Bien le bonjour à vous ! Voilà donc la suite qui je l'espère vous plaira. Cela dit je tiens à vous dire que dans ce chapitre, l'action est tout de même beaucoup moins au rendez-vous (Et bien oui je ne peux pas faire des combats à tout bout de champ). Bref, je vous souhaite une bonne lecture !
Lia9749 : Merci pour ton message, je suis très heureuse d'apprendre que ces deux derniers chapitres t'aient plu. Ce chapitre devrait pouvoir répondre à ton interrogation, mais j'en dis déjà trop ! J'espère qu'il te plaira, merci encore !
Anonyme : Merci à toi pour ce message détaillé, ça me fait toujours plaisir lorsque je découvre tes reviews. D'ailleurs chaque fois que je m'attaque à tes pavés, je prends une grande inspiration sans m'en rendre compte, tes messages me font un peu l'effet d'une bouffée d'air frais et c'est pourquoi je suggère de te surnommer Whiff (bouffée, souffle en anglais). Je trouve ça court et sympathique, à toi de voir si ça te convient que je t'appelle comme ça. Bref revenons en à nos moutons ! Tu me flattes beaucoup mais bon, j'ai conscience d'être encore loin de mon idéal d'écriture. Je te remercie cependant. Très heureuse d'apprendre que ce chapitre t'ait plu, je dois dire que j'ai vraiment beaucoup donné pour celui-ci. J'imagine effectivement qu'un bon nombre de questions ont trouvé réponses en effet ! J'avoue que ton paragraphe sur le Roi et ses conseillers m'a amusé. Et je dois dire au passage que je suis bien d'accord avec toi. Tu auras justement l'occasion d'y voir un peu plus clair avec ce chapitre, mais je n'en dis pas plus. D'autres miraculeux pourront apparaître oui, ou non. Tu verras ça bien vite ! Dans la mesure où il est possible d'enlever son costume dans cet autre monde, j'ai considéré qu'il était possible aux miraculeux de sortir même sans miraculous. En revanche l'entrée nécessite cette clé en effet. Adrien est sur la bonne voie et bien plus encore. Mais là j'en dis trop... J'aime beaucoup ce mot, choupitude, c'est exactement ce que je voulais faire sentir ! Bref j'espère que la suite sera à la hauteur !
Lolocando : Je te remercie pour ton commentaire qui me fait chaud au cœur ! Maintenant que tu le dis, c'est vrai que c'est un peu ressemblant à cette scène sur la tour Eiffel ! Heureuse que tout cela t'ait plu, j'espère qu'il en sera de même pour la suite. D'ailleurs je ne sais pas dire si j'ai écrit vite ou pas mais en tout cas elle est bien là !
Bubullina : Merci pour ton message, mais bon ce n'est pas grave ! J'apprécie voir les hypothèses qu'on me donne et puis au moins je garde un peu de mystère ! J'espère que la suite te plaira !
Chapitre VIII
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« Majesté, le Général Flysch souhaite s'entretenir avec vous. s'éleva une voix, brisant le silence tranquille des lieux.
Le jeune Roi prénommé Élian leva la tête en reconnaissant le timbre de son valet de chambre. Délaissant son souper, il se redressa de sa tablée et fit quelques pas au centre de sa vaste et fastueuse chambre.
- Je lui ferai audience dans mon cabinet. Veuillez prévenir Monsieur Garètes, qu'il m'y rejoigne sur le champ.
- Bien Sire. » répondit l'homme tout en se courbant.
Le Roi soupira. Lui qui pensait pouvoir jouir d'un peu de répit en dînant seul à son petit couvert, voilà qu'on l'interrompait encore. Mais il ne prit pas longtemps cependant à quitter sa chambre, prenant soin de vêtir sa veste pourpre aux bordures mordorés, un habit royal qu'il affectionnait pour sa simplicité. Il s'assura également de l'état de sa courte chevelure brune dans l'un des somptueux miroirs accrochés aux murs du couloirs pour se rendre au Cabinet intérieur, à quelques pas de là. Cette petite pièce richement meublée était son lieu de travail favori mais aussi un lieu de sérénité. Il caressa le luxurieux tapis du bout de ses chaussures vernies et s'installa derrière son secrétaire tout en laissant son regard parcourir les murs aux boiseries dorées. La pendule affichait dix heure, une heure bien tardive pour vouloir s'entretenir avec lui. Enfin la porte s'ouvrit, laissant entrer le Général Flysch et l'un de ses conseillers, Garètes. L'officier se courba dignement puis ajusta son uniforme bleu aux broderies filées d'or tandis que le conseiller encapuchonné vint se placer au côté de son Roi.
