PAR LES VALAR !
Ajustant prestement l'épée elfique qui pendait à ma taille, je sortis en vitesse de mon talan pour rejoindre Dame Galadriel dans ses jardins. La voix de cette dernière avait résonné avec profondeur dans mon esprit quelques instants plus tôt, me mandant auprès d'elle pour une affaire urgente.
Je réprimais une grimace en sentant la cicatrice reçue lors de la bataille au gouffre de Helm me tirailler, le temps avait passé mais la marque restait, se plaisant à me rappeler les souvenirs de cette sombre nuit où j'avais failli m'enfoncer dans les cavernes de Mandos...
Revenant au présent, je pressais le pas en me demandant la raison de cet appel.
Depuis la fin de la guerre de l'anneau tout était relativement calme au sein du royaume et une routine apaisante c'était installée, les elfes immortels laissaient doucement s'insinuer en eux l'appel de la mer, se préparant à rejoindre Valinor et ainsi retrouver leurs frères.
Mais les enfants d'Iluvatar prenaient le temps d'apprécier leurs derniers moments en Terre du Milieu, observant avec intérêt l'âge des Hommes s'instaurer avec à sa tête Aragorn roi du Gondor et son épouse Arwen Undomiel.
Cette union avait particulièrement attiré l'attention des habitants de la Lorien puisqu'il s'agissait là du mariage de la petite fille du seigneur Celeborn et de la Dame de Lumière.
Je soupirais discrètement, bien que le roi Elessar ait tout mon respect, je ne pouvais que m'interroger sur le bien fondé de cette relation, qu'un elfe s'unisse à un humain, même un Dunedain, était contre nature, l'issu ne pouvais qu'être malheur et tristesse pour l'un comme pour l'autre...
Sortant de mes pensées, je reportais mon attention sur le lumineux jardin qui m'entourait. Les couleurs chatoyantes et le doux parfum qui embaumait l'air étaient propices à la flânerie, le jardin de la Dame semblait plus vivant que jamais, les plantes et arbres murmurant leur propre langage qui s'évanouissait dans la brise comme le vestige d'une rumeur voyageant au cœur de la forêt.
Je fermais un instant les yeux et tendais l'oreille dans l'espoir de saisir la teneur de cet échange silencieux mais les rouvris presque aussitôt en percevant la présence de la Dame de ces lieux.
Son éclat sublimait l'environnement autour d'elle et je m'inclinais avec révérence, une main sur le cœur, devant elle.
-Ma Dame, vous m'avez demandé ?
-Haldir, je te remercie d'être venu si prestement.
Je me relevais pour contempler son profil, son regard clair et insondable observait au loin à travers les arbres, le cœur de la forêt, un imperceptible froncement de sourcils troublait la grâce de son visage et c'est sans détour qu'elle me parlât.
-Quelque chose se prépare Haldir...
...Ossë m'est apparut en songe. Me dit-elle de sa voix basse.
Je plissais les yeux, cherchant dans ma longue mémoire où j'avais bien pu entendre ce nom.
Un vague souvenir de contes pour enfants me revint à l'esprit.
-Ossë le Voyageur, le dernier des Valar... Je croyais que ce n'était qu'une légende ? Demandais-je perplexe.
-Son existence est souvent remise en doute du fait du peu de récits sérieux où il est mentionné.
Sa nature facétieuse et sa capacité à voyager entre les monde en à fait un sujet propice pour l'imagination des écrivains qui lui attribuèrent nombre d'histoires toutes plus improbables les unes que les autres.
Mais le fait est qu'il existe bel et bien et je dois reconnaître que j'ignore si ses agissements, si tant est qu'il agisse, nous serons bénéfiques ou non.
Il est également possible que ses actions n'aient pour but que de tromper son ennui.
-Tromper son ennui ? Répétais-je ébahis.
Un sourire en coin apparut sur ses lèvres.
-Il est dit qu'Ossë est le plus jeune des Valar et que sa grande passion est de jouer entre le temps et les univers pour y mettre sa ''touche personnelle'' et ainsi observer le résultat de ses expériences. Ainsi lui vint son titre de Voyageur et sa réputation quelque peu excentrique.
Je laissais les dernières paroles de Galadriel se faire une place dans mon esprit tentant d'appréhender les conséquences de ces révélations.
-Son apparition fût trop brève pour que je puisse en apprendre plus, mais depuis mon réveil je sens que les éléments s'agitent autour de moi, quelque chose approche... et quoi que cela puisse être nous devons nous tenir prêt.
