Bonjour, ou bonsoir, comme vous préférez ! Après un peu d'attente voici la suite du combat et de cette histoire ! J'ai été pas mal occupée aussi ce chapitre est le dernier de ma réserve d'avance. Cela étant la suite est déjà bien profilée dans ma tête, reste à mettre ça par écrit... Je ne vous retiens pas plus longtemps, bonne lecture !

Lolocando : Mon imagination et moi-même te remercions, ça fait plaisir ! J'ai donc très très hâte que tu découvres la suite ! Merci encore !

Bubullina : Désolée pour ce suspense ! Et merci pour ton message ! Mais là voilà la suite, qui je l'espère te plaira !

Anonyme : Peut-être un jour devrai-je te donner un nom, cela dit ça donne un aspect énigmatique à ta personne ! Bon désolée pour le suspense mais je devais couper à un endroit ou un autre et j'ai du choisir ! Mais j'espère que la suite sera à la hauteur, ça me met la pression tout ça, pfiou ! Je suis désolée en ce qui concerne le séjour de Marinette chez ses parents, à vrai dire ce n'était une relation sur laquelle je souhaite m'étaler ou me concentrer. Peut-être aurai-je dû en dire plus, tu as sûrement raison. En ce qui concerne Chloé, je ne l'ai pas oublié, bien au contraire, seulement j'ai voulu installer quelque chose entre nos deux protagonistes avant d'écrire le grand retour de cette capricieuse demoiselle ! (et j'ai rencontré quelques problèmes avec ce personnage dont je parlerai en temps voulu). Pas d'inquiétude donc, elle arrivera plus vite que tu ne le crois. Sinon, heureuse que ce chapitre t'ait quand même plus malgré tout ! Je ne souhaite pas laisser Tikki et Plagg de côté moi non plus ! Concernant le combat, je me suis bien rendue compte que j'avais du mal, et j'ai espoir d'avoir fait un peu mieux cette fois, à toi de me le dire ! Ne t'excuse pas, tes pavés sont très instructifs et mettent le doigt là où il faut. J'en tiens compte pour la suite et essaie de m'améliorer en conséquence, enfin j'espère mais je ne suis malheureusement qu'une amatrice moi aussi ! Merci encore !

Chapitre VII

Alors qu'il parvenait enfin à briser l'argile qui bloquait ses pieds, Chat noir eut juste le temps de voir le projectile se briser sur l'épaule de sa partenaire qui s'effondra lourdement sur le sol, sa tête cognant le pavé.

« Ladybug ! »

Le jeune homme sentit son sang ne faire qu'un tour et bondit vers Ladybug. Il la récupéra rapidement au milieu de cette rue avant qu'elle ne subisse d'autres attaques du potier qui se tenait à quelques pas, se roulant avec elle dans ses bras sur le sol pour éviter un pot. L'homme tenta un nouvel assaut que Chat noir, à terre, para de son arme en se redressant et chercha des yeux un endroit où elle pourrait être à l'abri. Voyant que l'une des maisons comportait une cheminée accolée à un replat qui surplombait une fenêtre, il s'y propulsa sans attendre, maintenant la brune contre lui. Atterrissant avec souplesse, il la déposa délicatement contre la cheminée, soucieux, avant de lui secouer les épaules avec douceur.

Peu à peu, elle reprit connaissance et ouvrit les yeux, dévoilant un regard perdu.

La première chose qu'elle vit fut les orbes vertes du garçon où dansait une lueur inquiète. L'arrière de sa tête lui faisait atrocement mal et elle se sentait nauséeuse. Les battements effrénés dans ses tempes ne faisaient qu'intensifier son mal et lui donnaient l'impression que son crâne allait tout bonnement exploser. Le blond s'approcha d'elle comme pour mieux s'assurer de son réveil. La proximité du visage du jeune homme la troubla d'avantage mais la rassura, aussi.

« Tu vas bien ? demanda-t-il d'une voix basse.

