Note : je sais que le PoV est très court dans ce chapitre mais il me le fallait... Plus tard, je prendrai un point de vue omniscient, sinon je ne m'en sortirais pas.
Acte 5.
Jeudi. Journée chargée et on avait beaucoup de cours en commun avec les gryffondors, à mon grand damne. Il m'était déjà arrivé de me prendre une remarque désagréable par ceux de la maison adverse et ça ne faisait jamais du bien. Je m'habillai en vitesse, mes cheveux plus en désordre que jamais, et allai manger. Je devais ressembler à une sorte de méduse mais qu'importe, ça m'arrivait. Je m'étais réveillée trop tard : presque plus de places. J'en cherchais une des yeux –façon de parler, vous comprendrez quand j'utiliserais cela- et finit par trouver, à côté de personne que je ne connaissais pas. Je m'assis, discrète et mangeai d'un petit appétit. Je n'aime pas du tout le matin. Je remarquais Riddle un peu plus loin avec Crown encore plus loin. Il semblait ne s'être rien passé du tout hier et ça me faisait bizarre. Ils avaient couchés ensemble quand même !-je prenais la chose très au sérieux, il faut l'avouer.
La colère remonta et je sortis rageusement vers mon premier cours : divination. C'était très abstrait et 'à peu près' cette matière mais j'aimais bien. J'avançai lentement, pas pressée –j'avais mon temps- quand j'entendis derrière moi :
-Alors comme ça Xenos, t'es la petite amie de Riddle ? Il aurait pu trouver mieux !
Je me retournais pour trouver un Marius Potter souriant méchamment accompagné de ses deux acolytes. L'un plongé dans un livre et l'autre rigolant aussi. J'avais stoppé et ils m'avaient rattrapé, ils me regardaient de haut maintenant. Ils attendaient une réplique acerbe mais je n'en avais pas. Enfin, si. Pleins. Mais je n'en avais pas envie. C'est toujours comme cela. Je me devais quand même de rectifier l'erreur.
-Je ne sors pas avec lui, dis-je tranquillement avant de recommencer à marcher.
Ils me suivirent, m'embêtant durant tout le trajet en me posant toutes sortes de questions. Des demandes de détails sur des situations qui n'étaient jamais arrivées entre Tom et moi. Ils m'interrogeaient sur lui, sur des choses que je ne savais même pas et que je ne saurais surement jamais. L'infime chance que j'aie eue de me rapprocher de Riddle s'était envolée et il ne me restait que de l'amertume et de la tristesse. Peut-être aussi des ennuis mais c'était secondaire. Ils me sortirent aussi pas mal de sous-entendus comme quoi Tom avait déjà eu pleins de copines plus belle que moi… Je m'en fichais un peu. Je savais que je n'étais pas très jolie mais j'en avais marre qu'ils me parlent de lui. Ca me rendait triste et colérique. Je fus soulagée de les voir me laisser lorsque j'arrivais à la trappe menant à la salle –ou plutôt grenier- de divination.
Je me retrouvais de nouveau toute seule, totalement je veux dire. Je savais que personne ne me parlerait de la journée alors que ces derniers temps, il y avait eu Riddle. Etrangement, ça me faisait beaucoup plus de peine que je ne l'aurais cru et mon cœur était étonnamment serré. A ma grande surprise, Malfoy me rejoint à ma petite table.
-Pourquoi tu viens ici ? Lui demandais-je un peu trop brusquement.
-Merci pour l'accueil… Comme tu le vois, il n'y a plus de place.
Je jetai un coup d'œil au reste des tables. Effectivement, tout était pris. Il aurait pu aller avec Riddle mais celui-ci était cerné de filles et elles ne laissaient personne s'approcher. Je continuai de chercher pendant un moment une autre place libre. Mon obstination pouvait paraître méchante mais je redoutai notre binôme. Après être bien sûre qu'il disait la vérité, je dirigeai mon regard vers lui. Il s'était déjà bien installé et le professeur avait commencé son cours. Il nous distribua des tasses et il 'suffisait' de trouver quelque chose à dire avec le reste de grain. Follement intéressant. J'étais assez douée pour ça mais ça ne m'attirais pas spécialement. En plus, on devait faire cela par deux, à mon grand damne. En une soirée, j'étais redevenue aussi farouche et misanthrope que je l'avais toujours été. C'est à regret que j'attrapai la tasse de mon voisin pour m'y plonger, un livre m'aidant. Après un moment il me fit :
-Alors ?
-J'vois pas grand-chose, marmonnai-je, richesse et nouvelle rencontre… Mais je ne suis pas totalement sûre.
