FaenaFiliana Je te remercie pour ton commentaire. C'est vrai que j'essaye de ne pas faire l'histoire classique de la fille qui arrive, est super forte, super belle, super intelligente et fait des pets fraicheur citron. Bref, je propose une histoire que j'espère intéressante et de toute façon tant que je ne l'aurai pas écrit en entier elle continuera de tourner dans ma tête. Voilà le prochain chapitre, j'espère qu'il te plaira.
Bonne lecture.
Voilà bien des heures que Legolas et Gimli suivaient le chemin de pierre. Ils ne s'étaient plus arrêtés depuis leur rencontre avec les sept cavaliers et le ciel commençait à s'assombrir. Ils n'avaient plus eu de nouvelles de l'humaine non plus et pour être honnête Legolas s'en souciait peu. Après tout, elle était visiblement traquée pour meurtre et son comportement était vraiment des plus étrange. Cependant, il devait bien se l'avouer que sans elle, ils avaient peu de chance de trouver l'auberge et de ce fait de bonne monture. Legolas jeta un regard en direction de son ami. Depuis leur altercation avec les cavaliers, il n'avait plus dit un mot, lui qui d'ordinaire est toujours enclin à rire et à plaisanter semblait songeur. Nul doute qu'apprendre que l'humaine avec qui ils voyageaient est une meurtrière recherchée l'affecte beaucoup. Legolas sonda le ciel. La nuit se rapprochait et toujours aucune auberge à l'horizon. Il commença à croire que tout cela n'était qu'une perte de temps et jamais il n'aurait dû faire confiance aussi aveuglement à une étrangère. Pourtant au détour d'une butte, ils se retrouvèrent face à ce qu'il semblait être un relais pour voyageur. Seul un bâtiment fait de pierre, de bois et de torchis se trouvait là. Il était large et possédait un étage. Les fenêtres étaient petites et peu nombreuses ce qui contrastait d'autant plus avec la porte qui, elle, était gigantesque. Les deux compagnons s'approchèrent de l'endroit désert et entendirent le claquement familier des sabots ainsi que hennissement des chevaux qui semblaient venir de derrière l'auberge. Accroché à une poutre, une pancarte en métal usé où était inscrit « Sang d'argent » se balançait. Legolas soupira de soulagement. C'était bien l'auberge qu'ils recherchaient. Au moins, l'humaine ne leur avait pas menti. Il frappa à la porte. Après quelque instant une, petite trappe en bois s'ouvrit. A travers le grillage du judas ils ne purent distinguer qu'un œil noir et une paupière cousue. Après les avoir examinés un instant l'homme derrière la porte referma la trappe. Gimli lança un regard à Legolas. Visiblement, il n'avait pas l'intention de les laisser entré. Après que le prince frappa une deuxième fois la trappe s'ouvrit une nouvelle fois :
- Partez !
L'intonation était dure et grave. Pleine de menace. Alors que la trappe allait se refermer une voix se fit entendre derrière les deux hommes qui les firent se retourner :
- Laisse-nous entrer le borgne.
Chandra se tenait droite. Sa capuche ainsi que son masque baissés Legolas pouvait enfin mieux la distinguer. Sa cape n'était plus que des lambeaux et ses habits étaient tachés de sang. Elle s'était visiblement battue, son visage était tuméfié et sale. Elle s'approcha en se tenant un côté. La lourde porte de l'auberge s'ouvrit et les trois voyageurs s'y engouffrèrent. L'endroit était sombre, unique éclairer par les divers chandeliers fait en corne de chèvre, les fenêtres étaient trop sales pour laisser passer les derniers rayons du soleil. En face de la porte un escalier menait à l'étage. Au centre de la salle se trouvait une énorme fosse remplie de braise, les tables ainsi que les bancs étaient répartis de chaque côté. Enfin au bout de la pièce un bar en bois trônait. Alors que Chandra s'y approchait Legolas et Gimli, qui la suivaient de loin, furent étonnés de ne voir personne. Arrivée devant le comptoir l'humaine se saisit d'une cloche qu'elle secoua. Au bout d'un certain moment, une trappe s'ouvrit dans le sol et une vielle femme en sortit. Elle marchait d'un pas lent en s'appuyai sur sa canne. Une fois arrivée face aux voyageurs, elle sortit un épais livre relié en cuir qu'elle posa sur le comptoir et ouvrit avant de se saisir d'une vielle plume :
- Que vous faut-il ? Une chambre ? J'aurai besoin que vous me signez le registre.
- Nous ne sommes pas là pour cela grand-mère. On vient voir Jadder.
L'aïeule releva son nez du livre :
- Ah, c'est toi. Bien.
Chandra fit le tour du comptoir indiqua aux deux hommes de la suivre et se dirigea vers la trappe au sol. Alors qu'elle allait descendre la voix faible de la vielle femme l'arrêta :
- Un instant. N'aurais-tu rien omis ?
Chandra décrocha sa bourse contenant les langues humaines et lui donna :
- Ça devrait faire le bonheur de Gilgamesh.
