Bonsoir à tous ! Un nouveau chapitre très vite, je sais, mais à vrai dire j'ai pas mal d'avance et de temps. Ce ne sera pas toujours le cas, évidemment mais tant que ça l'est, autant vous en faire profiter. J'espère que cela vous plaira, bonne lecture !
Anonyme : Je te remercie encore et suis heureuse de voir que je pourrai compter sur quelqu'un pour me "remettre dans le droit chemin" s'il le faut. J'ai pris note de ta remarque concernant les descriptions et justement ce chapitre en comporte plus, ce qui je l'espère, te satisfera d'avantage. Il est normal que tu te poses autant de questions, nous nous trouvons du point de vue de Marinette et découvrons ce monde petit à petit. Les réponses viendront, rassure toi, je préfère ne pas trop répondre ici et te laisser découvrir ! Bien sûr si quelque chose n'est pas clair, n'hésite pas à me le signaler. Merci encore et bonne lecture !
Chapitre III
Entre ses doigts gantés de noir se tenait le portrait d'une ravissante femme aux longs cheveux blonds et au sourire doux. À ses côtés se tenait un garçon d'une dizaine d'année aux boucles blondes rappelant celles de sa mère dont la main reposait avec délicatesse sur son épaule.
Chat noir soupira longuement et rangea soigneusement le précieux cadre dans le dernier tiroir de sa table de nuit. Il s'allongea sur son lit, ou plutôt s'y laissa tomber, et ferma les yeux. Une image s'insinua sournoisement dans son esprit, celle-là même qui hantait ses pensées depuis maintenant plusieurs heures. Les paupières closes, il replongeait avec délice dans ses yeux azurés et se régalait de la déstabilisation qu'il y avait lu. Il avait pris soin de graver cette expression ensorcelante dans sa mémoire et ne cessait de la revoir.
Lorsqu'il l'avait aperçue devant la porte de lumière, il avait été immédiatement fasciné par la jeune femme. Dans son costume rouge à pois noirs, il l'avait trouvé adorable mais aussi terriblement séduisante.
C'était étrange comme il s'était si vite attaché à cette personne. Il ne la connaissait même pas, peut-être s'agissait-il d'une véritable peste sans aucun scrupule ! Cependant, il avait le sentiment que ça ne pouvait être le cas, ou au moins essayait de s'en convaincre.
Soudain, on toqua à la porte. Le bruit avait été si imperceptible que Chat noir crut qu'il avait rêvé avant d'entendre des grognements précéder une frappe bien plus forte. Il se leva rapidement, curieux de découvrir qui pouvaient bien être ses invités inattendus.
Lorsqu'il ouvrit la porte, il vit d'abord ce très cher Plagg, l'air renfrogné comme toujours qui le salua sans prendre la peine d'ouvrir la bouche. Puis son regard se porta sur la personne encapuchonnée à ses côtés qui, jusque là, avait gardé la tête baissée. Elle releva alors lentement la tête et souleva sa capuche, révélant le visage de la gardienne de ses pensées.
Leurs regards se croisèrent et il ne put se détacher de ses yeux, totalement envoûté. Plongé dans cet océan, quelques secondes passèrent, peut-être plus avant que Plagg ne se racle la gorge.
« Cette demoiselle voulait te dire un mot. expliqua-t-il rapidement.
- Ou-oui ! se reprit-elle. Merci beaucoup pour tout à l'heure ! Sans toi, ces chevaliers m'auraient probablement attrapée.
- Tout le plaisir était pour moi ! répondit-il simplement. Ces gars là passent leur temps à attendre près de la porte dans leur campement. Ils savent pertinemment que les Miraculeux passent par là...
Le silence s'installa de nouveau sur ces mots. Jusqu'à ce que Plagg ne décide de faire des siennes...
- Bon tu me l'offres ce camembert oui ou non ?
Chat noir laissa échapper un léger rire avant d'inviter l'homme aux cheveux de jais à entrer. La jeune femme quant à elle ne bougea pas, perdue dans ses pensées.
- Toi aussi, ma lady ! convia-t-il dans un sourire malicieux.
Elle fronça les sourcils, visiblement agacé et gênée par ce surnom, ce qui n'était pas pour lui déplaire.
- Je ne t'ai jamais autorisé à m'appeler comme ça ! prononça-t-elle calmement.
- Ma lady me ferait-elle alors l'honneur de me révéler son nom ? » répondit-il, joueur.
Elle leva les yeux au ciel avant de s'avancer jusqu'au seuil. Elle s'y arrêta un instant et prononça distinctement « Ladybug » avant d'entrer sans un regard.
