Réponses aux Reviews

Hedwige09 : coucou !
tu comptes écrire une longue fic ?
parce que je trouve ça vraiment génial !
bien écrit et tout et tout !
àbientôt, hedwy...

Enea : Coucou ! Ton review m'a fait super plaisir ! C'était mon premier ! Oui, je compte que ma fic soit disons... d'une longueur raisonnable. Je suis actuellement en train d'écrire le troisième chapitre donc le laps de temps entre celui-ci et le suivant sera probablement un peu plus long. De plus, je suis en plein déménagement. Mais bon, je vais essayer de poster le plus vite possible. A bientôt !


La porte s'ouvrit dans un grincement sinistre, laissant place à la silhouette élancée de Andria. Elle entendu Lucius pousser un soupir de soulagement en la voyant.

"Andria tu m'as fait une de ces peur ! J'étais persuadé que ces imbéciles de Maraudeurs m'avaient suivi... Mais je suppose qu'ils ne m'ont même pas vu partir. Ni ma Lily d'ailleurs. rajouta t-il en pointant le doigt sur sa droite.

Lily était ligottée à une énorme pièce de tuyauterie, un pan de drap mité en guise de baillon. Elle se tortillait furieusement, tentant de s'extraire aux cordes épaisses qui l'enserraient comme des serpents. A intervalle régulier, elle poussait des petits gémissements furibonds.

Andria baissa les yeux, la vision d'une préfète de Gryffondor kidnappée par un Serpentard amoureux étant un peu trop comique pour elle. Son regard tomba alors sur ce qui devait être à l'origine des sifflements qu'elle avait entendu depuis l'extérieur. Elle pointa sa baguette sur le chaudron de Malefoy et demanda, l'air inquisiteur.

"Qu'est-ce que c'est que ce bronx ? Tu veux l'empoisoner ?

- Andria Andria Andria... Et dire que j'étais persuadé que tu avais tout compris ce matin dans le couloir quand tu m'a percuté... Je prépare un ph...

- Lucius tu sais que les philtres d'amour ont été rendu illégaux en même temps que ceux de persuasion et d'Imperium... Et en plus, tu crois que tu as le niveau pour inventer un philtre efficace... ? Je sais que tu as bonne estime de toi mais là, tu dépasse les bornes !

- Qui te parle d'inventer...? Pourquoi inventer quand on a une bonne recette ?"

Andria fixa Lucius avec un regard à la fois pleins de reproches et d'envie. Où avait-il déniché une recette de philtre d'amour ? Il l'avait sûrement trouvé...

"Je l'ai trouvé... commença Malefoy.

- A LA RESERVE ! s'exlamèrent-ils en coeur.

- Bien évidement ! Tu crois que j'aurai pu trouver ça où ? Dans les rayonnages ? Genre "voyons voyons... pardon Madame Pince, mais vous n'avez pas un rayon pour les philtres, dangereux, illégaux et de magie noire poussée ?"... Ne me prends pas pour un idiot s'il te plait. Ca fait des mois que je potasse mon plan... Il était infaillible... Et la potion, c'est la clé de mon succès...

- Lucius sale traître pourquoi tu m'en as pas parlé ! Tu sais très bien que je rêve depuis toujours -ou tout du moins six ans- de faire un Philtre Interdit pour Potter ? On aurait fait ça à deux !

- Si je ne suis pas stupide, tu es loin de l'être ! Je pensais que tu comprendrai... Ca me semble étonnant que tu n'ai pas compris pourquoi..."

En voyant la mine désespérément attérée de son amie il ajouta :

"Pour t'éviter des ennuis Andria ! J'en ai rien à foutre d'être exclus de cette école minable si c'est pour partir en sachant que celle-là m'aime et viendra me retrouver dehors... Tu le comprends ça ? Alors que toi, tu ne vas pas gâcher ton avenir pour ce s de Potter..."

Andria s'enflamma. De quel droit traîtait-il James de s ! Il ne le connaissait même pas ! Tout ce qu'il savait de lui, c'était qu'il était le meilleur ami du cousin de Narcissa, alors pour lui, c'était forcément un s d'entêté !

"Et dire que tout ça, c'est à cause de Narcissa ! C'est juste par colère envers elle que tu veux m'éloigner de James ! Tu es pathétique ! Laisse-moi vivre un peu, t'es pas ma mère Lucius !"

Andria fulminait intérieurement. D'accord, Sirius était un pourri lui -un pourri qui embrassait très bien... quelle idée, tu dérailles Andria !-, mais James n'avait rien d'un pourri, il était juste... particulier !

Mais elle regrettait maintenant la façon qu'elle avait eu d'aggresser Lucius. Il avait seulement voulu qu'elle n'ai pas d'ennuis. Mais vraiment, pourquoi cette manie de vouloir la protéger ! Elle vivait un véritable dilemne... Comment devait-elle réagir face à Lucius ? Et face à James ? Elle déglutit, inquiète.