La vielle femme sourit, visiblement satisfaite. Alors que Gimli et Legolas descendirent en premier, il tomba nez à nez avec une femme à la peau foncée et très peu vêtue. Cette dernière retroussa ses fines lèvres, sourit d'un air mutin au prince et s'accrocha à son cou tout en lui caressant les cheveux. Son parfum très épicé lui vint au nez et d'une voix mielleuse, elle susurra à son oreille :
- Bel éphèbe cela te dirait que je vienne réchauffer ta couche ? Comme tu es mignon cela sera gratuit pour toi.
Legolas se sentit rougir à ce contact. Sentant cette créature se frotter à lui de manière si indécente, il détourna le regard et la repoussa fermement. La prostituée, car cela était son cas, était frustrée qu'on la rejette ainsi. Elle allait retenter un assaut quand elle fut arrêtée par une voix qu'elle connaissait bien et qui l'a refroidit :
- Alors Kashmir, on perd la main ?
- Tient Chandra toujours vivante ? Quelle joie. Que viens-tu faire ici ?
- Rien qui ne te concerne.
Alors qu'elle passa devant la femme sans un regard cette dernière mit ses mains sur ses hanches avant de lancer d'une voix pleine d'assurance :
- Si jamais tu vois Belem dit lui que la prochaine fois, il y aille moins fort. Je n'ai pas pu travailler pendant deux jours après notre nuit.
Chandra s'arrêta un instant avant de continuer son chemin sans se retourner. Legolas la sentait passablement énervée, mais ne dit rien. Ils longèrent un couloir avant de passer une nouvelle porte. Chandra se retourna vers les deux hommes :
- Une dernière chose avant de rentrer. Le taulier est un vrai renard. Si vous lui serez la main vérifiez qu'il ne vous a pas volé un doigt.
Une fois ouverte, ils pouvaient entendre un brouhaha mêlant rire et entrechoquement d'arme. Ils se trouvaient dans une réplique identique de la salle à l'étage à la différence que l'endroit semblait complet. Une trentaine d'hommes plus ou moins vieux buvaient, mangeait voir même se battait dans l'hilarité générale. Une ambiance bonne enfant régnait, parfois une serveuse courtement vêtue passait entre les tables afin de resservir les clients et par la même occasion flirter avec eux. Se faufilant avec difficulté entre les tables, ils se postèrent devant le comptoir :
- Une table est libre près du mur. Allez-vous asseoir, reposez-vous, commander ce que vous voulez, c'est pour moi. Je vais vous négociez des chevaux.
Les deux compères partir s'asseoir à une table à proximité. Chandra frappa trois petits coups secs sur le bois du bar. Un homme à la barbe sombre et dense arriva. Il était plutôt trapu et n'avait pas un visage gracieux :
- Chandra. Cela faisait longtemps. Que puis-je faire pour toi ?
- Bonjour Jadder. J'aurais besoin d'un cheval et d'un poney. Il me les faut pour ce soir. Et je les veux robuste.
L'homme se gratta la barbe :
- Des montures ? Toi qui détestes les chevaux ?
- Ce n'est pas pour moi, mais pour les deux voyageurs assis à côté. Les précédents se sont enfuis.
- Et depuis quand aide tu les étrangers. Ah, je vois, c'est le blondinet qui t'a tapée dans l'œil. Tu espères en t'attirant ses bonnes grâces que cela te mène droit dans son lit.
Chandra sortit dix pièces d'or de sa bourse et les jeta négligemment sur le bar :
- Tu parles trop. Voilà qui devrait être suffisant. Je règle également leur consommation.
- Bien, je te préparerais ça. Au fait, tu devrais mieux surveiller tes voyageurs.
Chandra leva un sourcil interrogateur. Le tenancier pointa son menton vers la table des deux amis. L'humaine se retourna et soupira. Une dizaine d'hommes visiblement sévèrement alcoolisait entouraient la table. En s'approchant, elle comprit que l'animation était en fait Gimli en train de faire un combat de boisson avec un client. Elle se fraya un chemin et s'assit au côté de l'elfe. Face à lui Gimli buvait à grande gorgée une pinte plus grande que son visage sous les encouragements généraux. Une serveuse arriva avec sur son plateau trois minuscules godets d'os finement sculptés dans lequel reposait un liquide blanc et légèrement opaque. Elle les posa sur la table en se dandinant avant de repartir, non sans avoir au préalable fait un clin d'œil aguicheur au prince. Ce dernier prit un verre et observa l'étrange mixture. Il la porta ensuite à son nez et la huma :
- Qu'est-ce que c'est ? Cela ne sent rien.
- Je ne vous conseille pas de le boire si vous n'êtes pas accoutumé aux alcools forts. C'est une boisson typique de la région. On appelle cela « larme de Nazgûl » parce qu'il vous brûle la gorge et vous détruit les terminaisons nerveuses. Chandra prit son godet et le vida d'une traite. Elle le reposa devant elle :
- Hum. Le fourbe. Il ne l'a pas coupé.
