Le mercredi suivant le weekend chez les Lightwoods…
PDV Magnus
Je n'avais, mais alors vraiment pas envie, de faire ça. Mais il le fallait, car je pense être un des seuls au monde à la connaître. Mais bon… Ce n'est un secret pour personne que Camille Belcourt est une manipulatrice de très grand niveau. C'est difficile à croire que fut un temps où je l'ai aimé.
-T'es sûr de vouloir faire ça ? Demanda Raphael, alors que nos regards longeaient sur la façade de l'hôtel Dumort. Elle était peu éclairée puisqu'il faisait nuit noire.
-Je crois que je n'ai rien à perdre de toute façon.
-Si, justement, me surprit Raphael en se tournant vers moi. Je la déteste Magnus. Depuis toujours et pendant les centaines d'années où j'ai dû supporter son règne. Mais je la déteste surtout parce qu'elle t'a fait souffrir. C'est hors de question qu'elle recommence.
Je souris, car j'adore ce côté de Raphael. Il paraît grincheux et insensible, mais il est en faites très protecteur. Je posai ma main sur son épaule :
-Ne t'inquiète pas pour moi. Je crois qu'elle ne peut plus m'atteindre. J'ai beau essayer… J'ai oublié les raisons pour lesquelles j'ai un jour aimé cette femme.
Raphael allait me répondre mais il s'arrêta, sentant que nous n'étions plus tous seuls.
-Ils sont là, dit-il.
Et en une seconde seulement, nous étions encerclés. Par une douzaine de vampires.
-Raphael Santiago, dit la jeune fille émergeant du groupe de vampires qui s'écartaient pour la laisser passer.
-Lily Chen… Je ne pensais pas dire ça un jour mais je suis heureux de te revoir.
-Ca fait plaisir à entendre venant d'un vieil ami, dit-elle en roulant les yeux avant de les poser sur moi. Et Magnus Bane…
-Où est-elle ? Demandai-je directement.
-Enfermée dans un cercueil, bien sûr. On l'a attrapé hier soir.
J'hochai de la tête, prenant une grande inspiration alors que Lily m'invitait à la suivre à l'intérieur de l'hôtel. Cet endroit avait quelques peu changé, mais c'était connu que Lily aimait redécorer. Je la suivis quelques minutes en silence, jusqu'à la porte au fond d'un couloir.
-Sois libre d'ouvrir le cercueil quand tu veux. La pièce est sécurisée de toute façon, elle ne peut normalement pas s'échapper, me dit Lily en m'ouvrant la porte.
-D'accord. Je te préviens d'avance, je ne sais pas pourquoi vous pensez qu'elle m'écoutera, moi.
-Tu as beaucoup plus d'impact sur elle que tu ne le penses, rajouta la vampire avant de glisser une seringue dans ma poche.
J'aimerais tellement la croire… Je soupirai, fixant le sol en marbre de la pièce pendant une seconde, pour ensuite relever les yeux vers le seul cercueil dans la pièce. Je m'avançai, et sans vraiment y réfléchir, je le déverrouillai. Je me retournai vers la porte, dos au cercueil désormais ouvert.
-Mmmh, cela aura été une courte séquestration, dit cette voix mielleuse qui auparavant me faisait éprouver de multiples émotions. Mais là ? Rien. Juste une voix féminine, presque ennuyeuse.
-Finissons-en, veux-tu ?
-Bonjour à toi aussi mon amour… Je savais que tu viendrais me chercher, dit Camille un grand sourire aux lèvres.
-Vraiment ? Parce que moi je ne le savais pas.
-Je sais l'effet que je produis sur toi.
-J'ai arrêté de ressentir un quelconque sentiment à ton égard depuis plusieurs siècles déjà.
Je finis par me retourner pour la confronter, et comme d'habitude elle arborait ce sourire narquois comme si elle pensait encore savoir me cerner comme un livre ouvert. Mais j'ai changé, et je ne suis plus le petit jouet avec lequel elle s'amusait.
