Hola chicas muchas caliente !

Je m'excuse, je m'enjaille un peu… (Lena, j'espère que tu as saisi la référence) ça ne veut probablement rien dire. Mes condoléances à la langue espagnole.

Mais bon ! Si je suis si contente de poster aujourd'hui, c'est que ça ne fait que trop longtemps que je ne l'ai pas fait… encore mes excuses :(

Mais je m'explique: ce chapitre a été terriblement compliqué à écrire, je pense que vous comprendrez pourquoi en le lisant. De plus, j'avais un projet de français à travailler; et j'ai choisi d'en faire un mini recueil de poèmes (et oui, je peux vous le dire, les poèmes… ça mets du temps à rédiger haha).

Faustine284: Voilà la suite que tu as tant attendu ! Tes compliments me touchent beaucoup, je ne sais pas si j'ai vraiment un don… mais que tu me le dises m'aide à avoir confiance en ce que j'écris, merci beaucoup !

Amelga: Hello cocotte ! Pas de problèmes d'avoir répondu plus tard… tu vois la date à laquelle je poste ce chapitre ! Et oui, ce Mumus sauvage (j'adore le surnom que tu lui as donné ^^) et Sirius sont trop adorables ! J'espère que tu les trouvera toujours mignons après ce chapitre-là… il est un peu plus dark. En tout cas bonne lecture de la suite et un gros merci pour tes compliments ! (j'en rougis… mais bon tu ne le vois pas derrière mon écran *tristesse*)

Bleeding Coconut: Ça me fait très plaisir que tu aimes le traitement des personnages, c'est la dimension de l'histoire qui me tient le plus à coeur. Je passe beaucoup de temps à la méditer ! Voici donc le chapitre qui suit, j'espère qu'il alimentera toujours ta curiosité :)

Kahoute: Très contente qu'elle te plaise déjà et c'est avec plaisir que je la partage avec vous ! Merci à toi pour ta lecture de celle-ci :) je te laisse découvrir la suite…

Le nombre croissant de reviews me fait très chaud au coeur, des gros bisous à vous tous !

Et un encore grand merci à toutes les autres personnes qui ont follow/favorisé cette fic, vous êtes des amours ! (je commence à me dire qu'écrire une fic aide beaucoup à développer sa philanthropie… ça devrait être plus conseillé)


3.

✧ Étoile

Les ténèbres étaient poisseuses. Gluantes, nauséabondes. Elles lui collaient à la peau, s'infiltraient par ses pores et déversaient leur noirceur en lui. Il suffoquait. Plus d'air, plus de lumière. Juste cette sensation, cette douleur plutôt, comme si on lui labourait la torse à coup de couteaux. Le visage, aussi. Ses jambes, engourdies, ne le portaient plus… La spirale se refermait, il entendait les gémissements du petit garçon, ses sanglots, ceux qui déchiraient tout… Il s'effondra, tomba plus profondément…

Sirius se réveilla en sursaut, la respiration haletante. Il mit un instant à comprendre que cette horreur n'avait été qu'un autre cauchemar, instant vertigineux durant lequel il mordit son oreiller pour s'empêcher de hurler — réflexe acquis par habitude. Puis il se força à rester immobile, malgré tout ses sens qui lui criaient de courir.

Il avait les mâchoires douloureuses d'avoir serré les dents dans son sommeil. Quant à sa tête, elle lui faisait terriblement mal; et sa vision explosait en tâches noires. Il peinait à distinguer les formes qui constituait la chambre de James. Il devinait cependant les silhouettes endormies de ses amis, faiblement éclairées par la lueur de la lune, paisibles.

Oh Merlin ! qu'il se sentait faible. Frémissant, le corps douloureux, il entreprit de s'extirper de ses draps poisseux de sueur.

Le sol était trop froid contre ses pieds nus, il tituba. Manqua de s'effondrer sur Peter. Se rattrapa à temps. Sa vision créait une sorte de décalage avec la temporalité réelle, les images lui apparaissant les unes après les autres en éclairs flous et étrangement ralentis.

Il se prit la tête entre les mains, appuyant ses paumes glacées contre ses joues brûlantes. Ce changement brutal de température lui rafraîchit le crâne — qui lui donnait l'impression d'être emprisonné dans un étau de fer chauffé au rouge. Alors, précautionneusement et aussi silencieusement que possible, il se dirigea en direction de la porte de la chambre. Besoin d'air frais.