Legolas reposa son godet vide lui aussi sur la table en bois sans plus d'expression au grand étonnement de l'humaine. Gimli voyant un nouveau verre devant lui s'en saisit et avant que Chandra ne puisse lui retirer des mains, il l'avala cul sec. Il écarquilla les yeux et se figea avant de s'écrouler à terre. Alors que tout le monde éclatait de rire avant de repartir à leur table Chandra se redressa, s'appuya sur la table et observait le nain par-dessus cette dernière. Elle commença à s'inquiéter avant d'entendre le nain émettre un ronflement tonitruant. Elle se rassit, soulagée puis fit un signe à la serveuse. Celle-ci revint avec deux pintes qu'elle posa devant eux. L'humaine prit sa chope et fit glisser la seconde vers le prince. Legolas la regarda boire un moment avant de lui-même prendre une gorgée. Il reposa son verre et se tourna vers elle :
- Vous semblez différente ici.
- J'ai toujours aimé cet endroit. Mon père m'emmenait souvent dans les auberges près de notre campement. Il y vendait du gibier que l'on chassait.
Legolas eut presque l'impression d'avoir aperçu un bref sourire. Le silence se fit entre eux. Chacun continuait à boire son verre dans le calme. Une fois qu'ils furent vides Chandra rappela une serveuse qui revint leur en déposer un nouveau. Legolas décida de briser la glace :
- Les cavaliers vous cherchaient.
L'humaine ne dit rien, continuant à boire:
- Ils nous ont laissé cela.
Legolas sortit le morceau de parchemin comportant l'avis de recherche et le mit sur la table. Elle ne prit pas la peine de le regarder et finit sa chope d'une traite avant de se lever :
- Dans son état Gimli ne pourra tenir sur une selle. Je vais vous réservez une chambre. Vous n'aurez qu'à demandé à la vielle femme en remontant.
Elle partit vers le comptoir sans plus d'explication. Là, elle échangea quelques mots avec l'aubergiste avant de disparaître par une porte attenante. Legolas resta seul à table, finissant sa boisson. La salle se vida lentement, certains retournaient à la surface certainement pour profiter des chambres. La vielle dame arriva et aida Gimli à se relever. Elle partit avec lui en direction de l'étage. Legolas se retrouva seul. Après un moment, il se leva et alors qu'il allait se diriger lui aussi vers l'escalier menant à l'étage, il se souvint de l'endroit par lequel Chandra avait disparu. Il s'y dirigea et poussa la porte. Une chaleur étouffante se dégagea de la pièce et une épaisse fumée flottait. La salle était tout en longueur. Des pans de tissus aux teintes rouges et ors étaient accrochés du sol au plafond de façon à faire des tentes individuelles, toutes disposer cote à cote, elle ne laissant qu'un chemin étroit pour y accéder. L'intégralité du sol était couvert de tapis richement brodés. Les tentes ne possédaient pas de porte, seulement des rideaux en perle de bois d'où s'échappèrent la fumée, des rires féminins ainsi que des soupirs de plaisir. Deux femmes couvertes seulement d'un pagne et de bijoux passèrent près de l'elfe et lui firent un clin d'œil avant de s'engouffrer dans une tente. Legolas se raidit en comprenant soudainement l'usage de la pièce dans lequel il se trouvait. Il se demanda vite ce que Chandra pouvait bien faire dans un tel endroit. Alors qu'il marchait entre les tentes, il entendit une voix familière :
- Tu fais bien ce que tu veux, je ne te reproche rien.
Legolas se dirigea en direction d'une tente et écarta discrètement les perles de bois. L'humaine était bien là en compagnie d'un homme aux courts cheveux bruns. Ils étaient de dos assis sur une pile de coussins et ne semblaient pas l'avoir remarqué. L'homme passa son bras par-dessus l'épaule de la jeune femme :
- Chandra, cela faisait plus de neuf mois que tu n'étais pas venue. Je suis un homme et j'ai des besoins. Maintenant oublie ça et passons du bon temps comme on sait si bien le faire.
À ses mots Legolas vit l'homme posé sa main libre entre les cuisses de l'humaine. Ils s'embrassèrent à pleine bouche et lorsqu'il entendit la jeune femme gémir, il s'empressa de reculer. Se sentant rougir, il allait rebrousser chemin lorsqu'il entendit un grognement de frustration :
- Mais enfin Chandra qu'est-ce qu'il te prend ?
- Je ne suis pas d'humeur Belem. Plus tard.
- Comme tu veux.
Legolas laissa passer l'homme blond qui venait de sortir. Il ne lui adressa pas un regard et s'engouffra dans une tente voisine. Il commença à faire demi-tour lorsqu'une voix l'interpella :
- Rentrez donc.
Après un bref instant d'hésitation, l'elfe écarta le rideau de perle et s'engouffra dans la tente.
Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous à plus. Et remercie ceux qui me donnerons leur avis.
Dans le prochain chapitre les choses s'accéléreront, on en saura lègèrement plus sur le passé de Chandra et sur ce qu'elle cherche frénétiquement sur les cadavres d'orques. Alors accrochez-vous à votre slip.
Quand à moi je vais m'atteler à la suite.
Tchuss
