Namaste lectrices ! (et lecteurs aussi, si vous êtes présents, manifestez-vous !)
Bien, puisque j'ai des tas de choses à dire, je vais essayer d'être brève et d'y aller par points.
Avant même de m'excuser de mon horrible retard, je voudrais parler de… Donald Trump ? Là, c'est le moment où tout le monde se dit, wtf ? Ou pas tant que ça… Je viens d'apprendre à l'instant pour le transgender military ban et je suis encore sous le choc. Alors, avec ma minuscule force de frappe de fanfiction, je vous passe quand même un petit message. Les droits des trans sont des droits humains ! La transphobie est un sujet qui n'est pas assez abordé, car encore très tabou. Alors c'est important d'en parler, de RT, de rebloguer, bref, de faire passer le message. Je pense que si vous avez eu le cran de vous lancer dans une fanfiction gay de deux personnages qui sont canoniquement hétéro (selon l'autrice même de ceux-ci), vous me comprendrez. Il y a besoin de nous !
Venons-en enfin à ce fameux retard. Deux semaines et demie. Ouch. Ça fait mal. Que dire ? J'ai fait de mon mieux, c'est tout. Après avoir passé trois semaines dans un climat très peu propice à l'écriture, je me suis dépêchée pour tout finir avec le moins de délai possible. Ça a donné deux semaines et demie. Mais au moins je suis satisfaite de ce chapitre-ci. Le prochain arrivera entre le 20 et le 31 août, même si il y a une certaine date avant laquelle je veux le publier… j'en dis pas plus. ;)
D'ailleurs un énorme merci pour toutes vos adorables review ! Ça m'apprendra à douter de mes chapitres ! Je pense qu'il était quand même peut-être un tout petit peu en dessous du niveau des autres, mais pas dramatiquement. On sentait le stress de fin d'année dans mon raisonnement hahahaha !
Ah oui, car 10 FUCKING REVIEW POUR CE SEUL CHAPITRE. Vous êtes folles ! FOLLES ! Je ne sais même pas comment vous remercier de tout cet amour, à part en écrivant les meilleurs chapitres possibles. Vous ne savez même pas à quel point ça me touche ! Merci, merci, merci, merci ! ^^
C'est donc parti pour les RÀR, vous l'avez compris, ça va être long :
SpazzledPrincess : Merci de m'avoir rassurée, et tu as raison, ce chapitre-ci est venu avec beaucoup plus de facilité ! :) J'espère qu'il te plaira, et oui ! on assiste à la plein Lune de Remus qui arrive cette semaine-ci… Peut-être pas de la manière dont tu t'imagines, mais quand même, tu verras. Merci pour tout tes encouragements ! Je vais essayer de continuer du mieux que je peux ! *coeur coeur coeur*
Kahouete : Coucou ! Tu as tout à fait raison avec ta remarque, c'était sûrement pas assez clair hihi :) C'est vrai que je voyais l'histoire des « premiers pas » dans le contexte général de la relation entre Sirius et Remus, pas uniquement dans cette prise de bec là. Mais c'est vrai que si on rétrécit le champ de vision, tu as tout à fait raison ! J'aurais dû préciser par des protestations de Sirius (Je suis déjà allé le voir dans le dortoir, il m'a dit de dégager!). Merci beaucoup pour ta review, elle a été très constructive. Je pense même que je vais modifier ce chapitre-là dans ce sens-là ! Plein de bisous !
Len Black : Helloooooo ! Ça fait ultra plaisir d'accueillir une nouvelle lectrice ! Bienvenue, fais comme chez toi la bouffe c'est par là, les canapés ici. Installe-toi et profite ! ^^ Et merci pour les compliments sur les personnages, tu as surement compris à quel point ils comptent pour moi ! Je suis très heureuse de les avoir rendus réalistes et humains. D'ailleurs, voici la suite ! J'ai apporté quelques mouchoirs au cas où… sait-on jamais !