Ladybug… Ces trois syllabes sonnaient agréablement à ses oreilles. Il la suivit alors le sourire aux lèvres, fermant la porte derrière lui.
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La jeune femme grimaça en sentant l'odeur du fromage venir lui piquer les narines mais ne dit rien, de peur de se prendre une nouvelle remarque de la part de Plagg. Elle se concentra sur son café tout en observant les lieux, s'attardant sur le paysage qu'elle apercevait par la fenêtre.
La maison de Chat noir était perchée en hauteur dans un arbre, perdue dans la forêt. Si elle n'avait pas eu de guide, nul doute qu'elle s'y serait perdue. Si le village de Mesmeroth semblait appartenir à l'un de ceux qui pouvaient exister en des temps moyen-âgeux, cette forêt n'était comparable en rien qu'elle ait jamais vu. La végétation inédite qu'elle n'avait pu apprécier lors de sa course poursuite avec Chat noir la fascinait. Autant par ses tapis de feuillages verdoyants qui serpentaient sous ses pieds que par ces gigantesques arbres dont on ne pouvait voir la cime. Ces géants d'un noir charbonneux arboraient des milliers de feuilles ocres aux formes singulières. À leurs pieds s'élever du sol de longues tiges cannelées blanchâtres de plusieurs mètres de hauteur, mêlées à de gigantesques feuilles ciselées. Toute cette végétation l'avait laissé sans voix et elle ne se lassait pas d'admirer les rameaux de feuilles venant effleurer la fenêtre.
À présent dans un semblant de salon couplé à une étroite cuisine, elle attendait patiemment que l'on s'adresse à elle, perdue dans ses contemplations, alors que ses deux compagnons échangeaient quelques banalités.
Elle laissa petit à petit son regard dériver de la fenêtre vers les murs et l'ameublement de la petite pièce. Les lieux étaient sobres, entièrement en bois d'ébène et le style de cette petite cabane différait à bien des égards des maisonnettes de la ville par laquelle ils étaient passés. Le plus curieux était peut-être la présence d'objets de son quotidien, mêlés à d'autres tout à fait banaux. On pouvait notamment distinguer une manette sur un buffet, bien trop ressemblante à l'une de celles que l'on utilise pour jouer aux jeux vidéo, dans son monde. De même, derrière un fauteuil un peu vétuste se tenait ce qui semblait être le haut d'une crosse de Hockey.
Perdue dans ses réflexions, elle sentit un regard peser sur elle. Du coin de l'œil, Chat noir l'observait furtivement tout en conversant avec Plagg, tranquillement installés sur une chaise. Croisant son regard, elle détourna rapidement les yeux pour les plonger dans son café, soufflant la légère fumée qui s'en échappait d'un geste mécanique.
Ce garçon l'agaçait avec cet air espiègle et charmeur qu'il arborait lorsqu'il s'adressait à elle. Il semblait tout faire pour la déstabiliser et l'énerver. Alors qu'elle ne le connaissait que très peu, il s'était déjà montré fourbe auprès d'elle. D'ailleurs, son estomac se souvenait encore de cette course folle dans les bois un peu plus tôt.
Cependant, Ladybug ne comptait pas se laisser décontenancer et s'était surprise d'avoir gardé son sang froid quand il l'avait invité, à sa façon, à entrer.
Malgré cela, elle ne pouvait nier une certaine attirance envers le blond et c'est à ses dépens qu'elle se risqua de nouveau à glisser son regard vers le jeune homme. Elle observa d'abord ses mains tenant fermement une tasse immaculée puis laissa courir son regard sur ses bras finement musclés. Elle remonta sur son épaule puis son cou, enserré par un collier serti d'une petite cloche dorée. Levant les yeux plus haut, elle appréciait les contours de sa mâchoire et le sourire en coin dessiné sur ses lèvres.
Attendez. Pourquoi souriait-il ?
Haussant un peu plus son regard, elle tomba dans les orbes d'un vert intense du jeune homme, manifestement amusé de l'avoir surprise dans sa contemplation.
Prise en faute, elle baissa de plus belle la tête, rougissante à la fois embarrassée et furieuse contre elle-même. Elle qui ne voulait pas lui montrer le trouble qu'il provoquait chez elle, c'était raté…
Voulant reprendre le contrôle de la situation, elle tenta de s'adresser à lui de la façon la plus neutre possible, voyant que les deux hommes avaient détourné leur attention vers elle.
« Et donc, tu es… Chat noir ?
Bon d'accord, on avait fait mieux pour engager la conversation et puis il était évident qu'il s'agissait de Chat noir puisqu'elle venait le remercier en personne… Mais là, elle n'avait pas eu d'autres idées.
