Bonjour à vous, désolée pour cette attente, j'ai eu moins de temps à consacrer à l'écriture ces derniers jours et surtout je voulais particulièrement m'appliquer pour ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira et vous souhaite une bonne lecture !

Whiff : En fait c'est le nom du général Flysch qui m'est inspiré de la géologie et non le conseiller. (je pense que c'est ce que tu voulais dire mais au cas où !) C'est un domaine qui me passionne en effet ! C'est vrai que parfois vos hypothèses sont très amusantes mais elles sont tout à fait plausibles aussi. Désolée haha, mais je ne pouvais pas te le dire avant, ça aurait gâché le chapitre. La situation ente les trois miraculeux risque en effet d'être tendue, j'espère m'en sortir quand même. J'aime beaucoup le personnage de Plagg et je ne pouvais pas imaginer une rencontre sans une dispute entre lui et Chloé. Il est vrai que je ne l'ai pas expliqué mais c'est effectivement en référence à sa froideur. Mais l'idée d'un animal fier est bonne aussi ! Même si imaginer Chloé coiffée d'une crête de coq me fait mourir de rire ! J'avoue adorer le château dans le ciel si c'est ce que tu entends, tout comme one piece, mais j'ai souhaité faire quelque chose de différent justement. J'espère que ça te plaira ! Les réponses à tes interrogations quand à cette cité te seront vite apportées ! Je craignais faire quelque chose de redondant avec l'interrogatoire d'Alya mais j'en avais vraiment envie, j'apprécie beaucoup son personnage aussi. Dans l'esprit de Marinette, c'est un peu le chaos, mais ça va en s'améliorant. J'aime bien les passages plein de choupitude, ça me fait toujours plaisir de les imaginer. Merci pour ton message, bonne lecture !

Bubullina : Haha, décidément ! J'avais dit qu'ils n'étaient pas encore apparus, nuance :p ! Mais bon là je pense que tu ne peux pas vraiment t'être trompée ! Oui je connais bien, je dois dire que j'adore ce film d'animation, mais j'ai voulu faire quelque chose de différent, tu verras ! Merci à toi et bonne lecture !

Mypple : Chat noir sort de ce corps ! (désolée mais blague vaseuse oblige...). Merci pour tes encouragements, ça me rassure beaucoup surtout par rapport à Chloé ! Voilà donc la suite, je te laisse en juger par toi même :) ! Bisous !

Lolocando : Comme d'habitude, merci pour tes compliments et encouragements, ça aide beaucoup ! J'ai beaucoup hésité avec Chloé, ce n'est pas un personnage facile à gérer. J'avais envie de faire des habitants des personnes particulières et c'est vrai que dans un sens, ils lui ressemblent un peu ! Alya a un très bon sens de l'observation, et puis Marinette n'est pas difficile à cerner. J'ai de plus en plus de mal à me retenir je l'avoue et j'ai presque envie de faire que nos deux protagonistes se jètent l'un sur l'autre. Mais bon, un peu de tenue tout de même ! Merci à toi et bonne lecture !


Chapitre X

Emportés par le rythme effréné de leurs montures, les deux partenaires couvaient d'un œil amusé leur compagne qui ne cessait de gesticuler derrière eux, tenant maladroitement les bois de son ornique. Fort incommodée d'abord par sa tenue, Ladywolf trouvait en plus ridicule de devoir monter pareils créatures. Marinette trouvait au contraire ces animaux fantastiques et ces vêtements assez amusants. Elle se sentait dans la peau d''une aviatrice d'un autre temps, avec ses larges lunettes bordées de cuir qui recouvraient son masque et ses hautes bottes noires. Son pantalon, d'un tissu épais et sombre, était traversé de sangles empêchant au vent de s'engouffrer dans le vêtement. Pour parfaire cette panoplie, une veste chaude et ceinturée près du corps permettait de se protéger de la fraîcheur en altitude. Évidemment, leurs costumes auraient été largement suffisants mais cette tenue comportait l'avantage de se fondre dans la masse.

Cela faisait déjà presque deux heures qu'ils chevauchaient à travers plaines et forêts pour atteindre la cité dont leur avait parlé Tikki et Plagg. Les gardiens avaient confié un plan au garçon où figurait l'emplacement du domicile de Nomi. Le jeune homme avait d'ailleurs jalousement conservé le document, voulant garder la surprise de la découverte à ses compagnes, au grand damne de la brune. L'esprit en ébullition, elle n'avait qu'une hâte, atteindre Tobimase au plus vite. Et rencontrer Nomi évidemment. Cela dit, d'après Plagg, la gardienne était une grande solitaire et pouvait avoir mauvais caractère. Cependant venant de cet indubitable grincheux et éternel insatisfait, il était difficile de dire s'il n'exagérait pas un peu...