- Je crois oui, rien de grave... murmura-t-elle, comprenant qu'elle avait été assommée dans sa chute.

Elle voulut se relever mais sentit en s'appuyant sur le chaume du toit une douleur lancinante traverser son épaule, la faisant glapir.

- Tu ferais mieux de rester ici. conseilla Chat noir. Je m'occupe du reste ! » ajouta-t-il avec un clin d'œil.

Et il bondit sans attendre au pied de l'habitation, de nouveau prêt à en découdre. La jeune femme l'observa faire, impuissante, tandis que les deux hommes reprenaient leur combat. Cependant elle voyait bien que le garçon commençait à fatiguer. Depuis combien de temps était-il ici, dans cette rue, à combattre le vilain ? Elle voulait l'aider mais ne savait pas comment s'y prendre.

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Le jeune homme pestait contre son adversaire. Cela faisait un long moment qu'il combattait et il avait de plus en plus de mal à tenir la cadence.

Après sa découverte, Chat noir s'était immédiatement rendu au café. Il fallait prévenir Tikki et Plagg du potentiel danger qui les guettait. Son mentor avait tout de suite saisi la gravité de ce message et ordonna à Chat noir de l'accompagner sur les lieux. La rouge aussi voulait venir et ils perdirent un temps précieux à débattre tous les deux. Mais Plagg n'était pas du genre à discuter quand il sentait qu'elle pourrait être menacée et s'était montré catégorique.

Ainsi au milieu de l'après-midi, les deux hommes s'étaient emparés de deux Orniques et avaient pris sans attendre le chemin de la petite ville voisine. Quand ils étaient arrivés, la panique régnait sur les lieux. Les habitants fuyaient la rue pour éviter le vilain, d'autres s'enfermaient dans leur maison pensant être à l'abri. Ils eurent tôt fait de retrouver Wayzz, le gardien aux étranges cheveux verts. Chat noir avait déjà pu le rencontrer par le passé, une ou deux fois. Il savait que c'était une personne serviable et pleine de gentillesse. C'est lui qui les avait prévenu. Plagg et lui s'entendirent pour évacuer les habitants tandis que le garçon maîtriserait le potier qui paraissait-il, avait eu un léger différent avec un client avant sa transformation.

Et si au début il n'avait fait que le distraire pour détourner son attention des personnes alentours, il avait vite dû engager un combat qui le tenait depuis plusieurs heures maintenant. Chaque fois qu'il l'approchait, son adversaire déversait l'argile collante au sol de sorte qu'il ne puisse l'atteindre.

Le pauvre garçon sentait ses muscles le tirailler, quémandant un répit qu'il ne pouvait leur accorder et se vidait peu à peu de ses forces. S'il pouvait ne serait-ce que l'approcher, ce serait déjà bien plus facile ! Bien sûr ils avaient échangé quelques coups lorsqu'il avait par quelques ruses pu se rapprocher d'assez près, mais l'homme ripostait avec force et protégeait son pot avec ardeur.

Cependant, un autre sentiment que la fatigue l'avait envahi quand il avait vu sa Lady tomber au sol, son épaule violemment percutée. D'abord de l'inquiétude, maintenant une animosité certaine contre son adversaire lui rendait l'énergie qui commençait à lui manquer.

Le vilain l'attaquait maintenant avec fureur, lançant des pots par dizaines. Le blond utilisa alors son bâton comme bouclier, le faisant tournoyer avant de lui même tenter de renvoyer le dernier projectile en se servant de son arme telle une batte de baseball. Cependant le potier l'ayant anticipé se décala bien vite sur sa gauche et, à présent tout proche du garçon, renvoya une salve d'argile. Par un surprenant réflexe, Chat noir fit se télescoper son bâton et bondit un peu plus loin dans la rue, le vilain sur ses pas, s'éloignant ainsi de la brune toujours sur le toit qui l'observait les dents serrées.