-Mmmh, si tu le dis. Dans ce cas, Magnus, que viens-tu faire ici ? Te réjouir de mon emprisonnement ? Oh, ou tu es venu te venger parce que j'ai semé la zizanie avec ton mignon petit terrestre ?
Le fait qu'elle parlait d'Alec m'énervait mais je ne voulais pas lui montrer. Elle ne mérite pas que je m'énerve pour elle.
-Je suis venu pour te parler. Pour que tu arrêtes de transformer des terrestres innocents à tout va. Tu sais très bien que l'immortalité est plus une malédiction qu'un cadeau.
Elle resta silencieuse, les bras croisés, marchant dans la pièce, faisant claquer ses talons hauts sur le marbre gris. Elle me narguait, comme toujours.
-Oh, et si tu te demandes, Alec va très bien, il te passe le bonjour, rajoutai-je et je fus satisfait d'enfin voir une émotion sur son visage de garce.
Elle était visiblement étonnée qu'Alec restait avec moi malgré mon passé.
-Je dois dire que j'ai devant moi un autre Magnus Bane. Celui que j'ai connu jouissait de son immortalité au jour le jour. Tandis que maintenant tu es devenu un tout, tout petit, souvenir du sorcier puissant que tu étais… Le Grand Sorcier de Brooklyn ! Quel dommage que vous les sorciers perdez vos pouvoirs ainsi… Magnus, ne te voile pas la face mon trésor. Tu es désormais devenu un mortel toujours aussi naïf en amour.
C'est donc ça ? Elle est juste heureuse de pouvoir se moquer de moi et de ma nouvelle mortalité, du fait que les vampires demeuraient les seules créatures capables de garder leur immortalité s'ils le voulaient… Elle savait où viser pour me faire mal. Mais en voyant le collier pendant à son cou, je souris moqueusement car je connaissais aussi un de ses points faibles.
-Je vois que tu portes encore son collier, dis-je en le pointant de la tête, ce qui la fit tout de suite réagir.
Ses yeux se noircirent, tandis que son sourire tomba furieusement. Elle posa la main inconsciemment sur son médaillon. C'était le médaillon offert par le seul homme que Camille ait aimé alors qu'elle était encore humaine. Mais il l'a rejeté en apprenant qu'elle était devenue un vampire. Je pense que c'est ce jour-là qu'elle est devenue la femme dénuée de sentiments que je ne connais que trop bien. Elle s'est fait briser le cœur.
-Je te le répète Camille, j'ai arrêté de ressentir quoique ce soit te concernant depuis bien longtemps, et cela vaut aussi pour tes mots.
Je la vis serrer les poings, et je me rapprochai alors d'elle à petits pas tout en continuant ma tirade :
-Je suis peut-être naïf comme tu le dis si bien en amour, mais et toi ? Sais-tu au moins ce qu'est l'amour ? Le sais-tu encore ? Parce que moi je pense que tu es une coquille vide de touuuut sentiment… Alors, écoute bien ces mots car je les pense du plus profond de mon cœur : Tu es peut-être mon passé, mais Alec est mon futur. Tu es morte à mes yeux, Camille.
Je lui crachais pratiquement ces mots à la figure alors que nous n'étions qu'à quelques centimètres et que ses yeux étaient plein de fureur. Je ne l'avais jamais vu aussi atteinte par des mots, encore moins les miens. Lily avait raison : j'ai encore un impact sur elle.
J'en profitai donc pour sortir la seringue que m'avait glissé Lily dans ma poche pour la planter dans le bras de Camille qui n'eut pas le temps de réagir.
-Magnus ! L-lâche-moi ! Glapit-elle.
Je ne sais comment mais une grande force arrivait à me faire garder prise sur elle, malgré ses réflexes de vampire. L'adrénaline, sûrement.
-Tu sais ce qu'il y a dans cette seringue, pas vrai ? Chuchotai-je près de son oreille. C'est cette substance qui a re-transformé des tonnes de vampires et de loups-garous en humains.
