Titre: Resurgens lux ( la renaissance du jour)

Auteur: Na-chan, dans un – rare – élan d'inspiration

Genre: embrouillage temporel, sérieux, aventure, romance, yaoi et mpreg plus tard!

Pairings: Lily James – et nan, toujours rien de nouveau!

Disclaimer: Je ne possède que Gab', Andranik et Alexandre, et je les revendique haut et fort! lol

Note de l'auteur : Merci beaucoup pour les reviews que vous m'avez laissés, et désolée pour le retard. Et merci à Pauline, Gwladys Evans, jennie944, sweety pour leur review !! (si j'ai fait une erreur dans l'orthographe du prénom, me trucidez pas, merci)

ResurgensLux

Chapitre 4:

Harry poussa un profond soupir et ferma les yeux, ne souhaitant qu'une chose à ce moment: s'allonger et dormir.

Ses yeux le brûlaient atrocement, une vague de fatigue tentait de l'emporter au loin et chaque muscle de son corps avait décidé de protester contre la dose de véritaserum ayant circulé dans son sang.

La douleur semblait prendre naissance derrière ses paupières closes dans une explosion de blanc, rendant peu à peu les ténèbres de son esprit immaculées et brûlant au passage son cerveau. Il espérait juste que c'était remédiable...

- Ca va? Demanda gentiment Alexandre en posant une main sur son épaule, l'inquiétude clairement exprimée dans sa voix.

- Laisse-moi juste quelques minutes, répondit-il dans un murmure.

Une heure. L'interrogatoire avait duré une heure durant. Non seulement Albus Dumbledore le regardait et analysait chacune de ses réponses et son comportement, mais Severus Snape faisait de même également. En effet, il n'était pas dupe sur la raison de la présence du maître de Potions. Bien sûr, il y avait un risque à ce que la personne à qui vous faisiez prendre du véritaserum réagisse mal à la potion, mais il était extrêmement faible et presque inexistant chez les adultes. Le professeur Snape était plus présent en sa qualité d'espion que de spécialiste en son domaine.

Cela avait commencé doucement. Selyan était-il son vrai nom? ("oui") Quel âge avait-il? ("20 ans depuis peu") Pourquoi ne souhaitait-il pas révéler son identité? ("pour protéger ma famille qui n'accepterait pas ma position") Y avait-il un mangemort parmi ses proches? ("pas à ma connaissance") Comment connaissez-vous Alexandre? ("je le connais depuis que je suis tout petit mais je n'ai vraiment commencé à lui parler que récemment") Pouvons-nous vous faire confiance? ("aussi longtemps que vous œuvrez à la perte de Voldemort, je serai de votre côté")

Et ainsi de suite, jusqu'à ce que les questions soient de plus en plus restreintes et qu'il lui soit quasiment impossible de modifier la réalité. Quelles études avait-il suivi pour lui permettre de croire qu'il serait utile en temps de guerre? ("j'ai suivi plus ou moins le même parcours qu'un Auror"). A quelle école était-il allé? ("j'étais un de vos élèves, professeur Dumbledore!") Et ainsi de suite.

- Etes-vous satisfait maintenant? Questionna-t-il finalement, les paupières toujours closes.

- Très, lui répondit le Directeur d'une voix telle qu'il pouvait imaginer sans peine le sourire étirant ses lèvres. Nous n'avons plus qu'à nous mettre d'accord sur une date pour votre "test physique" et nous pourrons enfin parler sérieusement!

Harry retint un grognement. Ces fichus tests étaient presque impossibles à passer – et le vieux fou en face de lui le savait tout aussi bien – et il n'exagérait en rien, ayant de nombreuses fois observé ces examens et même participé à l'épreuve de plusieurs nouveaux candidats.

Bien sûr, le fait qu'il ait proposé de lui-même d'ingérer le sérum de vérité jouait en sa faveur, mais c'était loin d'être suffisant. S'il passait ce fameux test, il aurait encore une longue période probatoire durant laquelle un membre permanent de l'Ordre lui serait affecté et il n'aurait accès qu'à quelques informations de base.

Et dire que sa qualité de "Survivant" lui avait ouvert de nombreuses portes qu'il allait maintenant devoir travailler dur à ne serait-ce qu'entrouvrir, même avec l'appui d'Alexandre...

