Bonjour à tous.
Voici la suite j'espère que cela vous plaira. J'attend vos remarques et impressions avec impatience.
Le prochain chapitre est en cour et ne devrait plus trop tarder.
Encore merci pour votre attente.
Cela faisait maintenant trois jours qu'ils se trouvaient dans le Rhûn et se dirigeaient vers le nord. Ils trouvèrent de nombreuses traces de camp orques vieux de plusieurs semaines. Cependant, ils n'avaient pas croisés âme qui vivent, qu'il s'agisse d'elfes, de nains ou d'Hommes. Ils sécurisaient toujours leurs campements en l'entourant de pièges et se partageaient les tours de gardes, pourtant depuis qu'ils avaient passé les frontières Legolas se sentait constamment épiés. Il n'en avait pas informé son compagnon nain, il ne le jugea pas nécessaire pour le moment. L'énervement d'ignorer d'où cela provenait remplaça vite l'inquiétude et l'elfe devint de plus en plus méfiant. Il sembla être constamment à l'affut du moindre bruit, près à dégainer son arc. Son attitude commença à sonner faux chez son compagnon qui se souciait de la santé de son ami. Au détour d'un chemin de terre Legolas finit par mettre son ami au courant de son sentiment d'être espionné :
- Baliverne que tout cela. Regardez autour de vous. Admirez ce calme environnant et profitez donc un peu du silence que cet endroit nous offre. Après tout nous nous attendions à bien pire que quelques camps d'orques poussiéreux.
- Justement ne trouvez-vous donc pas cela étrange toute cette quiétude ? Ne sommes-nous donc pas censés être en terrain encore hostile ? La frontière est désormais bien loin derrière nous et jusqu'à présent rien, pas âmes qui vivent juste les chants timides d'oiseaux.
-Voilà qu'un elfe ne supporte plus le calme.
-Voilà qu'un nain l'apprécie.
-Vous ne gagnerez pas à ce jeu-là et…
Gimli ne put finir sa phrase que son poney, bientôt suivi du cheval de Legolas, s'arrêta net. Refusant d'avancer davantage ils piétinèrent sur place quelques instants et commencèrent à reculer nerveusement. Le prince tenta vainement de rassurer leurs montures en leur chuchotant quelques mots en Sinda mais bientôt ils furent incontrôlables. Le poney désarçonna son cavalier comme s'il fût piqué d'une flèche. Gimli atterrit dans un fossé voisin, puis rebroussa chemin au grand galop. Le cheval de Legolas profita que ce dernier descende de son dos pour relever son compagnon de voyage afin de prendre lui aussi la fuite. Bientôt un hurlement épouvantable résonna dans la plaine. Les deux compagnons se crispèrent. Ils ne connaissaient que trop bien ce son. Des Wargs. Et il n'y a jamais de Warg sans orque. Aussitôt Legolas bondit en dehors du fossé et se positionna sur un rocher observant les alentours. Plus loin en contrebas il vit plusieurs silhouettes visiblement en conflit. Il reconnut aussitôt celles sans grâce des orques et dit d'un air moqueur:
- Leurs odeurs les trahissent à chaque fois.
- Et ils se battent pour quoi cette fois-ci ? La carcasse d'une charogne faisandée ou c'est parce qu'un orque en a bousculé un autre ? Moi je parie sur la carcasse.
- Non, ils ont l'air en prise avec quelqu'un. Je perçois une silhouette plus petite et plus agile.
Gimli s'appuya sur sa hache :
- Nain, humain ou elfe ?
- Trop grand pour être un nain et quant à savoir s'il s'agit d'un elfe ou d'un humain je ne saurai dire. Nous devrions y aller lui prêter main-forte.
Legolas s'élança suivit en petites foulées par Gimli. Il banda son arc et visa la tête du premier orque qui lui faisait face. Il allait décocher sa flèche lorsque ce dernier s'écroula face contre terre. Legolas baissa son arc et arqua un sourcil. Un poignard était planté dans le crâne de la bête. Gimli arriva, légèrement essoufflé et brandit sa hache en hurlant vers le combat qui semblait visiblement arriver à son terme. S'arrêtant dans son élan, il baissa sa hache et se tut. Il ne restait debout plus aucun adversaire à affronter seulement les deux compères et la silhouette sombre qui fouillait avec minutie les corps encore tièdes. Legolas s'approcha de quelques pas le premier, toujours armé et sur ses gardes. Il allait entamer la discussion quand l'ombre accroupie dos à eux le coupa :
- Partez.
