Mes amouuurs !
Voici enfin le chapitre 4 ! Et je peux vous dire que j'ai sué pour pouvoir vous le publier aujourd'hui x) ! Car je pars demain pour dix jours en voyage sans mon ordinateur et donc aucun moyen de poster, je me suis donc donnée un coup de pied au cul et en une soirée j'ai fini la rédaction, fait la relecture, correction, l'adaptation à un format publiable, les RÀR, etc. Je crois que j'a jamais été aussi productive de ma vie hahaha
Donc je vous prie de m'excuser si certaines coquilles m'ont échappé, je suis entrain de m'endormir sur mon clavier en ce moment… et demain j'ai une journée ultra chargée. Génial. x)
jamespctter : De gros bisous baveux pour te remercier de tes compliments 3 ! J'espère que ce chapitre 4 te plaira et t'intéressera autant que les précédents !
Petitepointe2 : Très heureuse de contribuer à ton bonheur de la sorte haha ! Quant à la phrase « si Remus avait été une fille... », tu as tout à fait raison ! J'ai d'abord hésité à y écrire une suite explicite, puis je me suis ravisée. J'ai préféré laisser ce petit effet énigmatique et puis je me suis dit que Sirius ne réalisait et n'assumait pas encore assez ce qu'il ressentait pour Remus pour vraiment se dire « JE VEUX TROP L'EMBRASSER BORDEL. » x) Bref en résumé, tu m'as comprise. Et ça me fait très plaisir que tu aies aimé et bien interprété le comportement de Remus dans ce chapitre 3, c'est un aspect que j'ai énormément travaillé :)
Kahouete : Aaaaah, mais voilà ton vrai pseudo ! Sur ta première review tu apparaissait comme non-membre par ce que tu avais oublié le « e » haha, maintenant je vais pouvoir aller espionner ton compte à toi aussi… *enfile sa tenue de stalkeuse pour aller lire des fanfictions* Non, plus sérieusement, je suis très contente que ce fameux chapitre 3, qui m'a fait m'arracher les cheveux à en devenir chauve, soit bien passé ^^ ! Encore merci pour tes compliments !
Amelga : Mais non voyons, je ne t'en voudrais jamais ^^ Trop d'amour pour mes lectrices, comment pouvoir leur en vouloir ? Sinon, super ! trop ! méga ! giga ! contente que tu aies autant aimé ce chapitre ! Et oui, regarde mes enfants, il sont si adorables… et leurs émotions si complexes… *essuie une larme* Hahahaha autrement j'adore les surnoms que tu leur invente à chaque review x) (gros coup de coeur pour Sirinouchet et Remusininouchet), d'ailleurs il y a peut-être quelque chose qui va te faire sourire dans ce chapitre, j'en dis pas plus… Tu vas aussi voir comment leur relation évolue ^^ Bonne lecture amourette !
Bleeding Coconut : Ça me fait plaisir de t'entendre dire que ce n'est pas grave si je mets du temps pour publier, j'ai un peu tendance à me stresser pour ça ^^ Et tu n'imagines pas la taille de mon ego à présent que tu m'as dit que ma fic était de qualité haha ! Bien, je vais aller me dégonfler la tête à coup de sommeil et je te laisse avec ce chapitre 4 ! :)
Lena la rate : Gerbette ! Je t'ai déjà un peu répondu à ta review mais c'est pas grave, trop d'amour pour toi, alors je le refais une deuxième fois 3 ! Je ne sais pas si tu as vu mes snaps, mais je pense que tu m'engeulerais très fort si tu savais quelle heure il est… aïe ! En plus demain grosse journée. Mais pas grave, au moins je ne suis pas en retard sur ma publication ! Que te dire d'autre que le fait tu me manques et que tu me fais ENORMEMENT plaisir en me complimentant ainsi… Ah oui ! Bonne lecture ! :)
En relisant tout vos compliments et vos belles attentes, je me suis mise une pression assez idiote, mais j'ai l'impression que ce chapitre 4 n'est pas au niveau du troisième… j'espère qu'il vous conviendra tout de même !