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Appuyée contre la cheminée, son épaule et sa tête la faisaient toujours souffrir mais elle s'en moquait. Elle ne désirait qu'une chose, le soutenir. Elle voyait bien qu'il ne tiendrait pas encore très longtemps mais elle ne pourrait pas lui être d'une grande aide dans l'état actuel des choses.

« Ladybug !

C'était la voix de Tikki. Elle se retourna et vit son amie lui adresser de grands gestes à quelques mètres de là. La rouge était à demi masquée derrière le flanc d'une maison un peu plus loin.
- Tikki ! répondit-elle à son tour. Tout va bien ?

- Oui ne t'en fais pas, Plagg, Wayzz et moi avons terminé d'évacuer les derniers habitants de cette rue ! Il y en a eu quelques uns qui ne voulaient absolument pas quitter leur maison... Mais plus important, il faut que tu viennes en aide à Chat noir !

- Mais comment ?

- Il faut que tu utilises ton pouvoir spécial ! »

Interloquée, Marinette ne comprit pas tout de suite où elle voulait en venir avant de brusquement se souvenir de quelque chose dont lui avait parlé la rouge. Elle se redressa alors, déterminée, et lança de son bras encore en état son yoyo dans les airs tout en s'écriant « Lucky Charm ». Son arme tournoya alors sur elle-même, entourée d'une aura rouge puis quelque chose retomba entre ses mains.

Un pistolet à eau, plutôt massif.

C'était une plaisanterie n'est-ce pas ?

Elle n'y comprenait rien, et tandis qu'elle s'énervait sur l'objet en question, son regard se porta sur l'argile durcie encore au sol et soudain tout devint limpide.

Elle s'adressa finalement à Chat noir de l'autre côté de la rue, une idée bien précise en tête.

« Chat ! J'ai besoin que tu l'attires vers moi ! Il faudra que tu te tiennes prêt, je mise sur son pot pour l'akuma !

Même s'il ne comprenait pas pourquoi cette demande, le jeune homme s'exécuta, convaincu par le ton ferme qu'elle venait d'employer.

- Tes désirs sont des ordres ma Lady !

Le blond attira l'attention du vilain qui s'évertuait à lancer des pots sur les maisons alentours, s'amusant à abîmer tout ce qu'il pouvait.

- Alors c'est tout ce que tu sais faire ! provoqua-t-il. Viens plutôt par ici me montrer tes chefs d'œuvre !

L'homme grogna à son attention et se rapprochait du garçon qui reculait en direction de Ladybug. Une fois à la bonne portée, la jeune femme toujours perchée sur le toit pressa la détente de son arme tandis que Chat noir s'était abaissé en la voyant faire. Un puissant jet d'eau jaillit alors du pistolet pour venir s'écraser contre le vilain complètement détrempé. Celui-ci tenta une nouvelle attaque mais l'eau qui dégoulinait de son corps faisait que l'argile visqueuse capable de bloquer les pieds de ses adversaires s'écoula lamentablement au sol, bien trop liquide.

« Chat ! Maintenant !

Interloqué, il ne vit pas Chat noir profiter de sa stupéfaction pour se jeter sur lui. C'était le moment, enfin !

- Cataclysme ! » s'écria le jeune homme en abattant sa main sur le pot de terre cuite.

Un halo de lumière d'un vert sombre éclaira subitement sa bague puis le pot s'effrita sous ses doigts, libérant un papillon d'un noir d'encre. Le blond se laissa tomber sur ses genoux, soulagé d'avoir enfin pu atteindre ce fameux pot après tant de débacle.

L'akuma quant à lui s'envola dans l'espoir de s'échapper mais ce fut sans compter les réflexes de Ladybug. Celle-ci élança son yoyo dans sa direction pour capturer l'insecte maudit. À sa grande surprise, son arme qui l'avait piégé s'ouvrit après quelques secondes pour libérer le papillon, à présent teinté d'un blanc éclatant.