- Je vous demande pardon ?
L'ombre se releva et lui fit face. Toujours encapuchonnée l'elfe en déduit qu'il s'agissait d'une humaine, cette dernière reprit ses fouilles sur un autre cadavre. L'elfe un peu déstabilisé se reprit :
- Qui êtes-vous ?
- Personne.
Legolas commença à s'impatienter :
- Que cherchez-vous ?
- Rien.
L'ombre se releva en soupirant bruyamment, visiblement se qu'elle cherchait ne se trouvait pas ici. Elle passa sans un regard devant l'elfe et reprit la dague coincée dans le crâne sanguinolent de l'orque. Elle l'essuya consciencieusement contre les loques du monstre puis le rangea dans un petit fourreau attaché par deux lanières de cuir à sa cuisse droite. Sentant un malaise grandissant Gimli se dirigea vers l'étrangère :
- Par la barbe de mes ancêtres où sont donc nos bonnes manières, je me présente. Gimli fils de Glóin et voici mon ami Legolas fils du roi Thranduil et seigneur d'Eryn Lasgalen.
L'ombre ne dit rien et sembla le toiser un court instant avant de reprendre son chemin. Gimli légèrement frustré d'être ainsi ignoré se positionna devant lui coupant ainsi toute retraite et reprit toujours avec entrain :
- Excusez mon impolitesse noble dame, mais auriez-vous l'extrême obligeance de nous indiquer une auberge où nous reposer et trouver des montures ? Les nôtres nous ont fait faux bond.
Legolas, qui assistait à la scène de loin avait les yeux écarquillés devant la tirade extraordinairement polie de son ami. Un silence de mort régnait. L'humaine observait toujours de son regard inquisiteur le nain qui lui faisait face. Sans un mot, elle l'esquiva et reprit son chemin. Les deux amis se résignèrent à devoir se débrouiller seuls. À peine avaient-ils commencé à rebrousser chemin qu'une voix les interrompis.
- Je vous conduirai jusqu'à l'auberge du Sang d'argent, Jadder vous trouvera des chevaux.
Legolas et Gimli s'échangèrent un regard. Le nain brisa le silence et s'approcha joyeusement de l'étrangère, lui emboîtant le pas, ils furent suivis de loin d'un Legolas toujours vexé de l'incroyable impolitesse dont il fut la victime :
- À la bonne heure. Voilà qui embellit nettement cette journée. Bien où se trouve cette auberge ?
- Au sud.
- Serions-nous arrivées avant la nuit.
- Si nous avançons à ce rythme sans nous arrêter plus d'une heure, nous arriverons dans deux jours.
Legolas tiqua à cette dernière information :
- Deux jours ?
- Oui, deux jours.
- Il n'y a donc aucune auberge plus proche ou nous procurer des chevaux ?
- À moins que vous soyez prêts à débourser une somme considérable pour un canasson miteux à peine capable de tenir sur ses pattes non. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, vous n'êtes pas du coin et cela se voit aussi bien que vos oreilles pointues, Princesse.
Legolas se figea et sentit la colère grandir en lui. Il n'avait pas ressenti une telle rage depuis le temps où il n'était qu'un jeune ellon chassant les araignées géantes de son royaume. Serrant les poings, il marcha à grande enjambée réduisant ainsi la distance entre lui et la petite d'Homme. Lui agrippant la gorge qu'il serra, il la souleva suffisamment pour que ses pieds ne touchent plus terre et lui cracha au visage sa rage :
- Faites attention aux mots que vous choisissez l'humaine.
- Aurai-je contrarié la princesse ?
Voyant que la situation dégénérait Gimli décida d'intervenir, mettant une main sur l'avant-bras de son ami, il prit un ton neutre mais ferme :
- Legolas, elle est notre guide. Nous avons besoin d'elle. Tâcher de la supporter pendant quelques jours.
