James cilla, incapable d'être sûr qu'il ne dormait pas encore. Rien que la présence de Sirius et Andria semblait étrange... Mais là ! Il se frotta les yeux, histoire d'être sûr de ne pas rêver, mais lorsqu'il les réouvrit, il vit seulement la Serpentarde et son ami s'essuyer la bouche d'un air coupable.
"Que... Que... Quoi ? Patmol ? C'est quoi ce...?"
Les mots lui manquaient. Il était incapable de dire pourquoi ce baiser l'avait mis dans un état pareil. Etait-ce parce que c'était Sirius, ou Andria, ou une Serpentarde, ou un Maraudeur ?... A vrai dire, il n'en savait rien. C'était bien là tout le problème.
Andria se décolla vivement de Sirius. Mince, comment-elle pu faire ça sous les yeux de James ? C'était comme tout faire rater avant d'avoir essayer... Elle s'essuya la bouche et fussila Sirius du regard. Bon, d'accord, c'était un acte de mauvaise foi incomparable, mais bon, il l'avait déjà embrassé une fois, ce serait pas dur de faire croire à James que c'était encore lui... Enfin, elle l'espérait.
Déjà que sous le choc du baiser d'Andria, Sirius écarquilla encore plus les yeux en comprennant pourquoi elle le repoussa brutalement comme ça. Elle dérobait James et Remus à sa vue et il n'avait pas prêté attention au réveil de son ami. Il tenta vainement de bafouiller quelques explications après s'être frotter la bouche, mais il ne sortit de sa gorge que quelques gargouillements rauques.
"Hey, je peux avoir quelques explications ?" lança James en agitant les mains.
A la grande surprise d'Andria, il n'avait plus du tout l'air choqué. C'était peut-être passager, elle avait peut-être réussi à tout mettre sur le dos de Sirius... Un sourire-éclair de mesquinerie passa sur son visage et elle répondit, avec à nouveau une expression offusquée.
"James, ton copain m'a encore roulé un palot !"
Elle fit mine de se nettoyer la main dans un pan de robe de sorcière, espérant être convaincante dans son pseudo-dégoût (car elle devait au moins reconnaître ça à Patmol : il embrassait super bien !).
James se retourna brusquement vers son ami et le fusilla du regard.
"Patmol, on a avait parlé ! Tu m'avais dit que c'était oublié..."
Sirius posa le doigt sur son torse et afficha une expression ébahie. L'instant de profond bonheur qu'elle venait de lui offrir l'empêchait de nier et de mettre Andria en difficulté. Aussi préféra t-il quasiment inconsciemment s'y mettre lui-même...
"Oui, mais euh... Bof, c'est que... Tu comprend..."
Vraisemblablement, non. James ne commprennait pas. Il avait l'air particulièrement déçu par l'attitude qu'avait (pas) eu son ami. Andria pencha la tête, perplexe. Alors comme ça, ça décevait James que Sirius l'embrasse... Y'avait-il une chance qu'il est décollé ses pensées de la Sang-de-Bourbe qui lui servait de dulcinée ? Bof, en tout cas, il pensait à elle, d'une manière ou d'une autre...
Justement, une de ces "autres manières" venait de faire irruption dans le cerveau de la Serpentarde... Et si, tout simplement, il avait trouvé ça ignoble que la langue de son meilleur ami pouisse tourner dans la bouche d'une serpente ?...
Andria se râcla la gorge pour faire fuir cette pensée et se reconcentra sur la crédibilité de son mensonge. Elle devait être offusquée, elle devait être offusquée, elle devait être offusquée, elle devait être offusquée, elle devait être offusquée, elle devait être offusquée...
James assista à la scène, la bouche entrouverte. C'était ridicule. On voyait gros comme un oeuf que ça puait la comédie.
"Arrête, Sirius, sérieux, vous êtes pas crédibles. Pas la peine de..."
Prise d'une pulsion digne de la Comedia del'Arte, Andria se plaça face à Sirius et lui allongea une grande claque contre la joue.
James se coupa en pleine phrase. D'un coup (c'était le cas de le dire), ça devenait très crédible. Pour avoir déjà plusieurs fois embrassé Lily contre son gré, il savait comment se terminait ce genre de tentatives. Or, vu la violence qui s'était dégagé de la main de la Serpentarde au moment de l'impact, il semblait assez peu concevable qu'elle vienne d'avoir envers le garçon un quelconque geste affectueux, à fortiori un baiser aussi langoureux.
