Bonjour/Bonsoir chers lecteurs!
Disclamers: idem que les deux premiers chapitres
Je me suis totalement inspirée de mon expérience aux Etats-Unis pour décrire la vie de mes lycéens donc n'hésitez pas à poser des questions si tout n'est pas très claire ^^.
Bonne lecture!
« Il faut qu'on parle, annonça Leo en refermant la porte de la salle de bain derrière lui. »
Ollie lui lança un regard surpris à travers la glace, occupée qu'elle était à se brosser les dents. Elle l'encouragea d'un signe de tête, la bouche pleine de mousse mentholée. Mais Leo se dandinait d'un pied sur l'autre, ouvrant et fermant la bouche, indécis, les mots tournoyant dans son esprit. Visiblement agacée, Ollie se rinça la bouche et s'écria :
« Qu'est ce qui se passe ? Crache le morceau ! ».
Il toussota et finit par dire :
« Alors voilà : j'étais en train de finir de débarrasser la table… au passage c'est dégueulasse c'était au tour de Theo ce soir et…ouais désolé, ce n'est pas le moment. Je disais donc que j'étais en train de nettoyer quand j'ai entendu papa et mamie faire des messes basses dans le salon. Tu me connais, j'ai voulu savoir ce qu'ils se racontaient…
- Attend, tu les as espionnés ? lui demanda Ollie, en se tournant face à lui, le visage tartiné de crème.
- Tout de suite les grands mots, rétorqua son frère en levant les yeux au ciel. Disons que j'ai entendu…par inadvertance…certaines…choses.
- Donc ?
- Donc. Je les entendu parler de maman, finit-il par lâcher. »
Un grand silence s'abattit dans la petite pièce carrelée de blanc qui semblait pourtant raisonner d'un atroce bruit qu'eux seuls pouvait percevoir. Leo s'assit sur le rebord de la baignoire comme son frère plus tôt dans la matinée et Ollie s'appuya contre le lavabo tout en continuant d'applique sa crème. Elle se rinça les mains et les épongea avec une épaisse serviette qu'elle raccrocha ensuite à son portant.
« De maman ? »
Leo hocha vigoureusement la tête, la mine triste et les mains dans les poches.
« Qu'ont-ils dit d'autre ?
- Je ne sais pas très bien, papa a fermé la porte. Mamie a parlé d'inconscience collective, un truc du genre et qu'elle n'allait pas rester les bras croisés. »
Ollie fronça les sourcils :
« Quel rapport avec maman ?
- Je ne sais pas, je te rapporte juste ce qui s'est passé. Après, pourquoi papa a introduit maman dans la conversation…aucune idée.
- C'est bizarre, quand même.
- Tout à fait d'accord, mais bon, on en a vu d'autres, plaisanta Leo, pour détendre l'atmosphère devenu pesante. »
Sa sœur lui sourit, reconnaissante, puis elle pencha la tête, plongée dans ses réflexions. Leo la regarda réfléchir quelques minutes, puis n'y tenant plus, il l'interrogea :
« A quoi tu penses ?
- Cette histoire d'inconscience collective a peut-être un lien avec l'accident.
- Tu crois ? Demanda Leo, dubitatif.
- Mais oui, ça paraît logique, dit Ollie en s'asseyant à ses côtés. On a toujours su que ce qu'on a vu ce jour-là était bien réel. Peut-être que…peut-être…
- Qu'il est encore dans les parages, compléta Leo, le cerveau en ébullition. Déjà, il faudrait savoir ce que s'était.
- On a passé des mois dessus et on n'a jamais rien trouvé, tu le sais bien, dit Ollie découragée. Ce n'est pas comme si on pouvait aller demander à n'importe qui s'ils connaissent beaucoup de…de…de quoi d'ailleurs ? De grosses boules à facettes qui se déplacent sur deux pattes ?