Il hocha la tête, souriant et regarda la mienne. Je n'avais aucune idée de son niveau dans cette matière et je m'en fichais un peu. De toute façon, il ne pouvait pas m'arriver grand-chose de grave, j'allai bientôt mourir. Il feuilleta son manuel et releva son regard vers moi, riant légèrement. Cela m'agaçait un peu.
-Quoi ? Lançai-je.
-D'après ce livre, l'homme de tes désir n'est pas loin. Et il parle de mort aussi. Enfin bon, c'est vague comme matière tu sais…
-C'est surtout n'importe quoi, je n'aime personne.
Je me forçai à lui sourire pour sa petite attention. Enfin, si c'en était une, consciente ou inconsciente, je me devais de le remercier. Il avait tenté discrètement de me rassurer par rapport à la menace de mort de ma propre tasse. S'il avait su. Il avait dû prendre mon sourire pour une blague face à cette histoire d'amour car il me toisait, moqueur. Je repris mon visage sans expression et commençai à faire un compte-rendu de ce que nous avions vu. On s'était suffisamment parlé. Enfin habituellement je ne parlais pas donc là, c'était déjà trop. Le plus bizarre est quand votre voix s'enroue ou sort mal juste parce que vous n'avez pas parlé pendant une semaine. Mais généralement les gens ne savent pas ce que cela fait. Tout le monde a quelqu'un, mine de rien.
Malfoy ne semblait pas décider à passer le reste de l'heure dans le silence. Donc, il continua à converser.
-Donc, avec Tom, ça avance ?
Il m'énervait ! Sincèrement, j'avais envie de lui tordre le cou… Les gryffondors, je comprenais, il était normal qu'ils cherchent les serpentard mais lui ! Comme d'habitude, je restai calme.
-Il ne me parlera plus, oublie ça, répondis-je.
-Oh, il est déjà passé à une autre fille ?
-Heu … On peut dire ça comme ça…
Qu'il croie cela m'arrangeait un peu. On ne rentrait pas dans les détails et il comprenait. Cependant, il semblait septique et je me détournai de son regard suspicieux. Je ne suis pas très douée pour mentir. La preuve, ma fuite ne faisait qu'enlever ma crédibilité. Mais peu importe. S'il voulait des renseignements, qu'il aille les demander à son ami ! Le reste du cours passa vite entre deux paroles. Malfoy est assez narcissique et parle beaucoup de lui mais moi, ça ne me dérangeait pas alors j'aimais l'écouter. Il me demandait mon avis sur deux-trois choses, ce qui me faisait légèrement plaisir. Je le connaissais un peu mieux et je me disais que je m'étais trompée sur son compte. Enfin, je pense. Il était beaucoup plus sympathique et libéré que je ne l'aurais cru. Je n'eus pas l'occasion de parler, ou même de croiser étroitement Riddle ce jour-là.
Deux jours passèrent, je m'étais, comme on dit, lié « d'amitié » avec Abraxas. Mais pas trop. Plus copains qu'amis, on s'entendait bien mais ça n'allait pas plus loin. Je n'étais pas trop de son rang et je me prenais beaucoup moins la tête pour des détails futiles et tape-à-l'œil. Malgré tout cela, ça allait et je parlais plus souvent, ça me faisait bizarre. Mais j'appréciais. Les peu de fois ou j'avais croisé Tom, il n'avait pas daigné poser les yeux sur moi. Il m'ignorait totalement. D'un côté ça me soulageait. Crown me laissai étrangement tranquille aussi et j'allais plutôt bien. Le troisième jour, Riddle vint me voir. C'était dimanche et j'étais dehors, assise contre l'arbre centenaire près du lac, à dessiner. Je ne l'avais pas remarqué et il posa une main sur ma feuille pour s'annoncer. Je relevai la tête, cela faisait longtemps que je n'avais pas vu ses beaux yeux noirs. J'étais un peu gênée, je ne savais que dire mais s'il était venu, c'est lui qui allait parler de toute façon.
-Je venais juste te rappeler que nous avons une séance d'entrainement mercredi prochain, lâcha-t-il, visiblement irrité de devoir me parler.
-Ah heu … Ok, je pensais que ça ne tenais plus…
-A ce que je sache, je n'ai jamais dis cela.
-Oui mais bon…
Ce « oui mais bon » ça veut dire que j'ai une idée fixe de réponse en tête mais que je ne veux pas, ou n'ose pas, la dire. Donc j'abrège. Il me regarde de haut et m'interroge silencieusement de ma réponse courte et un peu dénuée de sens. Il resta là un moment et je choisis finalement de lui dire ce que je pensais. Si nous allions passer encore un après-midi ensemble, mieux valait éclairer les choses.
-Je croyais que tu ne voudrais plus me parler pour ce que j'avais dis, m'expliquai-je.
