Non vous ne rêvez pas, c'est bien moi et je n'ai qu'une chose à dire : je suis désolée. Je sais bien que quoi que je dise ça ne changera rien au fait que la suite arrive largement en retard par rapport à mes habitudes. Mais je vous dois quand même des explications donc... J'avais besoin de temps d'une part pour retrouver l'envie, d'autre part pour tout mettre au clair dans mon esprit et enfin pour régler quelques affaires personnelles. Même si je sais à peu près où je vais, j'ai toujours plusieurs scénarios en tête et je devais m'organiser un peu.
Bref je vous laisse à la lecture de ce chapitre, même si en toute honnêteté j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire. Au fait, j'ai remarqué que pour certaine personne il était possible de répondre de façon privée aux reviews, je vais donc procéder de cette façon et pour les autres et bien comme d'habitude je vous répondrai ici ! (enfin en bas, je trouve ça plus clair et ça me permet de parler du chapitre que je viens d'écrire s'il faut).
Chapitre XI
« Jeune prince ! Combien de fois vous a-t-on dit de ne pas vous aventurer seul dans la bibliothèque ! »
Le rire du petit garçon de quatre ans fit écho aux réprimandes du bibliothécaire. Ses petits pas courraient entre les allées de peur de se faire attraper, un livre à la jolie couverture pourpre pressé contre son cœur. Il prit un tournant trop rapide à gauche et tomba directement dans le soyeux tissu d'une longue robe prune. Il releva ses yeux sombres vers la personne qu'il avait percuté.
« Maman !
- Et bien Élian ! Ce n'est pas un endroit pour courir ! réprimanda-t-elle avec douceur.
Elle le prit dans ses bras, attendrie par sa moue boudeuse tout en lui prenant le livre. Il commença à jouer avec sa longue tresse blonde tandis qu'elle jetait un œil à la couverture.
- Encore ce conte ! Mon trésor je te l'ai déjà lu des dizaines de fois !
- Et alors, c'est pas bien ? demanda-t-il innocemment.
- Non pas du tout ne t'inquiètes pas ! rit-elle. Allons-y, mais la prochaine fois, viens me voir et nous irons le chercher ensemble !
- Oui maman ! » s'exclama joyeusement le bambin.
« Maman ? s'enquit le petit garçon, piétinant la pelouse en courant vers l'objet de son attention.
- Élian ? s'étonna la jeune femme, assise aux abords de la fontaine.
- Pourquoi tu pleures ? demanda-t-il, inquiet.
- Ce n'est rien trésor tout va bien ! » tenta-t-elle en détournant la tête.
Peu convaincu, le prince s'avança vers sa mère et leva ses petits bras en quête d'un câlin. Elle le prit sur ses genoux et le laissa enfouir son visage dans le creux de son cou. Malgré toute la bonne volonté du garçon, ses larmes ne cessaient de couler tandis qu'elle murmurait d'une voix à peine audible, de multiples « pardon ».
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Élian resserra la prise sur sa dague, une arme qu'il maîtrisait peu encore. Il tenta d'oublier ce rêve qui venait le hanter, des flashs de son enfance qui lui revenaient encore certaines nuits. Toujours ces mêmes souvenirs, les derniers qu'il avait gardé en mémoire peu avant la perte de sa mère. Hélas avec le temps, ses traits s'étaient faits de plus en plus troubles et il ne gardait d'elle que cette voix calme et affectueuse, et sa longue natte dorée.
Le jeune homme se ressaisit, ce n'était guère le moment de s'attarder à ses songes. Face à lui, son maître d'arme attendait patiemment qu'il fasse le premier pas, cependant le jeune Roi n'était pas si dupe. En un tour de main , son adversaire contrerait l'attaque sans difficultés s'il fonçait tête baissée. Il songea à une approche plus réfléchie et s'avança d'un pas, son petit bouclier fermement maintenu devant lui. L'homme qui lui faisait face esquissa un léger sourire, remarquant une ouverture qu'il ne manquerait pas d'exploiter. Il s'élança vers son disciple, plia un genou et étendit avec précision son bras afin d'atteindre le flanc du jeune homme. Mais à sa grande surprise, le brun bloqua son bras contre ses côtes à l'aide de son bouclier, le faisait lâcher prise et en une pirouette prestement exécutée fit pointer sa lame contre le cou de son maître, immobilisé.
Puis les deux hommes s'écartèrent, le maître d'arme acceptant sa défaite.
« Votre père aurait été fier de sa majesté.
- Merci. Mais j'ai encore beaucoup à apprendre. La polyvalence est ce que mon père souhaitait le plus me voir acquérir.
