Note: avant dernier chapitre de ma misérable-belle histoire. (Ce qui est misérable peut être beau non ?) Merci à ceux qui commentent et merci à ceux qui lisent ! Même s'ils peuvent laisser des traces... Traaaces !! Bon je m'arrête là... J'me fais peur... Bonne lecture.
Acte 8.
La journée passa trop vite. Tous les élèves parlaient de la soirée, tous plus allègres les uns que les autres tandis qu'Astrea se maudissait d'avoir acheté cette robe. Mais elle s'en voudrait de ne pas la porter aussi. Elle avait passé son après-midi dans des livres de sorts plus ou moins utiles pour les soins du visage et tout ça. C'était incompréhensible leur jargon estéthique! Elle voulait être simple ; c'était plutôt pour ses cheveux. Les salles de bains étant trop pleines, elle opta pour les toilettes des filles. A chaque fois qu'elle s'y rendait, elle ne cessait de fixer cette rangée de lavabos. Dire que la Chambre était là. L'endroit était bondé aussi mais il y avait toujours des places.
Elle ne se maquilla presque pas. En fait, comme ses cils sont longs et noirs, les étirer finirait par faire un peu trop tape-à-l'œil et dès qu'elle clignerait des yeux, cela ferait trainée. Elle intensifia le rose de ses lèvres à l'aide d'un sort, même si cela ne servait pas à grand-chose puisqu'elles étaient très fines. Non, l'essentiel était ses cheveux. Elle eut beaucoup de mal à les rendre comme elle le voulait mais le résultat était finalement beau. Astrea les attacha magiquement, un peu sur le côté. Comme ils ondulent, cela rendait bien. Quelques mèches partaient çà et là et faisait légèrement « pas en ordre ». Elle ne put se séparer de sa frange, qui cachait ses sourcils et donc une partie de ses émotions faciales.
Après s'être assurée que ça tenait fermement, elle rentra dans son dortoir. La soirée avait commencé et elle croisa pas mal de garçons et filles en costumes –plus robes et costards que costumes d'ailleurs- mais fit en sorte que personne ne la voit; de toute façon, personne ne la voit jamais. Une fois arrivée dans son dortoir, elle sortit rapidement la robe avant de filer dans la salle de bain. Ce fut difficile de nouer le corset mais cela en valait la peine. Cette robe était vraiment magnifique. La jeune fille eut du mal à se reconnaitre. Oh, elle n'était pas aussi belle que Sarah bien sûr mais là, elle arrivait à se trouver jolie. Elle peaufina deux trois détails sans importance, comme boucles d'oreilles puis descendit finalement.
Le chemin de la salle commune des serpentards à la Grande Salle est long. Beaucoup trop long. Le nœud qu'elle avait à l'estomac l'empêchait d'être détendue. Astrea se faufila dans la masse d'élève qui allait et venait. La décoration, bien que toujours impressionnante l'étonna de nouveau. Le plafond magique représentait une nuit inquiétante, lune rouge et brouillard au rendez-vous, avec par ci, par là, deux trois cris stridents lacérant le brouhaha. Les tables avaient été enlevées, même si un buffet plus que varié était présent au fond de la salle. Une piste de dance avait été aménagée et quelques couples ou groupes d'amis dansaient déjà comme des fous déchaînés. Cela ressemblait plus à une soirée de comptes et comtesses vampires qu'à une soirée d'Halloween. En effet, personne n'était vraiment déguisé mais portait plutôt des habits souvent somptueux. Cependant la française était fière de sa robe. Absorbée par l'aménagement, la jeune fille ne vit pas Malfoy arriver derrière elle. Ce dernier la fit sursauter d'une main sur l'épaule.
-Astrea ! C'est bien toi, je ne t'avais pas reconnu…Cette robe te va bien. Tu devrais faire attention à toi plus souvent, la railla-t-il, moqueur.