Il poussa un soupir à fendre l'âme, comme si je l'ennuyais à mort, que ça l'embêtais de devoir m'expliquer quelque chose d'apparemment si simple pour lui. Cela m'irrita quelque peu, disons que les points de vue diffèrent et ce n'était pas la peine de me rabaisser à ce point. Ou alors n'était-ce pas son intention ? A mon avis, si.
-Ce n'est pas ton aversion pour moi –d'ailleurs si évidente- qui va m'empêcher d'accomplir ce que je veux. Sois là mercredi, dans la salle commune, même heure.
Et il partit rapidement. Alors là, ça m'avait bien laissé sur ma fin. J'avais encore des tonnes de choses à répondre ! J'avoue être trop têtue, mais j'aime avoir le dernier mot. J'étais prête à lui courir après pour lui sortir une réplique mais à peine je me levai que je ne le voyais plus. Je soupirai : quelle aversion pour lui ? Au contraire. S'il pensait comme cela, il devait me trouver bien prétentieuse et antipathique. Comment une fille comme moi pourrait se croire mieux que lui ? Mais ces questions ne venaient qu'en second plan. Que voulait-il accomplir ? D'accord, je savais depuis le début qu'il avait une idée derrière la tête, qu'il ne donnait pas des cours par charité à une pauvre semi-aveugle qui va bientôt mourir. Non, mais là, je voulais à tout prix savoir son but. Ca me turlupinait tellement que mes cours passaient après, ainsi que mes devoirs. Ces trois jours, jusqu'à mercredi, furent un enfer. Moi qui était nulle, j'aggravais mon cas presque volontairement, et ce, pour un garçon ! Ca ne me plaisait pas.
J'attendais pour la seconde fois dans la salle commune que Riddle arrive. Je faisais les cent pas dans mon coin à cogiter à ce que pouvait être son dessein mais je ne voyais pas. Cela pouvait être tout et n'importe quoi ! Je l'avais souvent vu avec des élèves plus ou moins louches, comme des assemblées qu'il semblait diriger mais qu'est ce que cela pouvait-il signifier ? De toute façon, je ne devais pas me faire d'illusions, je n'en saurais surement pas davantage puisque maintenant, le mince espoir de le connaître était bel et bien mort. Alors que je faisais pour la énième fois un aller et retour, une main m'agrippa méchamment le bras pour me stopper. Ca me faisait mal mais je ne dis rien, attendant que Tom me lâche. Il ne me permit même pas d'entendre sa voix que je devais déjà le suivre pour retourner dans ce sous-sol étrange.
D'ailleurs, comment connaissait-il cette espèce de chambre noire ? Je n'y avais même pas pensé, comme si c'était normal. Aimant les choses étranges, j'avais été heureuse d'avoir du nouveau dans ma vie sans faire attention à la bizarrerie de la chose ! Que j'avais été stupide ! Devais-je le suivre une nouvelle fois dans cet endroit lugubre et clos ? Ca m'inquiétait un peu, et il me faisait de plus en plus peur. Pour rien. Il ne m'avait jamais rien fais ni montré le moindre signe de violence mais j'étais méfiante de nature. Ca devenait maladif et je marchais loin derrière lui. J'hésitais à sauter dans ce trou noir et inquiétant. Il m'attendait surement en bas et je mis du temps à me décider. De toute façon, je pense que c'aurait été pire de lui poser un lapin. J'atterris un peu mieux que la dernière fois, mes bleus s'étant estompés. Il était déjà partit dans la salle principale. Décidément, ça promettait d'être froid.
Cette fois-ci, je ne m'attardais pas sur la décoration. Je courus presque pour rejoindre le centre, par peur de le faire attendre et que cela n'arrange pas son humeur. Il semblait perdu dans ses –sombres ?- pensées. J'attendis qu'il se réveille si je puis dire, jetant des coups d'œil craintifs à la statue géante.
-Sais-tu de qui il s'agit ? Me demanda-t-il, comme si de rien n'était.
-Non.
-Salazar Serpentard.
Je me retournai vivement vers lui. Il était sérieux ? Enfin, j'avais l'air surprise et vraiment abasourdie mais à bien y réfléchir, la nouvelle n'était pas si impressionnante. Il était fort possible qu'une statue d'un des fondateurs de l'école se trouve dans celle-ci. Bon … Dans un sous-sol inconnu de tous, peut-être moins mais là n'était pas la question. L'interrogation au bout des lèvres, je craquai :
-Et qu'est ce qu'elle fait ici ?
-Nous sommes là pour nous entrainer pas pour parler de cette statue, me dicta-t-il, sournoisement.