- Vous êtes bien dure avec vous même Sire. Vos progrès sont pourtant très importants.
- Hélas je crains que ça ne soit suffisant. » soupira le jeune homme.
Son maître d'arme ne dit rien, trop conscient de la douleur que lui inspirait encore la perte de son père, il y a seulement une année. Mais il savait également que si le jeune Roi était aussi exigeant avec lui même, c'est que justement son défunt parent en attendait beaucoup de lui de son vivant. Peut-être voulait-il se rattraper pour ses erreurs passées ? Avant cette tragédie, le prince ne s'était jamais intéressé à l'art du combat, préférant s'enfermer des heures durant pour s'adonner à l'un de ses passe-temps favoris : l'étude. Des œuvres iconographiques aux monuments d'écriture, qu'il s'agisse d'histoire ou de sciences mathématiques, une curiosité et une soif de savoir caractérisaient le jeune homme. Au grand damne du Roi, son fils ne semblait aucunement attacher la moindre importance à cet art pourtant si cher et essentiel à ses yeux.
De nombreuses querelles avaient éclaté par le passé et aujourd'hui les remords le rongeaient toujours. Sa majesté avait toujours été admirée par son peuple. En grand conquérant, il avait marché sur de nombreuses contrées et fait régner la paix à force de patience et de temps. Mais cette figure si respectable soit-elle avait toujours gardé un visage autoritaire sur son fils, unique souvenir de sa défunte épouse. Il n'avait toujours voulu qu'une chose : faire de son enfant un modèle et un souverain respecté.
Mais aujourd'hui, Élian était seul et souhaitait par dessus tout honorer la mémoire de son père, marchant sur les traces du combattant légendaire qu'il fut autrefois. Heureusement pour lui, il lui restait encore les conseillers qu'il lui avait laissé, en particulier Garètes qu'il connaissait depuis une dizaine d'année. Il l'avait toujours trouvé étrange, d'un calme glacial, d'une franchise presque coupante. Cependant, c'était quelqu'un en qui son père semblait avoir toute confiance, aussi il ne s'en formalisait guère.
Le jeune Roi rangeait soigneusement son arme parmi les autres, perdu dans ses réflexions quand le général Flysch fit irruption dans la petite salle.
« Sire ! Pardonnez mon entrée mais j'ai une nouvelle importante à vous annoncer !
Le brun fronça les sourcils et planta ses yeux sombres dans le regard sérieux du nouvel arrivant.
- Et bien parlez donc, ne me laissez pas dans l'ignorance.
- Bien sûr. Une nouvelle miraculeuse a fait son apparition.
- Que dites-vous là ? Voilà qu'après cette Ladybug, un autre miraculeux nous tombe sur les bras ! Connaît-on son identité ?
Un raclement de gorge se fit entendre.
- Il s'agit de Ladywolf mon Roi.
- Garètes ? Quand êtes-vous arrivé ?
- J'ai simplement suivi notre bon général ici présent, j'ai tout de suite vu à son visage grimaçant que quelque chose l'ennuyait.
L'homme grisonnant tiqua à cette remarque.
- On ne vous a jamais dit que suivre les gens était fort peu correct ? Et d'où tenez-vous de telles informations ?
- Je vous trouve bien outrecuidant de m'adresser la parole sur ce ton. répliqua-t-il. Il semble simplement que mes informateurs soient plus efficaces que les vôtres.
- Je vais vous en montrer de l'outrecuidance... s'énervait le général.
- Messieurs s'il vous plaît, je suis fatigué de vous entendre vous quereller à chaque occasion ! Il est évident que cette discussion ne mènera à rien sauf à une violente dispute. Général, pouvez-vous m'en dire un peu plus sur cette apparition ?
- Tout de suite sire, pardonnez-moi. Ladywolf, s'il s'agit vraiment de son prénom, est arrivée en fin de matinée. Nos soldats la tenaient mais elle a reçu de l'aide...
- Chat noir. ajouta le conseiller. Encore une fois, les troupes du Général semblent s'être montrées inefficaces... Tout de même, est-ce si difficile de garder une porte !
- Je ne vous permets pas !
- Silence ! intervint le Roi. Vous êtes insupportables quand vous vous trouvez ensemble ! Cependant Général, reprit-il plus calmement, il est vrai que les miraculeux nous filent entre les doigts sans difficultés apparentes et cela m'inquiète grandement. Chat noir ne passait plus par ce portail mais à présent nous avons deux miraculeuses qui l'emploient.
Le jeune homme s'arrêta quelques instants, semblant réfléchir, ce que remarqua immédiatement son conseiller.
- Mon Roi a quelque chose en tête ?