-Magnus…
-Je pousse cette seringue, et c'en est fini de toi et de ta pathétique immortalité. De ton besoin incessant de gâcher la vie de milliers de terrestres. Tout ce que j'ai à faire c'est appuyer là et-
-Non, s'il te plaît…
C'était bien la première fois que j'entendais Camille dire ce mot. Je finis par la lâcher et sa rapidité vampirique l'éjecta au bout de la pièce, elle en reversa son cercueil.
-Je suis clément pour cette fois mais je te préviens d'une chose, dis-je d'une voix tellement sèche que je ne me reconnus pas. Si je te revois encore une fois dans le coin, je ne vais pas seulement te rendre terrestre… Je te tuerai, moi-même. Immortel ou pas.
De la terreur se lisait sur son visage, que j'ai longtemps trouvé magnifique. Je devais vraiment avoir l'air menaçant. Je finis par me retourner et je sortis de cette pièce qui me paraissait étouffante avant de refermer la porte blindée. Je m'y appuyai contre et expirai longuement, ne m'étant même pas rendu compte que je retenais ma respiration.
-Magnus ?
Raphael était juste devant moi, m'attendant visiblement. Il écarquilla les yeux en me fixant :
-Magnus, tes yeux.
C'est pour cela… Mes yeux de chat étaient dévoilés. C'est pour cela que Camille était tant effrayée après que je l'ai menacé. Je n'avais pas perdu le contrôle de mes yeux depuis longtemps, surtout que je n'ai plus de magie désormais. Je réussis à les masquer à nouveau et reportai de nouveau mon attention sur Raphael.
-Tu peux dire à Lily que j'ai réglé le problème. Par contre, il va falloir se dépêcher, le soleil va se lever et on a des choses à faire.
-Quelles choses ? Demanda Raph'.
-Aider mon petit-ami à préparer une fête d'anniversaire.
PDV Alec
On est seulement mercredi, et j'ai déjà une semaine de dingue. Entre mes cours et mon nouveau boulot, je ne sais plus où donner de la tête. Sans oublier que c'est l'anniversaire de Lydia demain et on a beau être peu, je veux que tout soit parfait. Lydia est une de mes meilleures amies, je veux qu'elle apprécie ce moment.
Et avec tout ça je ne sais toujours pas où est Magnus ! Il m'a dit que lui et Raphael devaient s'occuper de choses importantes… Je savais que ça impliquait l'autre catin vampirique donc je ne voulais pas trop m'impliquer, mais il était 21h passé, et je n'avais toujours aucune nouvelle… Je ne peux pas m'empêcher de stresser car je sais que Camille est dangereuse, et aussi parce que notre dernière rencontre avec elle a failli nous séparer, Magnus et moi. Et puis… Je devais l'avouer, cette garce a un jour partagé le même lit que MON homme, et je n'aime pas ça. Bon, je n'ai plus qu'à attendre en me regardant un épisode de Stranger Things.
Mais alors que j'allais sur Netflix, j'entendis la sonnette. Je souris, persuadé que c'était Magnus et me précipita à la porte. Seulement quand je l'ouvris, j'eus une toute autre surprise.
-Max ?!
-Salut Alec… Me dit-il tout penaud, serrant la lanière de son sac-à-dos.
-Mais… Qu'est-ce que tu fais tout seul à New York à cette heure-ci ? Et comment t'es arrivé là ?
Je fis rentrer mon petit frère qui s'assit sur le sofa, un air renfrogné sur dessinant sur son visage.
-Je suis parti de la maison, j'ai fait du stop jusque Long Island puis j'ai pris plusieurs métros.
-Quoi ?! Mais t'es complétement inconscient de monter dans la voiture d'inconnus en pleine nuit comme ça ! Et pourquoi tu as fugué de la maison, d'abord ?
-Parce que je ne veux pas que ça se passe comme ça ! Explosa Max en se levant du sofa, agitant ses mains.