« Bon j'en ai assez ! C'est encore loin cette ville flottante ? fulminait la blonde.

- On y arrive justement ! répliqua Chat noir, conciliant. On doit encore passer cette colline et on y sera !

- Un peu de patience... » soupira sa partenaire.

Chloé lui lança un regard glacial puis détourna la tête avec dédain pour toute réponse. Visiblement, le voyage allait être réjouissant...

Alors qu'ils atteignaient le sommet du relief, l'exaspération de Ladybug fut balayée en un instant par le spectacle qui s'étendait devant eux, lâchant un « Oh » de surprise. De hauts plateaux verdoyants courraient loin devant eux pour s'arrêter abruptement aux bordures d'une gorge. Au loin, ils pouvaient enfin apercevoir l'extraordinaire cité qui s'élevait fièrement dans le ciel, bien au dessus du ravin. La brume et les nuages l'empêchaient de bien distinguer les contours de la cité.

À mesure de leur avancée, la jeune femme découvrait avec ravissement les éléments discernables de la ville flottante tandis que Ladywolf ne pipait mot, impressionnée sans vraiment vouloir l'avouer. Chat noir jeta un œil amusé à sa Lady, heureux de pouvoir lui faire découvrir cet endroit pour le moins hors du commun.

La brune parcourait le ciel avec émerveillement. D'immenses ballons dirigeables de toile blanche retenaient, par des centaines de cordages, les structures en bois qui constituaient cette ville. Les enseignes et les maisons étaient regroupées sur de larges plate-formes de bois qui se laissaient bercer par le vent dans une douce valse. Une armature sous-jacente impressionnante, constituée de larges poutres, était visible de leur point de vue. Il semblait que pour passer d'une plate-forme à la suivante, des ponts suspendus s'étendaient mollement et permettaient le passage de quartier en quartier. Ces immenses plateaux ondulant sur la mer de nuage étaient disposés en cercle et tous finissaient par mener à une plate-forme centrale gigantesque d'où s'élevait le plus imposant des ballons.

« C'est très haut. commenta la blonde. Comment allons-nous monter là haut ?

- Il y a des bateaux qui nous attendent justement pour ça ! indiqua joyeusement le jeune homme.

- Des bateaux ? répéta la brune, indécise.

- Oui, regarde là-bas ! »

Le jeune homme désignait le bord de la gorge. Ils l'atteignirent rapidement, délaissèrent leurs orniques à un responsable et purent admirer la profondeur du précipice où serpentait une turbulente rivière. À quelques mètres d'eux étaient amarrées diverses embarcations aux capacités variées, flottant nonchalamment au dessus du vide.

« C'est géni- commença Marinette.

- Hors de question que je mette un pied là-dedans ! » s'exclama Chloé, catégorique.

La jeune femme posa un regard exaspéré sur la blonde. Les barques où attendaient patiemment leurs navigateurs avaient la particularité de comporter elles aussi des ballons blancs, de plus petite taille. Une unique voile à l'avant et un gouvernail conféraient la maniabilité de l'engin.

« On a pas vraiment le choix Ladywolf ! tenta de raisonner le jeune homme. Il faut qu'on rencontre ta gardienne.

- Et bien qu'elle descende me voir. Vous n'avez qu'à aller me la chercher !

- Tu plaisantes ! Ne fais pas l'enfant, tu ne vas pas rester ici toute seule ! objecta Marinette.

- Et pourquoi pas ? Je ne vois pas en quoi cela pose problème ! Et je ne te permets pas de m'insulter, la coccinelle.

La jeune femme serra les poings, se retenant difficilement d'exploser. Voyant sa partenaire au bord de l'éclatement, ce qu'il pouvait comprendre, Chat noir essaya autre chose.

-Écoute, ça peut être dangereux de rester ici sans défense. J'ai déjà essayé ces bateaux et ça se passe très bien ! S'il te plaît, on ne voudrait pas qu'il t'arrive quelque chose... » ajouta le garçon en lui jetant un regard suppliant.

