Série: Gravitation

Genre: shônen-ai

Pairing: Yuki Eiri / Shindo Shuichi et Nakano Hiro/ Fujisaki Suguru

Disclaimer : Même si je l'avais voulu les personnages ne m'appartiennent pas. Ils appartiennent à Murakami Maki.

Résumé du chapitre précédent : Mika débarque chez son frère mais celui-ci avait caché son amant dans sa chambre. Elle rappelle à Eiri qu'il a une fiancée mais celui-ci s'en fiche et la met à la porte. Ayant entendu la conversation, Shuichi reproche à son professeur de lui avoir mentit et s'enfuit de son appartement. Finalement les deux amants se réconcilient et passent la soirée ensemble. De son côté Hiro rencontre un jeune homme dénommé Fujisaki Suguru qui est en première année dans son lycée, une chose est sûre ce garçon ne le laisse pas indifférent.

Commentaire : Je remercie Chawia pour la correction de ce chapitre. Bonne lecture !

Les opposés s'attirent

Chapitre 5 : Le quotidien

Depuis la rencontre entre Hiro et Suguru, le brun et son meilleur ami passaient des semaines semblables.

Shuichi allait toujours à la rencontre de son professeur au coin fumeur et restait avec lui entre dix et vingt minutes. Pour les collègues d'Eiri ainsi que les amis de Shuichi c'était totalement normal car tout le monde pensait que celui-ci lui donnait des cours particuliers, les notes de l'adolescent en japonais et littérature contemporaine augmentant à vue d'œil. Le week-end, lui, était réservé pour des moments de pure folie et de cochonneries.

Hiro, quant à lui, essayait de mieux connaitre Suguru qu'il trouvait très séduisant, il avait appris que ce dernier avait seize ans et vivait seul dans un petit appartement à Tokyo. Cependant, il n'avait aucun doute sur son attirance pour le jeune homme. Suguru avait remarqué que son camarade était intéressé par sa personne alors qu'ils ne se connaissaient qu'à peine.

Au début, le jeune homme n'avait rien remarqué car il ne pensait pas que Hiro était gay, ce n'est que quelques jours plus tard que les filles de sa classe lui avaient raconté les rumeurs qui circulaient prétendant que Nakano-san et Shindo-san étaient des dragueurs d'hommes invétérés et ne cherchaient qu'une chose, le sexe. À ce moment-là, Suguru, s'était méfié de lui mais n'avait rien dit, appréciant tout de même sa compagnie. L'adolescent aux longs cheveux se rendit compte que son jeune ami restait évasif sur lui, sur sa famille et remarqua qu'il n'avait pas d'ami car il restait à l'écart de tous donc il en déduit qu'il détestait être mêlé à la foule.

Ce fut deux semaines plus tard, un vendredi, pendant l'heure déjeuner que Hiro proposa à Suguru de passer une journée avec lui le lendemain, seulement s'en fut trop pour le plus jeune qui commençait à croire de plus en plus aux rumeurs du lycée. Il n'avait pas envie de passer une journée seul avec Nakano ainsi qu'au beau milieu des gens donc il lui expliqua ses réticences.

« Je ne veux pas passer une journée seul avec vous Nakano-san, déclara-t-il, énervé.

- Pourquoi ? Cela ne te dirait pas de venir avec moi au cœur de Tokyo pour une bonne journée entre ami ? demanda Hiro en essayant de convaincre le garçon.

- Non ! Je ne suis pas comme vous, moi ! protesta Suguru.

- Arrête de me vouvoyer, comment ça comme moi ? l'interrogea le brun, étonné de sa réaction.

- Ok, comme tu voudras. Je ne suis pas gay et je ne veux pas coucher avec toi ! expliqua le plus jeune sans tourner autour du pot.

- Quoi ? Mais je ne cherche pas à coucher avec toi si tu ne veux pas. Je voudrais juste faire une sortie avec toi c'est tout », assura le plus grand, déçu cependant de sa réaction. Il se demandait s'il inspirait la méfiance à ce point.