Encore des énormes câlins à tout les reviewers ! Vous êtes des anges ! Et même si vous lisez et que vous reviewez pas, vous avez quand même le droit à un bisou ^^ (je suis pas trop gentille ?)
Sinon, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais j'ai à peu près trouvé mon rythme de publication. Je vous donne donc rdv autour du 10 de chaque mois pour un nouveau chapitre !
Bonne lecture :)
4.
✧ Étoile
Le lendemain, Sirius se réveilla alors que la journée était déjà bien avancée. C'était une belle matinée; et la lumière jaune du soleil qui passait au travers des failles des volets se teintait d'un gris chaud qui ne demandait qu'à être doré à l'ouverture des fenêtres.
Mais pour l'instant, Sirius profitait du calme de la pièce en observant Remus au travers de ses paupières à demi-closes.
Le lycanthrope avait toujours été le lève-tard des Maraudeurs; à l'inverse de Sirius qui, contrairement à ce que les apparences suggéraient, se levait toujours de bonne heure. Hormis le jours où il sortait. Mais ces soirées-là obéissaient à d'autres règles.
Peter et James s'étaient probablement levés depuis longtemps, donc le fait que Sirius ait dormi si tard était déjà complètement cramé. Aucune excuse ne le justifierait vraiment, il le savait. Ses amis le connaissaient trop bien pour détecter les mensonges qu'il pourrait leur servir.
Aussi, il retardait le moment fatal où il serait forcé de descendre à la cuisine. Et qui aurait cru que regarder Moony pouvait être si captivant ? En tout cas ça faisait efficacement passer le temps et relaxait passablement.
Et bien qu'en l'absence de lumière dans la chambre tout apparaissait terne; Remus, lui, semblait briller d'une manière que les yeux de Sirius ne percevaient pas vraiment. Mais quelque chose en lui, un sens oublié, ressentait les rayons étranges qui émanaient de son ami.
Peut-être était-ce tout simplement dû à la gratitude qu'il éprouvait vis-à-vis de celui-ci.
C'était en effet la première nuit depuis près de deux semaines, durant laquelle il avait bien dormi. Enfin, le premier « bout de nuit ». La première partie de celle-ci n'avait pas été de tout repos. Mais lorsqu'il s'était recouché, il s'était immédiatement endormi sans se retourner des heures durant dans son lit; il n'avait fait aucun cauchemar et avait dormi comme un bébé. Peut-être sa forme canine l'avait-elle aidée ? En tout cas, il n'avait pas eut ce sommeil agité, durant lequel il était si peu détendu que ses rêves ressemblaient plutôt à des pensées qu'autre chose, qui avait occupé toutes ses nuits depuis sa fuite. Et c'était la première fois qu'il se réveillait sans mal de tête et sans jambes flageolantes au matin. En vérité, ces derniers temps, son sommeil l'avait plus épuisé qu'autre chose; mais aujourd'hui… Oui, en regardant le visage paisible de Remus, Sirius se dit qu'aujourd'hui, il y avait véritablement quelque chose de différent.
Et, cerise sur le gâteau ! ses plaies le cuisaient beaucoup moins. La douleur était devenue supportable.
Sirius s'enfonça plus profondément dans ses couvertures, profitant de leur chaleur et soupirant de contentement. Il ne quitta pas des yeux son ami.
D'ailleurs, celui-ci papillonnait déjà des paupières. Il se réveillait.
Il plissa presque immédiatement les yeux sous la lumière matinale. Son visage grimaçant adorablement à cause des rayons de soleil que laissaient passer les volets de James que Remus ne jugeait pas suffisamment opaques. À croire qu'il lui faudrait dormir dans un cercueil pour n'avoir aucun éclairage venant de l'extérieur.