-De quoi tu parles ? Questionnai-je, confus.
-Je ne veux pas que les parents divorcent !
Je compris de suite, il venait d'apprendre et ne digérait visiblement pas la nouvelle… Je soupirai, allant m'asseoir à mon tour.
-Ils te l'ont dit…
-Non, j'ai surpris une de leurs conversations. Parce qu'évidemment, c'est toujours comme ça que ça se passe : je ne suis au courant de rien !
-Max, tu es le plus jeune, il y a certaines choses qu'on ne te dit pas pour ton b-
-Mais je ne suis plus un bébé moi, merde ! Je vais avoir 14 ans, je mérite quand même de savoir les choses importantes qui se passent dans ma famille non ? Vous m'avez enfermé dans une bulle depuis mes 8 ans parce que j'avais une tumeur au cerveau, mais là je suis guéri et j'en ai marre, tout ce que je veux c'est en sortir moi de cette foutue bulle !
Je restai silencieux un moment, d'une part parce que j'étais choqué de la colère de Max, et d'autre part parce qu'il ne parlait jamais de sa tumeur, jamais. Izzy, Jace et moi n'aimons pas non plus aborder ce sujet parce que des souvenirs de notre petit frère sur un lit d'hôpital font très mal… Mais pour Max ? C'est comme si ça n'était jamais arrivé.
-Reviens t'asseoir, s'il te plaît, lui demandai-je sur un ton plus calme.
Il s'assit à côté de moi, pas sûr de ce que je voulais lui dire ou faire, et je dois avouer que moi-même je ne savais pas les mots pour ces moments-là. Je pense que je n'ai plus qu'à parler avec mon cœur…
-Max… Pendant deux ans de ma vie, j'ai cru que tu allais mourir. Je me réveillais chaque jour avec la peur que le jour où on t'enlève cette tumeur, une fausse manœuvre soit faite et qu'on te perde pour toujours. Izzy se réveillait tous les mardis en pleurant parce que c'étaient tes jours de radiothérapie à l'hôpital. Maman et papa ne prenaient même plus le temps de se disputer tellement ils étaient inquiets pour toi.
Je dis cette dernière phrase avec un faible rire, réalisant qu'au moins désormais il n'y aura plus de disputes…
-Mais je pense qu'on a tellement été submergés par nos propres inquiétudes qu'on en a oublié ce que toi tu ressentais dans tout ça. T'étais qu'un enfant… Ecoute je suis désolé si tu as l'impression d'être éjecté de cette famille et de ce qui s'y passe. Mais nous tout ce qu'on veut c'est ton bonheur à toi, petit frère.
Max, la tête baissée, finit par hocher de la tête.
-Désolé de t'avoir crié dessus… Le truc aussi c'est qu'avant c'était pas grave quand papa et maman faisaient des siennes, parce que je savais que toi, Jace et Izzy étaient là. Mais maintenant…
C'est vraiment dans ces moments-là que je me sens comme le pire frère du monde… J'avais évité la maison à tout prix pour éviter ma mère et à cause de ça j'avais délaissé Max.
-Je suis désolé… C'est de ma faute, c'est juste que tu sais à quel point c'est tendu entre maman et moi depuis plusieurs années.
-Je t'en veux pas, me rassura mon petit frère. Elle a été injuste avec toi au lycée.
J'acquiesçai tout en me disant que Max était vraiment mature pour son âge, il a raison, on ne devrait plus lui cacher des choses comme ça pour le bien de la famille.
-Bon, ne m'en veux pas mais je vais devoir appeler les parents pour les prévenir, ils doivent sûrement te chercher partout.
-T'es obligé ? Ils vont me gronder comme jamais.
Je ris de bon cœur, ayant de la peine pour lui, le pauvre. Il a de la chance si maman ne lui fout pas la raclée de sa vie.
