Titre :Space Monkeys

Auteur : Psy「Kyô」

Base : Dir en Grey, D'es Ray et miyavi, pis p'tet d'autres gens aussi, mon casting est encore incomplet XD

Genre : Gay Drama XD

Pairing : Je ménage mon suspense XD

Disclaimer : Je n'ai toujours pas fait d'acquisition depuis la vieille…

Déclaration de l'auteur : Chapitre 1, terminé !!! XD hélas, la menace d'Aya n'est toujours pas écartée… çç

Space Monkeys

Chapitre 2

« Oh non ! Et t'es resté dans les toilettes jusqu'à ce qu'ils aient fini ? » s'exclama Toshiya en calant son téléphone portable entre sa joue et son épaule, libérant ainsi ses deux mains pour ramasser les tasses vides que des clients matinaux avaient laissées sur le comptoir.

« Ben qu'est-ce que tu voulais que je fasse, répliqua Kaoru d'un ton maussade en s'acharnant sur le nœud récalcitrant de sa cravate. Que je me colle un nez rouge au milieu de la figure, la cravate autour de la tête, et que je sorte en leur interprétant un numéro de Bozo le Clown ?

- Par exemple! ricana Toshiya. Heureusement que ta mère est à cheval sur la propreté, sinon …

- Ha, ha, ha, railla Kaoru, sarcastique. Et toi, alors, c'était bien ta petite soirée en tête à tête avec le vieux Andô ? Ou plutôt devrais-je dire en tête à queue ?

- Bweeeeeeeeeerk ! Tu es vraiment obligé de me faire imaginer ça de bon matin ?

- Ah, parce que t'es encore à les imaginer ?

- Ouais, et c'est pas près de changer ! »

Une journée qui commençait par un coup de fil de Kaoru était toujours une journée agréable, songea Toshiya tout en racontant avec un luxe de détails comment le grossier quinquagénaire assis sur une montage d'or lui faisait une cour assidue dans le vain espoir de l'avoir comme sex-toy pour un soir.

« Je crois qu'il me prend pour une pute, fit le jeune homme avec mauvaise humeur.

- Faut dire que tu en as tout l'air, Totchi, lui répondit la voix pleine de compassion de Kaoru.

- Merci bien, ça me va droit au cœur, ironisa Toshiya. Non, mais ça ne me fait vraiment pas rire. Je m'en voudrais si Yumemi perdait un client à cause de moi. »

Kaoru marqua une pause, ne sachant que dire. Après tant d'années passées à ses côtés, Toshiya se faisait décidément une drôle d'idée de sa mère…

« Tu sais, si elle avait à choisir entre un client, si important soit-il, et toi, je crois qu'elle n'hésiterait pas une seule seconde…

- Je ne veux pas lui laisser ce choix, trancha Toshiya.

- Tu vas te faire le vieux Andô ?

- Je t'ai dit que non…

- Ben qu'est-ce que tu veux, alors ? »

A l'autre bout de l'absence de fil, Toshiya marqua une pause. Merde, jura intérieurement Kaoru, j'ai encore loupé une occasion de me taire.

« Il y a du monde qui vient de rentrer…

- Joue pas au con, ça m'amuse pas…

- Faut que je te laisse, Ka-chan. A ce soir ! Tu passes hein ?

- Oui, mais…

- Bye. A ce soir. »

La tonalité du téléphone interrompit Kaoru, comme il ouvrait la bouche pour sermonner son jeune ami sur l'importance de »conserver sa dignité et de ne pas choper de chtouilles sur la queue d'un vieux pervers qui avait dû voir passer plus d'un minet, et pas forcément des plus cleans ». Il s'en faisait sérieusement pour Toshiya, et ne voyait pas d'un très bon œil cette passion à la limite de l'obsession que l'homme d'affaire respecté qu'était Shigeru Andô nourrissait à l'égard de son meilleur ami.

« Toshiya est grand », se dit-il, « c'est complètement débile de s'inquiéter à ce point pour lui. » Cesser de se ronger les sangs lui paraissait pourtant difficile, compte tenu du fait qu'il avait passé les 15 dernières années de sa vie à protéger le frêle et fragile Toshimasa des agressions extérieures. Il avait été là lorsqu'il avait fait son coming-out et que la plupart de ses rares amis lui avaient tourné le dos. Il avait été là lorsqu'il s'était retrouvé à la rue après que sa mère lui eût fait comprendre que sa place n'était plus dans ses jupons depuis qu'il ne lui rapportait plus suffisamment d'argent. Il avait été là, tout le temps. Et, toujours, Toshiya avait été fort. Aussi Kaoru aurait-il été très étonné de le voir se prostituer par reconnaissance envers Yumemi, d'autant qu'il savait qu'elle n'exigerait jamais un tel geste de qui que ce soit. Mais il savait également Toshiya avait toujours eu l'impression de s'être montré ingrat envers celle qui l'avait pratiquement élevé, et il n'était pas bien sûr de ce à quoi il serait prêt pour se débarrasser cette impression d'avoir été un parfait égoïste.