- C'est super ridicule dit comme ça, sourit Leo en lui donnant un coup d'épaule.
- Tu vois ? Même toi, l'adepte des théories fantastiques tu trouves ça abracadabrant ! »
Le silence s'installa de nouveau. Pui Leo rigola :
« Tu dois être la seule nana à utiliser le mot abracadabrant !
Ollie rit avec lui et allait ajouter quelque chose quand ils furent interrompus par une tape donnée contre la porte. La voix de Polly s'éleva derrière le panneau de bois :
« Je dois me brosser les dents ! Bougez vos fesses ! »
Leo grogna et alla ouvrir la porte sur la petite fille qui entra d'un pas décidé. Ollie soupira et sortit à la suite de son frère :
« Je me demande bien qui a pu lui apprendre à parler comme ça, marmonna-t-elle. »
La fillette, perchée sur un tabouret en plastique bleu, crachota dans sa direction
« E f'ait enfenfus ! »
Elle soupira de plus belle. Sa sœur était exaspérante pour un si petit être. Au moins, Theo était un garçn calme, lui. Il ne parlait pas beaucoup certes mais il ne dérangeait personne, surtout lors des moments importants –les conversations secrètes dans les salles de bains par exemple- comme semblait le faire systématiquement sa jumelle.
Ils croisèrent leur père dans le couloir qui s'apprêtait à coucher les petits. Il sourit à ses enfants et les embrassa sur le front en leur souhaitant bonne nuit. Leo et Ollie se regardèrent, un peu gênés de leurs cachotteries. Leur père était une personne douce et aimante qui essayait constamment de garder sa famille unie. Il réussissait particulièrement bien cette entreprise ardue. Les Koo passaient beaucoup de temps ensemble et un esprit d'entraide fraternelle très fort régnait chez les enfants, souvent au détriment de leur père. Il lui était parfois difficile d'exercer son autorité parentale quand toute sa tribu lui faisait bloc pour éviter qu'un d'eux se fasse punir. Dans ce genre de situation, Nathan Koo avait appris à battre en retraite.
Ollie et Leo rentrèrent dans leur chambre respective, non sans un dernier coup d'œil de connivence. Cette conversation n'était pas terminée.
...
Jill, appuyée contre la porte de la toilette où était enfermée Ollie, avait entrepris de détailler mot après mot le texto que lui avait envoyé Jordan, la veille au soir. Son amie l'écoutait distraitement, les yeux plissés pour tenter de déchiffrer l'infâme écriture de Leo. À l'intercours de la première période, elle était passée à son casier récupérer son devoir de physique quand elle était tombée sur le petit mot de son frère, écrit à l'encre bleu baveuse sur un malheureux rectangle de papier déchiré. La première sonnerie avait retenti et elle l'avait fourré dans la poche de son pantalon jaune pâle (elle clamait haut et fort, depuis ses premiers pas au lycée de la Push, que l'hiver n'empêchait pas la couleur et s'employait depuis lors de convaincre ses amis de ses pratiques vestimentaires), sans en avoir pu prendre connaissance . Elle se retrouvait donc dans les toilettes pour filles, en compagnie de Jill qui jacassait sur Jordan-le-beau-gosse-qui-joue-au-hockey-comme-un-dieu-et-oh-mon-Dieu-t-as-vu-ses-yeux-je-crois-que-je-fonds, tentant de comprendre le sens du message secret, car visiblement s'en était un. Leo avait pris la peine d'ajouter un post-scriptum stipulant qu'elle devait impérativement détruire cette preuve de leur communication. Elle souffla d'agacement mais jeta tout de même le papier dans les toilettes, tira la chasse et attendit que la feuille ait bien disparue dans les canalisations. Elle ouvrit la porte au moment où Jill entamait une autre tirade, vantant les bienfaits du sourire de Jordan-le-mec-le-plus-sexy-de-la-réserve-et-peut-être-même-de-la-terre-et-dont-les-dents-resplendissent-d'une-lumière-interne-où-se-reflète-toute-les-nuances-de-l-arc-en-ciel, sur l'organisme.