Ladybug observa avec étonnement cet échange et crut rêver lorsqu'elle vit Chloé céder, non sans plaintes, à la demande de son partenaire. La brune l'interrogea du regard et il ne lui rendit qu'un sourire nerveux en haussant les épaules. Comment avait-il pu convaincre la blonde ? Ce n'était pas vraiment son genre d'accéder aux supplications de quelqu'un, en particulier une personne qu'elle venait seulement de rencontrer. Ou alors... Chat noir lui avait tapé dans l'œil. Cette idée la fit frémir. Pourquoi à chaque fois qu'elle s'intéressait à quelqu'un, il fallait que Chloé soit séduite elle aussi ? Bon ça ne faisait que deux fois, mais quand même, c'était agaçant.

Le petit groupe s'avança vers une étroite barque où les accueillit un homme à la barbe grise et au sourire doucereux. Il portait le même type de vêtements qu'eux et de larges lunettes, confirmant ainsi les dires de leurs gardiens.

« Bienvenue jeunes gens ! s'exclama-t-il. Vous désirez monter ?

- Où pourrions-nous aller d'autre... marmonna la blonde.

- Je vois que vous avez déjà les tenues adéquates. ignora-t-il. J'imagine que vous êtes déjà venus ! Je vous en prie montez ! »

Ladywolf passa devant Marinette et monta la première avec l'aide du navigateur, le suivant pour s'installer vers la proue. La brune baissa la tête, fatiguée par avance par cette fille au comportement insolent.

« Ma Lady ? »

Elle vit alors une main gantée de noir apparaître dans son champ de vision. Elle se redressa pour tomber dans les yeux de Chat noir, déjà monté à bord. Le jeune homme lui offrait son aide avec un regard bienveillant, accroché d'une main à l'un des cordages retenant le ballon. La jeune femme fut touchée par toute la douceur de sa prise et se hissa à ses côtés, oubliant un instant ses tracas. Il lui offrit un sourire éblouissant avant descendre sa main vers son dos, l'invitant par ce geste à avancer. Sa partenaire frissonna mais ne dit rien, savourant silencieusement ce contact aussi bref que délicieux. Voyant que Chloé semblait bien plus préoccupée par le gouffre qui s'étendait sous eux que par ses deux compagnons, la jeune femme laissa échapper un soupir de soulagement et prit place derrière la blonde. Chat noir se plaça à son tour sur le banc dans son dos, permettant au navigateur de détacher l'embarcation pour s'envoler vers les hauteurs de la cité.

Aussitôt l'attention de la brune fut accaparée par le rudimentaire brûleur permettant au ballon de s'élever dans les airs.

« Dites, vous êtes certain que l'on ne risque rien ? Vous avez un permis ou quelque chose ? interrogea Chloé, nerveuse.

- Ne vous inquiétez pas Mademoiselle, je suis tout à fait habilité. Ce n'est pas que le bateau que vous payez, c'est aussi mes compétences !

- Comment ça que nous payons ? s'énerva la blonde.

- Bien sûr, il est normal de faire payer pour ce service. Vous devrez aussi régler votre entrée, il est bien naturel pour vous d'offrir votre part. Nous parlons de Tobimase, la cité volante. C'est le prix à payer pour s'élever aussi proche des dieux.

- Vous savez ce que j'en pense ! Et bien ... »

Marinette lâcha un soupir d'exaspération en entendant la blonde et le navigateur se quereller. Pouvait-elle seulement profiter du paysage dans le calme et la sérénité ? Elle sentit brusquement quelque chose effleurer sa nuque et se tendit immédiatement. La légère pression descendit langoureusement le long de sa colonne vertébrale, passant entre ses omoplates puis dans le creux de son dos pour s'arrêter à sa chute de rein et remonter aussitôt. La jeune femme se tourna légèrement et lança un regard hébété à son partenaire qui lui rendit un sourire espiègle tandis qu'il continuait sa délicieuse et apaisante torture du bout des doigts. Rougissante, elle se laissa faire et profita de cette caresse reposante. Sans les petites attentions du jeune homme, elle savait qu'il lui aurait été impossible de supporter Chloé. Comment pouvait-elle réprimer les sentiments qu'elle tentait de laisser de côté s'il se montrait aussi prévenant ? Comment pourrait-elle ne pas céder à cette tentation qui la tourmentait sans cesse ? Elle en oublia presque les deux autres qui ne s'étaient toujours pas accordés et contemplait les lourdes fondations de bois qui s'approchaient de plus en plus à mesure qu'ils s'élevaient dans le ciel.

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Bientôt, ils arrivèrent à hauteur de la cité et à son grand regret, son partenaire cessa son agréable traitement. Ils amarrèrent leur bateau à un ponton de bois et Chat noir s'occupa de payer le navigateur, très énervé par le comportement de leur amie.