« Bye, bye petit papillon... » murmura-t-elle pour elle même, stupéfaite.
Chat noir toujours au sol, lui lança un regard perplexe, jamais il n'avait vu ça. Elle se releva alors et lança le pistolet dans les airs comme elle l'avait fait auparavant avec son yoyo. Il explosa en une aura rouge et noire qui traversa la rue pour lui rendre son apparence initiale. La jeune femme arborait un sourire époustouflé, épatée par ce pouvoir qu'était le sien.

De son côté, le garçon avait assisté à la scène, et contemplait à présent la brune sur le toit. Elle était extraordinaire. Elle se tenait debout à présent, et souriait, victorieuse. La lumière des torches fixées au mur des maisons projetait sur elle des lueurs chaudes dans la nuit et soulignait sa silhouette par des jeux d'ombre et de lumière. Sur son visage courrait un ardent reflet et le ruban de ses cheveux flottait au côté de quelques mèches évadées. Il se sentit comme happé par cet envoûtant spectacle, presque irréel, ne pouvant détacher ses yeux d'elle.

Elle descendit finalement et s'approcha de lui, soucieuse.

« Tout va bien Chat ? demanda-t-elle en lui tendant la main pour l'aider à se relever.

Le garçon se perdit un instant dans ses yeux dont le bleu était par moment traversé d'éclats de lumière dorée provenant des flambeaux. En cet instant, il s'y serait noyé volontiers.

Il se racla la gorge tout en se redressant avec son aide, reprenant ses esprits.

- Euh oui ! Oui tout va très bien ! rassura-t-il tout en passant nerveusement sa main sur sa nuque.

Elle lui adressa un sourire éblouissant avant de tendre son poing dans sa direction.

- Bien joué ! » s'exclama-t-elle.

Il frappa de son propre poing dans le sien, comme au premier jour lorsqu'ils avaient affronté le Drynge.

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Après avoir rassuré le pauvre homme ayant recouvré ses esprits ainsi que les habitants de la ruelle où tout s'était joué, les deux miraculeux et leurs gardiens laissèrent Wayzz s'occuper du reste. Ce dernier les remercia chaleureusement pour cette aide précieuse avant de retourner auprès du potier.

Ils reprirent leurs Orniques pour de nouveau se diriger vers la forêt, à une allure bien plus raisonnable cette fois-ci.

La jeune femme se sentait fatiguée et elle savait que son partenaire l'était aussi, probablement bien plus qu'elle, même s'il tentait de n'en rien montrer. Utiliser leurs pouvoirs spéciaux nécessitaient beaucoup d'énergie.

Elle engagea la conversation, entre autre pour se tenir éveiller.

« Dites... d'où ils viennent ces papillons ?

Tikki et Plagg s'entre-regardèrent tandis que Chat noir ne pipait mot. Finalement, ce fut la rouge qui lui répondit.
- Nous espérions que nous n'aurions pas à t'en parler, cela faisait plus d'un mois et demi que rien ne s'était produit... Cela fait plusieurs années maintenant, peut-être deux ou trois, que les premiers akumas ont frappé.

- À l'époque on ne savait pas du tout ce que c'était et j'avais du mal à en venir à bout, comme aujourd'hui. ajouta le blond.

- Leur maître n'a fait que peu d'apparitions, le Papillon... poursuivit Tikki.

- Le Papillon ? répéta la jeune femme sans comprendre.

- C'était un miraculeux, comme Chat noir et toi ! intervint Plagg. Ça faisait longtemps qu'il avait découvert cet endroit, bien avant vous. Mais il a perdu la raison...

- Nous pensons qu'il a du lui arriver quelque chose dans votre monde et depuis ce jour, il était devenu étrange. Un jour il a complètement explosé et à présent, il voue une colère incommensurable à la terre entière... compléta Tikki.

La jeune femme enregistrait les informations : le Papillon, un miraculeux, comme eux.

- Et donc ces akumas viennent de lui ?

