Partie 3 : Ne plus avoir d'issue.

« Pourquoi tu as accepté de t'allier avec elle ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles…

- Oh, pitié Blue, fit Tink avec agacement. Ne joue pas les hypocrites, d'accord ? Tu vois très bien ce que je veux dire.

- Absolument pas, répondit Blue avec innocence (feinte ou réelle), je ne veux que t'aider !

- M'aider ? De la même manière que quand tu m'as enlevé mes ailes ? »

En voyant l'air interrogatif de la fée, Tinkerbell comprit qu'elle ne se souvenait pas. Elle laissa retomber sa tête avec lassitude, voyant que le combat était perdu d'avance.

Alors un doute la saisit.

« Attends une seconde… comment ça se fait que je me sois souvenue ? »

Elle parlait dans le vide, se parlant plus à elle-même, et n'attendant pas de réponse. La fée se doutait que sa présence n'était pas un hasard, et elle ne savait pas quel esprit pervers avait bien pu avoir cette idée, mais elle avait quelques pistes…

Avant la malédiction, Blue et elle avaient discuté de la Black Fairy, de ce qu'elle ferait, et aussi de erreurs de Blue. De ce fait, la fée verte savait de quoi Fiona était capable.

Elle n'aurait cependant jamais pensé qu'elle puisse à ce point retourner l'esprit d'une personne, surtout qu'il s'agissait de Blue.

Une des fées les plus puissantes qui existaient.

Et alors la peur la saisit.

Comment pouvait-elle résister si l'autre ne l'avait pas fait ?

Et surtout… cela aurait-il seulement un sens, alors qu'elle était seule ?

Une bouffée de rage la saisit alors, liée à son impuissance.

« Montrez-vous Fiona ! Hurla-t-elle. Je sais que vous êtes là cela ne peut pas être autrement, j'en suis sure. Alors ! Le spectacle vous plaît ? »

Elle était amère, et en colère aussi, et elle se fichait de rester calme ou polie.

Blue avait une drôle de lueur dans le regard, et Tink remarqua alors que sa tenue avait changé, et s'était assombrie, ressemblant à celle de la Black Fairy. Tink déglutit avec difficulté, fascinée, ne pouvant détourner son regard, et elle se maudit d'être aussi faible.

Oh merde. Oh merde…

Blue était outrageusement sexy, et ça avait un effet non voulu sur elle.

Le silence se fit d'un seul coup, Blue avait le sourire aux lèvres, un sourire carnassier, et Tink commença vraiment à avoir peur.

« Donc, tu ne comptes pas me libérer... »

Blue tourna la tête, et Tink soupira. La fée bleue se rapprocha lentement d'elle, sous le regard effrayé de la prisonnière.

« Ne t'en fais pas, souffla Blue, bientôt, tu ne voudras plus partir. »

§§§§

Tout cela prenait un tour inattendu, et Tink en était à la fois effrayée et excitée. Elle serra les poings et grimaça, comprenant que la magie qui l'entourait était en train de s'infiltrer en elle.

La fée n'avait plus ses pouvoirs, mais elle sentait la magie, après y avoir été confrontée toute sa vie. Blue était en train d'utiliser de la magie noire, et Tink eut envie de hurler.

L'autre fée était proche, trop proche, et quand sa main se posa sur la joue de Tink, cette dernière frissonna.

Et alors, sans attendre, Blue l'embrassa.

Tink se tendit, surprise, ne sachant comment réagir, ne sachant pas pourquoi son amie faisait cela.

Son premier réflexe fut de la gifler, mais ses mains étaient attachées, et bien que tentant de se débattre, elle resta immobile, impuissante.

Blue souriait contre ses lèvres, sentant sa résistance, sachant que cela ne durerait pas.

La fée verte tentait d'y échapper, sentant confusément que si elle succombait (et comme elle en avait envie !), elle serait perdue.

Quand Blue se colla contre elle, Tink ouvrit grand ses yeux, et, par réflexe, n'ayant pas encore répondu au baiser, elle mordit la lèvre de l'autre femme.

Surprise, la fée bleue s'écarta d'elle, et elle se mit encore à sourire, satisfaite. L'autre la regarda d'un air choqué.

« Tu… tu es nue ! Hoqueta-t-elle, estomaquée. »

Le sort était toujours en place, elle ne l'avait donc pas remarqué, et avait été prise par surprise. Blue, se regardant, pas plus déphasée que cela, haussa les épaules.