« …et tu aurais entendu ce qu'il m'a dit quand on s'est croisé après les cours…
- T'es en beauté aujourd'hui, imita Ollie avec une mauvaise voix d'acteur des années quatre-vingt que sa grand-mère affectionnait. »
Jill resta interdite avant de s'exclamer :
« Comment tu sais ? Et c'est quoi cette voix dégueulasse ?
- Tu m'as envoyée un pavé à une heure du matin, tu ne te souviens pas ? Dit Ollie en riant, les mains sous l'eau. D'ailleurs, ce n'est pas très subtil comme compliment, il aurait pu trouver mieux.
- Bah, il est plus connu pour ses performances abdominales que pour la taille de son cerveau. »
La sonnerie de la troisième période les interrompit et elles se séparèrent. Jill avait musique –elle faisait du violon depuis sa plus tendre enfance- et Ollie entama sa procession funèbre vers le cours d'éducation civique de madame Fills, pleurant intérieurement à la perspective de perdre cinquante minutes de sa vie. Elle ne comprenait définitivement pas l'utilité de cette matière, enseignée qui plus est, par la femme la plus myope et la moins autoritaire de tout le lycée. Ses cours étaient toujours un joyeux désordre, et ils n'apprenaient jamais rien. Le principal avait depuis longtemps lâché l'affaire car tout le monde avait de la peine pour Madame Fills. C'était une vieille dame qui ne parvenait pas à se résoudre à partir en retraite, alors la direction la laissait continuer à pratiquer au plus grand plaisir de ses élèves. Personne ne séchait vraiment; il n'y avait rien de particulièrement intéressant à faire dans la réserve, à part traîner à la plage. Rouler jusqu'à Forks pour trouver un Wendy's décourager même les plus démissionnaires.
Assise à sa table envahie par une partie de cartes, des céréales et trois bouteilles de jus de fruit, elle participait mollement à la discussion qu'avait engagé Caleb et Ryan au sujet du mérite comparé de la glace à la menthe et celle au citron. Miranda leur assénait à intervalles régulier de vigoureux coup de crayon dans les côtes, espérant les faire taire et ainsi suivre le cours. Elle jeta un regard désespéré vers Ollie qui haussa les épaules en englobant d'un geste gracieux de la main la salle qui ressemblait à tous sauf à un cours d'éducation civique. Miranda secoua la tête mais un sourire flottait sur ses lèvres alors qu'elle se penchait vers ses amis en déclarant fermement :
« Vous n'avait strictement rien compris à la vie, les mecs. La glace à la mangue, il n'y a que ça de vrai ! »
...
Leo faisait les cents pas dans sa chambre, impatient. Il regarda pour la cinquième fois en une minute son portable qui affichait toujours 15 : 50. Il jeta un coup d'œil à son sac, hésita, tendit la main pour saisir son livre de biologie quand la porte s'ouvrit. Il soupira de soulagement. Sa sœur venait de le sauver du repoussant devoir sur les larves de mouches et leur durée de vie que leur avait assigné leur professeur (ses bestioles étaient stupides et absolument repoussantes, mais Monsieur Derwel parvenait tout de même à leur trouver un intérêt). Il dévala l'escalier et alla la retrouver dans le salon. Elle s'était écroulée à plat ventre sur le vieux canapé gris, la tête dans un coussin bariolé cousu par leur grand-mère. Il croisa les bras sur l'appui-tête, faisant tanguer le sofa. Ollie grogna avant de se relever brusquement, la bouche pincée.
« C'est quoi ce délire Leo ! On n'est pas dans James Bond à ce que je sache !
- Donc, tu as lu mon mot ? dit son frère, les yeux brillants, ignorant totalement l'air furibard d'Ollie.