Suguru le regarda d'un air dubitatif : « Je ne te crois pas, j'ai entendu des rumeurs comme quoi toi et Shindo-san étiez des dragueurs d'hommes et que tout ce qui vous intéressait c'est de coucher et rien d'autre, exposa-t-il.

- Et bien sûr tu crois les rumeurs ! se défendit le brun. Écoute, je te promets que je ne ferai rien et si tu te sens menacé tu pourras toujours partir. De toute manière, je ne pourrai rien faire dans la foule et cela ne te coûte rien, une journée avec moi, argumenta-t-il. Le plus jeune réfléchit un instant et songea : C'est vrai pourquoi se méfier de lui à cause d'une rumeur et puis il faut que je réussisse à vite reprendre une vie normale.

« C'est d'accord, accepta-t-il.

- Ça me fait plaisir assura Hiro enthousiaste. Bon alors demain après les cours, vers treize heures au parc près du lycée cela te va ? demanda-t-il.

- Pas de problème, j'y serais », confirma Suguru

OoOoOoOoOoO

Après les cours du vendredi, Shuichi allait retourner chez lui quand il entendit quelqu'un l'appeler. Il se retourna et aperçut son beau professeur, caché dans une petite ruelle. Fou de joie que son amant l'ait attendu, il se dirigea vers lui et l'embrassa à pleine bouche comme si cela faisait des siècles qu'ils ne s'étaient plus embrassés. Après ce moment d'intimité, Eiri demanda à son élève si après le boulot il comptait passer chez lui comme les semaines précédentes, comme toujours celui-ci accepta. En effet l'adolescent vivait chez lui la semaine et chez son amant le week-end, même quand il avait cours le samedi matin. Shuichi regarda sa montre et s'aperçut qu'il devait rentrer pour se préparer à aller travailler, donc ils se séparèrent à contrecœur mais impatients de se retrouver le soir pour les moments d'intimités débridé.

Eiri se retrouva seul dans son appartement et comme tous les soirs, il s'enferma dans son bureau pour continuer d'écrire l'histoire qu'il avait commencée quelques semaines plus tôt. Il en était déjà à cinq chapitres et le syndrome de la page blanche ne s'était pas encore fait sentir, cela faisait maintenant six ans qu'il n'avait plus était inspiré de la sorte. Quand il était dans cet état, il devait écrire car la peur de perdre ce qu'il avait pu imaginer le frustrait terriblement et puis il se disait que personne n'allait lire son travail. L'enseignant n'avait peur que d'une seule chose, d'être déçu car il avait été victime d'une horrible déception dans son adolescence, il en avait tellement souffert que l'inspiration ne venait plus. De plus les moqueries des autres garçons de son âge sur son physique n'avaient pas arrangé les choses, en effet un Japonais aux cheveux blond et aux yeux dorés, était pour eux quelque chose d'improbable donc ils le traitaient d'étranger et le laissaient à l'écart. Eiri s'était toujours défendu en expliquant que c'était peut-être improbable mais pas impossible et qu'il en était la preuve vivante, cependant personne ne voulait le croire.

Une fois adulte adulte son physique l'avait beaucoup aidé à séduire les femmes, il avait fait l'amour pour la première fois à l'âge de dix-huit ans. Au début, tout allait bien, il passait d'une femme à une autre en éprouvant beaucoup de plaisir mais petit à petit il commença à s'ennuyer au lit, il réalisa que les femmes ne l'attiraient pas tant que cela et finit par se trouver anormal. Ce n'est qu'à l'âge de vingt ans, quand son frère vint lui confier qu'il avait eu sa première expérience sexuelle avec un garçon qu'il commença à coucher avec des hommes. Cela fut pour lui une révélation, il était attiré par les personnes du même sexe que lui et au lit, il n'avait jamais pris autant son pied, le seul problème est qu'il était exigeant car il recherchait des hommes ni trop grands ni trop petits, ni trop jeunes ni trop vieux et surtout il voulait absolument être le dominant, et ce genre de partenaire ne courait pas les rues. Il couchait donc avec des femmes juste pour assouvir ses besoins et dès qu'il trouvait un homme dans ses critères il changeait sans remord de bord. De plus son frère l'aidait beaucoup car il avait les mêmes préférences donc ils s'échangeaient leurs conquêtes mutuelles.