Witchroom : JE TE JURE QUE TA REVIEW ME MET LES LARMES AUX YEUX. Tu es beaucoup trop adorable ! Beaucoup trop ! Dieu, c'est que j'ai fait quelque chose pour mériter tout cet amour ! MERCI, MERCI, MERCI, MERCI, MERCI. J'ai tellement envie de lire la fic sur ton profil, mais je ne connais pas le fandom, ça me brise le coeur ! Et pour répondre à ta question, je vais te confier un secret. J'ai une fiction originale en cours. Pourrais-tu imaginer un mix entre une série d'heroic fantasy et candide ? Eh bien c'est ça. C'est juste qu'elle me tient tellement à coeur, que j'en ai écrit le début, et puis qu'ensuite je me suis arrêtée. Je me suis dit que j'avais besoin d'entrainement, d'expérience. Alors je me suis tournée vers la fanfiction. Et puis j'ai commencé à envisager quelque chose entre Remus et Sirius. J'ai eu deux titres qui me sont sortis de nulle part, un pour une fic du temps de l'ère des Maraudeurs, un autre pour une fic du temps du Golden Trio, entre le troisième et le cinquième tome de HP. Toujours concernant Sirius et Remus. Et puis j'au rêvé. Deux nuits de suite. J'ai rêvé des « nos Lunes secrètes ». J'étais en voyage à ce moment là. Je suis rentrée et j'ai commencé à écrire, comme une folle. Et depuis je n'ai plus arrêté.
ValouSestra : Hihihi… prépare-toi bien pour ce chapitre-là aussi… fluffy au possoble ;)
PtitePointe2 : Ha ! Quelqu'un dont mon mon ordi ne souligne pas le nom en rouge ! Il s'est habitué hihi… C'est vrai que Remus aurait pu tout avouer, mais j'ai eu l'impression que c'était pas le moment. Il s'est tellement habitué à refouler ses sentiments… il y a quelque chose de bloqué en lui. Mais ne t'inquiète pas, ça va venir… il faut juste leur laisser un peu de temps. :) En tout cas bisous, merci, et bonne lecture !
ThePotterheadPhilosophie : Toi aussi tu es géniale, merci pour tout tes compliments ! (ou est-ce que c'est génial sans « e » ? Je suis désolée si j'ai fait une fausse supposition!) Voici la suite, enjoy ^^
Guest (alias Lénaninochane) : Hahaha je suis satisfaite de celui-là, donc j'espère que tu n'auras pas la réaction inverse x) moi aussi je t'aime très fort et tu me manques trop ! Vivement qu'on se revoie ! Et t'inquiètes, toujours présente pour les références… ;) Amour et bisous en direction de la Pologne !
Bleeding Coconut : J'espère que tes rêves ont été doux ! Voici la suite, et je pense que tu ne vas pas être trop déçue niveau suite de câlin… enfin, on verra :) Merci de m'avoir rassurée, plein d'amour et de bisous ! Bonne lecture de ce chapitre ^^
Ellis Ravenwood : Très heureuse que la dissert soit bien passée hihi ! Toujours là pour te faire encore plus shipper ce wolfstar x) et t'as raison, j'ai délaissé l'angst pour ce chapitre-ci en me disant qu'il y en aurait bien assez plus tard… Et puis trop, c'est trop j'ai délaissé certaines fic à cause d'un surplus d'angst. J'ai adoré l'expression « handicapé sentimental », hahahahhaha x) ça qualifie parfaitement Sirius ! Ne t'inquiètes pas, ça vient gentiment. Et moi aussi j'adore inclure Minerva, je l'aime tellement ! Merci pour tout et gros bisous !
Petite mention spéciale à Anahí, qui même si elle a été ultra patiente, brûlait d'avoir ce chapitre, LE VOICI ! CHAMPAGNE !
Wow, j'ai fini les RÀR. Ça m'a pris une heure entière ! Et m'a mis d'une humeur ouffissime ! (ça m'a aussi pris 2 pages libreoffice hahah, je suis désolée si c'est très long) Je le répéterai jamais assez, mais merci ! Bien, puisque je m'endors sur mon clavier d'ordinateur à une heure indécente de la nuit, je vais vite aller poster tout ça et dormir ! (je m'excuse de fautes de frappe que j'ai pu faire, mes yeux se ferment littéralement)
Bonne lecture !