Le lourd silence qui régnait n'était troublé que par les gémissements de Lily, toujours attachée. Lucius et Andria soutenaient leur regard mutuellement, persuadés l'un l'autre qu'il ne serait pas le premier à céder. L'atmosphère qui régnait maintenant dans la buanderie -dans la "planque" de Lucius et Andria- était lourde. Des vapeurs violettes s'élevaient en volutes du chaudron. Lucius fut alors le premier à détourner le regard. Il le posa sur le chaudron et prononça d'une voix forte, brisant ainsi le silence qui régnait :

"Kanader"

Aussitôt le feu s'éteint. Andria cilla. Elle savait ce qui allait arriver maintenant. Lucius était un maître des potions hors pair. Nul doute que ça potion est été réussie. Lily allait l'aimer. Elle ravala sa salive. Une petite voix à l'intérieur d'elle lui criait de stupéfixer Lucius, de libérer Lily après lui avoir lancé un sortilège d'Amnésie et de s'emparer du chaudron. Ainsi James aurait pu tomber amoureux d'elle... Mais Andria Merton, pleine d'altruisme, décida d'écouter la voix qui lui disait de penser à son amitié. Alors elle ne dit rien et jeta un regard à Lily.

Les cheveux décoiffés, les yeux exorbités dirigés sur le chaudron fumant, la respiration aussi haletante que comprimée, elle avait l'air d'une folle dans sa camisole. Mais elle se retourna vers la Serpentarde et pour la première fois de sa vie, elle semblait lui demander de l'aide. D'un regard implorant. D'un regard qui voulait dire "je sais que tu sais que ce n'est pas de l'amour dans ce chaudron"... Andria détourna le regard. Oui, elle le savait. Mais elle était néanmoins jalouse de Lucius. Et d'une certaine manière de Lily, car la malheureuse Narcissa risquait l'infarctus ou le suicide si elle voyait une Sang-de-Bourbe au bras de son cher et tendre (!). Aussi, elle n'intervint pas. Elle se contenta de jeter un regard froid et indifférent à la préfète, de ceux qui veulent dire "mais pour une fois tu sers à quelque chose, je ne vais pas te priver d'une telle aubaine". Elle se retourna ensuite vers Lucius qui versait maintenant son philtre bleu-violet dans une coupelle en cristal. Ca avait quelque chose de flatteur de se faire implorer par une préfète...

Lucius approcha sa main de sa tempe et tira d'un coup sec. Trois cheveux, aussi longs que blonds (platine forcément, mais ça cassait l'allitération et l'assonance :° ) pendaient dans sa main, retombant avec grâce devant son gant blanc qui les rendaient presques invisibles. Un par un, il les fit tomber dans le ramequin, du plus grand au plus petit comme l'indiquait la recette. Des volutes de vapeur bleutés s'élevèrent du liquide qui se teintait progressivement de rouge sang. D'une texture de plus en plus fluide, elle dégageait une forte odeur de moisissûre.

Andria regarda Lucius faire, de plus en plus appeurée elle aussi. Les battements de son coeur rythmaient la respiration saccadée de la Gryffondor. Toutes deux, mortellement angoissées, regardaient fixement le Serpentard s'approcher à petits secs de la pauvre ligotée, se pencher sur elle d'un air qui se voulait rassurant mais qui paraissait plus méchant que maternant, retirer le morceau de tissu qui lui servait de baillon, poser délicatement son doigt ganté sur sa bouche pour la faire taire et pincer son nez sans prendre gare à son expression horrifée et sa bouche hermétiquement close... Le teint de Lily vira à l'écrevisse. Elle respira de plus en plus fort. Andria regardait la scène, épouvantée. Jusqu'où serait prêt à aller Lucius ? Voulait-il vraiment qu'elle boive ça ? Et elle, aurait-elle eut le courage, le cran de faire boire ça à James ? Aucune chance ! Elle arborait maintenant l'air à la fois frustré, pressé d'en (sa)voir plus et angoissé de ses gens qui passent leur vie à anticiper le futur.

Lucius posa sur le sol la coupelle en voyant le manque de coopération dont faisait preuve la préfète de Gryffondor. Il soupira d'un air faussement exaspéré. D'une main de fer dans un gant de velours (enfin, plutôt, d'une main de chair et d'os dans un gant en cuir fin), il écarta les mâchoires de Lily qui laissa échapper un hurlement retentissant.

A partir de là, tout alla très vite. La porte s'ouvrit à la volée. Les quatre Maraudeurs se précipitèrent à l'intéreiur de la pièce, baguettes dehors. Remus pointa sa baguette sur Lucius et l'éjécta dans un coin de la salle avec un Expelliarmus bien placé. A l'aide d'un Tarentallegra, Peter l'immobilisa (ou plutôt l'empêcha d'être immobile -donc de faire ce qu'il voulait faire-). Sirius renversa le précieux philtre d'un coup de pied bien placé. James, quand à lui, se jeta aux pieds de Lily. D'un coup de baguette, il fit disparaître les cordes qui la retenait et la prit dans ses bras. Elle tremblait de la tête aux pieds. Il fit un signe de tête aux autres Maraudeurs, pointant successivement le nez vers Lucius et les cordes.