Depuis un certain temps déjà, il songeait à parler à sa mère des attentions répétées et de plus en plus lourdes de cet Andô à l'égard de son jeune ami… Mais si cela revenait aux oreilles de Toshiya, il y avait fort à parier pour que ce dernier doute de la confiance dont lui témoignait Kaoru, et il ne se sentait pas prêt à perdre son seul, unique et véritable ami. Ni, du reste, à lui faire du mal. Chassant d'un dernier coup de brosse sur son admirable coiffure ce douloureux dilemme, il quitta sans plus attendre son appartement morne, où il n'avait rien d'autre à faire que ressasser d'aussi funestes raisonnements.

« Ah, Niikura, vous êtes là ! » s'exclama Mr Takeda, son supérieur direct, en entrant dans le bureau de Kaoru.

Le Niikura en question sursauta, lâchant sa serviette de cuir noir qui, en tombant sur son pot à crayons, renversa ce dernier sur un gobelet de café fumant qui inonda le clavier de l'ordinateur de liquide brun et brûlant.

« Eh merde…

- Pardon, Niikura ?

- Ah, euh… Eh bien !!! Eh bien, oui, je suis là… »

Son supérieur le considéra d'un air suspicieux par-dessus ses lunettes. Fallait-il, compte tenu de la conduite exemplaire du jeune homme, oublier cette bizarrerie ? Ou bien cette grossièreté qu'il avait bel et bien entendue était-elle inquiétante du fait, justement, qu'elle était inhabituelle ? Si cet employé-là devenait excentrique, alors c'était la fin de l'ère du salaryman japonais modèle… Enfin, bref, tout excentrique qu'il était, c'était lui qu'on avait désigné pour…

Mr Takeda hocha la tête en s'asseyant en face de Kaoru. Bien sûr, il n'allait pas contester la décision de leur PDG, mais tout de même… Pourquoi était-ce à lui d'endosser cette responsabilité ? Il y avait d'autres gens dans le département des mises aux normes, bien plus proches de Kaoru que lui. Et puis c'était gênant, pour un homme de son âge, de dire ce genre de choses… C'est donc écarlate et mal à l'aise qu'il annonça :

« Niikura, Mr Homura m'a chargé, en tant que votre supérieur direct, de vous informer d'une… une décision qu'il a prise vous concernant…

- Vous m'en voyez très honoré, Takeda-san. Quelle est, si je puis me permettre cette décision ?

- C'est… Comment vous dire… Je n'ai jamais été très doué pour dire ce genre de choses… »

Kaoru déglutit avec difficulté. Dire quoi, en rougissant et en se tordant les mains comme un adolescent s'apprêtant à faire sa toute première déclaration d'amour ? Disait-on beaucoup de choses avec autant de gêne ? Homura avait-il décidé de le licencier parce qu'il était complètement sur une autre planète, ces derniers temps ? Sa fatigue, ses soucis avaient-ils influé sur son travail au point de lui faire perdre sa place ? Anxieux, il croisa les mains sur son bureau et écouta de l'air le plus posé possible, ce que Takeda avait à lui dire.

« Niikura-san, comme vous le savez, un japonais n'est pas vraiment un homme fait, aux yeux de la société, tant qu'il n'est pas marié… »

Kaoru ouvrit des yeux ronds, ne sachant pas très bien s'il devait être soulagé du fait qu'il n'était pas sur la sellette, ou bien s'inquiéter davantage. Homura avait-il ordonné à Takeda de le demander en mariage ? L'image de ce quadragénaire bedonnant au crâne dégarni, qui faisait beaucoup plus que son âge, minaudant comme une jeune fille, souleva l'estomac du jeune homme. Entre Toshiya et son vieux et celui-ci qui se sentait des élans de jouvencelle à dix heures du matin, c'était vraiment trop pour lui. Il s'efforça de son mieux de dompter les velléités de fuite du petit déjeuner qu'il avait avalé à peine une heure plus tôt.

« Oui… burps… et ?

- Et vous savez également que vous êtes l'un des plus remarquables employés de l'entrepr… Niikura, vous vous sentez bien ? Vous êtes bien pâle !

- Je suis en pleine forme, Takeda-san, répondit Kaoru, au bord de la syncope, tout en s'efforçant de chasser de son esprit l'image du Takeda-san en question en robe de mariée.

