Réponses aux reviews anonymes :

Jenni944 : Et bien, je ne sais pas encore comment tout va se passer, mais ca n'aura rien à voir avec les livres en tout cas et j'espère que ca te plaira. Biz et merci pour ta review. : )

Alexiel10 : Et bien merci : ) Je susi contente que cette fic te plaise, surtout si tu es fan des Slashs HPSS. Ce n'en sera pas un du tout, mais j'espère que la suite te plaira. Et la suite des Maudits va arriver un jour...(Je suis un peu déçu de n'avoir que 15 reviews alors, j'attends encore un peu : ) Biz.

Brigitte 26 : La voilà! Merci d'avoir pris le temps de reviewers : ) Biz.

Petit Grenouille : Oui, bien sûr que Snape va pouvoir l'aider. Et le mystérieux 'Il' aussi...Mais ce ne sera pas trop rapide, parce que Harry reste assez méfiant. J'espère que la suite te plaira. Biz

Lilou : Tu sauras qui vit avec lui dans ce chapitre : ) J'espère qu'il te plaira. Et ca ne va pas être aussi facile que ca pour Harry, ni pour Sev, ni pour 'il'. Mais tout ira bien un jour. Bonne lecture. Biz

Riddik : Alors je n'ai pas lu Catéchisme, mais j'ai été au Caté et c'est vrai que certaines personnes ont une notion du normal assez étrange. J'espère que la suite te plaira et merci pour ta review. Biz

NEPHERIA : Merci pour ta review! Voilà la suite. Biz

Note :

J'ai eu deux questions intéressantes auxquelles je me dois de répondre pour tout le monde. Dans ma fic, il n'y a pas de Tobias Snape, Severus est un sang pur descendant d'une longue lignée, (je le voyais vraiment comme ça dés le début, j'avouerais que les tomes 6 et 7 m'ont passablement déçu) et les 7 tomes ne seront que trés vaguement respectés.

Vous croyez que Severus va laisser arriver à Harry tout ce qui doit lui arriver. Non, non, Severus a maintenant une raison de tenir tête au vieux sénile.

Mais trêve de blablatage,

Place au chapitre II.

Happy Days

II. Le manoir Snape

"Reg', tu es là? Venez Potter." Le petit garçon, ronchon, suivit avec réticence son professeur et pénétra dans un vaste hall sombre éclairé par des chandeliers à quatres branches.

Il y eut quelque cliquetis sur le carrelage et un homme d'une trentaine d'année apparu à l'autre bout de l'entrée, par une grande porte qui semblait donné sur un salon. "Sev?"

Harry plissa les yeux et observa l'homme avancer jusqu'à eux. Quelque chose était étrange.

"Il y a quelqu'un avec toi?" Demanda l'homme d'une voix un peu lointaine. "Albus m'a confié quelqu'un Regulus."

"Qui?" Et l'homme approcha encore un peu et Harry comprit, la canne, et les yeux vagues. L'homme devait être aveugle.

"Harry Potter."

Un mouvement de recul surprit Harry qui fronça les sourcils. - Quoi? C'était quoi le problème? -

"Je peux rentrer chez moi si ca vous dérange." Se permit-il de dire, d'une petite voix colérique. De toute façon, il pouvait tout se permettre ici, il l'avait bien compris, maintenant. Personne ne lui ferait jamais rien. A part son oncle. Son oncle lui aurait déjà donné une fessée et envoyé dans son placard.

Il ne s'apercut que lorsqu'il parla que l'homme s'était baissé face à lui, regardant fixement son nez.

"Je n'ai pas dit ça. J'ai juste été surpris." Il tendit sa main en face de lui et Harry la regarda en fronçant les sourcils. "Je m'appelle Régulus Black, je suis le frère de ton parrain." Et l'homme sourit au grognement que lâcha Severus Snape à ses mots.

Harry sembla un instant décontenancé mais prit tout de même la main de l'homme - c'était cela qu'il fallait faire, il avait déjà vu oncle Vernon le faire avec des invités.-

Cependant il fronça les sourcils. "c'est quoi un 'parrain'?" Et Régulus pinça les lèvres en levant son visage vers Severus. Et Harry se demanda confusément pourquoi il le faisait puisqu'il ne pouvait pas voir l'autre homme. Où alors n'était-il pas aveugle?