Le petit groupe se dirigea vers un guichet où une longue file d'attente se profilait. Tikki leur avait confié une bourse leur permettant de régler le voyage ainsi que l'entrée, très onéreuse. La jeune femme avait la sensation de faire la queue pour un grand parc d'attraction. Ces gens devaient avoir une estime bien grande de leur ville et de leur personne pour demander une taxe à tout visiteur...

Une fois un gigantesque portail passé, ils purent enfin accéder à la cité.

Marinette put alors à travers ses lunettes observer de plus près le groupement de boutiques construites en vis à vis sur cette plate-forme. Toute l'armature des commerces et maisons était faite d'un bois léger, coloré de jolies peintures pastelles, et chaque édifice portait des hélices telles des dizaines de petits moulins à vent. Il fallait dire qu'ici, son souffle pouvait être très fort et il aurait été dommage de ne pas en profiter. Aussi, on pouvait remarquer la présence de petites cuves remplies d'eau de pluie, permettant à chacun de s'alimenter en eau. Partout où l'on posait le regard, des cordes par centaines traversaient la petite rue, se croisaient devant les bâtisses, s'enroulaient à des piliers de bois pour terminer leur course dans un maillage d'abord serré à la base puis plus large autour des gigantesques ballons. Leur toile s'étendait si haut que la jeune femme ne pouvait en distinguer le sommet.

Chaque personne ici portait, comme eux, des vêtements près du corps et traversés de sangles de sorte que l'air ne s'y engouffre pas. Tous arboraient des lunettes fixées sur un masque de cuir, voilant la partie haute de leur visage et permettant à leurs yeux de ne pas souffrir du vent.

« Très bien. commença Chat noir tout en sortant le plan. La maison de Nomi se trouve sur une plate-forme un peu plus loin.

Les deux jeunes femmes se penchèrent sur la carte par dessus son épaule.

- On pourrait passer par là. indiqua Ladybug après quelques instants de réflexion. Ça semble être le plus rapide !

- Je pense aussi ! s'accorda le jeune homme. Ladywolf, qu'est-ce que tu en... Ladywolf ?

- Mais elle était là il y a une seconde !

Les deux miraculeux tournèrent plusieurs fois sur eux mêmes, inquiets avant que Chat noir ne l'aperçoive.

- Là-bas !

Le garçon indiqua la devanture bleue d'une petite boutique où l'on pouvait distinguer toutes sortes de chapeaux aussi colorés qu'extravagants. Marinette serra les poings, n'avaient-ils pas mieux à faire que de s'adonner au lèche vitrine ?

- Ladywolf ! Mais qu'est-ce que tu fabriques, ça va pas de nous laisser comme ça ! s'énerva-t-elle.

- Je n'ai jamais demandé de baby-sitter en costume rouge alors laisse moi !

- Ladybug a raison, tu ne peux pas disparaître sans rien dire ! Et si on t'avait perdu !

- Vous m'auriez retrouvée et de toute façon j'étais juste ici !

- Et s'il y avait eu des chevaliers ! Qu'est-ce que tu aurais fait ! poursuivit la brune.

- Comment auraient-ils pu savoir que je suis une miraculeuse !

- Je te rappelle qu'on voit quand même tes oreilles de loup !

Voyant que la tension montait entre elles et que plusieurs personnes se retournaient déjà sur eux, le jeune homme commençait à s'inquiéter sérieusement pour leur discrétion.

- Les filles ! s'exclama-t-il plus fort, les arrêtant immédiatement.

Ladybug se mit à étudier ses pieds, honteuse tandis que la blonde regardait ailleurs, les lèvres pincées.

- Mieux vaut ne pas se faire remarquer. ajouta-t-il plus calmement. Allons-y, la priorité c'est de trouver Nomi. Les boutiques ce sera pour plus tard. » conclut-il avec une fermeté qu'on lui voyait rarement.

Le jeune homme s'engagea sur la route de bois, la carte en main alors qu'elles le suivaient toutes les deux sans un mot. Marinette se sentait idiote d'avoir réagi ainsi, mais avec Chloé, il lui était difficile de se retenir. De quoi avait-elle l'air ? Ce n'était plus une enfant ! Elle ne voulait surtout pas que Chat noir se fasse une fausse idée d'elle. Aussi la jeune femme prit sur elle et ne dit rien, attendant patiemment qu'ils atteignent leur destination.

Les trois miraculeux fendaient la foule rapidement pour arriver à la passerelle qui menait à une nouvelle plate-forme. La brune observait avec appréhension les petites planches de bois entre lesquelles on distinguait un vide peu accueillant.

« Je ne pourrai jamais traverser ça... » articula Chloé.