Elle le savait déjà, en fait, elle avait même oublié qu'elle était censée avoir des vêtements, et elle eut une idée. Son but, comme celui de Fiona était de faire basculer Tink, par jeu, tout simplement.

« Oui, c'est exact… Ça te dirait d'en voir plus ? »

Le sourire de Blue se fit ravi quand elle vit Tink rougir.

« Non, mais… tu es folle ! »

Elle ne disait pas non, pas vraiment, et son regard avait changé, alors que son esprit se faisait plus réceptif aux assauts de la magie.

Et le sourire séducteur de Blue n'aidait pas réellement à résister.

Sans attendre son accord, Blue se jeta à nouveau sur elle, et cette fois-ci, Tink ne put pas résister.

§§§§

Une nouvelle victoire se profilait peu à peu pour Fiona, qui adorait définitivement sa nouvelle technique pour faire succomber les autres malgré eux.

Elle se décida finalement à entrer en scène, voyant Tink succomber peu à peu sous les assauts de Blue, se tordant elle aussi de plaisir, mais parvenant encore à résister.

Fiona se rapprocha de Tink, qui finit par ouvrir les yeux, et lui balança un regard ironique elle n'était pas dupe, et savait ce qui allait lui arriver.

La Black Fairy sourit, surprise : elle ne s'attendait pas à ce que la fée soit aussi résistante. C'était appréciable, elle devait bien le reconnaître.

Et aussi inutile…

Elles engagèrent alors une sorte de duel, refusant de céder et de détourner le regard, que Tinkerbell parvint à soutenir avec fierté. La fée voulait lui faire comprendre qu'elle ne se rendrait pas, qu'elle résisterait, même si la fée avait déjà gagné.

Et là, Fiona comprit pourquoi elle avait voulu organiser tout cela, pourquoi elle avait fait en sorte que cela arrive.

Elle se fichait bien de détruire ou ruiner Tinkerbell qui, n'ayant pas encore vraiment souffert, pouvait encore se battre, elle en avait encore la volonté.

Tout cela avait été pour (ou plutôt contre) Blue.

Pour deux raisons, en fait.

Pour que Blue produise sa propre déchéance, pour qu'elle accepte d'embrasser le mal, qu'elle succombe, qu'elle passe de l'autre côté de son plein gré.

Que sa perte et sa défaite soient complètes, éclatantes.

Et l'autre raison était liée à qui était Tinkerbell, quelqu'un qui avait été trahie par Blue, mais qui croyait encore en elle, et comme c'était bon de voir l'autre fée détruire la seconde ainsi.

Faire en sorte que Tink succombe, ça, Fiona s'en fichait, elle n'avait rien contre elle.

Mais en revanche, faire en sorte que sa perte soit causée par Blue, ça, c'était une chose grandiose.

Presque doucement, elle passa sa main sur le front de Tinkerbell, qui souriait toujours, un sourire triste et résigné.

« Fait de beaux rêves, susurra-t-elle. »

Quand elle partit, les deux fées étaient enlacées, prisonnières, et ravies de leur sort.

§§§§

Ça faisait mal.

Bordel de Dieu, ça faisait vraiment mal.

Contrairement aux autres habitants, Dorothy n'avait jamais été confrontée à une malédiction avant, ainsi, quand sa mémoire lui revint d'un seul coup, sans prévenir, l'expérience ne fut pas agréable.

Elle était seule, marchant dans la rue, et ça la frappa de plein fouet.

Elle ne hurla pas, ne s'effondra pas non plus, restant calme et droite, alors que son esprit devenait un véritable maelström de pensées confuses et douloureuses.

Certaines choses devinrent plus claires au cours de quelques minutes de réflexion, sauf la raison pour laquelle elle semblait être la seule à se souvenir. Notamment en ce qui concernait sa compagne, Ruby, et même si la situation craignait vraiment, elle ressentit une vague de soulagement en comprenant que elle au moins, on ne la lui avait pas volée.

En fait, elle ne comprit pas elle-même pourquoi elle se sentait aussi effarée face à la situation, car elle faisait partie de ceux que la Black Fairy avait épargnés. Elle le comprit quand elle fut de nouveau face à Ruby.