-J'ai pas deux heures à ma disposition tous les jours pour me coiffer figure-toi… Mais c'est gentil, merci. Toi aussi, tu es très beau comme ça.
-Ah, je sais, je sais, gonfla Abraxas, un sourire fier aux lèvres.
La jeune fille sourit à pleines dents. Le fait que Malfoy vienne la voir l'avait soulagée et touchée. Et c'était la première fois qu'un garçon la complimentait. Un délicieux rouge, léger mais là, lui monta aux joues. Même si ce n'était rien, une réplique anodine qu'on se dit souvent, entre « amis », ça lui réchauffait le cœur.
-Tu n'es pas avec Lestrange ? S'enquit-elle, ne voulant pas s'accaparer Abraxas.
-Je vais aller la chercher, elle n'est pas encore prête. Toi, tu devrais aller voir Riddle, il est dans le fond. Tu le trouveras vite, c'est là où il y a le regroupement de filles…
Il la poussa doucement alors qu'elle lui chuchotait des « arrêtes, j'ai pas envie » frénétiques. Bien sûr, elle voulait le voir mais là, il ne semblait pas apte à lui parler. C'est vrai, une nuée de filles en chaleur le cernait… Elle s'approcha tout de même et se cacha derrière la petite foule. Tom, bien qu'il rejetât poliment les invitations, commençait légèrement à s'énerver. Elles ne comprenaient pas que lorsque l'on dit non, c'est non ? Il prit congé d'elles et les poussa sans ménagements pour se frayer un chemin. Une fois libéré, il tomba nez-à-nez avec Astrea, qui ne voulait pas lui parler tout de suite. Trop tard, elle n'allait pas s'enfuir en courant… Il se redressa fièrement et lui sourit. Elle ne lui rendit pas, trop mal à l'aise.
Il était habillé d'un costume tout simple. Mais la simplicité n'est-elle pas le meilleur ? La jeune fille savait que Tom n'était pas riche mais il savait comment dépenser son argent, où et quand. Son costume entièrement noir était assez moulant et ça le rendait encore plus longiligne et élancé. Seule sa chemise était rouge sang ; cette note de couleur rappelait bien la robe d'Astrea et ce détail la dérangeait un peu, ce n'était pas voulu mais ça le faisait beaucoup trop… Mais écartons cela pour le moment, le silence était trop gênant.
-Tu…Tu es très bien comme ça…Tom, articula-t-elle difficilement.
-Merci. Finalement tu es venue, tu avais dis que non. Et tu as même trouvé une tenue en conséquence, ça te va très bien…
La jeune fille hocha la tête en signe de remerciement. Elle ne savait pas trop quoi lui dire… Mais elle n'eut pas à tergiverser pendant des heures, ce fut lui qui l'entraina, une main dans son dos, dans un coin plus tranquille. Une fois éloignés, il lâcha :
-Tu es avec qui ?
Hein ? Pourquoi il lui demandait ça ? C'était évident qu'elle n'était avec personne si elle ne l'avait pas invité. Apparemment, pas clair pour tout le monde. Il n'avait pas l'air commode malgré son sourire…
-Personne. Je devrais être avec quelqu'un ?
Tom était étonné mais n'en laissa rien paraître. C'aurait été logique, effectivement, qu'elle soit avec quelqu'un. A force de fréquenter des filles toutes identiques, ils commençaient à vraiment croire que la race féminine était faite selon ce modèle. Grave erreur. Il devrait faire attention pour continuer à la garder, à l'utiliser, il devait être fin.
-Je pensais que tu m'inviterais, murmura-t-il pour qu'elle seule l'entende.
-Normalement, c'est aux garçons de faire ça…Bougonna Astrea comme réponse. Et puis ce n'est pas grave. Regarde, on est ensemble là, on s'en fiche de ça… Ce n'est pas le plus important ?