Le prince fixa l'étrangère. Il était toujours fou de rage après elle. Aussi il du prendre une grande inspiration :
- Vous avez raison. Jusqu'à ce que l'on arrive à l'auberge.
Il desserra son emprise et recula d'un pas. Bien qu'il reconnaisse son utilité immédiate, il n'avait aucunement l'intention de lui présenter des excuses pour son comportement, Gimli le savait pertinemment et ne lui força pas la main. L'Humaine s'épousseta et continua de marcher, comme si rien ne s'était passé. Ils marchèrent dans le silence le plus total. À la nuit tombée ils décidèrent de faire une brève halte sur la berge d'une rivière pour se restaurer. Une fois le feu allumé Gimli s'attela à faire bouillir de l'eau pour faire cuire un lapin que Legolas venait de cueillir. Ce dernier était assis près de son ami, ils parlèrent longuement faisant la liste des lieux qui leur restait à explorer. D'une oreille distraite l'humaine les écoutait. Assise seule sur un rocher près de la rivière, elle se leva et s'agenouilla devant l'eau limpide. Elle enleva ses gants et se lava les mains. Se retournant elle vérifia que personne ne la regardait, elle baissa sa capuche et son masque qui lui couvrait la bouche et le nez avant de prendre de l'eau pour se rincer succinctement le visage. Une fois correctement débarbouillée elle remit son masque ainsi que la capuche de sa cape. Se relevant elle enfila ses gants et se rassit sur le rocher qu'elle avait précédemment quittée, toujours face à la rivière. Gimli commença à servir le lapin, Legolas se leva et se dirigea vers l'humaine :
- Le repas est servi.
- Non merci.
- Il y en a suffisamment pour nous trois vous savez.
- Vous devriez y aller, nous repartons dans quelques minutes.
Gimli s'approcha avec une assiette qu'il lui tendit :
- Raison de plus pour se nourrir l'amie.
L'humaine se saisit du plat et remercia d'un regard le nain. Ce dernier lui sourit et retourna près du feu suivit par Legolas. De nouveau seule elle huma le ragoût de lapin, abaissa son masque et porta une cuillère à ses lèvres. Une fois son assiette terminée elle se couvrit à nouveau et rapporta son assiette au brun. Voyant qu'il avait également fini leur repas elle leurs proposa de reprendre la route. Gimli qui avait sorti sa pipe demanda encore quelques minutes pour se détendre. Pour toute réponse l'humaine repartit se poser sur son rocher quand le nain l'interpella. Il lui demanda de se joindre à eux afin de faire plus ample connaissance. Après un instant d'hésitation elle revint sur ses pas et s'assit en tailleur près du barbu :
- Soyez bref messire nain. Nous perdons du temps.
Gimli pris une grande bouffé de sa pipe et souffla :
- Nous nous sommes présentés, mais nous ne savons rien de vous.
- C'est vous qui avez demandé mon aide.
Legolas prit la parole d'un ton plus agacé que neutre :
- Certes, mais la moindre des politesses lorsque l'on voyage avec des étrangers qui eux ont l'amabilité de se montrer sociable est de l'être aussi un minimum.
- Bien, que voulez-vous savoir.
- Votre nom ainsi que nous dire ce que vous cherchiez plus tôt serait un début.
- Pour mon nom, disons que c'est Chandra. De toute façon si je vous le disais en entier vous n'arriveriez ni à vous en souvenir ni à le prononcer. Quant à ce que je cherchais cela ne vous regarde en rien.
Gimli reprit la conversation :
- Et d'où venez-vous Chandra ?
- Mon village était à l'extrême nord-est du pays.
- Etait ?
- Il fut détruit ainsi que toute ma famille.
Intrigué le nain se risqua à pousser plus loin sa curiosité :
- Comment cela est-il arrivé ?
Chandra ne dit rien. Elle regardait les braises lutter pour ne pas mourir. Un silence pesant naquit et commença à rendre mal-à-l'aise les deux compères. Gimli éteignit sa pipe, l'humaine se leva dans la seconde et ouvrit la marche. Après avoir fait un pas elle se figea et lança d'une voix désincarnée.
- Un monstre est venu.