"Finite Incatatem" prononça Lupin d'une voix forte, libérant ainsi Lucius de son maléfice de Jambes Dansantes. Mais Sirius le tenait fermement et Queudver l'enroula dans l'épais cordage qui retenait Lily aux tuyaux. Avec un gros noeud en boucle, il termina de l'attacher. Sirius et Peter se précipitèrent à leur tour vers leur ami. James passait la main dans les cheveux de Lily. Elle avait les yeux exorbités, elle était d'une saleté repoussante, pleurait, et murmurait des choses sans queue ni tête. Elle ne semblait pas réaliser que c'était James qui la tenait.

Andria regarda la scène d'un oeil étrange. Tout le monde semblait faire comme si elle n'était pas là. Soudain, un petit gémissement vint troubler le silence et la paix de la scène. D'un geste vif, la Serpentarde se retourna et remarqua que depuis tout à l'heure, Lucius était attaché solidement et qu'elle n'avait rien fait pour l'aider ! Mais pouvait-elle se permettre ?...James était juste à côté de lui ! Après avoir ainsi joué les redresseuses de torts dans le parc, elle ne pouvait pas libérer un garçon qui avait enfreint non seulement une bonne vingtaine des réglements de l'école mais aussi trois décrets du ministère de la Magie. Elle hoha la tête en direction de Lucius. Et puis après tout, ne l'avait-il pas laissé dans l'ignorance de ce qu'il faisait ? C'était une bonne punition non ? Elle pourrait ensuite tenter d'alléger sa peine auprès de Dumbledore. Il n'était pas nécessaire de le libérer maitenant.

Mais les gémissements de Lucius se faisaient plus forts et plus insistants. Plus sermonneurs aussi. C'était comme si les jérémiades incompréhensibles du Serpentard voulaient dire "si tu le prend Andria, moi qui avait confiance...". Mais elle ne les écoutaient pas. Non, il n'avait pas confiance... Il ne l'avait pas mise au courant pour son projet... Il ne lui en avait rien dit et ne comptait pas qu'elle le découvre. Elle tira la langue à son "ami" et fit un pas pour sortir de l'ombre.

Sirius vit Andria sortir de l'ombre et il haussa les sourcils. Comme s'il était étonné sans l'être.

Peter ouvrit la bouche grande et ronde mais aucun son n'en sortit. Ses yeux semblaient dénués d'expression.

James, tournant le dos à Andria, ne la fit que lorsqu'il se retourna pour suivre les regards de ses amis. Il soupira, se retourna et serra Lily un peu plus fort.

Remus n'était toujours pas avec les autres. Il était assis par terre, non loin du Lucius saussiçonné. Sa main, comme rongée par un mal invisible, pendait à côté de lui. La sueur perlait sur son front. Non pas par peur ou par chaleur. C'était...autre chose... Ses yeux étaient rouges et exorbités, ils pleuraient tous seuls. Une veine palpitait sur son front humide et luisant. Sa respiration était saccadée et il la ponctuait d'un râle inquiétant. Il toussa plusieurs fois et tout à coup, James, Sirius et Peter parurent très inquièts.
Le sourcil gauche d'Andria se souleva. Même l'attention de Malefoy était accaparée par le préfet qui gémissait et se tordait de douleur.

La main de Remus tâta autour de lui. Il avait l'air de chercher quelque chose. Soudain, dans un râle presque agonisant, comme un canidé assoifé, il se pencha par terre et lécha le liquide. Andria poussa un cri étouffé, suivi par un littéral hurlement de Queudver qui semblait venir de réaliser ce que Lupin avait bu pour se sécher la gorge. C'était le philtre renversé par Sirius ! Les yeux de Lucius s'exorbitèrent. Il ignorait totalement la durée des effets du philtre ! A vrai dire, il n'avait pas prévu que ce serait un Maraudeur qui l'ingererait... Que Lily soit éternellement amoureuse de lui ne l'aurait pas dérangé, mais si c'était Lupin, c'était une autre affaire...

Pour Andria, la situation devenait trop grave pour se permettre de laisser Lucius attaché. Alors, dans un bond vers l'amas de tuyau, elle sortit sa baguette et fit disparaître les lourdes cordes qui enserraient son ami. D'un geste hautain, il s'épousseta les manches et se pencha pour rattrapper l'ouvrage qui contenait la recette de la potion.

Remus se tordait maintenant sur le sol, agité de violentes convulsions. Il toussait et pleurait, la salive coulant sur son menton. Soudain, James se précipita sur lui, libérant ainsi Lily de son étreinte, qui en profita pour courir hors de la buanderie, l'air choqué et ébahi. Le tenant par les épaules, il le secoua un peu pour lui faire reprendre ses esprits. Il fit rapidement signe à Sirius de lui éponger le front. D'un sortilège d'Apparition bien placé -adrénaline oblige- il se fit appraître un chiffon dans la main et entreprit de laver le front de son ami. Peter, lui, se contentait de repsirer d'une voix rauque et grave, le visage déformé par la peur. Il jetait à intervalles réguliers des regards nerveux vers la fenêtre en murmurant "c'est pour ce soir... c'est pour ce soir... aucun doute c'est pour ce soir...".