- Il se peut, oui... répondit-il. J'ai besoin d'y réfléchir un moment.
- Bien Sire. » répondirent ses deux interlocuteurs dans une courbette respectueuse.
Garètes s'éclipsa le premier, rejoignant prestement ses appartements. Il possédait l'une des plus luxueuses chambres, des boiseries finement sculptées au riche tapis aux détails foisonnants en passant par un imposant lit aux draps immaculés. L'homme encapuchonné comme à son habitude s'approcha de son bureau sur lequel avait été laissé un carnet largement ouvert. Il lut et relut les quelques lignes inscrites. Aucun doute possible, d'après la description que lui en avait fait le jeune soldat gracieusement récompensé ainsi que ces notes, il s'agissait bel et bien de Ladywolf. Un sourire satisfait se peignait sur ses fines lèvres. L'arrivée de Ladybug pour combler le duo le plus puissant parmi les miraculeux était déjà une nouvelle des plus réjouissantes. Il n'allait pas se plaindre si une autre venait s'ajouter à la liste, bien au contraire.
Le conseiller s'approcha de sa fenêtre où le soleil teignait les nuages d'une lueur orangée, le carnet toujours en main. Le moment était peut-être venu, il devait le mettre au courant.
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Ladybug !
Une sensation de lourdeur envahissait son crâne et ses jambes. Elle se sentait comme enfoncée dans un nuage de coton. Où était-elle ? Que s'était-il passé ?
Ladybug !
Elle était complètement perdue dans les ténèbres. Ses yeux ne voulaient pas s'ouvrir, pourtant une voix lointaine l'appelait. Ou était-ce son imagination ?
« Jeune fille réveilles toi bon sang ! »
Marinette ouvrit brusquement les yeux, croisant le regard inquiet et agacé de Nomi.
« Et bien c'est pas trop tôt ! Tu nous as fait peur !
- Qu'est-ce que... où suis-je ? »
Un rire mauvais s'éleva non loin d'elles, la percutant de plein fouet.
La Fée Tisseuse.
Tout lui revenait à présent. Les baisers fiévreux de son partenaire, des rubans rouges et jaunes s'accrochant à la barque et la faisant chavirer, une jeune femme à la longue chevelure rousse se présentant sous le nom de La Fée Tisseuse alors que Chat noir était tombé sur un toit à quelques mètres d'elle. Ladybug avait pu s'accrocher au bord d'un toit mais sous l'attaque du vilain, ses mains avaient lâché. Paralysée de stupeur, dans sa chute elle n'avait entendu que le cri déchirant de son coéquipier.
« Tu as eu de la chance d'être tombée dans un tas de foin ! Non mais qu'est-ce que vous fabriquiez là-haut ! » s'énervait la gardienne.
La jeune femme ne prit pas la peine de lui répondre, trop confondue par cet enchaînement d'événements. Ainsi donc ils avaient dérivé jusqu'au quartier de Nomi.
Elle ne s'en était même pas rendue compte, abandonnée aux bras de son ami. Ses mains sur son flanc, son souffle mêlé au sien, ses lèvres gourmandes et impatientes... Mais qu'avait-elle fait ? Elle en était totalement bouleversée. Devait-elle regretter ? Elle s'était laissée guider par son envie sans même réfléchir aux conséquences. Cet échange avait été si ... délectable. Son cœur s'emballait rien qu'en y repensant et son visage la chauffait furieusement. Quoi qu'elle puisse en penser, l'ardeur qu'il avait mis dans ses baisers l'avait complètement renversée et étourdie.
Plusieurs cris la sortirent de ses songes. La panique commençait à s'installer chez les habitants de la plate-forme. Allongée sur le trottoir de bois, la brune voulut se redresser pour y voir plus clair, mais une douleur lancinante attaqua sa cheville gauche. De plus sa douleur à l'épaule semblait s'être réveillée, probablement par sa chute.
« Je te conseille de ne pas trop bouger pour l'instant ! indiqua Nomi. Tu dois être un peu sonnée et je pense que ta cheville n'est pas au mieux de sa forme.
- Mais je dois rejoindre Chat noir !
- Laisse le se débrouiller, tu ne pourras pas l'aider dans ton état ! Et puis il n'est pas seul. fit-elle remarquer.