Il décida enfin de se secouer et proposa au Directeur une date quelconque la semaine suivante. Et il ne savait même pas comment il allait pouvoir passer outre ses parents...

Il se tourna ensuite vers le maître de Potions, et le remercia, recevant comme seule réponse un sourcil haussé en signe de surprise.

- Je voulais vous remercier de bien avoir voulu accorder un peu de votre temps à superviser mon "interrogatoire", précisa-t-il alors dans un sourire.

Et, sans attendre une réponse – qui ne viendrait de toute façon pas – il focalisa de nouveau son attention sur son ancien mentor, le salua, fit de même avec les deux autres hommes et jeta une poignée de poudre de cheminette dans l'âtre, s'y engouffrant juste après pour rejoindre les Trois Balais.

Une fois qu'il eut disparu parmi les flammes, Alexandre se retourna vers son vieil ami.

- Alors, qu'en pensez-vous Albus?

Et le vieux Directeur lui sourit, ses yeux pétillant de malice.

oOo

Harry transplana en face des barrières entourant la forêt et avala sans plus attendre la potion qu'Alexandre lui avait fournie en même temps que les deux premières. Son apparence se retransforma aussitôt et il reprit sa taille d'enfant.

Puis il leva un regard las sur les protections transparentes qu'il devrait passer. Même s'il ne les voyait pas, il pouvait les sentir et ce ne serait certainement pas en les fixant qu'elles disparaîtraient.

Bien sûr, il pouvait les désactiver, mais ce serait fatiguant, long, fatiguant, utiliserait beaucoup de magie – et avait-il dit que ce serait fatiguant?

Avec un soupir, il se résolut à se faire passer un savon et rentra tout simplement dans la forêt comme si de rien n'était.

Quelques instants à peine plus tard, sa mère apparut à ses côtés, la baguette à la main et prête à l'emploi.

Elle la baissa dès qu'elle l'aperçut, mais ses yeux se mirent à étinceler de colère. Il tenta de lever un regard innocent et apeuré vers Lily, mais elle y semblait déjà immunisée. Aussi n'eut-il d'autres choix que de se résoudre à subir, sans un mot, l'engueulade à laquelle il savait ne pas pouvoir échapper.

oOo

Il était monté dans sa chambre dès qu'ils étaient rentrés chez eux. A peine s'était-il allongé qu'il dormait déjà, ayant vaguement conscience de son environnement.

Vers huit heures du soir, il n'entendit même pas James entrer dans sa chambre. Ses paupières ne s'ouvrirent qu'au moment où celui-ci le secoua doucement.

- Et ben alors bonhomme, lui sourit gentiment son père.

Harry se frotta les yeux puis s'étira, tentant de se sortir des bras de Morphée.

- Kekia?

- C'est l'heure de manger.

Le repas s'était déroulé dans la bonne humeur. Gabrielle, voyant qu'il ne l'embêtait pas comme il en avait pris l'habitude, essayait de piquer des morceaux de poulet dans son assiette. Aussi n'eut-il d'autres choix que de se venger en mangeant ses pommes de terre!

Sa mère monta ensuite coucher sa petite sœur et son père se tourna vers lui, prêt à avoir une conversation sérieuse.

- Écoute Harry, il faut qu'on parle sérieusement.

- Papa, coupa-t-il aussitôt. Je sais! Maman m'a expliqué tout à l'heure et... et je suis vraiment désolé. Je ne regardais pas où j'allais et quand je m'en suis rendu compte, je suis rentré dans la forêt aussitôt. Excuse-moi d'être sorti mais je te jure que je ne l'ai pas fait exprès!

- Ce n'est pas simplement le fait que tu sois sorti alors que tu n'en avais pas le droit. Il faut que tu te rendes compte que c'est dangereux. Je... Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose Harry, je ne le supporterai pas.

Le plus jeune recula sa chaise et monta sur les genoux de son père pour lui faire un câlin.

- Je te promets papa, je te le jure, que je ferai tout mon possible pour ne pas me mettre en danger.

James resserra son étreinte sur son fils, faisant abstraction de la petite voix qui lui disait trouver étrange la réaction de Harry.

oOo

- Bonjour mon ange, sourit Alexandre en rentrant dans le salon alors que son petit-fils sortait de la cheminée. J'aurais pensé te voir plus tôt.

Harry lui adressa une grimace avant de frotter ses vêtements salis par la suie.