C'était pour le principe… La voilà déjà partie dans la contemplation des citrouilles. Vraiment décalée. Son indifférence n'était même pas voulue. Tom avait envie de lui faire remarquer qu'elle était totalement insensible mais se ravisa. N'était-il pas comme ça ? D'après lui, non, enfin pas à première vue. Il faisait le bon élève quoi. Au grand damne de la jeune fille, l'ambiance de la salle changea pour passer à un slow. Le premier de la soirée mais ce n'était pas pour la fin ce genre de chose ? Apparemment non… Elle commença à s'agiter sous l'œil de Riddle, exaspéré et presque amusé. Une certaine envie de la torturer monta en lui et c'est ravi qu'il lui prît la main pour l'attirer sur la piste. Une fois placés, Astrea, totalement paniquée voulut s'expliquer :
-Tom, arrêtes, je ne sais pas et je ne veux pas danser !
-Moi je veux. De toute façon, c'est moi qui dirige, laisse toi faire.
Pour clore ses protestations, il enserra plus fort la taille de sa compagne qui rougit d'indignation ; voir Malfoy souriant narquoisement dans la foule, tenant la taille de sa superbe Liliana ne l'aidait d'ailleurs en rien. La danse s'éternisait pour la serpentarde qui s'était légèrement détendue. Les regards meurtriers des soupirantes l'inquiétaient toujours et elle se forçait à regarder Riddle qui était tout à fait calme et maître de lui-même. Comme toujours. Les réactions toujours excessives de la jeune fille faisaient une drôle de sensation au garçon ; elle était beaucoup trop inquiète, stressée et il en venait à se demander si on pouvait vivre comme cela, à toujours se poser des tonnes de questions à la fois, parfois inutiles, si bien qu'on finit par devenir effacé. La preuve était entre ses bras. Il s'était promis qu'à cette fête, il laisserait ses plans machiavéliques de côté et ferait un tir de barrage. Après avoir proposé à sa petite amie de rejoindre son camp, celle-ci, effrayée pouvait très bien le quitter, elle et sa force si précieuse. Donc, il lui fallait être tout particulièrement gentil et un plan plus que parfait –pour lui- était en route. Il finirait la soirée seul à seule avec elle, dans sa chambre, il le fallait. Après cela, elle ne le lâcherait plus.
La musique s'arrêta tranquillement et alors qu'Astrea se détachait de son danseur, celui-ci l'attrapa par la nuque et l'embrassa. Habituellement, ces deux là ne s'embrassaient pas trop et dans tous les cas, ce n'était pas approfondi. Donc c'est devant plein de monde qu'Astrea eut son premier vrai baiser. Avec Riddle. Qui ne semblait pas du tout gêné et explorait la bouche de sa compagne avec passion. Il finit par se détacher, se délectant de l'expression de surprise parcourant le visage de la jeune fille. Cette dernière, au bout d'un petit moment, se détourna de lui et sortit de la salle. Oh, ça avait été très agréable mais voilà, c'était nouveau. Un peu indescriptible et extrêmement gênant. Elle n'aimait pas s'étaler en public et Tom avait fait fort. Elle s'était assise dans l'encadrement d'une fenêtre, dans le hall principal. Elle fut vite rejointe.
-Astrea, je te cherchais. Tu ne reviens pas ? Lui demanda Riddle, bizarrement content.
-Heu non, je vais rentrer –elle se leva- bonne nuit, Tom.
-Moi aussi je rentrais, tu dors avec moi ?
Tout était parfaitement calculé, elle allait accepter. Avec ce sourire, son ton, Tom était persuadé de sa réussite. Malheureusement, la jeune fille ne voyait pas leur relation comme cela et parut gênée de devoir lui formuler son refus, se rappelant ce qu'il s'était passé la dernière fois.
-Excuse-moi mais je préfère dormir seule.
