Allô docteur ? Je me sens mal !

J'ai peur, je crois que mon pote est mythomane !

Quelqu'un a reconnu ? Des visionnaires par ici ?

J'avais juste envie de faire une petite intro wtf et ce son me tournait dans la tête. Voilà.

Venons-en au principal… je stress pas mal pour ce chapitre. Encore ? Oui, mais de manière beaucoup plus conséquente cette fois ci hahaha. Je sais pas pourquoi j'ai écrit « hahaha ». Je m'étrangle avec mon rire, en réalité.

Bien… la raison ? J'ai le sentiment que ce chapitre est juste NUL A CHIER. J'ai pas d'autres mots. Je sais pas si je suis trop perfectionniste, mais j'ai l'impression qu'il est long pour rien, que le style d'écriture est bidon et que les actions n'ont aucun sens. Je vous le livre quand même par ce que je n'ai rien d'autre. Mais s'il vous plaît ne jugez pas trop sévèrement ! Je l'aurait amélioré (je l'ai déjà fait au max) si j'avais eu plus de temps, mais j'ai fait comme j'ai pu. Encore désolée, je vous promet que le suivant sera mieux ! Bonne lecture quand même, et n'ayez pas peur d'êtres franches en review, j'attends vos avis !

Faustine284 : Hey, ça fait plaisir de te revoir ! Très heureuse que la fic te plaise toujours après ce temps ! :) Le coup de l'orientation m'a aussi beaucoup fait rire, c'est fou comme je contrôle pas Remus, il est sarcastique tout seul comme ça dans ma tête hahah, eh oui cette dispute va les aider un peu, surtout Sirius, mais tu verras ça dans le prochain chapitre. En attendant je te laissa avec celui-là en espérant qu'il ne te décevra pas trop ! Que les étoiles veillent sur toi aussi ! Je t'envoie plein d'amour !

Ptitepointe2 : Oui, la jalousie de Sirius se montre enfin… même s'il ne l'a pas vraiment comprise hihi. T'inquiète pas, ça viendra ! Tu verras l'évolution après leur dispute dans ce chapitre, même si j'ai l'impression de l'avoir mal gérée :/ on verra… En tout cas, bonne lecture quand même ! :)

Kahouete : Oui d'habitude il est calme, mais trop c'est trop… x)

Witchroom : Coucou ! Ça fait grave plaisir de voir une nouvelle lectrice nous rejoindre ! Bienvenue ! Tellement de mercis pour tes magnifiques compliments ! Ça fait très chaud au coeur et me redonne un peu de confiance pour ce chapitre :) ça fait super plaisir que t'aimes Sirius et Remus, je penses que tu as compris à quel point c'est important pour moi hihi ! C'est vrai que je pense qu'il y a quelque chose de très spécial dans les soirées d'été, j'ai essayé de le retranscrire dans cette scène-là dont tu parles ! Donc, j'espère vraiment que tu ne seras pas trop déçue pas ce chapitre… je croise les doigts !

ThePotterheadPhilosophie : Voilà la suite ! Comme je l'ai déjà dit, je suis vraiment désolée si elle n'est pas à la hauteur… :(

Ellis Ravenwood : Merci, merci, merci ! Eh oui, Sirius est probablement mon personnage masculin favori de Harry Potter, c'était donc pour moi très important de bien le dépeindre. Surtout que Sirius est selon moi quelqu'un qui vit pas mal dans le passé malgré tout. Que ce soit dans l'Ordre du Phénix où il pense beaucoup à ses années de jeune Maraudeur et qu'il les regrette, ou même ici où il a de la peine à vivre sans le souvenir de sa mère qui le hante… Et c'est normal et compréhensible, vu ce qu'il a vécu, son passé a beaucoup d'impact sur ses actions d'aujourd'hui. Remus, c'est le contraire. Il pense toujours au futur. Et il en a peur de ce futur, il l'angoisse. Car rien que la perspective d'une nouvelle pleine Lune l'effraie déjà. Et c'est pour ça que ces deux se complètent tant ! C'est pas magique ? x) je viens juste de te faire une dissert sur l'impact qu'a la temporalité sur nos deux protagoniste hahahah, j'espère que je t'ai pas trop ennuyé mdr. Eh bien… bonne lecture avec l'espoir que ça ne sera pas trop un calvaire haha

SpazzledPrincess : Tu as eu de la chance ! La suite est arrivée bientôt pour toi hihi, je me répète mais j'espère que ça ira… bonne lecture quand même !

Bien, puisque je me suis pas mal lamentée et que je sais que ça peut devenir chiant, autant finir sur une bonne note…

Déjà 24 reviews !