"Vous êtes aveugle?" Demanda t-il. Et Régulus tourna de nouveau rapidement son visage sur lui. Bien, peut être que ça, il n'avait pas le droit de le dire. Et dans cette grande maison, il y avait sûrement un placard.

Mais l'aveugle -ou non- ne le réprimanda pas. Il sourit juste et acquiesça. "Oui Harry, je suis aveugle. Dis moi, est ce que je peux toucher ton visage pour voir à quoi tu ressembles?"

Mais Harry fronça les sourcils et recula de plusieurs pas, allant se cacher derrière son professeur de potion. C'était ça! Son oncle lui avait dit que les hommes gentils voulaient toujours des choses en échange; Qu'il devait être trés prudent. Que peut être on voudrait le toucher, ou le déshabiller.

Oncle Vernon lui avait bien dit que les hommes voulaient souvent cela, et que ca faisait trés mal et qu'il ne devait faire confiance à personne d'autre qu'à lui. Il ne devait pas faire confiance aux autres personnes, surtout pas les gens gentils. Il ne devait avoir confiance qu'en oncle Vernon.

"Je veux rentrer chez moi!" Cria t-il. Et il se retint de paniquer, mais les larmes dévalèrent ses joues. Il ne voulait pas avoir mal.

"S'il vous plait." Ajouta t-il. Mais Snape ne fit que s'accroupir devant lui tandis que l'autre homme se relevait. Et Harry sanglota encore un peu plus.

"Potter, il n'y a aucune raison pour que vous ayez peur ici. Personne ne vous fera de mal."

Personne ne te fera de mal Harry. C'est ce que l'on te dira. Et puis ensuite... Alors l'enfant se mit à pleurer et à gémir de quelque chose comme de la terreur, et il recula en criant lorsque Severus, peut être un peu alarmé approcha sa main du gryffondor.

"Severus, que se passe t-il?"

Mais le maître des potions ne répondit pas, trop concentré sur l'air totalement paniqué de Harry. Le hall n'était peut être pas le meilleur endroit pour parler, et la panique du garçon, pas le meilleur état pour s'expliquer. Alors, avant qu'Harry n'ait pu faire le moindre mouvement, Severus leva une fois de plus sa baguette et endormi Harry.

"Il semblerait que cet enfant n'ait pas eu une enfance tout à fait normal." Et sans un effort il souleva le petit garçon et se dirigea vers le salon, Régulus à sa suite.

- & -

Harry était terrorisé. Il ne savait pas ce qui s'était passé entre le moment où il avait eu tellement peur et le moment où il s'était réveillé. Tout ce qu'il savait était qu'il n'était pas nu, et qu'il n'avait pas mal. "Tu es réveillé Harry?" Demanda une voix calme. Plus calme que tout ce qu'il avait entendu auparavant.

Mais l'enfant ne savait pas s'il devait répondre ou pas. " Bon, alors c'est probablement mieux. Je vais t'expliquer quelque chose et je voudrais que, même si tu as peur, tu m'écoutes jusqu'au bout." Il y eut un silence mais Harry ne répondit toujours pas. " Bien, tout d'abord, je sais que ce sera difficile, mais tu dois vraiment comprendre qu'il ne te sera fait aucun mal ici. Ce que tu as vécu dans ta famille quand tu étais petit n'est pas normal. Un enfant a des jouets, fais des bêtises, dort dans une chambre et peut être tenu dans les bras de quelqu'un. Un enfant...Un enfant, Harry, n'a pas à faire tout ce que l'on t'a forcé à faire lorsque tu étais petit."

- & -

Harry Potter n'avait jamais été heureux.

Lorsqu'il était vraiment tout petit, que ses lunettes sur son nez tenaient à peine, et qu'il était enfermé dans son placard, dans le noir, il s'était dit qu'il était trés triste, et que papa viendrait le chercher et le remettre dans son lit et lui donner 'Doudou'. Mais personne n'était jamais venu, et il avait même oublié qu'il avait eu un père un jour, ou une quelconque chose appelée 'doudou'.