7.
○ Lune
La vie était meilleure quand Sirius l'emplissait. Telle était la nouvelle conviction de Remus. Sa récente réconciliation avec son ami avait ramené à eux toute la détente, les rires et l'excitation d'une nouvelle rentrée à Poudlard.
Oui ! tout rentrait enfin dans un certain ordre.
Car tout était parti de travers, il n'y avait pas à s'illusionner. Cette rentrée avait tout bonnement été désastreuse. Une routine familière bourrée de faux pas.
Mais tout est rentré dans l'ordre, se répéta bêtement Remus, pourtant avec une satisfaction méritée, dans l'atmosphère dominicale de la salle commune.
Il se détendit, se laissa aller à observer Sirius. Ses cheveux noirs, bien trop longs à présent, étaient noués en catogan au dessus de sa tête ; révélant la peau pâle et les cheveux de bébé de sa nuque fine et élancée. Il était penché en avant, sourcils
légèrement froncés, sur sa dissertation de Métamorphose, qui était déjà à moitié rédigée. L'apercevoir dans un tel état de concertation était rare et précieux ; Remus profita amplement de cette vision.
De plus que l'Animagus ne semblait pas se rendre compte de l'attention intense dont il faisait l'objet. Et la courbe de son dos, la grâce de ses épaules anguleuses, le trait d'ombre sous ses hautes paumettes… tout ceci s'offrait au lycanthrope envoûté,
jamais rassasié.
Mais brusquement, dans un mouvement aussi soudain qu'inattendu, Sirius se redressa ; planta ses yeux gris dans ceux de Remus.
Il avait dû sentir le regard du lycanthrope sur son corps. À cette idée, Remus se sentit rougir terriblement.
Mais Sirius le fixait toujours sans ciller, alors il ne broncha pas, ne détourna pas le regard.
— J'en peux plus, finit par lâcher l'Animagus en repoussant sa plume et son parchemin.
Il poussa un profond soupir.
— McGo veut ma mort, ajouta-t-il.
— Querelle de couple ?
— Querelle de couple. Elle aime pas que je fume.
— Le triste destin des fumeurs, dramatisa Remus en levant les mains au ciel.
Sirius fronça un instant les sourcils.
— Tu crois vraiment ?
Et bim, pris de court ! songea Remus. Il ne devait qu'à Merlin d'avoir rapidement trouvé un autre sujet de conversation :
— Je crois surtout que ce qui ruine votre couple, c'est le massacre qui se passe sur ta tête en ce moment.
Sirius aussi leva les mains en l'air, mais cette fois-ci en signe d'abdication.
— D'accord. Alors je laisse mon coiffeur personnel s'en charger.
Remus se sentit sourire.
— Allez, monte. Je vais juste chercher ma baguette.
Remus avait rejoint Sirius au dortoir, où il l'avait trouvé en grande conversation avec Peter ; il était apparement question d'empoisonner McGonagall. Pauvre Professeur, son seul tort était de vouloir maintenir ses élèves à niveau après les vacances.
L'élaboration du plan machiavélique cessa pourtant brusquement lorsque Peter aperçu Remus. Il s'interrompit alors, et déclara :
— Bien, je vous laisse, les tourtereaux. De toute façon je dois envoyer une lettre à ma mère, elle veut un compte rendu minutieux de la première semaine.
Il attrapa sa plume, son encrier et un parchemin vierge, puis dévala l'escalier en criant un « À plus ! » déjà lointain.
Le dortoir paru soudain vide, vide et silencieux.
— Assied-toi, dit Remus en indiquant le lit à baldaquin le plus proche, celui de James, qui par Merlin seul savait quel miracle, était convenablement fait et rangé un dimanche matin.
Sirius prit place. Remus s'avança.
Les tourtereaux… Non, ce n'était que l'habituelle touche d'humour qui accompagnait Peter où qu'il aille. Rien de plus. Il ne pouvait pas soupçonner… le connaissant, il ne pouvait même pas imaginer…
— Remus ?
De l'insistance dans le ton de Sirius. Ce n'était pas la première fois qu'il l'appelait.
