Caro-hearts : Je te remercie chaudement pour ton commentaire. Je suis ravie que mon histoire te plaise ainsi que Chandra. Je m'efforce de ne pas trop en faire avec elle histoire qu'elle ne soit pas trop une Mary Sue. J'aime lui donner ce côté libertine. Mais j'avoue n'être pas totalement objective sur mon personnage donc les commentaires m'aides beaucoup. N'hésite pas à continuer de commenter et à me donner un avis sincère.
Maintenant qu'elle y repensait, oui cela faisait bien environ minimum 25 ans qu'elle n'était pas venue dans ce village, à l'époque il était encore tranquille, un petit bourg comme elle avait coutume de voir, indemne des pillards. Mais plus les orcs sont chassés loin dans les terres plus ils deviennent agressifs, si tant est qu'ils puissent l'être plus que leur nature. Les attaques devenaient de plus en plus destructrices bien que leurs nombres ne cessaient de décroître. De plus les petits villages comme celui-ci tendent à disparaître, la majorité préfère se rapproché des grandes villes comme Albyor ou Vieille-Tombe afin de trouver du travail ou simplement pour se protéger des orcs encore trop présent dans la nature. Un cercle vicieux dont les quelques familles trop pauvres pour partir ne peuvent s'extirper. Ces dernières, les plus démunit, ce retrouvent à errer dans des ruines plus ou moins entretenu, élevant ça et la quelques bêtes et luttant chaque jour contre les éléments pour cultiver une terre aussi rude qu'inhospitalière. La porte s'ouvrit sur un visage d'homme qui fut sans nul doute très beau par le passé Mais qui c'était creusé durement. Des yeux noirs profond, un teint bruni par le travail aux champs et quelques cheveux blancs parsèment ses cheveux de jais ondulés. Un instant il observe de son regard dur la petite humaine en face de lui. Il la toise un moment du haut de son 1m80 puis au bout de quelque instant son visage sembla s'illuminer d'une surprise certaine. Il approcha doucement sa main du visage de la jeune femme et avec une douceur extrême il la posa sur sa joue en une caresse :
-Chandra ? C'est bien toi ?
-Bonsoir Cyrus. Ca fait longtemps.
-Longtemps ? Cela fait exactement 27ans que tu es partie sans laisser de trace et sans me donner de nouvelle. Je te pensais morte.
Sa voix se brisa. Il attrapa le menton de la jeune femme et lui fit relever le visage. Il examina un instant son visage méticuleusement :
- Le temps n'a eu aucune emprise sur toi. Cela fait presque une trentaine d'années et tu semble ne pas avoir vieillie d'une semaine. Tu es toujours aussi belle.
Resté en retrait Gimli et Legolas semblait gênés d'être là. Le prince trouva ce vieil homme bien familier envers leur guide. Et cela ne lui plaisait pas. Il fronça légèrement les sourcils ce qui fit rire le nain dans sa barbe. Remarquant cet étrange manège entre les deux compères la jeune femme décida de couper court à cet échange :
-Je te présente mes compagnons. Gimli et Legolas. Je leur fait visiter la région ils viennent de l'Ouest. Est-ce possible de nous héberger pour la nuit. Nous paierons bien entendus.
L'homme enleva sa main et se retourna vers les deux compagnons. Après les avoir jaugé des pieds à la tête il s'écarta de la porte et les invita à entrer. Le nain passa en premier et salua l'hôte d'un sourire qui lui fut rendu. Lorsque le prince s'approcha il ne reçut qu'un regard condescendant mais le laissa s'engouffrer dans la chaumière :
-Un elfe. Chandra tu voyage avec des elfes maintenant ? Cela ne te ressemble pas. De toutes les personnes que j'ai connues tu es celle qui les déteste le plus.
-Les temps changent Cyrus et les gens avec.
L'humaine rentra à son tour. Cyrus regarda un moment l'horizon et les nuages sombres et épais qui s'approchaient rapidement :
-Il y aura une tempête ce soir. Encore.
Une fois la porte fermé il se retourna pour présenter sa famille à ses invités :
-Chandra je te présente Guda, ma femme. Tu te souviens sans doute d'elle. C'est la fille du meunier.
Une grande femme maigre aux longs cheveux châtains et au visage inexpressif remuait la soupe qui mijotait dans l'âtre. La maisonnée n'était pas grande, elle se composait d'une vaste pièce seulement. A gauche de la porte, au fond de la pièce se trouvait un grand lit pouvant accueillir 3 personnes ainsi qu'une grande table en bois massif qui prenait largement de l'espace avec des bancs disposés de chaque côté, le feu était au centre de la maison pour permettre à la chaleur de se diffuser de façon homogène. De l'autre coté un lit de moyenne taille était collé contre le mur. De l'autre coté un autre lit également de taille moyenne était déjà occupé par deux petits garçons :
-Ce sont mes plus jeunes fils, ils ont 6ans. Naim et Ziad. Pour le moment ils dorment, les jumeaux sont tombés malades il y a quelques jours mais maintenant ca va mieux. Un simple rhume. Voici ma fille Ahdia. Elle à 12ans.