- Je ne les pas "lu", j'ai tenté de le décrypter, riposta-t-elle en se mettant sur ses jambes et en s'étirant. T'écris vraiment super mal.
- On s'en fiche de ça ! Qu'est-ce que t'en pense ?
- Les textos ça existent ! Et puis : mettre en place un stratagème de repli s'y on se fait surprendre par l'ennemi ? S'infiltrer dans la base adversaire ? Détruire les preuves ? Vraiment ?»
Leo semblait satisfait de son petit effet, alors que sa sœur le regardait comme s'il lui était poussé cinq bras, des pattes de chèvres et un œil de poisson mort. Elle finit par se dérider et lui donna une petite tape sur le bras en passant. Elle alla se servir un verre d'eau dans la cuisine alors que Leo la suivait.
« Bon, à part ton style épouvantable et pas du tout recherché…
- Merci, ça fait toujours plaisir, marmotta-t-il.
…j'ai compris le fond. Pour trouver des infos, il faut aller chercher à la source, c'est ça ?
- Hum…
- Oh allez, je plaisantais, insista Ollie, en souriant devant la moue boudeuse de son frère. »
Il abandonna sa posture raide avant de déclarer :
« Je vois pas d'autres solutions. On a passé des années à éplucher les journaux et les sites répertoriant des faits similaires à ce qu'on a vu. On a épuisé ce filon, faut continuer à creuser.
- Ça m'étonnerait qu'on trouve quoi que ce soit dans les affaires de papa. Ou même de grand-mère, tant qu'on y est. »
Leo lui sourit mystérieusement et Ollie fut aussitôt sur ses gardes. Son frère pouvait vraiment être profondément bête par moment et elle craignait le pire. La dernière fois qu'elle l'avait écouté, c'était quand elle avait dix ans et lui neuf. Elle le regrettait encore: il l'avait convaincu, avec ses grands yeux de velours, de subtiliser la dernière fournée de gâteaux au miel que leur père préparait pour l'orphelinat de leur quartier à Hanoï. Ils s'étaient pris une raclé mémorable et avaient dû s'excuser en vietnamien auprès des enfants, mortifiés et les joues brûlantes. Depuis lors, elle s'était jurée que, quoique qu'il advienne, Leo ne l'entraînerait plus jamais dans une de ses histoires rocambolesques.
« Il faut qu'on aille voir à la morgue »
Ollie éclata de rire et, oubliant qu'elle était en train de boire, s'étrangla avec son eau. Alors qu'elle toussait et riait, elle vit l'expression de son frère et se figea.
« Attend. Tu n'es pas sérieux ? »
Leo affichait désormais un large sourire. Elle soupira et vida son verre.
« Si, tu es sérieux. Écoute, je suis sûre que même si on leur demande gentiment de nous faire lire le dossier de maman, ils ne voudront pas. C'est confidentiel et même si on est les plus proches relatifs, il faut la présence d'un membre majeur de la famille pour pouvoir ouvrir des scellés, expliqua-t-elle patiemment, lui servant le discours bien rôdé entendu de la bouche de son père. »
Le sourire de Leo s'agrandit :
« Qui te dit qu'on va demander ? »
Un silence ahuri suivit ses paroles. Ollie ne trouva rien à répondre à cet argument d'une logique implacable et pourtant si aberrant.
« Tu veux, commença-t-elle très lentement, que l'on braque une morgue ? »
Leo hocha la tête, visiblement très fier de son idée. Elle posa son verre dans l'évier et s'apprêta à sortir sans mot dire. Leo la retint, presque plaintif.
« Écoute-moi avant de déclarer que c'est idiot !
- Ça l'est ! C'est même plus qu'idiot, c'est…c'est…
- Brillant ? Génial ? Sensationnel ?