Celle qu'elle aimait avait perdu tout ses amis, sa mémoire, et même si elle l'avait toujours elle, le fait est que cette malédiction lui avait volé beaucoup de choses. Sans oublier le fait que Dorothy avait un mauvais passif avec les sorcières maléfiques, et qu'elle ne comptait pas laisser Fiona s'en sortir comme cela.

Sauf qu'elle était seule dans cette ville, et qu'elle ne connaissait personne, elle ne savait pas à qui s'adresser.

N'étant pas stupide, elle n'alla pas confronter Fiona, sachant que cela ne fonctionnerait pas, ignorant que cette dernière savait déjà qu'elle se souvenait.

Prenant son mal en patience, elle se décida à attendre, attendre que quelque chose se passe, ce qui ne rata pas.

Peu de temps après, Neal lui aussi se réveilla.

§§§§

Ce fut au sens propre, et ce pour la troisième fois, alors qu'il se trouvait encore au lit. Cette fois il se battit, cette fois il résista, malgré ce que son esprit tentait de faire.

Ou son corps. Peu importe.

L'idée c'est que son esprit ne voulait pas, instinctivement, qu'il se souvienne, à cause d'une chose.

Sa relation avec Henry, qui, dans l'esprit de Neal (non maudit donc), était toujours son fils, et ça risquait de le détruire. C'était pour cela que le jeune homme ne s'était toujours pas réveillé, malgré le relatif affaiblissement de la malédiction.

Mais cette fois, cela ne se passerait pas ainsi, et quand Neal se souvint, cette situation lui fit horreur. Comprenant plus ou moins tout ce qu'il s'était passé, il blêmit, malgré son esprit encore embrouillé.

Son fils.

Son fils (qui ne l'était plus) se trouvait ici, dans son lit, dans ses bras.

Et Henry avait essayé de résister à cela, de se battre, de se rappeler, et Neal comprit un certain nombre de ses comportements, et il eut envie de vomir.

Il avait enfoncé Henry, l'avait fait sombrer, s'écrouler, et même si ils n'étaient plus liés, cela ne changeait rien.

Il était responsable de la perte de son fils, lui et Fiona, c'étaient eux qui avaient fait cela.

C'étaient eux les monstres de l'histoire.

Neal trembla, et, instinctivement, Henry se rapprocha de lui. Il tenta de se calmer, et, à sa grande horreur, ce fut plus simple que ce qu'il aurait cru.

Son corps réagissait à celui de l'autre homme, un peu trop en fait, et il le sentait très bien, presque malgré lui. Tout était flou dans son esprit, il se souvenait, mais il avait du mal à joindre les deux réalités présentes dans sa mémoire, et surtout de réussir à les considérer toutes deux comme valides.

Parce que d'un côté, il était le père de Henry, ou du moins, il l'avait été.

Mais le fait est, disons le clairement, qu'il était aussi son amant.

Et c'était très perturbant de concilier ces deux visions contradictoires. Henry dormait contre lui, et, pendant un instant, Neal mit de côté le fait qu'il était son fils, se contentant de l'admirer sans rien dire. Il passa sa main dans ses cheveux, presque surpris de voir à quel point il semblait paisible, se rappelant d'à quel point il était perdu autrefois.

Et Neal, qui croyait l'avoir sauvé, comprit alors que c'était lui qui l'avait envoyé en Enfer.

Oh, Henry, je suis désolé.

Mais malgré cela, une partie de lui ne le regrettait pas, et il ressentit une vague d'excitation non bienvenue en se souvenant de quelle manière il l'avait fait.

Puis Henry ouvrit les yeux, se tourna vers lui, et lui sourit.

Alors, à cet instant précis, il sombra.

Et il sut.

Il sut qu'il ne lui dirait rien, qu'il ne ferait pas surgir à nouveau la vérité, parce que même si cette relation était malsaine d'un autre point de vue, il y avait quelque chose qu'il ne pouvait pas nier, quelque chose qu'Emma aussi allait découvrir.

Cela rendait Henry heureux, et Neal le vit en constatant son regard brillant de joie et d'amour. De plus, cela le rendait heureux lui aussi, si on oubliait un instant qu'il se rappelait.

Bon… bien.

Ils étaient foutu.

De ce fait, quand Henry se pencha dans sa direction pour lui voler un baiser, Neal ne tenta pas d'y échapper, pas plus qu'il ne voulu le faire. Son corps reprenait le contrôle, et même son esprit succombait.

