Voilà le nouveau chapitre. L'histoire de Chandra est révélée et une nouveauté y apparaît: une chanson sous forme de comptine. Cela reviendra quelque fois, quand une chanson m'inspire et colle à une situation je l'intégrerais à mon histoire.
Bonne lecteur.
Huit jours. Cela faisait huit jours déjà que l'ambiance était au bord de l'explosion. Gimli le sentait, entre Legolas et leur guide quelque chose n'allait plus. Pourtant lorsqu'il s'était endormi, il y a de cela trois jours, tout allait bien entre eux. Et puis dès les premières lueurs du jour, il vit la tension entre eux et le malaise ambiant. Il avait tenté pendant toute la journée de savoir le pourquoi du comment en vain. Puis le soir, alors que Chandra s'était éclipsé Legolas lui raconta la discussion qu'ils eurent une fois qu'il fut couché. Bien effaré par ce qu'il entendait, il posa mille questions à son ami afin d'en savoir un peu plus sur cette histoire. Legolas ne put rien lui dire. Lorsque l'humaine lui avait avoué être la cause de la destruction de son clan, il n'avait rien dit. Il s'était simplement levé en fronçant les sourcils et sans un regard, il était parti s'allonger près du feu. Depuis ils ne s'étaient plus adressé ni la parole ni même un regard. L'humaine marchait loin devant alors que le prince restait avec son ami à l'arrière. Huit jours qu'ils marchaient en faisant simplement de courtes pauses, principalement pour reposer les chevaux. De la neige commençait à paraitre en abondance dans la plaine et le terrain devenais plus rocailleux. Signe qu'ils s'approchaient d'une montagne l'air se raréfiais. Alors qu'ils s'enfoncèrent plus en avant un vent violent se leva, freinant leur ascension. Avançant péniblement, ils durent se résoudre à attendre que la tempête ne passe. Avançant péniblement, ils durent se résoudre à attendre que la tempête ne passe. Legolas et Gimli posèrent pied à terre et dessellèrent leur monture avant de les conduire au fond de la grotte. Chandra alluma un feu et s'accroupit devant, elle mit un peu de neige dans un pot de terre cuire, elle la fit bouillir. Ouvrant son sac l'humaine en sortit deux baguettes ainsi que trois petites boites en bois. Elle versa le contenu blanchâtre de la première boite dans l'eau chaude et remua avec ses baguettes. Elle finit par façonner six petites boules avec la pâte. Elle ouvrit la seconde boite, une forte odeur de thé vert s'y dégagea, elle mélangea une la totalité de la pâte avec la poudre verte. Elle finit par façonner six petites boules avec la pâte. Elle remit de l'eau à ébullition et y plongea les boulettes. Elle attendit un instant avant que ces derniers ne remontent à la surface, elle prit ses baguettes et s'en saisit une à une avec agilité, enfin, elle recouvrit de neige un instant avant de les enfourcher par trois sur chacune de ses baguettes. Elle les rangea ensuite avec minutie dans la première boite. Legolas et Gimli s'assirent autour du feu et la regardait faire en silence. Une fois qu'elle ferma son sac son regard croisa celui inquisiteur de l'elfe. Essayant de garder une voix neutre, elle brisa le silence :
- Qu'avez-vous à me regarder comme cela.
Après un froncement de sourcil, l'elfe lui répondit d'un ton morne :
- Qu'est-ce que vous avez préparé ?
- Rien qui ne vous concerne.
Devant l'air renfrogné du prince, elle capitula :
- Ce sont des Dango. C'est une recette traditionnelle à base de pâte de riz, d'eau et de thé vert. Titziri en raffolait. Elle en mangeait parfois jusqu'à tomber malade. Demain, nous passerons devant sa stèle. C'est une offrande que je lui fais à chaque année.
Un silence gênant régnait. Legolas et Gimli étaient étonnés de savoir que malgré son acte, elle vint chaque année faire une offrande à la mémoire de sa jeune sœur. Devant leur silence, elle s'allongea et leur tourna le dos, bien décidé à dormir, elle fut cependant interrompue par Legolas :
- Pourquoi ne pas nous expliquer les raisons de votre geste.
L'humaine ne bougea pas :
- Vous ne m'adressez plus la parole pendant des jours et c'est maintenant que vous posez des questions ?
- Nous voulons comprendre. Vous avez tué tous les membres de votre clan et pourtant vous allez sur la tombe de votre sœur y faire une offrande.