— Pardon, s'empressa de s'excuser le lycanthrope. Je me suis perdu dans mes pensées, se justifia-t-il en réalisant que la texture lourde et soyeuse qu'il tenait dans les mains depuis un bout de temps, était en réalité les cheveux de Sirius.
Il ne se souvenait même pas avoir grimpé sur le lit derrière son ami et s'y être assis en tailleur. Peu importe.
— Tu es sûr que ça va ? s'inquiéta l'Animagus en tournant vivement la tête vers son ami, les sourcils froncés.
Ses cheveux échappèrent à la poigne de Remus dans ce mouvement brusque, et volèrent autour de son visage.
— Je t'assure que tout va bien, j'étais juste pensif.
— J'ai peur que tu m'en veuilles toujours… commença Sirius.
— Arrête d'avoir peur, je t'ai dit que je ne t'en voulais plus depuis longtemps. Et ris un peu, s'exclama Remus en agitant les bras autour de lui, comme s'il offrait à Sirius tout ce que le vaste monde lui donnait, tout ce dont il pouvait rire. Ris de
tout comme l'ancien Sirius ! Il me manque, celui-ci.
Sirius marqua une pause, entrouvrit la bouche, puis la referma. Il avait l'air de chercher quelque chose, perdu, si perdu…
L'entrain que Remus avait mis dans ses paroles quelques instants plus tôt, se vit brutalement fracassé lorsque son ami le regarda enfin dans les yeux, et murmura :
— Je l'ai perdu ce Sirius-là, il ne sait plus où il en est.
Remus se forçait à se convaincre que ce n'était que le penchant de Sirius pour la dramatisation, que ce n'était que du théâtre. Il refoulait la brusque envie qu'il avait eu de poser sa main sur la cicatrice qui barrait à présent la joue gauche du jeune
homme assis en face de lui. De la cacher. De voir ainsi le Sirius d'avant. D'enlever sa main. De comparer. Et puis de sourire, en le regardant dans les yeux. Comme pour dire : on va faire avec ce qu'il y a alors, et ce n'est pas grave. Ensuite
de se pencher, et de l'embrasser, doucement, tout doucement. Si c'est comme ça, c'est comme ça. On va vivre avec.
Au lieu de quoi il l'avait saisi par les épaules sans un mot, et l'avait tourné, dos face à lui. Puis il lui avait coupé les cheveux, silence.
Le point positif était que la nouvelle coupe de Sirius faisait des ravages. Filles et garçons se retournaient sur son passage, et lui souriaient avec malice. Bien que Sirius ne semblât remarquer que les filles. C'était peut-être mieux ainsi après tout,
car voir d'autres garçons observer Sirius avec intérêt faisait tellement serrer les dents à Remus que ses mâchoires en étaient devenues douloureuses.
Même le Professeur McGonagall sembla impressionnée puisqu'elle le laissa répondre à sa question alors qu'elle introduisait la notion de Métamorphose humaine à la classe. « Quelle est la différence entre un loup-garou et un Animagus ? »
Elle le regretta cependant rapidement.
— Les Animagus sont plus sexy, annonça fièrement Sirius à toute la classe.
— Et plus drôles, renchérit James qui était assis juste à côté de lui.
Malgré la réponse « Les Animagus choisissent de se transformer, contrairement aux loup-garous qui sont esclaves de la pleine Lune » dont Remus entendait l'écho quelque part en lui, il ne put s'empêcher de rétorquer, en sentant un sourire en coin étirer
ses lèvres :
— Mais les loup-garous sont plus malins.
Bien que Remus sentait que Sirius avait lancé ce débat idiot dans le seul but de le distraire de la pleine Lune qui arrivait le lendemain, il se laissa tout de même prendre au jeu. Après tout, il était peut-être temps d'effacer cette humeur morose qui
l'avait suivie toute la journée.
— Peut-être sont-ils plus malins, répliqua Sirius en levant les yeux au ciel à l'évocation du dernier mot. Mais ils ne sont pas plus intelligents, ça c'est sûr, conclut-il en haussant un sourcil.
