Goyle leur barrèrent le chemin. Malefoy prit le paquet des mains de Harriet.
-Ça m'a l'air d'être un balai, dit Malefoy.
Il le lui rendit avec une expression de mépris et d'envie.
-Cette fois, tu es fichue, Potter, les première année n'ont pas le droit d'avoir un balai.
-Ce n'est pas n'importe quel balai, dit Ron. C'est un nimbus 2000. C'est quoi, déjà, la marque du tien ? Un comète 260, c'est ça ? Les comètes c'est pas mal, mais les nimbus sont d'une autre classe.
-Qu'est ce que tu en sais, Weasley, répliqua Malefoy. Tu n'aurais même de quoi te payer la moitié d'une poignée. Toi et tes frères, vous les achetez brindilles par brindilles.
Avant que Ron ait eu le temps de répondre, le professeur Rogue apparut à côté de Malefoy.
-Y a t-il un problème, Mr Malfoy ? interrogea le professeur.
- Potter s'est fait envoyer un balai, dit-il, confiant.
-Ah oui. Les professeur Mcgonagall m'a mis au courant. Votre célébrité vous permet violer tous les règlements, n'est ce pas, Miss Potter ?
-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, professeur, repondit-elle avec calme, sans le lâcher des yeux.
-Votre impertinence coûtera deux points à Gryffondor. Maintenant, hors de ma vue.
Puis, Harriet et Ron montèrent l'escalier en essayant de ne pas rire trop fort, tandis que Malefoy ne parvenait pas à dissimuler sa rage.
-S'il n'avait pas volé la rapeltout de Neville, je ne ferais pas partie de l'équipe, dit Harriet.
-Alors, j'imagine que tu prends cela comme une récompense pour avoir violé le règlement ? lança une voix courroucée derrière eux.
Hermione montait l'escalier à grands pas
-Je croyais que tu nous parlais plus, dit Ron. Tu devrais continuer, ça nous a fait beaucoup de bien.
Hermione s'éloigna d'eux, le nez en l'air.
Ce jour là, Harriet eu beaucoup de mal à se concentrer en cours. Elle ne pensait qu'à son balai rangé sous son lit ou au terrain de Quidditch. Elle rata le dîner et se rua avec Ron dans le dortoir pour ouvrir son balai.
Le balai paraissait superbe. Il avait une forme élégante, avec une manche d'acajou étincelant et un long faisceau de brindilles droites et lisses. La marque Nimbus 2000 était marquée en lettres d'or à une extrémité du manche.
Peu avant sept heures, elle quitta le château et se rendit sur le terrain de Quidditch. C'était la première fois qu'elle entrait dans le stade. Il était entouré de gradins installés en hauteur qui permettaient aux spectateurs d'être suffisamment haut placé pour ne rien perdre du spectacle. A chaque bout du terrain étaient plantés des poteaux en or surmontés de larges cercles. Impatiente d'essayer son balai, Harriet l'enfourcha sans attendre l'arrivée de Dubois. La sensation était extraordinaire, le Nimbus 2000 enchaînait les virages à la moindre caresse, passait à travers les cercles d'or, fonçait à toute vitesse sur la longueur du terrain.
-Hé ! Potter, Redescends !
Olivier Dubois venait d'arriver avec une grosse boîte sous la bras. Harriet atterrit auprès de lui.
-C'était vraiment très bien, dit-il, les yeux étincelants. Je comprends ce que Mcgonagall voulait dire...Tu as vraiment un don. Ce soir, je vais simplement d'apprendre les régles, ensuite, tu participeras aux entraînements trois fois par semaine.
Il ouvrit la boîte . A l'intérieur, il y avait quatres balles différentes. Il entreprit de lui expliquer les rôles des six autres joueurs et des différentes balles. Dubois prit dans la boîte la quatrième et dernière balle. Comparée aux trois autres, elle avait l'air minuscule. De la taille d'une grosse noix, elle était d'un or étincelant et pourvue de petites ailes blanches battant frénétiquement.
-Ceci, c'est le Vif d'or, la plus importante des quatres balles. Elle est très difficile à attraper à cause de sa rapidité et de sa petite taille. C'est l'attrapeur qui est chargé de la saisir. L'attrapeur qui réussit à l'attraper fait gagner cent cinquante points à son équipe, ce qui lui assure pratiquement la victoire. Le match ne s'arrête pas tant que le Vif d'or n'a pas été attrapé. Cette année, la coupe de Quidditch sera gravée au nom des Gryffondor, assura Dubois. Je ne serais pas étonné que tu deviennes encore meilleure que Charlie Weasley . Et pourtant, il aurait pu jouer dans l'équipe d'Angleterre s'il n'était pas parti à la chasse aux dragons.
Harriet était tellement occupée avec ses cours et les séances d'entraînement qu'elle n'avait pas vu le temps passer. Il s'était déjà écoulé deux mois depuis la rentrée. Elle se sentait beaucoup mieux au château qu'à Privet Drive. C'était maintenant devenu son foyer. Quand aux cours, ils lui paraissaient de plus en plus intéressants. Le professeur Rogue semblait toujours la détester autant, mais c'était devenu une habitude. Elle essayait de travailler le plus possible cette matière, dans l'espoir qu'il l'apprécie plus s'il la voyait faire des efforts. Il avait l'air de détester cette célébrité qu'elle avait à cause de se cicatrice, puisqu'il y faisait toujours allusion.
