Acte 3.

Je le regardai comme s'il était fou : j'étais censée sauter là dedans ? Jamais ! Malheureusement je n'eus pas trop le choix car il me poussa doucement. Je hurlai de peur, le cri strident horrible à entendre, gesticulant dans tous les sens, comme si j'allais mourir. Les sensations fortes, j'avais toujours détesté ça un peu comme le sport. Je suis une pacifique moi ! La courroie se modifia et maintenant, je glissai sur une sorte de tube-toboggan. Le choc fut brutal, je me heurtai à un sol de pierre humide, ranimant la douleur dans mes nombreux bleus. Sachant que j'étais suivie de Riddle, je me dégageai de l'entrée mais restai assise, les mains sur les côtes. Il arriva tranquillement, il avait l'habitude, cela se voyait. Je me redressai directement, pour qu'il ne se doute de rien.

-Rien de cassé ? Me lança-t-il.
-Heu…Ca peut aller, répondis-je distraitement.

Mon œil se faisait à l'obscurité et je pouvais voir que l'on était dans une sorte d'antichambre lugubre et totalement en pierre. Une porte ronde ornée de quelques serpents devait garder la salle principale. C'était vraiment morbide en tout cas, j'avais le nez en l'air, on ne voyait pas grand-chose, quelque gouttes tombaient et cela faisait une petite symphonie mélodieuse à mes oreilles. Cet endroit me faisait penser à une crypte et mon imagination fertile refit surface ; comme si j'allais découvrir des morts-vivants derrière la porte.

-Oui c'est assez impressionnant mais je connais bien l'endroit, me dit-il avant d'ouvrir la porte d'un mot de passe en langue je ne sais pas quoi.

Il entra, suivit par moi. Il avança rapidement, comme toujours. Etait-il toujours pressé ou c'était moi qui étais très lente ? Je pense que ça venait de lui. Je m'arrêtai, un peu terrorisée par la décoration qui était plus qu'étrange et anachronique. Une grande allée était devant nous, les deux côtés étaient parsemés de serpents en pierre, ouvrant leurs gueules qui donnaient sur des crocs énormes. C'est limite s'ils ne faisaient pas ma taille ! Mais bon, ce n'était que des statues.

Je courus pour le rattraper-il était déjà arrivé au bout- et m'arrêtai une nouvelle fois, abasourdie : une énorme statue trônait au fond de l'énorme grotte. C'était le visage d'un vieil homme qui ne me disait rien du tout. La tête prenait bien toute la paroi qui devait faire environ…Trente mètres de large si ce n'est plus ! Je ne vous dis pas comme c'est gigantesque.

Je ne faisais plus attention à Tom et inspectait tout de fond en comble. Deux couloirs partaient à droite et à gauche mais je ne voyais pas le fond ; d'ailleurs je n'avais pas trop envie d'aller voir. Un petit point d'eau dormait devant la statue et il semblait assez profond. Au final, il n'y avait pas grand-chose à faire ici, je me demandais même si c'était si génial de venir ici pour « s'entrainer ». Il attendait que j'ai finis, patiemment. Gênée, je lui demandais :

-Et on va faire quoi, là ?
-Premièrement, on va essayer de faire sortir ton énergie pour qu'elle forme une masse extérieure à ton corps. Si tu n'es pas consciente qu'elle est là, on n'arrivera à rien.

Comment savait-il tout ça ? Enfin je n'allais pas tergiverser là dessus, je supposais qu'il savait de quoi il parlait. J'acquiesçais, appréhendant un peu les exercices : j'avais peur de paraitre ridicule… Après tout, je n'ai jamais été très bonne en magie. Enfin je ne maitrisais pas très bien ma baguette. Prête, je la sortis mais il m'arrêta :

-Non, non, tu n'en auras pas besoin.

-Qu'est ce que tu veux faire sans baguette ? Lui fis-je, septique.
-Je viens de te l'expliquer, s'énerva-t-il, perdant patience.