- C'est ça ! répondit Chat noir. On s'est rendu compte qu'il utilisait des sentiments comme la colère ou la peine pour manipuler des gens. Il envoie ses akumas pour faire d'eux ce qu'il veut et en particulier, récupérer des miraculous. Et il en a déjà quelques uns en sa possession.

Elle ne manqua pas le regard assombri de son partenaire, même si ça n'avait duré qu'un instant. Il y avait déjà eu des victimes, qu'il connaissait sans doute.

- C'est donc pour ça qu'il nous les a demandé... murmura Marinette. Mais pour quoi faire ?

- Aucune idée ! répliqua Chat noir. Enfin je suppose qu'il souhaite obtenir plus de pouvoirs mais dans quel but...

- Hum...

- En tout cas, tu m'as beaucoup aidé et en plus pour une fois l'akuma ne retournera pas à son propriétaire ! déclara le jeune homme, la gratifiant d'un sourire reconnaissant.

- Comment ça ?

- Et bien c'est la première fois que je vois un papillon devenir aussi lumineux !

- Chat noir a raison ! poursuivit Tikki. Je pense que tu l'as purifié avec tes pouvoirs, et grâce à ça il ne retombera pas entre les mains du Papillon.

- D'habitude je ne pouvais rien faire contre lui, il s'enfuyait systématiquement ! expliqua le garçon.

- Je vois... Et vous ne savez pas où il est ce Papillon ?

- Si on le savait tu penses bien qu'on l'aurait déjà coincé ! répliqua Plagg.

- C-certes ! répondit la brune, se sentant un peu idiote.
- Quoi qu'il en soit à cause de lui les miraculeux sont chassés par le Royaume. reprit Tikki sur un ton lourd de reproches. Le Roi, poussé par ses conseillers, a eu peur que d'autres miraculeux se retournent contre la population et s'attaquent aux habitants... Il a donc décidé de les chasser.

- Le Papillon a récupéré quelques miraculous et les autres ne sont tout simplement pas encore apparus. continua Plagg. C'est pourquoi jusqu'à ce que tu arrives, il ne restait plus que ce gringalet ! rouspéta-t-il en direction du garçon qui laissa échapper un rire nerveux.
- Un miraculeux qui n'a plus son miraculous peut repartir de ce monde mais ne peut plus repasser la porte et revenir... annonça tristement Tikki. N'importe qui ne peut pas passer la porte.

La jeune femme sentit son cœur se serrer. Le Papillon semblait être un adversaire redoutable et puissant qui avait déjà fait bien des dégâts. Elle comprit aussi pourquoi Tikki avait semblé si triste lorsqu'elle avait abordé la question des autres miraculeux. Chat noir avait du rester longtemps seul, mais aujourd'hui, elle était là. Ils continuèrent leur route sans un mot, bercés par le claquement des sabots des Orniques.

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Les deux jeunes raccompagnèrent leurs aînés jusqu'au café, ramenant leurs montures dans l'établie pour se diriger ensuite vers la cabane du jeune homme.

Le silence régnait entre eux alors qu'ils avançaient à pas lents dans la forêt endormie. Le vent s'engouffrait entre les arbres et faisait chuchoter d'étranges murmures aux feuillages. Loin d'être si calmes qu'on pourrait l'imaginer, la nuit les bois prenaient un autre visage. Les longues tiges cannelées brillaient d'une faible lumière blanche en opposition avec les troncs noirs des arbres que l'on distinguait à peine. Les craquements des branches sous le passage d'un animal et le froissement des feuilles en hauteur troublaient le silence des lieux.

Chat noir observait sa compagne du coin de l'œil, voyant à la manière dont elle la tenait que son épaule la faisait encore souffrir.

« Ça ira ?

- Oui ne t'en fais pas, ça passera ! répondit-elle avec un sourire qui ressemblait plutôt à une grimace.

Peu convaincu, il n'insista pas cependant, ne voulant pas l'ennuyer.

- Tu m'as vraiment beaucoup aidé tu sais !

- Tu parles, au premier essai j'ai tout de suite perdu...