- J'ai été privé de sortie ces trois derniers jours.

Son grand-père éclata de rire avant de lui ébouriffer gentiment les cheveux. La moue qu'il arborait était adorable.

- Qu'est-ce que tu as fait cette fois-ci?

- Ca veut dire quoi ça?! S'indigna le plus jeune, croisant les bras sur sa poitrine d'une façon qui, s'il avait eu sa taille normale, aurait pu paraître menaçante.

Alexandre ne fit qu'éclater de rire de nouveau, d'une manière étrangement contagieuse.

Ils allèrent ensuite s'installer tous deux dans la cuisine, autour d'un bol de chocolat chaud, alors que Harry lui racontait ce qui s'était passé.

- Et donc du coup, papa et maman sont remontés contre moi. Ce qui signifie que je n'irai pas chercher ma baguette avant au moins une semaine encore. Je vais donc devoir passer ce fichu test sans ma baguette... chuis foutu!

- Tu veux que je te prête la mienne?

Harry soupira et secoua négativement la tête.

- Albus risquerait de la reconnaître... et ce ne serait pas ma baguette.

Alexandre acquiesça sans un mot et tous deux se plongèrent dans leurs propres pensées, laissant le silence s'installer peu à peu.

Puis:

- J'avoue que ce n'est pas ce qui me préoccupe le plus pour le moment, soupira Harry. Je ne sais pas vraiment comment je pourrai me débarrasser de mes parents pour me rendre là-bas. Lily vérifie toutes les heures que je suis bien dans ma chambre maintenant!

- J'ai une solution à ça au moins, sourit Alexandre.

Il se tut un moment, laissant son petit-fils l'observer avec de plus en plus d'impatience. Il ne se remit à parler que lorsque celui-ci le fusilla du regard.

- J'ai eu une réunion avec l'Ordre dernièrement. Je sais plus ou moins de quoi tu es capable alors j'ai proposé de laisser ma place à d'autres membres pour t'observer lors du test. James et Lily s'y rendront donc, tout comme Sirius et Rémus. Je serai donc celui qui vous gardera – toi, Gab' et Andranik!

- Wohohoho!! Merci grand-père!!

- Reconnais mon génie! Sourit celui-ci.

- Je m'incline devant toi, lança-t-il respectueusement.

oOo

Tout au long de la semaine, lui et Alexandre avaient travaillé sur la ceinture de médicomage qu'il avait reçue lors de son anniversaire. Harry avait lancé un sort qui modifiait légèrement son apparence, pour éviter tout rapprochement inexplicable. Puis le guérisseur avait enlevé un à un les sorts qu'il avait posés sur ce qui avait été son principal outil de travail pendant des années et avait appris à son petit-fils à les replacer de lui-même. Ils avaient travaillé sur la vitesse à laquelle il devait jongler avec les différents sortilèges jusqu'à parvenir à un niveau satisfaisant. ("Grand-pèèèère, si tu continues à m'entraîner comme ça, je vais mouru avant le test de Dubmy!" "Si tu arrives encore à te plaindre, c'est que je ne suis pas encore assez sévère!" "Iiiips!")

Et le fameux jour était arrivé. James et Lily l'avaient déposé, en même temps que sa petite soeur, à Mirth's blossom, avant de repartir aussitôt. Et Andranik n'allait pas tarder à arriver à son tour.

- N'oublie pas, murmura Alexandre en lui tendant sa ceinture, dernier accessoire qu'il devait ajouter à sa tenue, les deux potions ne durent que deux heures et demie. Si tu vois que le test traîne trop en longueur, n'hésite pas à reprendre de la potion, et discrètement!

- Oui, grand-père! Sourit Harry, amusé de voir celui-ci plus stressé que lui (peut-être pas plus stressé, disons juste que lui le cachait mieux...)

- Allez file, sale gamin! Et fais gaffe à toi.

Ce fut alors un homme de vingt ans aux cheveux blonds et aux yeux vert pomme, habillé tout de noir qui quitta cette maison, pour disparaître juste après avoir dépassé les barrières anti-transplanage.

oOo

Après un quart d'heure de marche, Harry arriva enfin en vue de Poudlard. L'énorme bâtisse se dressait dans toute sa splendeur devant lui, le surplombant de sa taille et le protégeant de son ombre.