Peu importe que ce qu'il fasse soit mal ou immoral.

Du moment que son fils était heureux, cela lui suffisait.

(Et le fait que lui aussi ne pouvait nier qu'il aimait cela.)

§§§§

Même si il avait eu du mal au début, son corps avait fini par récupérer ses réflexes, et il avait donc couché avec son fils.

Encore.

On pourrait penser qu'ils ne faisaient que cela, mais c'était faux, et une fois que cela fut fait, Neal se décida à sortir pour tenter de mieux respirer et réfléchir.

Il était très troublé, parce que si ce qu'il faisait était mal, c'est vrai, une partie de lui n'était pas dérangée par cela, et il comprit que la magie de la Black Fairy était à l'œuvre, et il grimaça.

Seul et désespéré, il marcha, croisant sans cesse des gens heureux, souriants, entourés par une magie sombre et nauséabonde, une magie que Fiona ne cherchait même plus à cacher, et que seuls ceux qui se souvenaient voyaient.

Il repensait à ce qu'il avait fait, et il eut envie de tout laisser tomber, de se laisser aller et de se perdre tout comme Henry dans cette relation immorale. En fait, il réalisa rapidement que c'était déjà le cas, que c'était lui qui avait orchestré cela, qu'il ne pouvait que s'en prendre à lui-même.

Neal poussa un gémissement de désespoir, ne sachant plus que faire, se rappelant et voulant oublier, vaincu, mais voulant continuer à se battre.

Dorothy n'était pas dans un meilleur état, errant elle aussi, tourmentée pour d'autres raisons. Sa vie à elle était bonne, certes, mais le fait est que celle des autres ne l'était pas, et cela la révoltait. Elle avait envie de se battre, mais ne savait pas quoi faire.

Tout deux étaient seuls, voyant ce que les autres ne percevaient pas, et de ce fait, en se croisant l'un l'autre, ils comprirent peu après la vérité.

Ils n'étaient plus seuls.

Le Granny's était un endroit parfait pour discuter, et c'est d'un air grave que Neal commença à parler.

« Alors toi aussi tu te souviens ?

- Apparemment, comme toi, semble-t-il. Que te rappelles-tu ?

- Il y a une malédiction, et on devrait faire quelque chose par rapport à ça.

- Mais quoi ?

- Tuer la Black Fairy. C'est sûrement ce qui brisera la malédiction.

- De quelle manière ?

- Je pense pouvoir dérober un des objets magiques de mon père, ça pourrait marcher.

- Est-ce que tu crois que c'est possible de la priver de sa magie ? »

Neal grimaça.

« Je ne pense pas, non. Si on avait de l'encre de seiche, on pourrait l'immobiliser, mais cela n'existe pas ici. Je ne connais pas d'autre moyen.

- Il faut qu'on ait un plan. Qu'on se prépare qu'on trouve une occasion. »

Neal réfléchit, puis son regard s'éclaira.

« Je crois que j'ai une idée. »

§§§§

Un bal.

Fiona allait organiser un bal. Un vrai bal, type ce qu'on avait pu voir dans l'Enchanted Forest, et elle ne s'en cachait même pas, puisque le thème de ce bal costumé était « les contes de fées. »

Parce que quitte à être ironique et à faire n'importe quoi, autant aller jusqu'au bout, non ?

Neal trouvait ça presque drôle en fait, et avait décidé d'y aller, non pas en Peter Pan (et puis quoi encore ?) mais en Chasseur.

Parce que pourquoi pas.

Henry avait choisi le costume de Prince Charming, et en voyant cela, Neal avait eu envie de rire et de hurler.

Il n'avait rien fait, mais maintenant, il voyait toute l'ironie de la chose.

Tout comme Dorothy, Neal s'était muni d'une épée venant de la boutique de Gold, enchantée, de toute évidence, et ils s'étaient préparés.

Cela serait difficile, mais ils avaient envie d'y croire.

Dorothy, par pure auto-dérision, s'était déguisé en méchante sorcière de l'ouest.

Parce que encre une fois, pourquoi pas, merde !

Et en sachant qui elle était, Neal se put s'empêcher de sourire il faisait nuit alors, et la salle de bal était rempli entièrement, et en entrant, Neal perdit son sourire.