- Peut-être mais tu t'es bien rattrapée ensuite ! Je t'assure, tu as été géniale ! » affirma-t-il.

Ses yeux verts brillants dans la nuit la fixaient avec intensité, plaidant sa sincérité. La jeune femme sentit son cœur s'accélérer sous son regard perçant et lui adressa un modeste sourire.

Ils atteignirent finalement leur destination et c'est sans grande finesse que Marinette se laissa tomber sur le canapé du garçon qui ricana devant ce spectacle. La brune se contenta de lui tirait une langue mutine alors qu'il se dirigeait dans sa petite cuisine.

Quelques instants plus tard, il revenait avec une poche remplie d'eau glacée qu'il déposa entre ses mains. Elle le remercia et appliqua la poche sur son épaule, laissant échapper un soupir de soulagement. Seul un léger mal de tête persistait, témoin de la rencontre entre le sol et son crâne.

Le blond s'assit finalement en tailleur à ses côtés, heureux de pouvoir l'aider un peu.

« Qui aurait cru qu'il y avait tant de problèmes ici... murmura-t-elle. Moi qui croyait avoir trouvé un lieu de paix dans ce coffre.

- Tu sais, c'était le cas quand je suis arrivé ! expliqua le jeune homme. Je ne connaissais pas le Papillon, et de toute façon d'après Tikki et Plagg, il devenait de plus en plus difficile à vivre à l'époque. Bon il y avait quand même les attaques de créatures mais c'est plus facile à gérer !

- Hum, tu veux dire comme ce Drynge qui t'aurait écrasé comme un vulgaire moustique si je ne t'avais pas aidé la première fois ! souligna malicieusement Ladybug.

- Dois-je te rappeler ma Lady que ce n'est pas moi qui me suis fait attrapé ce jour là mais bien toi ! contra-t-il. N'est-ce pas moi, le preux chevalier qui ait volé à ton secours ? »

La jeune femme pouffa devant les facéties de son coéquipier, retrouvant une humeur plus légère.

Elle lui raconta son week-end pour se changer les idées. Il écoutait avec attention, rencontrant par ses paroles son adorable mère, avec laquelle elle avait préparé quelques gâteaux, s'amusant de la maladresse de sa coéquipière qui avait omis d'y mettre du sucre, riant en s'imaginant le visage de son père qui goûtait sa création avec un sourire forcé. Il comprit que ses parents tenaient une boutique lorsqu'elle lui détailla l'aide qu'elle et sa mère apportaient dans la journée à son père. Elle semblait avoir une famille aimante et généreuse, comme il en eut autrefois.

Ainsi il suivit le fil de son week-end, comme s'il y avait participé, jusqu'à ce qu'elle ne termine son histoire par son retour ici.

« Dis moi Chaton... le garçon frémit à l'entente de ce surnom qui réchauffait toujours son coeur. Je voulais te demander, comment as-tu trouvé le coffre qui mène à la porte ?

Il sembla réfléchir un instant, se remémorant sa découverte.

- En fait, mon père participait à une réception avec de grands stylistes, et -

- Vraiment ? interrompit la brune, une étincelle dans les yeux. Ton père travaille dans le domaine de la mode ?

- En effet, il y travaillait. répondit-il en souriant, amusé par sa réaction. C'est quelque chose qui t'intéresse ?

- Beaucoup oui ! Au collège déjà je passais mon temps à faire des croquis, j'adore ça !

Une lueur de nostalgie passa dans les yeux du blond. Cela lui rappelait l'une de ses amies collégiennes, un peu timide à son égard, l'une de ses rares vraies amies d'ailleurs. Une jolie jeune fille avec deux couettes noires et des yeux bleus rêveurs, bégayant à chaque mot qu'elle lui adressait. Elle aussi adorait dessiner toutes sortes de patron.

- C'est un domaine difficile ! poursuivit le garçon.

- Je sais bien mais ça me passionne...