Un sourire heureux apparut sur ses lèvres. Il avait l'impression que le bâtiment, lui, se souvenait des années qu'il avait passées ici. Et c'était rassurant, aussi stupide que cela puisse paraître.

- Selyan, nous vous attendions, sourit le professeur Dumbledore en l'apercevant. Vous êtes juste à l'heure, mon garçon, ajouta-t-il après un coup d'œil à sa montre.

Le Directeur était devant Poudlard, près de la lisière de la forêt interdite, à côté de nombreux sorciers.

- Laissez-moi vous présenter Minerva McGonagall, notre professeur de métamorphoses, ainsi que Lily Potter, qui enseigne les Sortilèges, vous connaissez déjà Severus Snape.

Il serra la main aux deux sorcières et adressa un signe de tête au dernier, qui le lui rendit froidement.

- Voici Sirius Black, et James Potter. Deux aurors qui vont l'année prochaine assurer la sécurité de cette école. Je vous présente Rémus Lupin. Et enfin Bill Weasley, une de nos nouvelles recrues.

Il salua les quatre hommes avant de dévisager l'aîné de la famille Weasley. Quel âge avait-il à cette époque? Pas plus de vingt ans... Bill était devenu un de ses partenaires habituels lors des missions de l'Ordre, aussi connaissait-il sa façon de se battre et savait-il s'y adapter parfaitement. Il allait devoir faire attention à ses vieilles habitudes: ce Bill-ci n'avait pas autant d'expériences que "le sien".

- Je vais vous demander de me remettre votre baguette pour la première partie du test, lui demanda Albus en souriant, prêt à essuyer un refus.

- En parlant de ma baguette...

Harry leur adressa un sourire gêné en voyant que tous les regards s'étaient braqués sur lui.

- J'ai eu un... problème avec cette semaine et j'ai malheureusement dû la confier à un ami le temps qu'elle soit réparée. Je suis désolé de ne pas vous avoir prévenus.

- Je suppose que vous n'avez aucune objection à subir le test physique aujourd'hui tout de même? Questionna le Directeur, de nouveau prêt à entendre une réponse négative.

- Aucune, lui assura Harry, les yeux pétillants de malice face à l'ébahissement du vieux sorcier.

- Et bien, commençons sans plus attendre mon garçon! Nous vous attendrons ici.

Le Directeur lui lança un tire-bouchon qu'il attrapa sans hésiter au vol. La sensation habituelle d'un voyage par portoloin se fit aussitôt sentir.

Quelques secondes à peine plus tard, il se trouvait à l'intérieur même de la forêt interdite. Quant à savoir où...

Il regarda autour de lui, sans réussir à se repérer. Sans plus attendre, il grimpa à l'arbre le plus proche et s'arrêta à mi-hauteur, là où il était dissimulé par les feuilles et là où il n'y avait pas trop de bestioles dangereuses.

Il ferma les yeux et se concentra sur son environnement. Il se trouvait près de la fosse à Acromantulas, qu'il pourrait malgré tout facilement éviter. Ce qui le préoccupait le plus était la présence qu'il sentait à quelques dizaines de mètres de lui. Celle-ci devait probablement le surveiller, mais la question était: était-il censé la repérer ou non? Soit faisait-elle partie du test ou était-elle seulement là pour l'observer?

Il ancra fermement la présence de cette personne dans son esprit – qui semblait vaguement familière sans qu'il n'arrive à la replacer – de telle sorte qu'il sache où elle se trouvait, tout du moins aussi longtemps qu'elle restait relativement proche.

Une fois cela fait, il rejoignit la terre ferme et se mit à avancer sans hésiter. Il avait passé de nombreuses nuits dans la Forêt Interdite, que ce soit pendant les années où il était élève et insomniaque ou encore après, durant son entraînement, aussi n'avait-il pas trop de mal à se repérer.

Il avait presque dépassé la fosse – en ayant dû se cacher deux ou trois fois pour éviter de se faire repérer – lorsque ses sens l'informèrent d'un danger. Il se concentra aussitôt, pour découvrir quelle était la source de ce pressentiment. C'était la présence qu'il avait perçue qui semblait en mauvaise posture. Sans avoir besoin de se demander si son intervention faisait partie du test ou non, il se dirigea aussitôt vers elle pour l'aider – ce devait être son côté "gryffondor stupide".