Déjà parce que le ton était donné, on voyait cela dès le début, de toute évidence, Fiona n'avait jamais assisté à un bal.

Où plutôt elle avait décidé de ne pas respecter les règles et elle avait transformé ça en… orgie, parce qu'il faut bien dire les mots.

Ouais, elle avait définitivement un problème, ou une obsession, ou alors elle voulait juste transformer Storybrooke en une sorte de lupanar, ou quelque chose comme ça.

Ou alors c'était bien sa manière pour pousser les gens de Storybrooke à ne pas se révolter.

Peu importe, c'était bizarre.

Il y avait une autre raison, en fait, au-delà de la présence de la Black Fairy.

Il y avait un loup dans la pièce.

« Ruby ? Fit avec stupeur Dorothy. »

Fiona arborait un rictus satisfait. Quelques secondes avaient suffi pour qu'ils se dévoilent et, passant une main sur la tête de la louve, la maire nargua la jeune femme du regard.

« Je suis ravie de vous voir, Dorothy, Neal. Je sais que vous vous souvenez, et aussi pourquoi vous êtes là. Allons, oubliez tout vos soucis, et amusez-vous.

- Éloignez-vous de ma petite-amie, cracha alors Dorothy, furax, ne tenant pas compte des paroles de la fée. »

Par défi, elle rapprocha la louve d'elle, qui resta à ses côtés, docile. Fiona était particulièrement en beauté ce soir-là, arborant une tenue pour le moins… particulière.

« Attendez un peu, fit Neal. Vous avez piqué une des tenues de l'Evil Queen ? »

C'était le cas, et même si c'était un détail, cela mit Neal mal à l'aise, qui avait l'impression en quelque sorte d'une histoire qui se répétait.

« Je l'ai empruntée définitivement… Ne faites pas d'enfantillages, je vous pris. Posez ces épées. »

Ils comprirent que tout cela était absurde, mais cela ne les empêcha pas de se confronter à Fiona, munie elle aussi d'une épée.

Dans une autre histoire, peut-être auraient-ils pu gagné, mais ce ne fut pas le cas, même s'ils le crurent un temps, quand, se jetant sur elle, ils la transpercèrent tout deux d'un seul coup.

(Et non, personne ne se rendit compte de rien, magie, tout ça, tout ça…)

Elle se figea un instant, une expression de douleur sur le visage, alors que les deux autres reprenaient espoir.

Puis, soudain, elle éclata de rire, ce que les anciens maudits ne comprirent pas. D'un geste, elle fit disparaître les armes, sans avoir été blessée.

« Échec et mat, fit-elle, goguenarde. »

§§§§

« Et maintenant, qu'est-ce que vous allez faire… nous tuer ? »

Fiona sourit à son ancien petit-fils, et ne put s'empêcher de se rapprocher de lui, alors qu'il se figeait, mal à l'aise.

« Bien sûr que non… cela m'empêcherait de faire ça. »

Et d'un coup, elle l'embrassa, souriant en le voyant aussitôt s'écarter.

C'était gratuit, c'est vrai, mais si il y avait bien une chose que la fée avait décidé de faire depuis son arrivée à Storybrooke, c'était de suivre ses pulsions, et elle en avait eu envie.

Et il était assez amusant de la voir gêné, et confus.

« Qu'est-ce que vous voulez ? Fit Dorothy, inquiète en voyant la proximité de sa louve et de la fée.

- Que vous oubliiez… à nouveau. Que ce soit vous qui le décidiez…

- Ou sinon ?

- Oh… cette très chère Ruby finira mal… très mal. »

La mort, tout simplement.

C'était juste du chantage, rien de plus, et la rage de Dorothy grandit en voyant à quel point Ruby semblait proche de la fée.

Sa peur aussi, une peur forte, à la simple idée de risquer de perdre son True Love.

Elle n'avait pas d'autre choix, ni d'autre issue.

Comme eux tous, elle était piégée, sans pouvoir rien faire.

À la merci de la Black Fairy.

Parce qu'elle allait dire oui, bien évidemment, et Neal tout comme Fiona le savaient.

Qu'aurait-elle pu faire d'autre ?

« Je suppose que je n'ai pas le choix…

- On a toujours le choix, très chère. Tout dépend de si tu fais le bon choix ou non, telle est la question que tu dois te poser.