Andria se mordit l'intérieur des joues pour ne pas éclater de rire.
Les yeux du garçons roulèrent dans leurs orbites. Cette fille avait un VRAI problème : d'abord elle râlait qu'il l'embrasse, puis elle se la jouait hautaine, puis elle l'aidait, elle le rentrait dans ses plans quasi-de force, elle l'embrassait à son tour, s'en servait d'excuse puis enfin terminait par une baffe monumentale... Il se mordit la lèvre. On frappe pas une fille... Même par vengeance... Même si c'est le pire spécimen que cette planète n'est jamais porté...
"Que, que... quoi ?" bafouilla James. L'histoire semblait sans queue ni tête. De plus, son ami avait vraisemblablement encore trompé sa confiance. Il baissa la tête, l'air déconcerté.
Andria s'avança vers lui et posa la main sur son épaule.
"Hey, t'emballe pas, James ! C'est oublié !"
Elle lui adressa un sourire puis se retourna et fusilla Sirius du regard comme s'il était vraiment responsable et qu'elle ai voulu venger le Maraudeur.
Le jeune homme releva la tête et regarda la Serpentarde. Lorsqu'elle parlait, il sentait presque l'haleine de Sirius (ou alors, c'était juste qu'il psychotait gravement à cause d'hypertrophie de la paranoïa intensive surdéveloppée... ce qui semblait déjà plus probable.). Mais elle avait l'air sincère...
Cependant, l'air ahuri de son ami face aux évènements signifiait clairement que non, il n'était pas le responsable. James haussa un sourcil, l'air suspicieux. Lequel des deux était le meilleur comédien, c'était là la question.
Sirius avait plusieurs fois auparavent prouvé ses capacités d'affabulateur et de mythomane professionnel. Quand à Andria, il n'était pas nouveau que les Serpentards étaient des manipulateurs de génie...
Le jeune Gryffondor se gratta le menton, geste hérité d'un lointain ancêtre magenquêteur. C'était ridicule, il en convenait, mais il lui était quasiment impossible de retenir son poignet contre les effluves ondoyants du terrible Double H (l'Habitude Héritée... gnierk gnierk ). Toujours est-il qu'au-delà le côté grotesque de son geste, il était un peu perdu. Après le coup du baiser sous l'arbre, il ne savait plus vraiment s'il pouvait placer toute sa confiance dans le garçon. Mais d'un autre côté, la fille en question était une Serpentarde, et pouvait-on plus placer sa confiance dans un de ces phénomènes ???
Dilemne atroce...
Il choisit de ne pas choisir : en décodé, il se tut en voyant comment la situation allait évoluer.
Andria aurait voulut se ronger les ongles tant il était atroce d'avoir à attendre le "verdict" de James. Mais celui-ci semblait décidé à se taire. La tension était palpable dans la petite chambre... Il ne manquait plus que...
Un grognement se fit entendre et James sursauta. Andria étouffa un cri en voyant la silhouette famélique de Remus-loup-garou s'étirer sous le Maraudeur.
James se jeta sur le côté et roula pour éviter... les ennuis. Sirius bondit entre le lycanthrope et son ami, bras et jambes écartés. Puis, lorsqu'il fut à l'abri, il recula, non sans une certaine fierté en vue de son acte héroïque.
"Hey, pourquoi on se transforme pas ? Ce serait pas plus simple de se barrer par la fenêtre, Lunard attaché, puis d'aller se foutre dans une quelconque forêt pour..."
Un craquement sonore secoua la pièce, et il sortit d'un nuage de vapeur le professeur Dumbledore, l'air sévère.
"Black, n'essayez pas de fourrer ce genre de tête dans celle de vos camarades. Vous n'évacuerez personne d'ici mis à part vous et votre charmante complice Serpentarde. Vous n'avez rien à faire ici. Quand à faire sortir illégalement Potter, Remus ou même Malefoy, n'y comptez pas. De plus, Remus ne grogne que parce que vous troublez son sommeil. Il dort encore."
Un nouveau craquement, un nouveau nuage. Mais lorsque celui-ci se dissipa, le professeur avait disparu.
Sirius, les yeux grands ouverts, se retourna face à James et Andria.
"Merde, c'est quoi ça ? Y'avait pas le vieux ici ? J'ai rêvé ou quoi ? Pourquoi je devrai...? C'est quoi cette embrouille !"
Son front était trempé de sueur. Il n'en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles, persuadé d'avoir profondément halluciné.
