Chapitre 4 : Le Superviseur
Le Superviseur s'était cloîtré dans son bureau, cherchant peut-être une solution à son problème de rebelle (cherchant une cachette oui !). Il ne fut cependant pas difficile à Stepan de rentrer. Après avoir tuer le stupide garde qui s'était mis en travers de son chemin, il avait piraté une nouvelle fois les ordinateurs pour pouvoir ouvrir la porte.
Le père d'Amata fut terriblement surpris et il se saisit d'une arme. La jeune femme se plaça devant lui pour lui intimer de ne rien en faire et lui expliqua la situation. Le Superviseur jeta plusieurs fois des regards frustrés vers lui. Il semblait très méfiant mais Stepan l'était aussi. Même si l'homme avait accepté de lâcher son arme, elle était simplement posée sur son bureau. Juste à deux pas de sa portée. Le jeune homme se préparait à dégaîner à la moindre entourloupe car, si lui était protégé, Freddie et Amata ne l'était pas eux.
-Alors comme ça tu es Stepan ? finit par lâcher le Superviseur en se tournant finalement vers lui.
-Ouaip. Pourquoi ? Cela vous poserait-il un problème Superviseur ? fit le jeune garçon avec un sourire mesquin.
Heureusement pour lui, comme il portait encore son casque, personne ne le vit. Toutefois, le ton qu'il avait employé montrait qu'il se savait supérieurement armé et qu'il n'hésiterait pas à faire usage de son arsenal s'il le fallait. Le Superviseur secoua la tête mais il eut un petit sourire avant de dire :
-Aurais-tu peur que je te tire dans la tête ? Voudrais-tu enlever ton casque ?
Stepan eut un petit rire.
-Vous n'y tenez pas croyez-moi.
-Pourquoi ? demanda Amata légèrement inquiète.
-Parce qu'il n'a aucun argument à fournir ma fille. Il ne pourra pas te prouver que les terres désolées sont sans danger car il a sûrement des bâlafres plein la tête.
En réalité, Stepan n'en avait qu'une : celle que Nadine avait soigné (tiens il l'avait oublié dans son compte de jolie femme celle-là !). Toujours est-il que le jeune homme n'aimait pas se balader sans son casque. C'était devenu comme une habitude si vous voulez. Comme de se balader avec un caleçon par exemple. Il fit cependant une exception pour eux (quelle horreur d'avoir l'impression d'être nu !) et il retira son casque.
Tous furent sans voix. Ils avaient évidemment remarquer sa fine cicatrice sur le haut de son crâne, mais c'était le reste de son visage qui les étonnaient. Stepan était tout à fait normal et avait à peine vieillit. Le jeune homme eut un sourire assuré et il décida de commencer les "négociations".
-Bien. Maintenant, et si on discutait de l'ouverture de l'abri monsieur le Superviseur ?
-Comment se fait-il que... vous n'ayez rien ?!
Le jeune aventurier fronça les sourcils et perdit son sourire.
-Vous me prenez pour un manche ma parole ! J'ai des armes et je sais m'en servir. Bien mieux que vous si c'est ce que vous vous demandez. commença t-il. Oui, l'extérieur n'est pas sans danger. Oui, il y a des monstres. Oui, les animaux ont mutés. Mais on n'y peut rien et on fait avec. Pour tous vous dire, j'ai même vu des enfants qui ne sont pas nés dans des abris qui survivent parfaitement bien dehors. Alors je peux vous garantir que, même en ayant peu de matériel, comme moi au début hein, vous vous en sortirez. Il y a une ville à quelques minutes d'ici, c'est Mégaton. Là-bas vous pourrez faire du commerce si vous avez des capsules de bouteilles, commencez à faire le plein d'ailleurs. Ensuite, si pour le début il vous faut de l'aide pour comprendre et vous adaptez au monde extérieur, demandez aux habitants de Mégaton. Surtout le shérif en fait, y en a qui sont un peu con.
Le jeune homme termina ses explications et prit un siège pour s'asseoir. Les autres le regardaient en engrengeants les infomations qu'il avait débité à la vitesse de la lumière. Le Superviseur, lui, avait particulièrement bien retenu qu'il y avait des monstres à l'extérieur. Il demanda, avec un rictus de triomphe sur les lèvres.