- Tant mieux, repris son aîné, sceptique. Parce que vous êtes, comme je le disais, le meilleur employé de ce département… Et Mr Homura pense qu'autant de potentiel ne pourrait que se gâter dans l'aigreur du célibat. »

Visualiser la nuit de noces, c'était trop pour le pauvre Kaoru, qui réprima comme il pût la violente nausée qui soulevait son cœur battant d'appréhension. Les mains tremblantes sur les accoudoirs de son siège, il s'efforça de regarder Takeda dans les yeux et se prépara à entendre l'horrible verdict.

« Mr Homura voudrait organiser un miai pour vous, Niikura. Et j'ai donc été choisi pour… »

« Pour me faire vomir. C'est réussi », fut tenté de dire Kaoru. Il refoula tout à la fois un renvoi, un frisson de dégoût et ces paroles malencontreuses, prit une profonde inspiration et attendit le pire.

« Pour vous informer qu'il souhaiterait que vous rencontriez… »

Kaoru n'eut que le temps d'entendre le nom de sa promise avant que la retombée de son angoisse ne le terrasse et qu'il ne s'effondre, inconscient, le visage en plein dans la flaque de café qu'il n'avait pas eu le temps d'éponger, sous les yeux de Mr Takeda qui songea que décidément, ce jeune Niikura était bien étrange, aujourd'hui.

« Niimura ? Ca me dit rien, fit Miyabi d'un ton qu'il voulut le plus détaché possible, en servant un chocolat chaud à Kaoru. Et elle est si jolie que ça, pour que tu te soies évanoui à la simple idée de devoir l'épouser ?

- C'est un peu tôt pour que je te raconte pourquoi je me suis évanoui, Mibi-kun…

- Bah, fit Miyabi en haussant les épaules. Etant serveur dans un bar gay, j'en vois de belles, hein…

- C'est pas ce que je voulais dire, répliqua Kaoru en avalant une gorgée de la boisson épaisse et sucrée. Tu n'as pas mangé depuis assez longtemps pour que je te raconte ça. »

Miyabi le regarda par-dessus ses lunettes de soleil, de ce même air perplexe qu'aurait pû arborer sa mère. Le mimétisme entre ces deux-là devenait de plus en plus impressionnant jour après jour. A l'époque où Toshiya s'était installé chez eux, se remémora Kaoru, il était à peine plus jeune que Miyabi ne l'était à ce jour, et s'amusait également à singer les manières extravagantes de Yumemi.

« Je suis le rejeton d'un modèle de conduite pour jeunes gays en mal de reconnaissance », songea le jeune homme. Ce qui était différent, se dit-il, c'était qu'avec Miyabi l'imitation était mutuelle. Ainsi, Yumemi avait-elle emprunté à son jeune serveur cette manie d'apparaître brusquement, en fanfare, sortant de nulle part en claironnant quelque chose d'idiot.

« Alors mon lapin ! On a fait un malaise au travail ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Se retenant à grand peine de dire à sa mère qu'il venait d'en frôler un deuxième, et maîtrisant un sursaut à temps pour ne pas renverser son chocolat sur le comptoir, il embrassa Yumemi et envisagea sérieusement de renoncer définitivement à boire.

« Ah, oui… Je ne sais pas, peut-être un peu de stress…

- Ah ! Il fallait s'y attendre !s'exclama Yumemi en levant au ciel des yeux jaunes dont l'iris était ceint d'une corolle de pétales rose vif. Tu te démènes trop ! »

Elle passa de l'autre côté du comptoir.

« C'est comme celui-ci, poursuivit-elle en pinçant vigoureusement la joue de Miyabi. Il va s'user la santé à force de vouloir me ménager ! »

Elle enlaça tendrement l'adolescent, qui gloussa sans cesser d'aligner des verres à liqueur sur le bar. Kaoru sourit. Bientôt, grâce à sa mère, il serait le frère adoptif de toute la communauté gay de Tokyo. Ce qui risquait fort de compromettre son image de marque si cela se savait, et de lui faire perdre son travail pour de bon. Si le seul créneau horaire où il avait la possibilité de voir sa mère et Toshiya n'était pas tombé pendant l'heure du « boum » du Space Monkey, nul doute qu'il aurait évité comme la peste cet endroit de débauche.

« Ca m'inquiète, tout de même, Ka-chan… Tu ne te sentais déjà pas bien hier… va voir un médecin, tout de même… Qu'est-ce qui s'est passé au juste ? »

Elle libéra le jeune serveur de son étreinte et s'accouda sur le comptoir, penchée en avant, son drôle de regard fleuri dans celui, brillant et légèrement hagard, de son fils, qui sentit une honte sans égal l'envahir.