« Vous désiriez me voir Général ?
L'homme d'un certain âge resta droit et s'avança dans la pièce pour plonger un regard grave dans les yeux sombres de son souverain.
- La ville d'Andriale a essuyé l'attaque d'un de ces maudits papillons Sire.
- Que dites-vous là ? demanda le jeune homme en se redressant. Cela fait des semaines que ce n'est pas arrivé, j'espérais que cela cesse.
- Il n'en est rien cependant. Une escouade présente non loin de là est arrivée peu après la bataille. Il semblerait que deux miraculeux et un vilain aient combattu. Il y a peu de blessés heureusement.
- J'imagine qu'il s'agit de Chat noir et de la nouvelle arrivée, Ladybug si je ne me trompe.
- C'est exact.
Élian fronça les sourcils, contrarié avant de se tourner vers son conseiller toujours à sa droite.
- Qu'en dites-vous Garètes ?
- Et bien, si je puis me permettre... commença-t-il d'une voix grave et froide. Vos hommes me semblent tout à fait incompétents Général. N'est-il pas ?
- Je vous demande pardon ? s'énerva l'homme aux cheveux grisonnants.
- J'ai ouï dire que plusieurs fois déjà, ces deux miraculeux vous avaient filé entre les doigts !
- Dois-je vous rappeler qu'il s'agit de personnes aux pouvoirs extraordinaires, il n'est pas si simple de les capturer !
- Dites plutôt que vos hommes ne sont pas suffisamment capables et efficaces ! asséna le conseiller.
- Je vous en prie tous les deux, nous avons plus important à faire que de se quereller. »
Les deux hommes se turent sous l'ordre de leur souverain. Bien qu'il soit seulement sur sa vingt sixième année, le Roi avait le respect de ces sujets, jouissant du prestige de son défunt père.
« Je suis inquiet de savoir qu'une nouvelle miraculeuse soit apparue et se soit associée avec Chat noir. Il était le dernier que nous devions traquer, avec le Papillon cela va sans dire. Avez-vous pu retrouver leurs traces ? s'enquit-il.
- Des empruntes d'Orniques menant à la ville de Mesmeroth, mais aucun signe d'eux dans la ville.
- Encore cette ville ! releva Garètes. Il semble que Chat noir y passe souvent, ce n'est pas la première fois que j'en entends parler.
- En effet, cependant les habitants sont peu enclins à parler. répliqua l'officier.
- Peut-être faudrait-il les secouer un peu ?
- Nulle violence ne leur sera faite Garètes. contesta le souverain avec rigueur.
- Votre père l'aurait envisagé. glissa-t-il sournoisement.
Cette remarque déstabilisa le jeune Roi un instant, faisant sourire le conseiller sous sa cape.
- Mon père n'est plus, et aujourd'hui mes ordres sont indiscutables. rétorqua-t-il froidement.
- Bien, bien... s'excusa Garètes. Que proposez-vous donc Majesté ?
Le brun fronça les sourcils et s'assit de nouveau derrière son secrétaire pour y réfléchir un instant.
- Général, je veux que vous envoyez quelques hommes à Mesmeroth pour qu'ils se mêlent à la population. Cette ville se situe non loin du portail, peut-être est-ce seulement un lieu de passage ou au contraire un point de ralliement. Dans un cas comme dans l'autre, ils pourront tenter de suivre ces deux miraculeux.
- Bien Sire.
- Et en ce qui concerne le Papillon ? quémanda le conseiller.
- Nous n'avons pas plus d'informations sur lui hélas... avoua Flysch. Cet homme nous glisse entre les doigts depuis si longtemps, il semble impossible à trouver.
