Petite dédicace à ma Béta sur le fandom Walking Dead, Salamendera, si vous aimez cet univers et si vous aimez Darylounet, n'hésitez pas à aller jeter un œil à sa fiction ça vaut le coup, ça s'appel ''Le Chupacabra et les Licornes''.
Et merci aux lecteurs qui lisent, conseillent et qui soutiennent ça fait vraiment plaisir.
QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT
Retenant un énième soupir, je lançais un regard en biais vers nos étranges captifs.
Cela faisait quelques heures que nous marchions en direction de la cité et pendant tout ce temps les prisonniers n'avaient eu de cesse de pérorer sans discontinuer, usant de termes qui m'étaient inconnus jusqu'alors. Un peu plus en retrait, la femme haradrim marchait avec difficulté, pestant entre deux inspirations laborieuse. De ma longue existence il m'avait rarement été donné de voir un être aussi... mou. Pourtant elle semblait être dans une bonne condition physique, mais chaque pas semblait la laisser aux portes de l'agonie.
-Haldir, il serait peut-être temps de s'arrêter. Il semble évident qu'à ce rythme nous ne serons jamais à Caras Galadhon avant la nuit. Me fit remarquer Orophin en se rapprochant de moi.
-Et nos ''envoyés d'Ossë'' risquent de rendre l'âme avant même que nous puissions comprendre le pourquoi de leur venue ici. Même pour des humains ils ne semblent pas très résistant. Se moqua Rumil.
-Je doute qu'il puisse s'agir de l'œuvre du Voyageur, un Vala, même excentrique, ne saurait nous envoyer des être malfaisants. Dis-je durement.
-Tu veux parler de la femme brune, Kay il me semble. Il est vrai qu'elle ressemble un peu à ces humains venus des terres Harad mais elle n'a pas l'air bien dangereuse... ses compagnons non plus d'ailleurs et ce ''Calimero'' possède aussi des traits atypiques. Peut-être sont-ils vraiment des voyageurs venus de contrées lointaines. Je les ai beaucoup entendu parler de musique pendant notre marche, il s'agirait éventuellement de quelques musiciens itinérant qui se seraient égarés. Suggéra Orophin en pleine réflexion.
-Pas dangereux, pas dangereux... On voit bien que ce n'est pas toi a eu affaire à cette furie ! Grogna Rumil en désignant l'autre femme au cheveux court.
Encore un sujet de méfiance à avoir, une femme avec une telle attitude versatile, au langage grossier et à l'apparence si particulière ne pouvait être qu'un être sans aucune morale.
Les hommes semblaient plus calme, enfin presque tous, pensais-je en me remémorant l'inconscient qui avait eu l'audace de rendre le contenu de son estomac à mes pieds. Les humains, d'où qu'ils viennent, pouvaient se montrer aussi répugnants que des orques. Grimaçais-je.
-Bien, nous camperons ici alors. Annonçais-je à mes frères, coupant court à toute discussion.
Rumil, prends quelques hommes avec toi pour chasser notre repas. Orophin je compte sur toi pour le feu.
Je regardais mes frères s'exécuter prestement, stoppant l'avancée de notre procession pour transmettre les ordres aux elfes. J'observais avec dédain les humains s'effondrer de soulagement en comprenant qu'ils n'auraient plus à marcher pour la journée.
L'immense homme barbu qui, si j'avais bien compris, s'appelait ''Bigdjow'', se posta près de la suderonne qui s'affala sur lui en gémissant.
-J'en peux plus Jo, j'vais mouriiiirrr... je sens plus mes jambes et j'ai l'impression que mes pieds son en feu.
Madame Popovski avait raison quand elle hurlait à tout va « Toi être femme vatrouchka ! Toi avoir ADN croisé avec fromage blanc ! ». Dieu du ciel Jo, j'ai jamais su ce qu'était son putain de ''vatrouchka'' mais je suis sûre que j'en suis une ! S'exclama-t-elle.
Le géant voulu la réconforter en la prenant dans ses bras, mais avec ses mains toujours liées il se contenta d'hocher la tête solennellement. La femme blonde vint s'asseoir à leurs côtés et finit par s'allonger en posant sa tête sur les cuisses de sa comparse en soupirant.
-Popovski n'était qu'une despote soviétique nazi déguisée en prof' de sport. Je compte plus le nombre de fois où elle a menacé de me découper en rondelles pour me faire cuire dans son bortsch si je continuais à sécher ses cours de merde.
-Même le grand-papa Sioux de Kay n'était pas aussi effrayant que la vielle Popovski... Murmura en frissonnant l'homme qui avait vomit sur moi.
Je soupirais doucement d'agacement en me rendant compte qu'une nouvelle fois je ne comprenais rien à leurs paroles si ce n'est qu'un ''popovski'' semblait être une créature vraiment dangereuse.
-Je serais prête à mettre ma vie en péril et à retrouver cette vieille peau pour faire ses cinq foutus tours de stade si ça nous sortait de ce traquenard... Gémit la brune.