Shuichi était assez différent des autres garçons qu'il avait eus dans son lit, il correspondait à ses critères, de plus il lui apportait le réconfort et l'amour qu'il n'avait pas reçu pendant son enfance. Il aimait être avec lui, profiter de lui, il avait perdu le compte du nombre de fois qu'ils avaient déjà fait l'amour mais une chose était sûre il ne se lassait pas de lui. L'enseignant voulait le garder près de lui et, pour la première fois, il désirait que ce garçon reste à ses côtés toute sa vie cependant la peur d'être trahi et déçu par une personne qu'il aimait était toujours présente ce qui l'empêchait de se dévoiler complètement à son élève.

Vers vingt heure trente, Shuichi arriva chez lui et la soirée se passa bien, Eiri voulait savoir ce que pensait son amant de son physique donc il décida de lui poser une question totalement anodine pour voir sa réaction.

« Shuichi, je peux te poser une question ? demanda-t-il.

- Bien sûr mon amour », répondit naturellement l'adolescent d'une manière sincère.

Le blond rougit légèrement au ton qu'avait utilisé son élève, il n'avait pas l'habitude : « ça ne te dérange pas que j'ai les cheveux blonds et les yeux dorés ? arriva-t-il à exposer.

- Euh… Non pourquoi ? se contenta de dire Shuichi, un peu surpris par cette question.

- Parce que c'est atypique de voir un Japonais blond, expliqua l'enseignant.

- C'est vrai mais ce n'est pas impossible, tu sais ! Hiro m'as toujours dit que la génétique était une science complexe et que tout pouvait arriver. Tu en es la preuve », affirma le plus jeune en souriant. Eiri fut très surpris de cette réponse car son amant avec l'air de ne pas douter de ses origines japonaises.

« Donc tu ne doutes pas de mes origines ? l'interrogea-t-il.

- Ben non, si tu n'étais pas Japonais tu me l'aurais dit et tu ne passerais pas ton temps à affirmer ton appartenance au Japon, déclara l'adolescent aux cheveux roses.

- Tu as raison, dit Eiri en souriant. Je n'ai jamais eu d'ami ici car tout le monde me traitait d'étranger et tu sais que les Japonais n'aiment pas ça, avoua-t-il. C'était la première fois qu'il parlait de ça avec quelqu'un.

- Mais c'est horrible ! s'effara son amant. C'est bête et méchant, comment peut-on dire des choses pareilles sans te connaître ? Et puis même si tu étais un étranger, ce n'était pas une raison pour te laisser à l'écart, c'est injuste, déclara-t-il indigné par de ce que venait d'avouer son amour. Il ne pouvait s'empêcher de penser que son professeur avait dû beaucoup souffrir.

- Calme-toi, demanda le blond, heureux finalement d'avoir posé la question. Tu dis exactement la même chose que deux de mes amis de New-York, ajouta-t-il.

- New-York ? s'étonna son élève. Tu y es déjà allé ?

- Oui, pendant un an. Mon beau-frère a cru bon de m'y emmener pour que je souffre moins au quotidien, développa son amant.

- ça alors ! Tu dois savoir parler anglais impeccablement ? affirma Shuichi sur le ton de l'évidence très impressionné du niveau de culture de son amant.

- En effet.

- Pourquoi tu es revenu au Japon, tu devais être bien mieux là-bas qu'ici ? demanda le jeune homme.

- Je crois que j'avais le mal du pays, se contenta de répondre Eiri pour éviter de trop parler de son passé. Et si on passait aux choses sérieuses au lieu de discuter du vieux temps ! » déclara-t-il avec un regard pervers laissant facilement comprendre ses intention. Son amant n'eu pas le temps de répondre car son beau blond venait de l'embrasser passionnément et l'emmena dans la chambre.