La jeune femme observa la blonde, compréhensive. Pour une fois, elle était plutôt d'accord avec elle, ce pont était pour le moins peu engagent. Elle lui proposa son aide pour traverser mais Ladywolf refusa, reprenant aussitôt son air hautain. Ne voulant visiblement pas montrer de signe de faiblesse, elle s'engagea prudemment, s'agrippant avec force aux cordes de chaque côté. Pas à pas, les trois miraculeux se retrouvèrent de l'autre côté, dans le quartier où devait se trouver Nomi. Ils ne tardèrent pas à repérer sa petite maison, une fine bâtisse semblant presque coincée entre deux larges boutiques.

.

« Que faites-vous chez moi ! Dehors !

- Atten-attendez Madame !

Le jeune homme esquiva de peu une bouteille que la gardienne lui avait lancé du haut de son escalier, furieuse qu'on se soit introduit chez elle alors que les deux miraculeuses s'étaient cachées sur le côté d'un buffet.

- Sortez de chez moi malotru ! s'écria-t-elle, éjectant un nouveau projectile.

- S'il vous plaît arrêtez ! Nous sommes … tenta-t-il en évitant de nouveau l'objet.

- Déguerpissez de chez moi !

- Nous sommes des miraculeux !

Nomi baissa progressivement son bras et reposa la tasse qu'elle s'apprêtait à jeter.

- Ça n'empêche pas qu'on n'entre pas chez les gens comme ça ! éructa-t-elle.

- Excusez-nous ! intervint alors Ladybug. Nous avons frappé mais personne ne répondait !

- Peut-être parce que je n'avais pas envie d'avoir de la visite !

- Mais nous avons besoin de votre autre aide ! ajouta Chat noir.

La gardienne descendit lentement les marches, permettant aux deux miraculeux de l'observer plus en détail. Sa courte chevelure blanche contrastait joliment avec son teint halé et ses yeux sombres. Elle portait un long pardessus noir au col haut ainsi qu'un foulard carmin, fermement noué autour de son cou.

- Je ne vois pas en quoi je peux vous être utile ! fit-elle, posant un regard froid sur le jeune homme.

- C'est pour moi que nous sommes ici ! expliqua alors Chloé, sortie de sa cachette.

La blonde avait enlevé ses lunettes pour que Nomi puisse constater son identité, ce que firent également Chat noir et Ladybug.

- Tiens, une nouvelle Ladywolf ! s'exclama la gardienne. Je vois. dit-elle simplement. Suivez-moi tous les trois.

Elle les fit traverser rapidement son salon pour les emmener dans son bureau. Dans la petite pièce, des dizaines d'étagères débordantes d'ouvrages, de plantes en tout genre et de flasques recouvraient les murs à n'en plus voir la tapisserie. Une unique fenêtre donnait une vue fantastique sur les nuages et devant elle se trouvait un bureau enseveli sous des tas de papiers, certains même jonchant le parquet.

« Bien, je suppose que tu souhaites en savoir plus sur tes pouvoirs ? interrogea la gardienne.

- C'est ça.

- Et bien pour commencer jeune fille, tu peux sortir l'arme que tu as dans le dos.

La blonde retira sa veste pour atteindre le fameux tube de métal accroché grâce au ceinturon de cuir qui traversait son buste. Elle le tendit à la gardienne qui pourtant ne la prit pas.

- C'est une sarbacane. Une arme qui te permet de lancer de fines fléchettes d'argent.

- Une quoi ? s'enquit la blonde, ignorant de quoi il s'agissait.

La gardienne indiqua la porte derrière eux sur laquelle trônait un écriteau vierge.

- Tu portes cette arme à ta bouche, tu vises et tu souffles.

La jeune femme s'exécuta, dubitative, et prit une grande bouffée d'air avant d'expirer avec force. Un projectile s'en échappa pour aller piètrement s'enficher dans le bois de la porte, bien loin de sa cible initiale.

- Waouh, c'est cool comme arme ! commenta Chat noir.

- Il te manque un peu d'entraînement mais bon, c'est comme ça que ça marche. expliqua la gardienne avec lassitude. Tu as une réserve infinie de fléchettes, sans que tu n'aies à recharger.

- Et pour son pouvoir spécial ? questionna Ladybug.

- Ah ça. Et bien ça s'appelle le Miraculous respite. indiqua Nomi. On a du te dire que tu as un miraculous, ce collier que tu portes. C'est de lui que proviennes tes pouvoirs.