Je haussai les sourcils. Qu'il reste calme, ce n'était qu'une question. Qui plus est c'est lui qui avait débuté la conversation là-dessus. Son culot m'étonnait de plus en plus et j'y restais coi. Que voulez-vous répondre à des gens comme cela ? Ils pensent avoir tous les droits et toujours avoir raison. Je suis douée dans le genre, mais je sais reconnaitre mes torts. Je me mettais à l'aise et l'écoutais commencer son petit cours. Nous reprîmes les sortilèges sans baguettes, ce genre de choses. C'était très difficile et j'avais vraiment du mal. Il me montrait l'exemple mais je n'arrivais même pas à faire bouger ma baguette d'un centimètre. Je n'avais même pas le temps d'être impressionner par ses performances toujours parfaites. Lui, il savait le faire, comme toujours.
Après quelques heures, je m'arrêtai, complètement crevée et m'installai pour reprendre, assise contre une statue de ces si beaux serpents. Il resta là, à côté de moi, à attendre. J'aurais aimé savoir à quoi il pensait mais la légimencie et moi, ça faisait beaucoup. En plus, ce n'était pas très respectueux de fouiller dans l'esprit des gens. Trouvant le blanc très pesant et ayant beaucoup de questions plus ou moins indiscrètes à lui poser, j'articulai :
-Donc, tu sors avec Crown ?
-Ca ne te regarde pas, lâcha-t-il rapidement.
-Si tu réagis toujours comme ça, je ne crois pas que je reviendrais ici !
Je me relevai, en colère et le regardai méchamment. J'essayais d'être amicale, enfin…D'après ce que j'en savais et lui m'envoyait paître à chaque parole ! Bon, c'est vrai que le sujet était mal choisi et ça pouvait plus passer pour de la curiosité mal placée mais je meublais le silence. Bien que j'aime ça, je voulais savoir, qu'il me parle, qu'il s'ouvre. Il me sourit narquoisement. Il m'énervait à être sûr de lui comme cela ! Je me renfrognai, perdant toute mon ardeur et détournai le regard pour le porter sur la statue.
-Tu me ferais du chantage ? Enfin comme l'information n'est pas importante, je vais te le dire. Non, je ne sors pas avec Sarah, me dit-il.
-Mais vous avez couché ensemble !
Il leva les sourcils. J'aurais du me taire mais les mots étaient sortis tout seul. N'ayant jamais rien fais avec un garçon et n'étant pas du tout intéressée, je pensais que la chose se faisait très sérieusement et surtout pas avec n'importe qui mais apparemment, ce n'était pas le cas de tout le monde. C'est pour ça que beaucoup de gens me dégoutent. Il fronça les sourcils, je ne sais pas pourquoi et se détourna de moi quelques secondes pour planter de nouveau son regard impassible dans le mien.
-Et alors ? Ca n'engage à rien, m'asséna Tom.
Le coup me frappa en plein poitrine. Il me décevait tellement ! Je pouvais paraître naïve mais je prenais plutôt ça pour de l'utopisme pur et simple. De toute façon, je ne m'attendais pas à être comprise mais peut-être trouver quelqu'un qui penserait comme moi. Je baissai les yeux et les laissai errer sur son torse. C'était juste parce qu'il était en face de moi, je regardai un peu dans le vide. J'étais tellement déçue, désillusionnée. Tom Riddle avait jusqu'ici été toujours quelqu'un que j'admirais, que j'enviais, que je jalousais au plus profond de moi-même mais maintenant, je me ravisais.
-Je ne vois pas…L'intérêt de faire ça avec quelqu'un que tu n'aimes pas spécialement, murmurai-je dans une tentative de lui faire comprendre ce que je ressentais.
-C'est parce que tu es encore une gamine qui rêve un peu trop.
Je relevai brusquement la tête vers lui. Il allait trop loin. La maturité dépendait-elle de l'expérience sexuelle ? Cela m'étonnerait beaucoup. Ma colère à son paroxysme, je ramassai mes affaires, me rhabillai. Ca n'aurait pas pu être pire, pensai-je. Ma déception et ma rage contre lui enlevait toute l'attirance que j'avais pu ressentir et je me disais que la race humaine était pourrie jusqu'au bout.
-Je ne vois pas pourquoi tu t'obstines à parler à une gamine, Riddle. Pourquoi passes-tu du temps avec moi au lieu d'aller sauter toutes ces petites filles qui te tournent autour tout le temps ? Elles qui ont tellement d'expérience et qui sont tellement matures. Tu préfères simplement t'attarder avec elles parce qu'elles n'ont rien dans la tête et qu'elles sont sous tes ordres, qu'elles te vénèrent pour ton joli visage et ton intelligence trop haute pour elles. Fais-moi plaisir, ne me parle plus.
Après avoir craché ma haine, je lui tournai le dos et marchai rageusement vers le couloir menant à l'escalier en colimaçon. Je me sentais un peu mieux mais j'étais tellement déçue que des larmes pointaient leur nez à mon œil gauche. Je les ravalai rageusement et m'arrêtai un moment, reprenant mes esprits. Je l'entendis derrière moi, se stopper lui aussi juste à quelques centimètres. Je ne voulais pas me retourner même si sa proximité me dérangeait fortement.