Jamees se mit à parler tout doucement à Remus. Comme pour le bercer. Andria leva un sourcil et reporta son attention sur le livre que tenait toujours Lucius. Les Mauraudeurs s'occupaient de l'étrange maladie de Lupin pendant que les implaquables Serpentards se chargeaient du philtre -beaucoup plus inquiètant selon eux-.

Le regard de la Serpentarde parcourut la page du philtre rapidement.

PHILTRE D'AMOUR(1)

Ingrédients :

Un litre de lait de femme

300 ml de sang de cupidon

quatre yeux de gryffons

une queue de salamandre pourpre

une langue de serpent de Sibérie

666 gouttes de pluie tombées une veille de pleine lune

quelques grammes de crynosopes en poudre

Préparation :

Dans un chaudron en étain, mélanger le lait et le sang jusqu'à obtention d'un mélange rose. Ajouter une pincée de poudre de crynosopes ; le mélange devrait virer au vert bouteille. Ecraser la queue de salamandre dans un récipient en ébène et l'ajouter. Tourner 6 fois dans le sens des aiguilles d'une montre et 7 fois dans le sens inverse. Laisser poser une semaine et rajoutant régulièrement des crynosopes en poudres -tous les jours à la même heure par exemple, ou toutes les heures mais moins etc...-.

Prononcer haut et fort l'incantation en ajoutant les yeux de tritons :

Ayomane Akiromane-Akamane Khânganesh -votre nom suivi de celui de votre victime-.

Laisser reposer une nuit et ajouter au petit matin la langue de serpent sibérien et, une par une, les 666 gouttes de pluie puis un élément de votre propre personne -cheveux, ongles, yeux, peau, poils...-. La potion se teintera de rouge sang et dégagera d'importants volutes noirâtres.

Vous devez faire ingérer cet philtre à la victime dans l'heure qui suit ou le processus sera à recommencer dans son intégralité.

N.B : Si vous mettez plusieurs cheveux, plusieurs ongles etc... classez-les toujours du plus grand au plus petit.

Notice et précisions :

La personne ayant ingéré cette potion tombera amoureuse de vous au bout d'une petite demi-heure. En cas d'échec, rendez ce livre à la personne à laquelle vous l'avez dérobé et cessez de vous prendre pour un maître des potions. En cas de réussite, savourez la pendant une nuit avec la victime pour sceller l'envoûtement. Si le rituel de la nuit n'est pas appliqué, les effets de la potion se prolongeront pendant une durée variant de un mois à dix ans, pendant lesquels vous ne devraient jamais avoir de relations physiques avec la victime. Il est donc grandement recommandé de vous unir fusionnellement avec la victime lors de la première nuit après l'ingestion de la potion. Et puis n'essayez pas de me faire croire que ce n'est pas ce que vous voulez, vous savez parfaitement de quel genre de livre il s'agit.

Effets secondaires :

Prise de poids, nausées, enflemment des oreilles, stérilité lors de cas extrêmes. Au bout de quelques années, vous remarquerez une fatigue de plus en plus grande chez la victime. Mais vous aurez eu se que vous voulez alors ne vous plaignez pas.

Andria retint une grimace, entre le rire et la peur. Lucius affichait un petit air satisfait et sourit narquoisement aux Maraudeurs s'affairant encore autour d'une Remus toujours plus pâle et haletant. Elle abandonna Lucius, qu'elle trouvait ignoble et déplacé -après tout, avant d'être un Maraudeur, Remus était humain-. Morsqu'elle arriva à la hauteur des Gryffondors et qu'elle s'apprêta à parler, l'autre Serpentard éleva la voix.

"Je ne voudrai pas paraître disgracieux mais... Ne serait-ce pas là tous les symptômes de la... lycanthropie ?"

Andria respira bruyament et perdit en un clin d'oeil son air assuré et aimable. L'hypothèse de Lucius -celle typique des gens qui savent qu'ils ont raison-, contre toute attente, ne semblait pas tirée par les cheveux. L'air pâle de Lupin et son visage qui se creusait à vue, sa sueur, sa toux, ses hauts-le-coeur étaient les symptômes récurents des lycanthropes. Elle déglutit et recula d'un pas pour s'éloigner des Maraudeurs.

Avec la même voix mielleuse, Lucius continua :

" Alors comme ça, Potter, Black et Pettigrow s'amusent à introduire un loup garou dans l'enceinte de l'école ?... Alors comme ça, l'incompétent Dumbledore le laisse faire ?... Je dirai même... le forfaite -puisqu'il fourni j'en suis sûr le Tue-Loup à Lupin... Mais je ne manquerai pas de faire part à un professeur ou à un responsable compétent... Je suppose que le professeur Slughorn sera ravi d'apprendre ce que les Maraudeurs gardent dans le chateau... Et monsieur Rusard devrait être exceptionnelement contrarié de savoir que des élèves s'amusent à introduire dans ce même château d'autres choses -plus dangeureuses- que les Bombabouses ou des freesbees dents de dragon...