C'est fou ! Et ça à seulement 6 chapitres ! Vous êtes géniales ! Je vous adore, merci pour tout !

Pour une auteur sortie de nul part, sans aucune notoriété, et même pas une bio minimale (je sais c'est scandaleux… je vais m'y mettre haha), c'est vraiment génial ! Et c'est que le début ! (quelqu'un a-t-il aussi saisi la référence à Bigflo & Oli ? Je suis vraiment à fond sur ces mecs en ce moment haha) Je prévois encore pleins d'autres chapitres, et qui sait, peut-être un deuxième volet ? En tout cas ça me tente ! Je pense qu'en tout on arrivera à plus de trente chapitres pour cette fic-ci. Mais c'est difficile à prévoir, mon écriture fluctue tout le temps.

En tout cas, Dieu, le destin, l'univers, ou je ne sais qui d'autre vous bénisse ! Je vous aime très fort, vous êtes des anges ! Encore merci pour tout !


6.

✧ Étoile

Le besoin de fumer devenait réellement sérieux.

Au début, Sirius n'avait sorti une cigarette que pour mettre à défi Remus, mais à présent ses mains tremblaient tellement, qu'il serrait le tissu des poches de son pantalon d'uniforme à l'en déchirer. Et sa lèvre supérieure brûlait toujours du contact des doigts de Remus lorsqu'il lui avait arraché sa cigarette. Il avait définitivement besoin de fumer.

Après la sortie furieuse du lycanthrope, il avait encore pu garder contenance. Il s'était tourné vers ce satané Serdaigle qui le fixait avec des yeux ronds comme des Gallions, et lui avait craché à la figure un « Qu'est-que t'as à mater comme ça ? » très convaincant. Le garçon avait immédiatement baissé les yeux vers le livre qu'il tenait à la main, et n'avait rien dit. Tant mieux, Sirius n'aurait sûrement pas supporté une seule parole venant de lui.

Le jeune Gryffondor déambulait à présent dans les couloirs de Poudlard, le souffle court comme s'il avait couru, le corps tout frémissant. Cette dispute ne lui avait fait aucun bien et ça avait été terriblement idiot de l'avoir déclenchée, il en avait conscience. Mais c'est quand même Remus qui a été le plus hystérique, se résonna-t-il intérieurement. Il a complètement abusé.

Sirius savait pourtant que c'était le ton qu'il avait employé lorsqu'il s'était adressé au Serdaigle qui avait tout provoqué. Il n'avait pas pu s'en empêcher. Revenu complètement frustré d'avoir dû astiquer chaque médaille de la salle des Trophées sans aucun recours à la magie après une longue journée de cours, en plus ayant oublié son miroir pour contacter James, il avait voulu rejoindre son doux Remus qui l'aurait apaisé. Mais non, lorsqu'il était arrivé, il avait trouvé le lycanthrope en compagnie de ce bellâtre idiot, en position plutôt compromettante, l'air parfaitement heureux. Il avait au visage cette expression de douceur et de joie tranquille qu'il réservait habituellement à Sirius, et à Sirius seul. L'avoir vue chez le loup-garou alors qu'il était en compagnie d'un autre garçon, avait fait monter en Sirius un sentiment de frustration et d'amertume inexplicable, sans même qu'il ne comprenne vraiment pourquoi. Et voilà donc où ils en étaient arrivés.

Ressasser les évènements ne sert à rien, s'interrompit-il. Il y avait mieux à faire, comme se concentrer sur la perspective présente. Et le besoin de fumer.

Sirius fit halte à hauteur d'une tapisserie dont les couleurs chatoyantes se mélangèrent en tourbillons dans ses yeux. De toute façon il serait difficilement allé plus loin: la lourdeur de ses jambes lui rappelait celle des nuits à cauchemars. Il y avait longtemps qu'il n'en avait plus eu — depuis la nuit durant laquelle Remus l'avait ''découvert'', en réalité —, mais la crainte de celle qui pourrait arriver aujourd'hui commençait à s'insinuer vicieusement en lui. Il la sentait déjà qui montait, lentement mais munie d'une détermination fourbe, le long de ses jambes, dévorant ses genoux…

Arrête.

Sirius se laissa aller sans ménagement contre la tapisserie, enfouissant son visage dans une main tremblante. Il expira bruyamment, puis laissa aller sa tête contre le mur. Il se devait de garder un semblant de maîtrise, n'importe qui pouvait passer dans ce couloir, à tout moment.

Il souleva son sac et le fouilla fébrilement à la recherche de son paquet de cigarettes. L'ayant enfin trouvé, il se saisit de l'une d'entre elles d'une main tremblant plus violemment encore d'impatience et la coinça entre ses lèvres. Il soupira, cette sensation familière de papier bourré de tabac contre la peau fine de sa bouche suffit déjà à le rassurer passablement.