Chandra se redressa en soupirant. Elle sortit de son sac un petit flacon transparent. Legolas reconnut la boisson qu'ils avaient goûtée dans l'auberge. Elle l'ouvrit et le bu d'une traite, histoire de se donner un semblant de courage :
- Bien. Je vais tout vous raconter. Après la mort de mon père Eotred devint le chef de notre clan. Afin d'accroitre son influence il donna sa sœur Harda à un puissant chef voisin, Tarsh. Tarsh était un combattant hors pair, il aimait plus que tout le gout du sang, l'alcool et les femmes, surtout lorsqu'elles sont jeunes et jolies. Lorsque Harda l'épousa il avait déjà eu de nombreuses épouses, dont la sœur de ma mère, Tekmi, morte en couches. Elle lui avait donné un fils, Méafor, qui ressemblait en tout point à son père. Cependant il ne lui restait plus qu'une épouse, Varaag, elle mit au monde une fille Rumiss ainsi qu'un fils Zaël mais elle vieillissait et pour cela Tarsh la délaissait. Nos deux clans se sont retrouvés pour la cérémonie de mariage et comme le voulait la coutume la fille suivante dans l'ordre de mariage se devait de chanter une prière pour garantir la fertilité de l'épouse. Pendant ma prestation, Tarsh me fixait inlassablement me rendant mal à l'aise. Je me suis empressée, à la fin de la prière à m'éloigner de lui et de son regard le plus possible. Je me suis retrouvée seule sur les berges d'une rivière. C'est là que son second fils me retrouva. Zaël était gentil, doux. On passa le reste de la soirée à discuter de tout et de rien, apprenant à se connaitre jusqu'à ce que l'évidence nous frappe. Nous nous aimions et au lever du jour nous nous fit le serment de nous unir. Après deux jours de festivité notre clan allait reprendre la route. J'appris par hasard qu'Azba et son fils prévoyaient de me donner à Tarsh le jour même en échange de sa fille Rumiss qu'il promettait à Eotred. J'ai prévenu Zaël et nous nous sommes enfuis avec quelques provisions en direction du Sud. On ne restait jamais trop longtemps à la même place et nous traversions souvent des points d'eau pour brouiller nos traces. On chassait pour manger, notre vie était dure mais on était heureux.
Chandra sortit son arguileh et prit une grande bouffée. Elle se détendit presque instantanément. Ses pupilles rétrécirent sous l'opiacé :
- Bien sûr, cela ne devait durer qu'un temps et alors qu'un matin, je découvris ma grossesse avec joie mon amant était partit chasser seul. Il revint plus tard que d'habitude et cela aurait dû me mettre en garde. Après avoir fait l'amour d'une façon plus que passionnée, j'eus à peine le temps de lui annoncer ma grossesse qu'Eotred et Méafor pénétrèrent dans notre tente et m'en firent sortir en m'empoignant par les cheveux. Zaël ne faisait rien. Il m'avait trahie. Pour une promesse de son père de lui rendre sa place confortable au sein de son clan, il me livra à lui. Il détourna les yeux sous mes cris et mes supplications. Eotred m'asséna un coup-de-poing dans le ventre pour que j'arrête de me débattre et je sentis le sang couler le long de mes jambes. J'avais perdu mon enfant. Zaël tenta alors de me calmer alors que je me tordais de douleur en me tenant le ventre. En de telle circonstance, ce qu'il y a de plus mauvais dans la nature humaine prend le dessus. Et sans réfléchir, je me suis saisie de sa dague de sa ceinture et lui ai planté dans la gorge. Alors que mes assaillants tentaient de le sauver d'une mort certaine, j'en aie profité pour m'enfuir. J'étais nue et je ne savais pas où aller, mais j'ai couru sans plus y réfléchir. J'ai fini par trouver refuge dans une grotte comme celle-ci. Pendant neuf jours, je pleurais la perte de mon enfant et maudissais mon amant pour sa trahison. Pendant neuf nuits, je priais et invoquai les dieux. Répétant inlassablement la même requête.
Chandra s'arrêta dans sa tirade. Elle ferma les yeux et se souvint de sa douleur. Des mots qu'elle prononçait chaque nuit. Elle se les récitait dans sa tête comme une mélodie. Elle se revoyait, à genoux sur le sol rocheux, le corps meurtris, s'adressant au ciel :
- Je vous en supplie. Entendez-moi, écoutez mes larmes, écoutez-moi bien, je réclame justice à corps et à cri, écoutez le chagrin qui à envahi mon cœur ! Venger moi et mon enfant. Par votre main ou par la mienne faites qu'ils souffrent mille tourments.