- Je suis certain qu'un jour il fera une erreur et ce jour là, aucun pardon ne sera accordé. Je ne tolérerai pas qu'un homme qui s'attaque à mon peuple reste impuni.
- Bien évidemment votre Majesté. approuva Garètes.
- Vous pouvez partir tous les deux, je souhaite rester seul un moment.
- Bien Sire » répondirent-ils d'une même voix tout en se courbant respectueusement.
Ils laissèrent ainsi le Roi à ses réflexions derrière son secrétaire avec pour seule compagnie, la flamme dansante d'une bougie à peine allumée.
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Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Marinette eut la surprise de se réveiller dans des draps bleus et blancs ne lui appartenant pas. Les rideaux tirés laissaient passer une faible lumière à travers leur tissu sombre et la jeune femme mit quelques instants à reconnaître les lieux. Elle se trouvait dans la chambre de Chat noir, celle là même où ils se lançaient dans des parties de Ultimate Mecha Strike III durant des heures. Mais comment avait-elle atterri ici ? Et pourquoi n'était-elle pas chez elle ?
La brune se remémora les événements de la veille : les akumas, le vilain, le Papillon, Chat noir, leurs discussions.
Chat noir et les derniers mots qu'elle lui avait dit. Elle plaqua subitement sa main sur sa bouche tout en se redressant, se sentant rougir, surprise par sa propre audace. Fatiguée comme elle l'était, elle avait dit ça naturellement, les mots avaient librement franchi la barrière de ses lèvres, trahissant ses pensées.
Du calme Marinette, ce n'est pas si grave ! Après tout on est très proche, c'est un ami !
La jeune femme se laissa retomber sur le dos, essayant de se calmer. Ce n'était pas si problématique, Chat noir était son partenaire, son acolyte auquel elle s'était beaucoup attachée. Quoi de plus normal que de lui montrer son soutien ?
Pourtant, elle ne parvenait pas à sortir de son embarras, parce qu'elle savait que ses paroles n'étaient pas si innocentes. Elle savait qu'elle appréciait peut-être un peu trop la liberté et la légèreté de leurs discussions. Elle savait qu'elle affectionnait plus qu'il ne faut leurs parties de jeu vidéo. Elle savait que dernière son air ennuyé, elle adorait ses idioties et ses espiègleries. Elle savait qu'elle admirait outre mesure son courage et sa force, n'en témoigne son interminable combat de la veille. Elle savait qu'elle le dévorait du regard parfois même sans s'en apercevoir.
En somme, elle savait qu'elle basculait lentement mais sûrement vers quelque chose de plus grand. Quelque chose d'effrayant.
La jeune femme préférait feindre ne pas voir, ne pas entendre son rythme s'emballer, ne pas sentir la chaleur envahir son visage. C'était plus simple de rester dans l'ignorance, de porter le masque de l'hypocrisie.
Mais voilà, même si lui dire que de l'autre côté de la porte elle serait là pour lui pouvait sembler parfaitement amical, au fond c'était plus que ça.
Elle soupira, tout cela lui donnait mal à la tête. Ou peut-être était-ce un reste de sa chute ?
La brune s'empara d'un oreiller qu'elle plaqua furieusement sur son visage, étouffant un gémissement excédé. Un ami, un partenaire, un confident tout au plus. Elle n'en demandait pas plus. Elle avait eu le cœur brisé une fois, c'était amplement suffisant.
Marinette relâcha la pression de ses mains sur l'oreiller mais le garda sur son visage, troublée. Le tissu était imprégné d'un parfum familier, grisant, étourdissant. Elle en prit une grande bouffée avant de réaliser ce qu'elle faisait et lança rageusement le malheureux objet à travers la pièce.
Il fallait qu'elle se concentre sur autre chose et se trouver dans cette chambre, dans ce lit, dans ces draps ne l'aidait en rien.
Soudain, la jeune femme fut prise d'un sursaut, se levant brutalement du lit. Quelle heure était-il ? Elle devait reprendre les cours à 9h ! Se jetant presque sur la porte, elle se précipita à la recherche de Chat noir. Elle trouva bien vite une tête blonde lui faisant dos, dépassant du fauteuil.