— Coucou, marmonna-t-il d'une voix endormie.
— Salut, lui répondit Sirius en souriant doucement.
— Toujours pas descendu ?
Les boucles indisciplinées du lycanthrope lui cachaient presque la moitié du visage, l'autre moitié étant enfouie sous sa couverture. Seuls ses yeux ambrés brillaient au travers de ce fouillis.
— Non, c'est bien ça le problème. Et j'arrive pas à trouver d'excuse, on s'est couchés à la même heure qu'eux hier.
Remus bâilla démesurément.
— Laisse-moi me réveiller, ensuite on trouvera bien un truc à leur servir.
La reconnaissance de Sirius pour son ami crût encore, le lycanthrope n'avait même pas essayé de le convaincre de dire la vérité, pourtant la veille il l'avait voulu… Il acceptait le choix de Sirius sans discuter.
— Je crois qu'on va devoir me mettre dans le mensonge aussi, continua Remus. Ça paraitra moins suspect.
— Ouais, mais bon… qu'est-ce qu'on aurait bien pu aller faire au beau milieu de la nuit ? Soupira Sirius en levant les bras au ciel dans une de ses fameuses mimiques dramatiques.
Remus se tût, puis le fixa un moment en fronçant les sourcils.
— Padfoot, t'es un idiot, finit-il par déclarer. Mais bon, apparement, il va falloir adapter notre stratégie à cet aspect-ci, capitula-t-il en soupirant.
Il balança énergiquement ses jambes hors de son lit.
— Bien… réfléchissons, s'exclama-t-il en croisant les bras.
Sirius avait rarement vu Remus manifester tant de ressources si tôt le matin.
— Tu t'es levé cette nuit par ce que tu n'arrivais pas à dormir… Non ! Tu t'es endormi avant tout le monde hier, c'est cramé.
— Je me suis réveillé au beau milieu de la nuit avec une très forte envie de pisser ? proposa Sirius.
Remus se tourna vivement vers lui en le pointant du doigt.
— Oui ! C'est bien ça ! Super crédible en plus, vu tout le thé que t'as bu hier soir.
— Ouais, je le sens bien d'ailleurs. Il ne demande qu'à sortir, je peux te l'assurer… répondit Sirius avec un rictus.
— Merci pour pour cette contribution très pertinente Pads.
— Avec plaisir Moony chéri, rétorqua l'Animagus en souriant de toutes ses dents.
Remus leva les yeux au ciel… ce qui donna à Sirius suffisamment d'énergie pour s'extirper lui aussi de ses couvertures. Et encore, pour la première fois depuis deux semaine, la tête ne lui tourna pas lorsqu'il se mit sur pied. Il en sourit de plus belle.
— Et bien sûr, puisque tu n'étais absolument pas silencieux, tu m'as réveillé ! approuvait le lycanthrope. Donc, pour ne pas sortir de son sommeil toute la maisonnée, on est sorti dehors; comme ça j'ai pu laisser libre cours à ma fureur.
— C'est pas un peu excessif "fureur" ?
— Non, absolument pas ! Tu sais à quel point le sommeil c'est sacré pour moi !
Sirius éclata de son rire semblable à un aboiement de chien, son Moony énervé était tout bonnement adorable.
— Et ensuite, on est restés discuter dehors ? suggéra l'Animagus.
— Oui, et on a pas vu le temps passer, ce qui fait qu'on s'est couché… il y pas longtemps quoi.
— Parfait ! s'écria le jeune brun.
Mais… tout de même, bien qu'il ne se sente pas gêné, Sirius avait cette légère indécision vis-à-vis de s'ils devaient parler de ce qu'il s'était réellement passé durant la nuit. Il y eut un flottement… puis, Remus prit l'initiative:
— Est-ce que ça va, euh… ton torse ? balbutia-t-il, tout rougissant.
Sirius acquiesça silencieusement de la tête.