C'est lui qui voulait faire ça et il s'énervait ! Il avait du culot ! Je ne sais pas si quelqu'un lui a jamais dis qu'être trop désagréable n'est pas bon mais il faudrait. Je pense que, étant craint ou adulé, tout le monde avait dû approuver ce qu'il disait. Seulement voilà, à la limite, il ne pouvait rien m'arriver de pire que maintenant. S'il ne me parlait plus, les autres ne me frapperaient plus. Le seul problème était peut-être que, justement, je ne lui parlerais plus du tout, et ça, ça me dérangeait un peu quand même… Mais c'était ça ou il dirigeait tout en passant ses humeurs sur moi, or j'avais déjà assez de problèmes.

-Dis, t'es pas obligé de t'énerver, essayai-je timidement mais sérieusement, je pense pas que j'arriverais à faire quelque chose si tu me mets la pression.
-Hm… C'est peut-être vrai.

Il avait vraiment réponse à tout. Mais j'aimais bien avoir le dernier mot aussi. Ca n'allait pas être rose tous les jours. Mais j'espérais que l'on s'en sortirait un minimum. A l'époque, je ne savais pas du tout ce qu'il avait derrière la tête mais je me doutais que ce n'était pas par bonté de cœur qu'il me venait en aide. D'ailleurs ce n'était même pas une aide étant donné que je pouvais m'en sortir sans développer cette force venue d'on ne sait où.

-Avant de commencer quoi que ce soit, j'aimerais savoir pourquoi tu fais ça, assénai-je, intriguée.
-J'en ai envie c'est tout, je te le dirais plus tard sûrement.

Mouais, c'était louche. Je n'en demandai pas davantage, persuadée qu'il pourrait employer une quelconque manière forte contre moi pour que je coopère. On ne savait jamais avec Tom Riddle, que vous soyez une fille ou un garçon, pas de pitié si vous étiez ses ennemis. Enfin c'était les rumeurs. Ne jamais croire les ragots que l'on vous dira, mais ne les ignorez pas totalement ; mieux vaut prévenir que guérir. Il m'expliqua brièvement ce que nous allions faire aujourd'hui, une sorte de canalisation de l'énergie pour former une boule compacte dans ma main droite. C'allait être difficile, je le sentais mais je ne pouvais pas me défiler. Il me donna toute sorte d'instructions pour le faire, histoire de Ki et de karma que je ne compris pas. Pas besoin de jargon magique pour mettre ses forces dans une partie de son corps.

Je mis environ quarante-cinq minutes à maitriser cela et je ne pense pas qu'il y avait quelqu'un dans l'école pour comparer mais j'espérais que ce n'était pas si mal. Une fois que la petite boule noire –faites que la couleur ne reflète pas votre esprit- se matérialisait parfaitement dans ma paume droite, il me dit que nous pourrions passer à autre chose.
L'étape suivante était réaliser quelques sortilèges sans baguettes. Beaucoup de sorciers y arrivent, de grands sorciers –Albus Dumbledore par exemple. Au bout d'un quart d'heure, je commençai à avoir chaud avec ma cape et mon écharpe, aussi enlevai-je tout cet attirail pour me mettre à l'aise. Je remontais les manches de ma chemise avant de lancer un nouveau wingardium leviosa sur ma propre baguette qui ne voulait pas, ne serait-ce que bouger. Riddle me regardait, adossé contre une statue, jusqu'à ce qu'il m'interrompe hâtivement :

-Qu'est ce que tu as aux bras ? M'interrogea-t-il brusquement.

J'avais totalement oublié mes bleus. Comme j'étais debout, ils ne me faisaient pas mal. Je n'aurais jamais dû remonter mes manches… Mais qu'importe, j'avais une excuse parfaite et puis il s'en fichait un peu de toute façon, je suppose.

-Rien, je me cogne beaucoup à cause de mon handicap, dis-je tranquillement, sûre de moi.