« Chat ! Quelle heure est-il ? Tu aurais pu me réveiller, je vais être en retard ! s'écria-t-elle en avançant vers lui.
Mais il ne répondit pas et c'est en s'approchant qu'elle vit son visage marqué par la fatigue, le regard vague.
- Chat ?
Il sursauta, remarquant enfin sa présence et lui adressa un sourire confus.
- Ah ! Ma Lady ! Excuse moi je n'ai pas beaucoup dormi...
La brune fronça les sourcils, se sentant un peu coupable. Il aurait sûrement mieux dormi si elle lui avait laissé son lit, le fauteuil ne devait pas être fort confortable.
- Tu aurais dû-
Elle s'arrêta immédiatement, évitant de justesse des paroles qu'elle aurait pu regretter. Elle n'allait quand même pas lui dire qu'il aurait pu dormir avec elle ! Il fallait vraiment, vraiment qu'elle y réfléchisse à deux fois avant de se lancer dans une discussion avec lui.
Devant l'air interrogateur de son compagnon elle se reprit bien vite.
- Tu aurais dû me laisser dans le canapé et prendre le lit ! C'est chez toi après tout ! se rattrapa-t-elle.
- Enfin ma Lady, je suis un gentleman ! Je n'allais pas te laisser dormir sur cette vieillerie ! répliqua-t-il malicieusement.
Elle leva les yeux au ciel et lui sourit. Même exténué comme il semblait l'être, il ne perdait pas son humour habituel. Quelque peu rassurée, elle put de nouveau s'inquiéter de se qui l'intéressait initialement.
- Alors ? Quelle heure est-il ?
- Je dirai qu'il est entre 10 et 11h ! répondit-il sans comprendre pourquoi cette demande.
- Quoi ! s'exclama-t-elle. Et tu ne pouvais pas me le dire plus tôt ! Chat, j'ai cours je te rappelle !
Oups. Comprenant son erreur, il leva les mains en signe de paix tout en se redressant, un sourire embarrassé sur les lèvres.
- Pardonne moi, j'ai pensé que tu avais besoin de repos après le combat d'hier ! expliqua-t-il. D'ailleurs ton épaule, ça va ?
La jeune femme perdit son expression de fureur et d'inquiétude, surprise par sa question. Elle avait complètement oublié ses blessures et maintenant qu'il en parlait, ça ne semblait plus être un problème. Pour s'en assurer, elle releva son bras mais sentit tout de suite la douleur revenir, le relâchant aussitôt.
- Je crois que je vais avoir un joli bleu. grimaça-t-elle.
- Hum, au moins ce n'est rien de très grave. En tout cas, il est un peu tard pour tes cours du matin !
- À qui la faute ? soupira-t-elle, agacée.
- Ce n'est pas moi qui me suis endormi dans le canapé hier ! nargua-t-il.
- Non, mais tu aurais pu – Oh et puis zut !
Elle se laissa tomber sur le fauteuil, passablement irritée. Ce garçon pouvait vraiment l'énerver, parfois.
Souhaitant obtenir son pardon, le jeune homme se dirigea vers sa cuisine et en revint quelques instants plus tard, un plateau de biscuits à la main. La jeune femme haussa un sourcil suspicieux alors qu'il le déposait sur la petite table sombre.
- Essaierais-tu de m'acheter ? demanda-t-elle.
- Je ne me permettrai pas ! sourit le blond tout en prenant une chaise. Mais puisque tu es là, autant que nous déjeunions un peu !
Sur ces mots, il s'installa en tailleur dans une posture presque insolente, un coude sur la table, et se mit à la fixer d'un air provocateur. Elle ne bougea pas tout de suite, ne voulant pas céder à son invitation. Mais à quoi bon ? De toute façon, il était effectivement un peu tard pour son cours – Monsieur Gantois le lui reprocherait d'ailleurs durement – et son ventre manifestait un intérêt certain pour les biscuits qu'elle reconnut comme étant ceux de Tikki.
- Allez, ne boude pas et viens ! Tu rates quelque chose là ! ajouta-t-il tout en enfournant avec gourmandise un cookie entier dans sa bouche.