Sirius descendit les escaliers, s'appuyant excessivement sur la rambarde à cause de ses jambes qui peinaient à lui obéir. Si elles arrivaient à le porter jusqu'au dehors de la maison, ce serait un miracle.

Une fois arrivé au rez-de-chaussée, il se laissa glisser contre le mur le plus proche, ramenant instinctivement ses genoux contre son torse. Il haletait toujours.

Il resta ainsi le temps qu'il fallait à ses jambes pour se remettre de la douloureuse descente. Puis, se relevant péniblement; il enfila ses chaussures.

L'air nocturne lui fit immédiatement du bien.

Il en inspira de longues goulées qui lui firent tourner la tête d'une ivresse salvatrice. La sueur qui avait dégouliné le long de son dos se retrouva immédiatement rafraichie, et la brise qui soufflait lui aéra la tête et l'esprit.

Il se mit à trembler.


○ Lune

Remus ne savait plus depuis combien de temps il se tenait immobile. Il n'osait pas bouger. Sirius…

En vérité, il ignorait quelle conduite il devait adopter. Son ami venait d'avoir eu un cauchemar terrible à en juger par sa réaction. Et ce n'était pas la première fois. Remus avait noté la vitesse avec laquelle l'Animagus avait réussi à étouffer son cri dans son oreiller. Malheureusement pour lui, Remus ne dormait plus depuis un petit moment et avait tout vu… Et entendu lorsqu'il avait été forcé de fermer les yeux pour que Sirius ne remarque pas qu'il ne dormait pas non plus.

Sirius était sorti. Mais ou était-il allé ? L'inquiétude serrait horriblement le ventre de Remus. Bon, de toute manière vu son état il ne serait pas parti très loin, essaya de se rassurer le lycanthrope. Mais il ne réussit qu'à se rappeler la démarche douloureuse de son ami et ses râles rauques.

Non, définitivement, il n'avait pas quitté la jardin.

Et Remus devait le rejoindre, il avait probablement froid, et se sentait mal. Très mal même. Très mal… mais quel euphémisme ! Comme s'il était possible d'exprimer par des mots ce que Sirius devait ressentir en ce moment !

Mais, toujours, toujours… ce petit doute subsistait. Remus avait peur… De mal agir. De mettre Sirius dans une situation inconfortable. Qu'ils se retrouvent les deux en position embarrassante…

Peut-être que Sirius avait juste besoin d'être seul. Et si Remus se pointait alors qu'il ne voulait pas le voir… Non, Remus ne supporterait pas d'être rejeté. Ce serait sûrement encore pire si Sirius n'osait pas lui dire de s'en aller.

Toutes ces pensées tournoyaient dans l'esprit du loup-garou à une vitesse ahurissante. Il était maintenant nerveux, agité; et avait la certitude qu'il ne se rendormirait plus. Donc, tout compte fait… il ne lui restait qu'une seule solution.

S'armant de courage et se répétant obstinément que Sirius avait bien trop souvent été seul dans sa vie, Remus se leva de son lit. Il murmura un Lumos par réflexe, descendit rapidement les escaliers, attrapa le blouson de cuir de son ami à la volée et sortit dans la nuit.

Il faisait frais. Remus sentait l'air nocturne essayer vainement d'apaiser ses frémissements tandis qu'il contournait la maison, il avait machinalement resserré sa prise sur la veste de Sirius. Il s'arrêta, se força à inspirer longuement.

Puis, le coeur battant, il jeta finalement un coup d'oeil au jardin.

Sa gorge se serra. La silhouette de Sirius, d'habitude si aisée et gracieuse, s'était recroquevillée sur l'unique banc de la propriété. Et même de dos, Remus voyait très clairement les tremblements qui secouaient son ami tout entier. Sirius était assis tout au bord du banc, les genoux repliés contre son torse, l'air misérable.

Nox, murmura le lycanthrope dans un souffle.

Sirius l'entendit.

Il tourna subrepticement la tête, ses cheveux noirs volèrent. Ses yeux écarquillés fixèrent Remus; qui se sentit terriblement idiot à se tenir de la sorte, sa baguette éteinte dans une main, la veste de son ami dans l'autre.

Puis, forçant ses jambes à lui obéir, Remus s'avança. Doucement.