Il arracha une branche de l'un des arbres pour s'en servir comme arme et sauta sans plus penser dans la fosse des Acromentulas – en plus d'être stupide, il devait être suicidaire...

Les araignées se jetèrent aussitôt sur lui, et il regretta amèrement de ne pas avoir sa baguette. Et dire qu'il aurait pu s'en débarrasser tellement plus facilement... Il attrapa son arme improvisée à deux mains et la fit tournoyer sans plus attendre autour de lui.

Il avait appris à se battre en toute occasion durant sa formation accélérée d'Aurors et avait continué à s'entraîner par après, de telle sorte qu'il parvenait maintenant à faire circuler sa magie dans presque n'importe quelle arme.

Son bâton luisait doucement et était plus tranchant qu'une épée.

Le combat lui sembla durer une éternité, à chaque monstre qu'il parvenait à neutraliser, deux voire trois autres apparaissaient. Et ils continuaient à arriver...

Dès qu'il fut assez proche de celui qui devait l'observer, il lui fit passer un bras autour de ses épaules et ils purent alors battre en retraite, lui servant d'appui à l'autre.

- Ca va aller? Souffla-t-il à l'inconnu.

Tant qu'il n'avait personne à protéger, la branche lui convenait très bien comme arme. Seulement maintenant, elle semblait le handicaper plus que toute autre chose, vu que les araignées pouvaient s'approcher assez pour blesser l'homme à ses côtés.

- Je me suis fait avoir, lui répondit-il, d'une voix saccadée. Et comme les morsures sont venimeuses...

- Je vais vous sortir de là, assura-t-il avant de lancer la branche au loin.

Il se concentra et dressa rapidement un bouclier répulsif. Celui-ci ne tiendrait que quelques dizaines de secondes et puiserait dans ses réserves magiques mais il leur offrirait un répit nécessaire.

Ils se mirent tous deux à courir, lui supportant la quasi totalité du poids de son allié (?).

Le sang lui battait les tempes et l'adrénaline circulait maintenant dans tout son système sanguin. Il savait qu'il s'éloignait de la sortie de la forêt interdite, mais c'était par cette direction qu'il arriverait à mettre le plus rapidement possible une distance suffisante entre les Acromantulas et lui.

Ils ne s'arrêtèrent que de longues minutes plus tard. Il ne parvenait pas à sentir d'araignées près d'eux et l'homme à ses côtés était à bout de souffle, aussi l'aida-t-il précautionneusement à s'asseoir contre un tronc d'arbre.

Il s'agenouilla aussitôt en face de lui et posa une main sur sa poitrine, les yeux fermés, faisant son possible pour repérer les dégâts qu'avait eus le temps de faire le poison.

Il repéra alors de nombreuses tâches plus sombres dans la silhouette que sa magie avait imposé à son esprit, celles-ci correspondaient aux endroits les plus infectés. Cela risquait de faire un peu juste le temps qu'ils parviennent à l'infirmerie...

Il écarta alors les pans de sa cape et attrapa une des nombreuses fioles précieusement gardées dans sa ceinture. Ses doigts se teintèrent d'une lueur bleue, qui se transmit aussitôt au verre, signe qu'il retirait les sortilèges qu'il avait posés sur le flacon. Une fois cela fait, il retira le bouchon de ses dents et apporta la potion aux lèvres de l'autre homme, la lui faisant avaler.

Celui-ci se laissa faire et ferma les yeux, lui laissant tout le loisir d'observer son visage. Il était en fait assez quelconque, la mâchoire un peu carrée, des pommettes bien dessinées et des cheveux bruns mi-longs. D'après la forme de son visage, il lui donnait une trentaine d'années mais il n'aurait pu apporter plus de précisions.

Dommage que plusieurs sortilèges dissimulaient sa véritable apparence et que ceci n'était qu'un masque. Il fronça les sourcils, alors qu'il était incapable de voir à travers. Pourtant il était sûr de le connaître...

- Ca va aller? Demanda-t-il gentiment lorsqu'il le vit rouvrir les paupières.

L'homme le dévisagea un moment puis lui sourit, d'une manière quelque peu sarcastique et en même temps satisfaite.

- Vous avez passé la première partie du test, Selyan.

Et ses doigts glissèrent autour de l'anneau qui pendait autour de son cou, se refermant dessus. Il disparut alors, sous l'utilisation d'un autre portoloin.