La jeune fille ressemblait beaucoup à sa mère. Elle était mince voir maigre avec le teint terne et les yeux fatigués. Signe de carence. Elle semblait très concentrée sur son ouvrage de couture et ne releva pas les yeux :
-J'ai un autre fils. Il a 20ans. Il est partie nourrir les bêtes mais ne devrait plus tarder. La famille, je vous présente Chandra, une vieille amie, ainsi que ses compagnons de voyage Gimli et Legolas. Ils dormiront avec nous cette nuit.
A ses mots Guda et Ahdia relevèrent les yeux de leur occupation. Après quelques secondes elles se remirent à l'œuvre :
- Excusez-les. Nous n'avons plus l'habitude de voir des étrangers, elles sont un peu timides. Asseyez-vous.
Les trois voyageurs s'installèrent sur les bancs et Cyrus leur apporta une bouteille d'alcool de pomme. Une fois les verres servies Guda remit le couvercle sur sa marmite et s'installa avec eux au coté de son mari. La jeune Ahdia posa son ouvrage et commença à sortir la vaisselle pour mettre la table. Toujours dans le silence. Dehors l'orage gronde comme une menace imminente et le vent se fait de plus en plus violent. Gimli buvait silencieusement son verre pendant que Legolas observait, au travers d'une fenêtre, la nuit qui s'installe. Cyrus et Chandra continuait d'échanger des banalités mais une question brulait les lèvres de la jeune femme. Profitant que l'homme en face d'elle prenne une gorgé de son verre elle se lança :
-Et ta sœur, Cyrus, comment va-t-elle ? Elle est partie ouvrir une boulangerie en ville ? Je me souviens que c'était son rêve.
-Elle à toujours aimé cuisinier et voulait être son propre patron.
La voix du brun était nostalgique et basse, à cette intonation la jeune femme s'aperçue tout de suite que pendant son absence beaucoup de chose avait changé. Elle prit soudainement conscience de la fragilité de la vie humaine et que les personnes qui lui on offert l'hospitalité ne sont que des créatures éphémères. Elle posa avec compassion sa main sur celle de l'homme :
-Quand est-ce arrivée ?
L'homme prit sa main et la caressa doucement, appréciant silencieusement ce contact il la regarda dans les yeux :
-Un peu après ton départ Miraï à commencé à tousser et à faire de la fièvre, elle se plaignait souvent de courbature et son état s'aggravait avec le début de l'hiver. Cela ne durait jamais longtemps mais se reproduisit souvent. Un soir, alors qu'elle allait mieux depuis plusieurs semaines, elle cracha du sang. Pas beaucoup, seulement quelques gouttes. Mon père décida de partir vers le village voisin pour chercher le docteur. Il ne revint jamais, et ma petite sœur mourut avant l'aube. Après cela ma mère ne riait plus, ne parlait plus et ne sortait que pour s'assoir sur la tombe de ma sœur et pleurer. 8 années passèrent comme cela et un soir alors que je rentrais des champs ma mère c'était pendus dans la grange.
-Et ton père ? A tu eu des nouvelles ?
-Avant que le village ne se dépeuple certains ont racontés qu'il en avait profité pour partir avec une autre femme plus riche, une fille de marchands. Mais après le suicide de ma mère j'appris que mon père était bien allé jusqu'à chez le médecin et que celui-ci lui avait donné un remède pour calmer la toux. Il à dû se faire attaquer sur le chemin du retour.
-Je suis désolé pour toi. Sincèrement désolé.
Cyrus la fixa dans les yeux et sur une impulsion il se redressa et se pencha légèrement sur la table. Il se saisit d'une de ses mèches de cheveux et la replaça derrière son oreille en souriant faisait rougir son amie. Legolas qui avait fini sa contemplation du ciel failli s'étouffer en voyant cela. Comment Chandra pouvait laisser un homme de cet âge être si familier avec elle ? Et surtout comme cet homme pouvait se permettre d'agir ainsi devant son épouse ? Il tourna son regard vers elle et ne vit rien. Elle était comme éteinte, assise, regardant un point invisible sur la table. Elle ne semblait avoir que peu d'intérêt pour ce qu'il se passait autour d'elle, excepté pour ses enfants. En effet elle ne redressa la tête que lorsqu'un un des petits se mettait à tousser. Alors que la pluie et le vent s'amplifiait la porte s'ouvrit brutalement et se referma rapidement, faisait sursauté tout les occupants de la mansarde. Un jeune homme d'une vingtaine d'année se séchait activement les cheveux. Il était beau, quoique légèrement trop mince. Un visage symétrique, des yeux noirs profond et des cheveux chatains :
-Pardon de mon retard père.
