Résumé : Un petit UA assez sombre où Kiba, orphelin, est placé avec sa soeur qui le tient pour responsable de la mort de leurs parents dans un orphelinat plus que spécial. Car derrière ses abords sordides, le Centre cache des trafics plus ou moins louches dans lequel chacun risque sa peau quotidiennement. Pourtant c'est là qu'il va rencontrer l'amour. Mais... Shikamaru ou Shino... ?
Rating : M ou -16 ans pour cause de violence mais RIEN d'autre !
Couple : Shika/Kiba/Shino. Yaoi donc Homophobes s'abstenir. Par contre aucune scène "délicate" de décrite. Ce n'est pas non plus une relation à trois, du moins pas dans ce qu'on entend généralement par là...
Merci à li-san, Tsuda et jessi023 !!
Chapitre 5
Déjà trois mois s'étaient écoulés depuis son accession au poste de lieutenant et jamais Kiba n'avait été plus heureux de faire partie du Centre. Etre le bras droit de Shikamaru lui permettait de se rapprocher du brun bien plus qu'il n l'aurait jamais imaginé dans ses rêves les plus fous. Paradoxalement, cette proximité toute relative d'un subordonné à son chef lui suffisait de moins en moins à mesure que sa relation avec le Nara prenait une tournure étrange.
Visiblement, à la réputation de génie du brun qui n'était déjà pas usurpée, l'Inuzuka pouvait aussi rajouter l'acuité particulièrement forte de ce dernier en ce qui concernait les relations humaines. Il se savait attiré par Shikamaru. Le soucis étant que le brun le savait lui aussi, il en aurait mis sa main à couper. Et c'était bien là tout le problème.
Passer du vouvoiement poli au tutoiement n'était pas ce qui l'avait le plus dérangé, non. Le plus dérangeant, c'était sûrement ces instants proches de la nuit, après des journées passées à courir à droite à gauche dans tout le Centre -voir toute la ville- pour accomplir les missions qui lui étaient dévolues. Ces instants qu'il maudissaient et chérissaient à la fois, ces rares moments de calme avant la tempête, jonction entre le rythme éreintant de la journée et la folie de la nuit.
Parce que bien sur, son travail ne s'arrêtait pas à l'habituel métro, boulot, dodo. Enfin… Ca y ressemblait fortement mais à condition de remplacer le 'métro' par un 'taxi' et virer le 'dodo'. Les rares heures de sommeil qu'il s'accordait étaient celles que Kiba parvenaient à grappiller entre deux trajets en ville, entre deux fournisseurs récalcitrants qu'il se chargeait de 'faire réagir' avant de retourner au Centre prendre une nouvelle mission. C'était une vie de fou mais il n'aurait échangé sa place pour rien au monde.
Pas qu'il soit particulièrement masochiste -quoique, pour travailler avec le Nara il devait bien en avoir quelques tendances- mais c'était justement le fait de travailler avec ce dernier, à ses côtés qui faisait que Kiba parvenait à tout supporter. Les cris, le sang et le manque de sommeil récurent qui réduisait petit à petit sa santé comme une cigarette en train de se consumer lentement. Pour apercevoir le sourire las que lui réservait le brun lorsqu'il rentrait chaque soir avant la ruée de la nuit pendant laquelle il devait l'accompagner faire la tournée des bars pour discuter 'affaires', Kiba était prêt à tout, y compris continuer à travailler dans son ombre.
Il esquissa un sourire ironique.
L'Ombre de Shadow… décidemment, il était plus fatigué qu'il ne le pensait.
Si son esprit s'était parfaitement acclimaté à cet état de fait, Kiba ne pouvait malheureusement pas en dire autant de son corps. L'attirance qui le liait à Shikamaru avant qu'il ne devienne son bras droit avait vite laissé la place à une sorte de fascination malsaine dont il ne savait pas comment se débarrasser. Il avait pourtant tout essayé quitte à s'intéresser à quelques personnes dans le but de les faire passer dans son lit pour se débarrasser de cette envie grandissante qui était sienne de se jeter sur le Nara à chaque fois qu'il le voyait.
Cet état de fait se produisant souvent vu que ce dernier était son patron, le palmarès des amants d'un soir de l'Inuzuka avait depuis fait un bon impressionnant. Bien sur, s'il était toujours loin des records établis par la famille Uchiwa, Naruto ou même –à son plus grand désespoir- Shikamaru, il n'en restait pas moins que le brun était séduisant et il n'avait souvent pas besoin de grand-chose pour revenir accompagné lorsque le Nara lui accordait enfin un moment de libre. Et si bien souvent ces relations prenaient fin une fois le jeune homme satisfait, depuis peu, à peine quelques jours, il semblait à Kiba qu'il avait trouvé la perle rare -celui qui pourrait enfin lui permettre d'oublier Shikamaru- en la personne de Shino Aburame.