C'est pourquoi j'ai fait appel à vous, Haldir, Gardien de la Marche.
Les bois d'or se troublent et je pense qu'il va être nécessaire de renforcer la surveillance en leur cœur ainsi qu'aux frontières pour découvrir la source de ce phénomène.
Je compte sur vous pour tout mettre en œuvre. Ordonnât-elle avec douceur.
J'acquiesçais et, sentant la fin de notre conversation venue, la saluais une nouvelle fois la main sur le cœur en signe de respect avant de faire demi-tour.
Me hâtant jusqu'au centre de la cité, je me mis en quête de mes deux jeunes frères, Rumil et Orophin, afin de les tenir au courant de la situation et qu'ils puissent ainsi me seconder.
Je ne mis pas longtemps à les trouver, mon imbécile de frère cadet créant une agitation sans nom en se donnant en spectacle, contant un quelconque de ses exploits guerriers à son auditoire en majorité féminin, Orophin plus en retrait était adossé à un arbre et lisait calmement un livre en ne portant qu'une oreille distraite aux élucubrations de son aîné.
J'écoutais la fin de l'histoire où Rumil expliquait avec force de détails peu ragoutants comment il avait vaincu à mains nues un troll des cavernes.
-...je vous assure mesdemoiselles, j'ai réussi à enfoncer mon bras nu presque entier dans l'orbite de ce monstre, je tenais la minuscule cervelle de cette créature dans le creux de ma main ! S'exclama-il avec fierté.
Je vis Orophin lever les yeux au ciel exaspéré alors qu'un concert d'exclamations tantôt admiratives tantôt dégoûtées s'élevait parmi l'attroupement.
Je réprimais un sourire au souvenir de ce fameux jour avec le troll et pris une attitude sérieuse et digne avant de fendre la foule pour rejoindre Rumil dont l'air jovial s'envola à ma vue.
-Ce que mon cher frère a omit de mentionner... Commençais-je avec lenteur.
…c'est qu'il n'y avais pas que son bras qui était nu... si je me souviens bien tu étais ivre Rumil et tu avais perdu un pari qui t'avais obligé à traverser notre campement aussi peu vêtu que lors de ta naissance...
Comment ce pauvre troll aurait-il pu résister à l'envie de se délecter de ce met de choix ? Terminais-je moqueur.
Rumil ne se démonta pas et sourit d'avantage en entendant les gloussements appréciateurs de ces dames à qui l'idée de la nudité de mon frère faisait monter le rouge aux joues.
-Voyons Haldir, je ne voulais pas brusquer la douce pudeur de ces charmant papillons en leur révélant cet infime détail... enfin pas si infime... Reprit-il en souriant fièrement à une des elfes du premier rang.
Les gloussements reprirent de plus belle et mon ouïe développée perçut quelques chuchotements grivois entre les ''pudiques papillons''.
Le statut des gardiens n'avait de cesse de faire se pâmer la gente féminine et mon frère en usait et abusait outrageusement sans aucune gêne. Je ne pouvais pas l'en blâmer en faisant moi même l'expérience lorsque le besoin s'en faisait sentir, mais chez Rumil cela relevait vraiment du jeu et malgré les siècles il ne se lassait toujours pas.
Quand à Orophin, notre cadet à tout deux, il était certainement le plus calme et réfléchit de nous trois, son état de guerrier n'avait jamais entaché son âme de poète, son tempérament doux et artistique avait su séduire son publique également mais il préférait garder son temps libre au profit des livres plutôt que de s'abîmer dans les affres d'une quelconque relation amoureuse.
Revenant à la raison de ma venue ici, je me tournais pour m'adresser à l'assemblée.
-Si vous voulez bien nous excuser, je dois m'entretenir promptement avec mes frères. Annonçais-je d'un ton sans réplique.
La foule ne tarda pas à se dissiper, quelques demoiselles en profitant pour me lancer des œillades aguicheuses que j'ignorais, ce qui en soit ne semblait pas les décourager.
-C'est toujours pareil mon frère, chaque fois que tu apparais il n'y en a plus que pour toi. Par les Valar comment un glaçon tel que toi arrive à faire fondre mes jolis petits papillons ! Se lamenta d'une manière comique Rumil.
...Non vraiment tu me gâche mon plaisir ! Terminât-il dramatiquement.
-Les femmes veulent toujours ce qu'elles ne peuvent avoir. Intervint Orophin en refermant son livre avant de se rapprocher de nous.
-Et tu es un grand connaisseur de ce que veulent les femmes, n'est ce pas petit frère. Se moqua Rumil avec un sourire goguenard.