Prenant appui sur ses coudes, la jeune femme aperçut non loin d'elle son coéquipier face à l'akumatisée. La Fée Tisseuse n'avait de Fée que le nom. Rien qu'en observant son visage imprégné de sournoiserie, on devinait aisément que sous cette superbe robe au corsage de satin rouge se cachait un esprit malveillant. Chat noir, assiégé par des attaques d'aiguilles évitait tant bien que mal les projectiles qui lui étaient adressés, bondissant de droite à gauche. En y regardant de plus près, Ladybug remarqua la présence de son ennemi de toujours, à l'abri derrière un baril. Cependant, la blonde n'était pas en reste et tentait de viser son adversaire par tous les moyens. Surprenante application de la part de la jeune femme qui laissa Ladybug perplexe. Elle n'aurait pas imaginé Chloé capable de tout secours mais elle s'était vraisemblablement trompée sur son compte. Peut-être n'était elle pas si exécrable ou égoïste qu'on puisse l'imaginer. À moins que ce ne soit là que le témoin d'une certaine affection pour son partenaire... Et ça, Marinette ne pourrait le tolérer !
La jeune femme s'exaspérait elle-même : il y a encore une seconde elle culpabilisait d'avoir succombé au charme de son acolyte et voilà que maintenant elle le revendiquait presque comme sa propriété !
Ce dernier se trouva d'ailleurs subitement en mauvaise posture. De longs rubans rouges et jaunes avaient insidieusement serpenté jusqu'à ses pieds pour se saisir de ses chevilles tandis que son adversaire maintenait son attention sur les aiguilles qu'elle lui lançait sans répit. Il fut soulevé pour sa plus grande surprise puis projeté contre le commerce le plus proche sous les cris de stupeur de ses deux compagnes.
« Alors Chat noir, vas-tu donc me donner ton miraculous ? De gré ou de force je l'aurai ! s'amusa la vilaine tout en s'approchant du garçon.
Sur sa ceinture étaient accrochées toutes sortes de matériel de couture dont une paire de ciseaux dont elle se saisit, le regard mauvais, prête à l'abattre sur le blond encore étourdi.
- Chat non ! s'écria avec désespoir Marinette.
- Miraculous respite, Chat noir ! »
Interloquée, la brune vit alors une fléchette d'argent traverser les airs et accomplir diverses pirouettes pour aller se ficher dans le bras du jeune homme, comme téléguidée. Une spirale blanche s'inscrivit alors en quelques secondes sous ses pieds, formant un cercle autour de lui alors que les ciseaux allaient l'atteindre. Mais lorsqu'ils touchèrent le garçon, rien ne se passa. L'arme rebondit simplement comme si elle venait de heurter un mur de métal. Passablement irritée, la Fée Tisseuse exécuta une autre tentative sans succès tandis que Chat noir pouvait en profiter pour se relever et la repousser avec force grâce à son bâton d'un violent coup dans l'abdomen.
« Mais enfin que s'est-il passé ? interrogea la brune, perplexe.
- C'est le pouvoir spécial de Ladywolf. Il lui suffit de prononcer l'incantation ainsi que le nom de sa cible et la flèche ira automatiquement s'y planter. Sans le blesser évidement. Le but est tout de même de le protéger quelques secondes. expliqua Nomi, fière que sa nouvelle élève ait si vite compris l'utilisation de cette capacité.
- C'est vraiment...
- Génial n'est-ce pas ? Malheureusement l'effet s'est déjà escompté... »
En effet, les marques blanches s'effaçaient peu à peu des planches de bois, marquant la fin de ce court répit. Cependant, aussi courte soit-elle, cette protection transitoire avait permis au garçon d'infliger nombre de coups à son adversaire, la faisant lâcher prise sur sa paire de ciseaux. Sans attendre, il se saisit de l'objet et le brisa d'un geste vif à l'aide de son genou, libérant un sombre papillon que le yoyo de Ladybug s'empressa d'attraper. Malgré son état, ses réflexes ne manquaient pas à l'appel et elle était heureuse de pouvoir se rendre utile d'une certaine façon.
« Génial ! s'écria la brune, soulagée qu'il ait pu si vite s'en sortir.
- Oh tu me flattes ma Lady ! s'amusa-t-il dans une courbette espiègle.
La jeune femme laissa échapper un petit rire devant les facéties de son partenaire avant d'écarquiller les yeux d'effroi. Ne comprenant pas ce brusque changement de comportement, le jeune homme n'eut le temps de faire un geste qu'il se trouva brutalement plaqué au sol. Ladywolf venait de lui éviter de gros ennuis en se jetant sur lui alors qu'une salve d'aiguilles l'avait presque atteint.
« Mais qu'est-ce que... » murmura-t-il, interdit.
La Fée Tisseuse se dressait derrière eux avec plus de rage qu'il n'en avait jamais vu. Sa robe s'était teintée d'un violet presque noir et ses cheveux s'assombrissaient peu à peu. Une fureur incommensurable éclatait dans ses yeux d'encre qui semblaient tout particulièrement s'adresser à lui.