-Ce n'est rien. Mon fils je te présente Chandra, une amie de longue date, ainsi que ses compagnons Gimli et Legolas. Chandra voici mon fils, Erosh.
-Enchanté.
Le jeune homme s'installa à cote de sa mère et sa petite sœur commença à servir la soupe. Le repas était frugal, surtout pour Gimli, mais ils étaient tout de même très reconnaissants. Apres le repas, la mère partie nourrir les petits qui ne pouvait plus dormir à cause de l'orage. Cyrus expliqua que depuis une attaque sur leur village les jumeaux était terrifiés à chaque coup de tonnerre, cela leur rappelai les hurlements de cette nuit macabre. Alors que la mère était couchée dans le lit avec les jumeaux la petite Ahdia s'installa au pied du lit pour continuer son ouvrage. Cyrus continuait de remplir les verres de ses invités :
-Au fait Chandra, si je me souviens bien tu voulais être barde ?
-C'est exact.
-Et si tu nous chantais quelque chose ?
-Cela fait longtemps Cyrus.
-Pour calmer les petits ?
L'humaine soupira puis accepta. Elle se leva et s'assit à même le sol près du foyer. Gimli se prépara une pipe et Legolas s'assit en bout de table. Cyrus et son fils se levèrent et se mirent sur l'autre lit. Tous regardaient avec insistance la jeune femme. Tous sauf Ahdia qui continuait sa couture. Chandra ne savait pas quoi chanter. Cela faisait longtemps qu'elle n'à plus eu de public et ses chants sont un peu désuets. L'orage se mit à gronder plus fort et les enfants se cachèrent sous leur couette. L'humaine se rappela alors d'une chanson qu'elle avait entendus dans lors d'un mariage. Elle prit son inspiration et a la fin d'un énième coup de tonnerre commença son histoire :
Soufflent les vents, tonne l'orage
Pleurent les enfants dans leurs lits sans bouger,
Nul ne sait jamais les consoler
Sans raconter l'histoire de Lady Fae.
Soufflent les vents, tonne l'orage
Jusqu'à l'horizon les badauds envoutés,
Nul ne sait les ignorer chanter
Les vertus magiques des souliers de Lady Fae.
Les jumeaux sortirent de sous leur couette et écoutèrent avec attention la jeune femme:
Soufflent les vents, tonne l'orage
Lorsqu'on l'aperçoit on ne peut l'oublier,
Mais nul ne sait jamais la rattraper
En suivant les traces des souliers de Lady Fae.
Soufflent les vents, tonne l'orage
En haut de la colline elle a sa maisonnée
Nul ne sait espérer l'approcher
Sans porter les souliers de Lady Fae.
Ahdia mit de côté son ouvrage et s'approcha plus près de Chandra voyant cela les jumeaux sortirent de leur lit avec leur couette et s'installèrent devant la jeune femme, faisant sourire cette dernière. Le tonnerre grondait toujours mais ils ne semblaient plus l'entendre :
Soufflent les vents, tonne l'orage
Elle prend de sa main la vie des étrangers
Nul ne sait fouler la route aux souliers
Sans trouver la mort aux portes de Lady Fae.
Soufflent les vents, tonne l'orage
Celle qui tient le fort reste une fille à marier,
Elle attend le jour où l'un d'eux va passer
La porte de la demeure de Lady Fae.
Soufflent les vents, tonne l'orage
L'un d'eux s'est épris de la belle aux souliers,
Il traverse les champs de félons statufiés
Sans quitter des yeux le château de Lady Fae.
Soufflent les vents, tonne l'orage
Il n'a que faire des légendes oubliées,
En poussant la porte il espère trouver
Ces yeux qui le hantent ce sont ceux de Lady Fae.
Soufflent les vents, tonne l'orage
Voyant sa promise il s'est agenouillé
Lui demandant sa main, déposa un baiser
Sur les souliers enchantés de Lady Fae.
Alors que l'orage se calmait Chandra se pencha en avant et chuchota les dernières paroles comme un secret aux enfants qui buvait littéralement ses paroles:
Depuis ce temps, tous les enfants sages
Ont écouté mille fois cette chanson du passé
Par-delà le fort ils se sont épousés
Laissant derrière eux les souliers de Lady Fae.
Et voila le nouveau chapitre j'espère qu'il vous a plus, n'hésiter pas a me dire ce que vous en penser dans les commentaires. Toute critique est bonne à prendre.
La chanson est "Lady Faë" du Naheulband.
Dabizou.