-Comment vas-tu remonter ?
-Par l'escalier, c'est évident, sifflai-je.
-Tu ne sais pas et ne saura pas comment ouvrir le mur donc à moins que je ne le fasse, tu es coincée ici.
Je me retournai lentement. Jouait-il encore avec moi ? D'après son sourire, oui. Le fait d'être coincée ici m'inquiétait au plus haut point et j'essayais de garder mon calme. Je pense qu'être bloquée sous terre dans un endroit clos m'affolait encore plus. Qui plus est, bloquée avec lui. Il attendait une réaction de ma part et j'en avais plusieurs à lui offrir. Quelqu'un de purement sorcier aurait sorti sa baguette mais moi, j'avais juste envie de lui sauter au cou. Par mauvaise intention hein. Après réflexion, je choisis de ne rien faire et d'essayer de rester stoïque, de toute façon je ne pouvais rien contre lui. C'était obligé. A moins que ma force soit disant extraordinaire se manifeste pour lui rompre les os mais cela m'aurait beaucoup étonnée. Donc, je devais attendre.
-Tu ne va pas rester ici des lustres, tu va bien finir par sortir. Je n'ai qu'à attendre, lui dis-je.
-Je peux toujours sortir et te laisser ici.
-Tu n'en tireras rien…
Il me sourit.
-Tu n'es pas si stupide que tu en à l'air, tu commences à comprendre, m'informa-t-il.
Je soupirai.
-J'en ai marre que tu joues avec moi, Riddle. Soit tu me laisses tranquille, soit tu m'expliques ce que tu me veux. Je ne veux plus te courir après pour espérer des choses impossibles. En plus, je n'aime pas me faire insulter à tout bout de champ.
-Je ne t'insulte pas, répondit-il, visiblement surpris.
-Si. Mais on s'en fiche de ça. Laisse-moi sortir.
Il sourit de plus belle et se rapprocha de moi. A chaque pas qu'il faisait, je reculai de trois. Je tenais à le maintenir loin de moi mais je me retrouvai vite accolée à un mur. Maudit soit-il ! Il mit sa main contre ma tête pour me bloquer. Mon cerveau marchait à son maximum et j'envisageai en quelques secondes toutes les possibilités pour m'échapper. Malheureusement, sans ce mur ouvert, je ne pouvais pas sortir. Donc, toutes mes tentatives auraient été vaines. Il me regardait intensément, un méchant sourire aux lèvres. Moi j'évitai, je fixai un point au loin. Il reprit la parole.
-Ne cherche pas à savoir pourquoi je te veux près de moi. Profite tant que tu le peux.
PoV Tom.
Elle va craquer. Je le sens. Elles finissent toutes dans mes bras de toute façon. Comme elle ne semble pas vouloir rester avec moi, je vais l'y forcer. J'ai à tout prix besoin de sa force. C'est difficile de la garder près de moi sans lui faire part de mes intentions. Je ne veux pas d'ami donc tant qu'à faire, autant avoir du plaisir. Elle est bloquée, elle ne peut pas s'enfuir. Maintenant, le coup du baiser et c'est réussi. Je m'approche… Elle n'osera pas me repousser, depuis le début, elle a un faible pour moi. Cette idiote ne s'est même pas rendu compte que je lisais dans ses pensées dès que j'en avais envie. Son esprit est tellement ouvert qu'elle ne ressent aucune intrusion.
…
PoV Astrea
Non ! Pourquoi s'approchait-t-il ?! Je ne voulais pas qu'il me touche ! Pas qu'il me dégoute mais voilà… Bon, quitte à le repousser, autant le faire bien. Je relevai son menton avec ma main et me baissai, au moins comme cela… Ohlala, il n'avait pas l'air content du tout, je dirais même qu'il était furieux. Il me regardait si méchamment que j'eus l'impression qu'il allait m'atomiser sur place. Il m'attrapa le poignet et cette fois-ci, je ne pu rien faire pour le repousser, autrement dit, il captura mes lèvres pour un baiser aussi dur que bref. Toujours attachée à lui, je le regardais, plus que vidée. C'était ça mon premier baiser ? Je ne vais pas jouer ma prude effarouchée mais j'espérais quelque chose de plus…Romantique, amoureux. Peut-être rêvais-je trop comme il le disait si bien ? Non, je voulais continuer à croire en ces choses qui étaient devenues mes valeurs au fil des années ! Je me détachai de lui, étant débloquée. Je n'étais même pas en colère, juste extrêmement déçue.
-Ca t'amuse ? Soufflai-je.