Au fur et à mesure, Harry Potter était devenu juste apathique, exécutant ce qu'on lui demandait sans chercher à comprendre pourquoi les autres petits enfants à l'école souriaient et riaient.

Quand il était devenu à peine un peu plus grand, il avait définitivement perdu ce qu'il pensait se souvenir d'avoir ressenti un jour.

Et tout devint normal.

Sauf que maintenant, ce monsieur trés grand lui disait que finalement, ce n'était pas ça du tout, et qu'il avait sûrement dû en fait être trés malheureux.

Et qu'il ne lui ferait pas de mal.

Et là, tout seul sur ce grand sofa, tout recroquevillé, il ne savait pas du tout ce qu'il devait faire, qui croire, pleurer, crier, être en colère ou bien parler.

Il était totalement perdu, et du haut de ses 11 ans à peine, complètement terrorisé.

Parce que plus que tout, Harry Potter avait peur du changement.

Quelque chose avait changé quand il était petit, et il se souvenait que ca avait été difficile et trés triste.

Il entendit le bruit des robes de son professeur bruisser alors qu'il devait s'accroupir au bord du sofa, et une main fine et lente saisit sa petite épaule et le retourna doucement.

Son regard ravagé par les larmes se posa sur l'homme sombre.

Et il renifla.

"Est ce que tu comprends Harry?"

Le petit secoua négativement la tête mais ne semblait plus si terrifié par lui, et Severus soupira de soulagement.

"Est ce que tu serais d'accord pour que je te fasse visiter le manoir?"

Est ce qu'il était d'accord?

"Est ce que...Je..." Mais l'enfant ne trouvait pas ses mots et il serra ses lèvres.

Severus l'aida à s'asseoir sur le sofa et resta face à lui, attendant que la petite chose tremblante se décide à trouver quelque chose comme le courage qui lui avait permit d'entrer à Gryffondor.

Sauf que Harry aurait dû être à Serpentard, et que le Choixpeau l'avait mit là, uniquement parce qu'il avait vu que Harry n'était pas trés heureux, et qu'il était donc préférable qu'il aille dans un endroit heureux.

Harry avait eu beau argumenter que là où il devait normalement être, c'était trés bien, le choixpeau n'avait rien voulu entendre et l'avait mit avec les rouges et or. Et le petit garçon lui en voulait encore.

Il baissa la tête et contempla sagement ses mains.

"Harry?"

Le petit se racla la gorge et releva la tête. Il plissa les yeux. "Je n'ai jamais été heureux." Et il attendait comme un assentissement dans le regard, ou l'attitude du plus grand. Mais rien ne vint qui affirma ou infirma sa question. "Réponds!" S'exclama t-il, embêté. Et Severus fronça les sourcils alors qu'un rire s'élevait de derrière l'homme. Harry sursauta, et posa rapidement ses yeux sur l'homme qui se tenait assis dans un fauteuil de l'autre côté du tapis.

"Qui c'est?" Et ses yeux se posèrent de nouveau sur Severus, qui soupira. "C'est Régulus Black, tu l'as vu lorsque nous sommes arrivés." Harry acquiesça. "Mais c'est qui?" C'est vrai, peu importe que l'homme soit Régulus Black ou n'importe quel autre nom, qui était-il et que faisait-il là?

"Je suis le frère de ton parrain, Sirius Black, le meilleur ami de ton papa, et un ami de Severus. Il s'occupe de moi à cause de mes yeux." Et le professeur Snape grogna.

"C'est qui Severus?" Continua le petit bonhomme. "Moi."

"Ho." Les yeux de Harry pétillèrent. Puis son visage redevint sérieux. "Ce n'était pas normal, le placard?" Ce gosse passait vraiment du coq à l'âne, c'était déconcertant. "Non." Répondit Severus. Et il tenta un sourire rassurant. "Donc je n'ai jamais été heureux." Il y avait quelque chose dans cette question qui semblait tellement important pour l'enfant que Severus chercha un moment la réponse. "Quand tu étais bébé, que ton papa et ta maman était prêt de toi, tu as été heureux."