— Oui… Merci, vraiment merci, ajouta-t-il doucement en se forçant à regarder son ami dans ses yeux ambrés.
Celui-ci lui sourit. Un sourire qui se passait de mots.
— Tu serais d'accord que je jette un coup d'oeil ? Enfin, tu comprends… il faut que je surveille un peu la guérison si tu ne veux pas en parler aux Potter.
Alors, dans un silence cristallin, Sirius enleva précautionneusement son T-shirt et le laissa glisser à terre. Puis il se redressa sur son lit, et attendit patiemment que son ami vienne s'assoir à côté de lui.
Ce que celui-ci fit, frémissant de la proximité de l'Animagus.
Sirius résista à l'envie de se transformer en Padfoot sous le toucher hésitant des doigts du lycanthrope. Mais il se força tout de même à fixer les bras de son ami qui s'affairaient. Ne pas lever les yeux, surtout pas. Cependant… il se demanda si la peau de Remus était toujours aussi tiède qu'elle l'avait été durant la nuit, lorsqu'il lui avait pris la main…
— Je ne vais pas te remettre du produit maintenant, par ce que ça sentirait tellement fort que tout le monde serait interpellé. Mais sinon… ça me semble en bonne voie.
Sirius lui sourit doucement.
— Merci.
— Tu me l'as déjà dit, répondit Remus, rougissant de plus belle, mais sans baisser les yeux.
— Je ne le dirai jamais assez, donc autant saisir chaque occasion.
Le lycanthrope gloussa de son rire tintant. Et cela rassura Sirius, car il savait que même quand plus rien n'existerait, le tintement du rire de Remus persisterait.
— Bien ! Trêve de mondanités, il faut qu'on descende leur livrer notre superbe histoire, lança Sirius avec entrain.
Le lycanthrope leva les yeux au ciel pour la deuxième fois de la matinée, décidément c'était une belle journée qui s'annonçait !
— Padfoot, t'as vraiment un don pour casser l'ambiance.
— Quelle ambiance ? s'étonna celui-ci.
— Devine.
Sirius haussa les sourcils.
— Aucune idée.
— T'es vraiment un idiot.
— Moi aussi je t'aime.
— Bon, puisque c'est impossible de tenir une conversation normale avec toi, autant descendre, soupira Remus en secouant la tête d'exaspération.
Ils enfilèrent des habits de jour et Sirius sortit de la chambre à la suite de son ami, tout content de lui.
À leur arrivée dans la cuisine, ils n'eurent même pas le temps de livrer leur mensonge tout prêt à leurs amis; puisque James se jeta sur eux en leur hurlant et braillant, qu'ils ne savaient rien, qu'ils n'allaient sûrement jamais deviner ce qui c'était passé, par ce que les gars ! C'est ouffissime !
— Evans t'as envoyé une lettre confessant son amour secret ? proposa Sirius d'un ton narquois.
— Euh… non, répondit un James nettement refroidi. C'est vrai que ça paraît moins enjaillant vu comme ça… Mais bon c'est pas grave ! se reprit-il en affichant à nouveau son sourire idiot. Je suis quand même capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor !
Sirius siffla d'admiration.
— Beau gosse ! lança-t-il, impressionné.
Remus s'était déjà jeté dans les bras de James avec une précipitation et un empressement euphorique, tout en lui donnant de grandes claques dans le dos.
— Bravo mec ! Bravo ! lui hurlait-il à l'oreille.
Sirius se joignit alors à cette folle accolade et bientôt Peter entamait avec eux un hymne à la gloire du…
Beau James Potter,
sur son balais d'argent,
et son insigne brillant,
de capitaine fringant !
James s'empara théâtralement du fameux insigne et l'épingla sur son T-shirt avec une expression de héros antique, tandis qu'autour de lui ses amis dansaient de manière chaotique en lui vouant des regards exagérément admiratifs.
Il est si fort,
il vole si bien,
il n'a jamais avoir tort,
je ne lui refuserais jamais rien !
