Résumé : Un petit UA assez sombre où Kiba, orphelin, est placé avec sa soeur qui le tient pour responsable de la mort de leurs parents dans un orphelinat plus que spécial. Car derrière ses abords sordides, le Centre cache des trafics plus ou moins louches dans lequel chacun risque sa peau quotidiennement. Pourtant c'est là qu'il va rencontrer l'amour. Mais... Shikamaru ou Shino... ?

Rating : M ou -16 ans pour cause de violence mais RIEN d'autre !

Couple : Shika/Kiba/Shino. Yaoi donc Homophobes s'abstenir. Par contre aucune scène "délicate" de décrite. Ce n'est pas non plus une relation à trois, du moins pas dans ce qu'on entend généralement par là...

Encore (encore et encore XD) merci à li-san et jessi023 !!


Chapitre 4

Fort heureusement, son statut ne chuta pas suite à l'intervention de Naruto, bien au contraire. En effet et tout aussi étonnant que cela puisse paraître, cette entrevue avec Shikamaru Nara semblait avoir porté ses fruits quant à l'avancement de sa carrière. Le brun semblait lui faire confiance puisque de simple exécutant il passa rapidement les échelons supérieur jusqu'à se placer à un des postes les plus élevé de la hiérarchie de Suna.

Désormais à part son chef, une seule personne avait toute autorité sur lui, le lieutenant –autant dire le bras droit- de ce dernier. Et, ô joie, il s'avéra pour son malheur que Kiba haïssait cette personne… et qu'elle le lui rendait bien.

Le Centre était un endroit assez misogyne. Les femmes y étaient souvent traitées comme du bétail dans le seul but de satisfaire les caprices les plus basiques de leurs confrères masculins. En clair, elles y étaient traitées comme des putes. Si l'une d'elle découvrait –par le plus grand des hasard- que cette carrière ne lui 'convenait pas forcément', alors elle n'avait plus le choix qu'entre deux possibilités. La première étant de s'enfuir du Centre et donc de mourir très rapidement, -ou le suicide, cela revenait au même- la plupart choisissaient alors la deuxième voix. C'était la plus dure.

Il s'agissait pour elles de devenir des exécutantes sanguinaires capables d'éliminer des cibles dans l'intimité de ces dernières. Bien entendu, pour cela elles devaient au préalable subir le fait de se laisser tripoter pendant un temps variable comme la première catégorie de filles sauf que contrairement à ces dernières, les tueuses à gage du Centre parvenaient toujours à stopper leurs 'clients' avant le début des réjouissances.

Soumises à une pression constante encore plus forte que la gente masculine, beaucoup retombaient rapidement dans la facilité, expliquant dès lors que celles qui subsistaient étaient les plus sanguinaires, les pires, celles qui n'avaient plus rien à perdre. Elles n'étaient pas nombreuses au Centre, une petite dizaine tout au plus mais deux prénoms ressortaient du lot.

Tenten Hitora était la première, une manieuse d'armes de poings qui avait été l'instructrice involontaire de Kiba après que le brun eut un jour assisté à un de ses combats par hasard. Involontaire car à l'orphelinat personne n'instruisait personne, la règle étant qu'on vivait toujours plus longtemps lorsqu'on était irremplaçable.

La deuxième… C'était elle le lieutenant que Kiba détestait. Temari no Sabaku, la sœur de Gaara, aussi belle que sanguinaire. Il ne la connaissait pas personnellement avant de passer sous les ordres de l'alliance de Suna pourtant lui et la blonde aux yeux émeraudes se détestaient cordialement. En effet, Temari n'avait pas vraiment apprécié qu'il élimine Kabuto quelques années plus tôt, renversant par la même son frère au profit de Neji qui s'était empressé d'éliminer le jeune homme aux cheveux roux.

Depuis, Kiba subissait un enfer sous ses ordres. Le brun était d'autant plus pieds et poings liés que la blonde possédait plusieurs atouts contre lui. Non seulement c'était elle qui le dirigeait mais en plus l'Inuzuka ne pouvait rien tenter contre elle. Pas contre l'amante de son chef… Nara l'aurait sûrement mal pris.

Dommage !

C'était donc un jour ordinaire au Centre, Kiba venait de rejoindre en avance l'entrepôt de Suna dans le but inavoué d'arriver avant Temari pour avoir l'avantage du terrain lorsque des voix lui parvinrent. Immédiatement le jeune homme brun se dissimula dans un renfoncement avant de tendre discrètement l'oreille.

A l'orphelinat, mieux valait être toujours le plus informé si on ne voulait pas se réveiller un beau matin avec un révolver posé sur la tempe. Les fluctuations et changements de pouvoir y étaient très fréquentes mais, fort heureusement pour lui, moins à son niveau. C'était plutôt les sous-fifres qui en subissaient les conséquences quotidiennement néanmoins Kiba n'était pas dupe. Dans le cas d'un changement brutal de chef au dépend de Shikamaru Nara, lui-même ne donnait pas cher de sa place dans Suna. Non, dans ce cas il se voyait plutôt au fond d'un caniveau détrempé à dire bonjour –faute de poissons- à des ordures ménagères pourries flottant dans un filet d'eau noirâtre.

Ainsi, lorsqu'il reconnut la voix de Temari, Kiba acheva de mobiliser toute son attention à la compréhension du dialogue qui se jouait devant lui. Et parce qu'il y était entraîné depuis son arrivée ici, il ne fallu à l'Inuzuka que quelques phrases –de toutes façons l'échange fut bref- pour saisir l'essentiel du drame qui se jouait à quelques mètres de lui.