Le visage de Riddle ne changea pas vraiment d'expression, pour paraître poli mais il était vraiment énervé. Ne pouvait-il pas la lâcher tout de suite finalement ? Non, il avait encore besoin d'elle pour deux trois choses. Il n'avait pas encore puisé toute sa force. Il hocha la tête puis retourna dans la salle, sous le regard déçu de la serpentarde. Cette dernière action l'avait vendu et le petit jeu du préfet la blessait de plus en plus. S'il s'imaginait qu'elle ne ressentait rien, il se trompait. Tout ça était comme une grande pièce de théâtre, une belle mise en scène pour l'exploiter et quand le rideau tombera, elle sera seule. Seule pour mourir. Elle rentra dans l'esprit que ça avait été un désastre, même la merveilleuse sensation qu'elle avait ressentie lors du baiser ne lui remontait pas le moral. Quelle était l'importance des sensations corporelles quand votre cœur souffre ? Une bien maigre consolation. Surtout que le jeune homme pensait profiter d'elle sous tous les aspects mais il avait déjà son cœur, cela suffisait. Elle s'écroula sur son lit, personne n'était là. Astrea, déconfite, alla dans la salle de bain, défit sa coiffure, enleva les sorts dont elle s'était privilégiée et retira sa robe pour se mettre en pyjama avant de se plonger dans ses draps et de s'endormir difficilement.
Astrea se leva sans réel entrain, la dernière comme d'habitude. Heureusement que les vacances finissaient dans quelques jours, elle préférait aller en cours, cela lui faisait oublier ses tortures. Elle croisa brièvement Tom ce jour-là. A dire vrai, comme tout le monde, Riddle se reposait un peu. Après que la jeune fille l'ait laissé, il était resté à la fête et avait veillé jusque tard dans la nuit. Apparemment, les élèves paraissaient tous satisfaits de cette soirée et de nombreux couples s'étaient formés –ou au contraire, s'étaient cassés. Les relations entre le couple ne changèrent pas. Toujours la même froideur, le même amour unilatéral et ce, jusqu'aux vacances de Noël. Alors que les deux serpentards s'étaient retrouvés à la bibliothèque pour travailler ensemble, Astrea engagea la conversation, portée sur ces vacances, qui arriveraient le jour suivant.
-Alors, tu restes ici aussi pendant les vacances… C'est ça ? Demanda-t-elle, connaissant la réponse.
Il hocha la tête, imperceptiblement. Voyant qu'elle n'ajoutait rien, ce fut lui qui continua :
-Et toi ?
-Je vais rentrer chez moi et je reviendrais le vingt-cinq.
Le sujet de Noël était épuisé, maintenant ils passaient aux exercices. Tom s'étonnait parfois, en y pensant, du peu d'engouement dont ils pouvaient faire preuve tandis que l'autre se disait que c'était de sa faute. Le préfet demandait toujours à sa petite amie de punir certains élèves, ce qu'elle faisait sans protester. A quoi bon ? Cela lui faisait plaisir… Un second rituel, moins impressionnant et apparemment moins important fut réaliser par le couple. L'idée était toujours la même mais ne restant plus grand-chose de son pouvoir à Astrea, Tom avait moins à faire. Précisément, il ne lui puisait pas sa force magique, celle qu'elle a eut à sa naissance mais l'autre, venant de la tâche maléfique. Il se flattait lui-même, fier d'être aussi intelligent.
Parfois, il se rappelait à l'ordre. Bien que cette fille soit de compagnie agréable, lui, ne devait pas laisser les sentiments l'attraper. C'était inutile et stupide. Malgré ces bonnes convictions, il se prenait parfois au jeu et peinait à lui montrer un peu d'affection. Elle le repoussait quelques fois inconsciemment et ça l'énervait. Lui, voulait plus. Il avait déjà son cœur, maintenant, il voulait son corps. Malheureusement pour lui, il n'eut pas le temps de tenter quoi que ce soit car Astrea partait déjà, afin de rentrer chez elle. Il y avait foule à la gare de Pré-au-lard mais Tom avait fait l'effort de venir. La jeune fille allait bientôt rentrer dans le train.