Sirius était définitivement le meilleur à cet exercice, improvisant avec grâce et ridicule chaque vers; et après quelques autres couplets endiablés à la gloire du somptueux binoclard sur son balais de diamant, ils s'écroulèrent tous de rire sur la table de la cuisine.
— Mon gars n'empêche, cet insigne il est… (Sirius leva le pouce en l'air en faisant la moue, comme pour monter qu'il n'avait pas de mots qui pourraient décrire une telle beauté.) Evans va avoir un orgasme visuel.
— Merci pour ces détails Pads, ronchonna Remus, à bout de souffle, bien qu'il glousse tout de même.
Peter s'étouffait presque tellement il riait. James sauta sur l'occasion et lança à Remus et Sirius avec un rictus moqueur:
— En parlant d'orgasme, qu'est-ce que vous avez fait cette nuit les gars pour vous être réveillés aussi tard ?
Remus rougit brusquement, ouvrit la bouche en un parfait « O » outré, haussa les sourcils et donna presque immédiatement une tape au bras de son ami trop curieux; et toute cette étrange démarche fut accompagnée d'un « James ! » indigné; réaction que Sirius ne comprit pas vraiment.
Car lui, avait trouvé la blague très drôle et avait explosé de son rire semblable aux aboiements de Patmol. Ce genre d'humour le ferait toujours glousser.
Finalement, lorsqu'il eut finit de s'esclaffer; il se pencha vers James et lui souffla:
— En vérité, c'est dix fois moins tripant, j'ai juste eu besoin de pisser pendant la nuit; je me suis levé et j'ai réveillé Moony. Il s'est énervé et on est sorti dehors pour pas tous vous tirer du sommeil, puis on est resté un peu là-bas à parler… Mais bon, ta version est dix fois mieux.
Il rit encore, sans comprendre pourquoi Remus le fixait avec une expression du visage si étrange. Et bien qu'il glousse toujours, ce regard si direct que lui lançait le lycanthrope lui faisait un drôle d'effet.
○ Lune
Doucement bercé par ce bruit de rails si familier, le regard perdu dans la paysage gris de la campagne anglaise, Remus se remémorait les deux semaines passées chez James cet été.
Elles lui paraissaient si irréelles, qu'il avait l'impression de les avoir rêvées. Et qu'il se réveillait à présent dans le Poudlard Express; la fameuse locomotive rouge, solide témoin de la routine qu'il suivait avec joie depuis six ans maintenant, le ramenant à la réalité.
Même le tonnerre qui grondait derrière la vitre du train semblait lui prouver que tout ceci avait été imaginé; car qui aurait pu prédire deux jours auparavant, sous la chaleur écrasante de cette fin de vacances, que la rentrée serait si froide et si pluvieuse ?
Et pourtant… Remus sentait encore l'odeur d'herbe coupée qui avait flotté dans le jardin de James durant son séjour chez lui, il voyait les volutes de fumée des cigarettes de Sirius qui s'enfuyaient dans les chaudes nuits d'été, il entendait les rires tonitruants de ses amis sous l'effet de la Bièreaubeurre dont il sentait encore les bulles exploser sur sa langue…
Et tout ceci, que des souvenirs si précis et pourtant si irréels… Mais, Merlin ! qu'il était tout même heureux d'avoir passé ces deux fabuleuses semaines avec ses meilleurs amis, il s'était rarement senti aussi à l'aise quelque part.
Bon, bien évidemment, il y avait eu toute cette histoire avec Sirius… Mais Remus préférait ne pas penser à l'incidence que ses actes auraient par la suite. Pour l'instant il profiterait encore un peu des sourires de son ami sans culpabiliser.
— Et de toute évidence, vous accompagnerez les Premières années jusqu'à leur dortoir… précisait la Préfète-en-chef de sa voix autoritaire.