Le jeune homme manqua d'ailleurs de s'étouffer, ce qui eut le mérite de la dérider un peu. Résignée, elle se leva, ne pouvant résister à l'appel de cet alléchant plateau.
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Tout en discutant, ou se chamaillant selon les points de vue, et en appréciant ces gourmandises, Chat noir ne pouvait s'empêcher de détailler la jeune femme du regard. Ses cheveux noirs dans lesquels il aurait aimé glisser ses doigts, ses yeux azurés où il se perdait aisément, un nez mutin, une peau de velours claire, et des lèvres parfaitement dessinées.
Et encore une fois, une image s'immisçait vicieusement dans son esprit, celle d'une jeune fille aux cheveux noués en couettes lui adressant des sourires timides dès qu'ils se croisaient.
Le jeune homme secoua la tête, fatigué. Ce n'était pas vraiment à cause du fauteuil qu'il avait peu dormi. D'abord il y avait cette phrase qu'elle lui avait adressé, des paroles qui l'avaient profondément touché. Ensuite il y avait ce doute. Ce doute qui grandissait depuis leur conversation et qui s'était alimenté au cours de la nuit, laissant place à une insomnie mal venue compte tenu de l'effort qu'il avait dû fournir.
Et si c'était-elle ?
Voilà la question qui revenait sans cesse à son esprit. Il savait qu'il ne fallait pas laisser cette idée se répandre trop vite mais il n'y pouvait rien ! Il revoyait son visage, entendait de nouveau sa voix, s'amusait de sa maladresse et irrémédiablement, il faisait le lien entre elles. Il n'y avait tout de même pas qu'une seule fille aux cheveux noirs et aux yeux bleus qui déteste Chloé et adore la mode ! Certainement pas ! Et pourtant c'était plus fort que lui. Maintenant chaque fois qu'il la voyait, il ne pouvait que penser à Marinette. Il l'affectionnait beaucoup au collège, bien qu'elle n'ait jamais été très bavarde avec lui, il savait que c'était l'une des rares personnes à le considérer comme un adolescent ordinaire. Alya, Marinette et Nino voyaient au delà du mannequin et l'appréciaient pour ce qu'il était, c'est pourquoi ils s'étaient liés d'amitié en particulier durant sa dernière année de collège. Bien sûr déjà à l'époque, il admirait la jeune fille pour sa détermination et sa créativité, et il aurait aimé qu'elle s'ouvre un peu plus à lui au fils des années mais à son grand regret, c'était assez... difficile. Pourquoi, ça il l'ignorait. Peut-être que malgré tout, il l'intimidait par son statut. Heureusement pour lui ici, rien de tout ça n'avait d'importance et il avait passé de précieux moments avec sa Lady.
Sa réflexion l'avait ainsi tenu toute la nuit et il avait décidé qu'il fallait faire quelque chose. Il devait savoir, pour être sûr. Si ce n'était pas elle, et bien de toute façon ce n'est pas en voyant son visage qu'il connaîtrait son identité donc il ne dérogeait pas aux règles. Et si c'était elle, et bien il la connaissait déjà auparavant donc pouvait-on vraiment dire qu'il enfreignait les règles ? Oui, bien sûr que oui. Mais c'était une torture de la voir ainsi et de se demander sans cesse si oui ou non, il s'agissait bien de son amie collégienne.
Il avait bien une idée de comment s'y prendre, mais il culpabilisait déjà avant même de l'avoir mise à exécution. C'était lâche et ne lui ressemblait même pas. Mais voilà, elle l'y forçait ! Elle lui glissait des informations sur elle sans crier gare et s'attendait à ce qu'il n'aille pas plus loin ?
Là, il était totalement dans le déni et le savait. Seulement il fallait bien qu'il se donne des justifications.
Il y avait beaucoup trop de choses qui concordaient. D'abord sa détermination sans faille, une qualité qu'il admirait beaucoup chez elle.
Sa maladresse aussi : combien de fois s'était-elle prise les pieds dans le câble de son arme ? Combien de fois Marinette avait-elle trébuché pour des raisons tout à fait farfelues ?