Pourquoi n'était-il pas surpris...?

Et dire qu'il avait utilisé une potion pour rien, pensa-t-il en se relevant. Il frotta distraitement ses vêtements et se remit en route. Une partie de lui restait concentrée sur son environnement alors que l'autre était tournée à l'intérieur de lui, "favorisant" quelque peu la régénération de sa magie.

Il dut s'échapper des racines d'un arbre qui avait décidé de faire de lui son petit déjeuner, se débarrasser d'un groupe d'êtres des bois – joueurs, cruels et très collants – et semer une harpie qui semblait apprécier sa personne – pourquoi attirait-il les dingues?

En somme, il s'en sortit plutôt pas mal et arriva à retrouver le groupe de sorciers en une vingtaine de minutes.

- Selyan, nous ne vous attendions pas de sitôt, sourit Albus en l'apercevant et en lui faisant signe de les rejoindre.

Une table sur laquelle avaient été placées boissons et nourriture se trouvait maintenant en lisière de forêt, où tous semblaient s'amuser autour d'une sorte de chaudron vert et déformé – qui avait sans nul doute servi à retransmettre les images de sa traversée de la forêt. Mais l'homme qui l'avait testé n'était pas présent...

Il savait qu'il n'avait pas l'air au mieux de sa forme: ses vêtements avaient été chiffonnés suite à la course-poursuite avec les Acramantulas et l'un des êtres de la forêt avait déchiré la manche gauche de sa robe. Malgré cela, personne ne sembla y faire attention.

Il attrapa un verre de jus de citrouille qu'il sirota doucement en écoutant les conversations autour de lui, principalement centrées sur la rentrée à venir et les changements apportés cette année.

- Selyan?

A l'appel de son nom, Harry se tourna vers le Directeur.

- J'ai reconnu votre valeur lorsque vous avez sauvé sans hésiter l'un des nôtres. Mais nous ne savons rien de vos performances. Severus Snape, avec qui vous serez peut-être couplé, désire connaître votre niveau. Ce sera alors à lui que reviendra la décision de vous accepter ou non.

Il se doutait bien que le test avait été relativement facile, et que cela ne pouvait se finir ainsi. Après tout, quoi de mieux qu'un duel avec l'une des personnes les plus douées en combat qu'il connaisse? (et vu le nombre d'experts qu'il connaissait, ce n'était pas peu dire)

Ce fut donc la raison pour laquelle ils se trouvèrent quelques minutes plus tard sur le terrain de Quidditch, lui en face de l'espion et les autres assis dans les gradins.

Ils se saluèrent formellement avant de reculer chacun de cinq pas. Enfin, ils se firent face, prêts à envoyer un sort à tout moment.

L'attente ne fut pas longue. Ce fut Harry qui la brisa en envoyant un simple sortilège d'expelliarmus – et sans baguettes s'il vous plaît – auquel son adversaire répondit d'un protego nonchalant. C'était légèrement vexant lorsque la personne que vous affrontiez avait l'air de s'ennuyer autant.

Il vit le mouvement que Severus exécuta avec sa baguette – celui-ci ne devait pas encore le considérer comme "digne d'intérêt" – et reconnut aussitôt un stupefix. Il fit donc semblant d'échapper au sort de justesse – se recevant un reniflement de mépris – et en profita pour lancer un sortilège d'attraction qui passa inaperçu aux yeux de tous. Enfin presque tous, il avait un doute aux vues des sourires qu'arboraient James et Sirius.

La baguette de Lily lui sauta des mains avant qu'elle ne puisse réagir et le Survivant – pouvait-on vraiment encore le nommer ainsi alors qu'il était vraisemblablement mort après son combat contre Voldemort? – l'attrapa sans attendre.

Le rictus du professeur de Potions se modifia légèrement et il crut même voir une lueur d'intérêt dans son regard, brève, certes, mais présente.

Ils se mirent alors à se lancer des sorts l'un à la suite de l'autre. L'un en cachant parfois un deuxième et même encore un troisième. Le terrain de Quidditch devint la cible de multiples éclats de couleurs – dont le plus récurrent restait cependant celui, bleu, caractéristique d'un protego – et même d'éclats pour le moins... surprenants. Comment réagir face à un sortilège violet entouré d'une jolie couleur orange aux reflets marron? A vrai dire, Harry n'était pas certain que son adversaire ait reconnu le sortilège servant à rendre la peinture des affiches multicolore et illuminée, vu que celui-ci avait prudemment esquivé son maléfice.

