Résumé : Un petit UA assez sombre où Kiba, orphelin, est placé avec sa soeur qui le tient pour responsable de la mort de leurs parents dans un orphelinat plus que spécial. Car derrière ses abords sordides, le Centre cache des trafics plus ou moins louches dans lequel chacun risque sa peau quotidiennement. Pourtant c'est là qu'il va rencontrer l'amour. Mais... Shikamaru ou Shino... ?

Rating : M ou -16 ans pour cause de violence mais RIEN d'autre !

Couple : Shika/Kiba/Shino. Yaoi donc Homophobes s'abstenir. Par contre aucune scène "délicate" de décrite. Ce n'est pas non plus une relation à trois, du moins pas dans ce qu'on entend généralement par là...

Merci pour tout à li-san, Tsuda et jessi023, j'espère de tout coeur que cette histoire vous aura plu jusqu'au bout et encore une fois merci pour tous vos gentils coms!! A la prochaine ?


Chapitre 6

Ce n'était qu'une journée comme les autres, une soirée banale dont personne n'aurait pu prévoir en quoi elle se démarquerait du reste de la vie de Kiba. Dix-huit heures passées à traverser la ville de fond en comble pour s'occuper des fournisseurs, distribuer de la marchandise ou faire couler le sang dans le cas des plus récalcitrants. Cela faisait aussi plus de trois jours que l'Inuzuka n'avait pas pu dormir. Trois jours où le seul contact qu'il avait eu avec Shino avait été un baiser rapide entre deux déplacements.

C'était il y a deux jours.

Lorsqu'il revint finalement de sa course après être passé à prendre une douche chez lui, Kiba eut envie de voir le brun. Ca le prenait de temps en temps après une dispute particulièrement violente avec Shikamaru comme celle qui avait eut lieu aujourd'hui. A chaque fois, il ne savait pas pourquoi mais son cœur semblait se briser en un bon millier de morceaux que seul Shino parvenait patiemment à recoller pour le mettre d'aplomb. Et à chaque fois Kiba s'en voulait.

Il avait beau essayer, l'Inuzuka ne ressentait rien de cette attirance étrange qui le liait à Shikamaru envers l'Aburame. Là où il ne ressentait que de la tendresse mêlée de réconfort pour Shino, avec Shikamaru c'était violent, la confrontation de deux êtres forts parfois bloqués dans l'engrenage de la hiérarchie et du respect mutuel mais qui s'attiraient pourtant aussi sûrement que les pôles opposés d'un aimant.
Pourtant ce n'était pas faute d'avoir essayé d'oublier le Nara mais il semblait n'y avoir rien à faire. Et malgré tout il continuait de voir Shino, faisant souffrir l'Aburame qui ressentait tellement plus à ce propos que lui. Mais il ne pouvait pas faire autrement sous peine de plonger doucement dans la dépression, dans un abîme impossible à surmonter.

Depuis quand s'était-il rendu compte que tout était foutu ? Peut-être le jour où Shino lui avait demandé de faire une bonne fois pour toute le point sur ses sentiments. Le jour où il avait compris que son attirance envers Shikamaru dépassait désormais bel et bien le stade d'une vulgaire attraction.

Même si Shino était au courant depuis longtemps, il avait fallu du temps à Kiba pour comprendre qu'il était lentement mais sûrement tombé amoureux du seul homme qu'il aurait du éviter. Parce qu'il savait que ça le détruirait.

Fort heureusement pour l'instant Shikamaru semblait seulement au courant de l'emprise qu'il possédait sur son corps. Pour rien au monde Kiba ne lui aurait révélé celle qu'il possédait en plus sur son cœur. Sur son âme.

Alors il continuait de voir Shino, de coucher avec lui malgré le mal qu'il savait infliger au brun à chaque fois qu'il se perdait dans ses bras, invoquant le nom d'un autre dans son plaisir. Il continuait tout en tentant de se persuader qu'il n'avait pas le choix et que si l'Aburame ne le rejetait pas, c'est que ça ne le blessait pas tant que ça finalement.

Et cela dura jusqu'à ce fameux jour où Kiba venait de rentrer dans l'appartement de son amant. Pour une nouvelle coucherie, un moment de réconfort passé dans ses bras où juste une confession autour d'un verre ? il ne savait pas encore. De toute façon, Kiba n'aurait rien pu faire de ce qu'il avait prévu parce que Shikamaru était dans l'appartement lorsqu'il rentra.

Interloqué, Kiba ne vit tout d'abord que le Nara assis tranquillement sur un des sièges du salon avant que son regard ne redescende lentement, irrésistiblement attiré par la large flaque de sang qui s'étendait à ses pieds, passant derrière le canapé.

Il n'eut pas besoin de bouger pour savoir ce qui s'était passé. Pas besoin de contourner le canapé pour comprendre qu'il n'écouterait pas le rire de Shino aujourd'hui. Plus jamais il ne pourrait entendre l'Aburame souffler, parler, rire ni gémir entre ses bras lorsque le plaisir les prendrait encore tous les deux par surprise. Il ne verrait plus son visage s'éclairer de ce sourire si doux qu'il lui suffisait pour effacer d'un coup toute les horreurs qu'il avait du subir dans la journée. Shino était mort et au loin Shikamaru souriait, toujours assis, essuyant d'un geste méthodique la même lame qu'il lui avait vu retirer du corps de Temari.