-Quel genre de monstre au juste ?
Stepan releva vers lui un regard noir et grogna de colère. Il n'avait pas envie d'en parler et le fit clairement comprendre à son interlocuteur. Amata eut un regard peiné pour lui et vint se poster à ses côtés.
-Stepan. murmura t-elle.
Le garçon se tourna vers elle, le visage un peu plus ouvert à la discussion. Elle continua :
-Est-ce qu'il s'est passé quelque chose dehors qui t'es bouleversé ? Tu as retrouvé ton père ? Tu peux me le dire tu sais, on est amis.
Le jeune aventurier soupira et il s'enfonça dans son siège. Son amie, comme elle le prétendait, ne lui laissait pas vraiment un choix de réponse époustouflant. Oui, il s'était passé quelque chose mais il n'avait pas envie d'en parler, encore une fois. Non, il n'avait pas retrouvé son père, mais était-elle obligé d'en rajouter une couche avec ça ?
-Ce n'est pas le sujet Amata. souffla t-il en croisant les bras sur sa poitrine.
Le Superviseur sourit et s'en mêla.
-En effet, ce n'est pas le sujet ma fille. Et bien Stepan, on dirait que les terres à l'extérieur de l'abri t'ont changé. C'est pourquoi je pense que je ne vais pas accéder à ta requête. termina l'homme d'un air supérieur.
S'en fut trop pour le jeune homme qui bondit de son siège, l'arme à la main. Son visage était impassible mais ses yeux lançaient des éclairs qui menaçaient de foudroyer sur place le Superviseur. En face de lui, l'homme devint subitement pâle. Il n'avait même pas eu le temps de se pencher vers son pistolet, ni même de faire un geste.
-Stepan ! s'alarma Amata qui voulut le faire reculer (ce qui est inutile quand on a un fusil, mais bon).
Le jeune homme l'écarta d'une main et s'approcha encore du Superviseur pour qu'ils puissent se voir les yeux dans les yeux.
-Voilà mon dernier argument. déclara calmement Stepan.
-Tu tentes la violence. C'est l'appanage des faibles. lâcha avec courage le Superviseur.
Il n'en menait pas large, le canon du fusil d'assaut chinois de Stepan à quelques centimètres de son front.
-Et c'est l'appanage des lâches et des idiots de parler comme vous le faites. ricana le jeune homme.
Le père d'Amata eut un petit glapissement de peur quand il vit que Stepan souriait. Son regard était dément et son sourire malsain indiquait clairement qu'il était capable de le tuer s'il le voulait.
"Dernier avertissement Superviseur. Vous acceptez ou je vous colle une bastos entre les deux yeux. A prendre ou à laisser. murmura le jeune homme.
Derrière lui, Freddie et Amata étaient paralysés. Ils retenaient inconsciemment leur souffle, dans l'attente (et l'espoir) que le Superviseur accepte le deal. L'homme réfléchit quelques instants. Qu'est-ce qu'il avait à perdre ? Il jeta un regard vers sa fille et son coeur fondit sur place. Il avait tout à perdre en refusant ce que lui proposait le garçon. Le père d'Amata baissa légèrement la tête.
-D'accord Stepan. J'accepte.
-Parfait. répondit le jeune homme avec un grand sourire. Je vous laisse vivre dans ce cas !
Stepan rangaina son arme et alla appuyer sur le bouton d'ouverture des portes de l'abri. Tous les habitants qui étaient enfermés purent enfin sortir de leurs appartements. Il déclencha également le micro de communication.
-Chers habitants de l'abri 101. Les sorties à l'extérieur sont maintenant possible, mais attention à vous, ce n'est pas sans danger. Pour plus d'informations, allez voir Amata et le Superviseur. Merci de votre écoute ! lâcha t-il.
Freddie, Amata et le Superviseur le regardèrent dépités. L'instant d'avant, Stepan était prêt à tuer et il était maintenant heureux comme un gamin. Ils ne comprenaient pas trop ce qui lui arrivait mais, trop content de le voir redevenu gentil, ils se gardèrent bien de le lui demander. Le jeune homme se tourna alors vers eux, attrapa son casque, leur fit un signe de la tête et il s'en alla comme si de rien n'était.