La blonde porta sa main au pendentif noir pendant de son cou. Tikki lui avait effectivement parlé du bijou. Un collier que ses deux camarades, aussi longtemps qu'ils s'en souviennent, l'avaient toujours vu porter.

- Et en quoi ça consiste ? souffla-t-elle.

- C'est un sort qui te permet de tirer une fléchette bien précise. Elle a la particularité de protéger les personnes que tu souhaites. Tu la tires sur un de tes compagnons par exemple et un cercle se dessinera au sol. Tous ceux qui se trouveront dans ce cercle et qui ne seront pas tes ennemis ne pourront pas prendre de dégâts durant une vingtaine de seconde, toi y compris si tu t'y places.

- C'est une sorte de protection si je comprends bien. reprit Ladybug avec sérieux.

- C'est exact. répondit Nomi. Maintenant j'aimerai pouvoir discuter un peu avec cette demoiselle et faire plus ample connaissance. J'ai déjà été suffisamment gentille de vous accueillir aussi alors que vous êtes entrés sans permission chez moi !

- Euh oui bien sûr ! s'exclama la brune, levant les mains en signe de paix.

- Nous allons faire un tour et on reviendra plus tard ! ajouta son partenaire.

- C'est cela du vent ! »

Trop intimidée par la gardienne pour intervenir, Chloé laissa partir ses compagnons, penauds, et s'installa avec Nomi.

.

«Et bien ! Plagg n'avait pas menti sur son compte ! s'amusait Chat noir.

- Je n'te le fais pas dire... Enfin je préfère être dehors qu'avec cette femme désagréable. On va pouvoir visiter un peu ! » s'exclama joyeusement la brune.

Son partenaire lui offrit un clin d'œil malicieux en s'engageant sur la route. Il avait dans l'idée d'emmener sa Lady sur la plate-forme centrale, le centre ville en quelque sorte. En passant rapidement de quartier en quartier, ils eurent tôt fait d'atteindre la dernière passerelle les menant à leur destination. Celle-ci était beaucoup plus large que celles qu'ils avaient traversé auparavant, et plus solide aussi ce qui n'était pas pour lui déplaire. Les lattes de bois étaient peintes d'une couleur or tapageuse et les cordages pourpres indiquaient sans aucun doute l'importance du centre de la cité. D'ailleurs, Marinette pouvait voir plusieurs ponts de ce type se retrouvant à ce grand plateau rond. Contrairement aux précédentes, les boutiques semblaient montées sur plusieurs étages et leurs enseignes vivement colorées ne manquaient pas d'élégance. Quelques bateaux volants circulaient un peu plus haut, traversant le ciel pour délivrer toutes sortes de marchandises.

Perdue dans sa contemplation, elle sentit la main de Chat noir saisir son poignet pour l'entraîner à sa suite.

« Où est-ce que tu m'emmènes ? s'enquit la jeune femme, essoufflée.

- Tu verras ! Je suis certain que tu vas aimer ! » éluda-t-il avec un immense sourire.

Elle se laissa emportée, confiante et surtout curieuse. En vérité, il aurait pu l'emmener n'importe où, elle l'aurait suivi les yeux fermés.

Ils atteignirent enfin une grande place où une foule impressionnante fourmillait autour de l'édifice central. Une immense statue prônait fièrement au centre d'un parterre verdoyant légèrement surélevé, accueillant les visiteurs de ses grandes ailes protectrices fièrement dressées dans son dos. Devant l'imposante figure dont les cheveux semblaient épouser le souffle du vent, une estrade était installée et un homme à l'allure fière et charismatique s'adressait à son public.

La jeune femme s'arrêta un instant pour l'écouter, intriguée.

« C'est un immense privilège qui vous est accordé que d'être en ces lieux. La population de Tobimase vous accueille généreusement et gracieusement dans sa cité afin de goûter au plaisir de s'élever au plus proche du ciel ! Cette sentinelle veille sur nous depuis des générations et compte parmi nos plus grandes fiertés. Approchez donc, je vous invite à y monter pour atteindre la plus grande hauteur de notre magnifique ville ! ...

- Et bien, si ça ce n'est pas une attraction touristique ! commenta la brune tout en admirant l'édifice. Je dois reconnaître qu'elle est superbe.

- Tant mieux si elle te plaît, c'est là que nous allons ! glissa le jeune homme.

- Vraiment ? s'enthousiasma-t-elle. Allons-y alors ! »

.