James et Andria, de leur côté, avaient également vu le professeur transplaner dans la salle en une seconde puis repartir. Mais si la jeune fille était plutôt sous le choc comme Sirius, le Maraudeur semblait plutôt gêné.
Sirius et Andria, se rendant compte de cet état, se retournèrent vers lui, l'air à la fois interrogatif et suspicieux à outrance.
"James... Ne me dis pas que tu savais qu'il nous entendait..." commença Andria, les sourcils froncés mais le ton plutôt implorant.
Le Gryffondor déglutit et manqua de s'étouffer.
"Euh... Il se trouve que cette salle est sous protection magique... Dumby entend tout et peut même le voir s'il regarde dans un miroir comme celui-ci..." répondit James, penaud, se mordillant l'ongle d'un doigt et montrant le miroir mural de l'autre main.
"Je voulais vous le dire mais... J'ai légèrement oublié, vu ce... qu'il s'est passé..."
Sirius soupira. Il aurait aimé se sentir de critiquer l'attitude irresponsable de son ami mais vu ce qu'était la chose dont il parlait, il ne se sentait pas assez crédible. Il n'avait guère brillé par son sens des responsabilités et de l'honneur lui non plus.
Andria ne se contenta pas de soupirer. Elle poussa un râle ostensible de mère mécontente et leva les yeux au ciel.
"James ! Tu trouve ça malin ? Si on avait été informé de ce genre de détails, on s'y serait pas pris comme ça... Fallait nous envoyer... Je sais pas moi ! Un hibou par la volière de l'hôpital ou... Un MMS (Message Mental Stéréo) ?
- De une, je peux pas accéder à la volière de l'hôpital parce que Dumby entend le bruit de la porte -il m'a formellement interdit de communiquer des informations à l'extérieur-. De deux, l'enceinte de Ste Mangouste est protégée contre les MMS. Les ondes font varier les fréquences de certains outils médicaux et perturbent les malades. J'étais coincé ! Même avec le miroir regard en coin à Sirius, je me faisait calculer."
Sirius fronça les sourcils mais hocha finalement la tête. Mouais. De toute façon, James n'aurait pas pris volontairement le risque de lui (de leur !) attirer des ennuis.
Il n'empêche que maintenant, ils en avaient. Faute avouée est à moitié pardonnée mais l'un n'empêchant pas l'autre, c'était tout de même une sacrée embrouille qui leur pendait au nez.
Andria, elle, n'eut aucun mal à croire James. Après tout, un type aussi... un type aussi James ne pourrait pas mettre deux camarades dans la mouise volontairement (surtout après ce qu'ils avaient traversé ensemble ces dernières heures). C'était pas crédible, ça collait pas au personnage.
Un éclair fugace traversa son visage (et son esprit). En même temps, c'était qui, ce personnage à qui ça collait pas ? James avait montré par ses multiples exploits qu'il pouvait revêtir bien des masques... C'était vrai qu'il arborait plutôt un air convivial, enjoué et même rigolard depuis qu'ils étaient ensembles au bord du lac. Mais tout de même... Il s'était déjà montré exécrable avec Severus, entreprennant avec Lily, arrogant avec McGo, prétentieux auprès de ceux qu'il nommait (rien que ça) "le bas-peuple"... Et rien ne disait que le Maraudeur avait dévoilé toutes ses facettes.
Mais, aveuglée par la sincérité du garçon (et son amour, accessoirement), elle chassa cette pensée. Non, évidemment que James avait fait son possible...
Andria eut une idée.
"Bon, James, tu dis que Dumbledore entends tout ce qui ce passe dans cette pièce ?"
La jeune fille parlait volontairement d'une voix forte, mais tout en restant aussi naturelle que possible.
James hocha la tête un peu nerveusement. Quel plan aberrant avait-elle encore inventé ?
"Euh, oui. D'ailleurs, tu devrais peut-être parler...
- Alors il suffit de t'en faire sortir !" termina t-elle, d'une voix, volontairement encore, basse. Elle était sûre d'avoir réussi à attirer l'intérêt de Dumby. Il croyait maintenant qu'ils voulaient faire évader James. Restait à réussir la deuxième étape du plan. Beaucoup plus risqué et beaucoup plus dur...
Le front barré de souci, Andria adressa tout de même un clin d'oeil à James et Sirius, et trouva même la force de sourire, le dos tourné au miroir. Les deux garçons hochèrent la tête, en essayant de ne rien laisser paraître de leur incompréhension ou de leur apréhension.