- Malefoy tais-toi ! rugit James. Si tu parle de Lunard à qui que ce soit, je te règlerai ton compte. Crois moi je m'arrangerai pour que ta vie à Poudlard devienne insupportable ! continua t-il sur le même ton. Il fut interompu par Sirius qui ajouta d'une voix suave :

- Je suppose que Dumbledore -et même Slughorn- sera aussi ravi d'apprendre que Saint Malefoy compose des Philtres Interdits -recettes qu'il a trouvé dans un livre interdit, dans une partie interdite de la bibliothèque, avec des ingrédients tous plus interdits les uns que les autres... dans un lieu qui plus est interdit aux élèves depuis trois mois. Tu ne crois pas que tu serai perdant aussi ? Réflechis à deux fois avant de faire renvoyer Remus... Il pourrait comme l'a dit Cornedrue, t'arriver des bricoles Mal au foie..."

L'air dédaigneux, Lucius renvoya ses cheveux derrière son oreille et remua les lèvres silencieusement. Andria elle, n'avait rien dit. Elle était restée immobile et s'était contenté de déglutir et de jeter des coups d'oeil nerveux à Lucius puis aux Maraudeurs comme on suivrait un match de tennis particulièrement palpitant. Elle haussa un sourcil lorsque Lucius parla de faire renvoyer Lupin... L'idée paraîssait séduisante, l'anormalité de celui-ci perçée à jour (ce qui justifiait aussi ses absences incompréhensibles en fin de chaque mois)... Mais pourtant, et ce n'était pas par amour pour James mais cela ne lui paraissait pas une bonne idée. L'expulsion d'un élève aussi modèle que Remus Lupin ferait probablement fuser les ragots dans toutes les Maisons et risquait de ne rien apporter de bons, aux Serpentards principalement.

Lupin avait l'air pâle et maladif, comme s'il entrait dans une lente agonie. Sa toux avait cessé mais il semblait fièvreux. Il était secoué de spasmes et tremblait dans les bras de son ami (où Andria aurait préféré être à sa place -dans un état moins critique que Lupin cependant-). La sueur coulait sur son visage que Sirius s'escrimait à faire disparaître (il avait en effet abandonné le chiffon détrempé pour le Evanesco devenu plus efficace). Il cillait sans cesse, baissant ses paupières grisâtres sur ses yeux exorbités. Il continuait à émettre le râle qui faisait tant frémir Peter et semblait au bord de l'évanouissement.

James lui, paraissait plus inquiet que jamais. Visiblement pris de cours, il secouait son ami, tentant de le soulever ou de le bouger en direction de la porte.

Les lèvres de Peter articulait malgré lui "la cabane... vite... la cabane... ce soir... Dumbledore... la cabane... la potion... la cabane... vite..." l'air à la fois inquiet et réjoui. Il faisait craquer ses doigts nerveusement comme quelqu'un de toujours super-utile laissé sur la sellette.

Lucius affichait maintenant un air inquisiteur. Il louchait sur Peter qui se rengorgea, comme si le regard perçant de Malefoy pouvait passer au travers de sa peau. Queudver remonta le col de sa robe de sorcier autour de son visage, l'air mystérieux, et se pencha sur Remus, l'air de tout savoir (!). Il murmura quelque chose à James -qui hocha la tête en soupirant- et prit le chemin de la porte l'air de vouloir qu'on lui pose des questions. Mais ce ne fut pas à lui qu'on posa des questions.

Andria s'approcha de Lupin et Potter et se pencha sur eux. L'allure générale du préfet-intellectuel aussi Serpentard que Gryffondor était moins reluisante que d'habitude. Sa robe noire paraissait grisâtre par rapport à sa mine blanche comme un linge et il était encore plus décoiffé que James (ce qui n'est pas peu dire !).

" Il va aller mieux à ton avis ? demanda t-elle à James, l'air un peu soucieux.

- Ouais, t'inquiète pas, il va reprendre du poil de la bête... Soudain, il décolla son regard jusqu'alors fixé sur Lupin pour la regarder dans le blanc des yeux. Pourquoi ça t'intéresse, Merton ?..

Andria haussa les sourcils, déconcertée par la soudaine agressivité du Gryffondor.

- Ben, pour savoir...

-Tu veux qu'il y est des emmerdes c'est ça ? Qu'il soit renvoyé ? Pourchassé par le Ministère ? C'est quoi ton problème avec nous Serpentarde ?

- Hey ! s'emporta Andria. J'ai jamais dit ça ! Je veux juste savoir ! Vous êtes là, à vous débattre contre ce je-sais-pas-quoi qui prend Lupin, Pettigrow vous largue et on devrait rester là, à vous regarder ! C'est parce que je suis à Serpentard que j'ai pas de coeur ! Et d'après ce que j'ai compris, il faut vous aider à le descendre... s'enflamma t-elle. D'un geste vif, elle saisi le bras de Lupin qui trembla dans sa main et le tira, entreprenant vainement de le lever.

- Merton..."

James resta stupide, à regarder Andria dérober tant bien que mal son ami à sa vue. Lupin et elle étaient maintenant derrière lui. Il inspira profondément et se retourna vers la Serpentarde qui peinait à sa place.