Cette fois-ci, l'expression faciale n'irrita pas Remus. C'était plutôt attirant en réalité. Et ce fut même sans rancunes qu'il riposta :
— L'intelligence ne sert pas à grand chose sans lucidité.
James fit la moue et leva les bras comme s'il était indécis.
— Il a marqué un point, il a marqué un point, avoua-t-il en se tournant vers le reste de la classe qui ne semblait pas comprendre grand-chose à ce qu'il se passait, mais riait quand même de bon coeur.
— Mais enfin, ne mettons quand même pas tout les Animagus dans le même sac, ajouta Peter à côté de Remus, qui semblait enfin s'être réveillé.
— C'est vrai que ce serait idiot, concéda James.
Bien, à trois contre un. Alors à trois contre un.
— Comme la plupart des agissements d'un Animagus, fit simplement remarquer Remus.
Alors que Sirius prenait une expression outrée à l'extrême et ouvrait la bouche afin de protester, la voix sèche du Professeur McGonagall le coupa dans son élan :
— Dehors ! Tous ! Merlin m'en préserve, cette classe n'est pas un tribunal à débats idiots sur les mérites de tels ou tels sorciers !
Ils se levèrent donc tous les quatre de leurs chaises, et se mordant la lèvre, se dirigèrent vers la porte. Dès que Remus la referma derrière lui, il entendit la voix de Sirius, étouffée par des gloussements incontrôlables :
— Merlin m'en préserve…
Leurs rires résonnèrent si fort que les fondations du château en semblèrent ébranlées.
Un vague souvenir que c'était, tout ces rires, songea Remus le mercredi soir, quelques heures à peine avant sa transformation. Ce n'avait été que hier, mais c'était déjà tellement loin… Bien qu'il fallût tout de même admettre que James, Peter et Sirius
avait fait du bon boulot.
Ils avaient réussi à le distraire de sa transformation, presque entièrement. Même en cette journée-ci, alors qu'il savait que la Lune l'attendait le soir-même. James avait bien évidemment écopé une retenue au passage, mais il y était tellement habitué
qu'il n'y prêtait nulle attention. Il s'était uniquement plaint d'être le seul, par ce que « Les retenues à plusieurs, c'est toujours mieux ». Ce à quoi Sirius avait rétorqué que de toute façon ça faisait bien longtemps qu'aucun Professeur ne commettait
la bêtise de mettre des Maraudeurs ensemble en retenue (ils avaient bien retenu la leçon), non sans ajouter que même Rusard avait été subjugué par sa nouvelle coupe et que c'était la raison de la clémence dont il avait fait preuve envers lui. Puis
il avait fait un clin d'oeil à Remus en disant à l'attention de James : « Toi, tu fais pas couper par un pro. » Remus en avait rougi de plaisir.
À présent ils étaient tous penché sur la carte du Maraudeur, dans une lumière orange de fin de soirée d'été. Le dortoir était silencieux, alors qu'ils étudiaient attentivement le plan du parc et les zones qui restaient vierges, faute de données.
— Là, dit James en pointant du doigt un trou dans le plan. C'est ici qu'il faut aller cette nuit, continua-t-il en rajustant ses lunettes sur son nez. C'est la plus grande partie du parc qui nous est inconnue. Bien sûr, nous allons passer juste sous la
fenêtre du bureau de Dumbledore, mais même ce vieux fou doit dormir de temps en temps. Et c'est la nuit. Il ne nous verra pas si on fait un peu attention. Ce coin là est inexploré et c'est tout ce qui compte. J'aimerais tellement y découvrir un nouveau
passage secret ! Notre collection s'élargit de plus en plus, conclu-t-il fièrement.
— D'ailleurs, t'as testé Dissendium sur la sorcière borgne ? intervint Sirius. La dernière fois que j'y suis allé, ça a marché.
— Bonne intuition ?
— Bonne intuition.
— Bravo, mec.
Sirius sourit avec triomphe. Il avait eu l'idée de ce sortilège après avoir découvert quelques intéressantes particularités au Square Grimmaurd cet été, et il avait bien évidemment tout de suite partagé ses soupçons avec ses amis. Mais Remus n'avait aucune
idée de quand il avait pu tenter l'astuce.