-Non pas vraiment. Astrea…
Il s'approcha de nouveau mais j'eus un reflexe : je levai ma main devant moi comme pour esquiver un coup. Il remit ses bras le long de son corps et prit un air triste parfaitement calculé. Je ne voulais y croire mais mon maudit cœur craquait pour ce garçon ! Gênée, je détournai la tête, trouvant un nouvel intérêt à la roche parsemant le sol. Son comportement me faisait me sentir coupable. C'était horrible, vous êtes la victime et on arrive à vous accuser. Ce sentiment me rongeait, aussi m'approchai-je et le regardai.
-Désolée, murmurai-je, honteuse d'être maladivement méfiante et droite.
Pour toute réponse, il prit mon visage entre ses mains et me déposa un léger baiser sur ma joue. Haha. Je ne le reconnaissais plus et ce petit manège allait m'être fatal ! Si c'était cela être amoureuse, ça ne me plaisait pas du tout. Enfin si mais j'ai honte à l'avouer, je n'avais strictement aucune confiance en lui ! Ca allait aboutir à quoi, tout ça ? Rien ! Bien évidemment et j'en avais conscience. D'après Malfoy, c'était un vrai coureur, qui n'était pas passé dans son lit ? Bah … Moi.
Seulement je ne voulais pas. Moralement, je ne voulais pas. Mais mon corps réagissait autrement. Il me regardait, je ne sais pas ce qu'il attendait. Bon … On va bien voir ce qu'il va se passer. Je me dégageai de son emprise et reculai. On faisait quoi maintenant ?
-Je peux partir ? Maugréai-je.
Il soupira. Cette demande faisait un peu comme si j'attendais cela depuis longtemps. Que je m'étais laissé faire malgré moi, sachant qu'il me permettrait de partir. Ce n'était pas ça mais…Un peu quand même. Il me toisa imperceptiblement puis détourna le regard, ponctuant mon inspection d'un nouveau soupir à fendre l'âme.
-Viens.
Et je lui emboitai le pas, trottinant plus que ne marchant, comme d'habitude. Je me demandais si maintenant, il allait faire partit de mon quotidien. Etrangement, ça me faisait plaisir. Malgré moi, je l'aimais beaucoup, ou peut-être l'aimais-je tout court. Cette réflexion me fit rougir et j'enfuis ma tête dans mon écharpe. Je ne me contrôlais plus, ça m'énervait et c'était sa faute. Je sentais qu'on aurait de nombreuses prises de becs si j'osais lui dire ce que je pensais. Mais je ravalai toujours mes paroles. Ah, l'introspection, que c'est énervant parfois.
Il avait déjà ouvert le mur quand j'arrivai en haut des escaliers et était déjà sortis. Je ne me pressai donc pas. Une fois sortie des toilettes des filles, je le vis adossé au mur. Je m'arrêtai et commençai à regarder les tableaux, dont certains nous dévisageaient. C'est vrai qu'il était tard et on avait loupé le repas. Tant pis.
-Je te raccompagne, m'imposa Tom.
Blanc. Il commença à partir, je ne le suivais pas donc il se retourna pour revenir vers moi.
-On marche ensemble plutôt… Comme on est dans la même maison, on ne peut pas dire que tu me raccompagnes, marmonnai-je, ses grands airs ne me plaisant pas du tout.
Je suis sûre qu'il avait dû penser quelque chose comme « mais quelle est soulante à me reprendre tout le temps, pour qui elle se prend ? » car il leva les yeux au ciel et secoua la tête d'un air exaspéré. Il me prit rapidement la main, ce qui me fit sursauter et ordonna :
-Cette fois, tu me suis.
Ouais, ouais. De toute façon, je n'avais pas le choix, il m'écrabouillait la main. Enfin bon, quand même pas mais pas moyen de m'enlever. Oh, pas que je veuille mais par principe. Il marcha plus lentement, forcément. C'était un peu caricatural, on aurait dis que j'étais un sale boulet accroché à sa cheville. Nous ne croisâmes personne, évidemment. Mais dès que nous arrivâmes devant le tableau, je secouai la main pour qu'il me lâche, ce qu'il ne fit pas. Je m'inquiétais pour Crown : si elle me voyait avec lui, j'allais souffrir !
-Pourquoi tu t'agites, s'étonna-t-il, ma main gigotant furieusement.
-Parce que. On est arrivé, tu peux me lâcher !
Il me dévisageait, comme si j'étais stupide ou tout simplement venue d'une autre planète. Il ne me libérait pas, je ne voulais vraiment aucun ennuis donc j'ajoutai, d'un air suppliant :
-S'il te plait, Rid- Tom !
Il me sourit gentiment –chose extrêmement flippante étant donné que Tom n'est pas « gentil » de nature- et lâcha ma main mais ne me permit pas d'entrer.