-Je comprends toujours pas ce qu'il se passe en tout cas. Fit remarquer l'homme au yeux bridés alors que je tendais l'oreille pour voir si ils allaient faire des commentaires qui puissent m'être utiles.
-J'y ai réfléchi pendant que je faisais tout pour pas recracher mes poumons. Commença la fameuse Kay.
Y' a un truc avec cet étui à guitare...
-Celui que le mec bizarre t'as refilé gratos ?
-Quelle idée aussi d'accepter le cadeau chelou, d'un mec chelou, dans une ruelle chelou !
-Oh c'est bon James, venant d'un mec qui bouffe tout ce qui traîne sans faire attention c'est plutôt ironique comme remarque. Grinça la blonde.
-Pour en revenir à l'étui, faudrait p'têt simplement qu'on le touche à nouveau et on sera de retour chez nous ?
-Alors tu crois vraiment qu'on est... ailleurs ? Demanda ce... James ?
-J'en sais rien, c'est déjà trop taré comme situation pour moi, mais est-ce qu'on a le choix ? Perso, je comprends vraiment rien à ce qui se passe et j'ai revu en long, en large et en travers toutes sortes de possibilités, y compris qu'on soit tous morts où que je sois devenue folle, et la seule chose qu'on puisse faire pour le moment c'est suivre le mouvement alors...
-Ouais, alors on est bon pour suivre les Robin des Bois psychopathes c'est ça ? Demanda le barbu.
-Bah... on a pas trop le choix de toute façon...
Je retenais un soupir de déception, soit ils tentaient de nous tromper, soit ils ne savaient vraiment pas où ils étaient...
Je glissais un regard vers mon frère qui revenait de la chasse, il tenait dans sa main quelques lièvres et alla se poser à côté d'Orophin près du feu.
Je me décidais donc à aller quérir les humains, si effectivement je voulais les voir arriver jusqu'à la cité demain, il allait leur falloir reprendre des forces.
Attrapant ma dague, je me postais devant eux.
-Levez vous.
Je les regardais s'exécuter mollement en se plaignant.
-Je vais vous détacher, mais je vous préviens qu'au moindre geste suspect il vous en coûtera.
-T'inquiète mon gars, on est tellement mort qu'on peut à peine ramper.
Je grognais devant le langage du blond avant de commencer à ôter leurs liens.
-Allez près du feu le repas sera bientôt prêt.
Je finissais de libérer Kay et la suivais alors qu'elle rejoignais ses compagnons. Arrivé au niveau du feu, le géant se retourna vers elle précipitamment.
-Nan Kay, approche pas !
-Hein, pourquoi ? Mais qu'est-ce que... c'est un lapin ?...il est mort ? Demanda-t-elle en palissant à vue d'œil.
-Mort et bientôt prêt à être déguster. Lui sourit gentiment Rumil en arrachant d'un coup sec la peau de l'animal.
Je vis les yeux de la jeune femme se révulser alors qu'elle tombait à la renverse. La rattrapant de justesse, évanouie dans mes bras, je jetais un regard interrogatif à ses amis qui souriaient autant d'amusement que de pitié.
-Pauvre Kay, elle tourne de l'œil dès qu'elle voit quelque chose qui la dégoûte. S'amusa la blonde.
-Et en plus elle est végétarienne. Compléta l'homme exotique.
-Végétarienne ? Demandais-je ne comprenant pas.
-Elle ne mange pas d'animaux... elle trouve pas ça gentil. Se moqua le blond en rigolant.
-Pas gentil... Répétais-je en baissant les yeux sur la jeune femme entre mes bras. C'était pas possible de perdre connaissance pour si peu.
-Vous avez qu'à la poser dans un coin, y en a pour un moment avant qu'elle se réveille. M'informa-t-il.
Pestant dans ma langue contre ces étrangers agaçants, je me relevais pour aller déposer la jeune femme un peu plus loin où elle n'aurait pas à apercevoir mon frère ''cuisiner'' si elle se réveillait.
Je soupirais fatigué en rejoignant le feu de camp où la petite bande commentait avec agitation se qu'il se passait sous leurs yeux.
La nuit allait être longue...
Posté sur une branche, je contemplais les quelques rayons de lune qui traversaient les arbres. En contrebas, le feu continuait de luire doucement, éclairant la petite compagnie qui dormait paisiblement autour. Les elfes quand à eux patrouillaient aux alentours, silencieux comme des ombres dans la nuit, mes frères eux étaient restés au camp discutant un peu à part à propos de nos invités.
Percevant un léger mouvement et le bruit d'un froissement de tissu, je reportais mon attention en bas de l'arbre. Le corps jusque là inanimé de la brune se relevait péniblement sur son séant, elle frotta ses yeux endormis et regarda perdue le décor autour d'elle.