Mais Harry ne fit que hausser les épaules. "Je m'en souviens pas." Et il avait l'air si triste. "Tu pourras être heureux ici." Leur parvint la voix douce et rassurante de Régulus. Snape fronça les sourcils.

"Mais Harry, être heureux est quelque chose de compliqué." Salazard, comment expliquer à un enfant qu'il n'y a pas une constante sensation de joyeuseté, qu'être heureux est juste un combat perpétuel, assombri plus souvent qu'à son tour par les tristes aléas de la vie.

"Pourquoi?" Le petit garçon pouvait-il comprendre.

Peut être fallait-il qu'il en fasse l'expérience. Expliquer était trop compliqué.

"Peut être...Qu'est ce que tu dirais de visiter la maison maintenant?"

L'enfant hocha la tête et se laissa glisser du sofa, avant de suivre Severus. Mais alors qu'il passait à côté de Régulus, sa main fut emprisonnée dans une bien plus grande, et il releva vivement la tête. "Je ne vois rien du tout, tu peux me guider." Et la voix n'avait vraiment pas l'air de cacher quelque chose - quelque chose de douloureux - et Harry acquiesça, avant de se rendre compte que c'était idiot, puisque le monsieur ne le voyait pas. "D'accord." Et ensemble, ils suivirent Severus.

Le hall, était grand, trés haut, et sombre, mais c'était la nuit et Harry se dit que l'immense fenêtre au dessus de la porte devait apporter beaucoup de lumière à l'entrée et à l'escalier longeant le mur de droite.

Ils venaient du salon, assez petit, mais avec une grande cheminée, un beau tapis blanc et des fauteuils d'un bleu assez sombre. Et Harry se dit qu'il aimait bien ce bleu. Sous l'escalier il y avait une grande porte, encore -tout avait l'air grand ici- et le petit graçon entra dans une immense cuisine trés éclairée par des bougies suspendues à quelque mètres au dessus d'eux. Le plafond, encore une fois, semblait trés loin d'eux. "Est ce que je devrais faire la cuisine?" Demanda t-il. Parce que les meubles étaient étranges et il ne lui semblaient pas trés simples d'atteindre les placard. Severus se retourna et s'accroupit devant lui et Régulus serra un peu plus sa main.

"Harry, ici tu n'auras rien à faire d'accord. Un petit garçon n'a pas à faire la cuisine, ni laver le sol, ni rien qui concerne l'entretien d'une maison. Juste ranger sa chambre quand il y a trop de jouet partout, tu comprends." Harry haussa les épaules. "Pas vraiment." Répondit-il honnêtement. Et Severus ébouriffa ses cheveux en pinçant les lèvres. "Tu comprendras, je te promets que tu comprendras."

La salle à manger était adjacente au salon et à la cuisine, puis l'escalier donnait sur un couloir plein de portes éclairé par de grands chandeliers. Et Severus ouvrit celle qui était la plus éloigné.

Grand. Mais trés jolie. Un petit lit, plus petit que son lit à Poudlard, était collé contre le mur du fond de la pièce, et deux grandes fenêtre prenait presque un des deux autres murs entier. Il y avait un petit bureau, un grand tapis à l'air moelleux et des jouets et des nounours. Harry fronça les sourcils. Heureusement que le lit n'était pas aussi grand. Il dormait trés mal dans des lits trop grand. "C'est ta chambre." Lui parvint la voix de Severus.

Et Harry réalisa qu'en quelques semaines, il était passé du statut de normal chez son oncle, à normal chez ces gens là, et il ne savait pas bien ce qui était le mieux ou bien le plus normal.

C'était fatiguant, même pour un petit garçon de onze ans relativement intelligent.

Mais puisque maintenant il était ici, il pensa que ce serait peut être facile de faire un effort. Alors il avança dans la pièce et alla s'asseoir sur son lit.

"Est ce que..." Il réfléchit et Severus et Régulus pénètrèrent dans la pièce. "Est ce que je vais être heureux?"

Snape soupira et Régulus rit. "On fera tout pour que tu sois bien et heureux ici Harry. Est ce que tu penses que tu peux l'être avec nous?"