Il marqua un temps, étudia mes bras et ancra ses yeux des les miens. Ce n'était pas très bon ça. Après environ une minute de pure gêne pour moi, il détourna les yeux, comme s'il avait eut ce qu'il voulait. Et c'était le cas parce qu'il me sortit un bref et fatale « tu mens ». S'il me disait cela en pensant que je l'avouerais toute de suite après, qu'il se détrompe, mon argument était toute à fait plausible et doté de sens.

-Non, c'est la vérité.
-Je sais que non alors arrête, c'est Crown et les autres qui t'ont fais ça, continua-t-il.

Bon, là, c'était fichu. Je présume que mon visage avait pris une jolie couleur rouge indignée mêlé à ma tête d'endormie à cause du rhume. Belle assemblage de tomate trop cuite. Cela faisait longtemps que je ne me préoccupais plus de tout ces détails physiques et pourtant si ridicules. Cela ne servait plus à rien de nier. Je soupirai, replaçant mes manches au maximum de telle sorte qu'elles cachent même mes doigts.

-Bon, tu as raison… C'est elles qui m'ont fait ça.

Je ne voulais pas le regarder. Je rangeai ma baguette et me rhabillai ; il était tard et j'avais des devoirs à faire, des sortilèges à exercer, sinon j'allais être totalement larguée en cours. Il ne me demanda pas pourquoi elles avaient fais ça, il le savait, n'importe qui aurait deviné, c'était évident. Je ne pense pas qu'il se sentait un tantinet coupable ou aller en parler avec le groupe de harpies ou simplement s'excuser envers moi. C'était Tom et c'était normal. Comme je l'ai dis précédemment, je prenais l'entière responsabilité des dégâts qu'il m'occasionnait.
Par contre, il ne semblait pas être d'accord avec le fait que je parte.

-On n'a pas terminé, me fit-il.
-Je sais mais il est tard et il faut que je rattrape des trucs, désolée.
-Alors il faudra qu'on fixe un autre rendez-vous.
-Entrainement, corrigeai-je.

Il sourit narquoisement. C'est bon, je n'aimais pas les quiproquos. Je pense qu'il savait qu'il ne m'était pas indifférent et il en jouait. Il se moquait ouvertement de moi, je le savais. Je ne lui faisais aucune remarque parce que ce n'était pas encore trop méchant. Quelques fois je pensais que j'étais trop coincée ou distante mais quelques jours après, je me disais que c'était mieux d'être comme cela qu'une dragueuse qui ne se prend jamais au sérieux. Peut-être aurais-je dû me relâcher un peu… Mais avec Riddle, je ne me sentais jamais à l'aise alors ça m'était impossible.

Je lui dis un bref au revoir avec un petit 'merci' pour la forme, ça fait toujours poli. Il ne me suivit pas. Il restait là-bas alors… Bizarre, il n'y avait rien à y faire. Il ne m'avait même pas demandé de ne pas en parler. Il savait très bien que je n'avais strictement personne à qui j'aurais pu le dire. Vu comme ça je me faisais un peu pitié mais bon… J'arrivai devant l'entrée toute noire et passa ma tête dedans. On ne voyait même pas le haut et là, le problème me heurta de plein fouet. Comment remonter ? Oui c'était problématique tout cela.

Je retournais rapidement sur mes pas, visiblement irritée. Quelle idiote je faisais ! Il était resté parce qu'il savait que j'allais revenir. J'aurais dû y penser plus tôt… Il se tenait là, les bras croisés sur sa poitrine l'air despotique et souriait à pleines dents. Il devait bien s'amuser… Je me plantai devant lui, honteuse et articulai :

-Comment on remonte ?
-Viens, je vais te montrer.

Il continuait de sourire et prit le couloir de gauche. On marcha pendant un petit moment pour arriver à un escalier en colimaçon qui montai très haut. Je le montai à sa suite, faisant très attention de ne pas glisser –un truc à vous rompre le cou ça ! Nous arrivâmes enfin devant un mur, un tout petit palier se trouvait devant et nous tenions à peine à deux dessus. Il passa son bras derrière ma tête de telle sorte qu'il était parfaitement appuyé au mur, l'oreille collée dessus. Ce geste nonchalant me gêna au plus haut point et je souhaitais qu'il ouvre la porte rapidement.