Sirius continuait à le regarder.

Se sentant plus stupide encore, Remus tendit son blouson à Sirius, qui ne le quittait toujours pas des yeux. Finalement, après une attente qui parut interminable au lycanthrope; son ami leva une main tremblante et attrapa son perfecto.

Il l'étendit sur ses épaules d'un geste court et fébrile, comme si décoller les bras de son torse lui était impossible. Ou dangereux.

Enfin, il abaissa le regard et Remus vit dans le noir ses lèvres s'agiter de soubresauts convulsifs. Se passant une main sur le visage — ou se cachant dans l'ombre de celle-ci, l'Animagus laissa échapper un soupir tremblotant.

— C'était plus facile de se retenir quand tu n'étais pas là…, chuchota-t-il.

Les mots cristallins vinrent se ficher dans les yeux de Remus. Ils scintillèrent mélancoliquement.

Sans même l'avoir réalisé, le loup-garou s'était agenouillé devant son ami et lui avait délicatement pris la main. Elle était froide, comme inerte, et apparaissait grise dans la nuit. Remus aurait dû avoir conscience de ce à quoi il s'exposait en agissant de la sorte, mais l'unique larme de Sirius avait noyé son esprit.

Le temps aussi s'était perdu dans les tréfonds de l'étendue glacée, et Remus ne sut jamais s'ils avaient passé dans cette position quelques minutes ou plusieurs heures.

La main de Sirius semblait revenir progressivement à la vie. Elle regagna un peu en chaleur et se resserra timidement sur celle de Remus.

Le temps passant, les mâchoires de l'Animagus se décrispèrent et la sueur qui avait perlé de son front sécha. Il n'avait cependant rien perdu de sa pâleur, sa peau apparaissant flasque, noyée de rayons lunaires. Il releva légèrement la tête.

— Tu sais, c'est à cause de Regulus que je ne suis pas parti plus tôt.

La voix de Sirius était rauque, comme s'il n'avait pas parlé plusieurs jours durant; elle écorcha le coeur de Remus.

Le loup-garou resta silencieux, regardant son ami droit dans les yeux — qui brillaient dans l'ombre de son visage.

— Je me disais toujours que je pourrais le résonner, lui apprendre à penser par soi-même… Mais mes parents ont trop bien fait leur boulot, continua abruptement l'Animagus. Tu sais ce qu'il a fait cet été ? ajouta-t-il sa voix partant anormalement dans les aigus.

Il eut un rire cout et sec, étrange, dénué de joie.

— Il a décoré sa chambre de manière… originale. Tapissé les murs d'articles parlant de Voldemort. Je crois qu'il veut s'engager après avoir fini l'école. Mes parents pensent que c'est un brave petit garçon.

Remus ne put empêcher sa bouche de s'entrouvrir sous la stupeur.

Il voyait souvent ce petit Regulus, habituellement seul, et il lui semblait qu'il lisait peut-être autant que le lycanthrope lui-même. Il avait un air calme et solitaire, et Remus avait toujours pensé que c'était l'effet que Sirius avait eu sur lui — Sirius toujours dans l'exubérance, la démonstration…

Laissant son frère dans l'ombre.

Mais il ne s'était jamais imaginé qu'une telle… démence avait pu couver sous ce masque pâle.

— Oui, oui. Ne t'étonnes pas. Ils ont bien travaillé, souffla amèrement Sirius.

Remus sentait l'horreur grandir en lui, il savait à quel point les parents de son ami étaient cruels; mais il ne lui était pas venu à l'idée qu'ils puissent soutenir la cause de Voldemort.

Les images tournoyaient follement dans son esprit: Lily traitée de Sang-de-Bourbe, des photos d'agressions de Moldus dans la Gazette du Sorcier, le groupe de fanatiques de Poudlard dont faisait partie Severus Rogue…

Et Sirius, qui avait subi alors qu'il aurait pu s'enfuir bien plus tôt, uniquement pour essayer vainement de sauver son frère, alors que celui-ci ne s'en rendait même pas compte et se laissait enrôler…

Remus ne savait pas comment il aurait pu rassurer le jeune homme qui se tenait devant lui — alors que lui-même n'arrivait pas à se calmer — ; ainsi, il ne le fit pas. Il se contenta de presser la main de son ami plus fort. De lui signifier qu'il était là. Qu'il n'était plus seul.