Revenant au présent, elle changea le charbon et reprit une grande bouffée avant de continuer son histoire :
- Mon désespoir finit par attirer un être indéfinissable. Il vint à moi, la puissance sombre du nord, Morgoth. Il me chuchota des mots réconfortants et m'assura qu'il avait le pouvoir de me délivrer de ma souffrance. Il m'offrit le pouvoir de les détruire en échange de quoi je ne devais laisser aucun survivant. Alors je les ai traqués. Un à un et je les ai tués. En commençant par ses femmes, des catins sans honneur. Je leur ai donné une mort rapide, sans souffrances ou presque. Ensuite vint le tour de sa sale progéniture. Je me délectais de leur souffrance, de les voir ramper à mes pieds, me suppliant. Il ne resta plus que lui. Je l'ai gardée pour la fin en le laissant dans l'horrible attente d'une mort prochaine. Je pris plus de plaisir que je n'aurai cru à lui arracher la langue, puis les yeux, avant de lentement faire glisser ma lame de son menton à son nombril. Son agonie fut lente, mon plaisir fut grand. J'ai laissé son corps et celui des siens pourrir. Aucun rite, aucune sépulture. Et puis il ne resta plus qu'elle. Ma sœur Titziri. Ma chère petite sœur, si innocente, si pure. Il lui avait ravi tout cela, il l'avait prise par compensation pour ma fuite. Elle était encore si jeune, elle avait à peine 16ans et il l'avait engrossé. Je devais la tuer, elle et le bâtard qu'elle portait. Je devais le faire. J'aurais pu le faire. Mais je ne pus m'y résoudre, la voire ainsi, recroquevillée sur elle-même à me supplier. Alors je l'ai laissée là-bas et je suis partie. Je sus plus tard qu'elle eut un fils, puis ce fils eu un fils, et celui-ci eut également un fils, je suppose qu'il en fut de même encore et encore. Mon histoire à du leur être contée, car chaque génération me traque, envoyant des mercenaires tout comme les cavaliers que l'on a croisés, cherchant à venger la tribu de leur aïeule. Je devrais peut-être le laisser, me trouver et accepter la mort qu'il me donnera avec joie. Car ce que je pensai être un acte de miséricorde devint ma malédiction. Et comme je ne pus honorer notre pacte, Morgoth, dans sa fureur de me voir si faible me condamna à une vie éternelle sans joie ni peine, sans douleur et sans changement, remplis de vide. J'ai perdu mon humanité dans ma soif de vengeance. J'ai eu la bêtise, dans ma tristesse, de croire à ses belles promesses. J'étais sotte et je le regrette depuis à chaque jour qui se lève.
Elle finit son histoire dans le silence générale. Gimli n'osait plus la regarder. Ressentant la souffrance dans ses paroles, il était gêné. Le prince, lui, regardait l'humaine, essayant de se mettre à sa place. Comprenant sa situation et se désolant pour cette énième victime de Morgoth, il finit par tiquer sur la dernière partie de son récit:
- Quel âge avez-vous ?
- 22 ans
- Depuis combien de temps ?
-Trop longtemps pour que je m'en souvienne. J'ai perdu la notion du temps. Je sais simplement que j'eus 22 ans en 3441 du second âge.
Chandra profita d'un moment d'effarement de la part des deux amis pour ranger son matériel avant de s'étendre. Décidant de ne plus la déranger d'avantage, ils en firent de même. Après plusieurs heures Legolas ne trouvait toujours pas le sommeil. Repensant sans cesse à l'histoire de l'humaine, il commençait à comprendre pourquoi elle n'aimait pas les elfes et tout ce qui s'y rapporte, elle était restée seule pendant tout ce temps. Son esprit était assailli de mille questions. Il fut interrompu dans ses pensées par un sanglot étouffé maladroitement provenant de la jeune femme. Se redressant, il hésita un instant avant qu'un nouveau sanglot ne le fasse réagir. Il se leva sans un bruit et avec agilité, comme seul un elfe peut le faire, il s'allongea près de l'humaine et passa un bras réconfortant sur son flanc afin de la rapprocher. Il pressa son torse contre son dos. Elle se tendit un moment sous le coup de la surprise, mais fini par s'abandonner à ce contact. Ils s'endormir ainsi. Le matin suivant, la tempête s'était levée et lorsque Legolas ouvrit les yeux, il tomba nez à nez avec une touffe de cheveux sombre. Ils n'avaient pas changé de position pendant la nuit, à l'exception du corps de l'humaine qui s'était collée plus en arrière à celui du prince. Le bras du prince était toujours en travers d'elle et frôlait, à chacune des respirations de la jeune femme, sa poitrine volumineuse. Sentant cela une bouffée de chaleur le submergea soudainement, il se releva brusquement, bousculant au passage la jeune femme qui s'éveilla. Lorsque leurs regards se croisèrent, ils rougirent, puis se tournant vers l'entrée de la grotte, ils virent un Gimli tout sourire. Alors que Chandra réunissait ses affaires Legolas et s'approcha de son ami et prépara les chevaux, voyant le regard plein de malice du nain, il décida d'étouffer la conversation dans l'œuf :
- Faites attention à ce que vous allez dire le nain.
- Je n'ai rien dit. Juste pensé que…
Legolas le coupa sans lui adresser un regard :
- Vous pensez trop fort.