Ils se battirent ainsi pendant une dizaine de minutes. Le Gryffondor trouvait cela plutôt plaisant, assez satisfaisant même.

Puis vint le moment où il fit une erreur, ainsi ne vit-il pas le troisième sortilège qu'avait lancé à la suite Severus, occupé qu'il était à dresser un bouclier contre le stupefix et à esquiver le sectusempra – ce sort lui donnait encore des frissons dans le dos!

Il perdit alors son équilibre lorsque deux mains d'argile sortirent de la terre pour lui attraper les chevilles, l'empêchant de faire le moindre pas.

Il se lança préventivement un protego et s'accroupit prudemment, prêt à lever sa baguette à tout moment pour contrer un sortilège. Alors ses mains se mirent à briller doucement, signe qu'il réunissait sa magie. Le moyen le plus rapide pour faire sauter un sortilège était encore de remonter à sa source pour le réduire à néant, à moins de savoir le contre-sort – ce qui n'était pas le cas.

Il vit la barrière de terre craqueler, prête à lâcher, avant de se reformer, plus solidement qu'avant. Il jura et augmenta la puissance de sa magie. Le sortilège lâcha enfin en explosant, et il dut se protéger le visage pour éviter qu'un éclat n'abîme ses yeux.

Il se releva enfin, libre de ses mouvements.

Il vit alors son adversaire, qui était loin d'avoir perdu son temps. Du sang coulait le long de ses doigts, provenant d'une entaille au niveau de sa paume, pour rejoindre le sol du terrain de Quidditch. Des silhouettes commençaient déjà à se former autour de lui, signes avant-coureurs de sa prochaine défaite.

Il était dans la merdeuh!!

Bon, il n'avait plus qu'une solution, même s'il détestait avoir recours à ce maléfice.

Sans plus attendre, il mordit violemment son pouce, déchirant sa peau jusqu'à ce que le goût du sang emplisse sa bouche. Il appuya aussitôt sur la plaie, jusqu'à ce que le sol se soit imprégné de nombreuses gouttes.

Il se mit alors à psalmodier, les paroles lui revenant à l'esprit au fer et à mesure qu'elles s'écoulaient de sa bouche.

Ses souvenirs lui revinrent en mémoire, et il fut obligé de vivre une fois de plus la bataille qui avait eu lieu à Poudlard. Des ombres se formèrent à ses côtés, le représentant lui, ainsi que Albus, mais aussi de nombreux autres membres de l'ordre du Phénix, puissants et effrayants, de grands guerriers. Qui avaient péri un par un dans une guerre trop violente.

Seuls lui reconnaîtraient ces sorciers, mais ce n'en était pas moins un hommage à sa manière.

Les souvenirs, matérialisés par son esprit et celui de son vis-vis, se rencontrèrent alors, se mirent à se battre dans un horrible conflit où la mort de l'une de ces "silhouettes" équivalait à une affreuse souffrance, aussi bien morale que physique.

Les membres de l'Ordre observèrent, époustouflés, le combat ayant lieu sous leurs yeux.

Le maléfice qu'ils avaient tous deux utilisé dépendait de la force des souvenirs associés au lieu sur lequel ils étaient en train de se battre.

Severus avait évoqué des souvenirs de ses années à Poudlard puis des différents professeurs qui s'étaient succédés tout au long des années au cours desquelles il avait enseigné. Certains étaient morts, d'autres encore vivants. Tous étaient de valeureux sorciers.

Mais le plus étrange était les silhouettes invoquées par cette nouvelle recrue. Elles semblaient tout droit sorties d'une bataille, évoquant la détermination et le courage. Pourtant, cela était tout simplement impossible, parce que le dernier conflit ayant pris place sur les terres de Poudlard remontait à l'année 1821.

L'une des ombres s'évapora soudainement et ils purent tous voir le brun porter une main à son cœur alors qu'il serrait les dents sous la douleur.

Des silhouettes disparurent, aussitôt remplacées par d'autres aussi puissantes. Les deux adversaires se tenaient solidement campés sur leurs pieds, les yeux mi-clos sous la concentration. Le stade se remplit peu à peu de ces fameux souvenirs, combattant autour des sorciers immobiles.