Sous ce contact, les jambes de Sirius se déplièrent. Se remettant en position normale sans qu'il ait l'air d'en avoir conscience, elles touchèrent le sol noir. Puis, l'Animagus lâcha doucement la main de Remus et leva les bras afin d'enfiler proprement son blouson de cuir; révélant le bas de son ventre alors que son T-shirt se soulevait.

Remus se figea.

La peau qui s'y trouvait était violacée, boursoufflée, tuméfiée. Comme si elle avait été rouée de coups. Ou pire.

Se levant précipitamment, Remus écarta de force les bras de son ami.

Sirius, d'abord surpris, essaya vainement de résister par la suite. Le visage horriblement crispé, il repoussait les mains du loup-garou comme s'il lui en coûtait énormément, comme s'il était complètement à bout.

— Arrête ! ordonna Remus, d'une voix blanche. Arrête, au nom de Merlin ! répéta-t-il, le souffle court.

Il ne s'était jamais senti une telle force, et il finit par immobiliser les poignets de Sirius dans sa main gauche.

Il eut l'impression qu'ils lui brûlèrent la paume.

L'Animagus s'était affalé sur le banc, tremblant de tout ses membres, respirant difficilement. Il semblait avoir renoncé honteusement, la tête basse; et Remus dut se faire violence pour ne pas lui attraper le menton et le forcer à le regarder droit dans les yeux.

Alors doucement, frissonnant, il relâcha sa prise sur les poignets de son ami. Les bras de Sirius tombèrent mollement.

Puis, tout aussi précautionneusement, tout aussi délicatement; il se saisit du coin du T-shirt de l'Animagus.

Il inspira.

Il le leva.

Sirius se recroquevilla immédiatement, et Remus dut poser une main sur ses genoux pour qu'il se détende.

Alors seulement Remus vit le torse de son ami.

Il était pâle, affreusement pâle. Presque verdâtre.

Trois horribles plaies d'un rouge foncé le barrait, contrastant terriblement avec la blancheur de la peau. Elles ressemblaient à des coupures, longues et profondes; comme trois traits qui fracassaient violemment l'image que le monde avait de Sirius Black. Il était visible que l'Animagus avait essayé de les faire cicatriser, mais sans grand succès. Elles s'étaient sommairement refermées; mais du sang foncé, coagulé suintait à leurs extrémités.

Le bas du ventre avait pris une teinte violette, bleutée. Meurtri, mutilé.

Remus chancela, le monde s'était brusquement renversé.

Il inspira brusquement à le recherche d'air et força ses yeux à se focaliser sur l'épaule anguleuse de son ami.

Sirius… Sirius qui lui avait toujours parut si intouchable, si sûr de lui… comme isolé du reste du monde dans une bulle qui interdisait aux autres de le toucher, presque même de l'approcher.

Sirius qui lui apparaissait fracassé désormais.

Remus ferma les yeux.

Il les rouvrit.

Les mutilations le narguaient, toujours présentes.

Alors qu'il comprenait qu'il allait devoir regarder la réalité en face; le lycanthrope porta une main à sa bouche, horrifié.

Il rabaissa violemment le T-shirt, comme s'il l'avait mordu.

— Tout ce temps…, murmura-t-il en secouant la tête. Ça fait plus d'une semaine entière… Et tu n'as rien dit… rien du tout

Il ne reconnaissait même pas sa voix.

Et Sirius se taisait toujours, tête baissée.

— Pads… regarde-moi. S'il te plait, implora-t-il.

L'Animagus releva lentement la tête. Ses yeux gris si semblables à de la brume, si floue, si vague…

Remus secouait toujours la tête de gauche à droite, comme s'il refusait d'accepter ce qu'il voyait; le geste lui échappait complètement.

— Dis-moi… est-ce que c'est déjà arrivé par le passé ? Est-ce qu'ils t'ont déjà fait ça ? ajouta-t-il avec empressement, les mots sortant comprimés et étouffés de sa gorge serrée.

Non… il devait se calmer, au nom de Merlin ! C'était d'un ami attentionné dont Sirius avait besoin en ce moment; pas d'un Remus hystérique, tout aussi remué que lui…

Avant de répondre, Sirius le regarda dans les yeux pour la première fois depuis un long moment; et ce contact si franc et si droit transperça Remus de part en part. Comme les étoiles quand elles aveuglent.