Ce dernier ne répondit rien mais un sourire mystérieux flotta sur ses lèvres.
-De toute façon ce n'est pas tellement vrai. À ce que j'ai entendu notre cher Haldir fait lui aussi profiter de ses talents. Reprit Rumil.
J'haussais un sourcil perplexe. Il est vrai que je partageais quelques fois mes nuits avec certaines elfes mais je m'assurais toujours d'être discret et que ces dernières le soient aussi. Je préférais laisser les plus écervelées à mon cher frère pensais-je avec un sourire.
Mais je restais aussi curieux de ces rumeurs.
-Vraiment ? Demandais-je platement, ne laissant entendre qu'un vague intérêt dans le ton de ma voix.
-Oui depuis quelques semaines une certaine Vana se vante de s'être attirée tes faveurs, que tu es un amant très vigoureux et que vous êtes fait l'un pour l'autre ! Se gaussa Rumil la larme à l'oeil.
Je me rembrunit à cette déclaration.
Vana... Quelle erreur n'avais-je pas commise là.
La demoiselle n'avait eut de cesse de me tourner autour depuis bien longtemps et avait fini par trouver le moment idéal pour percer mes défenses.
Profitant d'une soirée où je m'étais laissé étreindre par les brumes de l'alcool et me désespérais de ne pas ressentir l'appel de la mer au contraire de mes semblables, j'avais succombé à son incessant jeu de séduction pour finir par passer une nuit, dont je ne gardais pas un souvenir mémorable, entre ses bras.
Je grimaçais en repensant à la demoiselle, certes très jolie comme toutes les elfes, mais qui m'horripilait au plus haut point.
Depuis cette nuit j'avais l'impression qu'elle n'arrêtait pas de se mettre dans mon chemin et je passais mon temps à chercher à l'éviter où à l'éconduire avec toute la politesse dont j'étais capable.
Finalement cette mission pour la Dame ne ferait pas de mal, me tenant éloigné pour un temps de cette intrigante.
Reprenant une attitude plus sérieuse, je balayais la dernière remarque d'un geste de la main pour signifier que la conversation était close, puis annonçais enfin la raison de ma présence ici.
Je répétais à mes cadets les propos de Galadriel et leur donnais les indications concernant la marche à suivre afin de déployer plus de gardiens à travers la Lothorien.
J'avais désormais devant moi, non plus mes frères mais mes subordonnés et ils ne discutèrent pas devant mes ordres, s'exécutant promptement afin d'aller chercher et préparer les escouades d'elfes que j'avais requis.
Une heure plus tard, plusieurs rangées de gardiens se tenaient fixement à l'entrée de la cité, prêt à partir.
D'un regard perçant je scrutais les troupes jaugeant de leur fiabilité. Satisfait, j'adressais un léger signe de tête à mes frères qui se tenaient solennellement sur leurs montures. J'enfourchais également la mienne et lançais un dernier regard vers la cité dans les arbres qui brillait doucement dans la lumière du jour qui perçant à travers les feuilles d'or des mellyrn. J'aperçus les Seigneurs de ces bois qui se tenaient en hauteur guettant notre départ.
Nous les saluâmes comme un seul homme avant de prendre la route au cœur de la forêt.
Cela faisait quelques jours que nous patrouillions à travers l'immense territoire de la Lothorien, nos troupes s'étant dispersées vers les différents postes de surveillances, j'avais gardé mes frères avec moi nous installant à la lisière des bois.
Tout avait été calme, aucuns événements ne venaient troubler la sérénité de ces lieux mis à part quelques orques téméraires, ou suicidaires de mon point de vue, qui tentaient de pénétrer notre frontière sans doute en quête d'une proie à dévorer, mais nous eûmes tôt fait de les tenir en respect loin de notre terre sacrée, rependant sans pitié leur sang impur.
À l'aube du cinquième jours je me tenais plus que jamais sur mes gardes, les sens en alerte je percevais que la forêt s'agitait, l'air semblait vibrer d'une puissante magie. Mes frères à mes côtés le ressentaient également, leur armes en mains, prêt à l'action, ils s'adressèrent à moi.
-Haldir, est-ce là l'événement dont t'a parlé Dame Galadriel ? Demanda Orophin en scrutant un point invisible au loin dans la forêt, là d'où il semblait émaner cette énergie.
-Je ne puis en être certain, mais c'est fort probable. Dis-je gravement.
Si c'est là l'œuvre du dernier des Valar nous devons faire face avec dignité et affronter la situation quelle qu'elle soit.