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Hiro, lui, n'arrivait pas à dormir, il était surexcité même s'il ne le montrait pas car ce n'était pas son genre de dévoiler ses émotions. Quand il avait rencontré Fujisaki, il avait été attiré par le jeune garçon mais depuis qu'il le connaissait mieux cette attirance s'était transformé en des sentiments profonds et sincères, tout ce dont il avait envie était de passer plus de temps avec le jeune homme sans pour autant le forcer à quoi que ce soit, il n'avait que seize ans après tout. Et puis, il n'était pas sûr que son jeune camarade soit intéressé par sa personne et même s'ils ne devaient rester que des amis ça suffirait pour lui, après tout ce qu'il voulait c'était son bonheur.

Suguru, non plus n'arrivait pas à dormir mais pas pour les mêmes raisons, il redoutait cette journée, pas forcément Nakano mais plutôt de se retrouver au milieu de milliers de gens, il n'avait pas l'habitude cependant il voulait vaincre cette peur non justifiée.

Le lendemain, les deux jeunes hommes avaient passé une nuit blanche et c'est donc des cernes sous les yeux qu'ils allèrent en cours.

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À treize heures pile, Suguru était déjà dans le parc et attendait son ami qui, visiblement n'était pas ponctuel. Il attendit deux minutes puis il vit Hiro arriver et le réprimanda pour son retard. Surpris de cette réaction, celui-ci s'excusa sans se plaindre, il aimait les personnes ayant du caractère. Tous les deux partirent vers l'allée marchande, discutant de tout et de rien jusqu'à ce que le plus jeune commence à parler musique et il fut étonné de constater que son camarade aimait ça lui aussi et jouait d'un instrument, la guitare. Fujisaki était fou de joie de parler de sa passion et de son envie de devenir musicien puisque lui avait appris à jouer du synthétiseur avec son cousin, visiblement son ami avait aussi cette envie mais il hésitait encore entre la musique et la médecine. Le plus grand était aussi heureux de cet échange, il avait même réussi à faire rire Suguru et adorait le voir dans cet état. Malheureusement, le visage du jeune homme passa subitement du bonheur à la peur et Hiro ne comprit pas pourquoi. Ce n'est qu'en regardant devant lui qu'il comprit la raison : ils étaient arrivés à l'allée marchande.

Le petit brun voulut s'éloigner de la foule cependant son camarade l'en empêcha en le saisissant par le poignet. La réaction du plus jeune fut violente, il repoussa énergiquement Hiro qui le regarda avec un étonnement mêlé de tristesse. Suguru comprit qu'il y était allé un peu fort et prit le parti de s'excuser.

« Je te demande pardon, je n'aime pas qu'on me retienne de force, se justifia-t-il.

- Ce n'est rien mais qu'est-ce qui ne va pas ? Dis le moi ? demanda le brun d'un ton presque suppliant.

- Je n'aime pas la foule, je ne suis jamais venu ici, expliqua le plus jeune.

- Jamais ? Même pas au collège ? l'interrogea Hiro.

- Non jamais, tu dois te dire que je suis un garçon bizarre, déclara Suguru en baissant les yeux.

- Je ne dirais pas bizarre mais surprenant, le rassura l'adolescent. Il fallait me le dire on serait allé ailleurs, termina-t-il.

- Désolé.

- Bon maintenant qu'on est là, je vais essayer de t'habituer à la foule. Reste derrière moi, accroche-toi à ma veste et on va avancer. Surtout on va y aller doucement pour que tu puisses te faire à cette atmosphère, d'accord ? questionna Hiro.

- Ok, allons-y. »

Tout les deux s'engagèrent dans l'allée bondée de monde, le brun menant la marche et le plus jeune derrière lui agrippé au bas de sa son bas de veste. Suguru était mort de peur mais faisait en sorte de ne pas le montrer, de temps en temps le plus vieux tournait la tête vers lui et le rassurait du regard puis continuait d'avancer. Quelquefois, le plus petit s'accrochait carrément au bras d'Hiro lorsque sa crainte devenait trop forte puis se reprenait presque immédiatement en en rougissant, honteux, tandis que le brun était aux anges.