" Andria laisse-moi faire ! Nos affaires ne te regardent pas... Je suis quand même content que tu nous es aidé mais là, tu ne peux plus rien pour nous. A part peut-être t'assurer que Mal au foie garde le silence, sinon il est fort possible que son nom retrouve confirmé pour lui... N'oublie pas : Ceux qui seront allé trop loin n'auront pas de place dans les rangs du vainqueur..."

Andria lâcha le bras de Lupin que James rattrappa habilement. Elle avait la bouche entre ouverte et était totalement sous le choc. Il l'avait appellé par son prénom... Elle ravala sa salive dans un abominable bruit de suscion et agita ses doigts rougis le long de son corps. Elle écarquillait les yeux, incapables de les tenir normaux. Son prénom... Il l'avait appellé Andria... Non, pas Merton... Andria... Elle s'avança de quelques pas vers Lucius, le regard vide, sans prêter attention aux deux Maraudeurs qui tiraient leur congénère mal en point.

" Lucius... bredouilla t-elle. Lucius tu as entendu ?

- Oui. Ceux qui seront allé trop loin n'auront pas de place dans les rangs du vainqueur hein ? Mais ce que ces idiots de "Maraudeurs auto-proclamés" n'ont pas encore compris c'est que nous seront vainqueurs et que eux seront allés trop loin...

- Lucius il m'a appellé par mon prénom... Il m'a appellé Andria... Que ce prénom est doux et beau dans sa bouche... coupa t-elle, l'air rêveur.

- Andria ! Tu deviens folle ? rugit Malefoy. On dirait que c'est lui qui t'a fait prendre un philtre !"

Et sur ce, il s'approcha de la Serpentarde et lui assena une torgnolle magistrale. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites sous l'impact. Elle secoua la tête, les sourcils froncés. Une veine s'était mise à palpiter sur son front. Elle ravala sa salive et leva la main pour offrir à Lucius une dérouillée digne de celle qu'elle avait reçue, sans prendre garde aux trois Maraudeurs. Soudain, une nouvelle voix, inconnue en apparence, retentit.

" Non, laisse Lucius ! Laisse le ! baffouilla Lupin d'une voix rauque et indéfinissable. Il toussa et cracha un peu de sang dans sa main. Ne touche pas à mon Lucius !"

Il se débattit et se dégagea de l'étreinte de James et Sirius qui se regardait, à la fois amusés, inquiets et furieux. Il s'approcha en rampant, loqueteux, de Lucius. Ce dernier le regarda de haut, une expression de profond dégoût sur le visage. Ah comme il aurait aimé que Lily vienne le voir en rampant, lui avouer son amour depuis le jour de leur rencontre (le méga-bonus de la mort qui tue : le jour de la rencontre de Lily et Lucius - Lily, nouvelle Gryffondor de onze ans, monte dans sa salle commune. Lucius, nouveau Serpentard tellement fier de l'être, emprunte le même couloir avec deux de ses amis -Ebenezer Bulstrode et Orachius Oreston- et bouscule Lily d'un violent coup d'épaule, lui jete un oeuf gardé du repas du soir pour l'occasion et lui hurle comme un CD rayé "Sang-de-Bourbe ! Sang-de-Bourbe ! Sang-de-Bourbe !". La petite Lily rentre dans la salle en pleurant.) et lui jurant qu'il sera aussi éternel et imperturbable que la course du Soleil.

Lupin s'accrocha au bas de la robe de sorcier de Lucius et bredouilla un faible "ne vous battez pas, n'abimez pas mon Lucius...". Le Serpentard le fit reculer d'un petit coup de pied. James se précipita vers lui, hurlant à pleins poumons qui allait lui faire manger les pissenlits par la racine. Il donna un direct phénoménal dans le nez du Serpentard et un craquement sonore retentit. Lorsqu'il releva la tête, le nez et le menton de Lucius étaient maculés de sang. Il s'essuya du revers de la manche et heurta Potter d'un violent coup d'épaule qui le projeta comme le tas de tuyaux rouillés. Mais le Maraudeur ne tarda pas à refoncer sur le Serpentard en hurlant "Ah ouais grand lâche ! Tu frappes des malades au sol toi ?". A ce stade du récit il me semble important de parler de la taille de James Potter. En effet, le futur petit Harry aura de qui tenir sa petite taille. James mesure environ 1,65 mètre lors de ses 16 ans, Lucius mesurant au même âge un bon mètre 75. Continuons.