Remus s'affala un peu plus contre la vitre fraiche de la fenêtre. Le compartiment des Préfets, tout éclairé de l'artificielle lumière jaune des jours pluvieux, était silencieux et à l'écoute. Les nouveaux élus de Cinquième année sur le qui-vive, nerveux quant aux attentes de la Préfète-en-chef, dont Remus avait même oublié le nom. Qu'est-ce qu'il s'ennuyait…
Cette fameuse Préfète-en-chef, devait avoir parlé depuis un bout de temps désormais, et le lycanthrope priait qu'elle s'arrête le plus tôt possible. Il se réjouissait déjà de revenir dans le compartiment des Maraudeurs, où ses amis préparaient soigneusement leur prochain mauvais coup destiné aux Serpentards. Ce serait beaucoup plus excitant que de croupir ici sous les instructions assommantes de cette coincée du cul aux boucles blondes. Excusez cette injure, mais l'ennui était véritablement terrible.
— …aussi, ne l'oubliez pas: vous montrez l'exemple aux plus jeunes, il est donc primordial que vous…
Remus ricana tout bas, oh ! quel exemple il allait montrer si c'était lui qui se faisait prendre durant la prochaine farce des Maraudeurs.
Il tourna son regard vers Lily, qui le fixait en fronçant les sourcils. Ah, apparement ce n'était pas si bas qu'il avait lâché son ricanement.
— On se fait chier ici, articula-t-il silencieusement à son encontre afin de justifier sa conduite.
Lily était probablement la dernière des personnes qui devait être mise au courant du sympathique coup que les Maraudeurs préparaient aux Serpentards. Remus n'avait pas oublié les incidents qui étaient survenus après les B.U.S.E. ; et bien qu'il ignore en quels termes se trouvaient désormais Severus Rogue et Lily, il ne se doutait pas que le sujet reste sensible.
La jeune rousse fit la moue en acquiesçant d'un signe de tête.
Finalement, juste au moment où Remus envisageait sérieusement de quitter le compartiment, poli ou non; la réunion se conclut. Soupirant de soulagement, il sortit hâtivement du compartiment des Préfets en compagnie de Lily. Celle-ci fit donc un petit bout de chemin avec lui.
— Comment se sont passées tes vacances ? lui demanda-t-elle, alors qu'ils progressaient dans l'étroit couloir du Poudlard Express.
— Plutôt bien, j'ai passé les deux dernières semaines chez James.
Lily ne dit rien, mais leva les yeux au ciel avec un soupir exaspéré. Remus se déconfit: la jeune rousse n'avait pas changé d'avis concernant le capitaine de l'équipe de Gryffondor. Le lycanthrope avait espéré qu'elle aurait peut-être médité durant les vacances le geste de défense que James avait eu pour elle lorsque Rogue l'avait traitée de Sang-de-Bourbe. Eh bien, non.
Après quelques autres minutes de conversation avec Lily durant lesquelles elle lui révéla qu'elle avait passé la plupart des vacances d'été avec un de ses amis d'enfance, un Moldu dont elle avait été enchantée de recroiser le chemin; Remus regagna le compartiment des Maraudeurs. Et bien qu'il sache qu'elle le lui avait dit uniquement par ce qu'elle savait que cette information abattrait James, il ne put s'empêcher de déclarer haut et fort en écartanant la porte:
— On dirait que Lily s'est entichée d'un Moldu pendant les vacances !
Et voilà qu'il tombait comme un idiot dans le piège de la jeune rousse. Mais il avait promis à James de lui rapporter toutes les informations qu'il pouvait glaner sur l'élue de son coeur…
Un tonnerre de protestations accueilli sa nouvelle. James affichant une expression scandalisée, Peter poussant un « Nooooooon ! » dramatique et Sirius se levant — en entrainant dans son élan la carte du Maraudeur sur laquelle il était penché avant que Remus ne rentre, ainsi que quelques friandises, au sol —, gesticulant et braillant quelque chose si fort que ses paroles en devenaient incompréhensibles.