— Non, souffla enfin l'Animagus. Non, répéta-t-il comme s'il voulait vraiment convaincre Remus de la véracité de ses paroles. Je te le jures. C'était la première fois. Ma mère était vraiment hors d'elle. Je crois qu'elle ne s'est pas contrôlée. J'avoue l'avoir provoquée, mais… ça m'a échappé à moi aussi, je n'en pouvais plus.

Remus repensa à la belle soirée qu'ils avaient passé deux jours plus tôt au village… il ne s'en était même pas douté

Il se laissa tomber sur la banc à côté de son ami, se frottant douloureusement les tempes.

— Mais qu'est-ce que tu as bien pu sortir, pour l'avoir mise dans un tel état ? s'interrogea-t-il, plus pour lui-même que pour Sirius.

Son ami se taisait.

— La conversation avait glissé sur un terrain insupportable, répondit finalement l'Animagus, à la grande surprise de son ami — qui ne s'attendait à aucune réponse. J'étais pas rentré la veille au soir. Je suis sorti, j'ai rencontré une fille… vite fait quoi, tu vois le genre.

Remus voyait très bien, et il n'était pas certain de vraiment apprécier. Mais il se tût, conscient que c'était une chance exceptionnelle (qui ne se répéterait pas) que Sirius se confie à lui.

— Elle était plutôt sympa, ce qui fait que je ne suis rentré que le lendemain soir, continua-t-il en haussant les épaules d'un air qui se voulait désinvolte.

Remus se fit la réflexion que, en vue des blessures de son ami, ce geste devait probablement lui faire terriblement mal; il s'était donc tant habitué à la douleur…

— Je suis arrivé en plein milieu du repas. Kreattur a boudé par ce qu'il a dû me re-préparer à manger; mais rien qu'à l'expression de ma mère, j'ai compris que la soirée allait être sympathique. Après un interrogatoire digne d'une Auror, elle a déduit que j'avais passé la nuit avec une Moldue et a commencé à hurler… que j'avais déshonoré la famille, qu'elle me déshéritait, que je n'étais qu'un Traitre à mon Sang, et tout le baratin habituel. Cette fois j'en ai eu plus que marre, oh ! ces crétins qui ne pensent qu'au statut de leur Sang… Eh, les gars ! on a tous le même, il est rouge chez tout le monde. Enfin, se reprit-il en se passant la main dans les cheveux. Je crois que je lui ai jeté de la soupe brûlante à la gueule à peu près au moment où elle a commencé à parler de « certains hybrides perfides » que je fréquentais et de cette « satanée Sang-de-Bourbe aux cheveux roux ». C'est là que ça a dégénéré.

Remus ne voulait pas en savoir plus, et Sirius n'ajouta rien.

Certain hybrides perfides…

Remus n'aurait jamais imaginé que la culpabilité avait un tel poids. Il était un terrible fardeau pour son ami…

Non ! Arrête de t'apitoyer sur ton sort ! Tu as une chance de lui rendre un peu de tout ce que tu lui dois, saisis-là.

Remus se redressa avant d'avoir eut le temps de changer d'avis.

— Viens.

Il tendit une main qui ne tremblait plus à son ami.

Qui la prit sans hésitation.

La paume de Sirius s'était réellement réchauffée, donnant au lycanthrope l'envie de ne jamais la lâcher; tandis qu'il entrainait Sirius en direction de la maison. Et dire qu'il pouvait sentir à quel point ils étaient liés par ce simple contact. Il secoua la tête à l'idée qu'il ait pu hésité à rejoindre Sirius.

Merlin, heureusement qu'il l'avait fait.


Remus entra furtivement dans la demeure; puis fit patienter son ami dans la cuisine tandis qu'il montait silencieusement à l'étage, afin de ne pas réveiller les dormeurs.

Il en revient les bras chargés de divers baumes et pommades, aux flacons de formes étranges et aux couleurs vives.

— Voilà, fit-il en déversant les remèdes sur la table de la salle à manger. Maintenant assied-toi et tiens-toi tranquille.

Sirius prit docilement place sur la même chaise que celle sur laquelle il avait été soigné par Mrs Potter, comme par habitude.

Remus haussa les sourcils.

— Enlève ton T-shirt, ordonna-t-il comme si ça avait été une évidence depuis le début (il avait remarquablement caché son trouble).