- C'est d'accord, j'accepte. Faites votre truc, là, effacez-moi la mémoire, laissez-moi repartir avec Ruby, et ne vous approchez plus jamais de ma famille.

Fiona sourit à nouveau, de son même sourire insupportable.

- Oh, mais bien sûr. »

Une fois que cela fut fait, elle fit disparaître les deux jeunes femmes, dont Ruby (à qui elle rendit sa forme humaine, grâce à la cape) et se tourna vers Neal.

« Bien… à nous deux. »

§§§§

« Va te faire foutre Fiona. C'est tout ce que j'ai à dire. »

Un silence suivit cette déclaration à la fois vulgaire et colérique, et Fiona leva les yeux au ciel.

« Tu sais, ce serait plus facile de cette manière.

- Pourquoi ? Pourquoi vous faîtes cela ?

- C'est-à-dire ?

- Nous épargner. Ne pas nous tuer, et surtout, ne pas nous avoir effacé la mémoire dès que l'on se souvenait. Pourquoi ne pas le faire ?

- C'est plus drôle ainsi. Et surtout, cela marche mieux de cette manière.

- A savoir ?

- Un esprit qui cède et accepte la contrainte est plus facile à manipuler qu'un autre qui continue de se battre. À ton avis, pourquoi Henry ne s'est pas souvenu ? »

Ouais… effectivement.

« Analysons la situation… tu es seul, tu te souviens, et ce souvenir est une souffrance pour toi.

- Ouais, parlons en de ça… j'ai couché avec mon fils.

- Ce n'est plus ton fils, pas dans cette réalité, tu devrais profiter de ce que tu as plutôt que de te plaindre.

- La ferme, ok ? Et de toute façon, pourquoi est-ce que je t'écoute au juste ?

- Parce que je suis celle qui peut t'ôter toutes tes souffrances. »

Et enfin, la magie fit son œuvre, empêchant Neal de bouger, alors qu'il tentait de s'échapper, en vain, et que Fiona se rapprochait de lui de plus en plus, prête à le faire céder à sa manière.

Après Henry, Blue, et d'autres, elle allait s'attaquer à Neal.

(Oui cette femme est détraquée…)

Elle se fichait qu'on la voit, avec tout ce qu'il se passait à côté, cela n'avait aucune importance.

Et puis bon, on a déjà établi que la Black Fairy n'a aucune pudeur, donc un peu plus, un peu moins…

Ce qui l'intéressait, c'était le fait que Neal la regardait avec tout d'abord, un peu d'effroi, puis, alors que la magie (qui peut vraiment faire tout, mais faut dire aussi que cette chère fée a tout les pouvoirs, alors bon… voilà quoi.) l'enveloppait dans une étreinte protectrice et malfaisante, il cessa de se débattre.

Une dernière lueur de révolte passa dans les yeux du Lost Boy, mêlé à de la détresse et de la colère.

« Je vous dis bravo… ironisa-t-il avec amertume. Vous avez gagné on dirait.

- Tu te trompes Neal… j'ai déjà gagné depuis longtemps… depuis le jour où Emma Swan s'est tuée, ajouta-t-elle avec sadisme. »

Elle ne rata pas la lueur de douleur et de haine dans ses yeux, et elle faillit en rire.

La dernière pensée cohérente de Neal fut que cette femme était définitivement détraquée, perdue dans les ténèbres, et que plus personne ne pourrait jamais la sauver.

Et qu'en plus de cela, elle était en train de les entraîner dans sa folie et sa logique tordue.

Quand elle l'embrassa, il répondit aussi, malgré un sentiment de dégoût, qui fut vite annihilé alors que le baiser se prolongeait, et que Neal oubliait peu à peu ses réticences, et sa haine, remplacée par le plaisir, et le soulagement.

Il oublia.

Il oublia que cette femme était supposée être sa grand-mère.

Il oublia tout ce qu'elle avait fait, les ténèbres, l'horreur, la mort.

Il oublia tout, pour une fois, et il céda.

Il abandonna, complètement, comme Henry l'avait fait avant lui.

Ça valait mieux, non ?

Il n'aurait pas pu avoir mieux comme fin heureuse.

Ou comme vie heureuse…

FIN

Il y aura une suite, normalement, et ne vous en faites pas, ça devrait être la dernière, du moins pour cette partie de l'histoire… Les autres textes sur cette série de textes devaient être un peu moins sombres.