-Tu ne trouves pas que la veste ça fait un peu de trop ?
-Magnus Bane est stressé et me demande des conseils en mode ? On aura tout vu ! Se moqua Raphaël.
-Urgggh tu me casses les pieds Santiago, j'aurais dû appeler Ragnor pour m'aider, il m'aurait donné des conseils pertinents lui.
-Je ne vois absolument pas ce que tu reproches à mes conseils, c'est important d'avoir des préservatifs sur soi surtout quand on s'apprête à aller dîner avec un bel apollon.
Magnus soupira, las et amusé en même temps comme toujours de son ami et sa langue bien pendue. Son second rendez-vous avec Alec avait lieu demain et même si Magnus commençait à redevenir confiant comme il l'était dans ses précédentes relations, il ne pouvait s'empêcher de stresser car c'était Alec. Alec, le beau brun ténébreux aux yeux hazels qui le faisait déjà perdre tous ses moyens.
-Je me trompe ou tu commences vraiment à t'attacher à ce gamin ?
-Il est juste tellement… Magnifique. Et intéressant ! Ca faisait longtemps que je n'avais pas autant discuté avec quelqu'un qui ne sait rien de mon passé de sorcier, de mes années folles…
-Alors profite, amigo. Bon je te laisse, je dois vaquer à mes activités. Mais ne stresse pas trop pour demain soir, soi toi-même et encore une fois… Garde des protections sur toi !
-Raph' !
-Je sais que tu m'aimes, à plus ! Lâcha l'ex-vampire en sortant du loft.
Magnus soupira en entendant la porte claquer. « Cet abruti d'espagnol va m'en repayer une, un jour ! » pensa-t-il en rangeant les vêtements qu'il avait éparpillé sur le lit. Il y a des années de ça, il n'aurait pas hésité une seule seconde pour un rendez-vous : des paillettes, des paillettes et rien que des paillettes. Mais plus les siècles ont défilé, et plus le sorcier se lassait de cette vie de fêtard, de cette magie qu'il surutilisait… Puis un jour, une tornade nommée Camille Belcourt, vampire séduisante et satanique, lui a brisé le cœur et c'est ce jour-là qu'il a tout raccroché : sa magie, ses paillettes, le Pandémonium, même son titre de Grand Sorcier et surtout : l'amour.
Il s'était privé de tout sentiment mais… Alec a débloqué quelque chose en lui.
L'heure du rendez-vous était enfin arrivée. Alec, comme toujours, était splendide sans en faire trop et Magnus était resté sur la tenue qu'il avait choisi avec Raphaël la veille. Ils furent rapidement attablés à une table près de la fenêtre et parcoururent le menus des yeux.
-Je suis surpris, admit Alec d'un ton admiratif. Peu de personnes aiment la nourriture éthiopienne.
-L'Ethiopie est un de mes meilleurs voyages. Après l'Australie et le Pérou, bien sûr.
-J'ignorais que tu avais beaucoup voyagé.
-Oh hum… Disons que j'ai eu le temps pour ça, dit Magnus en se grattant l'arrière de la tête.
Il allait devoir faire attention à ce qu'Alec ne se doute pas qu'il avait plusieurs siècles derrière lui. Le brun esquissa comme à son habitude un sourire charmeur, avant de se pencher vers Magnus au-dessus de la table.
-Entre nous, pas besoin de beaucoup voyager quand j'ai une des sept merveilles du monde devant moi.
Magnus, au lieu de rougir ne fit que sourire en guise de remerciement mais il sentait ses oreilles chauffer. « Comment ce gosse arrive-t-il déjà à me mettre dans cet état, on est à peine assis… »
Un serveur arriva pour prendre leurs commandes et chacun commandèrent un plat différent en promettant à l'autre de lui faire goûter.
-Au faites, tu ne m'as jamais dit de quelle origine tu étais.
-Oh euh, d'Indonésie, près de Jakarta pour être exact.
-La chance ! Bali m'a toujours fait rêver.
-Les montagnes sont impressionnantes c'est vrai mais Lombok est une destination beaucoup plus belle si tu veux mon avis. Et puis c'est le plus grand archipel du monde, il y a plus de dix mille îles magnifiques à découvrir.
-Je ne peux que te croire, rit Alec au mini cours de géographie.
-Je… Je te montrerais peut-être un jour ? Dit Magnus d'un ton incertain.
Pourtant, Alec acquiesça avec un grand sourire et le cœur de l'ancien immortel se mit à battre plus vite. Leurs plats arrivèrent par la suite et Magnus prit du plaisir à raconter ses nombreux voyages au plus jeune, lui raconter des anecdotes qui firent beaucoup rire le terrestre… Cela faisait si longtemps que quelqu'un n'avait pas juste essayé d'apprendre à le connaître. Il se sentait à l'aise avec Alec.