- Ce que vous pouvez être timide vous les elfes. Vous manquez d'audace pour un principicule, regardé là. L'humaine n'a pas l'air gênée elle.
Legolas la regarda un bref instant. C'est vrai qu'elle n'avait pas l'air d'être aussi mal à l'aise que lui. Elle rangea simplement ses affaires. Peut-être qu'elle n'était pas aussi gênée que lui parce qu'elle a l'habitude de ce genre de promiscuité nocturne de la part des hommes. Cette pensée s'accompagna d'un amer sentiment de jalousie que le prince comme une boule dans la gorge. Il se ressaisit rapidement. Après tout, ils n'avaient rien fait de mal durant la nuit. Il l'avait simplement réconforté du mieux qu'il pue. Sans compter qu'elle faisait bien ce qu'elle voulait de son corps. En parlant de son corps, il profita qu'elle fut de dos pour mieux l'observer. De son point de vu d'elfe, elle n'est pas vraiment belle, bien trop petite, à peine 1m60, la poitrine trop généreuse, les hanches trop développées, la taille trop marquée, le teint irrégulier, les cheveux trop courts et le visage trop rond. De son point de vu de mâle, elle était un présent exotique, un cadeau précieux tout en courbes voluptueuses, une peau diaphane et rougissante sous le froid ambiant, des yeux noisette en amande, une bouche pulpeuse et rougissante et des cheveux noirs corbeaux couper en carré plongeant dont la frange rendait à son visage l'illusion des traits de l'enfance. Mais elle a dans les yeux une braise qui semblait se ranimer à chaque fois qu'il croisait son regard. De son point de vu de mâle, elle était un présent exotique, un cadeau précieux tout en courbes voluptueuses, une peau diaphane et rougissante sous le froid ambiant, des yeux noisette en amande, une bouche pulpeuse et rougissante et des cheveux noirs corbeaux couper en carré plongeant dont la frange rendait à son visage l'illusion des traits de l'enfance. Comment tant d'imperfection pouvait la rendre si attirante. Il s'asséna une gifle mentale :
- Par les Valar que m'arrive-t-il.
- Comment ?
Legolas sursauta quand il comprit qu'il avait parlé à voix haute. Devant le regard plus qu'insistant de l'humaine, il reprit son calme ainsi qu'une expression neutre. Chandra arqua un sourcil, mais ne dit rien. Ils reprirent leurs routes, longeant les pans de la montagne. L'ambiance était bien plus détendue que la veille et Gimli contait à la jeune femme ses faits d'armes. Riant des blagues du nain, elle sentit le regard insistant du prince dans son dos. Elle se retournant et ses yeux accrochèrent ceux de l'elfe. Elle lui fit un clin d'œil avant de se continuer sa conversation avec Gimli. Legolas esquissa un sourire mutin. Sa décontraction l'amusait. Le soleil atteint son zénith lorsqu'ils s'arrêtèrent devant une stèle dressée. Les diverses fissures ainsi que la couleur sombre de la sépulture trahissaient son âge. Chandra resta debout devant la pierre, la fixant avec tristesse. L'émotion la submergea, une larme coula le long de sa joue. La sentant sur le point de craquer, Gimli et Legolas décidèrent de l'attendre plus en avant. Ils s'éclipsèrent en silence et se posèrent à quelque pas d'elle de façon à la garder dans leur champ de vision. Après un temps, elle tomba à genou et posa doucement une main sur la tombe, comme une caresse. Elle sortit les sucreries de son sac afin de les poser au pied de la stèle. Les yeux fermés-t-elle commença à chanter d'une voix pleine de nostalgie la comptine que sa sœur aimait tant. Legolas écoutait au loin, le vent portant son chant :
- "Dango, dango, dango, dango, dango, la grande famille des dango.
Dango, dango, dango, dango, dango, la grande famille des dango.
Il y a le vilain dango grillé et la gentille dango au haricot rouge.
Il y a le dango au sésame et les quatre dango en brochette.
Si tout le monde se réunies, ça fait une famille de cent dango.
Bébé dango est heureux entouré de ses parents,
Pépé dango ferme les yeux attendant le sommeil.
Les dango se prennent la main et forment une grande ronde.
Ils construisent une ville sur la planète dango, là où tout le monde rit.
Les lapins leur font un signe de la main depuis la grande lune.
Elle qui enveloppe tout, les événements heureux comme les tristes."
Elle finit par se relever et après un dernier regard, elle commença à se diriger vers ses compagnons. À peine eu t'elle fait un pas qu'une corde elfique la saisit par le cou la traînant en arrière.
C'est la fin pour ce chapitre.
La comptine est une traduction libre de la chanson Dango Daikazoku de l'anime Clannad.
J'attend vos conseille et autre remarques, en se moment je suis emplie de doute concernant cette histoire.
Tchüss.