— Ça te va Moony si on fait ça cette nuit ? s'enquit James en se tournant vers le lycanthrope.
— Ça me va. On y va juste… tranquille. Les dernières pleines Lunes ont été difficiles sans vous, faut que je me réhabitue… en douceur.
— Oui, bien sûr. Tu fixeras le rythme, nous on te suit.
Sirius avança son visage, qui était caché dans l'ombre du rideau de son lit à baldaquin, vers la lumière. Il fixa un instant Remus, puis dit :
— Ne t'inquiètes pas. On est là, cette fois. Et pour tout les mois suivants. Ça ira mieux.
Il lui sourit tout doucement.
— Ça ira mieux.
Ça ira mieux. La phrase résonnait en Remus alors qu'il s'avançait vers la Saule Cogneur en compagnie de Mrs Pomfresh, tremblant de la tête au pieds ; tandis que le soleil versait, avec une infinie douceur, ses derniers rayons sur le lycanthrope,
comme pour lui dire au revoir ou lui souhaiter bonne chance. Comme s'il savait ce qui l'attendait.
Ça ira mieux. Remus se remémorait la phrase alors que l'infirmière fermait la porte derrière elle, en le laissant seul avec la pénombre qui gagnait peu à peu le ciel.
Ça ira mieux. Les mots firent écho en Remus, alors qu'il luttait contre l'appel de la Lune qui se faisait de plus en plus puissant, tandis la porte s'ouvrait à nouveau sur trois êtres humains.
Ça ira mieux. Remus perçu les mots, plus qu'il ne se les dit véritablement, alors qu'il attrapait la main de Sirius dans une convulsion douloureuse qui lui secoua le corps entier.
Ira mieux. Ses pupilles se dilatèrent, il eut soudain besoin de plus d'air pour respirer.
Mieux. Il suffoquait et serrait quelque chose très fort dans sa main, qui était déjà griffue.
M…
Les convulsions l'engloutirent, puis cessèrent brusquement. Il ouvrit enfin les yeux. Être loup, l'avoir toujours été. Qu'étaient des mots pour un loup ? Il ne lui fallait que les ordres de la Lune. Et la proie.
✧ Étoile
Sirius s'endormait littéralement sur son parchemin vierge. Déjà qu'il avait passé la nuit à courir dans le parc, la langue pendante, il se trouvait à présent en cours d'Histoire de la magie. Merveilleux. Réellement captivant. Et Remus n'était même pas
là.
À sa droite Peter ronflait ostensiblement, tandis qu'à sa gauche James regardait le Professeur Binns, l'oeil vitreux sous ses cheveux noirs en bataille, un filet de bave lui coulant presque de la bouche. Maudits soit ses cours d'Histoire de la magie.
Et Remus, bien évidemment, dormait tranquillement à l'infirmerie. Enfoui sous de bons draps moelleux. Le bâtard. Sirius était terriblement jaloux.
Malgré un début difficile, le lycanthrope avait plutôt été calme durant le nuit. Puisque leur première métamorphose datait de l'année passée et que ç'avait été à ce moment là qu'ils avaient pu commencer à aider Remus ; James, Peter et Sirius n'avaient
pas encore toute l'expérience nécessaire dans le domaine. Ils ignoraient comment allait se conduire le loup-garou après deux mois sans eux. Ils ne l'avaient pas dit à Remus, mais ils étaient quelque peu effrayés.
Le lycanthrope avait été plus agité au début, et les Animagus s'étaient dépêchés de se métamorphoser. Le regard que le loup leur avait lancé juste après sa transformation avait été si terrifiant que même Sirius avait pris peur, bien qu'il ne l'avouerait
jamais. Puis, Remus s'était calmé. Ils avaient retrouvé leurs habitudes. La routine.
L'exploration du parc avait d'ailleurs été plutôt fructueuse. James avait eu le flair. Un nouveau passage secret, dont ils ignoraient encore l'issue ; bien qu'ils ne tarderaient probablement pas à partir à sa découverte. Ce weekend, peut-être.