— On se calme, les enfants ! On se calme ! s'écria Remus.
Ses amis se rassirent docilement sur leurs sièges, mais leurs visages affichaient toujours une expression révoltée et outrée.
Remus s'assit à son tour sur la banquette opposée à celle de James et Peter, se retrouvant donc côte à côte avec Sirius. Génial. Voilà qui l'aiderait à se concentrer.
Essayant d'ignorer l'odeur d'homme, de cuir, de cigarette et de chien mouillé qui flottait vicieusement dans l'air à sa droite; il soutint:
— Enfin, c'est pas si affreux, voyons. Elle ne le reverra plus pendant un an, et si ça se trouve il l'aura oubliée d'ici l'été prochain.
— Mais…
— Ne t'inquiètes pas Prongs, on va t'élaborer un plan d'attaque infaillible, le rassura le lycanthrope.
— Mais oui ! C'est ça ! s'égosilla soudain Sirius en se penchant avec enthousiasme vers Remus.
Une bouffée de l'odeur qu'il essayait précisément d'éviter s'engouffra dans les narines de celui-ci. Sous son impact, il eut momentanément du mal à se concentrer sur ce qui se passait autour de lui.
Le cerveau du lycanthrope avait probablement été touché par un Petrificus Totalus. Oui, il préférait cette explication.
Et pourtant ils n'étaient même pas encore arrivés à Poudlard.
— Moony, ton défi de cette année… annonçait toujours théâtralement Sirius, c'est de convaincre Evans que James c'est un mec bien !
— Non, non ! C'est à James de le faire ! C'est à lui de le prouver, protesta Remus. À moins que vous ne vouliez tous secrètement que ce soit moi qui finisse par sortir avec Lily…
Le lycanthrope jeta un regard en coin à Sirius, guettant sa réaction; et oh ! il ne fut pas déçu. Son cri surpassa même en décibels celui de James (un simple « Remus ! » consterné).
— Ah, non ! objectait avec force Sirius, outré. Ça, jamais ! On garde notre Mumus* pour nous tout seuls !
Le loup-garou eut un sourire satisfait.
— Dis plutôt que tu veux le garder pour toi tout seul, railla James.
Peter approuva énergiquement d'un signe de tête. Sous de telles paroles, Sirius fit une moue boudeuse.
— Bah, si vous en voulez pas, moi je le garde, déclara-t-il.
Et accompagnant la parole du geste, il s'agrippa à Remus comme un koala. Et il ne lâcha plus. Plus du tout. Et le loup-garou sentait les bras fermes de son ami agrippés autour de son torse. Si fermes. Il devait grâce à Merlin de ne pas être tombé tout raide de la banquette. Pourtant, il lui semblait qu'il souriait même. Doux Jésus, comment arrivait-il à se maîtriser de la sorte ? Il devait aborder un air content et détendu, c'était tout ce qui comptait.
Pendant que la chaleur du corps de Sirius l'enflammait.
Et en effet son ami ne rompit plus leur contact physique de tout le voyage (Oui, oui, de tout le voyage ! En entier !), même lors de l'organisation du fameux coup que préparaient les Maraudeurs contre les Serpentards. Grâce à Merlin ! Remus finit par s'habituer à la chaleur de ce corps chaud contre le sien, et l'envie de rendre son étreinte à Sirius le prit bientôt.
Il opta pour une option d'entre deux, c'était le plus prudent… enfin, peut-être pas si prudent que ça, mais il ne pouvait s'en empêcher. Alors que Sirius finit par appuyer son dos contre l'épaule de Remus et reposer sa tête sur la jointure entre le cou et l'épaule du lycanthrope; Remus souleva un bras frémissant de crainte et d'impatience qu'il passa avec hésitation autour de la taille de son ami. Voyant que Sirius ne bronchait pas, il raffermit son étreinte… Même au travers du T-shirt de Sirius, le loup-garou sentait cette aura de puissance et de chaleur qui émanait de la peau de l'Animagus. Sirius ne dit toujours rien. Et Remus avait momentanément oublié James et Peter, si bien qu'il ne s'enquit absolument pas de leur réaction.