-Bon et bien… Au revoir, lâcha-t-elle.
Il hocha lentement la tête et se força à sourire avant de l'embrasser brièvement. C'est sur ce court geste qu'ils se quittèrent. Astrea n'eut aucun mal à trouver un wagon vide et elle dormit pendant tout le trajet. Elle avait décidée, finalement, d'annoncer la mauvaise nouvelle à ses parents après son anniversaire, cela valait mieux. Décidée, elle descendit à la gare et c'est heureuse qu'elle retrouvât sa petite famille. Son cœur se serra. Dire qu'elle allait mourir avant ses parents… Mais elle ne voulait pas y penser tout de suite, pour l'instant, il lui fallait vivre dans le présent. Elle prit le bateau pour rentrer en France. Les premiers jours se passèrent bien, avec son anniversaire, elle fut couverte de cadeaux. Mais voilà, maintenant, il était temps de leur apprendre le problème.
La réaction fut la même pour tout le monde : on ne la cru pas. Puis, voyant qu'elle ne plaisantait pas, des explications furent demandées et de nouvelles recherches entreprises. Malheureusement, c'était vrai et la tristesse ainsi que l'amertume prirent la famille. On leur coupait l'herbe sous les pieds ! De nature "à aller de l'avant", ses parents voulurent tout faire pour lui assurer une vie parfaite jusqu'à sa mort, sans y penser. Comme si c'était normal. Seulement, Astrea allait devoir être transférer à Beaux-Bâtons. Actuellement, elle était à Poudlard parce qu'elle avait la meilleure réputation –ses parents voulant qu'elle soit dans la meilleure école- mais elle ne parlait pas couramment l'anglais et elle était sous sceau. Un petit sortilège de magie pas très recommandée fait par son père. La jeune fille avait réussit à négocier son retour en Angleterre pour la fin des vacances, soit disant pour dire au revoir. Après quoi elle finirait son année en France puis rentrerait en Grèce, dans la famille de son père. Une fois qu'ils furent tous d'accord, ils passèrent un très bon Noël, excellant dans l'art d'ignorer les choses importantes.
La serpentarde, un peu perdue avec tous ces changements, cherchait désespérément un cadeau pour Tom, n'ayant aucune idée de ce qu'il aimerait, ou du moins, de ce que les garçons aiment. Elle paniquait dans le Poudlard Express, presque vide, réfléchissant à n'importe quoi, du moment que ça lui ferait plaisir. Mais le problème majeur, c'était qu'il allait sûrement recevoir pleins de présents de ses fanatiques sans cervelle. Elle s'énerva toute seule à la simple idée de le voir passer son Noël avec elles. C'était étrange, lorsqu'elle était loin de lui, la jalousie et l'envie d'être proche de lui la prenait et dès qu'ils étaient ensemble, c'était fini : toute la manipulation lui revenait à la figure.
Elle eut un peu de mal à traîner sa lourde valise, pleine de tous les vêtements qu'on lui avait offert. Surtout avec toute la neige. Mais cette couche blanche valait bien ça. Elle déambulait dans Pré-au-Lard, désert quand soudain, elle se stoppa devant une vitrine.
-C'est ça ! S'exclama-t-elle.
La phrase lui avait échappé : elle avait trouvé son bonheur. Elle entra en trombe dans la boutique, faisant teinter la clochette et se fit assaillir par une vendeuse trop maquillée.
-Bonjour mademoiselle ! Que puis-je pour vous ? Vous avez choisi ?
Ce n'était humainement pas possible qu'elle eût choisi puisqu'elle venait juste d'entrer mais passons. Heureusement pour la vendeuse que les affiches existent. Astrea enleva la neige de son manteau d'un geste rapide et demanda, les joues rouges :
-Oui, ce serait pour l'affiche de dehors : l'histoire des pierres… J'en voudrais une, mais comment ça marche ?