À midi, ils allèrent donc rendre visite à Remus à l'infirmerie, afin de discuter de la nouveauté avec le loup-garou. Mrs Pomfresh fronça le nez à la vue de trois voyous importunant le pauvre et innocent lycanthrope, mais les laissa tout de même passer.
Ce dont ils avaient amplement profité pour compléter la carte du Maraudeur, alors que l'infirmière retournait dans son bureau.
Sirius n'aima pas voir Remus cet état. Cet état d'après-Lune. Comme si c'était la première fois. Et pourtant, ce fut bien pire le soir venu.
Sirius rentrait alors de sa retenue. Il avait mangé seul, James supervisant l'entraînement de Quidditch de l'équipe de Gryffondor et Peter s'étant rué sur le repas dès qu'il avait fini ses devoirs. Quel goinfre. Sirius le retrouva pourtant dans la salle
commune, occupé à se lécher les doigts après quelques pâtisseries volées aux cuisines. Goinfre n'était plus le mot qui convenait, songea le jeune Black.
— T'es pas monté au dortoir ? s'enquit-il, en s'affaissant sur un fauteuil en face de Peter.
Le soleil se couchait déjà à l'horizon. La salle commune en paraissait encore plus rouge et dorée.
— Remus avait pas l'air très bien, et puis il aime pas quand je mange à côté de lui. Il dit que je fais des bruits avec ma bouche.
— Il a pas tort.
— Pardon, mon honorable héritier de la Noble et très Ancienne Maison des Black. « Toujours pur », ajouta-t-il, le poing sur le coeur, comme s'il récitait un chant patriotique.
Sirius leva les yeux au ciel.
— Ils m'ont déshérité depuis longtemps selon moi, c'est tout juste s'ils se retenaient de me flageller.
Peter fit un geste désinvolte de la main, comme si ce discours ne l'intéressait que vaguement.
— Va, va. Remus se languit.
Sirius se surprit à lever à nouveau les yeux au ciel. James avait raison, Remus déteignait bien plus sur lui qu'il ne le pensait.
Pourtant, il ne put s'empêcher de se mordre la lèvre, alors qu'il montait la cage d'escalier sombre menant à leurs dortoirs. Il y a une semaine, il avait fait de même. Mais son inquiétude était alors tout autre, quoique aussi liée à Remus. Tout autre,
oui tout autre. Pourtant, il ne savait pas laquelle était la pire.
La porte du dortoir s'ouvrit en grinçant, comme toujours. La pièce baignait déjà dans la pénombre, une tour la cachant du soleil à cette hauteur-ci. Tout était silencieux, hormis la fenêtre à côté du lit de Remus qu'il avait laissée ouverte, laissant
filer vers eux les bruits de la nature. J'aime bien le chant des grillons.
Remus était recroquevillé sur son lit, le draps fin dont il s'était couvert épousant son corps. Il tourna le visage vers Sirius. Pâle, et brillant presque dans l'ombre. Comme la lune. Qui sait ? peut-être que t'as vraiment été illuminé. Ses pupilles
dilatées sous ses paupières à demi-closes, cachées par ses longs cils. Ses lèvres rouges contrastant sur sa peau blanche.
— C'était pas une très bonne idée d'aller en cours cette après-midi, murmura-t-il comme pour s'expliquer.
— Je vois bien ça.
Aucune reproche, juste un constat.
Remus haussa les épaules comme il le pouvait en étant couché sur le côté.
— Leçon importante avec McGo, je pouvais pas louper le premier cours sur la métamorphose humaine. J'aurais été à la traine toute l'année.
Sirius n'avait pas bougé. Il referma la porte sur lui et s'avança doucement, comme s'il hésitait. Peut-être savait-il déjà ce vers quoi il se dirigeait ?
Il s'assit sur le lit de son ami, à côté de la fenêtre ouverte. Le vent repoussait les boucles claires de Remus sur son front.
— Est-ce que t'as de la fièvre ?
Le lycanthrope secoua la tête.
— Juste des coups de chaud et de froid, déclara-t-il. C'est pour ça que la fenêtre est ouverte. Même si c'est plutôt froid en ce moment.
— Tu veux que je la ferme ?
— Non.