(Toujours PDV Alec)
Max avait donc passé la nuit chez moi, et Magnus lui n'était pas revenu mais m'avait envoyé un message pour me dire que tout s'était bien passé et qu'il rentrait se reposer chez lui. Le lendemain, comme j'avais prévenu Izzy de la fugue de Max, elle m'avait demandé de passer à son appartement avec lui dans l'après-midi.
-Izzy va sûrement me faire un sermon aussi pour avoir fugué, se lamenta mon frère alors qu'on montait l'immeuble jusqu'à l'appartement d'Isabelle et Simon.
-Tu sais qu'elle est la plus protectrice envers toi, fallait t'en douter mon pote, lui dis-je amusé.
Izzy m'ayant donnée une clé, j'ouvris la porte d'entrée, m'attendant à voir Izzy se jeter sur nous pour voir si Max allait bien mais j'eus une toute autre surprise en rentrant dans le living-room : ma mère était là et serrait Izzy dans ses bras.
-Maman ?
Ma sœur et ma mère se retournèrent, remarquant notre entrée et ma mère se précipita tout de suite vers Max :
-Max ! Mon bébé, tu nous as fait tellement peur…
-Maman, tu m'étouffes là… Mais excuse-moi d'être parti et de vous avoir inquiété, réussit à dire mon petit frère dans leur étreinte serrée.
-Je suis heureuse que tu n'aies rien. Mais tu vas avoir des problèmes jeune homme ! Pourquoi es-tu parti comme ça et sans prévenir ?
-A ton avis ? Dit-il d'un ton un peu plus froid.
Maman se figea alors que Max la songeait, les bras croisés. Max n'était cependant pas en colère comme je l'ai vu être hier soir, je pense qu'il est surtout peiné par notre situation familiale. Ma mère mordit sa lèvre avant d'inspirer profondément :
-Je suppose que j'ai mes tords et que ton père et moi allons devoir discuter avec toi. Est-ce que tu peux attendre dans la cuisine pendant que je discute avec ton grand frère s'il te plaît ?
Max n'émit aucune protestation et hocha de la tête avant d'aller dans la cuisine, faisant un câlin à une Isabelle soulagée en passant. Je restai silencieux après le départ de Max, ne sachant pas trop quoi dire alors qu'on se retrouvait à trois dans le living. Je constatai que ma mère avait les yeux brillants comme si elle retenait ses larmes, mais que c'était également le cas pour Izzy… Qu'est-ce qu'il se passe pour qu'elles soient aussi retournées ? Je suis conscient que la fugue de Max a dû les inquiéter mais cela faisait longtemps que je n'avais pas vu Izzy et maman s'éteindre…
-Je… Je ne pensais pas que tu viendrais sur New York pour venir le chercher, dis-je pour rompre le silence.
-Je voulais m'assurer qu'il allait bien, j'étais tellement inquiète hier soir quand je ne l'ai pas vu revenir du collège… Merci Alec, je suis rassurée qu'au moins il se rappelait de l'adresse de ton appartement. Aussi, il faut qu'on parle…
-Maman, si c'est à propos de notre discussion avant que je parte l'autre jour, je ne préfère pas.
-Non, Alec, s'il te plaît écoute-la, lâcha Izzy ce qui me surprit.
Je finis par accepter vu que même Izzy estimait que c'était important. Je m'assis alors sur le canapé en face du sofa où elles s'installèrent, des tasses de café froid sur la table basse nous séparant. Ma mère n'avait pas l'air de trop savoir par quoi commencer, et je la vis jouer avec ses bagues nerveusement.
-Je dois dire que l'escapade de Max est tombée comme un signe pour moi, pour que je vienne vous parler sérieusement, commença-t-elle. Je m'excuse profondément pour la manière dont votre père et moi vous avons annoncé les choses ce weekend, c'était maladroit et d'une manière beaucoup trop dure pour vous à encaisser… Alec, chéri, il y a un nombre incalculable de choses pour lesquelles je te dois des excuses, mais je pense que je dois d'abord te dire la vérité, la raison pour laquelle ton père et moi divorçons.