C'était terrible de voir à quel point Sirius et lui s'étaient rapprochés rien qu'en deux semaines, songea Remus. Bien sûr, ils avaient toujours été proches, et leur intimité avait toujours été différente de celle que partageaient James et Sirius. Eux étaient l'un pour l'autre comme des frères, tandis que Remus et Sirius… Mon Dieu ! Remus n'arrivait même pas à décrire leur relation. Non, ils ne se comportaient pas comme des frères, ça c'était sûr… car il y avait ce léger charme dans leur rapports, cette petite étincelle qui brillait différemment lorsqu'ils passaient du temps ensemble, cette douce promesse dans leurs yeux quand ils riaient…
Seigneur. Voilà qu'il s'égarait complètement. Heureusement qu'aucun des Maraudeurs n'était Legilimens. Remus avait presque honte de s'être laissé aller à un tel élan de romantisme. Quelle absurdité.
Surtout pour un loup-garou. Il fallait absolument qu'il se sorte ses sentiments pour l'Animagus de la tête; car Sirius, en plus de s'intéresser aux filles, n'aurait rien à faire d'un monstre…
Il se secoua, mentalement tout du moins.
La pluie battait toujours les fenêtres et le toit du train, de ce bruit de fond continu qui les accompagnait depuis le début de leur voyage. Et James et Sirius débattaient encore de la meilleure manière de s'introduire dans le dortoir des Serpentards. Remus sentait son ami s'agiter contre son épaule et sous son bras.
— Mais la cape d'invisibilité c'est la base ! protestait James d'une voix scandalisée. Tu voudrais quand même pas trahir notre enfant ? Si ? Tu ferais ça ? Tu me brises de coeur, Padfoot.
— Voyons Prongs ! s'indignait Sirius. Tu te rend compte de ce que tu dis là ? Moi ? Trahir notre enfant ? Ce serait du blasphème. Non, jamais. Surtout qu'on en aura besoin pour la seconde partie du plan…
— Mais si elle est nécessaire de toute façon, pourquoi ne pas l'utiliser du début à la fin ? le coupa James en haussant les sourcils.
— Mais imagine le kiff, le kiff Prongs ! Préparer du Polynectar ! Sous le nez des profs ! Je pense qu'ils soupçonnent peut-être déjà le coup de la cape, mais là… on les prendrait par surprise ! Ils se diront tous: ''Toujours aussi inventifs, ces Maraudeurs !", et nous, on aura le succès, conclu théâtralement Sirius, se laissant retomber contre son Remus.
— Pads, premièrement arrête de gesticuler comme ça, tu vas finir par me briser une côte, intervient le lycanthrope, car s'il avait suivit la conversation dès son commencement il l'aurait fait beaucoup plus tôt. Deuxièmement, continua-t-il, le Polynectar met un mois à mijoter. Donc je crains que si tu veux toujours garder vendredi prochain comme date ça va pas trop être possible. En plus, ça sera le lendemain de ma transformation, je sais pas si ça serait une très bonne idée de me re-métamorphoser…
L'expression boudeuse de Sirius se transforma immédiatement en mine inquiète lorsqu'il tourna le visage en direction de Remus contre lequel il était toujours appuyé. Le lycanthrope retint son souffle, le nez de Sirius touchait presque le sien.
— Oh, oui. Bien sûr ! Tu as raison.
Remus n'avait jamais vu une expression aussi stupéfaite à James et Peter. Oui Mesdames et Messieurs, voici le jour historique où Sirius venait d'accepter une contrainte sans argumenter.
*Oui, oui ma chère Amelga, j'ai trouvé le surnom que tu lui as donné tellement adorable que je l'ai utilisé pour ce chapitre… x)