Silencieusement, je sautais à terre pour me poster devant elle. Elle reteint un hoquet de peur en me voyant arriver si subitement et ramena sur elle la couverture dont je l'avais recouverte plus tôt.
-...j'avais espéré que ce n'était qu'un rêve... Murmura-t-elle désespérée.
Je ne fis aucun commentaire, me contentant de l'observer alors qu'elle posait sa tête sur ses genoux en fixant les flammes plus loin.
Elle grimaça en portant une main à son ventre alors qu'un affreux gargouillis en émanait.
-...et en plus j'ai grave la dalle...
Fronçant les sourcils à ses mots, je portais une main sous ma cape et en extirpais une petite bourse en cuir que je lui tendis sous son regard curieux.
-C'est quoi ? Demanda-t-elle en l'attrapant.
-Mangez. Lui intimais-je alors qu'elle en extirpais quelques baies d'un rouge sombre.
-Vous essayez de m'empoisonner ? Me dit-elle amusée.
-Pas aujourd'hui... Lui répondis-je en lui rendant un sourire mauvais.
Elle leva un sourcil puis sourit désabusée avant d'avaler quelques baies.
-Je vous préviens d'avance, c'est pas en me nourrissant avec vos fruits bizarres que je vous foutrais la paix. Je sais pas dans quel monde étrange on a atterrit, mais si y a pas de chocolat ici je vais taper une sacrée crise de nerfs et vous allez en chier.
-Vous avez un langage absolument immonde jeune fille. Commentais-je en plissant les yeux sous les termes orduriers.
-Et vous, vous parlez comme mon arrière grand-père ! Dit-elle sur le ton de la conversation.
Je me relevais pour toiser la petite créature sombre à mes pieds. Agaçante créature. Étrange créature. Intrigante créature...
-J'ai déjà prévenu vos amis mais je vous le répète. Nous ne vous attacherons plus, mais ne tentez rien d'absurde, ce serait vain et les conséquences ne vous plairaient pas non plus. Lui dis-je menaçant.
-Mais oui, mais oui on l'aura compris que vous attendez la moindre occasion pour nous faire bouffer les pissenlits par la racine. Dit-elle blasée en se rallongeant sous la couverture.
… ça me ferait mal quand même de crever au milieu de nul part à cause d'une blondasse en leggings. Vous êtes déguisé en quoi d'ailleurs ?
-Déguisé ?
-Ouais votre tenue là... et puis vos oreilles aussi, c'est quoi ?
-Je suis Haldir de Lorien, Gardien de la Marche et elfe Galadhrim au service du Seigneur Celeborn et de Dame Galdriel.
-Aaah un elfe... bien, bien... Moi c'est Kay...et je suis un chupacabra.
-Qu'est-ce qu'un chupacabra ? Est-ce là le nom de votre peuple ?
-Euh nan pas vraiment... bien que certains américains sont aussi monstrueux que ces bouffeurs de chèvres... Se fit-elle la réflexion.
-Je croyais que vous étiez végétarienne ?
-Quel rapport ?
-Vous ne mangez pas de chèvres alors ?
-Cela veut dire que vous avez des chèvre ici ?
-Bien sûr que nous avons des chèvres.
-Et le chocolat ?... Vous en avez du chocolat ?
-Les chupacabras mangent du chocolat ?
-Mais quel rapport avec les chupacabras ?! S'exclama-t-elle en haussant le ton.
-Mais c'est vous qui avez dit que vous étiez un chupacabra qui mangeait des chèvres et du chocolat ! Répondis-je énervé de ne rien comprendre à ses élucubrations.
-Oh la barbe ! Dite le si vous voulez pas partager votre chocolat et puis c'est tout... Pas la peine d'en faire un fromage !
-Un fromage...
-Parfaitement ! Un fromage !... Et puis d'abord les elfes ça existe pas ! Hurla-t-elle en me tournant le dos et en rabattant la couverture sur sa tête.
-Espèce de...
Je m'interrompis en me retenant de proférer des paroles indignes de moi mais entendis dans mon dos mes frères qui se gaussaient un peu plus loin.
J'inspirais profondément pour retrouver mon calme et me retournais pour les voir qui me fixaient les yeux brillants d'amusement.
Grognant tout bas, je me décidais à les rejoindre.
-Hé bien mon frère que t'arrive-t-il ? Tu sembles particulièrement tendu ce soir. Sourit Rumil.
-La ferme ! Grondais-je.
-Rumil respecte donc un peu ton aîné, tu sais bien qu'il n'aime pas se trouver trop longtemps loin de Caras Galadhon. Reprit Orophin avec un sourire espiègle.
-Mmh tu as raison petit frère. Mais je ne me fais pas trop de soucis... je suis certain que la douce Vana saura faire bon accueil à notre frère et le détendra comme il se doit. Finit Rumil mort de rire.
Je grognais mécontent à cette idée et bousculais mon idiot de frère pour m'éloigner plus loin dans la forêt et retrouver un semblant de quiétude... en vain.