Le jeune homme enregistra ces informations, savourant cet instant. Il appréciait beaucoup ces moments où elle lui parlait un peu d'elle.

- Mais bref, le coffre ! reprit-elle.

- Ah oui ! Donc je l'ai accompagné à l'une de ces réceptions mais je m'ennuyais à mourir chaque fois que j'y allais. Du coup, j'ai visité ! Et comme ça durait des heures, j'ai même eux le temps de visiter le parking et je suis tombé sur le fameux coffre. C'était vraiment... magique ! Surtout pour un gamin de douze ans ! »

La brune l'écoutait avec attention, buvant presque chacune de ses paroles. Elle ne pouvait détacher son regard du jeune homme qui revivait presque ce moment, les yeux brillants d'une lueur enfantine.

« À l'époque, les chevaliers n'étaient pas encore à la poursuite des miraculeux et j'ai pu aller et venir comme je le voulais. Mon père devait souvent aller là-bas alors je prétextais vouloir l'accompagner et j'y allais aussi souvent que possible.

- Et tu as rencontré Tikki et Plagg ! poursuivit la jeune femme. Comment c'était ?

- Oh comme tu t'en doutes, Plagg râlait comme à son habitude et Tikki me rassurait chaque fois qu'il s'énervait sur moi !

Elle imagina la scène et ça la fit rire.

- Te moque pas ! Il n'a pas été un aussi gentil « maître » que je l'ai été avec toi !

- Je ne me moque pas, répondit-elle entre deux rires. Et puis depuis quand tu es mon « maître » ?

- Bon mentor si tu préfères ! bougonna-t-il.

- C'est un peu mieux !

Alors que le corps de la brune s'agitait encore sous l'effet de quelques rires, le jeune homme sentit quelque chose de chaud se poser contre son épaule. Il se raidit instantanément, comprenant qu'elle venait de caler sa tête contre lui. Son rythme cardiaque était bien trop élevé d'un coup, si bien qu'il avait le sentiment qu'on pouvait presque entendre son cœur cogner sa poitrine tant il battait fort. Il sentit la chaleur lui monter aux joues et ne bougea pas, de peur qu'elle ne s'en aille.

Il se reprit alors, faisant mine de rien.

- Bon et toi alors, comment tu l'as trouvé ?

- Oh, un heureux hasard et surtout un concours de circonstances...

- C'est-à-dire ?

- En fait, moi aussi je l'ai trouvé alors que je participais à une réception, avec mon école. Mais ça ne s'est pas passé exactement de la même façon que toi... ajouta-t-elle avec un rire nerveux.

- Tu piques ma curiosité ma Lady !

- En fait vois-tu il y avait une fille là-bas... Une fille que je ne tiens pas vraiment dans mon cœur, et c'est réciproque d'ailleurs. Tu vois c'est le genre de personne hautaine et fière qui ne t'adresse la parole que si tu suis sa façon de penser ou si tu es beau, riche et célèbre ! Enfin, tu vois ce que je veux dire...

Chat noir hocha la tête, comprenant parfaitement où elle voulait en venir. Après tout, il en avait côtoyé une comme ça de nombreuses années... Chloé...

- Tout ça parce qu'elle est la fille du Maire... marmonna la jeune femme pour elle-même.

Mais l'ouïe fine du blond avait très bien reçue cette phrase qui le percuta de plein fouet. Parlait-elle de cette même fille du Maire, Chloé Bourgeois, celle avec qui il avait passé une grande partie de son enfance et adolescence ? Cela l'amena encore à penser à son amie de collège, qui régulièrement se frottait avec le soutien de sa meilleure amie à la blonde. Il se souvenait encore des chamailleries entre Chloé et la jolie brune comme si c'était hier.

Attentif, il se contenta d'écouter son interlocutrice qui continuait sa narration.

- Et là j'ai eu la maladresse de percuter un serveur qui a renversé toutes les coupes sur sa robe. Elle a hurlé !

Le garçon laissa échapper un petit rire, entendant presque la voix de son amie.

