Résumé : Un petit UA assez sombre où Kiba, orphelin, est placé avec sa soeur qui le tient pour responsable de la mort de leurs parents dans un orphelinat plus que spécial. Car derrière ses abords sordides, le Centre cache des trafics plus ou moins louches dans lequel chacun risque sa peau quotidiennement. Pourtant c'est là qu'il va rencontrer l'amour. Mais... Shikamaru ou Shino... ?
Rating : M ou -16 ans pour cause de violence mais RIEN d'autre !
Couple : Shika/Kiba/Shino. Yaoi donc Homophobes s'abstenir. Par contre aucune scène "délicate" de décrite. Ce n'est pas non plus une relation à trois, du moins pas dans ce qu'on entend généralement par là...
RAR
li-san : Merci beaucoup, voilà la suite qui j'espère répondra à tes attentes
Merci aussi à jessi023, de même j'espère que ce chapitre fera aussi bien que le précédent...
Chapitre 2
Lorsqu'il rentra au Centre, personne ne lui demanda de comptes. Tout le monde avait comprit que le dernier Inuzuka venait de régler le problème majeur qui avait toujours freiné sa carrière jusque là.
Seul Naruto qu'il croisa lui fit un fabuleux sourire au détour d'un couloir en le remerciant.
« J'avais des scrupules à tabasser mon partenaire préféré à chaque fois… »
Puis le blond s'en alla avec un clin d'œil. Heureusement car sinon Kiba l'aurait sûrement fusillé sur place. Avec un lapsus pareil, il était évident que le fait que l'Uzumaki et lui soient alliés à la belotte ne passerait jamais. Et pourtant, même si Kiba n'était en effet pas attiré plus que ça par les femmes –au Centre, la plupart étaient soit des putes, soit des tueuses à gage capable d'abattre une mouche volant à l'autre bout de la pièce avec une seule balle- le brun n'avait jamais dérogé à sa règle principale numéro 3.
Les deux premières étant 'Tuer pour ne pas être tué' et 'Soit fort et tais toi', la troisième semblait nettement moins philosophique au premier abord pourtant si Kiba l'avait placé à cette position c'était pour une bonne raison.
'Aucune relation autre que le travail dans les murs du Centre.'
C'était peut-être stupide mais il avait déjà vu trop de ses collègues sombrer corps et âmes dans de des affaires de cœurs qui ne s'étaient avérées au final que de sordides arrangements chargés d'éliminer lesdites personnes.
Lorsque ce n'était pas les autre qu'il touchait, de même que la drogue, l'amour -et à fortiori le sexe- était tabou entre les murs de l'Orphelinat où on repassait très vite du statut de chasseur à celui de proie. Et celles-ci, sélection naturelle oblige, ne survivaient pas longtemps. Quelques jours tout au plus avant qu'on ne les retrouve morts pendus à leur plafonnier ou exécutés d'une balle dans la tête un beau matin. Si tant est qu'on les retrouve un jour…
Le Centre était un monde de prédateurs et la remarque anodine du blond venait à cet instant de faire basculer Kiba du statut de Chasseur menaçant à celui de Chasseur menacé. S'il n'était pas encore ligoté sur la planche, une épée plantée dans le dos au dessus d'une bande de requins affamés et impatients, l'Inuzuka se devait maintenant d'être sur ses gardes.
D'autant plus sur mes gardes… soupira mentalement le brun en rangeant son portable dans la poche inférieure de sa veste tâchée de sang.
Il venait de rentrer et n'avait pas eut le temps de se changer mais maintenant c'était trop tard, son chef, Shadow, l'appelait et Kiba ne put retenir un sourire narquois.
« Essayeriez-vous donc de me tester Nara Shikamaru ? » murmura-t-il en passant rapidement devant son miroir pour effacer les traces les plus visibles de son affrontement.
Il se devait de paraître inébranlable malgré les blessures dues à son tabassage récent, c'était très important.
Quittant son appartement situé dans l'aile Est du Centre, l'Inuzuka rejoignit rapidement l'entrepôt dans lequel l'alliance de Suna dirigée par Shadow l'attendait tout en priant de toutes ses forces pour continuer de figurer sur la liste à l'ouverture de la chasse.
Mais pas en tant que proie…
Il tremblait.
De peur. D'excitation aussi, mêlée à une stupide acclimatation aux situations les plus catastrophiques, partie intégrante de son appartenance au Centre. C'était idiot d'être tendu, nerveux mais pourtant aussi exalté qu'à un premier rendez-vous alors qu'il était peut-être sur le point de se faire descendre mais malgré tout Kiba ne pouvait pas faire autrement.
Il passait dans les couloirs sombres, des raccourcis que plus personne n'utilisait depuis des années et où la poussière et l'obscurité semblaient avoir érigé leurs sanctuaires communs. Quelques rares fenêtres ça et là, obscurcies par la crasse elles ne laissaient de toute façon plus passer aucune lumière depuis longtemps. Mais là au moins il était seul.