Le petit garçon les observa un moment, machouillant sa lèvre puis fronça les sourcils. " C'est qui Sirius Black?" Lança t-il d'un seul coup surprenant les deux hommes. "Ho, c'est ton parrain." " Régulus" Severus lança un regard froid à l'autre adulte et Harry se dit que son professeur était un peu idiot, parce que 'Régulus' était aveugle et ne pouvait pas le voir, mais bizarrement le garçon eut l'impression que si, ou du moins 'Régulus' l'avait-il ressenti parce qu'il se retourna et plongea ses yeux morts dans ceux trés sombres du Professeur Snape.

"Il ne sera pas comme les autres, je refuse que lui croit à tout ça. Sirius est innocent Severus."

"Mais es-tu obligé d'en parler maintenant? Comment vas-tu lui expliquer où il est?"

Et la réalité sembla frapper l'aveugle. Et Harry s'agaça. "Est-ce qu'ignorer quelqu'un est normal?" Severus grogna encore une fois et se tourna vers Harry. "Parfois, les grandes personnes ont des choses à se dire, et comme c'est important, il est possible de laisser simplement la plus jeune personne attendre." Tenta de lui expliquer l'homme. Et il semblait vraiment embêté et Harry se mit en colère.

"Et bien je viens de poser une question non? Est-ce que c'est poli ou je ne sais pas trop quoi de ne pas répondre à une question? Est-ce que c'est normal? Ou est-ce que c'est parce que je suis un enfant que je suis moins intéressant?"

Et Harry était vraiment en colère. Ses yeux étaient devenus sombres et il pincait les lèvres. Severus allait se tapper la tête contre le mur de la chambre lorsque Régulus passa devant lui et s'avanca nonchalemment - comme si il y voyait quelque chose, et cela surprit Harry - jusqu'au petit lit, sur lequel il s'assit au côté du petit survivant. Le gosse était en colère, mais il cachait surtout ses angoisses sous couverts d'autres choses. " Tu as beaucoup de question, n'est ce pas Harry?"

"J'ai juste posé une question, et vous n'avez pas répondu, comme si je n'étais pas là. Je n'ai jamais posé de question chez mon oncle et ma tante, mais le résultat est presque le même en fait. Alors, je ne vois pas bien ce que vous voulez que je fasses ici, si finalement vous êtes pareil." Il y eut un silence, et Harry croisa les bras. " Et si vous l'êtes, je vois pas ce que je fais ici, et je veux rentrer à la maison."

Et Severus qui avait choisi de laisser Régulus s'expliquer passa une main las dans ses cheveux. "Harry, nous t'avons expliqué tout à l'heure que..."

"JE SAIS ce que vous m'avez expliqué." L'interrompit Harry, se jetant du lit pour se mettre debout, ses petites mains encore enfantines serrés en deux poings au bout de ses bras raides de colère. "Vous m'avez dit des choses sur 'être heureux' et 'vivre comme un enfant normal avec des jouets', mais j'ai onze ans! C'est trop tard tout ça non? Alors qu'est ce que vous voulez? Moi je veux bien jouer à ce jeux si vous voulez. Si vous voulez que je souries, je peux sourire, regardez." Et il sembla se calmer instantanément et offrit un sourire adorable, plein de contentement et d'émerveillement. "Je peux mettre du désordre dans ma chambre, pour que vous puissez me dire ensuite gentiment de la ranger parce qu'un enfant range sa chambre, parce que c'est à peu près la seule chose qu'un enfant devrait normalement faire." Et en disant cela, il avait attrapé quelques peluches, et les jetait par terre, recouvrant la moquette verte et le plancher sombre d'un amas de divers jouets pour enfant. "Je peux aussi faire comme si tout allait bien et que j'étais content et que finalement je pouvais vivre normalement."

"Harry." Et ce devait être la dixième fois que Régulus tentait de l'appeler mais le garçon était tellement pris par sa fureur qu'il n'y faisait pas attention.