-Oh, oh ! C'est pour offrir ? Votre petit ami ? Fanfaronna-t-elle. En vérité, c'est juste une histoire de nom et prénom. Comment s'appelle votre ami ?
La vendeuse était apparemment convaincue qu'il s'agissait d'un garçon. La serpentarde aurait voulu la détromper, juste pour la contredire mais malheureusement, elle avait raison.
-Tom Riddle, marmonna-t-elle, gênée.
Avec un sourire entendu, la femme partit dans son arrière boutique avant de revenir avec une pierre, d'une couleur d'ailleurs extrêmement étonnante : noir. Elle la plaça dans la main de la française qui était bizarrement effrayée par cette sombre couleur. La jeune fille regardait la vendeuse, comme si c'était pour rire et qu'elle allait revenir avec une pierre rouge ou verte mais pas noire ! La femme, toujours très souriante, commença à expliquer les caractéristiques du caillou :
-C'est un onyx. Oh, ne vous fiez pas à sa couleur noire, cette pierre est tout aussi belle qu'une autre. Elle protège des énergies négatives…
-Ce serait possible d'en faire une gourmette ou je ne sais quoi ? Comme c'est pour un garçon, je…
La vendeuse sourit de plus belle et repartit dans le fond de sa boutique d'un pas joyeux. Après un assez long moment, elle revint avec un écrin noir, d'une taille vraiment minime. Elle passa derrière le comptoir et incita Astrea à s'avancer pour payer. Protéger des énergies négatives ? Tom en était une à lui tout seul…
-Qu'est ce que vous avez fait ? S'enquit la jeune fille.
-Ouvrez.
Elle ne se le fit pas répéter deux fois et attrapa la boite pour l'ouvrir d'un coup sec. A première vue, c'était une gourmette tout ce qu'il y avait de plus normale mais les mailles n'étaient pas seulement faites d'argent : de l'onyx venait s'y entremêler. Comme c'était beau. Elle qui n'était pas une adepte des bijoux, ce truc-là l'impressionnait de part sa précision. Maintenant, restait à savoir s'il aimerait… A coup sûr, ça allait passer comme tous les autres cadeaux. Elle verrait bien. Elle sortit, heureuse, remerciant encore une fois la femme. Il était tôt et l'air frais lui lacerait le visage. Elle courut presque jusqu'au château et une fois la grande porte franchie, l'air chaud l'enveloppa d'une caresse réconfortante. Elle rentra dans sa salle commune et alla déposer ses affaires avant de revêtir son uniforme. Poudlard était plus ou moins vide et faibles étaient les chances de croiser des élèves. Tom n'était pas là, peut-être pas encore levé. Astrea rangea son cadeau dans sa poche avant de partir lire dans le grand fauteuil.
Après, lui semblerait-il une heure, la française aperçut enfin Tom, descendant de son dortoir. Son corps réagit tout seul, elle avança rapidement vers lui pour se retrouver en face, sans savoir quoi lui dire. La bouche entr'ouverte, elle ne savait que dire face à l'air un peu froid de son petit ami. Riddle savait qu'elle rentrait ce jour-là mais il ne s'attendait pas à la voir, comme si elle avait disparue de sa vie, en si peu de jours. Il se força à sourire et elle fit de même. Cette attitude distante empêcha Astrea d'offrir son cadeau, elle attendrait.
-Heu…Ca me fait plaisir de te revoir, Tom, arriva-t-elle à lâcher avec difficulté.
Il sourit un peu plus et se détourna d'elle en direction du canapé, l'incitant à le suivre ; ce qu'elle fit. Une fois installés, le silence continua pour finalement être rompu quelques minutes plus tard.
-Tu…Passes de bonnes vacances ?
-Et toi ? Répondit le préfet d'un ton platonique et glacé.
Elle soupira et se laissa tomber au fond du sofa. Les retrouvailles ne pouvaient pas être pires : en quelques jours, ils s'étaient totalement éloignés pour redevenir de parfaits étrangers. La jeune fille tâta sa poche où le petit écrin logeait. Allait-il le refuser ? Peu importe… Elle partait dans six jours, pas le temps de tergiverser, il fallait agir cette fois-ci !