A son arrivée, lorsque son statut n'était pas encore établit, Kiba avait souffert. Ici les rites d'initiations passaient tous en majorité par un bon tabassage en règle visant à laisser le nouveau aux portes de la mort, baignant dans son sang et dans ses larmes. Mais puisque le brun n'avait pas pleuré la première fois ils avaient recommencé. Encore, et encore, et encore jusqu'au jour où il s'était réfugié dans ce couloir à proximité de l'appartement miteux où les plus jeunes étaient parqués.
Sa sœur aurait très bien pu lui éviter bon nombre de ces bizutages en l'emmenant avec lui dans l'aile Sud mais Kaede n'en avait rien fait. Tous les coups qu'elle retenait en sa présence, elle laissait les autres les lui assener.
Enfin… sa sœur avait fini par payer. C'était une des choses qu'il s'était juré de faire au détour d'un de ses couloirs crasseux, alors qu'il se cachait encore une fois de ses assaillants. Personne ne venait s'enterrer ici sauf lui, c'était son refuge. Un seul autre avait osé s'y aventurer il y a des années de cela.
Son corps reposait toujours là bas.
C'était un jour comme les autres.
Une nouvelle course poursuite où Kiba tenait toujours le rôle de la proie. Pourtant cela faisait plusieurs années qu'il avait intégré le Centre. Trois ans exactement dont pas un n'avait vu les objectifs de ses bourreaux acquis. Ils avaient beau le frapper durement, le laisser sur le carreau à chaque fois, baignant dans son sang à tel point qu'il avait bien failli en crever, jamais une larme n'avait perlé de ses grands yeux désespérément vide. Cela les faisait enrager et il le savait parfaitement alors ils frappaient encore. Plus fort. Pour le faire saigner, hurler, gémir et retomber au sol comme une loque. Sans pleurer…
Pas que Kiba soit particulièrement courageux, subir toutes ces tortures avec la bénédiction de sa chère sœur ne l'enchantait pas vraiment. Depuis longtemps le petit garçon terrorisé avait laissé la place à un adolescent sombre dont personne n'avait jamais vu le visage s'éclairer. Pas plus que des sanglots, il ne riait jamais. Il se contentait de fuir, encore, trouvant refuge dans les vieux couloirs abandonnés du Centre où personne, pas même les plus courageux ne s'aventuraient. C'était une sorte de superstition qui courait dans l'orphelinat. De vieilles histoires de fantômes dont tout le monde riait à voix haute avant de partir s'enfermer à double tour dans sa chambre une fois la nuit tombée. Lui était le seul à s'y aventurer sans crainte, perdant à chaque fois des poursuivants trop couards qui lui juraient de se venger devant les portes désormais closes de l'aile Est. Il n'avait ensuite qu'à attendre que leur colère retombe pour sortir de son refuge. De toute façon le Centre regorgeait de souffres douleurs qui subiraient la punition à sa place…
Cela avait duré longtemps, satisfaisant assez les deux camps en présence jusqu'au jour où l'un des chefs l'avait suivi. Kabuto… Il était censé lui avoir volé un des scalpels du binoclard au cheveux gris qui avait juré mettre sa tête à prix pour lui faire payer. En réalité, le 'chirurgien' du Centre aurait préféré se payer autre chose que la tête de l'Inuzuka mais devant le refus brutal du brun qui lui avait proprement envoyé son poing dans la figure devant la caresse de deux mains particulièrement baladeuses sur ses fesses, Kabuto avait légèrement pété les plombs. Et si les crises d'hystéries de l'amateur de découpes humaines étaient largement reconnues, Kiba n'avait personne avec lui susceptible de le défendre. C'est pour ça qu'il était dans l'aile Est-ce jour là, courant comme un dératé pour échapper au commanditaire d'un nouveau passage à tabac dont il était la cible. Sauf que cette fois ci, au lieu d'abandonner à l'entrée des couloirs poussiéreux, Kabuto l'avait suivi et acculé contre un mur pour lui faire payer l'affront subi.
Personne au Centre n'avait prédit ce qui arriva ensuite malgré le cri d'horreur que tous perçurent indiquant que la lame d'un scalpel avait de nouveau rencontré la chair.
Kiba revint seul de l'aile Est et ce fut la première fois qu'on le vit rire.
Il y avait du sang sur son visage, sur sa veste, ses mains et la lame qu'il tenait fermement serrée dans sa paume et il riait. C'était un rire un peu fou, un peu paumé mais qui suffi à terrifier tous ceux restés à attendre le retour de Kabuto. Personne ne lui demanda de comptes.
La hiérarchie du Centre avait fortement vacillé suite à cette disparition et cela profita à plusieurs personnes dont la position se renforça particulièrement. Neji Hyuga en faisant partie, le brun voulu en quelque sorte remercier l'Inuzuka qu'il prit avec lui, l'élevant à ses côtés. Et lorsque le jeune homme au yeux blancs tomba finalement de ses mains, les choses avaient changé pour Kiba. De proie, il était devenu chasseur.
Du moins jusqu'à ce soir.
Pour la première fois depuis des années, son statut pouvait être remis en cause. Pour la première fis depuis des années, Kiba ressentit quelque chose que sa vie avait tendance à occulter. Pour la première fois depuis des années, immobile derrière la porte de la grande salle, il avait peur…
Puis la voix retentit.
« Entre Inuzuka… »