Les parents de sa Lady tenaient une boutique. Dans ses souvenirs, les parents de Marinette étaient boulangers !
Marinette adorait dessiner des patrons, Ladybug est passionnée de mode.
Et Chloé est leur ennemie commune. Cela étant, Chloé a tout de même beaucoup d'ennemis.
En tout cas, entre ça et la ressemblance physique, il était difficile de ne pas y songer. Enfin évidemment depuis son départ, la jeune fille avait grandi et mûri, ce qui n'était pas déplaisant, loin de là, mais ce n'était pas vraiment le moment de penser à ça...
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Ladybug se releva après avoir englouti le dernier biscuit, le faisant sortir de ses songes.
« Je vais y aller Chat, je ne vais pas aussi rater mes cours de l'après-midi !
- Tu pourrais ! répliqua-t-il dans un dernier espoir, se levant à son tour.
- N'y compte pas ! Je vais déjà avoir suffisamment d'ennuis à cause de toi ! énonça-t-elle avec un regard faussement accusateur.
- Dit-elle alors que c'est elle qui a pris mon canapé pour son lit ! railla-t-il.
- Tais-toi, Chat de gouttière ! provoqua-t-elle en faisant un pas dans sa direction.
- Oh la petite coccinelle serait-elle contrariée d'avoir tort ? rétorqua le blond, s'avançant à son tour vers elle.
La jeune femme combla l'espace qui les séparait, le fixant d'un regard convaincu. Il aurait presque pu avoir peur si un léger sourire ne trahissait pas son jeu.
- Je n'ai pas tort ! affirma-t-elle tout en croisant les bras sous sa poitrine.
Il la toisait de sa hauteur, ses yeux verts plongeant avec délice dans ses iris bleus. Elle lui semblait à la fois terriblement adorable et follement tentatrice. Il haussa un sourcil amusé face à cette petite tête brune qui lui tenait tête et lui adressa un sourire taquin pour toute réponse.
Elle lui rendit un sourire en coin en retour avant de lui tourner abruptement le dos pour se diriger vers la porte.
- À plus tard, Chaton ! » s'exclama-t-elle sans se retourner.
Elle passa la porte, laissant le jeune homme à ses rêveries. Cette fille...
Mince ! Il devait la rattraper, il fallait qu'il sache ! Reprenant vivement ses esprits, il se précipita vers la porte et voyant qu'elle s'éloignait déjà à l'aide de son yoyo, il sauta sur une branche pour passer d'arbre en arbre et la suivre discrètement. Car oui c'était ça son idée : prendre sa Lady en filature. Certes c'était mal, vraiment indigne d'elle. Ce n'était pas tellement son genre non plus. Mais la curiosité était trop grande et son attachement était trop fort pour laisser tomber. Tout ça finirait par le rendre dingue, cette fille allait le rendre dingue !
Alors il la suivit jusqu'à la porte de lumière qu'elle passa avec rapidité et discrétion. Et il attendit, en hauteur caché par les feuillages.
Il hésitait à la suivre, c'était ridicule. Son obsession était absurde et il avait peur. L'anxiété le gagnait peu à peu et sa nervosité ne faisait que croître. Allait-il renoncer si près du but ? Il ne la suivrait qu'une minute ! Simplement pour voir son visage et repartir aussitôt !
Agité par ce conflit interne, il finit par se jeter à l'eau et à son tour traversa la porte.
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Le froid régnant dans les lieux lui mordit la peau dès son entrée. Son costume avait en effet laissé place à une légère chemise blanche et un pantalon sombre. La gorge sèche, le pas mal assuré, il marchait lentement vers les premières marches de l'escalier qu'il n'avait pas emprunté depuis plusieurs années. Le jeune homme posa fébrilement une main sur la pierre glacée, le faisant frissonner. Tout cela lui procurait une sensation étrange, un sentiment de déjà vu totalement justifié, des souvenirs de ses escapades pendant les réunions de son père.
Il pouvait entendre un peu plus haut, les pas rapides de Ladybug qui devait déjà atteindre la sortie. Il s'enhardit du courage qu'il lui restait et gravit hâtivement les marches pour la rattraper. Sentant qu'il approchait trop près du but, il s'arrêta brusquement alors que le bruit de l'ouverture du coffre lui parvenait. Puis ce fut le silence, un calme presque assourdissant qui l'angoissait encore plus.