Alors, concentrant un maximum de puissance magique dans sa paume, il passa une main devant l'extrémité de la cigarette, qui s'enflamma aussitôt.

Un tour qu'il avait appris tout seul et dont il n'était pas peu fier, songea-t-il en soufflant la fumée vers le plafond avec délice. Après être devenu Animagus, canaliser son énergie magique sans baguette apparaissait de la simplicité d'un jeu d'enfant. Suite à un peu d'entrainement, il devenait possible d'utiliser la magie pour les tâches les plus élémentaires avec pour seul instrument ses mains.

Sirius s'imagina un instant allumant ses cigarettes à l'aide sa baguette, comme un vieux sorcier le ferait avec sa pipe. Quelle image ridicule. Il fallait faire les choses jusqu'au bout, et déjà qu'il fumait exprès la cigarette pour exaspérer sa mère qui soutenait que les vrais sorciers ne devaient fumer que la pipe, il fallait qu'il mette en pratique tout ce qui n'était pas conforme à l'image parfaite du Sang-Pur. Et, de toute évidence, ne pas utiliser de baguette pour allumer ses cigarettes en faisait partie.

Le jeune homme se sourit à lui même, se laissant aller à son contentement, savourant le répit que lui offrait la fumée.

Mr Black !

Sirius sursauta, brusquement arraché à sa relaxation: le professeur McGonagall s'avançait vers lui à grandes enjambées, l'air furieux.

— Combien de fois ne vous ai-je pas dit de ne pas fumer à l'intérieur du château ? Fulmina-t-elle.

Toutes les tapisseries vont sentir la cigarette, Rusard va être déchainé !

— Pauvre enfant…, minauda Sirius qui s'était rapidement remis du choc, tout en faisant la moue.

— Mr Black !

— Excusez-moi Professeur.

Sirius tira négligemment sur sa cigarette.

— C'est probablement la première fois de ma vie que je suis sérieux avec vous, mais je vous jure que ça m'était complètement sorti de la tête…

— Bon Dieu, mais que vous êtes-vous en plus fait à la lèvre ? le coupa McGonagall, qui ne semblait pas avoir écouté un mot de la dernière réplique de Sirius; auquel cas sa réaction aurait probablement été un tantinet différente.

Le jeune homme fronça les sourcils, et porta la main à sa bouche. Il la retira dégoulinante de sang. Bien… la furie l'avait donc même griffé.

— C'est Remus… apparement il peut aussi être dangereux en état de lucidité.

La directrice de la maison des Gryffondor lui lança un regard sévère lui signifiant clairement qu'elle ne goûtait pas à la plaisanterie; puis pointa sa baguette sur le jeune homme. Sans avoir eu le temps de réagir, Sirius sentit une brusque chaleur dans sa lèvre supérieure et la plaie se referma d'elle-même, ne laissant qu'une tâche pourpre sur sa peau pâle.

Il l'essuya d'un geste de la main hagard, sans avoir réellement compris ce qu'il se passait.

— Euh… merci, Professeur, balbutia-t-il.

— Maintenant, sortez ! Et que je ne vous reprenne plus à fumer dans les couloirs, ajouta-elle sévèrement.

— Mais Professeur, il fait froid dehors…, gémit le jeune homme.

Exaspérée, McGonagall lui fit remarquer:

— Nous ne sommes qu'en début septembre, le soleil se couche encore.

Elle fit un geste en direction de la fenêtre la plus proche, baignée d'une lumière d'un orange rougeoyant.

— Mais j'ai vraiment vraiment vraiment froid, Professeur…

La directrice de la maison des Gryffondor baissa les yeux vers les mains de Sirius, et sembla enfin remarquer leurs tremblements incontrôlés.

Dans l'une d'entre elle, la cigarette fumait toujours, ses volutes s'élevant lentement, gracieusement dans les airs, totalement indifférentes aux mouvements saccadés qui la secouaient.

Le Professeur McGonagall soupira, puis agita sa baguette en direction de ladite fenêtre, qui s'ouvrit dans un grincement.

— Bien, fumez ici, alors. Et arrangez vous pour que la fumée parte au dehors.

— Je savais pas que les fenêtres pouvaient s'ouvrir, déclara Sirius en s'approchant du rebord. C'est haut.

— Vous voilà sorti de votre ignorance.

Elle s'en allait déjà.

— Professeur ! héla Sirius. Merci !

Il n'entendit pas sa réponse, ou peut-être ne lui répondit-elle pas.

Alors, laissé en étrange tête à tête avec le coucher du soleil, il fuma.