Au bout de vingt minutes, Suguru avait moins peur si bien qu'il finit par lâcher la veste de son camarade. Hiro lui demanda donc de venir à côté de lui pour continuer la balade, il s'exécuta et le moment de complicité débuta.

Le petit brun avait oublié sa crainte, si bien qu'il commença à admirer les magasins et faire du lèche-vitrine, il s'extasiait devant n'importe quoi même devant des boutiques de jouets pour enfants. Son ami adorait le voir dans cet état, son visage était détendu et ouvert alors que d'habitude ils étaient crispé et fermé, ce qui le rendait encore plus. Cependant, il ne comprenait pas pourquoi son cadet agissait de la sorte, on aurait dit un petit garçon s'émerveillant de choses futiles. Suguru n'avait plus du tout peur, il était curieux, voulait tout voir et tout savoir. Il posait des dizaines de questions à son camarade sur des choses qu'il ne connaissait pas comme les consoles de jeux et tout ce qu'un adolescent normal avait déjà utilisé, puis il désigna un objet que tous le monde possédait et qu'il avait toujours voulu avoir : un téléphone portable. Le jeune homme en voulait un mais ne savait pas lequel prendre, devant les dizaines de modèles, et Hiro, voyant qu'il n'arrivait pas à se décider lui donna son avis et lui montra le portable qui selon lui était le plus beau et surtout le plus pratique. Suguru alla à la caisse se remettant aveuglément au jugement de son ami, décida d'acheter ce modèle, l'adolescent aux cheveux long se demandait comment il allait le payer car ce n'était pas un téléphone bon marché, mais le plus jeune sortit sa carte bancaire et régla sans problème son achat à la grande surprise de son camarade puis ils décidèrent d'aller boire un verre afin que le jeune homme puisse essayer son nouveau téléphone.

C'est donc à la table d'un bar que Hiro expliqua tout ce qu'il y avait à savoir sur l'utilisation d'un portable, Suguru l'écoutait avec admiration, heureux de pouvoir enfin pouvoir envoyer des messages et d'appeler n'importe qui n'importe quand. Les explications finies, il demanda le numéro de téléphone de son camarade et celui-ci le lui donna volontiers en songeant que, finalement, il avait bien fait de l'emmener ici. Le plus jeune continuait de s'extasier de toutes ces choses qu'il avait vues et son aîné lui sourit, ce qui le fit rougir. Après avoir commandé, Hiro engagea la conversation.

« Tu vois qu'on a bien fait de venir ici, exposa-t-il.

- Oui, tu as raison ! déclara le jeune garçon enthousiaste. Je ne me suis jamais autant amusé, termina-t-il.

- Tant mieux, alors si tu veux un jour je te donnerai des sites Internet où télécharger des sonneries pour ton portable », ajouta le brun.

Fujisaki le regarda étonné et se risqua à dire « Je n'ai pas Internet chez moi et pour tout te dire je ne sais pas beaucoup m'en servir.

- Ah bon ? rétorqua Hiro très surpris. Tu n'as jamais appris à t'en servir au collège ? termina-t-il.

- Euh… Si mais j'ai toujours été très nul pourtant je suis certain que ce n'es pas dur, confia le plus petit, un peu honteux.

- Aller sur le web est simple comme bonjour. Tu devrais avoir Internet ça t'aidera pour le lycée. Si jamais tu décides de t'en servir, je t'apprendrais comment l'utiliser comme je l'ai fait avec le portable, déclara son aîné d'un ton calme.

- C'est vrai ? Alors je demanderais à mon cousin qu'on m'installe tout le nécessaire. Tu es trop gentil encore merci, remercia Suguru, rassuré.

- Mais non arrête, je rends juste service à un ami, expliqua son camarade un peu gêné. Cependant tu es très surprenant, tu dois être quelqu'un de studieux pour ne pas avoir de portable et ne pas savoir utiliser Internet, ajouta-t-il.

- On va dire que je n'ai pas eu une enfance comme les autres, signala l'adolescent, nerveux. Je n'aime pas trop en parler, désolé, ajouta-t-il.

- J'avais remarqué mais si tu n'es pas prêt à en parler ce n'est pas grave. Si tu changes d'avis un jour sache que je suis là, expliqua son ami.