D'une main ferme, la vilaine releva ses longs rubans mauves dans les airs, prête à les faire s'abattre sur les deux miraculeux qui se relevaient avec difficultés.
« Ma-mais enfin qu'est-ce qu'il se passe ! L'akuma a été purifié je ne comprends pas ! s'inquiétait la brune.
La gardienne passa une main tremblante dans ses courts cheveux d'ivoire, un geste mécanique qu'elle effectuait comme pour se rassurer.
- Je crains que ce ne soit plus suffisant.
- Que voulez-vous dire ? s'enquit la jeune femme, anxieuse en voyant les deux miraculeux esquiver au mieux les attaques.
- Je crains qu'avec les miraculous qu'il a récupéré par le passé, le Papillon n'ait fini par en maîtriser l'énergie pour l'utiliser à son avantage.
- Autrement dit...
- Il est devenu plus fort. » acheva Nomi.
Marinette se mordit la lèvre inférieure, inquiète au possible. C'était totalement inattendu. De plus la veille, ils avaient combattu un autre vilain et ça n'était pas arrivé ! Cela dit son endurance avait été fort impressionnante. Peut-être testait-il ses capacités ?
La situation allait de mal en pire et la jeune femme ne pouvait les laisser dans ce pétrin. Un flot de rubans retenus par la prise de la vilaine serpentait dans la rue, recouvrant peu à peu le sol d'une mer sombre et tumultueuse. Chat noir se projeta à l'aide de son bâton télescopique sur un toit, entraînant sa camarade blonde avec lui.
Il était temps d'agir face à ce déchaînement. Ladybug saisit fermement son yoyo, déterminée à leur venir en aide malgré son immobilité et l'état de faiblesse qu'éprouvait son corps endolori. Il s'envola dans les airs sous un « Miraculous Ladybug » pour laisser place à un étrange dispositif. Marinette croyait avoir une éolienne en modèle réduit entre les mains, le mât en moins. Sur un rotor activable par un gros bouton noir s'accrochaient des hélices rouges à pois. La jeune femme, observant les alentours, ne mit pas longtemps à comprendre comment il pourrait lui être.
Elle appuya avec empressement sur l'interrupteur avant de lancer l'objet au cœur de la masse sombre de tissus. Tournant à toute vitesse, les hélices entraînait avec elles les rubans et les enroulait si bien que, surprise, la Fée Tisseuse fut emportée par le mouvement, tentant désespérément de les retenir de ses deux mains.
Les deux miraculeux perchés en profitèrent pour bondir au sol et l'encercler. Ladybug voulut les rejoindre, faisant fit de la douleur et s'avança en boitillant vers leur adversaire. Prise en étau par les trois miraculeux, empêtrée dans ses propres rubans, elle leur jeta un regard ahuri.
Mais pour leur plus grande surprise, toute la noirceur dont elle était emprunte disparut brusquement. Sa robe perdit sa sombre couleur, revenant à un rouge éclatant puis à sa teinte initiale tandis que sa longue chevelure reprenait une pâle couleur rousse. Le regard vide, elle s'évanouit en reprenant son apparence normale sous les regards interloqués de ses opposants.
Une aura d'un sombre violet s'éleva du corps inconscient pour s'évaporer dans les airs. Voyant la dangereuse couturière à terre, la foule approchait peu à peu.
« C'était quoi ça ! s'énerva Chloé, la première à reprendre contenance. Vous ne m'aviez pas dit que ces fameux ''vilains'' étaient si difficiles à battre ! reprocha-t-elle à la gardienne qui les rejoignait.
- Du calme jeune fille, je ne savais pas encore lorsque nous nous sommes entretenues toutes les deux que les pouvoirs du Papillon étaient en train d'évoluer.
- Oui et bien avant d'envoyer une jeune fille innocente se battre, renseignez-vous un peu mieux !
- Elle vient de te dire qu'elle ne savait pas ! intervint la brune. Et nous non plus d'ailleurs alors sois un peu plus – Aïe !
Elle trébucha lourdement au sol sous l'œil inquiet de son partenaire. Il s'agenouilla aussitôt et posa une main frémissante sur son épaule.
- Tu vas bien ?
- C'est juste ma cheville... » murmura-t-elle.
Dans ses yeux d'émeraude dansait une lueur soucieuse qu'elle n'aimait pas y voir.