Remus ne se montra pas au dîner. Sirius en conclut donc qu'il avait probablement mangé avant lui, qui avait un peu trainé dans les couloirs après leur dispute.

Mais lorsqu'il remonta à la tour des Gryffondor, il trouva la salle commune certes bien remplie, mais vide du lycanthrope.

James et Peter étaient assis au coin du feu dans les fauteuils les plus confortables de la pièce, d'où ils avaient probablement chassé des Première années facilement impressionnables. Penchés sur un parchemin que Sirius devinait être la carte du Maraudeur, ils ne remarquèrent sa présence qu'après qu'il se soit assis à leur côtés.

— Remus est monté se coucher, déclara James en répondant à la question de son ami avant même que celui-ci ne l'ait posée.

Il se redressa en rajustant ses lunettes sur son nez.

— Je l'ai rarement vu d'une humeur aussi massacrante, constata-t-il négligemment, comme s'il parlait du bulletin météo. Vous vous êtes disputés ?

Sirius se passa la main sur le visage avec lassitude.

— Un peu… commença-t-il. Ok, un peu beaucoup en réalité. Il m'a même griffé.

Oh… s'enthousiasma James, les yeux pétillants d'intérêt.

— Arrête tes conneries ! C'était affreux, gémit Sirius.

— Une griffure… c'est tellement érotique, se ravit le binoclard.

Peter sauva Sirius d'un séjour à Azkaban pour meurtre barbare sur meilleur ami.

— Tu devrais monter t'excuser… intervint-il avec son inquiétude habituelle. Avec la pleine Lune qui arrive bientôt vaut mieux qu'il soit bien…

Sirius mesura la portée des paroles, jeta un coup d'oeil à son ami qui se tordait les mains en se mordant la lèvre, et se dit que cette fois peut-être, il avait raison.

Lui et James riaient souvent de ses angoisses, mais les paroles de Peter avaient insinué un doute perfide et commencé à faire monter une inquiétude croissante en Sirius. Dans une semaine, Remus se retrouverait enfermé dans la cabane hurlante…

Sirius se leva.

— Pads ? Pads, pas besoin ! Moony est pas rancunier, il te pardonnera demain ! Laisse-lui un peu de temps !

Mais l'interloqué ignora James et montait déjà dans les marches menant aux dortoirs. Loin du bruit de la salle commune, dans le silence et la fraîcheur de la cage d'escalier, il s'arrêta un instant et soupira. Il avait fui ses amis pour ne plus se trouver confronté à James et ses vérités idiotes, mais maintenant qu'il y pensait… il n'était pas vraiment sûr d'avoir le courage d'aller parler à Remus.

Il se secoua; s'il avait voulu se démarquer de sa famille en allant à Gryffondor et que le Choixpeau l'y avait placé, ce n'était pas pour rien. Il devait s'en monter un minimum digne.

Il inspira profondément, et les jambes soudain étrangement raides, il s'avança jusqu'à la porte de leur dortoir. Sur celle-ci la plaquette de bois qui devait indiquer « Sixième années » affichait en maladroites lettres majuscules « Maraudeurs ». Sirius se souvenait que quelques années auparavant, ils avaient réussi après de nombreux efforts à changer l'inscription et à la rendre permanente et indélébile. Bien évidemment, ils avaient tous écopé une retenue, mais personne n'avait touché à leur petit tour. Et Sirius le contemplait fixement en ce moment même, se demandant quand est-ce qu'il trouverait la légendaire bravoure lionne de frapper.

Il leva la main, et avant même qu'il ait eu le temps de changer d'avis, il entendit trois coups perçants résonner dans le silence de la cage d'escaliers. Il avait toqué avant de s'en rendre compte.

Attente…

Silence.

Rien. Pas un bruit, pas un murmure.

Maintenant que Sirius s'y était mis, son tempérament habituel reprenait le dessus. La preuve, il frappait à nouveau. Son insistance naturelle lui revenait.

Toujours rien.

L'Animagus consulta sa montre, il n'était que neuf heures du soir. À cette heure-ci Remus lisait habituellement dans un fauteuil, enroulé dans son plaid favori, un thé noir au lait sous la main. Peut-être profitait-il de son bouquin dans son lit puisqu'il avait décidé de déserter la salle commune ? Il ne pouvait tout de même pas s'être endormi aussi tôt. C'était un incorrigible couche-tard, comme tous les Maraudeurs d'ailleurs.

Vu que malgré les coups insistants de Sirius, le lycanthrope ne répondait pas, l'Animagus décida d'aller voir par lui-même ce qu'il en était. Avant de se laisser le temps de réaliser ce qu'il faisait — c'était décidément la meilleure technique pour s'inventer brave —, il poussa la porte qui s'ouvrit dans horrible grincement.

