Chapitre 9 : la décision d'Amata
Amata se tenait fermement campé sur sa position tandis que son père pleurait devant elle. Freddie, quant à lui, ne savait que dire pour retenir la jeune femme. Elle avait pris sa décision depuis un moment déjà, comme elle l'avait dit, et rien ne semblait pouvoir la faire changer d'avis.
Le Superviseur se lamentait et tentait vainement de convaincre sa fille.
-Mais... Amata... Tu ne peux pas partir après lui. Vous n'avez pas la même expérience du monde et... et puis... je...
-MA DECISION EST PRISE PAPA ! JE NE CHANGERAIS PAS D'AVIS ! s'écria t-elle avec colère.
L'homme en face d'elle s'effondra une nouvelle fois en larme. Freddie essaya de calmer le jeu et de les apaiser tous les deux.
-Amata, je ne peux pas t'empêcher de partir mais pense un peu à ton père. Il t'a élévé tout seul et tu es toute sa vie. S'il te perdait, il serait fou de chagrin !
A ses mots, la jeune femme perdit un peu de sa colère et considéra son père sous un angle nouveau.
Le pauvre homme avait les yeux bouffies à force de pleurer, son visage était rouge et complètement trempé et il regardait ses mains avec un air malheureux. Elle vint doucement s'asseoir vers lui et prit ses mains.
-Papa. murmura t-elle.
Le Superviseur avait levé les yeux vers elle et il essuya ses larmes d'un revers de manche, avant de reprendre ses mains.
"Je sais que tu tiens à moi. Je t'aime aussi et je ne veux pas te perdre mais... j'ai besoin de retrouver Stepan. Que tu le veuilles ou non, je devrais un jour sortir d'ici. Et puis... tu pourrais faire de même. Il n'y a plus tellement de monde ici... termina t-elle.
Amata n'avait pas mentit. Dès que les portes s'étaient ouvertes, les gens s'étaient précipités dehors, même s'ils avaient peur de ce qu'ils allaient y trouver. Plus aucun être humain n'habitait dans l'abri 101, à part Amata, Freddie et le Superviseur. Ce dernier détourna le regard pour observer les murs gris qui l'avaient toujours rassuré. Il savait que dehors, il n'aurait aucun repaire, ne reconnaissant rien des rares photos que lui avaient transmis les anciennes autorités par le biais d'un ordinateur. Le pauvre homme avait peur de s'aventurer à l'extérieur et, il fallait l'avoué, il était un peu triste d'avoir perdu son rôle de Superviseur.
-Tu reviendras me voir de temps en temps ? demanda t-il en reniflant.
La jeune femme parut peiné par la réponse de son père mais elle hocha la tête et se leva. Elle devait partir maintenant, sinon elle ne le ferait jamais. Amata sentait déjà des larmes rouler sur ses joues et elle retint quelques sanglots avant de s'enfuir en courant.
Freddie jeta un oeil au Superviseur et il comprit qu'elle lui confiait son père. Il devrait se charger de le remettre d'aplomb et de le consoler pendant un bon moment.