Au matin de Halloween, les élèves se réveillerent dans une délicieuse odeur de citrouille qui flottait dans le château. Mieux encore, le professeur Flitwick leur annonça qu'ils allaient apprendre le sortilège de lévitation. Tout le monde en rêvait depuis qu'ils l'avaient vu envoyer le crapaud de Neville à travers la classe dans un magnifique vol plané. Harriet avait Seamus comme partenaire. Ron dut faire équipe avec Hermione. Elle ne leur avait plus parlé depuis l'histoire du balai.
-N'oubliez surtout pas ce mouvement du poignet que nous avons appris, couina le professeur Flitwick. Et faîtes attention à la prononciation.
C'était très difficile. Harriet et Seamus levèrent, tournèrent, mais la plume restait immobile sur la table. Ron n'avait pas plus de chances.
-Wingardium Leviosa ! s'écriait-il en agitant ses longs bras comme un moulin à vent.
-Tu ne prononce pas bien, lança Hermione. Il faut dire Win-gar-dium Leviosa en accentuant bien le gar.
Hermione releva les manches de sa robe,'donna un coup de baguette et articula nettement: Wingardium Leviosa.
Leur plume s'éleva alors dans les airs.
-Bravo, très bien ! s'écria le professeur Flitwick.
-Ça ne m'étonne pas que personne ne puisse la supporter, dit Ron à Harriet à la fin du cours. C'est un vrai cauchemar cette fille là !
Quelqu'un les dépassa en bousculant Harriet. C'était Hermione. Elle était en larmes.
-J'ai l'impression qu'elle t'a entendu, dit Harriet.
-Et alors ? répliqua Ron qui semblait soudain un peu mal à l'aise. Elle a bien dû se rendre compte qu'elle n'avait pas d'amis.
Hermione ne se rendit pas au cours suivant et personne ne la vit plus du tout de l'après midi. En se rendant à la Grande Salle où devait être servi le dîner d'halloween, Harriet et Ron entendirent Parvati dire à sa copine que Hermione s'était enfermée dans les toilettes des filles pour y pleurer et qu'elle ne voulait surtout pas être dérangée. Ron parut de plus en plus mal à l'aise.
-Ron, je te rejoins dans la Grande Salle plus tard, dit Harriet.
-Hé mais...! Où est ce que tu vas ?
-Aux toilettes.
Harriet fila vers les toilettes des filles et rentra dedans.
-Hermione ?
Pas de réponse. Elle entendit des sanglots venir d'une cabine sur la droite. Elle toqua.
-Hermione ? Tu es dedans ?
-Quoi ? Qu'est ce que tu veux ? repondit Hermione, la voix cassée à force de pleurer.
-Je voulais juste te dire qu'il ne faut pas pleurer pour ce qu'à dit Ron, c'est un idiot. Il est juste jaloux parce que tu es brillante.
-Tu le pense vraiment ?
-Oui ! Tu ne voudrais pas sortir de cette cabine ?
Elle entendit un clic et la porte s'ouvrit sur Hermione, les yeux gonflés. Harriet lui sourit.
-Je ne peux pas aller dans la Grande Salle avec cette tête, dit Hermione en se regardant dans le miroir.
-On peut rester ici, proposa Harriet. Je n'ai pas très faim et je n'ai pas vraiment envie de fêter Halloween...
-Moi non plus, je n'ai pas vraiment envie de faire la fête. Mais tu peux y aller, toi. Ne te sens pas obligée de rester avec moi.
-Aujourd'hui, cela fait dix ans, jour pour jour que mes parents ont été..., la voix de Harriet se brisa.Personne...personne ne s'en souvient...Alors qu'ils ont donné leur vie...
Hermione ne disait rien, mais elle comprenait.
BOUM!BOUM!
-Qu'est ce que c'est que ça ? demanda Hermione.
-Je ne sais pas, répondit Harriet effrayée.
Le bruit se rapprochait. Elles sentirent une mauvaise odeur, un mélange de de vieille chaussette et de toilettes mal entretenues. Elles entendirent un grognement sourd. Elles virent l'ombre d'une énorme masse qui avançait dans leur direction. Elles étaient pétrifiées de peur. Elles se recroquevillerent dans l'obscurité et regardèrent la chose apparaître à la lueur d'une fenêtre que traversait un rayon de lune. C'était un spectacle épouvantable. Près de quatres mètres de hauteur, une peau grise et terne comme de la pierre, un corps couvert de verrues, qui avait l'air d'un énorme rocher au sommet duquel était plantée une petite tête chauve de la taille d'une noix de coco. L'odeur pestilentielle qu'elle dégageait défiait l'imagination. Le monstre tenait une gigantesque massue qui traînait par terre au bout de son bras d'une longueur interminable.