Aucune réaction de l'autre côté.

Le jeune homme passa la tête dans la chambre. Tout était désert, les malles à moitié ouvertes abandonnées, les lits de James et Sirius défaits comme toujours, celui de Peter impeccablement rangé; aucun signe de vie.

Le coeur battant, l'Animagus tourna son regard en direction du lit de Remus. Rideaux tirés, cachant son occupant, de façon à ce que Sirius ne puisse qu'y supposer la présence du lycanthrope.

— Moony ?

Pas un mouvement.

— Remus ? tenta Sirius.

Le loup-garou avait définitivement décidé de faire le muet.

— Remus, écoute, je… je suis désolé, j'ai fait le con… j'aurais pas dû, je sais pas ce qui m'a pris…

Un bruissement de couvertures.

— Va-t-en.

— Remus…

— Va-t-en.

Le ton était sans réplique.

Alors, obéissant à Remus plutôt qu'à sa nature, Sirius s'en alla.

Définitivement, quelque chose avait changé en lui. Il n'était pas sûr de comprendre ce que c'était, ni si ça lui plaisait.


La journée du lendemain passa sans que Remus n'adresse un seul mot à l'intention de Sirius. Il parlait volontiers à James et Peter, leur souriait et riait à leurs plaisanteries. Mais dès que c'était de Sirius qu'il était question, il devenait aussi muet que le calmar géant du lac et son visage d'habitude si ouvert et amical se fermait complètement.

Sirius avait pourtant essayé avec son obstination habituelle, mais rien n'avait marché. À croire que Remus pouvait être encore plus buté que lui. Balivernes.

Pourtant son obstination se vit brusquement changée de direction durant le cours de Potions. Eh oui, cours de Potions; car l'idiot qu'était Sirius avait complètement oublié que les cours du Professeur Slughorn se passaient presque toutes les années en présence des Serdaigles.

Et donc, en toute logique, du bellâtre, comme l'avait surnommé Sirius intérieurement.

Remus avait passé tout le cours à lui sourire. Avec LE sourire. Le sourire qui était habituellement réservé à Sirius. À cette pensée, l'Animagus sentait la même amertume et la même frustration que celle de la veille monter en lui. Sans comprendre. Le lycanthrope n'avait pas quitté des yeux le Serdaigle de la leçon. Et Sirius, lui, au contraire avait du forcer ses yeux à se détacher de son ami. Il n'avait pas réalisé à quel point observer Remus était devenu… une habitude ? Lorsqu'il était présent à ses côtés, Sirius lançait machinalement des coups d'oeil vers le loup-garou, parfois profitant de son image plus longtemps. Il ne savait pas vraiment d'où venait cette manie, mais une chose était sûre, c'était qu'elle l'apaisait inévitablement. C'était inexplicable, mais ça lui faisait du bien. Et les boucles châtain de Remus, son long cou, ses jambes fines et toutes ses mimiques et expressions du visage lui étaient devenues familières. Observer Remus, c'était un peu comme rentrer chez soi, à la maison qu'il n'avait jamais vraiment eue.

Mais donc, mû par un sentiment tumultueux et inconnu, Sirius avait brusquement décidé de tourner son insistance légendaire dans l'autre sens: il s'obstinait désormais à ne plus accorder aucune attention au lycanthrope. Rien. Pas même le plus discret des clin d'oeil. Ce qui était plutôt compliqué, vu l'importance qu'avait acquise Remus dans la vie de Sirius ces derniers temps. Compliqué, mais faisable.

Il bouda ainsi toute cette éprouvante journée, au bout de laquelle cette contrainte le mit tellement à bout de nerfs qu'il décida de s'emparer de la cape d'invisibilité de James et de la carte du Maraudeur sans l'accord ni l'avis de ses amis, et d'aller faire un tour au Trois Balais. Et qui sait, peut-être pourrait-il passer la nuit avec Rosmerta.

Elle était à peine plus âgée que lui, et il savait qu'il lui plaisait. Elle ne refuserait sûrement pas. Et ça lui ferait du bien de pouvoir se changer les idées. Ou plutôt de penser à autre chose qu'à Remus.

C'était vendredi, le premier septembre ayant été un mercredi cette année-là, la première sortie à Pré-au-lard devait avoir lieu le lendemain. C'est pourquoi, quand Sirius débarqua dans la pub, vêtu de sa veste en cuir et de son jean troué aux genoux, Rosmerta s'écria:

— Sirius ! Tu viens déjà me rendre visite ? Je ne pensais te voir que demain !