… les prochains mots qu'elle prononça ensuite fut un choc pour moi. J'avais imaginé tout, vraisemblablement tout, sauf ça :
-Votre père m'a été infidèle.
C'est pas possible… Comment il a pu… Je ne sais même pas quoi dire. Je restai silencieux tandis que je vis Izzy se retenir de pleurer à nouveau. Je me serais bien levé pour la consoler mais à cet instant précis, je suis perdu.
-J'ai voulu t'en parler avant que tu partes ce weekend mais j'ai bien vu que tu n'aurais pas voulu m'écouter, ce que je comprends totalement. J'ai été… immonde avec vous deux pendant des années, vous dictant toujours comment être et quoi faire alors que j'avais déjà des enfants merveilleux. Alexander, Isabelle, je suis tellement désolée si vous saviez. Vous, Max et Jace êtes tout ce qui compte pour moi, même si je ne sais pas vous le montrer souvent. Je pense que c'est en partie pour ça que votre père s'est… détourné de moi.
-Rien ne justifie ce qu'il a fait, dis-je enfin, me brisant de mon mutisme. Je… Maman, je suis désolé de ne pas t'avoir écouté avant de partir.
-Ce n'est rien chéri, dit-elle en se levant pour s'asseoir sur l'accoudoir de mon canapé.
-Non ce n'est pas rien ! Je-je t'ai dit des choses horribles alors que je ne savais pas ce que papa avait fait.
-S'il vous plaît, n'en voulez pas trop à Robert. Il y a des choses qu'on a besoin de régler entre nous, entre adultes. Mais après ça…
Maman prit chacune une de nos mains à moi et Izzy, qui s'était levée de sa place aussi.
-Après ça, je veux essayer de réparer ce que j'ai brisé entre nous. Mes enfants me manquent et je veux être capable d'être la mère que vous attendez de moi. Plus de secrets, je vous le promets.
Je ne me souviens pas de quand j'ai commencé à pleurer mais cela m'importait guère alors que j'enveloppai ma sœur et ma mère dans une étreinte. Pour la première fois depuis des années, je suis content d'avoir discuté avec ma mère. On finit par se séparer mais nos mains ne se lâchaient toujours pas.
-Merci maman… Merci d'essayer. Il faudrait peut-être que tu ailles voir Jace aussi pour lui expliquer tout ça. Je crois qu'il est celui le plus perturbé par tout ça, avec… son enfance et tout.
-C'est déjà fait, il est le premier que j'ai été voir, sourit-elle. Pour tout te dire, c'est une personne en particulier qui m'a poussé à venir vous parler, ton petit-ami Magnus.
-Pardon ? M'écrai-je, interloqué.
-Après notre dernière discussion et avant que vous partiez, il est venu me parler d'une manière très… charmante. Et m'a expliqué que j'ai un fils qui m'aime mais qui est trop fier pour venir me parler. Et comme je sais que tu tiens ce défaut de moi, j'étais décidée à venir vous parler.
Je ricanai, amusé, car c'était tout Magnus… Je n'arrive pas à croire qu'il ait parlé à ma propre mère pour moi. C'est dans ces moments-là que je réalisais à quel point j'aime cet homme.
-En tout cas, il a l'air d'être un jeune homme très aimable et vu le mauvais accueil que je lui ai servi ce weekend, j'aimerais beaucoup vous inviter à dîner un soir pour faire mieux sa connaissance.
-Vraiment ? Dis-je avec plein d'espoir.
-Bien sûr. Tu mérites quelqu'un de bien, chéri. Homme ou femme. J'aurais dû le réaliser plus tôt.
Je la pris une nouvelle fois dans mes bras car bon sang, je n'aurais jamais cru entendre ça de sa part un jour. J'avais perdu tout espoir.
-Tu mérites de retrouver quelqu'un aussi maman, rajouta Izzy.
-On verra ça pour plus tard, rit notre mère de bon cœur.