Pourtant, le jeune homme ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour sa coéquipière. Il pouvait encore sentir l'effroi qui l'avait envahi lorsqu'il l'avait vu tomber un peu plus tôt. Son cœur déjà bien agité par leur échange passionné avait failli lâcher à cette vision d'horreur. Heureusement pour eux, la chance avait souri à la jeune femme et elle s'en sortait plutôt bien pour une chute aussi conséquente. Après tant d'émotions, il n'avait qu'une envie, la prendre dans ses bras et ne plus la lâcher de peur qu'elle ne se blesse encore. Ses yeux bleus emplis de fatigue le préoccupait plus qu'il ne faudrait.
Elle ne le quittait pas du regard, comme un peu plus tôt, réveillant en lui ce désir qui le tiraillait sans relâche. S'il avait pu, il aurait fondu sur elle et se serait emparé de ses lèvres sans autre forme de préambule. Mais ce n'était ni le moment ni l'endroit pour se laisser aller à ses envies. Car si seuls les nuages avaient été témoins de leur écart auparavant, ici il y avait bien plus de spectateurs, en particulier une jeune femme blonde particulièrement remontée et une gardienne préoccupée par les événements récents. Et puis il ne fallait pas oublier les habitants trop curieux qui s'étaient approchés du champ de bataille.
Il l'aida à se redresser et lui offrit son aide pour se tenir debout, passant le bras de la brune au dessus de ses épaules et glissant sa propre main sur son flanc de manière à la maintenir.
La jeune femme se sentit foudroyée par le regard glacial que lui lançait Chloé. Rougissante, elle détourna les yeux et tenta de paraître totalement indifférente au contact de son partenaire.
Et pourtant... Ces doigts maintenant délicatement ses côtes la faisaient frissonner de la tête aux pieds, lui rappelant leur brûlante étreinte. Prenant une grande inspiration, elle tenta de calmer ses légers tremblements et jeta un bref regard au garçon. Était-ce des rougeurs qu'elle devinait sur ses joues ou simplement le fruit de son imagination délirante ?
« Il faut immédiatement que je vois Tikki et cet insupportable râleur qui lui sert de mari. intervint Nomi. Je dois leur parler de ce qu'il vient de se produire.
- Ah vous parlez sûrement de ce Plagg, je le trouve absolument horripilant ! répliqua la blonde qui se souvenait encore de son entrevue avec le ténébreux gardien.
- Ahhh ! Je suis contente d'avoir pour protégée une personne de bon sens telle que toi ! »
Ladybug et Chat noir échangèrent un regard exaspéré, ces deux là s'étaient plutôt bien trouvées finalement.
Ils entreprirent de s'éloigner et se mirent en marche, au grand damne de Marinette. Elle avait à peine découvert cette cité qu'il fallait déjà lui dire adieu. Seulement il fallait se ressaisir, il y avait bien plus important à faire que du tourisme, il en valait de la protection des habitants.
C'est ainsi qu'en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, ils se retrouvèrent sur une embarcation et entamèrent leur descente dans un calme presque cérémonieux. Chat noir n'avait pas prononcé un seul mot, se contentant de la maintenir ou de l'aider à embarquer. Mal à l'aise, la jeune femme n'osait pas esquisser le moindre geste à son attention, déconcertée par ce mutisme plus qu'inhabituel chez le garçon.
Et s'il regrettait ? Et s'il ne savait plus comment réagir avec elle ? Et s'il ne voulait plus lui adresser la parole ?
Ce trop plein d'incertitudes la rendait nerveuse et anxieuse. Elle enroulait machinalement le ruban rouge de ses cheveux entre ses doigts, le regard perdu. Elle-même ne savait plus trop quoi penser. Parce qu'il y avait une chose qui occupait encore son esprit, une personne dont elle aurait voulu lui parler. Mais n'était-ce pas indélicat de parler de son amour passé au garçon qu'elle venait d'embrasser ?
Le contre coup de tous ces événements s'abattait sur elle telle une pluie de plomb et cela ne l'aidait en rien à réfléchir. Elle se sentait épuisée, éreintée, comme si on l'avait plongée dans l'eau à plusieurs reprises pour la lessiver puis qu' un troupeau de bœufs l'avait violemment piétinée.
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Chat noir aida sa partenaire à descendre une fois arrivé aux abords du précipice tandis que Chloé et sa gardienne s'en allaient déjà récupérer les trois orniques. Sans même laisser le temps à la jeune femme de protester, il l'installa sur son ornique et se plaça derrière elle afin que Chloé et Nomi puissent disposer d'une monture chacune. Et puis surtout, ça lui permettait de garder un œil sur sa Lady dont l'état l'inquiéter beaucoup.