Le jeune homme s'avança négligemment vers le comptoir, le regard malicieux, un sourire carnassier au lèvres, toute trace d'animosité disparue. Le Sirius Black était de retour. Et Rosmerta était attirante, il n'y avait pas de doute, peu de femmes pouvaient se vanter de courbes aussi généreuses et aussi bien proportionnées. Il suffisait d'observer un peu et de se rendre compte du nombre d'hommes qui ne venaient aux Trois Balais uniquement pour passer quelque instants en sa compagnie. Et aussi de tout ceux qui lançaient à Sirius en ce moment même des regards assassins, dans l'atmosphère pourtant familière et accueillante du pub.

L'Animagus appuya ses coudes sur le comptoir et se pencha légèrement en avant.

— Salut.

Les coins de la bouche de Rosmerta se relevèrent imperceptiblement.

— Qu'est-ce que je te sers ? s'enquit-elle en haussant les sourcils.

— Une Bièreaubeurre… euh, non; un Whisky Pur Feu, en fait, renchérit-il après une courte réflexion. Avec un peu de compagnie, ajouta-t-il en lui faisant un clin d'oeil.

— Sirius, je travaille, le prévint-elle sévèrement.

— Allez… je suis sûr que tu peux m'accorder quelques instants, minauda-t-il en se saisissant du verre de whisky qu'elle lui tendait.

— Bon… mais quelques instants seulement ! insista-t-elle.

Sirius s'assit à l'une des hautes chaises du comptoir, un air satisfait au visage.

— Comment est-ce que tu fais pour échapper à Poudlard, comme ça ? De mon temps, c'était complètement impossible… lança-t-elle, alors qu'elle nettoyait un verre à l'aide d'un torchon.

— Ton temps ? Ah oui, ton temps à toi… c'est ça, il y a cinquante ans, ouais, ironisa-t-il.

Rosmerta leva les yeux au ciel.

— C'est une façon de parler.

— Eh bah c'est idiot comme façon de parler, déclara-t-il en finissant son verre.

— T'as toujours pas répondu à ma question.

— Ah, ça… rétorqua-t-il en tapotant sa poche dans laquelle il avait réussi à caser la carte du Maraudeur et la cape d'invisibilité de James. Secret de Maraudeur, déclara-t-il avec un sourire malicieux.

— Comment vont les autres, d'ailleurs ? rebondit-elle. Tu n'es pas avec eux ?

— James toujours aussi con, Peter toujours aussi inquiet. Remus… je sais pas, je me suis embrouillé avec lui.

— Ah, merde… lâcha-t-elle en fronçant les sourcils. Pourquoi ?

— Des conneries… répondit-il avec un geste vague de la main. Tiens, ressers-moi un verre.

La jeune femme lui versa le contenu d'une autre bouteille dans son verre, toujours souriante.

La pauvre, comment pouvait-elle deviner qu'avec la simple évocation de la personne de Remus, elle avait balayé toutes leurs chances de passer un nuit ensemble, sans que Sirius lui-même ne s'en rende compte ?


— Padfoot ? Pads ! Pads, t'étais où ?

— Chez Rosieuuh…

— Rosie ? Quelle Rosie ?

— Ros… Roseremta… ou quelque chose du genre…

— Doux Merlin ! Mais t'es complètement bourré…

— Non… pas complètement… enfin presque, complètement… à la folie… pas du tout… hihi… ça te rappelles pas quelque chose ça…?

— Mon dieu, j'espère que Moony dors déjà.

— Ça avait pas trop… marché… avec Lily… non ?

— Tu verras, demain on testera ça avec Remus. Je me réjouis déjà du résultat.


Or Sirius et Remus ne s'étaient toujours pas adressé la parole du lendemain. Remus avait passé toute la journée en compagnie de Peter; et donc, naturellement, Sirius avait passé la sienne avec James.

Le village de Pré-au-lard vivait une pleine effervescence, chaque élève était dehors, profitant du fait que la première sortie ait été annoncée si tôt dans l'année. Le tout se mêlant dans un chatoiement de couleurs bruyant et euphorique, qui arpentait les rues à la cherche du meilleur endroit où dépenser une bourse encore pleine de Gallions. Le soleil de fin d'été réchauffait agréablement le village, si bien que tous avaient délaissé leurs robes et capes qui tenaient bien trop chaud pour des accoutrements moldus plus légers.

Sirius, quant à lui, s'était même séparé de sa veste en cuir pour ne rester qu'en T-shirt, et avait noué ses cheveux — qui devenaient par ailleurs bien trop longs — en catogan. Et donc, naturellement, il avait conscience de l'effet que cette coiffure lui donnait; et ne pouvait s'empêcher d'agir comme si toute une foule le regardait. Alors qu'ils se trouvaient, avec James, en réalité dans les abords du village, là où les rues étaient complètement désertes.

