Chapitre 10 : Recherches difficiles
Cela faisait maintenant deux semaines qu'Amata avait pris sa décision et, après sa fuite de l'abri, une semaine qu'elle cherchait désespérement Stepan. Elle rentrait bredouille tous les soirs, dans la petite "maison" qu'elle avait à Mégaton. Elle y avait retrouvé Butch et quelques autres habitants de l'abri qui s'y était fixé pour un temps, voir pour le restant de leur jour.
Le chef de gang venait parfois lui rapporter des ragots sur une personne qu'il pensait être Stepan. Il espérait sans doute l'aider mais il lui compliquait peut-être un peu plus la tâche. La jeune femme ne savait plus où donner de la tête, ni comment démêler le vrai du faux dans les rumeurs que lui rapportait Butch.
Amata soupira et rentra en direction de Mégaton. Récemment, elle avait pris son courage à deux mains et poussait ses expéditions d'informations de plus en plus loin. Quelques caravaniers lui parlaient parfois, d'autre lui conseillaient de rentrer chez elle. Ils lui avaient souvent laisser entendre qu'elle n'était pas assez bien équipée. La jeune femme les croyait à moitié, partagé sur l'honnêteté des marchands et sur l'état réel de son équipement.
Elle avait, en tout et pour tout, une tenue en cuir avec un manteau par-dessus, un petit pistolet et un fusil de calibre de 12 à deux canons. S'il est vrai que c'était plutôt maigre comme protection contre des raiders et des super-mutants, elle n'avait jamais eu de réel problème.
Amata parvint finalement à rentrer sans encombre, l'esprit plongé en pleine réflexion. Elle ne vit pas, en entrant dans Mégaton, l'ombre qui se jeta sur elle.
-Amata ! s'écria la dite ombre.
Elle se retourna d'un bloc. Elle avait eu très peur et pensait avoir été attaquée. Elle fut soulagé en découvrant son père.
-Papa... tu m'as fait peur. souffla la jeune femme, une main sur la poitrine.
Son père secoua la tête et trépigna de colère. Freddie venait de les rejoindre et sourit d'un air contrit.
-Tu m'avais promis ! pleurnicha t-il.
-Hein mais de quoi ?
-Tu m'avais promis de venir me voir de temps en temps ! s'écria l'homme en la serrant fort dans ses bras.
La jeune femme eut un petit rire nerveux, c'est vrai qu'elle avait oublié d'aller le voir. Elle fit un petit câlin à son père et s'extirpa de son étreinte. Son père eut une moue boudeuse mais il ne dit rien.
-Je suis désolée papa. Alors tu es sortit de l'abri ? sourit-elle, heureuse de voir son père sortir enfin de ce trou.
Il hocha la tête, un peu frustré, d'être hors de son petit cocon.
-Oui. Nous ne pouvions plus vivre décemment dans l'abri 101 avec Freddie... à mon grand regret.
-L'endroit commençait à être envahit par les radcafars et les radscorpions. rajouta Freddie, comme pour rappeler au Superviseur que l'endroit n'était plus sûr du tout.
Celui-ci bougonna sur le sujet mais ne s'y attarda pas. Il se retourna vers sa fille avec un sourire chaleureux.
-Oh fait ma fille, tu ne m'as pas dit si tu avais retrouvé Stepan.
Amata détourna le regard et se mit à bredouiller.
-Et bien je... Je ne l'ai pas... trouvé. Pas encore.
Son père perdit son sourire et éprouva sincèrement du désespoir pour elle. La jeune femme sourit malgré tout et emmena les deux hommes jusqu'à sa maison.
Après plusieurs heures à discuter avec son père et Freddie, Amata voulut leur faire découvrir un peu la ville. Elle avait appris qu'ils étaient venus seulement ce matin et qu'ils ne connaissaient rien de Mégaton. Ils avaient eu de la chance que le shérif les laisse passer...
La jeune femme leur montra les différents bâtiments et son père finit par s'arrêter devant l'un d'eux. Il lui jeta un regard interrogateur et sa fille lui répondit.