À perte de vue, une multitude de nuage cotonneux s'aventuraient dans l'étendue bleue des cieux, et diverses embarcations flottaient tranquillement sur cet étrange océan. Les toits des maisons et commerces semblaient ridiculeusement petits du haut de cette immense statue. Chat noir, voulant lui faire profiter de cet incroyable spectacle l'avait discrètement entraîné au delà du point de vue où s'agglutinaient les visiteurs, et les deux miraculeux s'étaient hissés clandestinement jusqu'au sommet du monument.

« Tu sais qu'on pourrait avoir de gros ennuis à cause de ça ! râla faussement Marinette, assise à même la pierre.

Tous deux avaient ôté leur lunettes pour mieux apprécier la vue.

- Si c'est pour te faire plaisir, je défierai toutes les lois ma Lady ! répondit le jeune homme dans une courbette espiègle.

- Idiot ! rit-elle en l'affublant d'une pichenette sur le nez alors qu'il prenait place à ses côtés.

- J'aurai préféré que tu me donnes d'autres qualificatif comme charmant par exemple !

- Je n'ai jamais dit que tu ne l'étais pas ! rectifia-t-elle.

- Vraiment, donc tu me trouves charmant ?

- Humm … fit-elle mine de réfléchir. Nan !

- Eh ! C'est pas très gentil de donner de faux espoirs ! s'insurgea faussement le garçon.

Il croisa les bras et afficha une moue boudeuse, la faisant sourire.

- Oh, le chat serait-il de mauvais poil ?

Le jeune homme arqua un sourcil, amusé.

- Décidément tu n'es pas mieux que moi pour les blagues ! »

Un silence tranquille s'installa entre eux alors que le ciel se paraît de couleurs chaudes, allant du jaune éclatant au rose délicat. La jeune femme profitait pleinement de ce moment de sérénité en présence de son compagnon contre lequel elle osa reposer prudemment la tête sur son épaule. Ce n'était qu'un simple contact mais c'était plus que suffisant pour faire s'échauffer les esprits. Elle appréciait énormément ce moment d'intimité, perchée au dessus du monde avec son précieux partenaire. Surtout quand le dit partenaire tentait furtivement de passer un bras derrière elle.

« Chat ?

- Hum ? répondit-il tout en suspendant son geste.

- Merci. souffla-t-elle faiblement. Je crois que j'en avais besoin aujourd'hui.

- Au plaisir ma Lady ! J'ai bien vu qu'avec Ladywolf c'était loin d'être... facile.

- Ah ça ! C'est vrai que tu dois te dire que je ne suis pas très … patiente

- Non non ne t'en fais pas, je compr-

- Eh vous là-haut ! Descendez immédiatement ! interrompit un garde.

Plusieurs d'entre eux commençaient déjà à grimper pour les rejoindre, visiblement contrariés.

- Zut, qu'est-ce qu'on fait ? s'enquit la jeune femme.

Chat noir s'empressa de regarder autour de lui afin de trouver une solution à leur potentiel problème. S'ils se faisaient prendre, il était certain qu'ils finiraient par découvrir leur identité.

- Là-bas, une barque ! Essaie de t'y accrocher avec ton yoyo, je me charge de les retenir !

- Ça marche ! »

La jeune femme s'exécuta immédiatement tandis que son acolyte empêchait avec un plaisir non dissimulé la montée des gardes, jouant habilement de son bâton. Ladybug vérifia sa prise et sauta dans le vide pour exécuter une pirouette magistrale lui permettant d'atterrir dans l'embarcation. Mais son atterrissage avait donné une nouvelle impulsion au bateau qui s'éloignait maintenant un peu trop de la statue, tirant sur la corde qui le retenait accroché plus bas.

« Chat, dépêche toi ! »

Voyant que son moyen de fuite était en train de se détourner de lui, le garçon se propulsa à l'aide son bâton, abandonnant ses adversaires éberlués par cette dangereuse retraite.

Tout se passa alors très vite, le jeune homme se sentit voler un instant, les bras tendus vers le petit bateau alors que Ladybug étendait les siens pour le rattraper.

Grossière erreur.

La violence du choc les projeta au fond de la barque et entraîna sa nouvelle dérive alors que la corde avait cédé suite à l'impact. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Marinette sentit le poids de son coéquipier sur son corps endolori. Elle entendit un râle puis il se redressa difficilement au dessus d'elle, grimaçant.

« Tu vas bien ? s'enquit-il.

- Ça pourrait aller mieux... répondit-elle en levant les yeux au ciel. Dis moi Chaton tes idées sont toujours aussi périlleuses ? Non parce que la dernière fois que tu m'as fait un coup pareil on est tombé de plusieurs mètres dans une forêt... »

Mais le jeune homme ne lui répondit pas, trop occupé à essayer de se retenir... de rire ? Il ne put se retenir longtemps d'ailleurs et éclata brusquement, hilare sous l'œil surpris de sa coéquipière.