Après quelques secondes, il ouvrit le mur, je ne sais pas trop comment et nous nous retrouvâmes de nouveau dans les toilettes des filles. Il me fit signe de sortir rapidement ; c'est vrai qu'un garçon ici, c'était inquiétant. Une fois dans le couloir, je m'enquis :

-Pourquoi ne sommes-nous pas passé directement par là pour entrer ?
-Le mur ne s'ouvre que de l'intérieur, répondit-il.

Oh bien sûr. Evidemment. Je regardai mes pieds. Ce blanc était très gênant. Qu'attendait-il ? Je savais qu'il me regardait mais je ne voulais pas croiser ses yeux. Au bout de quelques minutes il me fit, moqueur :

-Tu n'avais pas des choses à faire ?
-S-si –je rougis. A plus tard.

Je m'éloignais tout doucement. Je suis sûre que je ne marchais pas droit. Je ne marche pas souvent droit. Je réfléchissais à cette petite après-midi que nous avions passé ensemble. Environ trois heures tous les deux et je n'avais rien appris sur lui, on n'avait presque pas parlé. Je me sentais totalement stupide en sa présence et c'était très dérangeant. Habituellement, je ne perds pas vraiment mes moyens devant les gens mais là c'était différent.
Je retournais à ma salle commune, dans l'idée, comme je l'avais dis plus tôt, d'aller répéter quelques sorts que je ne maîtrisais pas très bien mais lorsque je vis le monde qu'il y avait, je laissai tomber pour me rabattre sur des devoirs à rédiger ; ce qui était déjà plus dans mes cordes. Il ne faisait pas très beau, du coup, personne ne sortait et la salle bien que grande, était bondée et étouffante. J'eus d'ailleurs du mal à trouver une place seule.
Malheureusement, après un temps, Crown me rejoignit, seule cette fois.

-Je t'ai aperçu avec Tom ce matin. Tu n'as toujours pas compris ? Me menaça-t-elle.
-Je ne lui ai pas parlé presque. Je n'ai rien à faire avec lui de toute façon, tu n'as pas à t'inquiéter, il ne m'intéresse absolument pas. Je ne l'apprécie pas, je n'aime pas être avec lui.

J'en avais rajouté sûrement par peur d'être frappé une nouvelle fois et elle semblait avoir saisit le message. Le plus dur maintenant serait de faire en sorte qu'elle ne nous voit pas ensemble, en sortant des entrainements par exemple. Elle me sourit, me prenant de haut puis partit. Je la suivie du regard pour tomber sur Riddle, sur la table voisine. A dire vrai il était vraiment très proche de moi mais je ne l'avais pas remarqué, trop prise par mon devoir et en plus, il avait dû arriver après. Mais le problème n'était pas là : il me regardait méchamment et je ne comprenais pas pourquoi. Je détournai les yeux et c'est juste un peu après que je percutai. Il avait tout entendu. Oh le réel problème était que ça allait m'attirer des ennuis venant de lui, peut-être une vengeance. Parce que beaucoup de monde le détestait et il le savait, une en plus, ça ne faisait rien. J'imagine.

J'avais une réelle faculté à me mettre dans des situations débiles ou j'avais simplement de la malchance. Quoiqu'il en soit, je me retournais vivement pour m'expliquer, m'excuser, dire n'importe quoi du moment que je le détrompais. Mais il était partit. Je doutais qu'il soit vexé, ce n'était pas son genre et j'étais persuadé qu'il me ferait regretter mes paroles. Je rangeai mes affaires et sortit pour aller le chercher. Comme je m'en voulais ! Je souhaitai simplement que l'autre me laisse tranquille… Pas qu'il me déteste –bien qu'il ne m'aimait pas beaucoup avant je ne voulais pas qu'il nourrisse de la haine envers moi – et j'avais l'intention de m'expliquer. Je n'étais pas sûre qu'il m'écoute mais j'essaierai.