Un flottement. Sirius le regardait dans les yeux; ses cheveux mi-longs encadrant gracieusement son visage, ses pommettes hautes, le creux de ses joues et ses yeux gris à la forme presque orientale — un des fantasmes secrets de Remus était de les voir un jour maquillés à l'eye liner, comme celui que portait Lily de temps en temps.

Mais Sirius rompit le contact visuel et Remus détourna prestement le regard, le coeur battant si fort qu'il avait peur que son ami ne l'entende. Mais l'Animagus se débarrassait précautionneusement de son haut de pyjama, afin de ne pas le frotter à ses plaies, et ne semblait pas prêter attention aux rythme cardiaque tambourinant du lycanthrope.

Remus prit une inspiration afin de se donner du courage, puis tourna le regard vers le torse de son ami.

À la lumière artificielle tout se voyait.

Les muscles fins et souples de Sirius, les lignes harmonieuses qu'ils traçaient sur son torse. Remus s'était toujours secrètement dit que son ami avait la musculature d'un acrobate, ou celle d'un danseur. Jamais celle d'un lourdaud, non; elle se dessinait tout en souplesse et en légèreté, donnait l'impression que Sirius pouvait faire tout ce qu'il voulait de son corps.

Mais il y avait toujours ses trois horribles balafres. Et sous cet éclairage, le lycanthrope en voyait tout les détails, jusque dans les plus horribles.

Il se détourna et se dirigea vers la table, où il choisi quelques flacons d'une main tremblotante; puis se dirigea vers Sirius.

Son ami avait déjà soigné tout ce qui pouvait l'être à l'aide de magie, à Remus de voir ce qu'il pourrait faire avec son propre attirail.

Il s'arrêta cependant abruptement alors que ses doigt enduits de baume allaient toucher la peau pâle de son ami.

— Ça risque de faire un peu mal, déclara-t-il afin de justifier son hésitation.

Puis, lentement, il plaça son autre main contre la peau tiède de l'épaule de Sirius; comme pour le rassurer.

Sirius serra les dents mais ne se plaignit pas, tandis que Remus s'appliquait à le soigner du mieux qu'il pouvait.

La peau pâle de Sirius était fraîche, mais les balafres étaient brûlantes; Remus eut l'impression qu'elles le calcinaient.

— D'où est-ce que tu as tout ça ? questionna finalement Sirius, en désignant d'un mouvement de tête la panoplie de remèdes qui trainaient sur la table; alors que Remus hésitant entre deux flacons aux couleurs vives.

— Tu sais en été, quand Mrs Pomfresh n'est pas là et que je ne peux pas utiliser de magie, il faut bien que je me soigne après les nuits de pleine Lune.

Une lueur de compréhension passa dans les yeux de l'Animagus.

— Oui, c'est vrai. C'était assez évident, murmura-t-il en hochant la tête.


— Tu est au courant du fait que je vais probablement devoir dire tout… ça aux Potter…, commença Remus, conscient de plomber complètement la conversation.

Il n'eut pas le courage de finir sa phrase.

Sirius maintenant soigné du mieux que le lycanthrope le pouvait; une douce chaleur semblait se créer du temps qu'ils passaient ensemble et du réconfort qu'ils tiraient après les évènements de la nuit. Ils étaient assis à la table de la cuisine, savourant du chocolat (sur conseil de Remus, qui disait que c'était « toujours la bonne chose à manger dans ses cas-là »).

— Oh, s'il te plait… est-ce qu'on peut en reparler demain ? soupira Sirius avec lassitude.

Remus comprit que c'en avait été assez pour une soirée. Sirius avait raison, ils pouvaient en reparler le lendemain.

Il remontèrent donc silencieusement à la chambre. Au pas de la porte Sirius se métamorphosa en Patmol, ce qu'il faisait toujours lorsqu'il se sentait mal.

Et en regardant tendrement le gros chien noir se rouler en boule sur son lit; Remus réalisa que s'il ne l'avait pas fait plus tôt, c'était qu'il n'en avait tout simplement pas eu la force.


Voilà… j'espère que vous comprenez pourquoi j'ai mis du temps à l'écrire. J'ai été très perfectionniste, je voulais vous le livrer au meilleur de sa forme. Et vraiment vous transmettre les émotions des personnages au mieux, de la manière la plus véridique.