-Pourquoi as-tu aussi peur qu'on nous voit ensemble ? Me demanda-t-il innocemment.
-Tu sais très bien pourquoi ! Chuchotai-je frénétiquement. Ca ne pardonnera pas si Crown me voit main dans la main avec toi ! Qui plus est, ça prête à confusion … Et ça me dérange…
Je détournai les yeux, gênée. C'est vrai que j'aime regarder les gens quand je leur parle mais je ne suis pas dérangée par mes paroles habituellement donc c'est une exception. On aurait dit qu'il voulait me faire dire toutes les choses qu'il m'était désagréable de formuler et qui étaient bien connues de nous deux. Je risquai un regard vers lui, il semblait réfléchir et prit un air rassurant. Ca m'inquiétait au plus au point. Comment vous dire… Tout le petit jeu de Riddle, celui qu'il employé pour duper les filles, pour se faire croire protecteur et attentionné, avait l'effet inverse sur moi. Comme je suis méfiante et farouche, chaque mot qu'il prononçait –de normal, de gentil- sonnait faux à mes oreilles et je discernais le mensonge ou un jeu finement mené. Il croisa les bras sur sa poitrine et débita d'une traite :
-Oh, Sarah ne te dira plus rien. J'ai fais ce qu'il fallait : pour elle, nous sortons ensemble et elle n'a plus aucun espoir. Elle sait que si elle touche à ma copine, elle en pâtira. Donc pas de problèmes, je peux m'afficher avec toi.
Mon visage devait être parfaitement grotesque en cet instant. J'étais tellement surprise, outrée et désabusée que ma bouche s'était ouverte sous le choc et mes yeux formaient deux belles soucoupes. Malheureusement cette fois-ci, je n'arrivais pas à me contenir. Sachant qu'il ne fallait pas faire trop de bruit, je criai, mais en chuchotant. Il ne m'interrompit pas, surement trop sûr de lui, il me regardait même, amusé de la panique qu'il me causait.
-Qu'est ce qui t'a prit ?! A cause de toi toute l'école va croire qu'on est réellement ensemble ! Et c'est faux ! J'ai pas envie ! Quand est-ce que tu va comprendre ça ?!
Il me regardait toujours de la même façon. Je me stoppais subitement, réalisant quelque chose. Soudainement, j'étais blasée.
-…Attends. Tu lui as dis ça alors que vous étiez tous les deux au lit ? C'est pas très crédible ton histoire … Ou alors j'passe pour la bonne poire…
Il se mit à rire doucement. Là, j'étais réellement choquée. Je le regardais de…Bas, puisqu'il me dominait totalement et mon air était, normalement méchant. Mais comme mes sourcils sont épais et que mes lèvres sont fines, ça me donne un air plutôt boudeur. Quelle idée d'aller dire de pareilles absurdités à Crown dans un moment … Comme ça… Il n'y avait que lui pour réagir d'une telle façon. Il se croyait tout permis, personne ne lui disait non, tout paraissait normal du moment que c'était lui qui le faisait. Mine de rien, je l'enviais de penser comme cela, et surtout de pouvoir agir comme cela. Personnellement, je ne pouvais me le permettre. Je poussai un soupir à fendre l'âme et prenait ma tête entre mes mains. Il m'épuisait. J'en avais marre de ces histoires et pourtant, elles m'avaient fais oublié le point le plus important : ma mort prochaine. Son arrivée avait des bons comme des mauvais côtés. Mais je le supportais mal. Ca faisait un moment que nous étions plantés devant le tableau encore endormis et le silence durait. Je lâchai ma tête et la relevai vers lui.
-Pourquoi tu lui as dis ça ? Lui fis-je, abattue. Tu m'as déjà enlevée les trois-quarts de ma vie en une journée et tu veux me pourrir ce qu'il me reste ?
Il s'arrêta net de sourire et changea totalement d'expression. Autant là, il avait eu l'air confiant et amical, autant maintenant, il était devenu irrité et effrayant. Ce que je lui avais dis ne lui avait pas plu et je le voyais très bien, malheureusement, le mal était fait. Je devais passer pour une ingrate, c'est vrai que ce n'était pas de sa faute si j'avais cette maladie et depuis le début, c'est le seul qui s'intéressait à moi. Même s'il a mis du temps et que c'est pour une raison précise. Ses yeux me lançait des éclairs et encore une fois, je me dis que j'avais parlé trop vite, que j'avais été stupide. Je ravale toujours mes paroles et je crois comprendre pourquoi : ça tourne toujours mal quand je m'exprime. Son visage sembla s'adoucir, je ne sus pourquoi. Cette nouvelle expression me donna du courage et j'essayais de m'expliquer :
-… Ce n'est pas ce que je…Voulais dire. C'est juste que j'en ai marre que tu joues avec moi, je ne sais rien sur toi et ça m'agace. Je ne sais jamais si tu mens ou non –je marquai une pause, mais je te remercie pour l'attention que tu me portes, je…
Je rougis légèrement et détournai la tête, fixant le mur à ma gauche.