Il en apprit lui-même un peu plus sur le jeune homme et retint un rire quand Alec lui dit qu'il était né à Alicante, en Espagne. « Ironie du sort quand on sait qu'il aurait pu être un chasseur d'ombres » pensa-t-il pour lui.
-Tu veux goûter ? Lui demanda le sorcier en pointant son injera.
-Volontiers.
Magnus lui tendit la fourchette et déglutit en voyant la vision devant lui : Alec s'était penché pour se saisir de la bouchée et l'avala en gardant ses yeux fixés dans ceux de l'asiatique et en s'attardant longtemps sur la fourchette. Ce garçon allait le faire craquer s'il continuait comme ça…
-Délicieux, sourit Alec comme si de rien n'était. Et pas que le plat d'ailleurs.
-Je vais finir par croire que c'est une habitude chez toi…
-C'est-à-dire ?
-Me faire perdre tous mes moyens…
-Content de voir l'effet que ça te fait.
-Allumeur, râla doucement Magnus mais Alec l'entendit et rit.
La nuit était tombée désormais sur New York et les deux hommes finirent par quitter le restaurant après que Magnus ait insisté maintes et maintes fois pour payer. « C'est moi qui t'aie invité tu te rappelles ? », et qui était Alec pour refuser, surtout qu'il commençait à bien connaître l'asiatique qui malgré son côté introverti et gêné, était très convaincant de nature.
-J'habite à deux pas… Tu… Tu veux bien me raccompagner ? Demanda le sorcier, incertain.
Alec hocha positivement de la tête et à sa grande surprise, Magnus lui saisit la main et commença à marcher en direction de son appartement au-dessus de sa boutique d'antiquités et de voyance. Alec insista pour le raccompagner en haut jusqu'au pallier (bien qu'il eût un instant de regret en constatant qu'il n'y avait pas d'ascenseur et que Magnus habitait au quatrième étage) ce qui commença à faire stresser Magnus : certes il avait passé une soirée exquise mais… Devait-il faire rentrer Alec ? Pour un dernier verre ou… autre chose ? Non, non c'est trop tôt… Mais si c'était ce que voulait Alec ? Il inspira et expira silencieusement quand ils arrivèrent enfin devant sa porte.
-J'ai passé un bon moment, dit finalement Alec.
-De même Alexander.
-Alexander ?
-Oh hum désolé, tu préfères ton diminutif peut-être ? C'est juste que je trouve que c'est un très beau prénom…
-D'habitude je menace de mort quiconque m'appelle ainsi mais…
-Mais ?
-J'aime comment il sonne quand tu le prononces…
Aucun des deux n'avait vraiment fait attention à la proximité qui s'était largement réduite entre eux mais bientôt, Magnus put sentir le souffle du plus grand à quelques mètres de son visage et sa tête se mit à tourner. Le même effet se produisait sur Alec qui ne pouvait s'empêcher inconsciemment de se rapprocher un peu plus, Magnus avait cette odeur, ce parfum…Comme du bois de santal et de vanille et ça l'hypnotisait.
-T'aurais… T'aurais pas dû monter avec moi…
-Pourquoi ?
-Parce que maintenant j'ai envie de faire ça.
A peine finit-il sa phrase que le sorcier attira le terrestre par la taille pour coller ses lèvres contre les siennes. Alec ne se gêna absolument pas pour répondre au baiser en faisant reculer Magnus jusqu'à ce que ce dernier soit plaqué contre sa porte d'entrée. Il passa sa main dans les cheveux légèrement gélifiés du plus âgé qui sentit ses jambes trembler quand la langue d'Alec commença à taquiner la sienne. Il n'avait pas embrassé quelqu'un depuis bien longtemps et jamais il n'avait ressenti autant de désir dans un seul baiser.
… et c'est ce qui l'effraya le temps d'un instant.
Il repoussa Alec un peu plus durement qu'il ne le voulait et ses mains tremblèrent alors qu'il attrapait ses clés.
-Euh je-je, désolé ! C'est-je-tu es… C'est juste que je veux pas t-tout gâcher en allant trop vite !
CLAC. Magnus se laissa glisser contre la porte maintenant à l'intérieur de son appartement avant de réaliser la bourde phénoménale qu'il venait de faire. Il avait claqué la porte au nez d'Alec. « Crétin, abruti de première, rustre de plusieurs siècles, gâcheur de romantisme mais je suis juste trop bête bordel ! » se traita-t-il mentalement de tous les noms.
Il ignorait qu'Alec était toujours de l'autre côté de la porte, les yeux écarquillés en se touchant les lèvres, encore pantelant de ce qui fut sûrement le plus beau baiser qu'il ait reçu en 20 ans.
FIN. (Prochain chapitre bientôt !)