La violence qui se déchaînait autour d'eux contrastait avec le calme de cette fin d'après-midi. Même l'herbe n'était pas affectée par cette tempête.

- N'est-ce pas de la magie noire? Souffla soudain Lily, brisant le silence qui s'était installé au début de cette étrange bataille rangée.

- Non, répondit le Directeur, ses yeux ne quittant pas la silhouette du nouveau venu. Severus l'utilise pour amplifier le pouvoir du maléfice mais Selyan reste toujours à la limite, ne basculant jamais de l'autre côté.

- Et il sait très bien ce qu'il fait, n'est-ce pas?

Une note d'incrédulité et de respect se faisait entendre dans la voix de Sirius, comme s'il ne pouvait totalement en croire ses yeux.

Une dizaine de minutes s'écoulèrent de nouveau alors que le maître de Potions prenait peu à peu l'avantage, de par l'utilisation de la magie noire pour renforcer son maléfice, et de sa meilleure maîtrise de ce sortilège-même. Son adversaire restait malgré tout debout, utilisant toutes ses ressources, son regard brillant de défi.

Le Directeur se leva soudain des gradins sur lesquels il était installé et leur cria que cela suffisait, envoyant en même temps une impulsion mentale par l'occlumencie, leur retransmettant de cette manière son ordre.

Les silhouettes se dissipèrent en l'espace de quelques secondes. Severus et Selyan s'affrontèrent alors du regard avant que le nouveau ne tombe à genoux, sa magie à sec et se prenant la tête dans les mains.

Harry ressortit la baguette de Lily de la poche dans laquelle il l'avait glissé. Il relança alors sans un mot le sortilège du Choix de l'Oubli sur lui-même. Cela devrait tenir jusqu'au soir, où il pourrait alors les consolider.

Son esprit se vida peu à peu de tous ces visages qui s'étaient mis à le hanter et sa respiration reprit un rythme normal.

Il resta pourtant un long moment ainsi, la seule chose parvenant à atteindre sa conscience étant le battement régulier de son cœur. Il avait presque l'impression de parvenir à entendre son sang circuler dans tout son corps.

Enfin, il lui sembla qu'il n'était plus à deux doigts d'exploser.

Lorsqu'il rouvrit les paupières, son champ de vision fut envahi par du tissu noir. Les sourcils froncés et sa capacité d'analyse quelque peu endommagée, il leva des yeux interrogateurs pour rencontrer le regard noir de Severus Snape.

Ce dernier lui tendit sans un mot la main, l'aidant à se remettre sur ses pieds. Harry le remercia d'un sourire et l'espion ne fit que hausser une épaule.

- Vous êtes pris en tant que membre de l'Ordre.

Ses lèvres se détendirent un peu, comme s'il allait sourire et le directeur des Serpentards se retourna, s'éloignant à grandes enjambées sans un mot de plus.

Alors que l'ex Survivant fixait le dos de celui qui fut et qui sera son professeur de Potions, il comprit qu'il venait de gagner son respect.

- Ca va, mec? Lui demanda Sirius, les yeux inquiets fixés sur lui.

- Je vais juste ne pas avoir de mal à m'endormir ce soir! Répondit Harry après avoir acquiescé.

Puis il se tourna vers sa mère et lui rendit sa baguette avec un mot d'excuse et sourire charmeur. Lily éclata de rire et lui assura que ce n'était rien.

- Au fait, vu que tu fais maintenant parti des nôtres, tu dois venir trinquer avec nous! Lui lança Bill.

Et c'est ainsi qu'il se fit traîner jusqu'aux Trois Balais pour se faire payer une biéraubeurre, bataillant difficilement contre sa fatigue.

À suivre!!

Ch'tite note de l'auteur: le chapitre est enfin bouclé!! On peut dire qu'il a été dur à écrire non seulement parce que je ne suis pas très douée pour décrire les combats mais en plus parce que j'avais cette scène en tête et que c'était 'achement dur de la retranscrire comme je le voulais. Chuis pas trop sûre du résultat là mais bon...

IMPORTANT : Voilà, maintenant que je suis en train de construire les prochains chapitres, j'hésite à faire le mpreg que j'avais annoncé. Vous en pensez quoi ? J'ai vraiment besoin de votre opinion, j'hésite entre les deux, et le scénario ne sera pas pareil selon ce que je choisis.