Elles ne purent faire qu'une chose: crier. Un cri déchirant, désespéré. Elles étaient plaquées contre le mur du fond. Le troll avançait vers elles en arrachant les lavabos des murs sur son passage. Harriet prit sa baguette, elle se leva, les jambes tremblantes et courut loin d'Hermione, pour la protéger. Le monstre s'arrêta à deux mètres d'Hermione, se retourna d'un mouvement lent et lourd et cligna ses petits yeux stupides. Son regard mauvais tomba alors sur Harriet. La créature s'avança vers elle en soulevant sa grosse massue. Empoignant sa baguette magique, Harriet fit quelque chose qui était à la fois très très courageux et très stupide: elle prit son élan, sauta au cou dut troll et parvint à s'accrocher derrière lui. A tout instant, le troll pouvait la jeter à terre d'un coup de patte ou réussir à lui abbatre sa massue sur la tête.
Hermione s'était effondrée sur le sol, à moitié évanouie. Harriet fit alors une chose qui lui serait peut être fatale, mais tant pis, il fallait sauver Hermione. Elle prit sa baguette et prononça :
-Wingardium Leviosa.
La massue s'arracha toute seule de la main du troll. Elle levitait dans l'air. Harriet se jeta du haut des quatre mètres du troll pour ne pas être assommée par la massue qu'elle venait de lâcher sur la tête de la créature. Elle entendit un craquement sinistre lorsque la massue s'abattit sur la tête de son propriétaire. Harriet ferma les yeux et attendit l'impact du sol. Il ne vint pas. Elle ouvrit lentement les yeux, elle ne vit que du noir. Était elle morte ? Elle essaya de bouger, elle y arrivait.
-Cessez donc de gigoter, Miss Potter.
Cette voix, elle la connaissait. C'était celle du maître des potions. Elle tourna la tête et vit le troll étalé par terre. Elle se rendit enfin compte qu'elle ne voyait que du noir parce qu'elle avait eu la tête posée sur le torse du professeur Rogue ! Elle se sentit rougir.
Il l'avait sauvée de sa chute. Elle le regarda et lui demanda:
-Est ce que vous pourriez me reposer s'il vous plaît, professeur ?
Il la déposa à terre. Puis elle se souvint.
-Hermione !
Elle dirigea son regard vers la jeune fille, le professeur Mcgonagall était à ses côtés. Elle prit enfin le temps d'observer la pièce. Les professeurs Rogue, Mcgonagall et Quirell étaient présents, certainement alertés par les cris des deux jeunes filles et les rugissements du troll.
-Miss Granger est juste inconsciente, dit le professeur Mcgonagall. En revanche j'aimerais que vous m'expliquiez ce que vous faisiez ici alors que le professeur Dumbledore avait donné l'ordre à tous les élèves de retourner dans leur dortoir, dit-elle avec une colère froide.
-Nous n'étions pas au banquet, répondit Harriet, nous étions ici, aux toilettes, pour des raisons qui je pense sont évidentes. Nous n'étions donc pas au courant que cette...chose était dans le château.
-Dans ce cas..., dit-elle. Vous pouvez cependant vous estimer heureuse d'être encore en vie. Vous pouvez être fière Miss Potter, vaincre un troll des montagnes à vous toute seule...peu d'élèves y seraient arrivés, et encore moins des première année.
-Je pense que si le professeur Rogue n'était pas arrivé à temps, je serais morte à l'heure qu'il est.
-Vous faites gagner dix points à Gryffondor pour votre sang froid. Mais je vous répète que vous avez eu beaucoup de chance. Le professeur Dumbledore sera informé de tout ça. Je vais accompagner Miss Granger à l'infirmerie, Professeur Quirell, pourriez vous raccompagner Miss Potter au dortoir ?
-Bie-
-Je vais le faire, l'interrompa Rogue. Je suis de garde ce soir, je peux faire un détour.
-Merci Severus, dit Mcgonagall.
-Suivez moi, Potter, dit-il.
Elle le suivit. Il marchait vite, bien que sa démarche fut bizarre ce soir là, elle devait lui courir après et faire attention à ne pas marcher sur sa cape noire qui flottait derrière lui. Il ne la regarda pas une seule fois. A ce tempo, ils furent vite arrivés devant le portrait de la Grosse Dame.
-Miss Potter, dit il avant de se retourner et de commencer à s'éloigner.
Il ne devait pas partir ! Elle ne lui avait pas encore dit... !
-Professeur ! cria t-elle.
Il se retourna, surpris.
-Heu... Merci de m'avoir sauvée tout à l'heure.
Elle ne le regarda pas, trop gênée et rentra vite dans la salle commune. Qu'est ce qu'elle venait de faire ? Elle venait dire merci...à la chauve souris des cachots ? Elle ne s'était pourtant pas pris de coup de massue sur la tête...
À partir du lendemain, Hermione devint l'amie de Harriet et Ron, bien que celui ci fut contre au départ. Il leur apprit également qu'il avait suivi Rogue lorsque les élèves avaient dû retourner au dortoir, et qu'il avait profité de l'agitation pour se rendre dans l'aile interdite du deuxième étage.