-Tom…Ca ne te fait rien de me voir ? Tu n'as pas l'air très emballé… Hasarda-t-elle.
Le silence qui suivit ces mots ne la rassura pas dans son inquiétude. Une boule se forma dans son ventre et elle se redressa, l'obligeant à répondre du regard. Il soupira et répondit :
-J'ai beaucoup réfléchi, Astrea. On arrête là.
Oh non. La serpentarde se prit la réplique en pleine figure. Déjà ? Ca n'aura pas duré bien longtemps. Le choc était tellement inattendu qu'elle ne broncha pas. L'amertume, la colère, la sensation d'avoir été manipulée lui revint. Retour de flamme. Elle se leva d'un coup, furieuse.
-Alors voilà ! Tu as eu ce que tu voulais : je punissais ces élèves pour tes petites affaires et maintenant, tu n'as plus besoin de moi ?! Tu arrêtes quand tu veux ! Pourquoi fais-tu toujours ça ?! Oh, tu en as peut-être eu assez que je te repousse…Conclut-elle ironiquement.
-Ne dis pas n'importe quoi, pour cela, je n'ai pas besoin de toi.
Il se leva, presque collé contre elle et ses yeux sombres la regardaient misérablement. Il lui caressa la joue avant d'ajouter ces mots, closant la conversation.
-Tu n'es plus attrayante maintenant Astrea, j'en suis désolée. Tu m'es inutile.
Il partit, la laissant seule, à son indignation, à son amour non-réciproque et à ses tortures. Elle se laissa tomber dans le sofa, les yeux rivés sur la cheminée. Une larme perla à son œil gauche, puis une autre jusqu'à n'en plus finir. Jamais elle n'avait été aussi humiliée, blessée dans son ego. Traiter les gens d'une telle façon est horrible, impardonnable. Surtout les gens qui vous aiment éperdument… C'était des larmes de rage. Tom était quelqu'un d'égoïste, manipulateur et sardonique mais tellement seul. Bien qu'il s'en fiche ; il n'avait aucunement besoin des autres. Il n'avait aucunement besoin d'elle. Astrea sortit le cadeau de sa poche, l'examina et le balança méchamment devant elle. Il retomba pathétiquement contre la pierre du mur pour terminer sa course à ses pieds. Elle meurtrissait ses yeux à les frotter comme une forcenée. Ne pas pleurer, ça ne sert à rien. Il n'aime pas ça.
Joyeux Noël, Astrea.
Tom marchait tranquillement dans les couloirs du château. Il n'avait croisé qu'un élève de poufsouffle qui s'était détourné en le voyant. Voilà ce qu'il avait toujours inspiré : la peur, le respect, l'envie, la jalousie…L'amour peut-être. Peut-être mais pas forcément sincère. Cette fille allait s'en remettre et quand bien même, elle mourra bientôt. Il n'était pas du tout craintif vis-à-vis de ce dont elle savait. Personne à qui se confier : elle l'aimait.
L'aimait-elle ?
Elle ne lui avait jamais réellement dit. De toute façon, c'était fini et cette expérience avait été enrichissante : son pouvoir était encore plus grand. Mais quelque chose n'allait pas. Il se sentait mal. Malade ? Sûrement, cela irait mieux plus tard. Il resserra sa cape autour de ses épaules. Que faisait-elle ? Pleurer sans doute… Comme elles le font toutes…
La française, s'étant quelque peu ressaisit, ne voulait pas abandonner ! Enfin…Là n'était pas la question. Elle voulait lui dire qu'elle l'aimait, juste une fois, et lui offrir son présent par la même occasion. Sa réaction ? Elle s'en fichait ! Tom devait l'avoir entendu avant sa mort.
Oui.
C'était important.
A suivre.
Traaaaaces ... !