- Effectivement, répondit-il tout de même. Celui-là même qui vole au secours des demoiselles en détresse lorsqu'elles sont prises pour cible par le Royaume ! ajouta-t-il, railleur.
- Très amusant… souffla-t-elle en levant les yeux au ciel. Et je suppose que tu dois avoir des dizaines de jeunes filles à tes pieds ! provoqua-t-elle.
- Évidemment, toutes les jeunes demoiselles de ce pays me trouve Chat-rmant !
Venait-il vraiment de faire un nouveau jeu de mot ? Plagg ne semblait même pas l'avoir remarqué, trop concentré dans la dégustation de son quartier de fromage. La jeune femme ne prit même pas la peine de relever, préférant revenir à ce qui pouvait l'intéresser.
- Et puis-je savoir à quels types de danger tu dois faire face, ô Chat noir, preux chevalier de ces dames ?
Un tintement venant de l'extérieur les coupa dans leur conversation. Chat noir se dirigea rapidement vers la fenêtre qu'il ouvrit et tira sur une corde, faisant remonter grâce à un système de poulie un rouleau de papier fermement accroché à une boucle de métal.
Il fronça les sourcils en le lisant et lança un regard déterminé à Plagg. Ce dernier hocha la tête sous les regards perdus de Marinette.
- Tu vas pouvoir le voir de tes propres yeux. » répondit finalement Chat noir à son interrogation initiale.
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Alors qu'ils se dirigeaient au pas de course vers le village, Marinette put apercevoir au loin, au sortir de la forêt, quelques maisons rudement endommagées et entendait des cris émanant des lieux. Ils pressèrent le pas tandis que Chat noir se propulsait à l'aide de son bâton, s'éloignant rapidement d'eux.
« Mais que se passe-t-il à la fin ? s'impatientait la jeune femme.
- Des Drynges, répondit Plagg le souffle court.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Ça. indiqua-t-il alors qu'ils arrivaient à proximité d'une maison dont le chaume du toit s'effondrait par endroit.
La brune observa alors avec effarement la créature dont il parlait. Elle était entièrement blanche et aurait pu s'apparenter à un gigantesque singe blanc aux bras massifs, si on omettait les larges ailes grises formées d'une sorte de peau parcourue de vaisseaux et de nerfs. Sur ses avant-bras et ses jambes se dessinaient d'étranges arabesques noires partant de l'extrémité de ses membres. Le dit Drynge faisait plus de trois mètres et saccageait tout ce qui pouvait entraver son passage, faisant plusieurs blessés dans son sillage.
Alors qu'elle contemplait la créature, elle entendit un hoquet de stupeur dans son dos. La jeune femme vit alors Plagg se diriger vers le corps d'une femme à la chevelure rouge un peu plus loin, étendue sur le sol pavé.
Reconnaissant Tikki, elle se précipita à sa suite, sentant l'inquiétude la gagner. Plagg se laissa tomber à genoux et la secoua doucement, les traits rongés par l'inquiétude.
Tikki finit enfin par reprendre conscience. L'homme soupira de soulagement, elle avait seulement perdu connaissance. Il lui pressa la main en signe de réconfort et l'aida à se relever.
« Tout va bien ? s'enquit la brune.
- Oui ne t'en fais pas ! assura Tikki. J'ai seulement pris un coup sur la tête !
- Et c'est déjà de trop ! râla Plagg.
Tikki lui sourit affectueusement. Malgré les défauts qu'on pouvait lui trouvait, son époux était très protecteur et attentionné avec elle.
Elle se tourna de nouveau vers Marinette.
- J'ai envoyé un message à Chat noir aussi vite que j'ai pu, où est-il ?
Il venait donc d'ici, ce rouleau de papier. La jeune femme scruta les alentours avant de tomber sur la silhouette du jeune homme, visiblement en train de capter l'attention de la créature par diverses pitreries.
- Là ! indiqua-t-elle.
- Il faut que tu lui prêtes main forte ! répondit alors la rouge.
- M-mais comment ça ?
- Tu es une miraculeuse Ladybug, ne l'oublie pas ! » répliqua Tikki.
Facile à dire ! Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait faire mais voyant Chat noir attirer le monstre vers l'extérieur de la petite ville, elle se dirigea prudemment vers eux tandis que Tikki et Plagg venaient en aide aux blessés.