La jeune fille sortit de sa sacoche un morceau de parchemin et un stylo bille moldu. Elle en gratta la pointe sous la chaussure, espérant gagenr autant en crédibilité qu'en naturel vis à vis de Dumbledore. Elle voulait surtout gagner du temps. Toute l'attention du professeur devait être centrée sur elle, sans pour autant qu'il ne prenne le temps de transplaner pour voir le déroulement des évênements de plus près. Elle s'assit contre le mur et les deux garçons se penchèrent sur elle. Elle griffona rapidement quelques mots sur le papier.
"James, tu dois nous dénicher cinq bougies. Débrouille-toi, t'es bon en méta. Sirius, prépare de quoi les allumer. Je m'occupe du reste. Soyez à la fois discrets (faut pas qu'il comprenne ni qu'il vienne) mais remarquable (faut qu'il nous voit et qu'on attise son intérêt)."
Lorsqu'elle fut assurée que les deux garçons avaient bien reçu le message, elle se releva et tapota la baguette dans sa poche. Elle hocha la tête.
"Soyez pas trop bruyant, il ne doit pas identifeir les formules." dit-elle aux deux Marauderus du bout des lèvres.
James, tout en tournant soigneusement le dos au miroir pour cacher ses prises, attrappa sur l'étagère où dormait Malefoy les deux morceaux d'une seringue cassée, une paire de ciseaux qu'il cassa et un morceau de plastique non-identifié. Il alla se placer dans l'angle mort par rapport au miroir et étala les objets, qu'il métamorphosa un à un en bougies.
Sirius, lui, n'avait pas grand chose à faire pour l'instant. Il sortit sa baguette et accompagna James et resta toujours un peu derrière lui pour le cacher.
Andria soupira. Dans sa tête résonnait comme une lithanie "Pourvu que ça marche, pourvu que ça marche, pourvu que ça marche...". Elle ramassa par terre le plus discrètement possible un drap sale et le planqua dans l'angle mort. Elle chuchota rapidement à Sirius : "Change sa couleur. Noir." et se réaffaira. Un balai. Elle devait absolument trouver un balai. Un banal balai.
Sirius attrappa le drap et sa baguette d'un même mouvement. Il la pointa dessus et prononça à voix basse : "Coloris nera". Le drap se teinta de noir en un instant. Andria hocha la tête. Il devait suggérer pour travailler bien.
"Wingardium leviosa." chucota-t-elle, la baguette sur le drap. Celui-ci s'envola et elle le dirigea rapidement vers le miroir. Celui-ci fut recouvert en une fraction de seconde. Mais on voyait un peu à travers. Tant mieux. Pour l'instant, tout marchait. Elle s'éloigna du miroir et rejoint les deux garçons.
"Bon, maintenant, vous devez faire tout ce que je vous demande. Exactement tout. Désolée." chuchota t-elle.
"Allume les bougies, Sirius. J'en prend deux, prends en deux aussi, James. Sirius, tu prendra la dernière."
Les garçons s'exécutèrent et Andria hocha la tête d'un air autoritaire.
"Sirius, allume la première bougie.
-Bekbinzen."
La mèche de la
bougie s'enflamma en une fraction de seconde. La Serpentarde hocha
encore la tête et fit signe à James de faire comme elle.
Elle se leva, une bougie dans chaque main, les alluma toutes les
deux à la bougie de Sirius et en déposa une dans deux
des quatre angles de la pièce. James l'imita dans les deux
angles restants.
"Sirius, tu dois poser ta bougie au milieu de la pièce. Fais très attention. D'après mes calculs, le milieu de la pièce se situe exactement à deux centimètres et la patte arrière droite de Lupin. Cependant, si elle tombe, tout est fichu. Fais extrêmement attention."
Le jeune homme hocha la tête et s'avança vers son ami lycanthrope. Il fut parcourut d'un frisson en voyant sa patte se crisper et s'étirer vers le point où il devait poser la bougie. Puis, une idée lui vint. Il sortit sa baguette et la pointa sur la patte de Remus.
"Inifugo."
Puis il posa la bougie à moins d'un centimètre de sa patte. Celui-ci ne broncha pas. Sirius se redressa et adressa à Andria un sourire victorieux. Remus étira la patte. Sirius eut une grimace effarée et pointa sa baguette sur la bougie.
"Protego bougie !"
La patte de Lupin se heurta à une coque invisible et regagna sa place. La flamme de la bougie avait à peine vacillé.
Elle vacilla à nouveau, avec plus d'intensité. Le bruit d'un transplanage résonna dans la pièce silencieuse.