Le château est grand.
Très grand.
Trop grand.

Au bout d'une heure de recherche plus ou moins approfondie, je ne le trouvai pas. C'est, encore une fois, que l'évidence me heurta bien après : il était préfet-en-chef et il était privilégié d'une chambre personnelle. Le plus consternant fut que j'étais passée devant bon nombre de fois. Elles sont très visibles avec les « p » de couleur verte, rouge, jaune ou bleu. Je revins sur mes pas, me préparant psychologiquement pour ce que j'allais lui dire. Mon stresse à son paroxysme, je toquai timidement à la porte verte.

Une nouvelle fois, j'étais très belle à voir : après avoir couru, j'étais un peu dépareillée et c'est vainement que j'essayais de rendre lisse ma jupe ainsi que de remettre mes cheveux en place. Au bout d'un petit moment, il finit par ouvrir la porte. Il n'était pas très différent de moi, on aurait dis qu'il s'était habillé à la hâte et ses cheveux, habituellement coiffés, étaient en bataille. Bon, certes, contrairement à moi, ça ne faisait pas défraichi mais passons. Il me regardait, impassible.

-Je…Je suis désolée de te déranger mais je devais te par-

Je fus coupée par un cri féminin émit par une voix que je ne connaissais que trop bien : celle de Sarah Crown.

-Tom ! Qui c'est ?!

Finalement, l'air qu'il avait –habillé à la hâte- était confirmé. Je les avais dérangé en plein…Travail. Je n'étais pas désolée de les avoir interrompus mais par contre, extrêmement déçue par Riddle. Faire ça avec cette fille c'était…Vraiment horrible. Je pense que cela se vit sur mon visage : je devins livide. Je pris peur : je ne voulais pas qu'elle me voit mais je n'allais pas m'enfuir. Il lui dit qu'il revenait très vite et ferma la porte, on se retrouva dehors, dans le couloir, pour parler. Pas très agréable. Mais tout ça m'avait un peu coupé l'envie de m'excuser.

-Qu'est ce que tu me veux ? Siffla-t-il.

C'était un peu froid tout ça mais je l'avais mérité, j'en avais pleinement conscience mais ça faisait toujours mal. Comme je n'avais jamais vraiment fréquenté personne, je ne m'étais jamais disputé réellement avec quelqu'un autre qu'un membre de ma famille. J'avais mal choisis l'homme pour faire ça.

-Toute à l'heure, ce que tu as entendu, je ne le pensais pas. Je voulais juste que Crown arrête de me menacer, dis-je, anxieuse.
-Je me fiche de ce que tu penses, c'est pas comme si c'était intéressant ou important comme avis.

Mouais, pas mal comme réplique. Mais ça me m'atteignais pas du tout. Je n'avais pas une haute opinion de moi-même et ce qu'il venait de me dire, je le savais déjà. Bon, c'est vrai que dire 'ça ne m'atteint pas' est un peu fort… Mais il y a pire. Je continuai, attristée :

-Je suis désolée…Je ne voulais pas te blesser.

Il me fixa, visiblement surpris mais son visage repris rapidement un air haineux. Il me claqua la porte au nez sur un féroce « n'importe quoi ».
Je ne disais pas n'importe quoi ! Je n'allais pas dire quelque chose comme 'j'ai eu la gentillesse de venir m'excuser' mais presque ! Qu'il était désagréable ! Je restai un temps devant la porte avant de tourner les talons. Qu'allait-il se passer maintenant ? Si Riddle sortait avec Crown, j'allai en prendre mon grade, c'était certain… A moins qu'ils ne m'ignorent maintenant.
Je n'aurais eu qu'un seul cours avec lui… Ca m'attristais un peu mais j'aurais du faire attention et peut-être ne devrais-je pas tirer de conclusions trop hâtives. Il avait beau être…Comment dire… « Comploteur » ? Bref, il avait des valeurs !