- Ça te fait rire là comme ça mais j'étais complètement paniquée moi !

- Désolée ma Lady ! s'excusa-t-il, le sourire au lèvre.

- Elle m'a poursuivie et j'ai fini par me retrouver dans le parking souterrain. Je me suis cachée dans le local et j'ai trouvé le coffre ! Je suis entrée dedans et j'ai découvert la porte de lumière. Et la suite tu la connais. Une bande de soldats armés jusqu'aux dents s'est lancée à ma poursuite et un drôle d'énergumène s'est jeté sur moi... termina-t-elle avec un sourire espiègle.

- Cet énergumène t'a sauvé d'une mort certaine ! » rappela-t-il pour sa défense.

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Ils échangèrent encore quelques paroles jusqu'à ce qu'un silence tranquille s'installe entre eux. Il commençait à se faire tard et le jeune homme sentait la brune se détendre peu à peu contre lui. Cette petite discussion avait semé le doute chez lui. Une fille qui adorait la mode ? Et qui détestait Chloé Bourgeois ? Bon quelque part, peu de personne l'aimait et après tout, il y avait beaucoup de filles qui s'intéressaient à la mode. Mais sa Lady avait de jolis yeux bleus et des cheveux noirs, comme son amie. Marinette... Il repensait souvent à eux, ses amis de collège, les seuls qu'il ait jamais eu et qu'il avait lâchement abandonné... Y avait-il une petite chance pour que ce soit elle ? Il secoua la tête. Difficile à croire, il ne fallait pas qu'il espère. Cependant maintenant que cette idée avait germé dans sa tête, il ne pouvait s'empêcher d'y penser.

« Chat … murmura-t-elle d'une voix calme, un peu endormie.

Cela eut le mérite de le distraire.

- Hum ?

- Je sais bien que c'est un sujet difficile, mais... pourquoi ne rentres-tu pas ?

Il se tendit et laissa le silence régner quelques instants. Il ne savait pas vraiment quoi lui répondre à vrai dire. Et il n'aimait pas aborder ça. Mais il pouvait bien lui dire quelque chose.

- Plus personne de m'attend là-bas... prononça-t-il avant de soupirer.

Elle ne répondit pas tout de suite jusqu'à ce qu'elle bredouille, en train de s'assoupir :

- Hum … il y aurait … moi …

Il hoqueta, son cœur s'arrêta. Venait-elle vraiment de dire ce qu'il avait entendu ? Il sentit une bouffée de chaleur l'envahir, touché par ses paroles. Il jeta un regard par dessus son épaule pour constater qu'elle s'était endormie. Il aurait aimé la réveiller, la prendre vivement par les épaules et lui demander de répéter. Mais il ne le fit pas, laissant sa précieuse partenaire aux bras de Morphée. Il s'était fait une alliée et une amie très attachante. Trop attachante sans doute.

Se détachant délicatement, il passa un bras sous ses genoux, un autre dans son dos et la souleva avec attention pour se diriger vers sa chambre. À pas mesurés, il traversait le petit salon, la tête de la jeune femme contre le haut de son torse. Ses cheveux lui chatouillait le cou et il pouvait sentir son parfum sucré, entêtant lui embrumer l'esprit.

Le blond la déposa avec précaution sur son lit, de peur de la réveiller. La bouche entre-ouverte, quelques mèches s'échappant de ci de là, elle était adorable.

Il s'assit à ses côtés, songeur, ses yeux d'émeraude brillants dans la pénombre, parcourant le visage et les courbes de la jeune femme endormie. Il fallait se rendre à l'évidence, elle avait une emprise de plus en plus grande sur lui …

Il hésita un instant puis se pencha vers son visage, nerveux. Il déposa avec affection ses lèvres sur son front, juste un instant, et se redressa rapidement, tremblant. Il retourna dans le salon, préférant lui laisser sa chambre et s'allongea dans son canapé, troublé. La nuit allait être longue.