Disparaissant silencieusement Kiba dut s'appuyer contre un des murs extérieurs du centre pour réussir à faire le point. Malgré le signal d'alarme qui clignotait fortement dans sa tête le brun ne pouvait pas se résoudre à faire complètement demi-tour, et pour cause ! Il entendait encore dans sa tête la voix calme et posée de Temari et ce qu'elle décrivait tout aussi froidement. La mort de son amant, la mort de Shikamaru.

Elle ne prévoyait rien de moins que de reprendre le contrôle de Suna par la force avec l'aide d'Orochimaru (toujours lui !) auquel elle accorderait en contrepartie de nombreux avantages pour Otto.

Mais le temps pressait et s'il ne venait pas Temari se poserait des questions alors Kiba retourna à l'entrepôt, tentant de masquer les battements sourds de son cœur lorsqu'il vit la blonde embrasser son chef avec une petite moue adorable avant de fusiller du regard le nouveau venu. Et cet instant fut aussi celui où l'Inuzuka se découvrit une particularité qu'il jugea liée à sa gratitude envers Nara qui l'avait patiemment élevé dans la hiérarchie du Centre.

Kiba se savait depuis longtemps attiré par Shikamaru, il comprit alors que jamais il ne permettrait à Temari d'évincer celui auquel il se jura de demeurer loyal.

Coûte que coûte…

« Monsieur… »

Shikamaru se dégagea tranquillement de l'emprise de la blonde avant d'hausser un sourcil.

« Qu'y a-t-il Kiba ? »

Au prix d'un effort incommensurable, l'Inuzuka parvint à cacher le frisson qui avait de nouveau parcouru son corps à l'entente de son prénom dans Sa bouche et poursuivit, imperturbable malgré l'air légèrement affolé et énervé de Temari.

« J'aimerai vous parler… En privé. » s'empressa-t-il d'ajouter alors que Shikamaru allait lui faire signe de s'exécuter.

Malgré l'énervement relatif de Temari, c'est pieds et poings liés que la blonde s'éloigna de quelques pas avant de claquer la porte du bureau situé sur les hauteurs de l'entrepôt.

« Vas-y, je t'écoute. » fit le Nara une fois la blonde disparue. « Mais avant toute chose, j'aimerai savoir pourquoi tu as manqué de respect à Temari. C'est ton supérieur, tu lui dois l'obéissance…

- Sauf dans le cas où ses actes risqueraient d'entraver les intérêts de Suna. Et si c'était précisément le cas monsieur, que feriez-vous ?

- Que veux-tu dire ?

- Admettez, sachant la gêne que cela pourrait causer, que Temari veuille se débarrasser de vous… »

Un éclair de compréhension traversa rapidement le regard du Nara qui se crispa sur sa chaise avant de se détendre à nouveau, laissant un nouveau haussement de sourcil traduire son incompréhension relative.

« Eh bien… Dans ce cas la question serait de savoir pourquoi es-tu venu m'en parler plutôt que de la laisser faire. Vous avez beau vous détester, tu vas à l'encontre de la règle.

- Je ne pense pas. Pour moi vous êtes maintenant le mieux placé pour diriger l'alliance de Suna. Je ne doute pas du fait que Temari soit aussi doué que vous pour les affaires mais elle n'est pas impartiale, il suffit de voir ce qu'elle m'a fait subir pour venger son frère alors que je ne suis en rien coupable dans son éviction. En faisant cela, à mon avis ce n'est pas ma peau que je sauve mais bien Suna tout entier… »

Un long silence suivit les paroles de Kiba qui vit les traits de Shikamaru se tendre. Un instant le brun cru que le Nara ne l'avait pas cru et se sentiment s'accentua lorsque ce dernier sorti brutalement du bureau pour retrouver Temari qu'il prit par la taille avant de l'embrasser furieusement, défiant du regard l'Inuzuka de s'enfuir. Mais Kiba ne pouvait pas bouger, fixant le couple enlacé d'un air impassible alors que quelque part dans sa poitrine résonnait un éclat de cœur brisé. Il avait mal mais il ne bougea pas jusqu'à ce que Shikamaru se retire légèrement et que le corps de Temari ne glisse lentement à terre dans un froissement de tissus.

Alors seulement ses yeux descendirent vers la lame tachée de sang que le brun tenait en main avant de remonter vers son sourire. Son sourire… à la fois narquois et doux.

Et puis Shikamaru parla.

« J'espère que la place de lieutenant te permettra de mieux me comprendre… Sache que je ne suis pas impartial, loin de là ! »

Puis il rentra à nouveau dans le bureau fermé en laissant Kiba seul. Seul, et sous le choc.

Visiblement son chef était déjà au courant depuis longtemps sinon jamais il n'aurait pris la peine d'éliminer son amante sur son simple témoignage. Et lui avait été assez stupide pour croire qu'il l'ignorait… Il se sentit mal jusqu'à ce que son regard ne retombe sur le cadavre étendu à ses pieds. Les longs cheveux blonds encadraient le visage de Temari comme une couronne d'or. Elle avait rêvé d'atteindre les sommets, de d'asseoir sur le trône. Elle s'était finalement inclinée dans une posture de reine.

Le roi est mort, vive le roi !

Et sur cette remarque ironique, Kiba sourit enfin avant de rentrer dans le bureau à la suite du brun. Quelqu'un d'autre s'occuperait du cadavre et tout le Centre serait rapidement au courant pourtant à cet instant l'Inuzuka était heureux, songeant que peut être l'avenir s'éclairait enfin pour lui.

Malheureusement pour lui, -mais ça il ne le savait pas encore- Kiba avait tord…

Définitivement tord.