J'aime bien le chant des grillons.
Sirius se leva, prêt à se transformer en Padfoot ; les chiens dégagent plus de chaleur. Remus lui attrapa la mains juste à temps. Dieu, qu'elle était glacée.
— Non, répéta-t-il. Pas cette fois.
Sirius s'immobilisa un instant. Puis il enleva ses chaussures. Des Dr Martens avec un uniforme de Poudlard, sa signature personnelle.
Remus se décala sur son lit et Sirius se glissa sous le draps. Il s'appuya contre la montagne de coussins qu'utilisait son ami et attira le lycanthrope à lui. La tête de Remus trouva instinctivement sa place sur la clavicule de l'Animagus, à la jonction
entre le cou et l'épaule. Sirius sentait son souffle sur sa peau. Le jeune brun avait passé ses bras autour de la taille de son ami, leurs jambes se mêlaient en dessous. Remus était frigorifié, et il tremblait. Sirius ne vit qu'un seul bandage sous
le pyjama du lycanthrope.
Il déposa doucement une main sur la tête de Remus, ses doigts enfoui dans ses cheveux tandis que le pouce lui caressait la peau de la tempe à la pommette. Il sentait sous son doigt le commencement de la cicatrice dont le lycanthrope avait tellement peur
qu'on remarque l'existence.
Il lui fallut cependant un moment pour se rendre compte que son pouce devenait humide et que les joues de Remus brillaient de larmes. Il ne savait pas d'où elles venaient, alors il les laissa couler ; uniquement en serrant son ami un peu plus fort contre
lui. Remus pleurait, et pourtant Sirius, lui, avait l'impression que pour la première fois de sa vie il agissait comme il le fallait avec lui.
Les larmes finirent par se tarir et le lycanthrope par somnoler. Les tremblements diminuèrent peu à peu et bientôt, la respiration de Remus devint profonde, régulière. Il s'était réchauffé.
Sirius sourit. Puis il se pencha en avant et déposa un baiser au sommet du crâne de son ami. Sa peau semblait argentée sous les rayons de Lune.
Il s'interrompit brusquement alors qu'il se retirait, les lèvres encore en suspension, enfouie dans les boucles de Remus. Elles lui brûlaient de ce contact.
Il écarquilla les yeux, puis releva complètement la tête, alors que quelque chose se fracassait en lui. Une barricade. Il contempla, muet de stupéfaction, le lycanthrope endormi, alors que ce quelque chose se déversait en lui avec la force d'un tsunami.
Et que cette force indomptable, qui sentait la vérité à plein nez, tombait dans son ventre, l'entrainant dans sa chute.
Il tombait. Comment avait-il pu ne pas s'en rendre compte ? Il tombait depuis la première fois qu'il avait aperçu Remus. Un petit garçon seul, frêle et tout pâle, dans un compartiment de train. Il avait alors trébuché, et depuis il n'arrêtait pas de tomber.
Comme la première fois que sa mère l'avait giflé. Il était tombé sur le carrelage froid de la cuisine du Square Grimmaurd et s'était éclaté le front. Il se souvenait du sang pourpre et luisant sur les dalles blanches. Il avait dû tout nettoyer.
Sauf que là, la chute paraissait sans fin ; et cela terrifiait encore plus Sirius. Il tombait, tombait, tombait et ça n'en finissait pas. Il en avait juste conscience à présent ; et toutes les remarques bien-placée de James, les regards mauvais de Servilius
et les soupirs exaspérés de Remus prenaient sens.
Il avait été si aveugle, si aveugle… James avait raison. Quel bon à rien… Il avait tellement honte. Tellement honte. Mais comment réparer toutes ces conneries qu'il avait faites ? Comment ?
L'ancien Sirius savait enfin où il en était. Mais ce n'était pas pour autant que cela l'aidait. Il repensa à la demi-vérité qu'il avait donnée à Remus concernant sa fuite durant la pleine Lune du mois passé. Et à celle de ce mois-ci qui avait déclenché
des événements de nature bien différente. Ah, ça, il était sûr qu'il devait garder cette Lune-ci totalement secrète. Du moins, pour l'instant.