- Je te remercie beaucoup, finalement je te fais confiance, tu es quelqu'un de bien, affirma l'adolescent aux cheveux court.

- Sache que les rumeurs au lycée ne sont pas toutes fondées, il est vrai que Shuichi et moi allions coucher à gauche et à droite mais ça c'était quand on avait quinze ans. Maintenant nous sommes devenu sérieux et nous recherchons l'âme sœur, crois-moi je n'ai jamais forcé quelqu'un à faire l'amour avec moi, assura le lycéen.

- Mais c'est vrai que vous êtes gay ?

- C'est vrai mais pas totalement pour moi, je suis bisexuel donc il n'y a pas que les hommes qui m'intéressent, exposa Hiro. Il est vrai aussi que je te trouve très séduisant et mignon mais cela ne veut pas dire que je vais te sauter dessus n'importe quand », termina-t-il en riant. Cependant cette remarque fit rougir son jeune camarade, il était flatté par cette déclaration personne ne lui ayant jamais dit ça avant. Au début Fujisaki avait un à-priori envers les gays car ce genre de relation était malsaine à ses yeux mais finalement depuis qu'il avait rencontré Nakano, il voyait les choses différemment. Tout les hommes ne recherchaient pas que du sexe, son camarade en était la preuve alors pourquoi se méfier de lui ? Le jeune garçon le trouvait si gentil avec lui, c'était sa première sortie en dehors de l'école et il en était heureux. La seule chose que retenait le lycéen, c'était qu'il appréciait beaucoup Hiro.

« Merci du compliment mais je ne sais pas comment je dois le prendre ? déclara Suguru en riant aussi.

- Prends-le comme tu veux en tout cas, c'est vrai, lui répondit son ami. »

Leur balade s'acheva vers seize heures, après avoir bu leur verre chacun retourna chez lui et le soir Suguru envoya des texto à Hiro qui ne se priva pas de lui répondre à chaque fois.

OoOoOoOoOoO

La journée du samedi s'était déroulée autrement pour le professeur et son élève, ils avaient passé toute la nuit à faire l'amour et eux aussi allèrent au lycéen avec des cernes sous les yeux.

À la sortie des cours, Shuichi avait souhaité bonne chance à son meilleur ami pour son rendez-vous et l'avait déstressé le plus possible, certes Hiro n'était pas quelqu'un qui laissait voir ses émotions mais cela ne voulait pas dire qu'il ne ressentait rien et vu que le lycéen connaissait son ami par cœur, il avait entrepris de le calmer. Seulement les cours finissant à midi, le rendez-vous du brun était à treize heures et son meilleur ami quand il parlait ne s'arrêtait jamais donc ce n'est qu'à midi et demi que Hiro avait pu retourner chez lui se changer et manger avant de partir à la rencontre de Suguru.

Vu que l'adolescent aux cheveux roses passait les week-ends chez son amant, il y avait laissé quelques affaires donc il se rendit directement chez son professeur. Une fois arrivé, Shuichi se changea et alla rejoindre son amoureux dans le salon mais Eiri devait faire un peu de ménage dans son appartement, aussi demanda-t-il à son amant s'il voulait l'aider. Celui-ci accepta, prêt à tout pour être encore plus proche de l'homme de sa vie, et tous deux se mirent à la tâche en commençant par le salon, arrivé au bureau, on sonna à la porte. Eiri alla ouvrir, la personne qu'il vit derrière n'était autre que Mika, sa grande sœur, qui cette fois n'attendit pas pour entrer.

« Mika mais qu'est-ce que tu fais encore chez moi ? demanda le professeur très énervé.

- Je ne peux plus venir te voir ? répondit l'aînée d'un ton calme.

- Je n'ai jamais dis ça mais préviens avant ! s'emporta Eiri.

- Eh oh du calme ! Qu'est-ce que tu faisais de si important ? » déclara-t-elle en haussant le ton. Son frère allait riposter quand Shuichi apparut dans le salon, ayant reconnu la même voix que l'autre fois, il ne voulait plus rester enfermé. Par chance son sac à dos était dans le bureau, il prit donc un cahier de littérature dans son cartable dans le but semblant d'être là pour des cours particulier.