-C'est la taverne ça papa.
-La taverne ? fit-il étonné. Est-ce qu'on peut y manger dans ce bâtiment ?
Amata sourit. Son père n'était jamais entré dans un établissement pareil. Bien qu'il sache qu'on pouvait y boire, il s'était sans doute toujours demandé si n s'y restaurait.
-Oui, on peut manger dans une taverne. Pourquoi tu as faim ?
Freddie rit faiblement et lança à la cantonade :
-Bien sûr qu'il a faim ! Comme tout le monde, ton père est même un gros gourmand ! J'en suis certain. Moi aussi j'ai faim d'ailleurs.
La jeune femme rit, amusé devant l'air blasé de Freddie et la gêne de son père.
-Venez, je vais vous montrer.
Stoppons l'histoire un moment. Je dois vous prévenir que ni Amata, ni Freddie ou le Superviseur (comme Butch) n'ont vu de goule sauvage ou même de goule civilisée. Je sais, il y en a une qui fait le service dans la taverne de Mégaton. Sauf que, ici, elle jusqu'à présent (et elle le sera encore dans cette scène) rester dans l'arrière boutique. Le gérant de la taverne à un deuxième serveur mais il se sert de la goule quand Stepan vient. Voilà, on reprend.
Amata, suivit par son père et par Freddie, pénétra dans l'édifice et s'installa à une table dans un coin. Ils commandèrent un repas chaud et attendirent le service. La jeune femme était heureuse de revoir son père, cependant, son voyage matinal l'avait terriblement fatiguée et elle bâillait de temps à autre. Le Supeviseur le remarqua et gigota sur sa chaise.
-Ma fille. Quelque chose ne va pas ?
-Je suis un peu fatiguée, ce n'est rien. affirma t-elle. Pourquoi ?
-Je suis inquiet pour toi pardis ! s'écria t-il.
-Oh, papa... répondit-elle tandis qu'une bouffé d'amour l'envahissait. Ne t'en fais pas, ça va aller.
Le Superviseur secoua la tête, toujours aussi inquiet, mais n'en rajouta pas. Freddie essaya alors de changer de sujet de conversation. Il y parvint avec habileté et les sourires réapparurent rapidement sur les visages et la discussion allait bon train, tandis que le repas arrivait.
Une fois leur repas terminé, Amata et son père décidèrent d'aller se coucher, alors que Freddie commandait une bière. Le Superviseur lui jeta un regard triste mais il ne dit rien, un peu comme à son habitude. La jeune femme, quant à elle, n'avait jamais su comment aborder le sujet de l'alcool avec Freddie, aussi ne se permettait-elle pas de le faire.
Ils sortirent donc, laissant le vieux Freddie derrière eux, et prirent la route de la maison d'Amata. La jeune femme allait entrer quand elle apperçut que son père ne la suivait plus.
-Qu'est-ce que tu fais papa ? le questionna t-elle étonnée.
Son père eut un tendre sourire et il vint l'embrasser sur le front.
-C'est ta maison, pas la mienne. Je vais aller louer un lit à l'auberge. souffla t-il enfin.
-Non papa ! Reste avec moi ! le supplia t-elle.
Le Superviseur ouvrit des yeux ronds, sous le coup de la surprise, puis il se mit à bégayer.
-Mais... Amata... Je croyais que...
-Viens.
La jeune femme ne laissa pas son père discuter et elle le tira par la main. Elle passa la porte et la referma derrière son père. Elle lui fit ensuite un grand sourire et se colla contre lui. Son corps était chaud, ses bras l'entouraient et lui apportaient le réconfort dont elle avait besoin depuis longtemps. Amata ne put se retenir et elle pleura à chaude larme, la tête appuyé sur la poitrine de son père. Celui-ci caressait ses cheveux avec douceur et embrassait parfois son front. Au fur et à mesure, la jeune femme sentit qu'elle s'endormait dans les bras de son père.