« Tu te moques de moi ? » demanda-t-elle, indécise.

Cependant malgré tous ses efforts, le garçon ne parvenait pas à s'arrêter, entraînant malgré elle la jeune femme dans son fou rire. Les éclats joyeux des deux miraculeux s'élevaient à présent curieusement dans le ciel, emportés par le souffle du vent pour venir se perdre dans les ruelles, sous les regards perdus des visiteurs.

Le jeune homme essuya les dernières larmes qui perlaient à ses yeux, reprenant contenance.

« Désolé, c'était nerveux.

- C'n'est rien... » répondit-elle distraitement.

Il arborait à présent un air sérieux qui la fit frémir. Son cœur allégé par ce moment de gaieté s'agitait subitement alors qu'elle réalisait la proximité de son visage. La jeune femme se perdait dans les yeux du garçon qui la surplombait, happée par l'intensité de son regard émeraude. Ses pensées se bousculaient dans sa tête mais impossible d'y mettre de l'ordre avec ce corps collé au sien et ce visage si proche, trop proche.

Le jeune homme voyait bien le trouble de sa partenaire et sentait sa respiration devenir plus saccadée, plus irrégulière ne faisant qu'accroître sa propre confusion. Avait-elle seulement une idée de la chaleur qui se répandait sournoisement dans ses veines alors qu'elle attendait, sous lui, presque offerte ? Imaginait-elle avec quelle violence devait-il se retenir de ne pas se laisser tenter ?

Mais un mot le fit douter, un murmure à peine soufflé.

« Chaton... »

Était-ce une plainte ? Un appel ? Une prière ? Il n'était pas certain mais sa raison totalement embrumée lui intimait de répondre à cette incitation tentatrice. Il se pencha avec une lenteur délibérée, s'assurant par là de ne pas la brusquer. Mais ses yeux céruléens ne se détachaient pas de lui, et cette lèvre injustement mordillée réclamait presque la consolation de ses consœurs. Alors, tandis qu'il restait seuls quelques centimètres entre eux, il pressa avidement ses lèvres sur les siennes.

Le cœur de Marinette explosa, l'adrénaline déferla. Pouvait-on insuffler autant de passion et de désir dans un baiser ? Chat noir le pouvait en tout cas et la douce pression qu'il exerçait lui faisait perdre tout discernement. Dans ses yeux à demi-clos, elle pouvait lire toute son affection et sa tendresse mais aussi la noirceur de sa faim, la profondeur de son désir. Cette étreinte fébrile et pressante devint bientôt une caresse ardente et enfiévrée. Elle glissa ses doigts avec empressement dans ses mèches blondes, grisée par cette sensation d'incandescence qui s'emparait de sa peau tandis qu'une des mains du jeune homme s'aventurait sur sa hanche. Insatiables, ses lèvres rendaient justice à celle de la jeune femme, l'embrassant avec ferveur. Cette chair sucrée l'enivrait au possible et attisait sa gourmandise. Combien de fois avait-il imaginé s'emparer de ses lèvres corruptrices ? Combien de fois avait-il rêvé de l'étreindre avec fièvre ?

C'était désespéré, éperdu, hâtif et débordant à la fois. Exaltée, Marinette se laissait submerger par cette fougue, soupirant contre ses lèvres si chaudes. Elles savaient se montrer impatientes, langoureuses et douces, la faisant captive sans plus vouloir se débattre de cette emprise étourdissante.

Essoufflés mais inassouvis, les deux miraculeux emportés par la tentation trop forte, se perdirent un instant à l'abri des regards, alors que leur barque dérivait lentement, haut dans le ciel.


Verdict ? Beaucoup de choses importantes pour moi dans ce chapitre : la cité de Tobimase (Tobimasu signifie flottant en japonais et Nomi seul-solitaire), les capacités de Chloé et bien sûr ce dernier passage ente nos deux amoureux transits. Et oui je n'en pouvais plus de les faire se tourner autour alors voilà le baiser tant attendu.

Plusieurs d'entre vous m'avaient parlé plus ou moins explicitement du Château dans le ciel, un film d'animation que j'adore, tout simplement. Mais ce n'est pas pour autant que j'irai plagier cette oeuvre fantastique, comme vous avez pu le voir j'avais une toute autre idée pour ma cité.

N'hésitez pas à me donner votre avis, ça a beaucoup d'importance pour moi et je vous dis à très vite, je l'espère.