La première fois qu'il avait rencontré le jeune homme, (brun lui aussi) un détail –le même que tout le monde- l'avait frappé. Ses lunettes. En effet, Shino portait en permanence une paire de lunettes de soleil tellement sombres qu'on les aurait dit taillées dans du carton noir.
Au début cela l'avait intrigué… Après tout, ce n'est pas une habitude vraiment banale aussi avait-il choisi la méthode directe pour satisfaire sa curiosité évidente : il avait demandé à Shino. Ce dernier l'avait regardé de haut en bas avant de lui sourire d'un air mystérieux pour mieux se détourner et partir.
C'est en partie ce qui avait poussé Kiba à s'intéresser à lui plus qu'à ses amants d'une nuit. Il avait proprement poursuivit Shino pendant deux semaines, oubliant même pour un temps Shikamaru pour se concentrer sur le mystère de l'Aburame qui ne lui avait été dévoilé que bien plus tard par le premier concerné.
De là, Kiba venait de rentrer d'une nouvelle mission, les mains tâchées de sang, les cris de ses victimes résonnant toujours dans ses oreilles comme une lente litanie, mélopée funèbre accompagnant chacun des pas qu'il faisait dans les couloirs du Centre, le regard vide.
Il avait besoin de rentrer. Il avait besoin d'aller à son appartement maintenant, Shikamaru ne devait pas le voir alors qu'il maîtrisait à peine ses tremblements. Il ne devait pas le voir alors qu'il était faible…
Et puis Shino l'avait croisé, entraîné dans un coin alors qu'il tournait en rond quelque part aux abords de l'aile Est. L'Aburame ne lui avait pas demandé de comptes comme son chef, il ne l'avait pas regardé avec un sourire en coin comme s'il avait le pouvoir de lire dans chaque recoin de son âme. Non, à la place Shino l'avait emmené dans son appartement, l'avait fait asseoir patiemment avant de retirer ses lunettes.
Et Kiba avait su.
En y repensant, il prévoyait de toute façon de devenir l'amant du brun à l'époque donc il l'aurait forcément appris à un moment où un autre pourtant rien n'aurait pu préparer l'Inuzuka à la vérité. Et rien de ce qu'il aurait pu entende ou dire n'effacerait jamais le mouvement de recul qu'il eut soudain en découvrant une large cicatrice sur l'œil –enfin, ce qui l'était avant- de Shino.
De son regard bleu glace, ne subsistait rien au côté droit, rien qu'une large balafre le défigurant à vie et une larme, unique témoin de la détresse du brun.
Il fallu quelques minutes à Kiba pour reprendre ses esprits et se rapprocher enfin de l'Aburame dont il prit le visage en coupe pour l'embrasser avant de le déshabiller tendrement.
Ils s'unirent ce soir là pour la première fois avec passion, tendresse et rage aussi. Le moindre de leur geste était guidé à la fois par l'urgence et par un puissant besoin de réconfort. A ce moment le Centre n'existait plus, ils n'étaient plus rien que deux gamins grandis trop vite qui voulaient s'aimer et qui s'aimèrent, tout simplement.
Et même si Kiba n'avait pas pu totalement oublier Shikamaru, il savait que Shino serait le seul qui pourrait jamais lui permettre d'y parvenir un jour. Qu'importe le passé du brun, il ne lui avait rien demandé et ne lui demanderait rien. Seul comptait ces moments de bonheurs relatifs quand il se perdait dans ses bras avant de retrouver Shikamaru le cœur serré.
Le fait de coucher avec Shino avait instauré une nouvelle distance entre eux pourtant cela avait beau lui faire mal, Kiba ne s'en préoccupa pas plus que ça. Il avait moins besoin de lui qu'avant. Du moins, c'est ce que l'Inuzuka croyait.
Malgré tout, chaque soir lorsqu'il s'endormait dans les bras de Shino, deux onyx sombres le poursuivaient jusque dans ses rêves. Un regard différent de celui de l'Aburame auquel il confiait ces mots qu'il n'avait jamais osé prononcer.
Et chaque soir, alors que la chambre résonnait encore de son murmure, Shino resserrait ses bras autour du corps de l'Inuzuka avant de pleurer en silence, le cœur brisé.
« Je t'aime…
Shikamaru. »