Il patienta quelques instants, craignant d'être surpris puis quand il entendit la porte du local se refermer, il sortit précipitamment.
Là encore cette petite pièce sombre lui semblait tant familière et lointaine à la fois. Mais il ne perdit pas de temps à la contemplation des lieux, il était temps. S'approchant de la porte, il saisit la poignée métallique avec lenteur et ouvrit précautionneusement, redoutant qu'elle soit encore à proximité. Le garçon la chercha des yeux un instant puis il la vit.
Il ne sentit pas sa main lâcher prise et laissa la porte s'ouvrir largement alors qu'il avait fait un pas en avant, décontenancé par ce qu'il avait vu. Ça n'avait duré que quelques secondes, mais alors qu'elle tournait son visage sur la droite pour vérifier que personne ne l'avait surprise, son regard avait profité de ce geste pour reconnaître la jeune femme.
Marinette, vêtue d'un jean et d'une veste sombre s'éloignait rapidement du parking, se dirigeant vers les escaliers. Sans son masque, il avait pu admirer son visage aux joues rougies par la fraîcheur des lieux, plus mature et plus charmant encore que dans ses souvenirs, encadré de quelques mèches aventureuses
C'était elle. Il était à la fois bouleversé, fasciné, soulagé et effrayé. C'était bien son amie collégienne qu'il avait vu et c'est pourquoi il était stupéfait et si réjoui. Mais il se sentait tourmenté par cette découverte. Le jeune homme l'avait suivi et c'était déjà quelque chose pour laquelle il s'en voulait beaucoup. Mais qu'allait-il faire maintenant ? Il ne pouvait pas lui dire ! Il n'avait même pas réfléchi à ce qu'il ferait une fois qu'il saurait, aveuglé par sa curiosité, ce besoin impétueux de savoir. Il ne pouvait pas lui avouer qu'il savait qui elle était parce qu'il l'avait suivi. Il ne voulait pas lui dire parce qu'il était terrifié de perdre cette relation qu'ils avaient créé, de condamner cette complicité qui s'installait petit à petit. Il ne voulait pas qu'elle soit mal à l'aise avec lui comme elle avait pu l'être, il la préférait libre de converser à son aise.
Et il ne pouvait tout simplement pas lui dire qu'il était Adrien. Parce qu'il avait disparu et qu'il l'avait abandonné, elle et ses autres amis. Que dirait-elle ? Elle lui en voudrait certainement !
Il entra de nouveau dans le local et s'adossa à la porte, submergé par ce flot de pensées. Il ne fallait pas qu'elle sache, pas maintenant en tout cas. Il devait réfléchir, essayer de trouver une idée, quelque chose. Il se dirigea prestement vers le coffre, mal à l'aise dans ce monde qu'il préférait fuir.
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Dans le parking souterrain, alors que le jeune homme venait de disparaître derrière la porte, une jeune femme blonde était sortie de sa voiture et semblait pétrifiée à une dizaine de mètres de là où le garçon s'était tenu. Sur son visage où d'ordinaire régnait un agacement continuel et injustifié, se peignait l'ahurissement le plus total. Ses yeux d'un bleu pâle fixaient avec insistance cette porte alors que ses fines lèvres laissèrent passer un mot, un nom dans un murmure incrédule : « Adrien ? ».
Bien, bien, bien, donc, un chapitre un peu plus accès sur la réflexion de nos deux protagonistes. Bon j'imagine que vous aurez facilement deviné qui est cette mystérieuse personne ayant surprise notre héro ! J'espère que vous ne trouverez pas étrange la réaction de Chat noir, j'entends par là suivre sa Lady. C'est un élément qui était prévu depuis un long moment et je souhaitais que ce soit Chat noir qui découvre l'identité de Ladybug et non l'inverse. J'ai estimé qu'un esprit torturé et amoureux était enclin à commettre des bêtises...
Bref j'espère ne pas vous avoir déçu ! Et je vous dis à très vite !