J- 'allais plutôt dire absurde ! Cambrioler une morgue ? Il n'y a que toi pour imaginer des trucs pareils ! »
Leo posa ses mains sur les épaules de sa sœur. Comme souvent depuis quelques temps, il fut étonné de sentir une jeune fille fluette sous ses doigts. Il avait oublié à partir de quand Ollie était devenue aussi petite pour lui. C'était toujours elle qui s'occupait de tout, courant à droite et à gauche, aidant son père, rangeant la maison, faisant faire leurs devoirs aux jumeaux, régler les petits tracas de chacun. Pour la centième fois la réalisation de tout ce qu'elle faisait pour eux le frappa et pour la centième fois il se dit qu'il devrait l'aider plus souvent. Les êtres humains n'étaient pas éternels, il ne le savait que trop bien, et un jour Ollie aussi craquerait. Il n'était pas sûr de vouloir assister à cela.
Tandis qu'il l'asseyait doucement sur une chaise alors qu'elle continuait de le fixer de ses yeux bleu pétrole, elle lui apparut frêle et indignée. Il s'assit pour se mettre à sa hauteur.
Il croisa son regard désapprobateur et comprit qu'il allait devoir être convaincant :
« Je sais bien que ce n'est pas l'idéal...et que s'est totalement illégal, ajouta-t-il très vite quand il l'a vit ouvrir la bouche pour répliquer, mais je ne vois pas d'autres solutions. Personne ne nous a jamais rien dit et personne ne nous dira jamais rien. Ils sont trop occupés à flipper et à s'engueuler à ce sujet, tu l'as bien vu.»
Constatant qu'Ollie restait silencieuse, il se ragaillardit et poursuivit :
« Moi aussi je préférerais une autre méthode mais on est dans une impasse, je ne vois pas comment on pourrait en sortir autrement. C'est pas comme si on allait hacker le pentagone, plaisanta-t-il. »
Ollie esquissa un sourire. L'idée commença à faire son chemin dans son cerveau et aussi délirante qu'elle était, elle avait la conviction qu'il ne leur restait plus que cette solution. Leo avait raison, ce n'était pas si grave et même si ça tournait mal, il n'aurait qu'à jouer les enfants dévorés par le chagrin. D'un autre côté, elle ne voulait pas blesser son père (ça le blesserait, elle en était sûre) et sa réticence la poussait à reconsidérer les choses avec honnêteté. Elle doutait de la réussite d'une entreprise qui finalement ne reposait que sur des suppositions. Ils n'étaient même pas certains de trouver ce qu'ils cherchaient et leurs efforts risquaient probablement de n'aboutir qu'à une grande tristesse et une intense frustration, en plus d'écoper d'une nuit au poste de police de Forks, pour violation de propriété.
Leo sentait bien son hésitation et saisit cette occasion pour assener son dernier argument :
« Je ne veux pas passer le reste de ma vie à me convaincre que je suis fou pour le regretter sur mon lit de mort. »
Les dernières défenses d'Ollie tombèrent. Elle soupira et finit par dire :
« Ça marche on va la cambrioler cette morgue. Mais avant que tu ne sautes au plafond, je veux que l'on monte un plan super bien foutue, au millimètre près.
- Ce que tu veux, répondit Leo, soulagé. J'achèterais même des passe-montagnes ! »
Leur père rentra à ce moment-là, les bras chargés de courses et s'exclamant dans le couloir :
« Leo ! Ollie ! Venez m'aider ! »
Ils émergèrent de la cuisines, penauds, et s'empressèrent de décharger la voiture, réalisant une chaîne comme ils le faisaient à chaque fois. Et comme à chaque fois Theo fit tomber un sac, Polly sur le pallier le rabroua, Ollie, la tête dans le coffre lui hurla de ne pas hurler sur son frère, leur père remplissant le frigo au fur et à mesures, rouspéta sur l'étroitesse de leur réfrigérateur et Leo, la tête ailleurs, rangea les sachets de pâtes au milieu des oranges.