Malgré ce qu'elle pouvait imaginer, il était loin de regretter ce moment avec elle. Mais voilà, il y avait une chose qu'il devait lui dire et l'enchaînement d'événements l'avait empêché d'y réfléchir comme il l'aurait souhaité. Le jeune homme ne voulait pas lui cacher ce qu'il savait parce qu'il aurait juste le sentiment de lui mentir. Et puis quelle certitude avait-il qu'une fois son identité révélée, elle ne le repousserait pas et ne lui en voudrait pas pour le restant de ses jours ? Tout était allé si vite et maintenant qu'il avait osé franchir ce pas, il avait une peur grandissante de tout gâcher.
C'est pourquoi pour le moment il ne disait rien, trop absorbé par ses pensées et ses tourments, tentant de trouver un moyen d'aborder ce sujet délicat avec elle avant qu'ils n'aillent plus loin. Il savait aussi très bien qu'une certaine blonde le surveillait du coin de l'œil, visiblement peu favorable au contact qu'il avait établi avec sa coéquipière. Calée contre son torse, elle somnolait de plus en plus et il n'avait d'autre choix que de la maintenir de son bras, enroulé autour de sa taille. Oh certes, c'était loin d'être un supplice pour le garçon qui aurait pu rester des heures avec la jeune femme dans les bras. Mais il redoutait les regards foudroyants que lui lançait Ladywolf.
Lui même se sentait épuisé. La veille ils avaient déjà du combattre, ce matin il avait suivi sa Lady, puis Ladywolf était apparue, ils avaient dû parcourir un long chemin, pour ensuite de nouveau combattre et finalement se retrouver sur la route du retour alors que le soleil terminait sa course à l'horizon. Il avait l'impression d'avoir inspiré une grande goulée d'air à son réveil et de n'avoir pas pu la relâcher depuis.
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Le chemin fut long, très long et c'est dans la pénombre qu'ils atteignirent le village de Mesmeroth. Chloé insista lourdement pour que Chat noir l'emmène au portail. D'après ses dires, elle devrait depuis longtemps être rentrée et devait se reposer pour des réceptions à venir. Contraint de la guider, le jeune homme confia sa partenaire à Nomi qui se dirigea d'un pas déterminé vers le café, entraînant Ladybug qui peinait à suivre le rythme .
La gardienne ne prit pas même la peine de frapper à la porte et s'engouffra dans l'établissement aussi sûrement que si elle avait été chez elle.
« Nomi ? s'étonna la rouge en la voyant surgir par l'entrée secondaire. Je ne pensais pas te voir ici ! »
Voyant le visage grave de son ami ainsi que l'état de Ladybug, elle saisit immédiatement que quelque chose n'allait pas. Elle les invita à la suivre, les menant dans son arrière cuisine tout en interpellant Plagg.
Marinette se sentait véritablement épuisée, aussi Tikki l'aida à enlever le déguisement qu'elle lui avait prêté et à s'installer sur un petit fauteuil.
« Alors, qu'est-ce qu'elle veut l'ermite ! provoqua Plagg, nerveux.
- Garde tes insultes pour toi, je ne suis pas venue ici pour t'entendre râler ! pesta Nomi.
- Elle a raison, je suppose que tu as de bonnes raisons pour venir ici. compléta Tikki, impatiente d'en savoir plus. D'ailleurs où sont Chat noir et Ladywolf, il ne leur ai rien arrivé j'espère !
- Chat noir l'a raccompagné à la porte de lumière, il ne devrait plus tarder. répondit-elle rapidement.
Nomi planta son regard gris dans les yeux bleus de son amie, un air sombre tirant ses traits. Après un silence pesant, elle se décida enfin à parler.
- Nous devons rassembler les gardiens, nous avons un nouveau problème.
Plagg perdit toute sa rancœur pour l'observer avec sérieux tandis que son épouse écarquillait de grands yeux.
- Que se passe-t-il, tu m'inquiètes... prononça fébrilement Tikki.
- C'est à propos du Papillon. »
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Lorsqu'il entra dans le café, Chat noir sentit toute la tension qui y régnait. Vraisemblablement, Nomi avait expliqué la situation à laquelle ils avaient été confronté, laissant les deux autres gardiens dans un état de stupeur et d'inquiétude qui le fit frissonner. Tous les trois se tournèrent vers lui sans un mot avant que Tikki ne lui adresse la parole.
« Tu devrais aussi ramener Ladybug, elle s'est endormie et je crois qu'elle n'est pas au mieux de sa forme... »
Il acquiesça simplement, préoccupé par l'état de la jeune femme. Le jeune homme enleva à son tour la tenue que Plagg lui avait confié et s'approcha du fauteuil. Elle semblait si paisible qu'il n'osait pas la réveiller, du moins pas pour le moment. Il décida que la porter était une bonne solution et glissa son bras sous ses jambes avant de la ramener contre lui. Cela faisait déjà deux fois qu'il la portait comme ça alors qu'elle était inconsciente et il espérait qu'un jour il pourrait le faire avec son accord...