— Dommage qu'il y ait plus de pâquerettes en septembre, lança James avec un ton qui se voulait négligeant.

Il jeta un coup d'oeil à la prairie qui entourait le village, au delà de la clôture.

— Comment ça ? s'enquit Sirius en fronçant les sourcils. Oh, je te connais, toi et ton petit air ! Qu'est-ce qui te fait autant… jubiler ?

Jubiler ? Moony déteint vraiment sur toi, hein.

— Il déteint sur tout le monde.

— Faux.

Sachant qu'il serait vain de protester ici, Sirius attaqua par autre part:

— T'as pas répondu à ma question.

Il eut la vive impression d'entendre Rosmerta la veille.

— Bah… les pâquerettes. Tu te souviens de rien ?

Un sourire malicieux commençait à se dessiner sur les lèvres de James.

— Je sais pas, c'était quand ? avança prudemment son ami.

— Hier soir… enfin ce matin plutôt.

Sirius rit à gorge déployée, comme un aboiement de chien.

— Aucune chance que je me souvienne, vu l'état dans lequel je me suis réveillé y a quelques heures.

— Allez… insista son ami. Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout…

Sirius fronça à nouveau légèrement les sourcils, quelque chose…

— Tu m'as dit que ça avait pas trop marché avec Lily, je t'ai dit qu'on testerait avec Remus aujourd'hui…

— Oh, non… gémit Sirius en enfouissant son visage dans sa main.

Ce fut le tour de James de rire.

— Plus sérieusement… si j'ai amené le sujet ici c'est par ce qu'il faut que tu parles à Remus. Au début c'était pas grave, mais la pleine Lune approche, et tu le sais. C'est qu'une prise de bec débile et tu n'as qu'à t'excuser, tu verras, il fera de même. Il est juste trop fier pour faire le premier pas. Et arrête de nier ! Je sais que vous êtes pas rancuniers les deux, juste un peu impulsifs. Vous réglerez ça facilement, il faut juste que quelqu'un accepte de parler en premier.

James regardait son ami dans les yeux, un air soudain grave sur le visage, ce qui lui était rare. Sirius se sentit mal à l'aise… dans le fond, il avait raison.

— Et pourquoi est-ce que c'est moi qui suis censé le faire ? rétorqua-t-il maladroitement.

— Par ce que Remus a trop souvent fait les avances, répondit simplement son ami.

— Les avances ?

— Les premiers pas, appèle-les comme tu veux ! s'irrita James devant l'air incrédule de Sirius. Tu peux être tellement aveugle parfois.


Eh bien, Sirius était désormais bien décidé à mettre fin à cette cécité. Lui et James rentrèrent plus tard que Peter et Remus de Pré-au-lard; et lorsque Sirius demanda à un Peter se prélassant dans la salle commune, où se trouvait le lycanthrope, celui-ci lui répondit avec un regard évident: « À la bibliothèque. »

Sirius se mit donc en route. Évitant de réfléchir à ce qu'il allait faire — y réfléchir, c'était faire demi-tour —, il arpenta les passages secrets et détours du château qui lui assureraient le chemin le plus court et elle plus simple vers la bibliothèque.

Alors qu'il s'extirpait avec de sous une tapisserie — soulevant au passage un nuage de poussière, il comprit qu'il ne devait apparement jamais y arriver: Remus venait juste d'apparaître à l'angle du couloir, en jeans retroussés aux chevilles comme il aimait les porter, vêtu d'un simple T-shirt quelque peu décoloré.

Il se figea en voyant Sirius. Bien qu'il n'ait rien dit rien, son visage s'était durci et il avait serré les mâchoires.

L'Animagus tenta un pas en avant, le coeur battant.

Remus ouvrit la bouche, l'air mécontent, afin d'avancer quelque chose; jusqu'à ce que…

Maudits élèves… maudits élèves !

Sirius et Remus échangèrent un regard alarmé.

— On va les attraper, hein Miss Teigne ? On va les fouetter, les pendre par les pieds… ces bandits, ces vauriens ! Ah, on va leur faire payer leurs bêtises, et tout ce travail qu'ils nous donnent !

Action avant, réflexion après; Sirius s'était rué sur Remus, l'avait attrapé par son T-shirt et poussé dans un minuscule placard à balais que son cerveau avait repéré en un éclair. Il se rua dedans à sa suite et referma brutalement la porte sur lui.

— Où sont-ils, hein… où se cachent-ils ? Miss Teigne, ne sens-tu pas leur odeur infâme ? Vas-y, ma belle, conduis-moi à eux…

Sirius et Remus se mirent la main devant la bouche afin retenir tant bien que mal leur respiration haletante, priant pour que Rusard ne les entende pas et que sa chatte soit bien incapable de les flairer.