Elle et Max finirent par partir après un dernier au revoir et quand la porte se referma, ce fut cette fois Izzy que je pris dans mes bras.
-Elle essaye, ma sœur murmura avec un rire.
-Elle essaye…
Narration externe
Vers 18h, le toit de l'immeuble de Magnus avait été réquisitionné pour l'anniversaire de Lydia qui était ravie par cette petite fête surprise. Des tables remplies d'apéritifs et d'alcool étaient installées en plus de guirlandes lumineuses un peu partout. Des coussins étaient installés pour s'asseoir et admirer la vue que laissait Brooklyn. Ceux déjà présents étaient Alec, Jace, Clary, Aline, Helen, Simon et bien sûr Lydia qui était l'invitée d'honneur.
-Vraiment les gars, j'sais pas quoi dire pour tout ça, fallait vraiment pas, dit la jeune blonde très émue.
-Ah moi j'ai rien fait, dit Aline en levant les mains en l'air. C'est Alec qui a envahi tout le monde de tâches pendant leur weekend à Westhampton.
-Evidemment que toi t'as rien fait, ça change pas de d'habitude, taquina Jace en levant les yeux au ciel.
-Oh, Wayland, la ramène pas tu sais que je peux te mettre à terre en moins de deux !
-Bon vous deux c'est pas le moment ! Dit soudain Alec, arrivant de nulle part. Il manque deux bouteilles de whisky à l'appel, un paquet de chips et Simon a emmêlé tous les fils de la sono donc la musique est trop basse ! Ragnor, Catarina, Raphael, Tessa et Jem ne sont toujours pas là et en plus Magnus et Isabelle ont disparu pour se préparer depuis des heures !
-Alec respire, lui dit Lydia. C'est déjà super tout ce que toi et les autres avaient organisés, pas besoin d'aller en full mode « organisateur ».
-Tu sais que c'est mon boulot Branwell. Bon Simon tu peux envoyer un message à Izzy pour savoir s'ils en ont encore pour longt-
Alec s'interrompit lui-même dans sa phrase et sa mâchoire monta au sol quand Magnus et sa sœur arrivait sur le toit. Isabelle portait une robe noire bustier comme celles qu'elle aimait porter avant, des simples talons l'accompagnant. Mais bien qu'Alec trouvait sa sœur très belle, il était surtout bouche bée devant Magnus. L'ancien sorcier était habillé très sobre tout en noir comme sa sœur, mais était maquillé avec un trait de crayon et d'eyeliner légèrement pailleté, ses cheveux relevés avec du gel.
-Oh putain de merde, est-ce que quelqu'un dans cette pièce peut m'expliquer comment cette magnifique créature est ma petite-amie ? Lâcha Simon alors qu'Izzy venait dans ses bras.
-Disons seulement que tu es chanceux, répondit la belle Lightwood. Mais j'vous préviens j'avas oublié à quel point les lentilles étaient horribles et je remets mes lunettes à la fin de cette soirée.
Tout le monde rit et complimenta Isabelle sur sa tenue tandis qu'Alec resta bloqué sur Magnus :
-Tu es… Splendide. Je crois que je ne t'ai jamais vu aussi beau, ronronna Alec en entourant ses bras autour de la taille de son petit-ami.
-Merci mon ange, répondit Magnus en l'embrassant.
Quelques minutes plus tard, la musique était réarrangée et les précieux amis de Magnus arrivèrent, Raphael le dernier.
-Et ben ! C'est pas trop tôt, dit Magnus avec un verre de martini à la main.
Raphael refoula un grognement ce qui fit rire le couple.
-Rappelez-moi c'est l'anniversaire de qui déjà ? C'est pas comme si j'étais un calendrier.
-Raph', peux-tu faire un effort et te socialiser ce soir ?
-Et c'est l'anniversaire de mon amie Lydia, rajouta Alec, répondant à sa question. C'est la seule que tu n'as pas encore rencontrée.
-Si elle parle autant que Simon, je pense que je vais rentrer, plaisanta l'hispanique.