Il sortit de la pièce, laissant les gardiens dans leurs discussions. Le parfum de sa Lady lui montait sournoisement à la tête, le troublant d'autant plus dans ses réflexions.
« Quand vas-tu lui dire ? »
Il ne savait que trop bien ce qu'avait voulu dire Chloé alors qu'il l'avait raccompagné et pourtant il avait fait comme s'il ne comprenait pas, trop surpris pour savoir quoi répondre.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
Il avait à peine senti le baiser sonore qu'elle lui avait offert sur la joue avant de disparaître dans le portail.
« Adrien, je ne suis pas aussi naïve que tu sembles le penser. »
Mais qu'avait-elle compris exactement ? Que derrière le masque de sa Lady se cachait Marinette et que cette dernière ignorait qui il était ? Ou qu'il était complètement fou de cette fille ? Ou les deux ?
Tout à ses interrogations, le jeune homme maintenait la jeune femme contre lui en traversant la forêt dans la nuit. Il n'avait pas envie de réveiller la belle endormie. Parce que d'une part ça signifierait devoir discuter de ce qu'il s'était passé et il savait son esprit trop confus pour ne pas dire de bêtises qu'il regretterait. Et puis il n'était pas certain de pouvoir se maîtriser maintenant qu'il avait goûté à ses lèvres sucrés et il ne voulait pas se laisser tenter sans avoir été franc avec elle auparavant. D'autre part parce que malgré le bruit de conversations dans le café ou le chemin qu'ils avaient parcouru, elle ne s'était toujours pas réveillée, preuve de son état de faiblesse. Sans compter sa blessure à l'épaule de la veille ainsi que celle à sa cheville. Il aurait trop peur de la laisser rentrer seule et qu'elle ne s'écroule au coin d'une rue.
Le jeune homme cherchait une solution pour qu'elle puisse rentrer sans encombre alors qu'il approchait de sa destination quand une idée lui vint à l'esprit. Il grimaça rien qu'en imaginait les risques qu'il encourrait.
Que ne ferait-il pas pour cette fille ?
Bon, ça va ? Pas trop déçu ? Je l'espère mais je suis consciente que ce n'est pas du même calibre que ce que je vous ai offert la dernière fois... Cependant j'ai eu beau m'y reprendre à plusieurs fois, je ne parviens pas à faire mieux... Bref rassurez-vous j'ai déjà bien en tête les prochains chapitres et j'ai déjà bien entamé le suivant. Sur ce, à très vite.
Lolocando : Je ne sais pas pourquoi mais impossible de te répondre de façon privée dooonc voilà... Bref, moi-même je n'en pouvais plus de les faire se tourner autour donc c'est un soulagement ! Cela dit ce n'est pas encore fini haha ! Tous tes compliments me touchent beaucoup, j'ai mis beaucoup d'application dans le chapitre précédent ! Merci beaucoup pour ta review, j'espère que ce chapitre t'aura tout de même convenu malgré mes incertitudes !
Whiff : Si jamais moi-même je trouve le plan de ce monde fantastique, aucun doute que tu seras la première personne avec qui je le partagerai. Je suis vraiment heureuse de voir mon chapitre précédant t'a plu, j'y avais consacré beaucoup de travail. Et comme tu l'as si justement deviné, c'était trop beau pour être vrai, évidemment il y a des problèmes et de gros mêmes. Merci pour tes encouragements quand à la dynamique de ce trio de miraculeux, ce n'est pas toujours évident. Et encore une fois tu t'en doutais mais effectivement, petite scène sur le Roi ! Il faut dire que maintenant que je l'ai introduit, vous en entendrez souvent parler. Chloé est un personnage auquel j'ai envie de donner un peu plus d'humanité et de profondeur. Je ne veux pas rester simplement dans le personnage détestable et froid. J'espère que cette suite t'aura plu même si je pense que ce chapitre n'est pas le meilleur que j'ai pu vous offrir... Bref love à toi aussi et à très vite !
Bubullina : En même temps, une île volante c'est difficile de la faire sans nuage haha ! Je connais "Si tu tends l'oreille" mais j'avoue que tout ce don je m'en souviens, c'est du fait que ce qui est loin est très grand et ce qui est proche est petit, quelque chose du genre. Bon j'espère que malgré ces références tu as tout de même apprécié ! Et non comme tu le vois, ils ne sont pas monté trop haut mais sont bien retombés ! Merci pour ta review, j'espère que la suite t'aura plu !