Je rentrai dans ma salle commune, m'installai dans le grand fauteuil près de la cheminée pendant qu'il était encore libre et me mit à lire. Ce qu'il venait de se passer me trottait encore trop dans la tête et j'avais besoin de me changer les idées. Après quelques minutes quelqu'un se planta près du mon siège. Je relevai la tête –pour une fois- et croisai le regard gris d'Abraxas Malfoy. Il fallait que je sois polie.

-Oui ? Fis-je.
-Est-ce que tu sais où est passé Tom ? Me demanda-t-il sans la moindre once d'arrogante –étonnant ça.
-…Je crois qu'il est dans sa chambre de préfet-en-chef mais pourquoi tu me demandes ça à moi ?

Il me sourit gentiment. Je ne l'avais jamais vu sourire comme ça et c'était vrai : il était très beau. Lui et Riddle était tellement différents physiquement, ils se complétaient en fait, c'était drôle. Je trouvais bizarre qu'il vienne me parler, même si c'était pour me demander où était son ami sachant que celui-ci avait beaucoup de groupies qui auraient –peut-être - pu dire où il se trouvait. Il s'installa dans le canapé et se tourna vers moi.

-Ces temps-ci, c'est avec toi qu'il est le plus, m'expliqua-t-il, narquois.
-Ca ne dure jamais longtemps, contrai-je, irritée.

Il éclata de rire. Ca, c'était vraiment flippant mais à la fois, ça me fit sourire. Il ne se moquait pas de moi, du moins, pas méchamment et cela me rassurait beaucoup. Il reprit la parole après avoir réussi à s'arrêter de rire.

-D'habitude, quand il parle avec une fille pendant un moment comme ça, on les voit toujours ensemble le jour d'après. Il ne te plait pas ?
-Heu…Ce n'est pas ça. Mais je ne l'intéresse pas et vice-versa. Qui plus est, là, il m'en veut…

Que me prenait-il de raconter ça à Malfoy ? Ce n'était pas parce qu'il se montrait amical deux minutes qu'il fallait lui déballer mon sac. Bah…Advienne que pourra… De toute façon ça ne fait rien, du moment qu'il ne sait pas à propos de mon œil. Il sourit de nouveau et me regarda comme si je mentais, enfin plutôt genre « tu me prends pour un imbécile ? ». Mais j'étais sérieuse ! Je n'envisageais rien du tout entre nous ! C'était la dernière chose à laquelle je pensais en ce moment. J'aimais être avec lui, c'était tout. Mais tout cela semblait totalement foutu.

-Tom en veut à tout le monde, ce n'est pas nouveau, sourit-il.
-C'est gentil pour lui…Marmonnai-je.

Il me regarda bizarrement. Maintenant, je peux dire que je réagissais trop sérieusement mais comprenez moi ! Je ne savais pas comment les amis se traitaient entre eux. Oui, on peut dire « tu devrais savoir, à force d'écouter » mais cela dépend des gens et ce jour là, je me suis réellement dit que ces deux là ne s'aimaient pas beaucoup juste pour cette phrase. Même si c'était totalement stupide. Ou peut-être a-t-il simplement cru que je le défendais. Je pencherais plutôt pour cela. De ce point de vue, j'avais l'air d'être accro à lui et ce n'était pas bon. Je redoutais le moment ou je devrais reparler à Tom. Abraxas reprit son masque de supériorité et partir discuter avec d'autres personnes. Je le regardai faire un moment avant de replonger dans ma lecture.

Ma soirée se passa comme cela et Riddle ne rentra pas. J'étais vraiment triste, sachant avec qui il était et ce qu'il faisait… Peut-être étais-je jalouse aussi ? Légèrement mais mon dégoût était plus grand. Cette fille me débectait à un point que je n'avais que ça en tête. Je perds beaucoup de temps et de force à haïr les gens, c'est comme cela… Je partis me coucher assez tard, sans finir mes devoirs, ils pouvaient attendre, j'avais d'autres choses à penser.

A suivre.

Un petit mot me ferait plaisir ...