James allongea au Serpent un crochet dans la mâchoire, accentuant ainsi la coulée de sang qui barbouillait son visage d'un pâleur irréelle. Mais ce dernier, fidèle à sa Maison, mordit violement un de ses doigts. Potter retira sa main vivement en hurlant de douleur. La trace de la dentition de Lucius était gravée entre deux de ses phalanges. Tout en secouant sa main droite victime d'une lâche morsure, il allongea un coup de pied dans le tibia de son adversaire. Le Serpentard porta aussitôt sa main sur sa jambe en serrant les dents et en jurant. James se redressa de toute sa hauteur avec un sourire victorieux. Mais ce sourire disparu bien vite de son visage : Lucius venait de se relever en lui assénant un coup de tête dans le menton. Le Gryffondor vacilla. Il se rattrappa à un pan de la robe du Serpent qui se déchira, ne retenant pas son poids. Le Serpentard eut un rire mauvais et donna un coup de pied à James, allongé par terre, du sang sur le visage et les mains. Mais Potter n'avait pas dit son dernier mot. Il faucha la cheville de Malefoy qui chuta (de toute sa hauteur aussi, ce qui est plus impressionnant -plus douloureux aussi). Le Gryffondor roula vers Lucius et le plaqua sur le sol avec un air mauvais. Et il donna une exceptionnelle série de claques entrecroisée de coups de poings au Serpent qu'il avait à sa merci. Malefoy eut plusieurs gémissements avant de demander, la langue pendante, la bouche ensanglantée, les joues rouges, le front trempé, le nez cassé, les yeux exorbités, pitié à James. Celui-ci sembla prendre un malin plaisir à laisser se continuer ce petit jeu puisqu'il le lâcha enfin au bout de cinq minutes avec un air supérieur.

Air supérieur qui dut déplaire au Serpentard car, aussitôt libéré de l'entreinte de Potter, il le plaqua à son tour au sol, les yeux brillants derrière ses coquards.

"Ah ouais ? Tu croyais t'en sortir vainqueur ? Tu me croyais si faible et si dénué d'honneur ? Et bin tu te trompais, pourri ! Et peu importe les cris que tu poussera je ne referai pas ton erreur !"

Lucius commença par soulever légèrement James par le col et lui flanqua un coup de poing en le lâchant, ce qui eut pour effet de faire couler un flot de sang de son nez tout en cognant sa tête contre le vieu plancher de la buanderie. Il continua par une série de crochets sur les articulations des mâchoires, qu'il asséna ave une violence incontrôlée. Mais, alors qu'il tenait le menton de Potter entre ses doigts et montait son poing au dessus, il tomba sur le côté, lâchant la tête de sa victime ui rechuta sur le sol.

Sirius se tenait là, derrière Malefoy qui gisait au milieu des tâches de sang qui parsemaient le plancher.

"OK, on va arrêter le tir, ça vous dérange pas ?"

Il arborait un sourire mi-monstre sanguinaire, mi-chevalier servant et ses yeux pétillaient de malice. Derrière lui, Lupin pleurnichait et continuait à se tordre sur le sol. Black eut un rire mauvais au vue du pathétique Lucius qui se retournait vers lui, les deux mains plaquées sur le sol. Une nouvelle fois dans la même journée, il avait eu le dessus sur James.

Andria, elle, était revenu sur le livre. Elle n'avait même pas essayé une seule fois d'empêcher James et Lucius de se battre. Après tout, si le Gryffondor pouvait la venger d ela giffle que lui avait donné Lucius, ça ne lui posait aucun problème.

Elle avait lu et relu la recette, si bien que l'encre aurait pu s'évaporer de la feuille jaunie. Quelque chose clochait, elle le savait.
Elle releva la tête un instant en entendant le rire mauvais de Sirius. Ce qu'elle vit n'était pas totalement ce à quoi elle s'était attendu (ou alors si mais ce dont elle refusait de se persuader).

James, le visage barbouillé de son sang autant que de celui de Lucius, était immobile, les yeux fermé, et la seule chose qui indiquait qu'il vivait toujours était le soulevement irrégulier de sa poitrine.

Lucius, ensanglanté lui aussi, se tenait en équilibre précaire sur ses deux mains, les jambes molles, et clignait des yeux, ses paupières blanches recouvrant avec peine ses globes exorbités.

Sirius semblait le seul à réelement tirer gloire de cet affrontement. Les jambes un peu écartées, le visage découpé en ce sourire entre la cruauté et l'humour, les yeux passant de l'un à l'autre des demi-cadavres allongés par terre, les bras de chaque côté des hanches, il affichait cet air supérieur d'arbitre de catch qui en allonge une bonne à chaque combattant quand ils ne l'écoutent pas.

Il se retourna vers elle, les yeux brillants, un sourire totalement différent sur le visage. Un sourire bienveillant qui sonnait faux sur lui.

"Alors Merton, heureuse ? J'ai récupéré les deux ! Remercie-moi je t'en prie, fais pas cas du baiser de tout à l'heure... Sauf si t'en veux un autre !" ajouta t-il l'air mutin.

Andria recula d'un pas. Elle ne voulait pas tellement d'un nouveau baiser de Sirius, mais elle ne pouvait nier qu'il méritait un merci, même si sa méthode pour résoudre les conflits n'était certainement pas la meilleure.

"Merci." se contenta t-elle de répondre. Mais après un moment de silence, rythmé par les gémissements de Lupin qui avait pourtant l'air d'aller un peu mieux, elle se décida à ajouter, le regard fixé sur James respirant avec peine :

"On devrait peut-être les amener à l'infirmerie..."

Sirius haussa les épaules, l'air négligeant.

"Woué, boaorf." grogna t-il.