« Veuillez m'excuser de vous interrompre sensei, je voudrais quelque précision sur cet exercice, déclara l'adolescent en regardant son professeur dans les yeux.

- Qui est-ce ? demanda Mika à son frère d'un ton sec.

- Je m'appelle Shindo Shuichi, madame. Je suis un des élèves d'Uesugi sensei, répondit Shuichi sans laisser à son amant le temps de dire quoi que ce soit en se penchant pour saluer la brune.

- Oui c'est exact, je lui donne des cours particuliers car il a des problèmes dans mon cours, confirma le professeur. Shindo-kun, je te présente ma sœur… continua-t-il avant d'être coupée par cette dernière.

- Je m'appelle Uesugi Mika mais appelle moi Mika et tu peux me tutoyer. Enchantée de te connaître », se présenta-t-elle en souriant au plus jeune. L'enseignant était consterné, il se demandait pourquoi elle s'était présentée sous son nom de jeune fille.

- Moi de même Mika-san, sensei je crois que je vais vous laisser avec votre sœur, déclara l'adolescent.

- Euh… attends, je vais t'expliquer l'exercice dans mon bureau, dit Eiri à son élève puis il se retourna vers sa sœur. Je reviens tout de suite.

- D'accord », répondit-elle.

Les deux hommes partirent dans le bureau tandis que Mika regardait au alentour, elle ne pouvait s'empêcher de penser : Ton élève, des cours particuliers mon œil, tu ne l'as jamais fait auparavant. Elle décida d'aller inspecter la salle de bain qui se trouvait de l'autre côté du bureau, donc aucun risque de se faire voir, y entra sans bruit et vit que le panier à linge n'était pas rempli que de vêtement de son frère et qu'il y avait deux brosse à dent au lieu d'une. Retournant dans le salon, elle s'installa sur le canapé tout en songeant : Tu me prends vraiment pour une idiote Eiri, ce gamin est peut-être ton élève mais je suis sûre qu'il est aussi ton nouvel amant, tu couches avec des gamins, maintenant ? Le retour de son frère l'interrompit

« Désolé, tu veux quelque chose à boire ? demanda-t-il.

- Non, je ne vais pas rester. Je vais te laisser travailler avec ton élève, je reviendrai dans quelque jour et je te préviendrai avant, c'est promis, répondit-elle en se relevant.

- Très bien comme tu voudras.

- Au revoir Eiri, porte toi bien, salua sa sœur.

- Ouais toi aussi.»

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Mika sortit de l'appartement et retourna chez elle. La sœur aînée de la famille Uesugi était aujourd'hui mariée mais quand elle se présentait, elle utilisait toujours son nom de jeune fille, en effet son mari n'était autre Seguchi Tohma, le claviériste du célèbre groupe Nittle Grasper et le directeur de la maison de production NG, donc elle voulait éviter l'émeute à chaque fois.

Seguchi Tohma avait la nationalité japonaise mais sa mère, Celeste Sternberg, était américaine. La boîte de production NG était dirigée avant par son père, Seguchi Katsuhiko mais suite à des problèmes de santé, cinq ans auparavant, il avait laissé la gestion à son fils unique. Une chose était sûre, la famille Seguchi était riches avec de fameuses relations dans un grand nombre de pays.

Mika savait que son mari avait beaucoup de relations et qu'il pouvait aisément se renseigner sur un élève donc le soir même elle lui demanderait de lui rapporter le dossier complet de ce Shindo Shuichi afin de voir si elle pouvait exercer une pression sur lui pour qu'il quitte son frère. Faire chanter les gens était son atout principal face à l'adversité après tout quand on appartenait à la famille Seguchi, c'était tout à fait normal. C'est sur cette idée qu'elle arriva chez elle et prépara le dîner.

Commentaire de fin : Mika a découvert la relation de son frère et veut y mettre un terme tandis que Hiro se rapproche de plus en plus de Suguru. Suite au prochain chapitre « Le chantage ».