-Je…J'aime bien être avec toi mais c'est nouveau pour moi et tu me mets mal à l'aise, conclus-je en revenant planter mon regard sombre dans le sien.
La colère qui avait déformé son visage il y a quelques instants laissa place à une satisfaction malsaine bien visible. Cette expression me fit peur. Littéralement, là, j'étais terrifiée. Je venais de me confier à un jeune homme qui semblait plus être un homme mûr et machiavélique. J'avais du mal à le fixer : son sourire me déstabilisait et mes mains tremblaient. Il semblait si… Comment dire… Fier de m'avoir fais dire ces mots qui le flattait dans son image de parfait jeune homme. Mais c'était assez mauvais comme sensation et je redoutais pour la suite. D'un coup, il reprit un visage gentiment froid –celui que j'aimais le plus. Il se rapprocha et me saisit le menton, son visage si proche du mien, ses lèvres frôlaient les miennes. Il murmura :
-Donc, tu ne veux pas sortir avec moi ?
Il ne me laissa pas répondre et commença à m'embrasser doucement, sans brusqueries ni empressement. Je me laissai faire mais ne fermai pas les yeux et la situation en devenait étrange puisqu'il me fixait. Je posai mes bras sur les siens et le stoppai doucement.
-Disons que… A bien y réfléchir… Ca ne me déplairait pas…
J'avais eu du mal à articuler cela et je ne pus voir son expression mais je suis sûre qu'il devait avoir la même que toute à l'heure : ce visage orné d'une fierté malsaine. Comment avais-je pu accepter ? Hm, je l'aimais, voilà tout. Comment allais-je faire maintenant ? Comme cela allait-il se passer ? On allait s'afficher ensemble ? Marcher main dans la main, ce genre de choses ? Ca me paraissait très étrange et je ne voyais pas du tout Tom faire cela. D'ailleurs, je ne l'avais jamais vu étalé sa vie amoureuse à Poudlard. Peut-être un baiser par là mais rien de bien choquant ou exhibitionniste. Il conclut sa victoire sur moi en me prenant dans ses bras. Moi, j'aurais pu être bien si tant de questions ne me tournaient pas autour. Mais de quoi me plaignais-je ? Je sortais avec le Golden Boy des serpentards… Oui, ce n'est pas rassurant sachant ce qu'il est devenu et ce qu'il commençait déjà à accomplir.
Nous rentrâmes enfin dans cette salle commune, laissant derrière nous un tableau furieux d'avoir été réveillé si tard et nous installâmes sur le canapé. La salle était vide et les braises s'éteignaient dans la cheminée, formant de petites boules rougeâtres et chaleureuses. Je n'étais pas habituée aux marques de tendresses et, de nature, je n'étais pas du genre à embrasser mon copain toute les deux minutes ou me coller à lui. J'espérais qu'il le prendrait bien. Ce fut lui qui passa son bras derrière moi, encerclant mes épaules. Son habitude me blessait et me déstabilisait. Je m'appuyai tout de même contre lui, m'abandonnait aux douces sensations que cela procurait. Au bout d'un moment, je me relevai et le regardai.
-Tom, je…Commençai-je.
Il me lança un regard interrogateur, m'incitant à continuer mais je me ravisai. J'aurai voulu lui demander des choses genre « tu es réellement sérieux ? » ou « combien de temps vas-tu rester avec moi ? » mais je me dis que cela ne se faisait pas. Il continua à me regarder mais paraissait ne plus rien attendre. Je tiltai. Bien trop tard.
-Et ne lis pas dans mes pensées !
-Bien sûr que non, répondit-il automatiquement, une mine faussement étonnée.
-Tu fais ça depuis le début, ne mens pas.
Il me sourit et m'encercla de ses bras, ses doigts fins caressants mon dos. J'étais un peu gênée puisque j'étais littéralement sur lui. Il me chuchota à l'oreille :
-Je ne le ferais plus.
Et il m'embrassa. Ca ne marche pas comme cela ! Criai mon esprit. Mais mon cœur en voulait plus alors je ne luttais pas et en plus, j'avais accepté tout cela. Je n'aurais su dire si j'étais heureuse. Surprise, perdue, oui c'était sûr mais heureuse ? Bien évidemment j'étais contente qu'il soit avec moi mais quelque chose clochait et j'allais l'apprendre à mes dépends. Cette relation allait être de très courte durée mais à bien y repenser, ce fut les meilleurs moments de ma courte vie.
A suivre. Un petit mot ? :D