« Pourquoi ? »

Il n'y avait rien à dire, rien à comprendre pourtant il n'avait pas pu s'en empêcher.

Shikamaru fronça les sourcils.

« Pourquoi quoi, Kiba ?

- Pourquoi l'avez-vous tué ? »

Sans s'en apercevoir il était repassé au vouvoiement et si le Nara l'avait remarqué il n'en fit pas mention. Peut-être espérait-il ainsi détourner l'attention du brun du cadavre de son amant vers lequel ce dernier venait de se pencher pour caresser doucement les mèches brunes éparpillées sur le sol. En fait de sol, les cheveux de Shino avaient glissés autour de son visage sur le tapis tâché de sang, encadrant la peau blanche de l'Aburame d'un voile noir ressortant sur le vermillon du tissu.

« Je ne voulais pas que tu en devienne dépendant. »

Ce n'était que des mots. Que des mots qui lui faisaient pourtant bien plus mal que la pire des tortures. Cette fois Kiba avait l'impression qu'on lui entaillait le cœur, qu'on le lacérait à coups de couteau alors que sa main continuait d'aller et venir dans les cheveux noirs.

« C'est de ta faute Kiba… Tu n'aurais jamais du t'attacher à un autre que moi. Tu m'appartiens ! C'est à cause de toi que je l'ai tué. »

A ce moment sa raison avait beau hurler le contraire il baissa la tête. Son cœur saignait encore, il se vidait d'un sang imaginaire sur l'océan vermillon où reposait le corps sans vie de son amant.

Pourquoi n'était-il pas parti avant ? Pourquoi ne l'avait-il pas au moins autant aimé, il le savait, que lui l'avait aimé ? Pourquoi cela faisait-il si mal ?

Lentement sa gorge se noua et Kiba crispa les mains jusqu'à ne plus pouvoir retenir un sanglot puis, une larme qui perla à ses yeux, roulant jusqu'à se perdre sur les joues blafardes de l'Aburame alors que Shikamaru émettait un ricanement méprisant.

« Regarde-toi… Tu pleures alors que toi tu es encore vivant. »

Puis il sortit sans un dernier regard pour la pièce derrière lui dans laquelle se jouait une scène trop banale dans l'univers du Centre pour être décrite.

Il ne fallu que deux heures à Kiba pour se trouver la force de se relever et rejoindre l'entrepôt de Suna où Shikamaru l'attendait, penché sur un dossier duquel il ne daigna même pas lever les yeux. Il ne réagit finalement qu'après que le brun se soit assis en face de lui, soupirant légèrement avant de déposer la tasse de thé qu'il venait de porter à sa bouche.

« Tu es venu…

- En effet.

- Finalement on peut dire que tu me connais mieux que je te connais. Je n'aurais jamais cru que tu reviendrais si vite. »

Kiba haussa les épaules.

« Vous l'avez dit vous-même…

- Quoi donc ? »

Bizarrement Shikamaru avait un peu de mal à respirer. Peut-être le fait de croiser les deux grands yeux vides de son homme de l'ombre. Pourtant c'est ce qu'il avait voulu non ? Le détruire pour mieux le garder auprès de lui, sous son emprise.

Mais sa respiration saccadée lui prouvait visiblement le contraire, du moins jusqu'à ce que Kiba ne lui réponde enfin d'une voix neutre.

« Moi, je suis encore vivant… »

Puis comme le brun se levait, entrouvrant la porte avant de se retourner, Shikamaru croisa à nouveau son regard et comprit. La porte se referma sans bruit alors qu'il glissait lentement au sol sous l'effet du poison déposé dans son thé un peu plus tôt, un poison indétectable qui avait était mis au point peu de temps après leur entretient suite au décès de la sœur de l'Inuzuka.

Kiba ne reprit pas la direction de l'alliance de Suna et jamais personne ne revit le brun. C'était étonnant si l'on en croit une des règles de l'orphelinat. On n'en sort que mort.

Pourtant des années plus tard si quelqu'un avait croisé son regard, il aurait compris que c'était déjà cas depuis bien longtemps. Pour les autres pensionnaires du Centre, cela n'avait été qu'une journée où on avait compté deux morts et une disparition.

Une journée ordinaire…

Je ne rêve qu'en noir et blanc,

Mes souvenirs se mêlent de sang

Et pourtant...

Je me lève pour faire semblant

De vivre comme un vivant.

Fin


(Les paroles sont tirées de la chanson « De là haut » de Thierry Amiel parce que pour moi elles reflètent parfaitement l'état d'esprit de Kiba à la fin de l'histoire.)

Voili voilou, cet UA est terminé !! Vous pouvez chanter, danser, aller vous pendre ou vous mettre dès à présent à chercher mon adresse pour pouvoir ME pendre d'écrire des trucs aussi space… C'est au choix ! Dans tous les cas, si avant vous pouviez me laisser une petite rewiew, vous aurez ainsi la possibilité de me féliciter/trucider/faire interner… (c'est possible par internet ? O.O)

Nan, dans tous les cas, vous pourrez ainsi me dire ce qui vous a plu ou ne vous a pas plu pour que j'essaie d'adapter ma prochaine fic en fonction. Je ne vous promet pas non plus du Balzac mais bon… je ferais un effort si vous me laisser un com, promis !

Merci et bizoux à vous !

Aranis (qui part dès maintenant se payer des anti-dépresseurs…)