"Et alors, quand vous serez sûr que je suis un enfant normal, vous n'aurez plus rien à faire, n'est ce pas? Et alors, qu'est ce que je deviendrais? J'ai onze ans! Onze ans! Vous croyiez que quand j'irais mieux - comme si j'étais atteint d'une foutu maladie - vous pourrez me relâcher simplement dans la nature! Vous croyez que je suis juste un petit enfant malheureux, que je ne me suis jamais apercu que les autres avaient toujours quelque chose comme des étincelles dans les yeux, quelque chose qui les faisait 'être heureux'?! Mais personne n'a semblé penser que ce n'était pas forcément normal que je ne sois pas comme ça. Alors pourquoi ça ne le serait pas. Peut être que j'ai fait quelque chose de vraiment mal et que je suis puni maintenant, et que je n'ai juste PAS LE DROIT d'avoir tout ça. D'être comme vous voulez. Oncle Vernon a dit que je devrais les remercier, lui et tante Pétunia, d'être toujours là pour moi. Et c'est VRAI, personne d'autre n'a été là, jamais!"

Et il se tue. Et sa bouche tremblait légèrement mais lui même, cet enfant, semblait un peu plus grand qu'il ne l'était il y a quelques instants. Probablement était-ce du au fait qu'en réalité il n'était PAS finalement si totalement dépressif, comme Severus et Albus l'avait d'abord pensés, ou peut être était-ce parce qu'il venait de tenir un discours de petit garçon assez instruit, ce que ni Severus, ni Albus n'aurait pu soupçonner. Et c'est ce qui laissa Severus muet quelques instants.

"Tu nous a nous maintenant, Harry. Et nous n'allons pas te laisser quand tu iras mieux." Laissa finalement tomber Régulus, et il regardait fixement en direction du garçon dont les cheveux noirs avaient glissés devant les yeux.

"C'est quoi un parrain?" La voix du survivant était buté et mécontente et Régulus allait répondre lorsque Severus posa sa main sur son épaule, les sourcils froncés et Harry le fusilla du regard pour avoir empêché le monsieur aveugle d'expliquer.

- Et n'importe comment, c'était ça le problème. -

"Tu sais ce qu'est un parrain, n'est ce pas Harry?" Demanda alors Severus.

Et alors Harry perdit les quelques ombres roses qui coloraient ses pomettes et son visage sembla s'affaisser sous ses cheveux, ses bras qu'il tenait croisés contre son torse, tombèrent le long de son corps et son regard se fit fatigué et suppliant.

"Je voudrais juste rentrer chez moi." Et sa voix était saccadée, pas de peine, ni de colère, juste pleine de lassitude, juste bien articulé pour bien se faire comprendre.

"C'est impossible Harry."

Et le gamin arrêta de résister et éclata en sanglot, tremblant de la tête aux pieds.

Et relevant ses yeux verts embués sur Severus, il parla d'une petite voix vraiment trés triste.

"Alors s'il vous plait, monsieur, laissez moi rester dans un placard."


Et point final pour le deuxième chapitre.

J'ai adoré l'écrire. J'adore décrire Harry, faire parler et réagir Harry. C'est un sujet de psychologie infantile vraiment sympa. Harry n'a jamais pu s'exprimer chez lui, ni apprendre comment réagir, comment être mesuré, retenu ou toutes les autres choses. Mais il est un petit garçon intelligent, qui sait réfléchir et parler. Il a compris que personne n'était là pour lui quand il était chez les Dursley, mais il est allé à l'école et a bien vu que ce n'était pas comme ça chez les autres, mais chez lui, il ne pouvait pas faire autrement, personne n'était là pour le défendre ensuite, alors il s'est accoutumé.

Si vous pensez que mon Harry est trop éloquent et intelligent, et bien revoyez votre jugement sur les gamin de onze ans...J'ai été la baby sitter pendant 1 an de deux horribles monstres de cet âge, et intelligent et éloquent je peux vous jurer que les mômes de onze-douze ans ( eux, et leurs copains !) le sont, et plutôt deux fois qu'une. (Mon dieu, j'en fais encore des cauchemars : ))

Voilà, c'était juste pour faire le point.

Je vous remercie bien fort de toutes vos reviews.

Grosses bises.

Blibl'