Mes frères acquiescèrent avec solennité et me suivirent alors que je m'élançais, sautant d'arbres en arbres jusqu'à l'épicentre de cette agitation.
Après des heure de recherche nous trouvions enfin ce que nous cherchions.
Une faille lumineuse luisait doucement au centre d'une clairière.
Arc en mains, mes frères, quelques gardiens ainsi que moi même nous tenions prêt à réagir au moindre problème.
Hélas cela faisait une nouvelle heure qui c'était écoulée depuis notre arrivée, et toujours rien ne c'était passé.
Rumil, posté non loin de la faille tressaillit avant de prendre la parole.
-L'attente est toujours la pire des choses, je suis tellement tendu que je commence à avoir des crampes aux fesses. Penses-tu que l'épreuve que nous envoient les Valar concerne notre patience ? Demandât-il fléchissant les jambes avant de se redresser sans quitter la lumière des yeux.
-Si c'est là le souhait des Valar mon frère alors ton fondement pourrait bien se fossiliser que je t'interdirais de bouger d'un pouce. Reprends ta posture. Ordonnais-je.
-Faut-il vraiment que ton fondement soit fossilisé toi aussi pour que tu sois aussi rigide. Grognât Rumil en bandant son arc.
J'allais sévèrement le réprimander quand la lumière attira mon attention en redoublant d'intensité, devenant même aveuglante à nos yeux d'elfes.
Je dus me résoudre à clore mes paupières au risque de finir aveugle sinon.
Quelques secondes plus tard, quand la lueur eut disparût, je rouvrais les yeux sur un étrange spectacle.
Une immense boîte métallique colorée se tenait devant nous.
J'observais la structure avec prudence fronçant les sourcils quand mes oreilles perçurent des voix à l'intérieure, il y avait du mouvement, plusieurs personnes me semblait-il.
Je me tendais alors que des bruits de pas se firent entendre dans la boîte. Je me rapprochais avec prudence en faisant signe aux autres de rester en arrière.
À quelques pas je me stoppais quand une sorte d'ouverture coulissa le long de la paroi de l'objet, un homme en sortit précipitamment pour s'effondrer à mes pieds... en vomissant sur mes bottes.
-Oh putain j'ai trop la gerbe des transports moi. Gémit le misérable qui restait étalé à mes pieds.
Quelques seconde plus tard une autre personne paniquée se présenta dans l'embrasure de la ''boîte''.
-James est-ce que ça...
La jeune femme s'interrompit brusquement en voyant mon arc pointé sur elle.
Je profitais de sa stupeur pour la détailler.
Ce qui me marquait le plus dans son apparence, hormis ses frusques étranges, était sa peau et ses cheveux sombre. Une Haradrim ?
Que faisait une Suderonne dans nos contrées et comment par les Valars se retrouvait-elle mêlée à la vision de Galadriel.
Crispant ma main sur mon arc avec rage et dégoût je m'apprêtais à prendre la parole quand une autre femme, aussi pâle que sa comparse était brune, arriva en titubant.
-'tain Kay, qu'est ce qui c'est passé ? Jo c'est perdu et on a atterrit en pleine convention de geeks version grandeur nature ?
...merde James, t'as dégueulé sur les pompes de ce pauvre gars, d'ailleurs en passant;Salut mon mignon ! Débita la femme en me faisant un clin d'œil étrange avant de reprendre.
...j'te préviens abruti, si t'as picolé sans moi, je te maroufle la gueule à coup de hache ! Hurlât-elle sans aucune grâce.
L'homme blond à mes pieds tentât lamentablement de se relever en marmonnant piteusement.
-C'pas d'ma faute... LES BRITISH ONT FOUTUS DU GHB DANS MON JUS DE GRENAAADE ! Finit-il par hurler comme un dément.
J'écarquillais les yeux surpris à l'image de mes congénères.
Dame Galadriel, par les Valar, que devais-je faire ? Ossë nous avait-il envoyé ces énergumènes pour nous mettre à l'épreuve ?
Et voilà pour le point de vue du côté d'Haldir. Je ne connais pas énormément ce personnage je l'avoue, et pour ce qui est de son caractère je me suis surtout inspiré des fictions que j'ai lu et de quelques recherches complémentaires. Donc j'espère qu'il vous plaira quand même^^.
Et je voulais préciser également que le Vala Ossë est une invention de ma part, j'ai découvert qu'il y avait un Maiar du même nom dans l'oeuvre de Tolkien mais ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre...