Mais il s'avança néanmoins vers James. Il se saisit de son bras et, d'un geste vigoureux, le remit sur ses pieds.

"Chacun son macchabé." déclara t-il en donnant un petit coup de pied dans le bras de Lucius (ce qui eut pour effet de le faire retomber complétement... mais il semblait un peu sonné de toute façon).

Andria s'approcha de son ami à petit pas. Mais, au dernier moment, elle retourna sur ses pas. Sirius la regarda, l'air interrogatif. Elle se pencha et récupéra le livre. Elle eut un sourire victorieux et se dirigea vers... Lupin. Arrivé devant lui, elle s'accroupi pour être à sa hauteur et posa l'ouvrage sans menagement devant lui. Elle pointa du doigt une phrase, toujours le visage fendu par ce sourire d'inspecteur.

Ayomane Akiromane-Akamane Khânganesh -votre nom suivi de celui de votre victime-.

"Et ouais mon petit Remus, tu nous a pas tous eu. Mais t'as eu Lucius et c'était suffisant c'est ça ? Tu nous prends pour des débiles sous prétexte qu'on est à Serpentard c'est ça ? Et vous vous êtes gouré ! Et cette fois c'est vous les débiles ! Si tu veux mon avis, c'est pas ton nom à toi que Lucius a prononcé hier soir ! Donc le philtre marche pas et depuis tout à l'heure tu nous mène en bateau !"

Sirius haussa les sourcils, pensant qu'Andria avait totalement disjoncté. Mais quand elle pointa du doigt la phrase, il lâcha le bras de James qui retomba par terre. Il s'avança vers Lupin et Andria d'un pas vif.

"Oh, Lunard ! Quel bon acteur ! Mais tu pourrai nous prévenir en cas de combines foireuses comme celles-là ! Nous on y croyait vraiement à ton histoire ! Bordel, tu nous prends pour qui ? On est pas sensés être un truc comme... voyons voir... des amis ?"

Andria recula d'un pas. Sirius semblait furieux et elle n'avait pas la moindre idée de ce dont il était capable. Mais lorsqu'elle voulut reprendre la direction du macchabé de Serpentard, Sirius l'attrapa par l'avant-bras.

"Andria, comment t'as fait ? Comment t'as fait pour rien capter pendant que t'étais au dessus du bouquin et tout comprendre quand t'en étais loin ? C'est louche ton truc... Ce serai pas toi qui nous mènerai en bateau ? Ce serai pas toi avec ta connerie de sens tordu à la Serpentard ?

- Sirius tu débloques ! Et tu le sais très bien ! Qu'est-ce que tu veux que j'ai comme intérêt à crader encore plus qu'elle ne l'est déjà la réputation des Serpentards ? Et en plus, tu me vois moi, comploter avec Lupin pour... Franchement ! On voit que si t'as absorbé ma salive, c'est différent pour mes pensées !"

Sirius haussa les sourcils. Andria serra les dents pour retenir le flot de paroles qui voulait sortir de sa bouche. Lupin renifla consciencieusement. La Serpentarde aurait voulu détailler sa pensée aux deus Gryffondors, se récolter l'honneur d'avoir percé à jour le plan machiavélique des Maraudeurs. Mais elle n'arrivait pas à sortir la netteté de sa pensée. Elle ne débitait qu'un flot sans queue ni tête, qui lui donnait l'air de n'avoir aucune idée de ce qu'elle disait. Alors que pourtant c'était limpide...

Elle releva les yeux du livre et croisa le regard interrogatif de Sirius. Visiblement, il souhaitait que la Serpente aille plus loin dans son raisonnement.

Mais contre toute attente, ce fut une toute autre personne qui rompit le silence.

"Bon... heuheu... Je suis pas sûr d'être en état... de descendre seul heurheu... mais si tout le monde reste là à gamberger , je serai bon à ramasser en bas de l'escalier à la petite cuillère... rhhhh heurheuher..."

Andria, Lupin et Sirius tournèrent tous la tête vers le résidu de James qui se tenait debout tant bien que mal. Black hocha la tête et se releva en silence, les sourcils froncés. Apparemment, Potter avait trouvé le bon mot : Sirius gambergeait. Les révélations d'Andria lui avait fait un effet boeuf. Elle secoua la tête de gauche à droite et se releva à son tour. Elle s'avança vers Malefoy qui gisait toujours, le regard dans le vague. Sirius passa le bras autour de l'épaule de son ami et redressa Lupin par le col. Il fit un signe à Andria, pour qu'elle les suive avec Lucius. Il avait toujours le regard fermé et inexpressif, comme plongé dans une profonde réflexion. D'une main distraite, il tourna la poignée de la porte et l'ouvrit dans un grincement sinistre. Il franchit le seuil en chancellant sous le poids des deux autres Maraudeurs et injuria Queudver dans un murmure.

Andria, qui soutenait avec encore plus de peine la grande carrure de Malefoy, l'air aussi, sinon plus, soucieux que Sirius, ferma la porte d'un coup de pied.


(1) N'essayez pas de refaire ça chez vous ! Formule totalement inventée, de même que certains ingrédients.