« Ah, heu… c'est idiot…

- C'est peut-être idiot mais grave, Ka-chan ! Raconte tout à ta mère…

- C'est trois fois rien, je te dis…

- Ton fils n'est pas prêt pour le mariage, c'est tout… »

Mère et fils se tournèrent d'un même mouvement vers Miyabi qui, comme si de rien n'était, rangeait à présent ses verres sur l'étagère prévue à cet effet, d'un air parfaitement innocent.

« Qu'est-ce que tu as dit, Mibi-kun ? »

L'adolescent se retourna, torchon à la main dans une attitude de gentille petite soubrette candide, et répéta :

« Kaoru s'est évanoui quand on lui a annoncé qu'il devrait se marier, Mama. »

Yumemi reporta son attention sur son fils qui semblait prêt à disparaître dans le col impeccablement amidonné de sa chemise.

« Quel mariage ?

« Ah, euh… oh… Ta gueule, Miyabi… - il se recomposa une mine à peu près décontractée et s'éclaircit la gorge – le boss a décidé d'organiser un miai entre la fille unique de Niimura Kôsuke et moi.

- QUOIIIIIIIIII ?????!!!!!! »

De surprise, Yumemi avait fait tomber sa cigarette allumée dans le café de Miyabi.

« Mon café !

- Mon fils !

- Mon dieu… »

Kaoru eut à peine le temps d'ouvrir les bras pour accueillir la tornade fuschia qui s'y précipita pour comprimer dangereusement sa cage thoracique dans une embrassade d'une insoupçonnable force.

« Niimura, le producteur ? Avec sa fille ? Oh mon dieu, Kaoru, c'est merveilleux ! Le plus beau jour de ma vie ! »

Lorsqu'elle releva la tête pour le regarder dans les yeux, Kaoru remarqua que son mascara, en dégoulinant, avait imprimé sur sa chemise blanche la trace de ses paupières.

« Oh, Ka-chan, je suis si fière de toi… On fête ça ce soir ! Je ferme, c'est soirée privée !

- Tu l'as dit à Toshiya ?

Autant la bonne humeur de Yumemi était communicative, autant ce salle gosse de Miyabi, avec ses airs de gamin intimidé, avait le chic pour plomber les ambiances les plus joyeuses. Repenser à Toshiya rappela à Kaoru cet étrange poids qui pesait sur un coin de sa conscience, depuis la conversation qu'il avait eue avec son meilleur ami quelques heures plus tôt.

« Non, il ne le sait pas encore…

- Eh ben tu vas le lui dire, il est parti acheter deux-trois bricoles qui manquaient, il ne devrait pas tarder… »

Non. Il ne se sentait pas la force d'affronter Toshiya, que sa réaction soit enthousiaste ou non. Il avait la désagréable impression que désormais, Totchi rimerait plus facilement avec « soucis » qu'avec « ami ».

« Je l'appellerai… Ou bien vous lui direz... Je vais me reposer, m'man, je pense que mon patron avait raison. A ce soir.

- Ca va, Ka-chan ?

- Non…

- … »

Il embrassa de nouveau sa mère.

« A ce soir.

- D'accord, Ka-chan…

- A ce soir, Kaoru… »

Ils suivirent des yeux la silhouette au pas traînant de Kaoru jusqu'à ce qu'il soit dehors et que le store de la porte d'entrée ne les dérobe à leur vue. Pensif, Miyabi posa son menton entre ses mains croisées sur le comptoir.

« Tu crois que c'est l'idée de rencontrer une fille du gratin qui le met dans cet état, Mama ?

- J'en sais rien, poussin, soupira Yumemi en allumant une autre cigarette. Mais je crois qu'il serait préférable de ne plus lui parler de…

- Toshiya !! »

Yumemi ouvrit de grands yeux interloqués et dévisagea Miyabi d'un air inquiet avant de réaliser qu'effectivement, Toshiya venait de rentrer.

« Tu sais quoi, Mama, tu sais quoi ?

- Quoi ? répondit Yumemi avec un sourire. Que Ka-chan est bon pour un miai ? Je le sais, ça, tu l'as croisé ?

- Ah ? Il se marie ?! »

Toshiya se laissa tomber sur une table, déposant les emplettes qu'il venait de faire à ses pieds.

« C'est génial ! Avec qui ?

- Oh, rien n'est encore sûr. Il doit rencontrer la fille de Niimura, tu sais…

- Eh bien… Il n'en ramène pas souvent, des demoiselles, mais c'est pas n'importe lesquelles ! »

Yumemi baissa les yeux. Un tel honneur fait à son fils, elle n'en revenait pas.

« Et qu'est-ce que je devais savoir ? »

Le sourire de Toshiya s'effaça. Soudain grave, gêné même, il se leva et ramassa les provisions qu'il entreprit de ranger.

« Rien, rien du tout, Mama… »

A suivre…