Ce fut alors le début d'une longue série de ratés pour Marinette alors que Chat noir se battait avec acharnement contre le Drynge. Malgré toute la volonté qu'elle y mettait, chaque fois qu'elle essayait d'utiliser son yoyo, son câble s'enroulait malencontreusement autour de son bras voire de ses jambes. Et quand elle réussissait à le lancer, son tir inexpérimenté manquait de toucher Chat noir plutôt que la créature…
De toute évidence, elle ne ferait qu'entraver les mouvements de son compagnon si elle ne s'améliorait pas un minimum. D'ailleurs ce dernier se retrouva rapidement en mauvaise posture. Percuté par le poing du Drynge, il s'était retrouvé au sol, désorienté quelques instants par le choc. Voyant qu'une nouvelle attaque allait s'abattre sur le garçon, la brune lança dans un élan de désespoir son yoyo qui s'enroula miraculeusement autour des pieds du jeune homme. Écarquillant les yeux de surprise face à ce tir réussi, elle tira sèchement sur le câble, sauvant le blond de l'impact puissant qui heureusement ne fractura que la terre sur laquelle il s'étendait auparavant.
Stupéfait mais heureux d'être encore en un seul morceau, Chat noir lui adressa un sourire avant de se remettre à l'assaut.
« Merci, ma Lady ! »
Petit à petit, elle tentait de comprendre comment fonctionnait son arme et même si elle n'était toujours pas capable de blesser la créature, manquant de puissance dans ses attaques, elle parvenait parfois – d'accord pas si souvent que ça mais tout de même - à entraver ses mouvements ce qui permettait au blond d'éviter les coups. Cependant il fallait bien admettre que la majorité du temps, son yoyo ne faisait que brasser de l'air.
Malheureusement pour elle, le Drynge finit par comprendre le manège de la jeune femme et avant même qu'elle ne puisse faire un geste, il la saisit d'une main avant de battre des ailes, visiblement furieux.
Voyant cela, elle aperçut Chat noir se projeter à l'aide de son bâton vers eux et s'accrocher au pied du monstre alors qu'il prenait de l'altitude.
Ladybug se débattait furieusement dans la poigne de la créature tout en cherchant un moyen de l'empêcher de monter plus haut. Réfléchissant aussi vite qu'elle pouvait, son regard se porta sur les ailes de l'animal. L'une d'elles semblait battre difficilement.
« Chat ! Son aile droite ! Il faut que tu frappes son aile droite, elle est endommagée ! » cria-t-elle à l'attention du blond.
Le jeune homme qui grimpait avec difficulté sur l'arrière de la jambe du Drynge s'empressa de monter plus haut pour atteindre l'endroit spécifié par sa partenaire improvisée. Il aperçut rapidement une blessure à la base de l'aile en question, et sans une once d'hésitation, y frappa de toutes ses forces avec son arme.
Dans un hurlement de douleur, le monstre perdit en altitude et, désorienté, se dirigeait à présent vers un immense rocher à découvert qu'il percuterait sans l'ombre d'un doute.
Analysant la situation, Chat noir s'adressa à la jeune femme.
« Il faut sauter !
- Tu es dingue ou quoi ! On va mourir si on saute !
- On va mourir si on se prend ce rocher, mais peut-être pas si on tombe dans ces arbres ! indiqua-t-il du doigt.
- Peut-être pas !? s'écria-t-elle tout en jetant un regard terrifié aux bois sous ses pieds. Ils lui semblaient bien moins charmants qu'auparavant, tout à coup...
- Tu as une meilleure solution ? »
Ne lui laissant pas le loisir d'y réfléchir plus longtemps, il frappa le poignet du monstre pour le faire lâcher prise sur la brune et l'agrippa avant de se jeter dans les airs sous les cris paniqués de la jeune femme.
Dans leur chute, ils virent l'animal se fracasser lourdement contre le rocher avant d'eux-même s'écraser dans le feuillage et les branchages des grands arbres de la forêt.
Tous les deux furent arrêtés par de larges branches après quelques mètres, leurs membres douloureux les empêchant de trop se mouvoir.
Perchée dans le même arbre que le garçon, le dos endolori par sa chute, Marinette fixait son compagnon d'un regard qui en disait long.
« Ça valait le coup, non ? tenta-t-il.
- Chat… gronda-t-elle de plus belle.
Mais avant qu'elle n'ajoute quoi que ce soit, elle le vit tendre son poing vers elle, le sourire aux lèvres.
- En tout cas, je te remercie ma Lady, je n'y serai pas arrivé seul cette fois ! » expliqua-t-il simplement.
D'abord surprise, et même si elle savait qu'elle n'avait pas fait grand chose dans ce combat, un sentiment de légèreté et de satisfaction l'envahit petit à petit. Elle lui rendit son sourire et frappa de son poing dans le sien, se félicitant par ce geste de leur première victoire, ensemble.