Heureusement, le pas clopinant du vieux Cracmol passa devant leur cachette sans s'y arrêter, et ils purent se relâcher.

Ils n'étaient pour cette fois coupable en rien, mais le concierge leur vouait encore une haine tenace qui ne faisaient que s'aiguiser au cours des années; bien que cela fasse un bout de temps qu'il ne les ait pas surpris en plein délit. Le croiser dans les couloirs était souvent synonyme d'accusation extrêmes et exubérantes de tout type, et s'il était déjà en rogne contre quelque autre élève, c'était la retenue. Sirius, qui passait déjà toutes ces soirées à nettoyer le château de fond en comble sur ordre de McGonagall, n'avait aucune envie de double ses heures de femme de ménage. C'était donc pourquoi il avait poussé son ami dans ce placard à balais afin qu'ils ne se fassent pas malencontreusement repérer. Ce n'était pas bien grand, mais au moins éclairé par la petite fenêtre donnant sur le parc et assez spacieux pour qu'ils ne s'écrasent pas l'un l'autre. Ça pourrait faire l'affaire.

— Bon… tant qu'on est ici, autant y rester. Je voulais te parler.

Remus le regarda comme s'il avait complètement perdu la tête.

— Dans un placard à balais ?

Les mots étaient sortis de sa bouche teintés d'incrédulité, et d'autre chose, d'une sorte d'amertume que Sirius ne comprit pas.

— Un putain de placard à balais ?

Sirius ne comprit toujours pas. Cette fois, le ton avait été clairement agressif, rageur.

— Qu'est-ce qui va pas ? s'inquiéta-t-il. Ça te convient pas ?

— Bien sûr que non ça me convient pas ! Tu me traînes ici pour avoir une discussion totalement platonique de garçon à garçon ! Tu te fous de moi ?

Les yeux bruns du lycanthrope brillaient comme de l'ambre sous ses boucles indisciplinées. Ils étincelaient de colère.

— Je ne vois pas…

— Bien sûr que tu ne vois pas ! explosa le lycanthrope. Tu ne vois rien ! Tu ne vois jamais rien… t'est tellement borné, tellement aveugle, tu t'es enfoui la tête sous terre, comme une autruche ! Ça fait des années ! Ouvre un peu les yeux, il serait temps !

Sirius, qui s'était attendu à tout sauf à ça, fixait son ami avec des yeux gros comme des soucoupes, l'air complètement perdu.

— Bon Dieu, en plus tu ne comprends rien… Je sais plus quoi faire avec toi Pads.

Remus, qui quelques secondes plus tôt hurlait comme une harpie, semblait à présent au bord des larmes. Il pinça les lèvres tremblotantes et se mit à respirer bruyamment par les narines.

Sirius, pour qui les états d'âme de son ami allaient beaucoup trop vite, se força tout de même, au-travers de cette incompréhension hagarde qui l'avait assaillie, à prendre l'un des mains de Remus dans la sienne, machinalement. Son ami la lui abandonna sans aucune forme de résistance, de guerre lasse.

— Moony, Moony… chuchota-t-il. Je sais que je suis un idiot, la preuve: je n'ai pas compris un seul mot de tout ce que tu viens de débiter. Mais, tu sais, James m'a dit un truc dans le même style aujourd'hui… quoique légèrement plus calmement.

Il eut un petit rire doux, bas; et même Remus sourit comme il le put au travers de ses lèvres serrées.

— Ça fait deux personnes la même journée, donc je vais essayer d'y réfléchir, comme je peux, continua l'Animagus avec la même voix calme, rassurante, à peine audible. Je garantis rien, vu ma perspicacité légendaire, mais te voir perdre tes moyens comme ça sans comprendre pourquoi… je sais pas trop ce que ça me fait, mais je déteste ça. Je vais essayer. Je suis vraiment, tellement, tellement désolé… pour tout.

Remus releva la tête et le regarda dans les yeux. Un regard qui fixa l'infini, fit valser les étoiles et couler le soleil comme s'il était une cascade d'or. Comme celui qui se reflétait dans les cheveux du lycanthrope. Éclatant de partout.

Puis, il se jeta dans les bras de Sirius et le serra fort, en lui murmurant à l'oreille:

— Je te pardonne, je t'avais déjà pardonné. Pour tout.

Il s'écarta de son ami aussi vite qu'il lui était tombé dessus et lui sourit au travers de ses larmes.

— C'était ça qui me frustrait. Je t'avais déjà tout pardonné. Tout.


Alors… pas trop un massacre ?