Magnus allait répliquer mais il remarqua que Raphael ne lui était plus attentif car il fixait avec de grands yeux la belle blonde arrivant derrière eux. Magnus et Alec se regardèrent avec un sourire malicieux qui voulait tout dire et se poussèrent sur le côté pour laisser passer la nouvelle venue :
-Hum, Lydia ma chère, je te présente Raphael un ami depuis plus d'un siècle. Littéralement.
-Salut, dit Lydia avec un sourire et Alec jura l'avoir vu rougir.
-Salut, répondit Raphael d'un même ton.
-C'est lui l'ex vampire c'est ça ? Demanda-t-elle avec sa franchise habituelle.
Raphael retint un rire amusé, sortant de sa torpeur alors qu'il admirait toujours la belle.
-C'est qu'elle a de l'humour, en plus.
-J'y travaille. Je te sers quelque chose à boire ?
-Volontiers, acquiesça Raphael qui la suivit comme un hypnotisé.
Une fois qu'ils furent à la table des boissons, Magnus et Alec se regardèrent avant d'éclater de rire :
-C'est moi ou on vient de brancher nos deux meilleurs amis ensembles ? Dit Alec, essayant d'étouffer ses rires dans l'épaule de Magnus.
-Je suis actuellement choqué de voir Raphael attiré par quelqu'un !
Ils continuèrent de rire, observant les deux faire connaissance au loin puis Magnus se perdit dans le regard de son amoureux qui le regardait avec la même tendresse :
-Merci de nous prêter le toit de ton immeuble pour la fête.
-C'est normal, mon ange.
-Et merci d'avoir parlé à ma mère aussi.
-Oh. Je vois qu'elle a suivi mes conseils, je suis heureux d'avoir aidé, dit Magnus légèrement gêné car il ne voulait pas qu'Alec pense qu'il s'était trop mêlé de ses affaires familiales.
-Elle m'a dit des choses que je ne pensais jamais entendre d'elle… J'avais perdu espoir d'avoir de nouveau une bonne relation avec elle. Merci Magnus, tu ne sais pas à quel point je t'aime…
-Je t'aime aussi Alexander… Je crois cependant qu'on devrait aller surveiller à ce qu'Aline et Ragnor ne racontent pas trop de salades sur nous deux, ces deux-là s'entendent un peu trop bien.
Alec rit en hochant de la tête et lui étant un organisateur de fête, il était sûr que celle-ci était un de ses plus gros succès.
Cette fête avait été ce qu'il leur fallait à tous pour célébrer non seulement un anniversaire mais aussi de nouvelles amitiés, de nouvelles aventures et une nouvelle vie pour certain.
Au point que trois ans après cette fête, Simon avait posé un genou à terre et avait demandé la main d'Isabelle qui avait accepté en sautillant, Lydia attendait un enfant de Raphael, Tessa et Jem avaient renouvelés leur vœux, Jace et Clary parcouraient le monde en amoureux…
Et quant à Alec Lightwood, il aimait repenser au jour de sa remise de diplôme à lui avec ses deux meilleures amies Aline et Lydia. Il avait pu voir sa mère fière, et assise au troisième rang en train de verser une larme tandis que Magnus était en train de l'applaudir de toute ses forces dans la foule.
Magnus qui n'était plus son petit-ami, mais maintenant son mari. Et Alec aimait repenser au fait que sa robe et son chapeau de diplômé allaient plutôt bien avec son alliance.
FIIIIIIIIIIIN.
Voilà c'est la fin de ma fiction, clôturée avec ce chapitre plus long que mon avenir ! J'espère que cette fin et que la fiction en général vous ont plu, je vous remercie tous pour le soutien et les commentaires adorables que j'ai eu durant tout le long de son écriture. Si certains sont assez calés en anglais, j'ai quelques os Malec en anglais et quelqu'uns en français sur mon compte AO3 : AttachianteNephilim1998
Bisous les bébés, merci encoooooore !
-Anne-So
